Amies malgré lui / Imperium

Amies malgré lui

réalisé par Susanna Fogel

avec Leighton Meester, Gillian Jacobs, Adam Brody, Gabourey Sidibe, Abby Elliott, Greer Grammer, Julie White, Kate McKinnon…

titre original : Life Partners

Comédie américaine. 1h37. 2014.

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L’amitié entre Sasha et Paige est remise en question lorsque Paige se met en couple avec Tim…

Amies malgré lui : Photo

Amies malgré lui n’a pas connu de sortie cinéma (vu que c’est désormais la nouvelle tendance). Un sujet bateau sur le papier, des acteurs finalement peu connus en dehors de quelques jeunes amateurs de séries télé (Newport Beach et Community ici) et un titre (que ce soit en version originale ou française) qui n’attire pas des masses non plus : voilà ce qui peut vaguement expliquer cette sortie en e-cinema. Etait-ce réellement justifié, au-delà du problème financier ? Si on part du principe qu’une sortie en e-cinema est moins noble qu’une sortie au cinéma (je ne partage pas cet avis, je reprends plus une certaine idée générale que les spectateurs lambda pourraient avoir), non ce n’était pas justifié de ne pas le diffuser dans le cinéma. Certes, Amies malgré lui n’a rien de révolutionnaire (et ne prétend pas l’être) mais n’est pas en-dessous de nombreux films sortant chaque année au cinéma dans ce même genre. La « particularité » de ce film concerne son traitement concernant l’homosexualité. En effet, cela fait du bien de voir un film (même s’il n’est pas le seul – heureusement, les mentalités changent petit à petit au fil du temps) qui met en scène des lesbiennes sans être militant (contrairement à ce qui était indiqué dans certains synopsis) ou inclure cette homosexualité comme moteur du récit (même si je n’ai évidemment rien contre ce type de films non plus) : Sasha, qui est lesbienne, est mis au même niveau que sa meilleure amie Paige, hétérosexuelle. Amies malgré lui parle donc avant tout d’une amitié mise à l’épreuve. On pourrait croire (et c’est d’ailleurs ce que croit Sasha) c’est la nouvelle situation amoureuse de Paige, qui s’engage sérieusement avec quelqu’un, qui bousille petit à petit l’amitié entre les deux jeunes femmes. Mais le film montre finalement autre chose, avec une certaine efficacité : c’est notre propre construction identitaire, elle-même remise en question, qui peut fragiliser nos relations même avec les êtres les plus chers. Le scénario n’est pas fou en terme de rebondissements, la mise en scène manque certainement de consistance (même si je n’ai pas trouvé le résultat lamentable de ce côté-là) mais l’histoire m’a plutôt plu et les sujets sont assez bien traités. Il s’agit donc d’un petit film sympathique, certes facilement oubliable, mais pas mal fait dans son genre, que ce soit dans la défense de son sujet ou plus généralement en terme de « divertissement ». Enfin, le film est servi par un bon casting, on ressent notamment bien la complicité entre Leighton Meester et Gillian Jacobs. Pour la petite anecdote (ou le petit rappel, tout dépend le point de vue), Leighton Meester est l’épouse d’Adam Brody.

Amies malgré lui : Photo Gillian Jacobs, Leighton Meester


Imperium 

réalisé par Daniel Ragussis

avec Daniel Radcliffe, Toni Collette, Tracy Letts, Sam Trammell…

Drame, thriller américain. 1h50. 2016.

sortie (e-cinema) : 1 novembre 2016

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Un agent du FBI infiltre un groupe de suprématistes pour empêcher un attentat.

Imperium : Photo Daniel Radcliffe, Devin Druid, Pawel Szajda

Comme vous savez, je suis de près (quand je le peux) la carrière de Daniel Radcliffe. Je l’assume totalement : j’ai vu Imperium, directement sorti en e-cinema, uniquement pour l’acteur britannique. Là encore, on voit les désastres de l’évolution du cinéma : ce film mériterait-il de sortir en e-cinema, sans passer par la case salle de cinéma ? S’il n’a rien d’extraordinaire – comme beaucoup de films en e-cinema ou sortis directement en dvd – là encore, il ne méritait pas un tel sort. Certes, le schéma de Imperium est assez classique : un agent du FBI se fait passer pour un suprématiste pour empêcher un attentat de la part de ce groupe extrémiste. Il n’y a pas d’évolution du personnage principal : il se contente de devoir réussir sa mission. On a du mal à le connaître si ce n’est – et c’est certainement le point fort de ce petit film – qu’il arrive à comprendre la démarche de ces suprématistes (sans pour autant les excuser). Le scénario manque certainement de profondeur, la mise en scène n’est pas folle (même si le travail reste honnête) mais le tout a le mérite de bien traiter son sujet. Il ne s’agit pas simplement de parler de dire bêtement « regardez comme il y a de méchants néonazis / racistes dans notre monde » Le but de ce film est plutôt de dénoncer le réel danger de ce type de mouvement (le discours pouvant certainement être élargi en fonction du groupe extrémiste). On s’aperçoit alors que ceux qui ont l’air le plus dangereux ne sont pas nécessairement ceux qui le sont le plus. Il faut davantage se méfier des gens qui ont l’air de se fondre dans ce qu’on attend habituellement dans la société et qui se servent justement de leur statut social et de leur intelligence pour manipuler des esprits plus faibles et faire passer des messages plus que douteux. C’est pour cela que l’agent du FBI parvient à cerner ce type de personnalité : pourquoi ces extrémistes ne se servent-ils pas de leur intelligence pour une cause bien meilleure ? Le film prend alors en compte que pour le point de vue de ces extrémistes, il s’agit d’une cause pouvant permettre de rendre le monde « meilleur ». Encore une fois, je trouve que ça fait forcément réfléchir à certains événements qui se déroulent depuis un certain temps. Dans le rôle principal, Daniel Radcliffe s’en sort très bien. S’il n’y a pas de réelle évolution dans son personnage, il parvient tout de même à montrer plusieurs traits de sa personnalité (par une sorte de mise en abyme, le personnage devant jouer la comédie pour atteindre son objectif). Les seconds rôles, comme Toni Collette en agent du FBI pugnace ou encore Sam Trammell assez angoissant, sont également très bons.

Imperium : Photo

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Ma Meilleure Amie

réalisé par Catherine Hardwicke

avec Toni Collette, Drew Barrymore, Paddy Considine, Dominic Cooper, Jacqueline Bisset, Frances de la Tour, Tyson Ritter…

titre original : Miss You Already

Comédie dramatique britannique. 1h52. 2015.

sortie française : 15 juin 2016

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Milly et Jess sont deux meilleures amies inséparables depuis l’enfance. Alors que Milly se voit diagnostiquer une grave maladie, Jess tombe enceinte de son premier enfant…

Ma Meilleure Amie : Photo Dominic Cooper, Drew Barrymore, Toni Collette

Catherine Hardwicke est la réalisatrice du premier chapitre de Twilight (finalement, relativisons, c’est un des moins mauvais de la saga !) et de Thirteen (je sais que beaucoup aiment ce film, je n’en garde pas particulièrement un bon souvenir). Qu’est-ce qui m’a alors motivée à aller découvrir Ma Meilleure Amie (encore un titre français niais même si au moins il a du sens par rapport au sujet du film – préférons tout de même son titre original encore une fois) ? Dans un premier temps, son sujet, c’est-à-dire le cancer (ouais, dit comme ça, c’est un peu chelou), est ce qui m’a attirée. Cela dit, je n’étais pas totalement rassurée vu que le film avait l’air vendu comme Nos étoiles contraires et tout ce qui va avec (même l’affiche, surtout la version originale avec la police du titre, était assez proche), vous savez, ces fameux films qui doivent vous faire chialer pare que ça parle de cancer justement mais attention ça se veut léger et même drôle. Puis, c’est surtout son casting qui m’a permis de découvrir ce film. J’avais donc quelques a priori, je ne m’en cache pas. Hélas, j’avais quand même bien pressenti certaines choses (je ne pense pas être médium, je tiens à rassurer tout le monde). Hardwicke n’a jamais été une réalisatrice très fine et subtile et à ce stade-là les choses ne vont pas s’arranger. On ne va pas se mentir : ce film est fait pour faire pleurer. On est parfois dans le chantage affectif. « Pleuuuure sinon t’as pas de coeuuur » (et en plus, ça rime, c’est génial). Bref, il y a quelques clichés et de grosses ficelles. Cela dit, parce que je ne suis pas totalement une garce et que je trouve ce film un chouïa mieux que Nos étoiles contraires et compagnie, j’admets avoir trouvé la fin émouvante. C’est déjà ça. Et oui, le film possède bien une certaine fraîcheur et légèreté par son ton et des répliques bien senties. Là encore, c’est pas si mal que ça. C’est dommage que ce film ne soit pas si bien réalisé – même si Catherine Hardwicke pourra se vanter d’avoir filmé deux scènes avec un IPhone soi-disant pour donner une plus grande impression d’intimité à ses personnages (euuuh franchement pas plus que ça), qu’il souffre d’un manque de subtilité. Mine de rien, il reste courageux dans sa démarche.

Ma Meilleure Amie : Photo Drew Barrymore, Paddy Considine

Il ne faut pas oublier qu’il s’agit plutôt d’une grosse production. Et malgré des moments mielleux pour satisfaire un certain public, je trouve que Ma meilleure amie parvient à montrer les désastres du cancer de manière assez crue mine de rien. Certes, on voit l’éternel rasage de cheveux (logique), les vomissements et tout ce que nous connaissons malheureusement déjà sur les ravages de cette maladie. Je ne m’attendais pas à voir une ablation des seins de manière assez réaliste, sans filtre par exemple. Le film nous expose donc les conséquences physiques assez évidentes à cause de la maladie mais aussi la difficulté de vivre son quotidien avec ses proches, difficulté qui semble être renforcée lorsqu’on est une femme (et aussi une épouse et une mère). Malgré ses grosses ficelles, on sent malgré tout derrière une véritable sincérité et aussi de la documentation. La réalisatrice s’est également inspirée de sa propre histoire (son père a eu un cancer) tout comme la scénariste Morwenna Banks qui a aussi travaillé à partir de la pièce de théâtre radiophonique Goodbye (avec notamment Olivia Coleman et Natascha McElhone) De plus, Ma meilleure amie a beau être vendu comme un film frais et tout ça (certains parlent même de feel-good movie même si je trouve ça chelou d’employer un tel terme par rapport au sujet même du film), il n’est pas toujours tendre avec le personnage de Milly, pourtant atteinte d’un cancer, qui agit parfois de manière peu sympathique envers ses proches (sans vouloir trop en dire). Ma Meilleure Amie est porté par un excellent casting, à commencer par le duo d’amies (aussi dans la vraie vie) interprété par Toni Collette et Drew Barrymore. Leur complicité paraît si évidente, on a l’impression qu’elles se sont toujours connues et qu’elles ont tout vécu ensemble. Le duo fonctionne et les interprétations plus « individuelles » suivent également. Les rôles secondaires sont également à la hauteur, que ce soit Paddy Considine et Dominic Cooper en maris, Frances de la Tour convaincante en perruquière ou encore Jacqueline Bisset dans le rôle de la mère de Milly.

Ma Meilleure Amie : Photo Drew Barrymore, Toni Collette

Little Miss Sunshine

réalisé par Jonathan Dayton et Valerie Faris

avec Abigail Breslin, Greg Kinnear, Toni Collette, Steve Carell, Paul Dano, Alan Arkin, Bryan Cranston, Mary Lynn Rajskub…

Comédie américaine. 1h40. 2006.

sortie française : 6 septembre 2006

Movie Challenge 2016 : Un film que j’ai vu quand j’étais (plus) jeune

Le ciné-club de Potzina : le road-trip

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L’histoire des Hoover. Le père, Richard, tente désespérément de vendre son « Parcours vers le succès en 9 étapes ». La mère, Sheryl, tente de dissimuler les travers de son frère, spécialiste suicidaire de Proust fraîchement sorti de l’hôpital après avoir été congédié par son amant.Les enfants Hoover ne sont pas non plus dépourvus de rêves improbables : la fille de 7 ans, Olive, se rêve en reine de beauté, tandis que son frère Dwayne a fait voeu de silence jusqu’à son entrée à l’Air Force Academy.Quand Olive décroche une invitation à concourir pour le titre très sélectif de Little Miss Sunshine en Californie, toute la famille décide de faire corps derrière elle. Les voilà donc entassés dans leur break Volkswagen rouillé : ils mettent le cap vers l’Ouest et entament un voyage tragi-comique de trois jours qui les mettra aux prises avec des événements inattendus…

Little Miss Sunshine : photo Abigail Breslin, Jonathan Dayton, Paul Dano, Valerie Faris

Cela faisait un moment que j’avais envie de participer au ciné-club de Potzina, c’est chose faite ! Lorsqu’elle a proposé un film en rapport avec le thème du « road trip », j’ai tout de suite pensé à Little Miss Sunshine (je sais pourtant qu’il y a un paquet de films – et des bons – qui auraient pu entrer dans cette catégorie). Ce film a au fond maintenant quelque chose d’énervant (je ne dis pas ça méchamment, en tout cas, pas contre lui) même si cette chose montre bien son succès et son influence : on a vu par la suite un peu trop de films indépendants américains qui se revendiquaient d’être dans la même veine et qui prétendent reprendre la même recette à part qu’elles finissent par toutes se ressembler et n’ont surtout pas le charme, l’audace et la sincérité de Little Miss Sunshine. Au moins, il signe pour moi un tournant dans une certaine partie du cinéma américain, ce qui n’est pas rien en soi. Quand il est sorti, je me rappelle être à aller le voir le jour de sa sortie (j’étais donc jeune, d’où sa place dans le Movie Challenge). Certes, il venait de remporter le Grand Prix de Deauville (qui est un bon festival), les critiques dans la presse étaient bonnes mais il n’y avait pas tout cet engouement autour. Je me rappelle réellement à quel point le bouche-à-oreilles avait été efficace pour faire déplacer les gens dans les salles. Je suis d’ailleurs allée le voir trois fois au cinéma (alors n’imaginez pas le nombre de fois que j’ai pu le regarder chez moi). Le succès de ce film en a donc surpris plus d’un (et a notamment fini par se retrouver par deux Oscars : meilleurs scénario original et second rôle masculin) mais c’était amplement mérité. Le succès n’est pas uniquement lié parce qu’il s’agit d’un feel good movie mais parce qu’il possède de réelles qualités.

Little Miss Sunshine : photo Abigail Breslin, Jonathan Dayton

Little Miss Sunshine est donc une comédie drôle, fraîche, touchante et intelligente sur une famille américaine en crise, chaque membre de la famille Hoover traverse un mauvais passage, personnellement ou/et professionnellement. C’est finalement l’entreprise organisée par la petite Olive et le grand-père (qui s’improvise en coach) qui va permettre à cette famille de se rapprocher et de se retrouver : la victoire ne se trouve donc pas dans le concours de mini-miss mais bien dans ces retrouvailles humaines. Le road-trip en Amérique, qui a une dimension solaire (il y a une domination de la couleur jaune, à l’image du van), est une métaphore ludique sans être appuyée grossièrement sur la vie de famille : il y a des obstacles à contourner, des crevaisons, mais un élan de solidarité peut aider à se reconstruire. Le road-trip en Amérique est aussi un moyen de critiquer une certaine partie de l’Amérique, qui pousse les enfants à ne plus être des enfants justement (le concours de mini-miss est effrayant dans un sens) et à être dans la compétition dans ce qu’il y a de pire. Plus généralement, c’est une Amérique superficielle et consommatrice qui est pointée du doigt, une Amérique paumée qui ne pense plus à la solidarité et qui peut, en quelque sorte, détruire les familles, qui ne communiquent plus entre elles. La famille Hoover et leur van pourri (une abomination pour une famille américaine qui se doit de rouler avec une belle et fonctionnelle voiture) livre littéralement un gros « fuck » à cette partie de l’Amérique pour pouvoir mieux se concentrer sur leurs relations. Little Miss Sunshine ne se contente pas de ses réflexions livrées avec sa justesse et sincérité. La mise en scène est très efficace et énergique, le scénario est également très habile pour aborder son sujet, sans se noyer dans les différents thèmes abordés et en prenant en compte tous les personnages, personne n’est délaissée. L’ensemble, très rythmé, trouve un très bon équilibre entre humour (il s’agit d’ailleurs pour moi d’une de mes comédies préférées !) et émotion (la fin, en particulier, en toute simplicité). Le film a d’ailleurs droit à une série de scènes marquantes (je pense que nous avons notamment tous été très marqués par la scène de strip-tease, je suis toujours écroulée de rire quand je la vois). Je me souviens aussi de la bande-originale, composée par Mychael Danna et DeVotchKa, qui parvient à retranscrire la fraîcheur, la nostalgie et le voyage, trois notions phares dans ce long-métrage !

Little Miss Sunshine : photo Abigail Breslin, Alan Arkin, Greg Kinnear, Jonathan Dayton, Paul Dano

Enfin, le casting est tout simplement parfait, chacun incarne son rôle avec beaucoup de conviction et on sent une véritable complicité entre tous les acteurs, ce qui fait qu’on croit vraiment à la famille qu’ils forment : cela crée davantage d’émotions. Même si elle joue depuis qu’elle est toute petite (on l’avait vue notamment dans Signes de M. Night Shyamalan), la jeune Abigail Breslin, qui avait été nommée aux Oscars pour son interprétation (elle avait été battue par Jennifer Hudson cette année-là) est réellement LE film qui l’a révélée. A juste titre. Elle est vraiment géniale dans ce film. Elle parvient à incarner une petite fille… qui reste une petite fille, loin des candidates qu’elle va affronter durant le concours (d’où le cri d’un spectateur « douteux » dans la salle). Greg Kinnear trouve également un de ses meilleurs rôle en incarnant un père de famille qui a une image lisse de « gagnant » mais finalement a ses faiblesses, et c’est en acceptant ses failles qu’il va pouvoir réellement se surpasser. Comme souvent, Toni Collette est impeccable en mère de famille qui a du caractère et qui sait soutenir les membres de sa famille. Elle a aussi quelque chose de très solaire.  Habitué des rôles comiques, Steve Carell est bluffant en oncle dépressif spécialiste de Proust. On n’a pas l’impression qu’il joue les Tchao Pantin comme on en voit un peu trop souvent au cinéma. Il est tout simplement un très bon acteur qui mérite plus de reconnaissance. Alan Arkin, qui incarne le grand-père toxico, déjanté et sans gêne, a bien mérité son Oscar du meilleur dans un second rôle. Il est drôle mais attachant car on sent son lien fort avec la petite Olive et malgré tout sa sincérité dans des conseils pas si absurdes. Enfin, j’ai été marquée par la performance de Paul Dano (un acteur que je soutiens toujours actuellement) en ado révolté, capable de montrer toute cette colère sans prononcer un mot pendant une bonne partie du film. La scène où il va enfin parler (« Fuuuuuuuuuuckkkk », quelle réplique !) est d’ailleurs mythique ! On notera au passage une sympathique apparition de Bryan Cranston !

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All about Albert

réalisé par Nicole Holofcener

avec Julia Louis-Dreyfus, James Gandolfini, Catherine Keener, Toni Collette, Tavi Gevinson, Ben Falcone, Eve Hewson…

titre original : Enough Said

Comédie américaine. 1h33. 2013.

sortie française : 26 mars 2014

All about Albert

Mère divorcée, Eva se passionne pour son métier de masseuse. Très attachée à sa fille, elle redoute le jour – désormais imminent – où celle-ci va quitter la maison pour aller à l’université. A l’occasion d’une soirée, elle rencontre Albert, un homme doux, drôle et attachant qui partage les mêmes appréhensions qu’elle. Tandis qu’ils s’éprennent l’un de l’autre, Eva devient l’amie et confidente de Marianne, une nouvelle cliente, ravissante poète qui semblerait parfaite si seulement elle n’avait pas un énorme défaut : dénigrer sans cesse son ex-mari. Soudain Eva en vient à douter de sa propre relation avec Albert qu’elle fréquente depuis peu.

All about Albert : Photo James Gandolfini, Julia Louis-Dreyfus

La réalisatrice Nicole Holofcener a déjà quelques films à son actif mais qui restent peu connus. Si on connaît probablement un peu plus son dernier film intitulé en France All about Albert (si, si, on a traduit par un autre titre anglais… allez comprendre la logique), il faut avouer que c’est principalement grâce à la présence du regretté James Gandolfini. L’interprète de Tony Soprano incarne ici donc Polo Albert, un homme pas forcément très beau, un peu gros, mais qui semble plutôt charismatique, qui va rencontrer lors d’une soirée Eva. Tous deux sont divorcés et voient leurs filles partir à l’université prochainement. Ils tombent alors amoureux. Eva a également rencontré lors de cette même soirée Marianne, elle aussi divorcée. Cette dernière raconte alors à quel point son mari était laid et affreux, qu’elle détestait ses habitudes. Mais l’ex en question est Albert et Eva n’ose pas révéler à son nouveau compagnon et à sa nouvelle amie qu’elle connaît le lien qui les unit. Mais surtout, Eva va se servir de Marianne pour en apprendre plus sur Albert afin de savoir s’il s’agit bien du « bon ». Albert apparaissait presque comme un prince presque charmant, mais à cause d’entendre Marianne le mépriser, Eva finira par le dénigrer.

All about Albert : Photo Catherine Keener, Julia Louis-Dreyfus

Le pitch n’est pas forcément révolutionnaire mais il fonctionne suffisamment bien pour provoquer quelques rires, ou du moins quelques bons sourires face à ces quiproquos. On se doute bien qu’Eva ne pourra pas garder longtemps son secret et que son mensonge aura des conséquences sur son couple et son amitié, mais que finalement ça finira par rentrer dans l’ordre. Le scénario est assez prévisible, la mise en scène n’a rien de spectaculaire, le film va être vite oublier, mais cependant, il reste sympathique et attachant. Au-delà de la touchante romance, Nicole Holofcener met en scène avec subtilité le divorce, en interrogeant sur les responsabilités que chacun a eu en mettant fin à la relation et en montrant que les blessures de cette rupture ne disparaissent pas complètement. Elle interroge aussi intelligemment sur la perception qu’on a de soi et des autres. Je n’avais jamais vu jouer Julia Louis-Dreyfus, mais j’ai beaucoup aimé son interprétation. On s’attache beaucoup à elle car elle ressemble un peu à « madame tout-le-monde » mais n’est pas non plus insipide. Elle est à la fois drôle et touchante, et apporte beaucoup de fraîcheur. J’ai évidemment été émue de voir James Gandolfini dans probablement un de ses derniers films, jouant avec conviction ce Albert qui semble apparaître sous deux jours. Catherine Keener complète merveilleusement bien le trio. Elle est à la fois ingrate car elle ne semble que critiquer et est probablement responsable de sa fille totalement insupportable (interprétée par Eve Hewson, la fille de Bono) mais en même temps sa fragilité permet de ne pas rendre ce personnage pas totalement détestable.

All about Albert : Photo Tavi Gevinson, Tracey Fairaway