Ready Player One

réalisé par Steven Spielberg

avec Tye Sheridan, Olivia Cooke, Ben Mendelsohn, Mark Rylance, Lena Waithe, Simon Pegg, T.J. Miller…

Science-fiction, action américain. 2h20. 2018.

sortie française : 28 mars 2018

2045. Le monde est au bord du chaos. Les êtres humains se réfugient dans l’OASIS, univers virtuel mis au point par le brillant et excentrique James Halliday. Avant de disparaître, celui-ci a décidé de léguer son immense fortune à quiconque découvrira l’œuf de Pâques numérique qu’il a pris soin de dissimuler dans l’OASIS. L’appât du gain provoque une compétition planétaire. Mais lorsqu’un jeune garçon, Wade Watts, qui n’a pourtant pas le profil d’un héros, décide de participer à la chasse au trésor, il est plongé dans un monde parallèle à la fois mystérieux et inquiétant…

Ready Player One : Photo Tye Sheridan

Selon la promotion constructive des Youtubeurs sponsorisés par Warner Bros. (oui, je trolle gratuitement), Ready Player One est « juste incroyable […] allez le voir quand il sort. Voilà » ou encore « c’est un chef-d’oeuvre : vous pouvez abandonner, on ne fera rien de mieux cette année ». Rien que ça. Et globalement, la blogosphère cinéphile est hyper emballée, criant elle aussi au film de l’année. Je me méfie toujours de la hype en général. Cela dit, au-delà du projet gigantesque de vouloir réunir dans une oeuvre autant de clins d’oeil à la pop culture (ce qui tombe bien vu que c’est la tendance actuelle), le film est surtout réalisé par Steven Spielberg, décidément très productif cette année (The Post/Pentagon Papers est sorti en janvier dernier). Etant donné qu’il est lui-même un incroyable artiste et créateur ayant considérablement nourri cette même pop culture des années 80 (j’ai logiquement grandi avec ses films comme un certain nombre de spectateurs) qui inspire désormais la nouvelle génération, Spielberg adapte logiquement le roman à succès d’Ernest Cline (Player One en VF). Pour ma part, il s’agit d’une des oeuvres de Spielberg les moins satisfaisantes que j’ai pu voir. Et il est pour moi en partie sauvé par le savoir-faire indéniable du réalisateur. La mise en scène est impeccable, les différentes séquences autour des deux premières énigmes le démontrent particulièrement. Cela dit, dans l’ensemble, sans dire que tout est mauvais ou quoi que ce soit, non, Ready Player One ne m’a pas convaincue et pas uniquement à cause de ses multiples références à la pop culture selon moi mal gérées. Je ne dis pas que cette surabondance était inutile à l’origine. La pop culture, dans laquelle les personnages ont toujours baigné (ce qui est dramatique si on s’interroge sur la créativité originale), permet d’échapper à une réalité moins plaisante. Cela dit, si ces pistes-là peuvent être intéressantes à exploiter, dans l’ensemble, ces différentes intertextualités fonctionnent très rarement : elles ne nourrissent pas tant que ça le scénario ni ne dessinent pas nécessairement bien le fameux contexte. Je ne pouvais pas m’empêcher de me dire qu’on aurait pu remplacer ces oeuvres citées par d’autres types de références vu le traitement plutôt superficiel le trois-quart du temps.

Ready Player One : Photo

Ce fameux contexte, déjà lourdement situé dès le début par une immonde voix-off, est justement problématique car il reste trop flou. Je n’ai jamais réellement cru en ce monde réel croulant sous la pollution et la surpopulation : on n’a même jamais l’impression que ce soit si terrible que ça (je veux bien croire que les personnages se sont habitués à cette situation mais tout de même, ça n’excuse pas tout non plus). On se demande d’ailleurs comment ces gens très pauvres vivant dans des taudis peuvent se payer ce matériel hautement technologique. En fait, seuls les décors présentés au début du long-métrage aident au début le spectateur à s’imprégner légèrement de ce contexte social, démographique et autre. Mais en dehors de ça, on n’en fait pas grand-chose. On est même surpris de voir à la fin du film la police débarquer alors que le monde présenté a l’air a priori sans loi. Cela est tellement décevant de sa part car Spielberg a déjà touché à la science-fiction : ses précédentes oeuvres étaient bien plus riches rien que de ce côté-là. Rien que pour ça, je bondis quand on parle de meilleur film de Spielberg ! Par ailleurs, il y a selon moi un déséquilibre concernant l’alternance entre le monde virtuel et le monde réel : on a presque l’impression d’assister davantage à un film d’animation qu’à une oeuvre qui alterne réalité et « fiction ». De plus, même si en tant que spectatrice, je n’ai évidemment pas la prétention de vouloir refaire le film à ma sauce, ce monde virtuel présenté et cette galerie de geeks ne me paraissent pas crédibles. L’OASIS n’est présenté qu’avec ses bons côtés et des enjeux ultra limités. J’imagine qu’on veut satisfaire le grand public, mais justement, j’ai l’impression qu’à force de vouloir contenter tout le monde, le film n’obtient pas cette force qu’il aurait pu avoir. Enfin, ce qui m’a certainement le plus énervée concerne le propos final : de mon point de vue, je ne comprends pas que Spielberg soit aussi paternaliste avec son public. Et je reste gentille car j’étais à deux doigts de le traiter de vieux con (allez, vieux schnock si on veut être plus sympa). Pourtant, Ready Player One partait plutôt bien (si on s’en tient au propos). En effet, j’avais peur qu’il ne soit qu’une ode sans nuance aux geeks (vu les premiers retours que j’avais lus qui allaient dans ce sens). Au début, il trouve alors un bon équilibre entre la bienveillance et une certaine lucidité sur le monde virtuel. Mais sa fin, d’une naïveté dépassée, détruit cette bienveillance mise en place, qui semble avoir considérablement séduite le public geek (ce qui se comprend : l’image du geek étant souvent négative au cinéma). Il est regrettable de voir un résultat aussi bancal, voire même réac’, alors que la question de l’héritage, via le personnage de Halliday (incarné par un impeccable Mark Rylance, le seul à se détacher véritablement du lot), est en revanche plutôt intéressante dans le sens où ce personnage incarnerait une sorte de double de Spielberg. 

Ready Player One : Photo Mark Rylance

Steven Spielberg est le maître de ce divertissement de masse – qui a su garder sa patte d’auteur –  qui a fait rêver tant de générations et qui en fera encore rêver même certainement après sa mort. Il ne s’est pourtant jamais caché face à la politique douteuse des studios, même s’il est paradoxalement « responsable » de certaines dérives actuelles à Hollywood (directement ou non). Beaucoup parlent de « film testament ». Je n’irais pas jusque-là mais il est certain que le réalisateur s’interroge sur son propre héritage. Les autres personnages sont malheureusement très décevants, sans aucune personnalité, creux, à la limite de la stupidité et sans sentiments (du genre, un membre de ta famille meurt mais bon on s’en bat les ovaires). En dehors de la charismatique Olivia Cooke (que j’aurais aimé voir davantage même si la romance avec un agaçant Tye Sheridan est traitée avec deux pieds gauches – on voit hélas plus son avatar hyper moche), le reste du casting est tout juste correct pour rester gentille et on ne peut pas leur en vouloir, vu la stupidité constante des personnages (qui en plus de ça ont le cul borné de nouilles : ils se sont connus par le virtuel mais habitent comme par hasard pas loin des uns et des autres mais passons). Et sans faire la relou de service, pour un film qui se veut « révolutionnaire » (ou en tout cas est perçu de la sorte), voir ENCORE ces mêmes clichés sur certaines communautés est vraiment agaçant. On a aussi envie d’exploser la gueule aux personnages lorsqu’ils ne peuvent pas s’empêcher d’expliquer ce qu’ils voient alors qu’ils ne devraient pas avoir besoin de le dire vu qu’ils sont entre geeks (« ohhh la moto d’Akira » fait partie de ces répliques lourdement appuyées). Ready Player One est donc pour moi une belle déception même si on peut reconnaître le talent indéniable de Spielberg dans une mise en scène inspirée et bien meilleure que son scénario trop simpliste et maladroit, aux enjeux limités, tel un scénario basique de jeu vidéo. Parmi les quelques prouesses techniques, on retiendra notamment une scène formidable rendant merveilleusement hommage à un autre maître du cinéma (un de mes réalisateurs préférés – encore une fois, j’évite de spoiler). C’est peut-être aussi la limite de cet exercice d’intertextualités : on aura beau me prouver par a+b que Spielberg aime les jeux vidéos, il reste bien plus à l’aise quand il joue avec des intertextualités cinématographiques.

Ready Player One : Photo Olivia Cooke, Tye Sheridan

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La Liste de Schindler

réalisé par Steven Spielberg

avec Liam Neeson, Ralph Fiennes, Ben Kingsley, Caroline Goodall, Embeth Davidtz…

titre original : Schindler’s List

Film historique, biopic, drame, guerre américain. 3h15. 1993.

sortie française : 2 mars 1994

Movie Challenge 2016 : un film tourné / sorti l’année de ma naissance (1993)

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Evocation des années de guerre d’Oskar Schindler, fils d’industriel d’origine autrichienne rentré à Cracovie en 1939 avec les troupes allemandes. Il va, tout au long de la guerre, protéger des juifs en les faisant travailler dans sa fabrique et en 1944 sauver huit cents hommes et trois cents femmes du camp d’extermination de Auschwitz-Birkenau.

La Liste de Schindler : Photo Ben Kingsley, Liam Neeson

La Liste de Schindler est une adaptation du roman homonyme de l’auteur australien Thomas Keneally (lauréat du Booker Prize), publié en 1982, lui-même tiré de l’histoire véritable d’Oskar Schindler, un industriel allemand qui a pu sauver 1100 Juifs qui devaient périr dans le camp de concentration de Plaszow. Ce long-métrage, notamment classé 8e dans le top 100 de l’American Film Institute, a remporté sept Oscars dont meilleurs film et réalisateur. Il est souvent considéré comme l’un des chefs-d’oeuvre de Steven Spielberg qui s’est véritablement investi dans ce projet (même s’il ne devait pas le réaliser à l’origine – Roman Polanski et Martin Scorsese avaient été sollicités – Polanski a refusé le projet car ça lui rappelait trop son histoire; quant à Scorsese, il ne se sentait pas légitime, pensant que seul un juif devait être derrière la caméra), lui-même ayant des origines juives. Le réalisateur n’a d’ailleurs pas voulu toucher de salaire. Dans ce projet, il y avait évidemment la volonté de ne pas oublier de telles horreurs pour que ça ne puisse plus jamais se reproduire et de penser aux victimes et aux survivants. Mais ce qui a intéressé Spielberg (et aussi l’auteur du roman), c’est le portrait du fameux Oskar Schindler du titre. Il s’agit d’un personnage ambigu : il est d’abord présenté comme un homme cherchant à tirer un profit matériel de la situation. Mais petit à petit, on le sent de plus en plus concerné et humanisé. Ce choix est donc intéressant puisque le film veut éviter d’emblée le manichéisme (ce qui est hélas trop souvent le cas dans ce type de sujets) en proposant un regard qui évolue au fil du film. Surtout, on assiste à la naissance et la construction d’un héros dans un monde totalement déshumanisé. Liam Neeson (certainement un de ses meilleurs rôles) est impeccable dans le rôle-titre, parvenant à montrer toute la complexité de ce personnage. Les seconds rôles sont également très réussis merveilleusement bien interprétés. Ralph Fiennes est parfait dans le rôle du nazi dans toute sa « splendeur », qui n’a aucune compassion pour l’humain et en surajoute dans la violence gratuite dès qu’il le peut. Ben Kingsley est également excellent et émouvant dans le rôle du comptable juif de Schindler. Il n’y a évidemment pas que les personnages principaux qui marquent ce long-métrage. Déjà, tous les personnages secondaires, même le moindre petit rôle, parviennent à exister. Ce « détail » est très important dans le « message » délivré par le film : à la fin du film, Schindler regrette de n’avoir sauvé « que » 1100 personnes. Pourtant, 1100 personnes sauvées, c’est déjà énorme pour l’humanité et bien plus : c’est littéralement sauver l’humanité.

La Liste de Schindler : Photo Ralph Fiennes

La Liste de Schindler est également connu et remarqué pour ses choix esthétiques, principalement marqués par un sublime noir et blanc. Mais il y a aussi une légère (mais qui a son importance) touche de couleur avec la fameuse petite fille en rouge qui a aussi marqué tous les esprits pour de bonnes raisons. Le résultat est à la fois sobre et élégant (mais ce n’est jamais too much), un bon compromis semble avoir été trouvé. C’est toujours délicat de s’attaquer à l’esthétique face à un tel sujet (peut-on esthétiser une horreur qui a véritablement existé ?) mais elle trouve parfaitement sa place dans le sens où l’esthétique est cohérente avec le propos. Ce choix de la petite fille en rouge génère aussi, sans surenchère, de l’émotion et surtout s’inscrit dans une des étapes d’humanisation et de prise de conscience de Schindler. La mise en scène est aussi exemplaire, soignée mais là encore on trouve une certaine mesure. J’ai également beaucoup aimé la musique, que ce soit celle signée par le grand John Williams ou encore celle qui concerne certains morceaux utilisés durant des scènes fortes (je pense notamment à la présence de Bach ou encore à des chansons en yiddish). La fin est évidemment émouvante (tout de même un peu longue en ce qui me concerne) lorsqu’on passe enfin à la couleur à l’époque du tournage, en sortant en quelque sorte de la « fiction » (ce qui nous fait confirmer le travail de mémoire mis en place tout le long de l’oeuvre) : on voit les véritables survivants (et en dernier Liam Neeson himself) de la liste déposer des pierres sur la tombe de Schindler à Jérusalem. Après je dois l’admettre : même si j’ai trouvé le film indéniablement réussi et émouvant, je n’ai pas non plus le coup de coeur total, ce n’est pas mon Spielberg préféré. Je ne sais pas si c’est parce que j’en attendais trop ou quelque chose comme ça, mais je préfère livrer un avis totalement honnête. Le pire est que je n’ai concrètement rien de spécifique à lui reprocher : certes, le film est long mais dans l’ensemble, même s’il ne s’agit pas du film le plus rythmé du monde (ce qui n’a rien d’un reproche, c’est un choix tout à fait logique par rapport à l’intrigue), je ne me suis pas ennuyée. Parfois ça ne s’explique pas, il n’y a pas toujours besoin de démontrer quelque chose par a+b ! Cela dit, je suis la première à dire (enfin pas en théorie, heiin, c’est une expression) qu’il faut voir ce film émouvant, sincère, parfois poétique, parfois dépeint avec une justesse étonnante une page sombre de l’Histoire.

La Liste de Schindler : Photo

Poltergeist (1982)

réalisé par Tobe Hooper

avec Craig T. Nelson, JoBeth Williams, Heather O’Rourke, Dominique Dunne, Oliver Robins, Beatrice Straight, Zelda Rubinstein, James Karen…

Film d’épouvante-horreur, fantastique américain. 1h55. 1982.

sortie française : 20 octobre 1982

Poltergeist

L’heureuse famille Freeling mène une vie tranquille et prospère dans la petite ville de Cuesta Verde. Cependant, leur maison devient le théâtre d’étranges phénomènes quand des objets commencent à se déplacer et que le sol se met à trembler. Une nuit, la petite Carol Anne disparaît et se met à communiquer avec ses parents à travers la télévision. Les Freeling font alors appel à un parapsychologue.

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Je suis allée voir le remake de Poltergeist, réalisé par Gil Kenan (je vous le chroniquerai probablement après la fin des vacances !) il y a pratiquement un mois sans avoir vu l’original avant. Ne pas avoir regardé le film de Tobe Hopper a été un avantage pour moi : finalement, sans crier au génie et en ayant conscience de ses défauts, j’ai à peu près apprécié ce remake (on ne me tape pas). Mieux : cela m’a donné envie de regarder enfin la première version. Cette saga (je précise que je n’ai pas encore vu les deux suites, est-ce que cela en vaut la peine ?), dont le premier épisode a été écrit et produit par Steven Spielberg, n’est pas que connu pour ses qualités. Certains parlent de malédiction, d’autres (dont moi) évoqueraient davantage une tragique coïncidence : après le tournage du premier Poltergeist, Dominique Dunne (soeur de Griffin Dunne, qui incarne la fille aînée des Freeling) a été assassinée à 22 ans par son petit ami. En 1988, Heather O’Rourke (Carol-Ann, la petite dernière de la famille) meurt à l’âge de douze ans durant le tournage de Poltergeist III des suites d’un choc septique causé par une sténose intestinale et était atteinte de la maladie de Crohn. Entre temps, en 1985, Julian Beck qui incarne Henry Kane dans Poltergeist II meurt des suites de son cancer à l’estomac. Les tournages ont également été mouvementés, l’équipe du film constate que certaines choses étranges ont lieu. Suite à ce constat, Will Sampson, qui incarne le chaman Taylor toujours dans le deuxième volet, décide de pratiquer un exorcisme durant le tournage. Mais ce dernier meurt brutalement des suites d’une défaillance rénale après une greffe du coeur et du poumon. Mais ne résumons pas Poltergeist à toutes ces tragédies. J’ai énormément aimé ce premier volet, je regrette même de ne pas l’avoir vu bien avant ! Je vais être honnête : je ne me suis pas pissée dessus en regardant ce film. Ceci dit, quelques scènes m’ont quand même fait sursauter et il y a mine de rien une ambiance assez pesante, voire même troublante. Il faut dire que la musique de Jerry Goldsmith est angoissante. Bref, on s’inquiète rapidement pour les personnages. Rien que le fait de voir cette môme un peu trop proche de la télé a quelque chose de flippant (surtout quand elle ajoute la célèbre réplique « They’re here »).

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Certaines scènes sont même devenues cultes, notamment celles avec le clown et l’arbre qui s’animent ou encore celle dans la piscine avec les squelettes. Du coup, cela compense avec des effets spéciaux, certainement très réussis à l’époque, mais qui peuvent paraître aujourd’hui « kitsch » (mais qui ont toujours un véritable charme). Ce qui frappe, c’est de voir comment Tobe Hooper revisite les codes de la maison hantée, notamment en s’accaparant habilement des différents coins de la demeure des Freeling. De plus, on retrouve un univers spielbergien très plaisant, dont on retrouve des thèmes chers au réalisateur d’E.T., notamment tout ce qui concerne les peurs enfantines. Le film dure pratiquement deux heures mais il passe très vite et cela grâce à un très bon scénario. Le film ne perd pas de temps, il commence rapidement et ne traîne pas en longueur. L’histoire en elle-même peut sembler assez simple mais les thèmes sont traités intelligemment et avec profondeur. Il y a tout d’abord clairement une dénonciation du mode de vie américain matérialiste et consumériste des années Reagan, qui passe notamment par cet emprisonnement dans la télé. Puis, j’ai trouvé ce film très féministe (finalement, le remake s’éloigne totalement de cette idée… ce qui est très étrange). En effet, on remarque ce sont les femmes qui sont au coeur de l’action : la petite Carol Anne victime de ces esprits malfaisants, la mère qui va tout faire pour sauver sa fille (alors que le père peut sembler plus passif), la parapsychologue le Dr Lesh ainsi que la médium Tangina Barrons. J’ai beaucoup aimé comment le film a traité le thème de la famille, de la relation entre les parents et leurs enfants (parce que n’oubliez pas… « DON’T TOUCH MY BABIES ! ») ainsi que le thème de la maternité. J’ai notamment beaucoup aimé cette représentation métaphorique de l’accouchement lorsque Diane récupère sa fille. Par ailleurs, j’ai trouvé le lien palpable entre la vie et la mort très réussi. Ca peut paraître niais dit comme ça mais le film traite ce thème sans lourdeur. Enfin, les acteurs sont également tous bons et leurs personnages sont très attachants.

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