Ça (2017)

réalisé par Andy Muschietti

avec Bill Skarsgård, Jaeden Lieberher, Finn Wolfhard, Jack Dylan Grazer, Sophia Lillis, Jeremy Ray Taylor, Wyatt Olef, Chosen Jacobs, Nicholas Hamilton, Stephen Bogaert…

titre original : It

Epouvante-horreur américain. 2h15. 2017.

sortie française : 20 septembre 2017

À Derry, dans le Maine, sept gamins ayant du mal à s’intégrer se sont regroupés au sein du « Club des Ratés ». Rejetés par leurs camarades, ils sont les cibles favorites des gros durs de l’école. Ils ont aussi en commun d’avoir éprouvé leur plus grande terreur face à un terrible prédateur métamorphe qu’ils appellent « Ça »…
Car depuis toujours, Derry est en proie à une créature qui émerge des égouts tous les 27 ans pour se nourrir des terreurs de ses victimes de choix : les enfants. Bien décidés à rester soudés, les Ratés tentent de surmonter leurs peurs pour enrayer un nouveau cycle meurtrier. Un cycle qui a commencé un jour de pluie lorsqu’un petit garçon poursuivant son bateau en papier s’est retrouvé face-à-face avec le Clown Grippe-Sou…

Ça : Photo Chosen Jacobs, Finn Wolfhard, Jaeden Lieberher, Jeremy Ray Taylor, Sophia Lillis

Le long roman de Stephen King Ça, publié en 1986, avait déjà connu une première adaptation pour la télévision en 1990 réalisée par Tommy Lee Wallace et avec l’excellent Tim Curry dans le rôle du clown terrifiant Grippe-Sou (Pennywise). Le téléfilm était intéressant (même si je trouve sa seconde partie bien en dessous de la première) mais il a sacrément vieilli. Cela fait depuis quelques années qu’on parle d’une nouvelle adaptation (j’insiste sur le terme – non, ce n’est pas un remake comme je l’ai parfois lu à tort et à travers) pour le grand écran. Cary Fukunaga (crédité au générique) devait réaliser cette nouvelle version avec Will Poulter dans le rôle du clown maléfique. Fukunaga quitte le projet suite à des désaccords artistiques avec les producteurs de New Line, Poulter suit le chemin du réalisateur en guise de soutien. Les frères Duffer étaient également très intéressés par le projet, même avant l’intervention de Fukunaga. Il est finalement amusant de voir un des acteurs de Stranger Things au casting (le jeune Finn Wolfhard). Bref, c’est finalement le réalisateur argentin Andrés Muschietti (qui avait signé le plutôt bon Mamá) qui passe derrière la caméra. On relèvera alors deux choses. La première est le changement d’époque. Le roman (ainsi que le téléfilm) se déroule sur deux époques : les années 50 (pour la partie sur l’enfance) et les années 80 (pour la partie « adultes »). Cette fois-ci, l’enfance des personnages se situe dans les années 1980. Au-delà d’une volonté de rendre cette version plus contemporaine (les sujets évoqués sont intemporels), Ça semble s’inscrire dans ce boum nostalgique pour les années 80 (re-coucou Stranger Things). On aurait pu craindre une nostalgie pénible et redondante, Muschietti a le mérite de ne pas abuser de ce nouveau contexte en le rendant pas cool à tout prix. Le deuxième changement notable est d’isoler justement les deux parties. En effet, le téléfilm reprenait la structure du roman, c’est-à-dire d’avancer dans le récit en alternant les différentes époques. S’il devrait y avoir ces échanges dans le chapitre 2, ce premier volet se concentre uniquement sur le récit durant l’enfance des personnages. Seule une réplique prononcée par Bev, où elle explique avoir eu une vision d’elle et de ses amis adultes, évoquerait discrètement cette fameuse alternance temporelle.

Ça : Photo Bill Skarsgård

Stephen King, décidément au centre de toutes les attentions (les adaptations de ses oeuvres sont très nombreuses et cela n’est pas prêt de changer en 2018 !), a approuvé (voire aimé) cette nouvelle adaptation de Ça. Je n’ai pas encore lu le roman d’origine (je l’attaque très bientôt les amis !), je ne peux donc juger que sur ce que j’ai vu. Ce long-métrage m’a en tout cas beaucoup séduite. Certes, il ne s’agit pas forcément du film le plus effrayant que j’ai pu voir – même si certaines scènes ont tout de même su me donner quelques petits frissons. Il reprend lui-même des codes très utilisés (et parfois faciles) dans le cinéma d’horreur actuel. Cela dit, il a deux mérites qui lui permettent de se détacher de ce cinéma d’horreur contemporain. Le premier est celui d’instaurer tout le long de l’oeuvre une atmosphère dangereuse. Le second est concerne sa manière de parler de la peur, pas uniquement de ce monstre mais aussi celles de notre enfance qui s’apparentent finalement à différents traumatismes bien plus profonds : inceste, disparition tragique des parents ou d’un frère, harcèlement scolaire, mère qui couvre dangereusement son enfant, racisme… Des sujets difficiles mais jamais traités avec lourdeur. Rien que le nom de l’oeuvre est significatif sur le fond de cette histoire (on peut même établir des rapprochements avec The Thing et It Follows), ce « ça » pour désigne le Mal. En psychologie, le « ça » répond aux pulsions de l’humain. Et ces pulsions hantent la ville de Derry, pratiquement un personnage à part. Certes, la métaphore est peut-être parfois un peu très appuyée mais elle fonctionne tout de même avec efficacité surtout pour un film de cette production (n’oublions pas que c’est une grande production – ce qui explique le départ d’origine de Cary Fukunaga). Par rapport aux thèmes évoqués et même par rapports à certains décors, on peut rapprocher cette oeuvre à une nouvelle de Stephen King, Le Corps (paru dans le recueil de nouvelles Différentes saisons), adapté au cinéma sous le titre Stand by me. Ce premier chapitre n’est alors pas à proprement parler un film d’horreur comme on aurait pu l’attendre, c’est un film sur l’horreur banale. Muschietti nous offre une chronique sur l’enfance à la fois dure, tendre et émouvante.

Ça : Photo Bill Skarsgård

Pour un film assez ouvert au public, on s’étonnera alors de la violence, certes suggérée (enfin pas tant que ça par moments, la scène d’intro avec le petit Georgie et son bras arraché n’est pas si suggérée que ça), mais tout de même présente. Si la fin s’étire peut-être un poil en longueur et qu’il y a parfois un peu trop de jump-scares et d’effets horrifiques pour plaire à un certain public actuel (même si dans le lot certains fonctionnent), la mise en scène de Muschietti reste solide. A noter aussi une belle photographie de Chung Chung-hoon, connu pour sa collaboration avec Park Chan-wook : cette influence japonaise est peut-être, avec du recul, à l’origine de cette atmosphère prenante. Une scène plutôt réussie semble même sorti de Ring de Hideo Nakata. L’interprétation de Pennywise par l’immense (et trop sous-estimé) Tim Curry était monumentale (même si on le voit finalement peu). Difficile de passer après une telle performance. Pourtant, Bill Skarsgård (fils de Stellan et frère d’Alexander) s’en sort plus que bien. Ce n’est pas évident de passer après Curry et le jeune acteur suédois ne cherche pas à l’imiter. Il montre une autre facette exploitable de ce personnage qui apparaît certainement plus que dans le téléfilm. Certes, peut-être qu’on prend le risque de supprimer la partie énigmatique du monstre qui hante les enfants jusqu’à l’âge adulte (le personnage de Curry semblait plus vicieux mais encore une fois les approches de l’un et de l’autre sont différentes). A voir également en version originale pour l’excellent travail vocal de l’acteur. Tous les jeunes acteurs sont également remarquables incarnant des personnages très attachants et charismatiques. Jaeden Lieberher (vu dans l’excellent Midnight Special) et la jeune Sophia Lillis (sorte de sosie version jeune de Jessica Chastain et / ou Amy Adams) sont particulièrement charismatiques, Finn Wolfhard est très drôle en petit clown de service (oh le clin d’oeil de merde) ou encore Jack Dylan Grazer est adorable dans le rôle du petit Eddie (c’était déjà mon personnage coup de coeur dans le téléfilm). On peut peut-être regretter qu’ils n’aient pas le même temps de présence à l’écran. Espérons que le casting adultes soit à la hauteur…

Ça : Photo Chosen Jacobs, Finn Wolfhard, Jack Dylan Grazer, Jaeden Lieberher, Jeremy Ray Taylor

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Marley et moi / Watchmen

Marley & Moi
réalisé par David Frankel
avec Owen Wilson, Jennifer Aniston, Eric Dane, Alan Arkin, Haley Bennett, Clarke Peters…
titre original : Marley & Me
Comédie américaine. 1h40. 2008.
sortie française : 4 mars 2009
Movie Challenge 2017 : Un film que j’aime bien secrètement
Jenny et John viennent tout juste de se marier sous la neige du Michigan et décident de partir s’installer sous le soleil de Floride. Alors que l’envie d’avoir un premier enfant se profile chez Jenny, John espère retarder l’échéance en lui offrant un adorable chiot sur les conseils avisés de son collègue Sébastien, un séducteur profitant pleinement de son célibat. C’est ainsi que Marley, un jeune labrador, prend place au sein du couple. En grandissant, l’animal se révèle aussi craquant que dévastateur et la maison devient un véritable terrain de jeu, où plus rien ne peut échapper à sa voracité. Mais l’envie de fonder une famille ressurgit, et Jenny attend désormais son premier enfant. Au rythme des années et des catastrophes qu’il provoque, Marley sera le témoin d’une famille qui se construit et s’agrandit, devant faire face à des choix de carrière, des périodes de doute et des changements de vie. Pour Jenny et John, même si Marley est le pire chien du monde, cette tornade d’énergie leur témoignera une affection et une fidélité sans limite, pour leur enseigner la plus grande leçon de leur vie.
Marley & moi : Photo David Frankel, Jennifer Aniston, Owen Wilson
Marley & Moi, réalisé par David Frankel (Le Diable s’habille en Prada), est tiré de l’ouvrage autobiographique du journaliste John Grogan, Marley & Me: Life and Love with the World’s Worst Dog (2005). Je m’attendais, comme beaucoup, à regarder une comédie toute mignonne avec un joli toutou qui ferait quelques conneries (et vous savez peut-être que j’ai du mal en général avec les films qui mettent en vedette des animaux). Certes, il s’agit a priori d’un film familial, grand public, c’est un fait (et ce n’est pas forcément une tare). Mais finalement, on n’est pas tant que ça dans le film tout choupi si attendu. Si Marley & moi est pour moi un agréable divertissement, assez bien foutu dans son genre, il surprend surtout pour son émotion que j’ai trouvée vraie (même si le film a évidemment pour but de nous faire verser quelques larmes, on ne va pas se mentir non plus). Je n’ai jamais eu de chiens (en revanche des chats j’en ai toujours eu) mais l’histoire m’a réellement émue (vous avez l’habitude, j’ai évidemment chialé) : je me suis identifiée au personnage principal avec sa relation avec Marley. Certes, je ne vais pas vous dire qu’il s’agit d’un chef-d’oeuvre, ce n’est évidemment pas le cas, on ne retient pas non plus le travail de mise en scène, je ne sais même pas si on peut s’il s’agit vraiment d’un bon film (d’un point de vue strictement cinématographique – bon après rien ne m’a choquée, j’imagine que le travail de ce côté reste correct par rapport à ce qu’on attend de ce type de production). Mais Marley & Moi m’a clairement plu même si j’ai conscience de ses limites purement cinématographiques. Le film reprend le schéma autobiographique du bouquin, l’histoire étant racontée par John. La voix-off est toujours un outil « risqué » dans le sens où elle a tendance à alourdir le récit. Je ne dis pas qu’elle est d’une grande subtilité mais elle n’est pas non plus envahissante. Surtout, je trouve qu’on peut malgré tout (je dis ça parce que Wilson et Aniston sont des stars hollywoodiens, beaux, blonds, sportifs, avec des dents Colgate – bref le contraire du commun des mortels) s’identifier aux personnages principaux, comprendre l’attachement au chien et au rôle que ce dernier joue dans la vie d’une famille face au temps qui passe. Marley et moi séduit alors dans sa représentation d’une vie de famille (et ou plutôt dans sa construction) avec ses bons et ses mauvais moments (les ellipses me semblent bien choisies et fluides). Après, j’admets aussi que ce film fait certainement partie désormais de mes plaisirs coupables (c’était le but de cette catégorie du Movie Challenge).
 
Marley & moi : Photo David Frankel, Eric Dane, Owen Wilson

Watchmen – Les Gardiens 
réalisé par Zach Snyder
avec Jackie Earle Haley, Patrick Wilson, Malin Akerman, Billy Crudup, Matthew Goode, Jeffrey Dean Morgan, Carla Cugino, Stephen McHattie…
titre original : Watchmen
Action, science-fiction, drame américain. 2h42. 2009.
sortie française : 4 mars 2009
interdit aux moins de 12 ans
Movie Challenge 2017 : Un film recommandé par quelqu’un (Borat)
Aventure à la fois complexe et mystérieuse sur plusieurs niveaux, « Watchmen – Les Gardiens » – se passe dans une Amérique alternative de 1985 où les super-héros font partie du quotidien et où l’Horloge de l’Apocalypse -symbole de la tension entre les Etats-Unis et l’Union Soviétique- indique en permanence minuit moins cinq. Lorsque l’un de ses anciens collègues est assassiné, Rorschach, un justicier masqué un peu à plat mais non moins déterminé, va découvrir un complot qui menace de tuer et de discréditer tous les super-héros du passé et du présent. Alors qu’il reprend contact avec son ancienne légion de justiciers -un groupe hétéroclite de super-héros retraités, seul l’un d’entre-eux possède de véritables pouvoirs- Rorschach entrevoit un complot inquiétant et de grande envergure lié à leur passé commun et qui aura des conséquences catastrophiques pour le futur. Leur mission est de protéger l’humanité… Mais qui veille sur ces gardiens ?
Watchmen - Les Gardiens : Photo Carla Gugino, Jeffrey Dean Morgan
Watchmen est l’adaptation du comic éponyme d’Alan Moore (qui rejette le film comme toutes les adaptations de ses oeuvres) et Dave Gibbons (en revanche, il s’est associé au projet). J’ai une drôle d’histoire avec Zack Snyder (et encore, je dis ça sans avoir vu son Batman vs Superman) : 300 fait partie de mes plaisirs coupables, j’aime également énormément L’Armée des Morts (et j’adore au passage la version originale de Romero), en revanche je rejette en bloc Sucker Punch. Et comme vous le savez certainement (ou pas), j’ai généralement du mal avec les films de super-héros. J’ai longtemps redouté ce fameux Watchmen, visiblement autant adoré que détesté. Sans dire que j’ai adoré, j’ai été agréablement surprise par ce long-métrage, certes assez long mais selon moi réellement divertissant et pertinent. Le long-métrage nous présente alors une Amérique alternative des années 1980 (à peine le miroir de ce qu’on connaît déjà) sous l’égérie des super-héros. Mon seul véritablement hic vient du traitement des femmes (problème que j’avais déjà relevé dans d’autres films de Snyder) : j’ai clairement trouvé le film misogyne (on pourra toujours me répondre qu’il y a les mêmes problèmes dans le comic : et bah j’ai envie de dire que je ne trouve pas ça cool non plus). Les personnages féminins ont toutes un mauvais rôle : soit elles sont hyper sexualisées et inutiles dans l’intrigue soit elles ont un mauvais rôle par rapport aux autres personnages. Pour ne rien arranger, Malin Akerman et Carla Cugino jouent très mal (comme souvent). C’est dommage car le reste du casting est pour moi très bon, surtout Jackie Earle Haley, épatant et charismatique dans le rôle de Rorschach. Les personnages sont justement pour moi un des points forts de ce film, ils sont étonnamment complexes par rapport à ce qu’on pourrait attendre habituellement de ce genre de production (le cas le plus flagrant concerne Le Comédien incarné par l’étonnant Jeffrey Dean Morgan). La narration a pu déstabiliser certains spectateurs, certains diront même que le film est trop lent et qu’il ne se passe rien. Pour ma part, si au début j’étais sceptique par cette narration a priori décousue, j’ai rapidement adhéré à ce choix qui permet d’appréhender la psychologie et les histoires personnelles de tous les personnages. Je suis également tombée sous le charme de la proposition graphique et esthétique même si j’admets que certains effets (ex : les ralentis) sont parfois superficiels. Les dialogues sont également soignés, l’histoire en elle-même trouve un ton juste entre violence, tragédie et humour. Enfin, la BO, très agréable, s’adapte bien aux différentes scènes.
Watchmen - Les Gardiens : Photo Jackie Earle Haley

S.O.S. Fantômes (2016)

réalisé par Paul Feig

avec Kristen Wiig, Melissa McCarthy, Kate McKinnon, Leslie Jones, Chris Hemsworth, Charles Dance, Neil Casey, Michael K. Williams, Andy Garcia, Cecily Strong, Ed Begley Jr., Bill Murray, Dan Aykroyd, Sigourney Weaver, Ernie Hudson, Annie Potts, Ozzy Osbourne…

titre original : Ghostbusters

Comédie fantastique américaine. 2h. 2016.

sortie française : 10 août 2016

Movie Challenge 2017 : Une comédie

Erin et Abby écrivent ensemble un livre sur des phénomènes paranormaux. Mais l’ouvrage n’ayant aucun succès, elles tentent de reprendre une vie normale. Des années plus tard, les deux femmes renouent quand leur œuvre est sur le point d’être rééditée. Devenue une enseignante respectée, Erin ne veut plus en entendre parler. Pour annuler la publication, elle accepte d’aider sur Abby, qui travaille maintenant avec Jillian, sur une enquête paranormale. Là, elles sont confrontées à un fantôme. Elles décident alors de créer une agence de détectives spécialisée et tentent de développer des armes pour lutter contre l’invasion d’esprits qui se prépare… (résumé : Télérama)

S.O.S. Fantômes : Photo Kate McKinnon, Kristen Wiig, Leslie Jones (II), Melissa McCarthy

Je ne vais pas clamer haut et fort que je suis une fan absolue de Ghostbusters. Mais comme beaucoup de cinéphiles (et de spectateurs tout simplement), j’aime énormément le premier opus d’Ivan Reitman. J’ai découvert ce film culte enfant et j’aime le revoir dès qu’il est rediffusé à la télé. J’avoue que j’aime moins le deuxième opus (même si je le trouve tout de même très sympathique). S’attaquer à un reboot d’un film aussi culte (et débarquant des années après) était une tâche compliquée. J’étais moi-même très sceptique de voir ce projet (surtout quand on voit l’état actuel d’Hollywood sans inspiration qui ne fait que recycler de vieux films ou n’offre que des suites). J’avais aussi peur qu’on nous colle des femmes au casting pour parce qu’il fallait mettre des femmes (même si c’est une très bonne chose que Hollywood se réveille enfin), sans qu’il y ait derrière une démarche intéressante. Cela dit, les trop grandes remarques sexistes et même racistes à l’encontre du film (et de l’actrice Leslie Jones) avant même qu’il sorte dans les salles étaient vraiment violentes et rien que pour cette raison, j’avais finalement envie de soutenir ce projet même si encore une fois je n’étais pas rassurée. J’aime énormément Mes Meilleures Amies (Bridesmaids), j’apprécie Spy et Les Flingueuses qui m’ont également provoqué quelques fous rires et dans l’ensemble la nouvelle génération du Saturday Night Live (SNL pour les intimes) me séduit. Voir Paul Feig derrière la caméra réunissant Kristen Wiig, Melissa McCarthy, Kate McKinnon et Leslie Jones me réjouissait. Finalement, les critiques n’ont pas été désastreuses contrairement à ce qu’on attendait. Même des critiques sceptiques à l’origine (comme je l’étais) par le projet semblent avoir apprécié ce nouveau Ghostbusters. Bref, j’étais donc à la fois curieuse et un poil effrayée. Sans crier au chef-d’œuvre (il a ses imperfections), ce nouveau Ghostbusters m’a clairement plu et m’a agréablement surprise. Il n’a pas la prétention de faire oublier les films de Reitman, il assume ses clins d’œil, ses scènes parfois reprises des précédents volets et même ses sympathiques et rassurants caméos (Bill Murray, Dan Aykroyd, Annie Potts, Ernie Hudson, Sigourney Weaver et même le regretté Harold Ramis sous forme de statue !). Je n’ai pas eu la sensation qu’il cherchait à copier, juste de tenter de proposer une comédie différente par son ton (plus graveleux et potache) et les traits de son époque (la technologie – notamment Youtube – s’intègre dans le récit).

Bref, on respecte l’univers original tout en ajoutant sa touche personnelle et sa modernité. J’avais peur que le film soit trop nostalgique : il l’est certainement par moments mais il n’en abuse pas non plus. Je ne m’en suis jamais cachée : les comédies de Paul Feig me plaisent : cela fait du bien, dans le cadre de films à gros budget, de voir la femme valorisée. Pour moi, ce nouveau volet est bien une ode aux femmes fortes, solidaires, drôles, intelligentes, culottées  et indépendantes, le tout sans être un pamphlet qui aurait pu être pénible. Dans un film plus traditionnel, on aurait pu s’attendre à certains schémas du type l’une des héroïnes tombe amoureuse d’un beau gars fort et intelligent. Il n’y a pas d’histoire d’amour et le bonhomme séduisant présent est un pur idiot qui ne sait même pas ce qu’il fout là et porte des lunettes sans verre pour éviter de les salir : cette inversion des rôles (le secrétaire en question reprend le stéréotype habituel de la jeune potiche bêbête séduite par ses partenaires masculins) est donc assez pertinente. Esthétiquement, le film joue parfois avec le kitsch (comme pour rendre hommage à la saga très 80s) mais paradoxalement il est aussi bien foutu (en tout cas les effets spéciaux m’ont convaincue). Le petit reproche pourrais-je donc faire à ce Ghostbusters ? L’ensemble est divertissant mais j’ai parfois senti quelques baisses de rythme. Le casting est vraiment très bon, tirant véritablement le film vers le haut. Kristen Wiig s’en sort très bien dans le rôle de la scientifique coincée qui se retrouve dans des situations improbables. Et ses retrouvailles avec Melissa McCarthy, qui joue certes toujours grosso modo la même chose (mais je ne m’en lasse parce que la voir déblatérer autant de conneries à la seconde) mais qui est toujours aussi drôle, sont juste pour moi un pur bonheur. Leur complicité saute vraiment aux yeux ! Kate McKinnon (connue ces derniers temps pour ses imitations d’Hilary Clinton) est certainement une des très bonnes surprises de ce film, on peut même parler de révélation. Je ne pense pas être la seule à avoir eu un coup de cœur pour elle ! Leslie Jones complète bien ce quatuor assez équilibré même si elle est un peu plus en retrait et débarque plus tard dans l’histoire (je n’ai pas eu l’impression qu’il y en avait une qui tirait la couverture). Chris Hemsworth est également hilarant et irrésistible dans le rôle d’un bel abruti et j’espère que nous le verrons davantage dans un registre comique. Pour conclure, ce Ghostbusters au féminin est une bonne surprise qui ne mérite ni son lynchage ni son échec dans les salles obscures.

S.O.S. Fantômes : Photo Chris Hemsworth

Deadpool

réalisé par Tim Miller

avec Ryan Reynolds, Morena Baccarin, Ed Skrein, Gina Carano, Brianna Hildebrand, T. J. Miller…

Comédie d’action, fantastique américain. 1h48. 2016.

sortie française : 10 février 2016

interdit aux moins de 12 ans

Movie Challenge 2017 : Un film d’action / d’aventure

deadpool

Deadpool, est l’anti-héros le plus atypique de l’univers Marvel. A l’origine, il s’appelle Wade Wilson : un ancien militaire des Forces Spéciales devenu mercenaire. Après avoir subi une expérimentation hors norme qui va accélérer ses pouvoirs de guérison, il va devenir Deadpool. Armé de ses nouvelles capacités et d’un humour noir survolté, Deadpool va traquer l’homme qui a bien failli anéantir sa vie.

Deadpool : Photo Brianna Hildebrand, Ryan Reynolds

Je ne comptais pas spécialement regarder Deadpool, film très attendu par de nombreux spectateurs (vous connaissez maintenant ma relation avec les films de super-héros), le hasard m’a mis sur le chemin de ce long-métrage. Ce personnage, issu de l’univers Marvel, a été crée par l’auteur et dessinateur Rob Liefeld et le scénariste Fabian Nicieza. Le personnage de Deadpool était présent dans un autre film, X-Men Origins : Wolverine de Gavin Hood. Ryan Reynolds l’incarnait déjà à l’époque. Il faut savoir que Deadpool n’aurait coûté « que » 50 millions de dollars, ce qui reste « peu » comparé à d’autres films de super-héros (par exemple, Avengers : L’Ere d’Ultron de Joss Whedon et The Dark Knight Rises de Christopher Nolan ont coûté 250 millions de dollars). Evidemment, ce point n’excuse pas tout mais nous pouvons tout de même apprécier la démarche. De plus, le film a aussi été classé R aux Etats-Unis (les mineurs de moins de 17 ans doivent être accompagnés d’un adulte) alors que d’habitude les studios tentent d’éviter ce type de situation. Il est par ailleurs devenu le plus gros succès au box-office mondial pour un long-métrage classé R (le film est effectivement violent comme promis). Enfin, Deadpool est aussi devenu le plus gros succès de la saga X-Men. Je n’attendais donc rien de ce film mais dans l’ensemble, sans crier au génie (je lui ai tout de même trouvé des défauts) ou sans me réconcilier avec les films de super-héros je l’ai trouvé assez sympathique, frais et léger. Il a le mérite d’être parfois drôle et sans prétention même s’il présente à sa façon son ambition (en gros, celui d’un film de super-héros avec de l’action tout en étant cool et même « osé » et d’éviter la convention). Je ne pense pas qu’il révolutionne quoi que ce soit mais il a le mérite de tenter de casser certains codes habituels. J’avais un peu peur que le film tombe dans la surenchère avec son lot de répliques assez grossières / trashouilles et graveleuses (vu que ce genre de films semble être à la mode depuis quelques années) mais dans l’ensemble ça passe comme une lettre à la Poste. En tant que comédie, même si c’est un peu (et volontairement) vulgaire (ce n’est pourtant pas ma came d’habitude), on peut même dire que le film est à peu près réussi. Je sais que c’est aussi la tendance de coller des références à tout et n’importe quoi (c’est parfois ce qui me gêne dans la pop culture), ça peut rapidement me gaver mais là encore elles sont plutôt pertinentes. De plus, les scènes d’action secouent, on en prend plein la vue ! Cela dit, qu’est-ce qui cloche alors dans Deadpool ? On est dans une origins story (because, you know, on ne parle plus français) dans tout ce qu’il y a de plus chiant.

Deadpool : Photo Morena Baccarin, Ryan Reynolds

J’ai l’impression d’avoir vu ce type d’histoire mille fois, presque une case obligée du film de super-héros (je crois que c’est ça qui me gonfle le plus dans ce genre en question). Selon moi, on voit les limites du scénario qui est vraiment sauvé par de bons dialogues et non par sa narration : le film commence pratiquement par la fin (quand on prend le film dans sa globalité) et reste le 3/4 du temps en suspension. Vous allez me dire : ce n’est pas le seul film au monde qui reprend cette structure pseudo déstructurée. Je suis d’accord avec ce point (parce que je sais anticiper les reproches qu’on pourrait me faire). Mais j’ai vraiment eu l’impression que le film faisait du surplace. Résultat : malgré l’humour omniprésent, le rythme s’essouffle et j’ai senti quelques longueurs. Le film n’est pourtant pas non plus très long (surtout pour un film de super-héros) et sur le papier il n’aurait pas dû avoir ce souci de rythme. Finalement, c’est plus ce choix narratif qui est superficiel que le nombre de « fuck » présent qui « m’effrayait » au départ. La mise en scène est en tout cas plutôt bonne, surtout par rapport à ce qu’on attend habituellement de ce genre de production. On peut en tout cas remercier Ryan Reynolds, décidément coltiné aux films adaptés de comics (Blade : Trinity, X-Mens Origins : Wolverine, Green Lantern et R.I.P.D. Brigade Fantôme, rien que ça!). Très investi dans le projet depuis pratiquement dix ans (il en est le co-producteur), et récemment nommé aux Golden Globes pour son interprétation (dans la catégorie « comédie »), l’acteur canadien est très bon et surprenant dans le rôle-titre (figure de l’anti-héros par excellence). Pour moi, même si le film a ses qualités, Reynolds porte pas mal le long-métrage sur ses épaules (pourtant je n’aime pas trop cette expression). On ressent vraiment son implication et depuis quelques années, l’acteur a vraiment su améliorer son jeu (avant, je trouvais qu’il jouait comme une huître). De plus, décidément, Reynolds sait bien jouer avec sa voix (détail important vu qu’il porte le 3/4 du temps son costume, donc on privilégie la VO) comme il nous l’avait déjà prouvé The Voices de Marjane Satrapi. Je suis un peu plus partagée sur certains rôles secondaires, surtout en ce qui concerne Ed Skrein. L’acteur britannique n’est pas mauvais en soi, c’est juste que son rôle est trop caricatural et paradoxalement trop effacé (Deadpool doit rester la star de son propre film) pour convaincre totalement. A surveiller donc Deadpool 2, évidemment en préparation…

Deadpool : Photo Ryan Reynolds

Les Animaux Fantastiques

réalisé par David Yates

avec Eddie Redmayne, Katherine Waterston, Dan Fogler, Alison Sudol, Colin Farrell, Ezra Miller, Samantha Morton, Jon Voight, Carmen Ejogo, Johnny Depp, Ron Perlman, Jenn Murray, Faith Wood-Blagrove, Zoë Kravitz…

titre original : Fantastic Beasts and Where to Find Them

Film fantastique, aventure britannique, américain. 2h13. 2016.

sortie française : 16 novembre 2016

animaux

New York, 1926. Le monde des sorciers est en grand danger. Une force mystérieuse sème le chaos dans les rues de la ville : la communauté des sorciers risque désormais d’être à la merci des Fidèles de Salem, groupuscule fanatique des Non-Maj’ (version américaine du « Moldu ») déterminé à les anéantir. Quant au redoutable sorcier Gellert Grindelwald, après avoir fait des ravages en Europe, il a disparu… et demeure introuvable.
Ignorant tout de ce conflit qui couve, Norbert Dragonneau débarque à New York au terme d’un périple à travers le monde : il a répertorié un bestiaire extraordinaire de créatures fantastiques dont certaines sont dissimulées dans les recoins magiques de sa sacoche en cuir – en apparence – banale. Mais quand Jacob Kowalski, Non-Maj’ qui ne se doute de rien, libère accidentellement quelques créatures dans les rues de la ville, la catastrophe est imminente. Il s’agit d’une violation manifeste du Code International du Secret Magique dont se saisit l’ancienne Auror Tina Goldstein pour récupérer son poste d’enquêtrice. Et la situation s’aggrave encore lorsque Percival Graves, énigmatique directeur de la Sécurité du MACUSA (Congrès Magique des États-Unis d’Amérique), se met à soupçonner Norbert… et Tina.
Norbert, Tina et sa sœur Queenie, accompagnés de leur nouvel ami Non-Maj’ Jacob, unissent leurs forces pour retrouver les créatures disséminées dans la nature avant qu’il ne leur arrive malheur. Mais nos quatre héros involontaires, dorénavant considérés comme fugitifs, doivent surmonter des obstacles bien plus importants qu’ils n’ont jamais imaginé. Car ils s’apprêtent à affronter des forces des ténèbres qui risquent bien de déclencher une guerre entre les Non-Maj’ et le monde des sorciers.

Les Animaux fantastiques : Photo Eddie Redmayne

Comme vous l’avez pu le constater sur le blog, je suis une grande fan de Harry Potter. J’attendais donc logiquement avec beaucoup d’impatience l’un des films événements de 2016, Les Animaux Fantastiques. Dans les romans et films, le personnage de Norbert Dragonneau (Newt Scamander en VO) est mentionné parmi les auteurs des ouvrages que doit acheter le jeune Harry et ses camarades doit se procurer à Poudlard dans le cadre de ses études. J. K. Rowling avait écrit le court texte Les Animaux Fantastiques en 2001 pour la bonne cause : 80% des profits sont directement reversés à des associations de protection de l’enfance à travers le monde. Evidemment, comme n’importe quelle saga de cette envergure, on pouvait se dire qu’engendrer toute une nouvelle série de films (cinq en tout) était encore un moyen de prendre les spectateurs pour des pigeons. De plus, même si j’ai tout de même aimé certains des films de la saga qu’il a réalisés, David Yates n’est pas pour moi le meilleur réalisateur de la saga (même si je dois admettre qu’il connait désormais très bien l’univers). Très vite, j’ai tout de même été rassurée : c’est J.K. Rowling qui s’est occupée elle-même du scénario. On pouvait se demander si la romancière pouvait être capable de devenir scénariste puisqu’il ne s’agit pas de son métier de base. Pour résumer, Les Animaux Fantastiques se déroulent avant l’arrivée de Harry Potter à Poudlard (c’est-à-dire 70 ans avant). J. K. Rowling formule la chose autrement : elle présente le projet comme l’équivalent d’une « extension de l’univers » de Harry Potter. L’action ne se déroule pas en Grande-Bretagne mais cette fois-ci aux Etats-Unis (même si on suit donc quelques personnages britanniques). A partir de là, et cela se vérifie à l’écran, J.K. Rowling a le mérite de ne pas vouloir créer à tout prix un copier-coller de la saga Harry Potter. Certes, on reconnait de nombreux éléments de la saga mais ils apparaissent par petites touches. Je pense donc qu’on peut tout à fait suivre Les Animaux Fantastiques sans connaître la saga Harry Potter. Et en même temps, grâce à ces clins d’oeil, les fans de la première heure pourront être nostalgiques.

Les Animaux fantastiques : Photo Alison Sudol, Dan Fogler, Katherine Waterston

J.K. Rowling ne se contente pas alors de satisfaire les fans et les nons-fans de la saga. Elle réussit aussi à satisfaire tous les types de public : les petits et les plus grands. Ainsi, la double lecture concernant les différentes réflexions proposées fonctionne totalement. Au-delà de savoir faire plaisir à tout le monde – ce qui n’est pas si évident à faire – on s’aperçoit finalement à quel point Rowling a encore beaucoup d’imagination et qu’elle a encore des choses à dire sur son propre univers (surtout quand on sait qu’elle reprend des petits détails à droite et à gauche de ses bouquins). Les Animaux Fantastiques a beau être un produit commercial (on ne va pas se mentir), le vrai point fort de ce film est de sentir une patte d’auteur. Au-delà de nous présenter une histoire qui tient debout et des personnages attachants, J.K. Rowling réussit à évoquer des sujets forts dans une oeuvre aussi populaire (et le contexte historique me semble également important). Elle a toujours voulu développer dans Harry Potter des thèmes importants et d’une grande richesse, la saga étant plus profonde qu’elle en a l’air. Au fil des années, que ce soit notamment plus récemment avec la pièce Harry Potter and The Cursed Child et maintenant avec cette adaptation des Animaux Fantastiques, Rowling, reconnue publiquement pour défendre de nombreuses causes, se cache de moins en moins pour évoquer certains sujets et défend toujours les gens différents qui veulent résister face au système. La résistance, l’écologie ou encore les effets de la maltraitance (pour ne citer que ça même s’il y en a d’autres) font partie des thèmes bien abordés dans ce long-métrage. Ainsi, l’histoire se met bien en place mais sans trop perdre de temps non plus (personnellement je suis entrée tout de suite dans le film). Le film parvient à se regarder que ce soit en tant qu’unique film ou premier volet d’une longue saga à venir. La mise en scène de David Yates suit également plutôt bien. Certes, elle n’a rien de révolutionnaire. Mais elle tient tout de même la route surtout par rapport à ce qu’on attend de ce type de grande production. Je dois même dire que Yates s’en sort même mieux que sur certains volets de Harry Potter qu’il a signés !

Les Animaux fantastiques : Photo Dan Fogler, Eddie Redmayne

Malgré quelques longueurs (du genre t’as l’impression qu’il y a trois fins) et quelques personnages pas suffisamment développés (je pense notamment à celui incarné par Colin Farrell – la performance n’est pas honteuse, loin de là mais du coup on s’attendait à mieux), Les Animaux Fantastiques est un très bon divertissement défendant de véritables causes, très rythmé, mêlant assez bien des moments drôles et d’émotion. Surtout, et c’est ce qu’on recherchait en allant voir ce film : il y a de la magie. Je ne vous parle pas nécessairement que d’effets spéciaux qui envoient du pâté (tout en gardant de la lisibilité durant des scènes d’action efficaces sans jamais nous fatiguer). Non, je vous parle d’une ambiance, d’un petit quelque chose qui fait qu’on adhère au film. J’ai également été bluffée par la reconstitution du New York des années 20 et plus généralement par certains choix esthétiques (j’ai notamment trouvé la photographie très belle). Les fameuses créatures du titre ne m’ont également pas déçue que ce soit esthétiquement ou encore dans leur utilisation dans l’intrigue. Enfin, le casting ne m’a pas déçue, bien au contraire. Eddie Redmayne (qui incarne Newt Scamander) est selon moi un bon choix : au-delà de sa classe et de son côté indéniablement britannique, il parvient à mêler la malice et l’innocence, deux qualités qui me semblent importantes dans l’univers de Harry Potter. J’ai également bien aimé ses partenaires, que ce soit Katherine Waterston (oui c’est bien la fille de Sam) attachante malgré sa froideur (certains diront qu’elle est lisse) ou encore sa « soeur » dans le film, la pétillante et charmante Alison Sudol. Comme beaucoup de spectateurs, j’ai eu un vrai coup de coeur pour Dan Fogler (que je ne connaissais pas auparavant). Et quelle bonne idée d’avoir développer un rôle de moldu, il en était temps ! Je crois qu’on s’attache facilement à ce personnage parce qu’il représente le spectateur qui se retrouve face à un monde merveilleux. Ezra Miller est également la bonne idée de ce casting, nickel dans un rôle sombre. Bref, j’attends du coup avec beaucoup d’impatience la suite des aventures de Newt et compagnie (surtout que la fin de ce premier opus semble donner des indications pour le deuxième film à venir).

Les Animaux fantastiques : Photo Colin Farrell, Ezra Miller

Le mystère Enfield

Créée par Joshua St. Johnston

avec Timothy Spall, Matthew Macfadyen, Eleanor Worthington-Cox, Rosie Cavaliero, Juliet Stevenson…

titre original : The Enfield Haunting

Série dramatique, épouvante-horreur britannique. 1 saison. 2015.

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Eté 1977, Peggy Hodgson et ses trois enfants expérimentent des phénomènes très étranges dans leur nouvelle maison située à Einfield. Elle fait alors appel à Maurice Grosse, chercheur débutant dans le paranormal, pour qu’il mène l’enquête. Il est assisté par Guy Lyon Playfair, investigateur expérimenté qui aborde ce cas avec scepticisme.

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On connait tous l’affaire Enfield (notamment avec des célèbres photographiques relatant les événements – notamment celle de la gamine balancée de son lit / en train de se jeter de son lit ?) au point qu’elle a été cette année l’objet d’un long-métrage, je parle évidemment de Conjuring 2 : Le Cas Enfield par James Wan. Avant la sortie du film américain très romancé (les Warren ont bien rendu visite à la famille touchée, les Hodgson, mais ne sont restés qu’un jour tout comme ce ne sont pas eux qui ont résolu le problème), la mini-série britannique Le Mystère Enfield (The Enfield Haunting) s’était déjà intéressée à cette histoire. Composée de trois épisodes durant chacun 45 minutes, cet objet télévisuel s’appuie sur l’ouvrage de Guy Lyon Playfair, This House is Haunted (1980) qui serait basé sur ce qu’il aurait vu dans cette maison en question. Guy Lyon Playfair est ici l’un des personnages principaux de la série et est interprété par Matthew Macfadyen (je tenais à dire que cette coupe seventies lui va parfaitement bien !). Pour la petite précision, alors qu’il a longuement participé à l’enquête autour de cette affaire, le personnage de Playfair n’apparait pas dans Conjuring 2. En revanche, dans ce film en question, on retrouvait déjà (dans un rôle secondaire) Maurice Grosse interprété par Simon McBurney. Le personnage, incarné ici par Timothy Spall, prend alors dans cette mini-série beaucoup plus de place en étant désormais (avec Playfair). Pour les amateurs d’horreur ou de sensations fortes, vous risquez d’être déçus. Cela ne signifie pas qu’il n’y a pas des scènes effrayantes. Les épisodes mettent mal à l’aise, on assiste à des événements surnaturels qui ne peuvent évidemment pas nous rassurer (avec tout ce qu’on connaît déjà : voix flippantes, objets et personnes en lévitation etc…). Mais rapidement on comprend qu’on n’est pas concrètement face à une série d’horreur (même si je l’ai regardée le jour d’Halloween vu que je ne savais pas trop regarder et que le replay d’Arte ne dure pas non plus une éternité). Il faut dire les choses : c’est avant tout une mini-série dramatique qui reprend la célèbre histoire pour s’intéresser à des problèmes plus intimistes.

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En effet, si nous assistons (avec Maurice Grosse et Guy Playfair) bien à des événements surnaturels, la série préfère se pencher davantage sur l’une des théories autour de cette affaire : la supercherie. Le film de James Wan mettait déjà en scène certains experts (notamment Anita Gregory – interprétée par Franka Potente) qui remettaient en question l’histoire de la famille – principalement pour des raisons financières. Certes, on ne nous affirme pas totalement ce qui s’est passé (seuls les Hodgson connaissent la vérité). Est-ce que tout est faux ? Est-ce qu’il y a, malgré des mensonges avérés, une part de vérité  (la vraie Janet affirme qu’il n’y aurait que 2% de mensonges parmi tout ce qu’elle a dit – et qu’elle n’avait menti que pour faire intervenir des spécialistes qui ne se seraient pas intéressés aux réels événements) ? En tout cas, cette mini-série prend un parti intéressant : montrer la connexion entre Maurice Grosse et la petite Janet Hodgson. Maurice Grosse n’est alors un personnage qui sert à enquêter, on s’intéresse réellement à lui avec ses problèmes personnels et donc ses blessures. Le parapsychologue de la Society for Psychical Research a vécu un drame (compliquant les relations avec son épouse) en perdant sa fille d’un accident de la route. La fille en question se prénommait… Janet. Grosse a-t-il alors accepté de s’investir autant dans cette enquête car il pensait retrouver en quelque sorte sa fille chez les Hodgson ? Quant à Janet, n’est-elle pas perturbée voire même traumatisée par le divorce de ses parents ? Est-ce qu’elle aurait pu inventer ces poltergeists chez elle par manque d’attention et affectif ? Finalement, au fond, ce n’est pas si important de savoir s’il s’agit d’un mensonge ou non – même si la présence de Grosse et Playfair reste intéressante dans cette quête de vérité : même s’ils sont prudents (surtout Playfair) voient-ils ce qu’ils ont envie de voir (cela dit la question de la vue et de la croyance était à mon avis davantage poussée chez Wan) ? La métaphore autour des fantômes (deuil, départ d’un être qu’on aime) reste alors pour moi plutôt réussie et intéressante et c’est selon moi pour cette raison qu’il faut découvrir cette mini-série

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Vu ma description et la démarche des scénaristes, ne vous attendez à voir de l’action à tout bout de champ ! Cela dit, je ne me suis pas ennuyée un seul instant. Il faut dire que le format est selon moi bien trouvé dans le sens où ce n’est ni trop court ni trop long. Les trois épisodes en question, qui s’enchaînent plutôt bien, ont été réalisés par Kristoffer Nyholm, qui avait signé une des saisons de la série danoise réputée The Killing (que j’aimerais bien découvrir) et je dois dire qu’il a fait du bon boulot. La mise en scène est plutôt soignée et réfléchie. Encore une fois, certaines scènes sont assez flippantes et les effets sont bien faits (même si pour les deux cas il n’y a rien de révolutionnaire mais ça ne m’a pas non plus chiffonnée). Evidemment, encore une fois, il ne faut pas chercher de comparer avec Conjuring 2. Il n’y a pas les mêmes moyens mis (il ne faut pas oublier qu’on est face à un produit télévisuel – pas tous ont le même budget qu’un Game of Thrones) et de toute façon, encore une fois, la série ne cherche pas à nous époustoufler visuellement. Cela dit, on notera tout de même un soin accordé à la reconstitution des années 1970, que ce soit au niveau des décors, des costumes et même plus généralement l’ambiance, sans que cela m’ait paru trop exagéré. Niveau écriture, dans l’ensemble, je suis assez satisfaite. Enfin, Le Mystère Enfield est également servi par un très bon casting. Timothy Spall est fabuleux voire même bouleversant dans le rôle de Maurice Grosse. Même si elle reste en retrait, l’interprétation de Juliet Stevenson est également très touchante. J’ai également bien aimé l’interprétation de Matthew Macfadyen même si on aurait pu exploiter davantage son rôle. La jeune Eleanor Worthington-Cox (qu’on a pu voir dans Maléfique de Robert Stromberg) est également géniale dans le rôle de cette gamine ambiguë, difficile à cerner. Son interprétation est cohérente avec l’ambiguïté même du scénario autour de la véracité ou non de l’affaire. Pour conclure, sans crier au chef-d’oeuvre, il s’agit d’une très bonne mini-série que je vous conseille (et donc pas besoin d’être fan) prouvant de nouveau la qualité des programmes de fiction britanniques.

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The Strangers

réalisé par Na Hong-jin

avec Kwak Do-won, Hwang Jung-min, Chun Woo-hee, Kunimura Jun…

titre original : Goksung

Thriller, policier, fantastique, épouvante-horreur, drame coréen. 2h36. 2016.

sortie française : 6 juillet 2016

interdit aux moins de 12 ans avec avertissement

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La vie d’un village coréen est bouleversée par une série de meurtres, aussi sauvages qu’inexpliqués, qui frappe au hasard la petite communauté rurale. La présence, récente, d’un vieil étranger qui vit en ermite dans les bois attise rumeurs et superstitions. Face à l’incompétence de la police pour trouver l’assassin ou une explication sensée, certains villageois demandent l’aide d’un chaman. Pour Jong-gu aussi, un policier dont la famille est directement menacée, il est de plus en plus évident que ces crimes ont un fondement surnaturel…

The Strangers : Photo Kwak Do-Won

The Strangers est le troisième long-métrage du coréen Na Hong-jin, le réalisateur de l’incroyable The Chaser (sans déconner, un de mes films préférés) et The Murderer (en revanche, même si je lui reconnais des qualités, je n’aime pas trop ce film). The Strangers, qui avait été présenté au dernier festival de Cannes en hors compétition, s’intitule en VO Goksung. Il s’agit du village dans lequel se déroule l’intrigue. Et il s’en passe de ces choses dans ce village. Le début du film rappelle un peu l’ambiance de Memories of Murder de Bong Joon-ho (également un de films préférés, oui j’aime beaucoup le cinéma coréen actuel) : des corps atrocement assassinés retrouvés, des soupçons rapides sur un individu sans trop savoir qu’en réalité les choses sont bien pires, un flic maladroit, voire même un boulet qui nous fait marrer au début, alors qu’il va être embarqué ici littéralement dans une spirale infernale. Plus on avance dans le film, plus des références, très éloignées du cinéma coréen, se multiplient. Le réalisateur ne s’en cache pas : il s’est beaucoup inspiré de L’Exorciste de William Friedkin et de Rosemary’s Baby de Roman Polanski. Il y a donc beaucoup de mélanges dans ce film : on passe du film policier voire le thriller, en passant par le film d’épouvante mettant en scène des démons ou même le film de zombie. Il y a quelque chose de grotesque également. Il faut avouer : ça peut dérouter. On sent parfois le réalisateur débordé par les références mais aussi plus généralement par son enthousiasme. Je précise que la multiplication de genres et de références ne me dérange pas du tout en soi, du moment qu’il y a un minimum de cohérence et de gestion. Je ne dis pas que ce n’est pas le cas mais tout de même j’ai parfois senti un peu trop de débordements et donc parfois de l’égarement. Il faut dire que sur 2h30, c’est difficile de tenir le pari. La durée fait d’ailleurs débat au sein de la presse et de la blogosphère. Pour ma part, je vais nuancer. Je n’ai pas vu le temps passer, ce qui est déjà bien en soi. J’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir ce film. Cela dit, quand je suis face à un film qui dépasse les deux heures, je me pose toujours cette question qui me semble légitime : les longueurs étaient-elles nécessaires ? Je ne suis pas sûre ici, ou en tout cas, je dirais qu’il y a quelque chose de pas toujours bien géré, principalement à cause du scénario, pourtant plutôt bon (qui est dans un sens, à sa manière, développé, peut-être parfois mal, mais bel et bien développé), mais encore une fois, qui a tendance à s’égarer par moments. Je n’ai rien contre les rebondissements et avouons que la fin est juste hyper glaçante, mais là il y a un moment où c’est (pour caricaturer) : c’est la fin, mais en fait non, parce qu’il y a machin qui est ça, et nooon en fait et ben c’était même ça, il y a une troisième fin qui arrive dans ta gueule.

The Strangers : Photo Chun Woo-hee

J’ai l’air de gueuler alors qu’en réalité, en dehors de ces quelques points (qui empêchent selon moi le film d’accéder à un statut de chef-d’oeuvre alors qu’il en avait la possibilité  – The Chaser, lui, reste un chef-d’oeuvre), j’ai beaucoup aimé The Strangers et je ne peux que le conseiller, surtout si vous êtes comme moi des amateurs de cinéma coréen (parce qu’on est en manque, disons-le). Ca a le mérite, malgré les nombreuses références et la multiplication des genres, d’être audacieux, on ne voit pas nécessairement ce genre de propositions artistiques actuellement. Et malgré mes quelques bémols, qui empêchent parfois de voir tout de suite où le réalisateur veut en venir et en nous laissant parfois sur quelques interrogations (même si je pense avoir globalement compris), ça reste paradoxalement bien foutu, notamment en ce qui concerne la mise en scène. En fait, Na Hong-jin tente de proposer autre chose sur la forme en jouant avec différents codes mais il y a tout de même une certaine continuité à travers le thème du mal qui semble envahir son oeuvre jusqu’à présent. Surtout, encore une fois, malgré des défauts selon moi, je n’ai vraiment pas vu le temps passer. The Strangers est réellement un film captivant, qui a le mérite d’emmener le spectateur (malgré quelques égarements encore une fois) dans différentes émotions. Certaines scènes sont vraiment impressionnantes et n’ont franchement rien à envier à L’Exorciste de Friedkin (la gamine est vraiment bluffante). Certes, pour les Occidentaux, il y a peut-être quelques éléments qui ne nous parleront pas lorsque nous ne sommes pas habitués à la vision de la vie et de la mort en Asie. Mais dans l’ensemble, sans trop en dire sur le scénario, ce point en question fonctionne très bien dans le film. Surtout, le propos derrière est extrêmement puissant. Comment ne pas y voir là-dedans une vision extrêmement sombre de l’Eglise catholique, qui perd de l’importance face aux croyances plus de l’ordre du folklore ? Comment aussi ne pas penser aux relations tendues entre la Corée et le Japon ? Le casting est également à la hauteur. J’ai bien aimé l’interprétation de Kwak Do-won, qui interprète Jong-gu le policier même si je n’ai pas pu m’empêcher de penser tout le long du film à Song Kang-ho (et pas uniquement à cause du lien qu’on peut établir avec Memories of Murder, les deux acteurs se ressemblent réellement physiquement). Mais l’acteur se fait pour moi un peu voler la vedette par ses partenaires, que ce soit par Hwang Jung-min, un excentrique et charismatique chaman (la scène d’exorcisme très carnavalesque est surprenante au passage), l’acteur japonais Kunimura Jun (qu’on a pu notamment voir dans Kill Bill de Quentin Tarantino, Outrage de Takeshi Kitano ou encore Audition de Takashi Miike) est jusqu’au bout angoissant et enfin, même si on ne la voit pas tant que ça, par l’énigmatique Chun Woo-hee.

The Strangers : Photo Han Chul

Conjuring 2 : Le cas Enfield

réalisé par James Wan

avec Patrick Wilson, Vera Farmiga, Frances O’Connor, Madison Wolfe, Franka Potente, Simon McBurney, Maria Doyle Kennedy…

Film d’épouvante-horreur américain. 2h13. 2016.

titre original : The Conjuring 2 : The Enfield Poltergeist

sortie française : 29 juin 2016

interdit aux moins de 12 ans

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Une nouvelle histoire vraie issue des dossiers d’Ed et Lorraine Warren : l’une de leurs enquêtes les plus traumatisantes.
Lorraine et Ed Warren se rendent dans le nord de Londres pour venir en aide à une mère qui élève seule ses quatre enfants dans une maison hantée par des esprits maléfiques. Il s’agira d’une de leurs enquêtes paranormales les plus terrifiantes…

Conjuring 2 : Le cas Enfield : Photo Madison Wolfe

J’avais déjà beaucoup aimé Conjuring : Les Dossiers Warren par la même équipe (James Wan à la réalisation, le couple Patrick Wilson-Vera Farmiga devant la caméra), c’est pour cette raison que j’ai voulu aller découvrir cette suite très rapidement, même si j’avais peur qu’elle ne soit pas à la hauteur du premier opus (et je précise que je n’ai pas encore vu entre-temps le – visiblement – désastreux spin-off Annabelle de John R. Leonetti). En dehors de la horde d’ados déchaînés dans la salle qui ont foutu un incroyable bordel (donc j’en profite : allez vous faire foutre !), j’ai étonnamment aimé cette suite qui elle aussi s’inspirerait bien d’une histoire vraie (ce qui bien mis en avant – même si les ados dans la salle ont mis une plombe à capter l’info – donc en plus ils ne savent pas lire, passons). En effet, entre 1977 et 1979, la famille Harper (qui vit donc à Enfield en Angleterre), aurait été harcelée et menacée par un fantôme. Ce fait divers avait déjà été au coeur d’un téléfilm en 2015, The Enfield Haunting, avec Timothy Spall. On aurait pu croire que le changement de lieu (le premier film se déroulait entièrement aux Etats-Unis, cette suite une bonne partie en Angleterre) était superficiel. En réalité, il ne fait que confirmer la volonté de proposer un film différent (ce qui est déjà bien en soi – même s’il s’agit d’un film commercial) tout en gardant certaines structures déjà présentes dans le premier. Il y a un bon compromis trouvé pour faire une bonne transition entre les deux films sans donner une impression de répétition. Je dirais d’ailleurs que cette suite ne devrait pas perturber ceux qui n’auraient pas eu l’occasion de découvrir le premier opus. En fait, il reprend bien la structure du premier film dans le sens où durant une première partie, on nous présente parallèlement le travail des Warren et la famille en détresse attaquée par les fantômes, puis dans la seconde partie, il y a une rencontre entre la famille et les Warren (jusqu’à la solution finale). Mais pourtant on a clairement pas l’impression de voir la même chose. Peut-être parce qu’on passe de la campagne éloignée du monde (dans le premier opus) à un environnement plus urbain. Ces deux films font tous les deux peur (en tout cas en ce qui me concerne) mais grâce à l’environnement, je dirais que cette peur en question s’exprime différemment. C’est plus ça qu’il faut retenir que le changement de pays. En tout cas, l’ambiance très années 70s (dans les costumes, décors ou même choix musicaux) fonctionne toujours autant. Ca permet de rendre hommage au cinéma d’horreur de cette époque mais en n’essayant pas à tout prix de faire du copier-coller.

Conjuring 2 : Le Cas Enfield : Photo Vera Farmiga

Certes, on retrouve pas mal de jumpscares mais je trouve qu’ils sont très efficaces, c’est déjà pas si mal (surtout quand on voit l’état du cinéma d’horreur actuellement). Au-delà de la peur que j’ai ressentie, je trouve qu’on trouve mine de rien une certaine inventivité qui fait plaisir à constater, surtout de la part d’un film de studio. Certaines scènes sont vraiment intenses grâce à des idées bien exécutées. Evidemment, toutes les scènes avec la vieille madame démon sont flippantes (notamment celle avec le tableau, très bien faite). Il y a aussi cette scène dans laquelle le couple Warren et autres intervenants se retournent pour pouvoir faire parler le démon dans la petite fille : on voit, dans le flou et en arrière-plan, le changement de personnage. C’est ça qui est effrayant : on ne voit pas clairement ce qui se passe et en même temps le peu qu’on voit permet au spectateur d’aller puiser dans une certaine imaginaire et surtout de s’attendre à ce qu’il ne veut pas voir. Justement cette question sur la perception est très bien traitée dans le film, notamment autour de ce qu’on voit et ce qu’on croit (voir). A noter la présence de détails, notamment en ce qui concerne une des « révélations » permettant de résoudre l’intrigue. On sent toujours l’investissement et la patte personnelle de James Wan. La mise en scène est toujours aussi soignée et précise. Il y a aussi un grand soin accordé aux décors et aux costumes, qui contribuent aussi à l’atmosphère angoissante très présente. L’ensemble est également très prenant. La preuve : avant d’aller au cinéma, je n’avais pas pris le soin de regarder la durée. J’ai été surprise d’apprendre en sortant de la salle qu’il durait 2h13. Je n’ai pas senti de longueurs. Certes, pourtant, le film prend le temps d’exposer l’histoire mais je ne me suis pas ennuyée car le montage, très équilibré pour présenter les deux parties, est très efficace, et surtout encore une fois, il y a une ambiance présente du début jusqu’à la fin. Le casting est également à la hauteur. Comme dans le premier opus, Patrick Wilson et Vera Farmiga sont très bons. Encore une fois le couple qu’ils forment fonctionne et reste attachant. Tous les seconds rôles sont également très bons, notamment en tête Madison Wolfe, bluffante en gamine possédée à la limite de la schizophrénie par moments. Elle m’a parfois rappelée à l’époque la petite Regan (Linda Blair) dans L’Exorciste sans toutefois chercher à l’imiter.

Conjuring 2 : Le Cas Enfield : Photo Benjamin Haigh, Lauren Esposito, Maria Doyle Kennedy, Patrick Mcauley

The Wig

réalisé par Won Shin-yeon

avec Chae Min-seo, Sa Hyeon-jin, Seon Yu…

Film d’épouvante-horreur, fantastique coréen. 1h46. 2005.

sortie française (dvd) : 3 novembre 2009

Movie Challenge 2016 : Un film d’horreur

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Ji-hyun et Su-hyun sont soeurs et partagent une existence harmonieuse et paisible. Lorsque Su-hyun perd ses cheveux à la suite d’une chimiothérapie, sa soeur lui offre une magnifique perruque et Su-hyun retrouve beauté et confiance en elle. Cette métamorphose s’accompagne néanmoins d’une série d’événements tragiques et violents. Terrifiée, Ji-hyun assiste à la lente transformation de sa soeur, sous l’effet d’une force diabolique et inconnue…

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The Wig date de 2006 mais est sorti directement en dvd en France en… 2009 ! Encore une fois, sans dire qu’il s’agit du film du siècle, ce sort est selon moi très vache. The Wig, qui signifie alors « La Perruque » (vous imaginez si on appelait l’actrice Kristen Wiig, « Christine Perruuque » ? ok, je sors…), a un pitch hyper alléchant : une fille atteinte d’un cancer incurable (mais qui pense qu’elle va guérir, sa soeur lui cachant la vérité) se fait offrir une perruque de la part de sa soeur pour qu’elle puisse se sentir mieux psychologiquement. Sauf que la perruque rend la jeune malade mieux physiquement, plus confiante aussi au point de devenir de plus en plus cruelle. De plus, des événements étranges et dangereux se produisent. Bref, je sais que sur le papier, ça a l’air con de parler d’une méchante perruque (peut-être que c’est un film pour Nabilla ? Ok, je re-sors…). Mais je vous assure que le synopsis me donnait vraiment envie et j’avais confiance en ce film étant donné que j’aime beaucoup le cinéma coréen. Le long-métrage part d’ailleurs plutôt bien : on entre tout de suite dans le vif du sujet et en même temps on voit l’évolution de Su-hyun (donc la jeune fille avec la perruque, elle a tout de même un p’tit nom) qui est sous emprise de cette magnifique chevelure. On sent aussi se mettre en place quelques réflexions autour des relations entre soeurs, des choses que l’on peut entreprendre pour quelqu’un de sa famille, du rôle des cheveux, symbole de féminité qui peut permettre à une femme de se sentir plus belle, mieux dans son corps et par conséquent dans sa tête et comment ce sentiment à l’origine positif peut se transformer en quelque chose de profondément négatif. Cela dit, il me semble tout de même que ces réflexions auraient pu être encore plus poussées. C’est dommage car il y avait derrière un véritable potentiel pour en faire un film, pourtant pas mal, davantage plus intéressant et profond. Si l’écriture manque peut-être un peu de piquant, la mise en scène, sans être spectaculaire, reste intéressante et tente en tout cas des choses pour donner plus d’intensité au film. Certes, rien de révolutionnaire mais il y a tout de même un travail remarquable notamment dans l’utilisation des miroirs et plus généralement autour de la réversibilité. Esthétiquement, le travail reste soigné sans que ce soit tape-à-l’oeil.

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Je ne sais pas si je suis quelqu’un de très fiable pour vous dire si ce film est effrayant ou non. Une mouche est capable de m’effrayer ! Mais j’ai tout de même trouvé l’ambiance très sombre, je flippais un peu pour un rien ! Je sais que certains (je pense notamment à des spectateurs davantage habitués au cinéma d’horreur et fantastique) ne vont pas sursauter étant habitués à ce genre de films asiatiques qui mettent en scène des filles pas hyper sympathiques qui ont de loooongs cheveux raides noirs. Il faut avouer qu’on pense d’ailleurs à certains grands films fantastiques et d’horreur asiatiques comme Ring ou The Grudge, à part que The Wig n’a pas ce statut culte malgré son potentiel et des choses plaisantes à cause d’un élément : la fameuse « perruque » du titre justement. Sur le papier, je trouvais cette histoire de perruque effrayante (je me rends compte de l’absurdité du sujet en écrivant cette critique) mais sur écran, même si encore une fois, je trouve que certaines scènes parviennent à faire peur, la perruque en elle-même n’est pas réussie, j’en ai même parfois ri malgré tout. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser au sketch de French & Saunders qui parodiaient un clip d’Alanis Morissette dans lequel on voit sa foufoune se barrer de son corps. Ca fait perdre forcément de la crédibilité à l’histoire ainsi qu’à l’atmosphère qui fonctionne pourtant. De plus, alors que j’ai trouvé l’histoire assez intéressante (dans le sens où je l’ai volontiers suivie), la fin, qui révèle alors le comment du pourquoi, m’a assez déçue. Sans la révéler, j’ai trouvé que les explications arrivaient comme un cheveu sur la soupe (oui, je n’ai pas pu m’empêcher de placer cette expression pour la vanne, mouahahaha). Il n’y a rien qui pouvait nous permettre d’arriver à une telle conclusion, du coup ça paraît un peu tiré par les cheveux (désolée pour la récidive !) et j’ai un peu de mal à voir comment les « thèmes » présents au cours de ces révélations se rattachent avec les autres thèmes que j’ai pu citer auparavant. Pour conclure, The Wig est un film qui a réussi à m’effrayer par moments et qui reste intéressant malgré quelques défauts.

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Les âmes silencieuses

réalisé par John Pogue

avec Jared Harris, Sam Claflin, Olivia Cooke, Erin Richards, Rory Fleck-Byrne…

titre : The Quiet Ones

Film d’épouvante-horreur britannique, américain. 1h42. 2014.

sortie (dvd) : 26 mars 2015

Vu dans le cadre de Dvdtrafic : un grand merci à Cinetrafic et Metropolitan Filmexport.

Sur Cinetrafic : les films sortis récemment et d’autres du même genre

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Inspirée de faits réels, l’histoire d’un professeur qui utilise des méthodes peu conventionnelles en se servant de ses meilleurs élèves pour tenter une expérience des plus risquées sur une jeune patiente dérangée.

Les âmes silencieuses : Photo Jared Harris, Olivia Cooke

La Dame en Noir de James Watkins (qui m’avait bien plu – oui certains ne comprennent pas pourquoi je l’aime bien) avait permis à la Hammer, le célèbre studio britannique, de se remettre sur les rails. Je n’étais alors pas contre de découvrir un de leurs derniers films, Les âmes silencieuses, réalisé par un certain John Pogue, réalisateur de En Quarantaine 2 et scénariste de U.S. Marshals, The Skulls, Rollerball ou encore Le vaisseau de l’angoisse. Sur le papier, ce n’est quand même pas trop rassurant (surtout quand tu vois la note de Rollerball sur Imdb, tu t’étrangles !). Le long-métrage a été présenté au dernier festival de Gérardmer en hors compétition et sorti en France directement en dvd. Je précise que sans l’opération de Cinétrafic, je n’aurais pas eu l’idée de regarder ce film. Vu le nombre de films d’horreur daubesques qui sortent régulièrement dans les salles obscures, je trouve quand même le sort réservé à ce film relativement sévère : après tout, il n’est pas plus mauvais que d’autres appartenant au même genre. Etant donné que je n’attendais rien de ce long-métrage, on ne peut pas parler ici de déception mais j’ai tout de même trouvé Les âmes silencieuses pas très bon. Tout d’abord, le film met vraiment trop de temps à se mettre en place, c’est trop mou et même trop bavard. J’ai failli décrocher à plusieurs reprises. Heureusement, la seconde partie est plus intéressante, active et rythmée : on a au moins envie d’aller jusqu’à la fin. Puis, Les âmes silencieuses n’est pas très effrayant, ce qui est un peu bête pour un film dans le genre épouvante-horreur. Hélas, ce n’est pas une porte qui claque, quelques cris, le son qui augmente d’un coup et une morsure étrange qui feront peur aux spectateurs. Ensuite, le film n’est pas du tout original.

Les âmes silencieuses : Photo Erin Richards, Jared Harris, Rory Fleck-Byrne

En réalité, on a cette horrible impression de déjà vu : on se retrouve devant une énième histoire de possession de la part d’un esprit malfaisant, dans laquelle l’action est parfois filmée par une caméra-témoin (dans certaines situations, ce procédé semble faux). Par conséquent, nous ne sommes pas vraiment surpris par le déroulement du scénario, qui aurait pourtant pu être intéressant mais qui manque cruellement de saveur et de consistance. Evidemment, l’avertissement « tiré de faits réels », censé être la garantie de frayeurs, est devenu maintenant un classique dans les films d’horreur, même si c’est le type d’informations à prendre avec des pincettes. L’histoire se déroule dans les années 1970. La reconstitution de l’époque n’est pas déplorable mais nous ne retrouvons pas ce charme qui était présent par exemple dans le réussi Conjuring de James Wan. Il faut dire que la mise en scène n’est vraiment pas à la hauteur. John Pogue ne parvient pas à retranscrire une atmosphère angoissante et venue d’un autre temps et filme les pièces de cette maison, lieu important puisque nous sommes parfois presque dans un huis-clos, trop banalement. Heureusement, le casting n’est pourtant pas mauvais et parvient à relever un peu le niveau. Jared Harris (je viens d’apprendre qu’il est le fils de Richard Harris – ouais je sors de ma grotte), vu dans la série Mad Men et Moriarty dans Sherlock Holmes 2 de Guy Ritchie est très convaincant dans le rôle de ce professeur à la fois charismatique et malsain. Sam Claflin, qui m’avait laissée indifférente dans les Hunger Games (même s’il n’était pas non plus mauvais), s’en tire plutôt bien et pour une fois j’ai senti qu’il avait un certain potentiel. Enfin, ça m’a fait plaisir de revoir Olivia Cooke (Emma de la série Bates Motel), qui est certainement une actrice à suivre.

Les âmes silencieuses : Photo Sam Claflin