Les Dissociés

réalisé par Raphaël Descraques, Julien Josselin et Vincent Tirel

avec Raphaël Descraques, Julien Josselin, Vincent Tirel, Quentin Bouissou, Marsu Lacroix, Yoni Dahan, Eléonore Costes, Thomas VDB, Sabine Perraud, Juliette Le Pottier, Baptiste Lecaplain, Kyan Khojandi, Alice David, David Marsais, Grégoire Ludig…

Comédie fantastique française. 1h15. 2015.

sortie française (Youtube) : 24 novembre 2015


 

Regardez le film sur Youtube gratuitement et légalement ICI

Les Dissociés - Un film SURICATE

Un matin, Lily et ben se réveillent côte à côte dans des corps qui ne sont pas les leurs. Et Magalie, une petite fille dans le corps d’un grand barbu, les attend dans la chambre d’ami. C’est le début d’une aventure rocambolesque, parfois parcours initiatique, où les corps et les identités s’inverseront au gré d’une simple accolade.

Les Dissociés - Un film SURICATE : Photo

Raphaël Descraques, Julien Josselin et Vincent Tirel sont les membres du collectif « Suricate » (fondé en 2013 avec FloBer) qui s’est fait connaître sur la plateforme Web « Golden Moustache » (les vidéos étant disponibles sur Youtube), qui appartient au groupe M6. Ils ont alors jusqu’à présent publié de nombreux sketchs répartis sur deux saisons. La troisième saison se résume alors en un seul film : Les Dissociés. Il a été écrit, produit et réalisé en seulement trois semaines. Ce long-métrage 2.0. a été produit en grande partie sur du placement de produit et n’aa finalement coûté 150 000 €. Il a été proposé en avant-première dans quelques cinémas français puis a été mis en ligne gratuitement sur Youtube et le site de Golden Moustache. Au-delà d’une formidable opportunité (car un film made in Internet et diffusé gratuitement fait forcément le buzz), Suricate revendique clairement sa totale liberté, ce qui peut faire rêver n’importe quel artiste. Personnellement, je connaissais déjà Suricate et Golden Moustache (comment beaucoup de jeunes de mon âge), j’étais donc forcément curieuse de découvrir ce long-métrage. Mais surtout, j’étais enthousiaste rien qu’à l’idée de découvrir un film via ce procédé, c’est-à-dire sans passer par la case cinéma (attention, j’adoooore aller au cinéma et je défendrai toujours le cinéma dans les salles obscures). Au début, je dois vous avouer que j’étais déstabilisée par le « format », c’est-à-dire que je devais me mettre en tête que la vidéo que j’allais regarder n’allait pas forcément durer deux minutes mais bien 1h15. Une fois que j’ai réussi à dépasser ce stade et aussi à comprendre l’histoire (le premier quart d’heure peut vraiment paraître chelou – pas évident à raconter un récit autour du « body swap »), j’ai vraiment bien aimé ce film qui n’a d’ailleurs rien d’un sous-film parce qu’il est issu d’Internet. Au contraire, j’ai même envie de dire que le cinéma français peut faire de bonnes choses. Le terme « cinéma » me semble finalement approprié. Disons qu’il s’agit d’une forme de cinéma hybride (avec Internet), ce qui donne quelque chose de réellement intéressant. Forcément, le film a des défauts à cause aussi de ce format Internet, aussi à cause d’un manque de budget, mais c’est aussi grâce à ces deux éléments qu’il possède son charme et sa personnalité.

dissociés

De la part de Suricate, on aurait donc pu s’attendre à un simple délire 2.0. rallongé en 1h15. Dans un premier, j’étais donc été agréablement surprise de découvrir un véritable long-métrage. Certes, même si l’humour n’est pas toujours très fin et est peut-être parfois un peu trop adressé à un public plutôt « jeune » (attention, cela ne me gêne étant donné que je suis concernée – je suis dans cette tranche d’âge), le film est souvent drôle. La situation en elle-même qui est drôle – il faut dire que le scénario joue habilement avec toutes les possibilités autour de ces échanges entre les corps – et il y a également pas mal de bonnes vannes, certes simples, parfois même potaches, mais efficaces. Mais on ne peut pas résumer ce film à juste quelque chose de délirant. Déjà, je dois avouer que le film m’a étrangement émue, en tout cas je ne m’y attendais pas forcément. Il faut dire qu’on s’attache vraiment aux personnages et finalement peu importe si leur apparence ne correspond pas à leur vraie identité. A ce moment-là, la réflexion sur les apparences tout comme notre rapport avec le corps voire même dans un sens la sexualité est finalement assez pertinente. Pour un film de « body swap », je trouve qu’il va finalement assez loin. Le scénario est non seulement très original mais également bien écrit, avec beaucoup de trouvailles. La mise en scène n’est pas parfaite, c’est un fait, mais je trouve que les trois réalisateurs s’en sortent tout de même plutôt bien, surtout quand on connait le contexte de création et de production. Malgré quelques maladresses, je dirais qu’il y a même des séquences très réussies et bien réfléchie (il y a même une très bonne séquence animée dessinée par Boulet). Le casting est également très bon dans le sens où les acteurs arrivent vraiment à retranscrire la véritable identité de leurs personnages lors des différents échanges. Par exemple, Magalie a beau être physiquement un trentenaire barbu, on voit vraiment en Vincent Tirel une enfant de cinq ans ! Les Dissociés est donc pour moi un film audacieux et original à regarder, mêlant parfaitement divertissement et réflexion. Même si nous savons qu’il y a quelque chose de relatif dans les vues (nous ne pouvons pas comparer des chiffres du Web avec le box-office cinéma), je suis contente qu’il y ait maintenant deux millions de vues sur cette vidéo : son succès me semble mérité et pas juste pour son très bon buzz.

Magali

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