Les Quatre filles du Dr March (1994)

réalisé par Gillian Armstrong

avec Winona Ryder, Susan Sarandon, Christian Bale, Gabriel Byrne, Trini Alvadaro, Kirsten Dunst, Claire Danes, Samantha Mathis, Eric Stoltz…

titre original : Little Women

Comédie dramatique américaine. 1h55. 1994.

sortie française : 3 mai 1995

Movie Challenge 2017 : Un film se déroulant avant le XXe siècle

Pendant la guerre de Sécession, dans le Massachusetts, Mme March et ses quatre filles, Jo, Beth, Amy et Meg tentent de se débrouiller, tandis que leur père combat au front. Jo se découvre alors une passion pour l’écriture et rédige des pièces de théâtre que jouent ses soeurs en plus de son idylle avec leur voisin Laurie. Quand elle a l’opportunité de devenir écrivain, Jo s’en va à New York où elle rencontre le professeur Baher.

Les Quatre filles du Dr March, roman culte de Louisa May Alcott, a connu plusieurs adaptations cinématographiques. George Cukor en avait réalisé une en 1933 avec Katharine Hepburn dans le rôle de Jo. Puis, ce fut au tour de Mervyn LeRoy de s’en occuper en 1949 avec, entre autres, June Allyson, Elizabeth Taylor et Janet Leigh. En 1994, c’est-à-dire bien longtemps après ces premières adaptations assez rapprochées dans le temps, le roman d’Alcott est de nouveau au coeur d’une nouvelle version cinématographique. L’Australienne Gillian Armstrong (Oscar et Lucinda, Charlotte Gray, Au-delà de l’illusion) est cette fois-ci derrière la caméra. Sans vouloir faire du féminisme à deux balles, il s’agit d’un choix assez pertinent de constater cette fois-ci une réalisatrice derrière la caméra. Comme le titre l’indique aussi bien en français qu’en version originale même s’il diffère (Little Women), les jeunes filles et femmes sont au coeur de cette oeuvre. Nous pouvons devenir la femme qu’on doit être sans homme à la maison, même rêver d’une vie (notamment avec un homme) sans ce modèle masculin. Je n’ai pas encore lu le roman (mais j’ai acheté le bouquin pour réparer cette erreur !), ni vu les précédentes adaptations. Mais cette version des années 90, mettant en scène un sacré brochette d’actrices (et encore, en dehors de Ryder, il ne s’agissait pas forcément des stars que l’on connaît désormais) m’a enchantée ! Certes, la mise en scène est assez classique (ce qui n’a rien d’une tare non plus) et ce film a globalement un côté tout mignon qui agacera certainement certains spectateurs (même s’il relate parfois des événements moins « mignons »). Mais justement, ce côté « bonbon » et innocent a quelque chose de séduisant : il l’est mais il ne tombe pas non plus dans des excès de guimauve écoeurante. Il ne faut pas oublier que le roman peut être trouvable dans le rayon jeunesse, ce qui peut probablement justifier sa dimension inoffensive. Effectivement, les enjeux peuvent sembler minimes, un peu « neuneu ». Mais pourtant, l’arrière-fond ne l’est pas. Le contexte est bien pris en compte par la réalisatrice avec ces jeunes filles livrées à elles-mêmes : le père March – qui n’est donc pas docteur mais en réalité pasteur – a dû laisser sa femme et ses filles pour partir sur le front). Chacune tente alors de garder un semblant de vie normale. Si l’oeuvre aborde quelques histoires d’amour, les différents rêves qui permettraient à ces filles, à la fois fortes, intelligentes, instruites et manuelles, de s’accomplir entièrement ne se limitent justement pas à des histoires de romance et d’homme.

Jo March, sorte d’alter-ego d’Alcott (le roman est semi-autobiographique sur de nombreux points), est évidemment le personnage le plus intéressant (même si les autres soeurs sont attachantes) et c’est là où on comprend que l’oeuvre est justement moins niaise et gentillette qu’elle en a l’air. Grâce à ce garçon manqué très intelligent (qui se positionne comme le personnage principal parmi les autres soeurs March), Les Quatre Filles du Dr March est alors une jolie oeuvre douce féministe. S’il y a bien des romances dans le film, elles ne contredisent justement pas le propos fort de l’oeuvre. Je ne peux pas juger le travail d’adaptation mais le scénario parvient donc à faire cohabiter une impression de légèreté constante autour de la vie de ces filles et un propos fort valorisant la femme en dehors du mariage et du couple. Le film a un peu vieilli dans le sens où on voit que c’est un film datant des années 90 mais la reconstitution de l’époque reste agréable même si elle n’est pas non plus dingue. On ne se souvient pas nécessairement de l’unique nomination aux Oscars de Winona Ryder pour ce rôle (battue cette année-là par Jessica Lange pour le très méconnu Blue Sky). Il est regrettable qu’on ne connaisse pas davantage son interprétation à l’heure actuelle. J’ai toujours bien aimé Winona Ryder qui, malheureusement, n’a pas eu la carrière qu’elle méritait. J’ai eu l’impression de redécouvrir cette actrice dans le rôle de Jo March (et je m’aperçois de plus en plus que Keira Knightley est une sorte de mini-Winona !). Son personnage est certainement déjà sur le papier très attachant et son interprétation renforce encore plus cette impression. Le reste de la distribution (la petite peste Kirsten Dunst, la timide Claire Danes, le charmant Christian Bale, la remarquable Susan Sarandon…) est également impeccable, chacun trouve sa place sans se faire bouffer par Ryder. Bref, cette nouvelle version du roman culte de Louisa May Alcott n’est certainement pas un chef-d’oeuvre ou quoi que ce soit mais l’ensemble est réellement plaisant tout en proposant un propos toujours actuel. 

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Zoolander 2

réalisé par Ben Stiller

avec Ben Stiller, Owen Wilson, Penélope Cruz, Will Ferrell, Kristen Wiig, Cyrus Arnold, Benedict Cumberbatch, Nathan Lee Graham, Christine Taylor, Kiefer Sutherland, Billy Zane, Sting, Milla Jovovich, Justin Theroux, Ariana Grande, Katy Perry, Neil deGrasse Tyson, Mika, Demi Lovato, Olivia Munn, John Malkovich, Anna Wintour, Susan Sarandon, Macaulay Culkin, Kim Kardashian, Kanye West, Kate Moss, Skrillex, Lenny Kravitz, Susan Boyle…

Comédie américaine. 1h42. 2016.

sortie française : 2 mars 2016

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Blue Steel. Le Tigre. Magnum… Des regards si puissants qu’ils arrêtent des shuriken en plein vol et déjouent les plans de domination mondiale les plus diaboliques. Un seul top model est capable de conjurer autant de puissance et de beauté dans une duck-face : Derek Zoolander ! Quinze ans après avoir envoyé Mugatu derrière les barreaux, Derek et son rival/meilleur ami Hansel, évincés de l’industrie de la mode suite à une terrible catastrophe, mènent des vies de reclus aux deux extrémités du globe. Mais lorsqu’un mystérieux assassin cible des popstars célèbres, les deux has-been des podiums se rendent à Rome pour reconquérir leur couronne de super mannequins et aider la belle Valentina, de la Fashion Police d’Interpol, à sauver le monde. Et la mode.

Zoolander 2 : Photo Ben Stiller, Owen Wilson, Penélope Cruz

J’ai toujours aimé Ben Stiller, que ce soit en tant qu’acteur, réalisateur et scénariste. J’ai cependant mis un temps fou à découvrir Zoolander, je ne l’ai vu que très récemment et je m’étais franchement bien marrée. Bon, après c’est du Ben Stiller, dans le sens où c’est un humour assez caricatural, qui ne vole pas toujours haut mais en même temps est plus sombre qu’il en a l’air (malgré toute la gamme de couleurs flashy via les costumes délirants). C’est pour cette raison que j’ai voulu aller voir cette suite assez attendue par les fans. Pourtant, je n’étais pas hyper rassurée car cette suite n’a pas été très bien reçue par la presse. J’ai fini par relativiser ces critiques assez négatives en me rappelant qu’en général les films réalisés par Ben Stiller ne sont pas réellement appréciés par la presse et qu’ils finissent par trouver un certain statut au fil du temps. Zoolander en fait partie. A sa sortie, il ne faut pas oublier que le film s’était fait casser et n’avait pas remporté un succès fou à sa sortie (on peut même parler d’échec). C’est finalement grâce à sa sortie en vidéo qu’il trouvera son public ! C’est par ailleurs pour cette raison que cette suite a mis du temps à être préparée, Stiller se rappelant de l’échec du premier film au cinéma. Je ne veux pas défendre bêtement cette suite, et je respecte évidemment les avis négatifs de chacun, mais quand je constate le manque d’engouement pour cette suite, je ne peux pas m’empêcher de penser qu’il y a un peu d’hypocrisie et de mauvaise foi (en tout cas de la part de certains). Je peux me tromper mais je pense que cette suite finira par être appréciée avec le temps. Après je reconnais que mon jugement sur cette suite est peut-être lié au fait que j’ai justement découvert le premier opus assez récemment.

Zoolander 2 : Photo Kristen Wiig, Will Ferrell

J’ai trouvé cette suite réussie pour plusieurs raisons. Déjà, je me suis tout simplement marrée, ce qui est le premier but de n’importe quelle comédie ! Encore une fois, j’adhère à l’humour assez gros, exagéré et tout ce qu’on veut, assez fidèle du premier volet. Certes, il y a évidemment des gags qui sont parfois lourds, d’autres plus réussis que d’autres, mais dans l’ensemble, les différentes situations présentées, les répliques et la crétinerie générale des personnages (incarnés par un casting toujours aussi si inspiré, qui s’éclate avec des expressions faciles ahurissantes !) sont juste pour moi drôles. L’humour n’est pas fin mais pourtant on ne peut s’empêcher de voir toute la bêtise constante qui nous entoure, que ce soit par la presse people, la milieu de la mode en générale ou encore les dérives des réseaux sociaux et des selfies. Le film est pour moi dans son temps, comme l’était par ailleurs le premier opus. Au-delà d’avoir signé un film qui est selon drôle, rythmé et divertissant, je trouve que Stiller parvient à trouver un juste équilibre, en faisant à la fois plaisir aux fans du 1er et à ceux qui découvrent cet univers pour la première fois. Le film prend quelques minutes pour expliquer ce qui s’est passé à la fin du film (ce qu’on connait donc déjà) et tout ce qui a suivi juste après. Certains diront après qu’il y a un effet de répétition, un avis que je peux comprendre mais que je ne partage pas. Je trouve qu’il y a derrière tellement une énergie à recréer un univers, à retrouver les personnages, il y a même une certaine inventivité (dans des détails, ce qui peut paraître paradoxal quand on connait l’humour lourd autour) et une réelle envie de pointer du doigt un milieu, avec les codes qui lui colle dans notre époque. On peut également discuter des guests (il y en a tellement, j’avoue ne pas les avoir tous reconnus). Certes, dans ce genre de films, il y a toujours quelque chose de gratuit, ça peut vite tourner au défilé de stars inutile. Cela dit, vu le sujet (comme dans le premier), ça passe de nouveau sans problèmes et beaucoup de caméos ou de petits rôles sont également jouissifs !

Zoolander 2 : Photo Nathan Lee Graham, Will Ferrell