Moi, Tonya

réalisé par Craig Gillepsie

avec Margot Robbie, Sebastian Stan, Allison Janney, Cailin Carver, Bobby Cannavale, Mckenna Grace…

titre original : I, Tonya

Comédie dramatique, biopic américain. 2h. 2017.

sortie française : 21 février 2018

En 1994, le milieu sportif est bouleversé en apprenant que Nancy Kerrigan, jeune patineuse artistique promise à un brillant avenir, est sauvagement attaquée. Plus choquant encore, la championne Tonya Harding et ses proches sont soupçonnés d’avoir planifié et mis à exécution l’agression…

Moi, Tonya : Photo Margot Robbie

Nous connaissons quasiment tous l’affaire Harding-Kerrigan qui avait fait le tour du monde : six semaines avant les Jeux olympiques d’hiver de 1994 (et plus précisément la veille des championnats américains permettant la qualification pour ces fameux JO), Nancy Kerrigan est agressée et blessée au genou avec une barre de fer. L’enquête révèle alors l’implication de l’entourage de Tonya Harding, sa grande rivale. Moi, Tonya revient alors sur cette affaire ou plutôt : comment la jeune femme en est arrivée à une telle chute ? Est-elle vraiment responsable des faits reprochés ? Craig Gillepsie (réalisateur du génial Une fiancée pas comme les autres ou en VO Lars and the Real Girl – chers fans de Ryan Gosling, jetez-vous sur ce film) livre un portrait saisissant de cette femme vue à l’époque comme la grande méchante de l’histoire : il est certain qu’il y a un parti pris, celui de réhabiliter l’ancienne sportive. Battue par sa mère qui voulait absolument en faire une bête de patinage, également régulièrement tabassée par son abruti de mari, rejetée par le milieu du patinage artistique parce qu’elle ne vient pas d’un milieu assez chic, Tonya Harding en a bavé déjà bien avant l’éclatement même de l’affaire. Le réalisateur livre un anti-biopic, en s’amusant notamment à jouer entre les différentes pistes, c’est-à-dire en mêlant des éléments réels à d’autres qui seraient plus de l’ordre du mensonge. Qu’est-ce qui est alors vrai dans ce biopic qui, par définition, a pour but de retracer un événement réel ? L’exercice est alors plutôt bien exécuté à l’écran. La mise en scène souvent virtuose (notamment sur les scènes de patinage) ainsi que son montage effréné sont remarquables. Beaucoup de critiques ont comparé ce film aux Affranchis de Martin Scorsese et cela peut se comprendre même si Gillepsie n’atteint clairement pas la maestria du réalisateur Italo-américain. Cela dit, si je devais établir une comparaison qui me semble davantage plus cohérente, je la ferais alors avec l’univers des frères Coen notamment pour son humour « absurde » et coriace (même si utiliser la maltraitance en guise d’humour me gêne) et en situant le récit chez les Rednecks. Le ton surprend (surtout face à une histoire banalement tragique) mais est finalement cohérent avec la personnalité même de Tonya Harding.

Moi, Tonya : Photo Allison Janney

Moi, Tonya part d’un projet intéressant (les beaux portraits de femme au cinéma restent rares) mais qui finit rapidement par ne pas être aussi pertinent que prévu. Les différents thèmes abordés retiennent l’attention, en particulier en ce qui concerne la figure féminine bafouée dans les médias : c’est effectivement Tonya qui s’en est encore pris plein la gueule et non ceux qui ont réellement organisé cette agression. Qu’elle ait fait le coup ou non, peu importe le degré d’implication, ne change finalement pas grand-chose, elle n’était pas la seule responsable. Cela dit, même si le discours autour des inégalités de chance de réussite suscite l’intérêt, je n’ai pas pu m’empêcher de trouver ces thèmes survolés, tout comme le fait de ne jamais réellement aborder sa confrontation avec Nancy Kerrigan. Oui, le film préfère se concentrer sur un point de vue et c’est tout à son honneur. En revanche, ignorer la rivale (enfin presque, hein) qui incarne l’antithèse même de Tonya Harding me semble absurde. On ne s’est pas seulement insurgés parce que la bande à Harding a tabassé une concurrente : on s’est insurgés à l’époque parce qu’on s’était attaqué à la fille chérie du patinage, issue d’un bon milieu et qui le montrait bien en apparence. De plus, la seconde partie du film a tendance à pêcher justement parce que le réalisateur ne sait justement plus comment traiter ses thèmes et continue à s’acharner sur un humour qui finit par perdre son grinçant. En fait, en dehors de nous présenter Harding comme une grande victime qui fait tout pour rester debout jusqu’au bout, on a l’impression que Gillepsie ne sait plus quoi dire alors que les thèmes mis en place et mal exploités prouvent pourtant qu’il y avait de quoi rendre le propos bien plus consistant. En revanche, côté interprétations, Moi, Tonya ne comporte aucune fausse note. Margot Robbie livre une surprenante interprétation, confirmant bel et bien qu’elle est l’une des meilleures actrices de sa génération. Elle n’a pas volé sa nomination aux Oscars dans le rôle de Tonya Harding. Je n’aurais même pas protesté en cas de victoire (même si je suis très contente pour Frances McDormand pour son 3 Billboards). Sa partenaire Allison Janney (qui, elle, en a remporté un pour ce film en mars dernier), est également impeccable (et méconnaissable). Cela fait plaisir de voir cette actrice sous-estimée et sans cesse collée aux seconds rôles atteindre une certaine reconnaissance par la profession. Enfin, Sebastien Stan (le Bucky de Captain America) complète avec conviction ce trio de tête. Ayant le mérite de présenter un sport peu mis en scène au cinéma, Moi, Tonya est alors un anti-biopic intéressant notamment formellement mais oubliable parce qu’il n’exploite pas suffisamment ses différents thèmes mis en place, qui aurait pu rendre cette oeuvre bien plus puissante.

Moi, Tonya : Photo

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Stronger

réalisé par David Gordon Green

avec Jake Gyllenhaal, Tatiana Maslany, Miranda Richardson…

Drame, biopic américain. 2h. 2017.

sortie française : 7 février 2018

En ce 15 avril 2013, Jeff Bauman est venu encourager Erin qui court le marathon : il espère bien reconquérir celle qui fut sa petite amie. Il l’attend près de la ligne d’arrivée quand une bombe explose. Il va perdre ses deux jambes dans l’attentat. Il va alors devoir endurer des mois de lutte pour espérer une guérison physique, psychologique et émotionnelle.

Stronger : Photo Jake Gyllenhaal, Tatiana Maslany

L’histoire de Jeff Bauman a fait le tour du monde. Après avoir perdu ses deux jambes lors des attentats de Boston en 2013, Bauman a réussi à apporter des informations précieuses au FBI pour arrêter les terroristes. Les Américains l’ont alors considéré comme un héros, Bauman faisant alors des apparitions médiatiques un peu partout (le film expose évidemment cette problématique). Le personnage de Bauman apparaissait déjà dans Traque à Boston (Peter Berg, 2017), interprété par Dan Whelton. Je n’attendais pas spécialement la sortie de Stronger, au moins je ne peux pas parler de déception ou quoi que ce soit : j’ai vu à l’écran tout ce que j’imaginais du film avant même de le voir, en me basant sur le synopsis et la bande-annonce. J’étais même capable d’anticiper toutes les étapes du scénario (en précisant que je ne connaissais pas l’histoire de ce jeune homme) : les pleurs, les disputes, les reproches, les moments de désespoir et d’espoir etc… Certes, ce sont des étapes logiques face à un tel traumatisme qui bouleverse autant la vie de Bauman que celle de sa famille et de ses proches. Cela reste forcément regrettable de constater autant de prévisibilités. Le résultat est par conséquent plutôt tire-larmes : par conséquent, cela m’a empêchée d’être réellement bouleversée par cette belle leçon de vie sur le papier. Cela dit, quelques séquences restent plutôt touchantes (je pense notamment à la rencontre entre Jeff et son sauveur Carlos). Concernant la mise en scène, je suis partagée. Je ne m’attendais pas spécialement à voir un travail très ambitieux par rapport au sujet et à la manière dont le film a été vendu. Je ne peux donc pas non plus parler de déception puisque je n’attendais rien côté mise en scène : on sait très bien quand on va voir ce genre de films que l’oeuvre va surtout tenir sur la qualité même de l’histoire. Paradoxalement, même si la mise en scène est dans l’ensemble simplement correcte, il y a pourtant mine de rien bel et bien quelques petites tentatives plus ambitieuses qui fonctionnent discrètement. Je pense notamment à la séquence où Jeff et son ex se retrouvent à l’hôpital : le personnel hospitalier s’occupe alors des bandages de Jeff, ce dernier demande alors à Erin de l’épauler pendant ce moment en évitant de regarder ses jambes. Le travail autour des bandages qui apparaît en arrière-fond s’apparente alors à une sorte de décor presque artificiel implanté, presque comme s’il s’agissait d’un fond vert. Jeff se sent hors de son corps à cet instant et rien que ce petit détail de mise en scène, pas forcément visible au premier abord, être cohérente avec la phase psychologique du protagoniste.

Stronger : Photo Jake Gyllenhaal, Miranda Richardson, Tatiana Maslany

Il y en a un autre aussi (que je n’avais pas remarqué seule, heureusement qu’on me l’a signalé) au début du film, lorsque Jeff n’a pas encore été victime de l’attentat. Il s’arrête quelques secondes sur une sorte de butte me semble-t-il : il se retrouve alors derrière une sorte de grillage. Or, dans le plan  en question, la barre horizontale blanche du grillage semble « couper » une partie des jambes du personnages, là où on lui coupera littéralement ses jambes suite à l’attentat. Bref, il n’y a pas tout à jeter, ça étonne presque de voir ces quelques bonnes idées se retrouver parmi d’autres certainement beaucoup plus plates. Même si d’autres films ont certainement mieux traiter cette question autour de la notion de « héros » (récemment, Un jour dans la vie de Billy Lynn d’Ang Lee), la vraie bonne idée (et certainement réel intérêt qu’on peut trouver au long-métrage) est d’avoir évoqué ce sujet en question et non pas se focaliser uniquement sur le handicap (même si le résultat reste larmoyant). Jeff Bauman est alors un héros ordinaire malgré lui, qui doit apprendre à accepter l’amour que des inconnus lui portent et surtout à accepter qu’on puisse le voir comme un symbole. Il est un poil regrettable de voir le film prendre une direction finale patriotique, d’autant plus que son portrait général de Boston post-attentat est plutôt intéressant (la communauté est, par sa bienveillance et générosité extrême, lourde, trop pour les petites épaules de Jeff). Heureusement, les interprétations sont largement à la hauteur. Jake Gyllenhaal prouve de nouveau à quel point il choisit bien ses rôles qu’il incarne toujours avec conviction et crédibilité. Tatiana Maslany, surtout connue par un certain public pour la série Black Orphan, est également remarquable. Cela fait du bien en plus de voir, alors qu’on a l’habitude du contraire, une fille plutôt banale physiquement, sans réels artifices, ce qui facilite certainement pour les spectateurs une certaine identification. En mère un poil alcoolo et possessive, Miranda Richarson (méconnaissable) complète merveilleusement bien la distribution. A noter pour la petite anecdote la présence d’acteurs non-professionnels interprétant leur propre rôle (ex : plusieurs membres du personnel hospitalier). Stronger est un petit film plutôt correct et oubliable remplissant le cahier des charges qui ne parvient pas réellement à transcender son sujet malgré une démarche honnête et respectueuse par rapport au véritable Jeff Bauman et plus globalement aux victimes des attentats.

Stronger : Photo

Le Grand Jeu (2017)

réalisé par Aaron Sorkin

avec Jessica Chastain, Idris Elba, Kevin Costner, Michael Cera, Chris O’Dowd…

titre original : Molly’s Game

Drame, biopic américain. 2h20. 2017.

sortie française : 3 janvier 2018

La prodigieuse histoire vraie d’une jeune femme surdouée devenue la reine d’un gigantesque empire du jeu clandestin à Hollywood ! En 2004, la jeune Molly Bloom débarque à Los Angeles. Simple assistante, elle épaule son patron qui réunit toutes les semaines des joueurs de poker autour de parties clandestines. Virée sans ménagement, elle décide de monter son propre cercle : la mise d’entrée sera de 250 000 $ ! Très vite, les stars hollywoodiennes, les millionnaires et les grands sportifs accourent. Le succès est immédiat et vertigineux. Acculée par les agents du FBI décidés à la faire tomber, menacée par la mafia russe décidée à faire main basse sur son activité, et harcelée par des célébrités inquiètes qu’elle ne les trahisse, Molly Bloom se retrouve prise entre tous les feux…

Le Grand jeu : Photo Jessica Chastain

Aaron Sorkin est un scénariste réputé depuis plusieurs années, que ce soit à la télévision (A la Maison Blanche, The Newsroom) ou au cinéma (il a remporté l’Oscar du meilleur scénario adapté pour son travail sur The Social Network de David Fincher). Il passe désormais derrière la caméra (même s’il est aussi chargé, sans surprise, du scénario). Le Grand Jeu est inspiré de l’histoire vraie de Molly Bloom (oui, elle s’appelle comme le célèbre personnage du roman Ulysse de James Joyce), cette ancienne skieuse devenue organisatrice de parties de poker pour stars. Parmi ces stars, on retrouvait notamment Tobey Maguire (visiblement, même s’il n’est pas jamais nommé – comme les autres célébrités,  « Joueur X », interprété par Michael Cera, semble être une sorte de représentation de l’acteur de Spiderman), Leonardo DiCaprio, Ben Affleck, Macauley Culkin ou encore Matt Damon. Elle se fait finalement arrêter en 2013 pour ses parties illégales. Ses liens avec la mafia russe n’ont également pas arrangé les choses. Sorkin adapte en partie son autobiographie : je dis bien « en partie » puisque le film s’intéresse aussi à ce qui se passe après la sortie de ce livre (dans le film, son avocat lit même son bouquin). Je suis ressortie de la salle très partagée. Dans l’ensemble, j’ai été surprise de ne pas avoir senti de longueurs alors que le film dure tout de même 2h20. 2h20 pour un film qui ne raconte finalement pas grand-chose sans m’ennuyer relève presque de « l’exploit ». Pour une première réalisation, Aaron Sorkin s’en tire plutôt bien. Certes, la mise en scène n’est pas non plus extraordinaire. Beaucoup diront que Sorkin n’est pas un David Fincher ou un Danny Boyle (Sorkin avait aussi écrit pour lui avec Steve Jobs). Certes, ce n’est pas faux. Mais il n’y a rien de honteux, loin de là : son travail reste plutôt bon. En tout cas, si le film a selon moi beaucoup de défauts, la mise en scène n’est pas selon moi ce qui est à pointer du doigt. Le Grand Jeu bénéficie d’excellentes interprétations.J’aime beaucoup Jessica Chastain (enfin l’actrice, parce que la personnalité publique auto-proclamée porte-parole de toutes les causes commence un peu à me taper sur le système : voilà, c’est dit, je me sens mieux) et sans surprise, elle livre une impeccable interprétation. 

Le Grand jeu : Photo Idris Elba, Jessica Chastain

Cela dit, j’ai été « perturbée » par  sa perruque parfois un peu trop visible et ses décolletés un peu trop mis en avant : certes, son personnage, vulgaire, est assume sa féminité physique dans un milieu très masculin mais j’ai trouvé cet aspect parfois trop surligné. Pour la petite anecdote, c’est la véritable Molly Bloom qui souhaitait voir Chastain interpréter son rôle. J’ai surtout été épatée par la performance d’Idris Elba, tout particulièrement charismatique dans le rôle de l’avocat de l’héroïne. A la sortie de ma séance, je me souvenais même plus de lui que de Chastain. Dans un rôle secondaire, on est toujours content de retrouver ce bon vieux Kevin Costner. Le problème de ce dernier n’est pas son interprétation, loin de là. L’utilisation de son personnage est en revanche gênante. La scène de la patinoire est juste une immense blague et fait perdre à elle-seule tout crédit au film déjà suffisamment bancal : Molly retrouve son bon vieux père un peu par hasard dans ce petit bled qu’est New York à la patinoire, il lui fait alors en trois minutes sa psychothérapie. Vous comprenez, Molly elle se venge des hommes parce que son père était trop autoritaire et en plus c’était un salaud parce qu’il trompait sa femme. Molly trempe dans des affaires douteuses parce qu’elle n’a pas été réussi à être la championne de ski qu’elle aurait dû devenir. Bref, ça m’a fatiguée, même un épisode de 7 à la maison était plus subtil. Et c’est là où je veux commencer à pointer les nombreux défauts de ce long-métrage divertissant mais oubliable et discutable pour différentes raisons. La construction du film est en elle-même bordélique en s’éparpillant sur différents niveaux temporels, sans cesse entremêlés : l’enfance et l’adolescence de Molly en tant que skieuse en partie conseillée et entraînée par son père (leurs relations sont donc assez compliquées), la réussite de Molly dans son « travail » et la possible chute de Molly avec ses problèmes judiciaires. Décidément, on ne veut plus réaliser de biopics traditionnels. La nouvelle mode est de déconstruire à tout prix les histoires linéaires.

Le Grand jeu : Photo Jessica Chastain

Cela dit, le schéma adopté par Sorkin est juste ultra casse-gueule. Pour moi, il passe par ce procédé parce qu’en réalité, la réelle histoire de Molly n’est finalement pas plus que palpitante que cela quand on y réfléchit bien. On ne peut pas s’empêcher de trouver cette structure faussement compliquée pour pas grand-chose, pour combler du vide. Le montage et la voix-off, qui pourraient éventuellement expliquer le rythme du film, sont également à remettre en cause (et je relie les deux défauts ensemble). Le montage semble parfois hasardeux : on passe parfois d’une scène à l’autre un peu en mode « ploum ploum ploum » parce qu’on a l’impression que Sorkin ne parvient pas à se sortir de son schéma narratif inutilement compliqué. Cette voix-off est également discutable : a priori, elle n’est pas déplaisante, elle est plutôt endiablée (même s’il vaut mieux ne pas avoir une dent contre les films bavards, heureusement pour moi, je ne fais pas partie de cette catégorie). Mais elle est trop littéraire dans le sens où on a l’impression d’entendre les extraits de son bouquin juste directement transposés à l’écran. Sorkin ne joue alors pas suffisamment avec cet élément. La voix-off aurait pu par exemple être en décalage avec les images ou quelque chose de ce style. Mais en fait non. Elle ne permet pas aux images de parler d’elles-mêmes. Elle surajoute de l’information inutilement, elle ne nous aide pas non plus à mieux cerner la personnalité de Molly Bloom. Justement, rebondissons sur ce dernier point : le personnage en lui-même est problématique et pas uniquement à cause d’une psychologie digne de Doctossimo concernant ses relations avec son papounet (comme si ça excusait déjà tous ses actes). Certes, cela peut être intéressant de voir une femme qui assume sa féminité évoluer dans un univers très masculin. Mais elle n’a aucun mérite dans sa réussite ou quand elle parvient à se sortir du pétrin : c’est un personnage qui est bien plus passif qu’on veut nous le faire croire. Surtout, tout est fait pour enlever toute responsabilité à ce personnage. La fin, qui nous la présente comme une battante, une winner (alors que sa réussite est discutable), va encore plus dans ce sens et cela m’a dérangée. Le Grand Jeu est un film très décevant qu’on oubliera assez vite…

Le Grand jeu : Photo Jessica Chastain

American Crime Story – The People vs. O.J. Simpson

Créée par Larry Karaszewski, Ryan Murphy et Scott Alexander

avec Sarah Paulson, Cuba Gooding Jr., John Travolta, Courtney B. Vance, David Schwimmer, Sterling K. Brown, Kenneth Choi, Christian Clemenson, Nathan Lane, Bruce Greenwood, Selma Blair, Connie Britton, Jordana Brewster…

Drame judiciaire. 1 saison. 2016.

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American Crime Story est une série d’anthologie, qui se centre sur des affaires judiciaires différentes à chaque nouvelle saison. La première tourne autour du procès controversé et ultra-médiatisé de O.J Simpson, qui a fait la Une des médias au cours de l’année 1995. La star du football américain est accusée du meurtre de son ex-femme, Nicole Brown Simpson et de son compagnon, Ronald Goldman. Dans les coulisses de l’affaire, les deux camps essayent de tirer leur épingle du jeu. Entre l’excès de confiance des avocats et la relation tendue de la police avec la communauté afro-américaine, le doute sème le trouble chez les jurés.

Photo Christian Clemenson, Sarah Paulson

En tant que fan de la série American Horror Story (parfois chroniquée sur ce blog), j’étais décidée à découvrir le dernier objet télévisuel de Ryan Murphy, American Crime Story, qui a remporté récemment cinq Emmy Awards : meilleure mini-série, meilleure actrice (Sarah Paulson), meilleur acteur (Courtney B. Vance) et meilleur acteur dans un second-rôle (Sterling K. Brown) et meilleur scénario (toujours dans les catégories « mini-série »). Le titre étant très clair, chaque saison anthologique portera sur une affaire judiciaire. Pour cette première saison, on ne s’est pas attaqué à n’importe quoi : l’affaire O.J. Simpson. On l’a connait tous, on a même pu suivre (enfin surtout les Américains) le déroulement du procès à la télévision. Il n’y a évidemment aucune surprise même pour ceux qui n’étaient pas nés ou qui étaient trop jeunes. Pourtant, cette série est une excellente surprise. J’ai été surprise de prendre du plaisir à redécouvrir cette histoire comme si elle se présentait comme une nouveauté. Et surtout quelle satisfaction de voir de nombreuses qualités dedans ! En effet, on peut se rassurer : il ne s’agit pas d’une sorte de remake de Faites entrer l’accusé. On retrouve des thèmes chers à Ryan Murphy notamment le racisme et la célébrité. Il faut rappeler les faits : en 1992 ont lieu les émeutes de Los Angeles. Puis, en 1994, le célèbre joueur de football américai (et occasionnellement acteur) O.J. Simpson est accusé d’un double meurtre dont celui de son ex-femme, mère de ses enfants. Comment défendre l’indéfnendable (on se demande à ce moment-là comment Simpson va pouvoir s’en sortir avec de telles accusations !) ? Voilà que les avocats qui défendent ce cher Simpson, notamment dans un premier temps Robert Shapiro, puis le grand défenseur de la communauté afro-américaine, Johnnie Cochran. La dimension politique a clairement pris le dessus dans cette passionnante affaire judiciaire au point qu’on a fini par en oublier les victimes et surtout se demander s’il y avait d’autres suspects. Cette première saison instaure alors des enjeux d’une grande importance étant donné ce qui se passe actuellement. Comment ne pas penser aux récentes bavures de policiers envers des Noirs ? Comment ne pas voir le clin d’oeil (avec une pointe d’ironie) aux filles Kardashian qui ont bien mieux compris le star-system que leur père, meilleur ami de Simpson, et clairement dépassé par les événements ? La fin de la saison, qu’on connait alors tous, a quelque chose d’encore plus tragique. C’est comme si toute cette mascarade mise en place par la défense, en s’éloignant de la vérité, n’avait servi à rien : l’injustice contre les minorités existe toujours et la liberté d’O.J. Simpson est en réalité une nouvelle prison.

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Pourquoi cette série est-elle si passionnante ? Déjà, comme vous l’avez peut-être déjà lu sur ce blog, j’ai toujours aimé les films (et donc aussi les séries) de procès car il y a quelque chose qui entre déjà dans l’ordre de la comédie et de la mise en scène (le risque étant que l’oeuvre devienne trop théâtrale mais ce n’est pas le cas ici). Ce n’est pas nouveau, on a vu beaucoup de (bons) films de procès tournant autour de la question de la comédie. Mais les scénaristes ont réussi à renouveler, à partir de cette terrible affaire, cet élément en question. On constate alors le fait suivant : en reprenant les gros points de l’affaire, les spectateurs ont droit à de réels rebondissements (sincèrement, j’avais beau connaître l’affaire, j’étais tout le temps sur le cul !) comme si les scénaristes avaient inventé l’histoire de toutes pièces. J’ai envie de dire que la réalité a dépassé la fiction et c’est vraiment ça qui est fort dans cette saison ! On s’aperçoit à quel point cette affaire était déjà en soi une énorme mascarade. La reconstitution de l’affaire et plus généralement de l’époque est très bien exécutée (sans être too much) et en même temps même dans cette reconstitution on sent la continuité avec notre époque : un bon équilibre semble alors avoir été trouvé. Le tout a été traité sur dix épisodes durant chacun une petite cinquantaine de minutes (tous bien rythmés). C’était selon moi le format idéal : on ne s’étend pas une plombe sur l’histoire (déjà connue) mais on a suffisamment le temps de développer la psychologie et la complexité de chaque personnage, ce qui n’était pas évident vu qu’il y en a un certain nombre ! Mais ce qui est également intéressant, c’est que le spectateur devient lui-même une sorte de juré / avocat. On nous filme les deux camps avec une certaine égalité – même si je dois admettre que le personnage de Marcia Clark est peut-être un chouïa davantage mis en avant (mais ce n’est pas gênant par rapport au propos autour des minorités – elle qui défend les femmes violentées alors que la défense détourne l’attention en évoquant la communauté afro-américaine). Certes, on sent que les scénaristes se sont fait leur petite idée sur cette affaire mais le but n’est pas de savoir si O.J. Simpson a tué son ex-femme et son amant puisque de toute façon on a bien compris que ce procès n’avait pas pour but de chercher la vérité. En revanche, comprendre comment le jury, à partir de ce qu’il a pu constater sur le devant de la scène mais aussi dans les coulisses (on comprend bien que ça ne faisait pas rêver de faire partie de ce jury) a pris la décision finale fait partie des enjeux de la série.

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Enfin, cette saison d’American Crime Story bénéficie d’un excellent casting, très justement récompensé. Dans le rôle du célèbre O.J. Simpson (qui est actuellement en prison pour vol à main armée et kidnapping), Cuba Gooding Jr. est bluffant. Il parvient vraiment à montrer toute la complexité de ce personnage qui peut être autant charismatique qu’effrayant par ses accès de violence. Sarah Paulson, que j’adorais déjà tellement dans American Horror Story, trouve ici le rôle le plus intéressant de sa carrière, celui de la célèbre procureure Marcia Clarke, entrant pratiquement dans la culture populaire malgré elle (Tina Fey avait livré sa parodie à la fin de la première saison de Unbreakable Kimmy Schmidt pour ne citer que cet exemple) pour sa coupe de cheveux légendaire, son style très classique voire même assez froid et son ton qui envoie bien dans ta gueule. Pas évident de tenir un rôle aussi emblématique sans tomber dans la caricature. Pourtant, Sarah Paulson, servie par une écriture habile, donne une interprétation remplie de nuances tout en donnant de l’intensité à son jeu. Elle prouve ici qu’elle est l’une des meilleures actrices de sa génération et je suis étonnée qu’elle ait percé à la télévision relativement tard et qu’elle n’ait jamais été eu de réels bons premiers rôles au cinéma ! Il s’agit ici d’un personnage fort qui a des convictions mais on ne nous épargne pas non plus les erreurs qu’elle a pu faites et qui ont également conduit à l’acquittement d’O.J. Simpson (je parle ici de l’intervention du flic raciste). John Travolta (également co-producteur) fait aussi un joli retour dans le rôle de Robert Shapiro (avec une tête à la Donald Trump), l’avocat qui se donne en spectacle mais qui préfère faire des arrangements au lieu d’affronter les problèmes. Tout le casting est excellent, que ce soit Nathan Lane qu’on voit peu mais génial en avocat qui pense à tout, Kenneth Choi en juge, Connie Britton en pseudo-amie qui n’hésitera pas à balancer tout et n’importe quoi dans un livre pour du fric ou encore Selma Blair en Kris Jenner. David Schwimmer est également surprenant dans le rôle du touchant et dépassé Robert Kardashian. Mais on retiendra surtout les performances des deux acteurs récompensés aux Emmy : Courtney B. Vance et Sterling K. Brown. Le premier incarne à la perfection Johnnie Cochran, un personnage à la fois admirable et détestable, on comprend son combat pour la communauté afro-américaine mais il nous agace avec sa stratégie qui fait du mal à la vérité et à une autre communauté : les femmes. Quant au second, il est très attachant dans le rôle du collaborateur de Marcia, qui monte en grade pour de bonnes et mauvaises raisons.

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Bowling

réalisé par Marie-Castille Mention-Schaar

avec Catherine Frot, Mathilde Seigner, Firmine Richard, Laurence Arné, Alex Lutz…

Comédie française. 1h30. 2012.

sortie française : 18 juillet 2012

Movie Challenge 2016 : Un film basé sur des faits réels

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L’histoire se passe à Carhaix. En plein coeur de la Bretagne. Un petit hôpital, une maternité paisible. Pas beaucoup d’accouchements. Mathilde, sage-femme, Firmine, puéricultrice, et Louise, propriétaire du Bowling de Carhaix y vivent, heureuses et amies. Catherine, DRH, y est envoyée pour restructurer l’hôpital et surtout fermer à terme la maternité qui perd de l’argent. Quatre femmes dont l’âge, la personnalité, les origines sont différentes et qui vont pourtant former un quatuor fort en humanité et en humour pour défendre cette maternité. La vie, l’amour, l’amitié, la Bretagne et… le bowling !

Bowling : photo

Là, vous vous dites : « Tina est tombée bien bas ». Qu’est-ce qui m’a pris de regarder Bowling ? Sans être méchante et méprisante (après tout, j’aime bien les Tuche, hein), ça sentait la daube à trois mille kilomètres. L’affiche est moche, le titre est naze, le synopsis sent le déjà vu (une sorte de pseudo et vague mélange entre The Full Monty et The Big Lebowski mais alors vague mélange !) et puis rien que la présence de Mathilde Seigner peut faire fuir. Mais bon, quand il est passé sur NT1 un soir et que je ne me sentais pas de mettre à la télé un film super intelligent et complexe, je me suis dit « pourquoi pas ? ». Et puis je voulais « vérifier » (en mode inspectrice) si c’était si naze que ça. Je reconnais que le film se laisse à peu près regarder un dimanche soir (ou autre jour d’ailleurs), en plus il ne dure pas trop longtemps non plus. On sent également derrière la sincérité de la réalisatrice (qui a un nom à rallonge, oh my god !) et l’investissement des actrices (même si je reviendrais sur leurs interprétations). Hélas, comme je l’avais senti, il ne s’agit pas d’une réussite. C’est dommage car Bowling est tiré d’un joli fait divers : en 2008, les habitants de la ville bretonne Carhaix se sont mobilisés en force et ont manifesté durant 17 semaines pour empêcher la fermeture du service de maternité d’un hôpital et ont réussi à obtenir gain de cause. Une belle histoire sociale et humaine donc à l’origine. Hélas, en voulant à tout prix faire une histoire à la Full Monty (une sorte de mode à la con ces derniers temps), MCMS (trop long à écrire ce nom) gâche tout le potentiel même de ce film. Au final, elle nous sert plus une petite comédie pseudo girly pas très drôle qu’une réelle comédie sociale. Alors, évidemment qu’on nous parle de cette histoire de fermeture de la maternité (avec des répliques foooortes : « Pour vous, on est des quilles, boum, strike, dégagez, on est des pions, tu changes de case et plus de problèmes »). Personnellement, à part la « métaphore » entre les quilles qui tombent et les gens qui vont perdre leur emploi, ou encore le parallèle entre compétition sportive et le combat pour sauver la maternité, je n’ai pas compris la place du bowling dans cette histoire. On a vraiment l’impression que cette idée sort un peu de nulle part !

Bowling : photo

Comme je le disais, la réalisatrice a gâché le potentiel de son histoire et au final nous sert une grosse soupe qui ressemble aux mauvais téléfilms de TF1. Certes, je ne m’attendais pas à une mise en scène de folie mais là elle est inexistante (mon dieu, les scènes de bowling…) et le scénario accumule rapidement les facilités et les clichés, ça dégoulinant de bons sentiments et c’est assez moralisateur (et limite culpabilisant pour certaines mères, passons). Les dialogues (comme vous l’avez constaté à la fin de mon précédent paragraphe) sonnent très faux ou/et sont grotesques, du coup, même si le film se laisse regarder, en revanche, il n’est pas vraiment drôle. On ne se sent du coup pas du tout concerné par le noble combat menée par les héroïnes à l’origine et le message autour de l’émancipation féminine est gâché par tant de maladresses. C’est dommage car malgré l’accumulation de scènes plutôt ridicules, d’autres sont amusantes, l’hommage à la Bretagne sympathique également mais l’ensemble n’est pas satisfaisant. Il parait aussi que MCMS a écrit le scénario en pensant aux actrices du film et c’est pour cette raison que les personnages portent le même prénom que leurs interprètes. Je veux bien la croire mais en tant que spectatrice qui n’a pas particulièrement apprécié ce film, le fait d’entendre le prénom des actrices m’a perturbée. Je ne pouvais pas m’empêcher de me dire : « les actrices sont mal dirigées donc il faut pas qu’on les appelle par leurs vrais prénoms pour qu’elles ne se sentent pas paumées ». Ca dessert encore plus le film ! Pourtant, les actrices ne sont pas si nulles que ça (sauf Seigner, elle m’insupporte de plus en plus). On sent également chez elles leur sincérité et même leur complicité. Je ne connais pas plus que ça Laurence Arné mais elle apporte une petite fraîcheur à cette comédie qui en manque tant. J’aime bien d’habitude Catherine Frot et Firmine Richard mais dans ce film elles ont tout de même tendance à se caricaturer (la première est toujours la DRH coincée bourgeoise, la seconde toujours l’infirmière Antillaise de service). La pire reste Mathilde Seigner. J’en peux plus qu’elle joue systématiquement la bonne femme pseudo grande gueule proche de la populace parce qu’elle a un grand coeur !

Bowling : photo

Tag de la rentrée (illustration : images de films et séries)

Bonjour à tous !

Comme vous le savez déjà, j’avais très envie de me lancer dans d’autres types d’articles et voici qu’on me tend la perche ! La toujours très chouette Charlie m’a alors taguée et je me suis dit que cet article était une bonne occasion de m’exercer à un nouveau exercice (même si je suis en train de préparer plein d’autres articles, certainement plus axés vers le cinéma) et aussi de me présenter d’une certaine façon. Evidemment, comme nous sommes sur un blog cinéma, j’ai parfois tenté de faire quelques liens avec certains films même si cela n’a pas toujours été évident.

Je ne tague personne mais si vous souhaitez le faire sur vos blogs ou ici dans les commentaires, ne vous gênez surtout pas !

J’espère que cet article ne déroutera pas trop certains lecteurs. Bonne lecture et à très bientôt !

  1. Aimes-tu l’école ?

Hum… tout dépend des périodes. Gamine, j’aimais vraiment l’école. J’étais assez studieuse (enfin, je n’en faisais pas non plus des tonnes, n’exagérons rien) et enthousiaste, on me traitait d’intello (avais-je un côté tête-à-claque ? hum). Je trouvais que c’était vraiment une chance d’y aller (on dirait presque un putain de discours pour Miss France). D’ailleurs, je pense toujours que nous avons la chance de nous instruire grâce à l’école.

Ceci dit, les choses se sont dégradées au fil des années, je suis même plus ou moins sortie du système scolaire (du genre à aller dans un lycée vraiment spécial, c’est assez… indescriptible). En fait, en troisième, on me foutait justement beaucoup la pression parce que j’étais une bonne élève et j’ai tout simplement craqué (en plus j’étais dans une école de bobos insupportables), je voulais juste qu’on me foute la paix et croyez-moi, je l’ai eu (bon par contre, après, mes notes étaient moins top, je le reconnais).

Après, avec évidemment des hauts et des bas, j’ai dans l’ensemble aimé mes années de fac. Enfin, je parle surtout des trois premières années. J’aimais le fait d’être autonome et de faire enfin des études qui me plaisent. C’est très motivant même quand on a des matières casse-gueule (n’est-ce pas l’ancien français ?).

Après, depuis l’an dernier (donc le master), la fac m’excite beaucoup moins même si je tiens à avoir mon master car j’espère qu’il aura un jour son utilité (je l’espère, hein insistons sur ce terme). J’adore m’instruire, j’ai aimé travailler sur mon mémoire (et je suis excitée à l’idée d’en refaire un autre) mais je commence tout simplement à me lasser des cours (même si j’y vais par respect pour les profs), je commence à trouver cela très infantilisant (malgré l’autonomie et la liberté que nous avons à côté, ne crachons pas dans la soupe). Et alors qu’être une intello avait son côté plaisant enfant, je ne supporte vraiment plus les pseudo-élites de ma classe.

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Etais-je comme Hermione Granger à une certaine époque ? J’avais en tout cas sa même coupe de cheveux de merde !

2. Dans quelle classe passes-tu ?

En Master 2 de lettres modernes, parcours Littérature comparée.

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Dans Girls, Adam a fait des études de littérature comparée. Adam est aussi le personnage le plus bizarre de la série. Je crois que je suis censée m’inquiéter.

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3. Ta plus belle année ? 

J’ai tendance à dire ma première et ma L3 (après, je vous rassure, j’ai aussi passé d’autres bonnes années). Deux belles années donc. Principalement grâce aux copiiiines ! (et aussi aux cours, à mes humeurs, aux profs etc…).

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Je vous rassure : mes amies ne sont pas pathétiques contrairement à ce film qui n’aurait jamais dû voir le jour !

4. Quelle est ta matière préférée ?

Au collège, j’adorais l’anglais, j’étais même dans des écoles « bilingues » pour renforcer cette langue (j’ai même passé mon KET en 4e mais je l’ai loupé entre 1 à 5% près, je n’ai jamais eu la possibilité de connaître le résultat exact !). Après, au lycée, alors que je me limitais à lire du Voici et Closer (déjà), j’ai découvert la littérature (avant, je détestais lire, traumatisée par une prof de français en 5e) et j’ai tellement adoré cette matière que je suis allée en lettres modernes (comme vous le savez déjà). Après, à la fac, j’aimais en général les cours de littérature (ce qui peut aller de soi mais croyez-moi il y a des disciplines assez différentes en lettres modernes).

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J’aime beaucoup les cours de littérature. Ceci dit, je n’ai jamais eu un prof comme John Keating. Et je ne suis jamais montée sur une table en cours (croyez-moi, j’en crève d’envie !).

5. Quelle est la matière dans laquelle tu es la plus nulle ?

Au collège, j’avais clairement des difficultés en arts plastiques (du genre je ne savais pas colorier) et en sport (du genre je glandais). J’étais toujours à la ramasse ! Je me rappelle même ma prof d’arts en troisième qui avait voulu que je recommence un dessin jugeant que c’était un bébé qui l’avait fait et non par une collégienne (en l’occurrence, moi). Après, à partir de la seconde, mes deux pires ennemis ont été les maths et la SVT (et direct dès la première semaine de septembre). Enfin, à la fac, j’avais plusieurs bêtes noires : l’ancien français, les cours de phonétique et l’histoire de la langue française (ouais, c’est du lourd).

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Dans Les Visiteurs, ça a l’air chouette l’ancien français. Dans la vraie vie, c’est juste pas OKAYYYY du tout.

6. Réponds-tu à tes profs ?

Je ne peux pas dire que je répondais à mes profs (et actuellement je ne dis vraiment rien, du genre à être au fond de la classe, moitié endormie, soit à côté de la fenêtre, soit à côté du radiateur). C’est important de respecter les profs. Ceci dit, face à certaines injustices (ooohhh je suis une rebelle), disons qu’il m’est arrivé de ne pas me laisser faire.

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On peut faire confiance à Hit Girl pour ne pas se laisser se marcher sur les pieds !

7. As-tu déjà été déléguée ?

Oui, une fois, en CM1. Comment dire… c’est flatteur mais ça ne sert à rien. Vraiment à rien.

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En fait, je ne me souviens que de mon « élection ». Le reste… en fait, j’ai été inutile. Juste un peu plus populaire. Mais OSEF la popularité !

8. As-tu eu plusieurs collèges ?

Oui ! Que deux (quoi, ça fait déjà trop ?).

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Ouais, deux collèges. Et fuck youuuuu ! 😮

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9. Montre-nous ton sac de cours 

J’avoue avoir la flemme de prendre des photos. Mais on va dire que je me trimballe avec mon sac à main tout court…

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J’ai peut-être un beau sac à main pour les cours, je ne débarque pas non plus comme une pseudo fashionista qui a l’air toute fraîche. On ne peut pas tout avoir dès 9h du mat’ après avoir couru comme une dératée pour ne pas arriver à la bourre.

10. Montre-nous ta trousse 

Elle est grosse, verte et ronde. Bref, elle déchire.

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Non, Hulk, je n’ai pas piqué ta trousse, on se calme mon vieux…

11. Montre-nous ton agenda

Hum… Je n’ai plus d’agenda depuis très longtemps. Je note un peu à droite et à gauche mais je m’en sors toujours !

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Okay, je sors…

12. Tu préfères les stylos normaux ou fantaisies ?

Sérieusement, vu comme je m’emmerde par moments en cours et que je m’amuse à dessiner à peu près tout et n’importe quoi (malgré un manque de talent évident dans ce domaine), est-ce vraiment nécessaire que j’achète des stylos fantaisies ? Hum.

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Comme dans Supergrave, je suis vraiment capable de dessiner n’importe quoi quand je m’emmerde en cours (bon, okay, dans le film, Jonah Hill est juste un putain d’obsédé).

13. Ton sac est en général lourd ou léger ?

Ca dépend de ce que je fais. Lorsque je dois aller à la bibliothèque prendre un stock de livres, mon sac est lourd, cela va de soi. Mais sinon, je me débrouille pour qu’il soit le plus léger possible.

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Là, elle se marre la Matilda. Mais c’est pas si marrant que ça marcher dans la rue avec son sac plein à craquer de bouquins (qui peuvent être super méga chiants en plus).

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14. Ton sport préféré à l’école ?

Je séchais beaucoup les cours de sport à l’école. J’étais trop paresseuse, trop grasse, trop complexée. Depuis, je suis moins paresseuse, moins grasse, toujours un peu complexée et je vais tout simplement transpirer comme un porc à Keep Cool.

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Voilà, maintenant, je ressemble à peu près à Bridget (souhaitant comme elle perdre encore quelques kilos) quand je fais du sport. C’est pas joli-joli…

15. A quelle heure te couches-tu quand tu as cours ?

Ca dépend de ma fatigue, de l’heure du cours en question. Mais en général, assez tard, disons les choses.

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Et oui, je partage certains points communs avec les vampires…

16. A quelle te lèves-tu quand tu as cours ?

Bizarrement, je suis assez matinale, je ne traîne pas. Et même si je n’ai pas cours le matin, je me débrouille pour aller bosser le matin à la bibliothèque ou alors faire du sport à Keep Cool (non, je ne fais pas de pub gratuite pour cette salle de sport).

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Dès 7h du mat’, j’ai la patate (et ça peut gaver certaines personnes !).

17. Combien de temps y a-t-il entre ton établissement et ta maison ?

Ce n’est pas forcément à côté mais je ne suis pas à plaindre (même si ça m’arrive de courir comme une dératée pour arriver à l’heure).

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Après, j’aimerais bien avoir le même pouvoir que Leo dans Charmed, ça doit être très pratique…

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18. Ta popularité 

A part en 4e et 3e où je me suis retrouvée dans un bahut que je détestais (et réciproquement), je n’étais pas populaire (j’ai toujours été « différente ») mais on va dire que j’arrivais quand même à me fondre et je suis quelqu’un de sociable, je m’en sortais. Et c’est encore plus vrai depuis que je suis à la fac. Après, honnêtement, on s’en cogne un peu de la popularité. Le principal est de traîner avec des gens qu’on aime, pas s’entourer de profonds connards hypocrites !

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Si ça peut en rassurer certain(e)s : être populaire ne signifie pas pour autant que vous avez un cerveau.

19. Tes profs sont-ils bons ou non ?

Je ne suis qu’une élève, j’ai envie de dire : je suis qui pour juger les compétences d’un prof ? Après, cela ne m’empêche d’avoir un jugement sur mes profs. Dans l’ensemble, que ce soit au collège, au lycée ou à la fac, j’ai eu des bons profs, des gens doués et qui savaient transmettre leur savoir. Dans le lot, j’en ai quand même des mauvais dans le sens où je pense qu’ils n’avaient pas une bonne approche pédagogique et après j’admets aussi que j’ai parfois eu un mauvais contact avec certains d’entre eux. Mais je n’aime pas trop dire du mal des profs, je trouve qu’ils s’en prennent suffisamment plein la gueule tous les jours. Même si je suis décidée à ne pas devenir prof, il est pour moi primordial de respecter ce métier difficile (oui, j’insiste sur le terme difficile).

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J’ai eu de bons profs. De très profs. Bon, par contre, très peu avait le sex appeal d’Adrien Brody…

Foxcatcher

réalisé par Bennett Miller

avec Channing Tatum, Steve Carell, Mark Ruffalo, Sienna Miller, Vanessa Redgrave, Anthony Michael Hall…

Drame, biopic américain. 2h14. 2014.

sortie française : 21 janvier 2015

Foxcatcher

L’histoire tragique et fascinante de la relation improbable entre un milliardaire excentrique, John du Pont, et deux champions de lutte.

Foxcatcher : Photo Steve Carell

Je n’ai toujours pas vu Le Stratège (apparemment je devrais le regarder), en revanche j’avais adoré le premier long-métrage de Bennett Miller, Truman Capote. C’est en partie pour cela que j’ai voulu découvrir son dernier film, Foxcatcher, qui a remporté au dernier festival de Cannes le prix de la mise en scène et qui est actuellement nommé à cinq reprises aux Oscars. Hélas, ce film, tiré d’une histoire vraie, est pour moi une énorme déception. Je suis ressortie de la salle énervée (je n’avais pourtant pas mes règles), j’ai eu un sentiment de gâchis. Pour commencer, ce film n’avait pas besoin de durer pratiquement 2h15. Je n’ai rien contre les longueurs, elles peuvent être nécessaires pour présenter la situation et faire monter la tension mais là c’est vraiment trop long et du coup le film manque cruellement de rythme. Je vais être franche : la première heure m’a vraiment ennuyée. Je trouve cela très malpoli de regarder l’heure sur mon portable durant une séance mais là je n’ai pas pu m’empêcher de regarder l’heure toutes les cinq minutes. Il y a pour moi un grand nombre de scènes inutiles, créant parfois un effet répétitif (à croire que les spectateurs sont trop bêtes pour retenir des infos), cela devient rapidement lassant. Non seulement, le scénario n’est pas ce que j’ai vu de plus intéressant et le montage n’est pas très réussi, mais en plus, je ne suis pas totalement convaincue par la mise en scène. Certes, le travail de Miller n’a rien de honteux, on voit toujours son talent et son implication. Mais justement, le problème de Miller serait de trop mettre en scène (je parle surtout dans la première partie du film). On voit où il veut en venir mais il finit par fatiguer à force de tout surligner. Je comprends également qu’il a voulu créer une ambiance froide, et je dois avouer que cela fonctionne par moments (surtout dans la seconde partie), mais elle est parfois tellement froide qu’on ne croit pas toujours aux réactions des personnages.

Foxcatcher : Photo Channing Tatum, Steve Carell

Heureusement, la seconde partie est meilleure, et relève le niveau du film. Nous commençons enfin à voir le drame venir et le propos devient plus clair. John Du Pont, qui comprend qu’il ne pourra jamais devenir un mentor malgré tout l’argent qu’il possède et son ambition colossale, devient de plus en plus effrayant, Mark Schultz est de plus en plus fragilisé et écrasé par la folie du Du Pont et le passé triomphant de son frère et Dave Schultz est un personnage de plus en plus ambigu. Les personnages prennent ainsi plus de consistance tout comme les relations qu’ils entretiennent. L’argent, la jalousie ou encore la solitude sont au coeur de ce trio complexe et surtout c’est cet ensemble qui va pousser John Du Pont à commettre l’irréparable. Même si Miller ne se mouille pas trop, il y a également une tension homosexuelle omniprésente et je dois avouer que les scènes de lutte sont très réussies. Elles m’ont rappelé le court-métrage islandais Wrestling de Grimur Hakonarson (je vous incite à le regarder si vous en avez l’occasion). C’est là où on réalise à quel point Miller aurait dû couper une bonne partie de sa première partie. Le film est également sauvé par des acteurs fantastiques, formant un trio convaincant, qui parviennent à donner du relief à des personnages qui auraient pu être monoexpressifs sur le papier face à tous ces silences parfois plombants. Steve Carell surprend car nous n’avons pas forcément l’habitude de le voir dans un rôle aussi sombre. Je redoutais de voir une performance cachée par la magie du maquillage (bien foutu au passage) mais heureusement, ce n’est pas le cas. J’ai également été bluffée par Channing Tatum, qui confirme ici tout son talent. Enfin Mark Ruffalo, qui a pourtant un rôle secondaire par rapport à ses deux partenaires, nous livre ici une de ses meilleures interprétations.

Foxcatcher : Photo Channing Tatum, Mark Ruffalo