Big Little Lies (saison 1)

Créée par Reese Witherspoon, Nicole Kidman, Shailene Woodley, Zoë Kravitz, Laura Dern, Alexander Skarsgård, Adam Scott, James Tupper, Jeffrey Nordling

avec Reese Witherspoon, Nicole Kidman, Shailene Woodley, Zoë Kravitz, Laura Dern, Alexander Skarsgård, Adam Scott, James Tupper, Jeffrey Nordling…

Comédie dramatique américaine. Saison 1. 2017.

Quand Madeline, Jane et Celeste se lient d’amitié par l’intermédiaire de leurs enfants, elles ne se doutent pas qu’elles vont se retrouver, des mois plus tard, au centre d’un tragique accident, survenu à la fête de l’école. Qui est mort ? Qui est responsable ? Et pour quelle raison ? Secrets, rumeurs et mensonges ne faisant pas bon ménage, tout l’univers de la petite ville de Monterey va être secoué de violents soubresauts.

Photo Nicole Kidman, Reese Witherspoon, Shailene Woodley

Big Little Lies est l’adaptation du roman éponyme en VO de Liane Moriarty (en VF Petits Secrets, Grands Mensonges). Cette mini-série, produite par HBO (décidément une grande chaîne), est composée par une belle équipe : son créateur n’est autre qu’Edward E. Kelley, notamment connu pour avoir travaillé sur Ally McBeal. Tous les épisodes ont été réalisés par Jean-Marc Vallée, le réalisateur canadien qui a le vent en poupe depuis quelques années (C.R.A.Z.Y., Wild, Dallas Buyers Club, Victoria : les jeunes années d’une reine). Surtout, quelle belle brochette d’actrices dans les rôles principaux : Reese Witherspoon, Nicole Kidman (également ici productrices), Shailene Woodley (n’oublions pas qu’elle avait été révélée à la télévision dans The Secret Life of the AmericanTeenager), Laura Dern et Zoë Kravitz. Décidément, les choses bougent – peut-être plus à la télévision qu’au cinéma – pour donner des rôles puissants et réalistes aux femmes d’aujourd’hui sans cesse sous pression pour différentes raisons aussi bien sociales que sexuelles. . La mini-série, aux airs de Desperate Housewives en le mêlant à l’art du whodunit, sait tenir en haleine sur sept épisodes. En effet, le spectateur sait que quelqu’un est mort durant une soirée caritative. Mais on ne sait pas qui est cette personne décédée, qui est le meurtrier, ni pourquoi. On saura juste que tous les personnages que l’on va suivre sont impliqués de près et / ou de loin avec cet événement. Il faudra alors attendre les dernières minutes du dernier épisode pour tout connaître. On nous rappelle l’événement à venir plusieurs fois dans les épisodes (et même dans le fabuleux générique avec la chanson de Michael Kiwanuka, Cold Little Heart), comme si les protagonistes ne pouvaient pas y échapper : il y a quelque chose qui sonne de l’ordre du tragique. Surtout quand on voit les différents portraits des femmes : Madeline est a priori celle qui a l’air d’avoir le moins de problèmes : elle est dynamique, grande-gueule, sociable, se mêle beaucoup de ce qui ne la regarde pas, ce qui énerve beaucoup de gens. Mais derrière ce joli sourire permanent (tenu par une Reese Witherspoon convaincante et impliquée) se cache une femme blessée et perdue, bien plus fragile qu’elle en a l’air : sa fille aînée, qui fait évidemment sa crise d’ado comme prévue, est très proche de la nouvelle épouse de son ex-mari, incarnée par une surprenante Zoë Kravitz absolument parfaite en jeune femme très portée sur le bien-être personnel, le yoga et tout ce qui va avec. Et si tout va bien a priori avec son gentil nouveau mari (le très touchant Adam Scott), Madeline reste marquée par son précédent divorce.

Photo Adam Scott, Reese Witherspoon

Celeste (incarnée par une Nicole Kidman bouleversante) est une mère au foyer qui commence à rêver d’indépendance, notamment en voulant reprendre le travail. Mais son mari (le glacial Alexander Skarsgård) ne l’entend pas de cette façon. La relation avec son mari est certainement un des points les plus marquants et les mieux traités dans cette série : si Celeste est parfois complice des relations brutales avec son mari (ce qui rend ce personnage bien plus complexe et ambigu), elle est surtout victime de violences conjugales. Enfin, le troisième personnage, qui engendre donc une troisième intrigue comme vous l’aurez compris, est Jane (Shailene Woodley m’a bluffée dans ce rôle enfin mature qui lui va comme un gant), la jeune maman de l’adorable petit Ziggy, débarquant alors tous les deux à Monterey, la mère souhaitant un nouveau départ pour une raison au début inconnue. La série débute par ailleurs sur cet enfant, perturbé de ne pas connaître l’identité de son père (nous comprendrons au fil des épisodes pourquoi), est accusé d’avoir frappé la fille de l’hystérique Renata (l’excellente Laura Dern). Bref, Celeste, Jane et Madeline deviennent alors copines et les trois intrigues vont alors devenir complémentaires et auront évidemment du sens par rapport aux réponses que le spectateur attend depuis les premières minutes de la série. La série déborde alors de qualités, la première comme vous l’aurez deviné, est son scénario, qui aurait pu se transformer en foutoir géant, mais qui sait merveilleusement bien nous tenir en haleine. Alors oui, on pourra toujours dire qu’on avait compris quelques trucs dans l’intrigue (pour ma part, j’avais deviné l’intrigue par rapport au harcèlement scolaire mais pas nécessairement tout le reste) mais je crois que cela prouve plus la cohérence justement de la narration qui sait où elle va. De plus ce scénario a su complètement prendre en compte la complexité des personnages, surtout des féminins. Pour ma part, bien que j’adore voir les femmes mises en avant dans les oeuvres cinématographiques et télévisuelles (parce qu’on en a besoin), je redoute toujours de voir des clichés véhiculés, surtout dans le cadre de portraits-croisés de femmes n’ayant pas la vie rose. Or, ce qui m’a étonnée est de voir à quel point la série n’était pas cliché. Cela fait du bien de voir des femmes, certes ici aisées, ordinaires, qui ne sont pas des wonderwomen, ont leurs failles, leurs blessures, font des erreurs, bref elles ne sont parfaites contrairement à ce qu’elles veulent (et doivent) montrer en public, elles mais restent tout de même des femmes fortes.

Photo Nicole Kidman, Reese Witherspoon, Shailene Woodley

Surtout, Big Little Lies montre à quel point les femmes, même si elles peuvent s’opposer entre elles (chacune pense bien agir, surtout pour défendre leurs progénitures), peuvent être solidaires face au danger. Si le postulat de départ avait donc, comme je le disais, quelque chose de tragique, la série ne l’est pas. Elle frôle volontairement mais elle ne l’est pas : au bout du tunnel, l’espoir est là parce que chaque femme peut s’en sortir. Même transportée dans un tourbillon d’événements qui peut la conduire vers une situation irréparable, la femme en tant que figure peut y voir la lumière. Les enfants, justement, jouent un rôle important dans la construction de ces identités féminines. Chaque femme va se battre pour protéger son enfant, quitte à se mettre la communauté à dos, à fuir quelque chose, ou au contraire à affronter aussi des situations douloureuses. Ils ne sont pas simplement des objets faisant avancer le récit. Les différentes intrigues se rejoignant permettent aussi de livrer un discours pertinent sur le rôle de l’éducation et de l’environnement, ce sont ces derniers qui permettent à l’enfant de se construire : les liens du sang n’ont rien à voir avec les actes que les enfants peuvent commettre. Enfin, le point commun entre les personnages principaux concernent la sexualité, illustrant la plupart du temps des rapports de domination : que ce soit une infidélité, un viol, des relations sexuelles brutales, aussi bien douloureuses que purement jouissives, elle fait partie de la vie quotidienne d’une femme et surtout elle peut la transformer et avoir des conséquences irréversibles. Accompagnés par une mise en scène solide et une lumière froide, les décors parviennent à retranscrire le milieu social des personnages, mais aussi leur nature profonde littéralement, le mot « nature » pouvant être combiné à l’environnement géographique. Les personnages, nageant en eaux troubles, vivent à côté de l’océan, ce dernier pouvant être vu comme la représentation de la transparence (face à ce monde d’apparences), mot à prendre dans tous les sens du terme. Jamais caricatural, Big Little Lies est une fabuleuse série féministe. Visiblement, alors que Jean-Marc Vallée ne veut pas de saison 2, Reese Witherspoon et Nicole Kidman travailleraient déjà sur de nouvelles intrigues en collaboration avec Liane Moriarty : selon elles, ce projet devrait aboutir uniquement s’il en vaut la peine. Etant donné que j‘ai beaucoup aimé la conclusion de cette mini-série qui me semble parfaite, je suis un peu sceptique sur un éventuel retour mais je répondrai à l’appel si Madeline, Jane et Celeste reviennent sur le petit écran.

Photo Zoë Kravitz

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White Bird

réalisé par Gregg Araki

avec Shailene Woodley, Eva Green, Christopher Meloni, Shiloh Fernandez, Gabourey Sidibe, Thomas Jane, Dale Dickey, Angela Bassett, Mark Indelicato, Sheryl Lee, Brenda Koo, Jacob Artist, Ava Acres, Michael Patrick McGill…

titre original : White Bird in a Blizzard

Drame américain. 1h30. 2014.

sortie française : 15 octobre 2014

sortie dvd : 17 mars 2015

Vu dans le cadre de Dvdtrafic : Un grand merci à Cinétrafic et à Bac Films.

Page Facebook de Bac Films + Boutique.

Liste des films sur l’adolescence dont ceux sortis en 2014.

White Bird

Kat Connors a 17 ans lorsque sa mère disparaît sans laisser de trace. Alors qu’elle découvre au même moment sa sexualité,  Kat semble  à peine troublée par cette absence et ne paraît pas en vouloir à son père, un homme effacé. Mais peu à peu, ses nuits peuplées de rêves vont l’affecter profondément et l’amener à s’interroger sur elle-même et sur les raisons véritables de la disparition de sa mère…

White Bird : Photo Shailene Woodley, Shiloh Fernandez

Je connais mal la filmographie de Gregg Araki. J’avais vu il y a maintenant quelques années un de ses films les plus connus, Mysterious Skin. Même si je me sens incapable de le revoir (je crois que vous pouvez comprendre pourquoi), ce film est une claque. Hélas, étrangement, il ne m’a pas donné envie de découvrir les autres films de Gregg Araki. Je dois avouer que son univers me faisait même un peu peur, peur de voir trop de jeunes drogués couchant avec tout et n’importe quoi (oui, je déshumanise les gens, je sais). Bref, White Bird ne faisait pas partie de mon programme. Sauf que je participe à l’opération Dvdtrafic du site Cinétrafic et que j’ai mis ce film un peu par hasard dans la liste des films que je voudrais voir parmi ceux qui étaient proposés. Et évidemment, on m’envoie le dvd, je dois donc le regarder. Je vous raconte alors cette petite histoire, si passionnante et émouvante, pour vous dire que White Bird est finalement pour moi une bonne surprise, qui me donne envie de découvrir pour de bon la filmographie de Gregg Araki (oui, tout ça pour ça). White Bird est donc une adaptation d’un roman de Laura Kasischke. Le nom de cette romancière ne vous est peut-être pas totalement inconnu : elle est également l’auteur de La Vie devant ses yeux, adapté en 2007 par Vadim Perelman avec Uma Thurman et Rachel Evan Wood. Ce film n’était pas terrible, principalement à cause d’une mise en scène médiocre, mais l’histoire était tout de même intéressante. Mine de rien, quand j’ai appris cette information avant d’introduire le dvd dans le lecteur, j’étais tout de même curieuse de découvrir l’histoire.

White Bird : Photo

White Bird est découpé en deux parties. La première se situe à la fin des années 1980. Eve Connors vient de disparaître. Son mari et sa fille Kat signalent sa disparition, certes inquiétante mais probablement prévisible (on comprend par des flashbacks que madame, devenue cinglée, ne supporte plus son existence). Malgré ce drame, Kat continue sa vie le plus normalement possible, notamment en explorant sa sexualité et sa féminité. La jeune fille tente de se détacher de cet événement, comme si elle le vivait bien. En réalité, Kat est une ado qui manque de repères. De plus, avant sa disparition, Eve et Kat étaient devenues rivales : la mère, commençant à vieillir, commence à voir développer le corps et le pouvoir sexuel de sa fille. Malgré des petites touches soulignant la souffrance psychologique de la jeune fille, la première partie ressemble à un classique teen-movie. Ce n’est pas désagréable mais rien de totalement transcendant, même si on reste curieux : après tout, on espère en savoir plus sur la disparition d’Eve et en général sur sa personnalité. Intervient alors la seconde partie (début années 1990), qui se déroule quelques années après : Kat n’est plus une lycéenne mais elle est étudiante dans une autre ville et revient chez elle le temps de quelques jours de vacances. Gregg Araki va alors donner un sacré tour de force à ce qui aurait pu être un banal teen-movie : White Bird prend alors des allures de thriller même si nous ne pouvons pas non plus affirmer qu’il appartienne à ce genre cinématographique. Je dois avouer que je suis restée scotchée et sur le cul jusqu’à la dernière seconde. Certes, le film donne clairement des indices, peut-être que certains spectateurs ont compris le dénouement et quelque part, tant mieux pour eux. Personnellement, captivée par le film, je n’avais rien vu venir et j’ai adoré être surprise par les dernières secondes du film. Le mélange des genres (teen-movie / drame / thriller) fonctionne alors bien car on n’a pas cette sensation de déséquilibre, au contraire, on voit où Gregg Araki veut en venir et mener son film.

White Bird : Photo

Avoir un scénario surprenant, riche en rebondissements, est évidemment un atout mais connaître la raison de la disparition d’Eve n’est pas le but principal de ce long-métrage, il ne s’agit que d’un prétexte pour montrer à la fois l’échec du rêve américain et la difficulté de devenir une femme. Evidemment, rien de bien nouveau dans le sujet sur le papier, sauf que la mise en scène et le scénario sont redoutablement efficaces, le film devenant plus complexe qu’il en a l’air. Le charme de ce film vient probablement de sa dimension onirique, qui lie subtilement les différents genres que j’ai pu énumérer entre eux. Ainsi, les rêves de Kat vont évidemment lui permettre de trouver la vérité. Mais il ne s’agit pas uniquement d’un moyen pour résoudre une énigme. Les rêves ont une utilité pour connaître la vérité étant donné que la réalité est faussée (tout le monde a ses secrets, Kat refuse de voir une vérité si évidente quand on y réfléchit bien), notamment par toutes ces couleurs criardes, parfois pénibles mais qui traduisent bien la superficialité des habitants de cette banlieue. La dualité, qui rend définitivement ce film enrichissant, fonctionne alors sur plusieurs plans : entre le rêve et la réalité, entre la mère et la fille, entre ce que les personnages veulent faire croire et ce qu’ils sont réellement, entre les époques, entre l’adolescence et l’âge adulte. Quelque part, il y a quelque chose de schizophrène dans cette oeuvre (on pense beaucoup à l’univers de David Lynch), sans que ce soit bizarre juste pour faire bizarre, au contraire cette sensation permet de tirer réellement quelque chose sur les personnages, pas aussi lisses qu’ils en ont l’air, et sur la critique sociale. White Bird a vraiment beaucoup de qualités et comme vous pouvez le deviner, je vous encourage vraiment à le découvrir si vous n’en avez pas eu la possibilité. Au-delà d’un travail d’écriture remarquable, d’une mise en scène réussie, de qualités techniques et d’une bande-originale sympa, permettant de situer l’action dans une époque précise (renforçant à la fois les dimensions sociale et onirique), j’ai également beaucoup aimé le casting, interprétant des personnages réellement complexes et intéressants.

White Bird : Photo Eva Green

Kat n’est pas nécessairement un personnage sympathique et attachant, dans le sens où il s’agit d’une ado méprisante qui semble vouloir grandir trop vite. On aurait pu s’attendre à un personnage actif, en réalité, seuls ses rêves lui permettent d’essayer d’agir. Et même quand elle veut agir, elle refuse de voir la vérité. Cela aurait pu être énervant puisque c’est toujours désagréable de voir des personnages principaux passifs et antipathiques, sauf qu’encore une fois, les caractéristiques distribués à ce personnage servent réellement le propos du film. Quelque part, il ne s’agit pas simplement de la disparition concrète d’Eve, mais encore une fois (je reviens encore à la dualité omniprésente), il s’agit quelque part des disparitions métaphoriques de certaines parties de Kat : perte de sa virginité, disparition de son adolescence pour devenir une femme et déni d’un amour évident de cette jeune fille envers sa mère (principalement à cause de l’adolescence), qui va devoir se construire avec ce manque maternel. De plus, cette disparition de Kat est également concrétisée par son départ dans une autre ville. Son interprète, la toujours formidable Shailene Woodley, parvient à rendre ce personnage attachant, pourtant la tâche n’était pas évidente. D’habitude, je ne suis pas très fan d’Eva Green. Ce n’est pas qu’elle joue mal, mais j’ai l’impression qu’elle joue toujours la même chose depuis un certain temps (les femmes ténébreuuuses avec une voix grave et sexyyyy). Certes, au début, avec son look classe et sexy, je n’étais pas très rassurée. Puis, petit à petit, même si elle n’apparaît pas tant que ça à l’écran, j’ai enfin vu la Eva Green que j’espérais tant voir depuis des lustres : naturelle et fragile. De plus, j’avais un peu peur puisque techniquement, Green (née en 1980) ne pourrait pas interpréter la mère de Woodley (née en 1991). Or, ce problème est vite résolu car Green a quelque chose de mature, et ce n’est pas juste une question d’apparence physique. Les seconds rôles sont également excellents et surprenants, notamment Christopher Meloni et Shiloh Fernandez.

White Bird : Photo Shailene Woodley, Shiloh Fernandez

Nos étoiles contraires

réalisé par Josh Boone

avec Shailene Woodley, Ansel Elgort, Nat Wolff, Laura Dern, Sam Trammell, Willem Dafoe, Lotte Verbeek…

titre original : The Fault in our Stars

Romance, drame américain. 2h05. 2014.

sortie française : 20 août 2014

Nos étoiles contraires

Hazel Grace et Gus sont deux adolescents hors-normes, partageant un humour ravageur et le mépris des conventions. Leur relation est elle-même inhabituelle, étant donné qu’ils se sont rencontrés et sont tombés amoureux lors d’un groupe de soutien pour les malades du cancer.

Nos étoiles contraires : Photo Ansel Elgort, Shailene Woodley

Le réalisateur méconnu Josh Boone adapte le best-seller de John Green Nos étoiles contraires (ou en V.O. The fault in our stars, titre qui est tiré d’une réplique de Julius Caesar de William Shakespeare). Beaucoup ont dit qu’il fallait sortir les mouchoirs. Effectivement, dans ma salle de ciné, j’ai entendu sangloter ou se moucher et en sortant j’ai vu beaucoup de gens sécher leurs larmes. Je suis plutôt une fille émotive. Quitte à passer pour une dépressive, j’ai pleuré tant de fois à cause d’un film, que ce soit au cinéma pendant la séance, en sortant du cinéma en pleine rue ou devant ma télé. Je m’attendais logiquement à verser quelques larmes. A ma grande surprise, je n’ai pas pleuré. Le film m’a évidemment touchée : je ne peux pas être insensible en regardant l’histoire de deux jeunes personnes, pratiquement des ados, face à la mort. Cependant, je pense pouvoir expliquer pourquoi je n’ai pas réussi à verser la moindre larme. En effet, dès les cinq-dix premières minutes, le réalisateur nous annonce que l’histoire va être tragique, quelqu’un de jeune va forcément mourir injustement à cause d’une maladie de merde. Plus on avance, plus le film est larmoyant. J’ai eu l’impression que Boone me mettait un couteau sous la gorge en me disant « Chiale sinon je t’exécute ». Bon j’exagère un peu mais on n’en est pas si loin.

Nos étoiles contraires : Photo Nat Wolff, Shailene Woodley

J’ai l’impression que l’émotion était trop forcée, presque un peu fausse. Par exemple, les personnages prononcent des phrases tellement lourdes et surécrites qu’elles semblent sortir tout d’un droit d’un roman (en gros, ce sont des phrases qu’on ne dirait jamais dans la vraie vie), l’histoire en elle-même est prévisible (mort de l’un des protagonistes, l’écrivain est alcoolique car sa fille est morte elle-même d’une maladie etc…). On a également du mal à trouver une quelconque patte du réalisateur. Au final, le long-métrage semble formaté, comme si son principal souhait était de séduire les adolescentes ou les femmes qui veulent retrouver leur âme de midinettes. Cependant, malgré tout, Nos étoiles contraires reste tout de même, à sa manière, sympathique et divertissant, malgré quelques longueurs. Le film a beau être très larmoyant, il n’est pas non plus dégueulasse à regarder (contrairement à de nombreux films pour ados) ni plombant, notamment grâce à la présence de quelques scènes drôles et légères et d’une jolie bande-originale. Les personnages sont également très attachants. Le film doit également beaucoup à ses acteurs. Décidément, j’aime toujours autant la fraîche et spontanée Shailene Woodley. Le très souriant Ansel Elgort est également une très bonne surprise. En tout cas, le couple entre Woodley et Elgort fonctionne parfaitement car on les voit très complices. Laura Dern et Sam Trammell sont également très émouvants dans les rôles des parents de la jeune héroïne. Nat Wolff s’en sort également très bien dans le rôle du pote de Gus, un jeune ayant lui-même de sévères soucis, puisqu’à cause d’une maladie, il devient aveugle. Enfin, même si on le voit peu, j’ai également aimé l’interprétation de Willem Dafoe en auteur alcoolique et détestable. 

Nos étoiles contraires : Photo Laura Dern, Shailene Woodley

The Spectacular Now

réalisé par James Ponsoldt

avec Miles Teller, Shailene Woodley, Brie Larson, Kyle Chandler, Bob Odenkirk, Mary Elizabeth Winstead, Kaitlyn Dever, Andre Royo, Jennifer Jason Leigh…

Comédie dramatique américaine. 1h35. 2013.

sortie française : 8 janvier 2014

The Spectacular Now

Sutter est un adolescent brillant, drôle, charmant… et très porté sur la boisson. Son quotidien est chamboulé par sa rencontre avec la timide Aimee, une jeune femme totalement différente de lui.

The Spectacular Now : Photo Miles Teller, Shailene Woodley

L’alcoolisme est un sujet que James Ponsoldt connait plutôt bien : en effet, son précédent film Smashed mettait en scène une épatante Mary Elizabeth Winstead qui incarnait une jeune institutrice tentant de sortir de cette spirale infernale (le combat étant encore plus difficile à cause de son mari, également alcoolique, interprété par un remarquable Aaron Paul). Le réalisateur, qui adapte le très bon roman de Tim Tharp, s’attaque toujours à l’alcoolisme mais cette fois-ci chez les plus jeunes. Scott Neustadter et Michael H. Weber (scénaristes de Nos Etoiles Contraires ou de (500) Jours Ensemble) ont coupé beaucoup de passages du roman. Au début, cela peut être perturbant car ces chapitres en question permettaient de mieux cerner Sutter, le personnage principal masculin. Cependant, même si j’avais compris la démarche de l’auteur Tim Tharp, il faut avouer que le début était un peu trop long et que la fameuse Aimee arrive relativement tard. Au final, les deux scénaristes ont fait un travail d’adaptation remarquable. Ils ont su garder l’essentiel de l’histoire, ce qui permet à ce film plutôt court d’être rythmé et de mieux saisir les enjeux proposés. Ainsi, on voit rapidement le mode de vie de Sutter et au lieu de l’attendre une plombe, Aimee intervient rapidement dans l’histoire.

The Spectacular Now : Photo Miles Teller, Shailene Woodley

Ponsoldt et ses scénaristes ont pour moi bien traité l’alcoolisme et l’adolescence à la fois, en évitant plutôt les clichés et en faisant plutôt appel à la subtilité. La romance entre Sutter et Aimee est également très touchante. Le seul truc qui est plutôt dommage est la fin, différente du bouquin : je n’ai rien contre le fait de faire des modifications, mais cette scène finale, qui dure pourtant peu, peut être dérangeante car je trouve qu’elle détruit tout ce qui s’était mis en place : tout d’abord, l’alcoolisme détruit l’alcoolique et ceux qui l’entourent. Puis, devenir adulte est quelque chose difficile. Même si l’histoire d’amour entre ces deux adolescents est attachante, on peut tout de même la remettre en question selon un point de vue que j’adopte, qui me semble intéressant. Un lien idyllique se crée forcément entre les deux mais sont-ils vraiment amoureux ? En lisant le bouquin puis en regardant le film, je me suis posée la question. En effet, Sutter aime sûrement bien Aimee mais il la détruit en la rendant à son tour alcoolique. Quant à Aimee, on a l’impression qu’elle aime Sutter parce que ce dernier est le seul à s’intéresser à elle. En tout cas, le duo formé par le charismatique Miles Teller et l’adorable Shailene Woodley fonctionne vraiment bien. Même s’il n’est pas parfait et qu’il n’a rien de spectaculaire, quelque chose fonctionne dans ce film indépendant intelligent et charmant à la fois.

The Spectacular Now : Photo Shailene Woodley