A l’intérieur

réalisé par Julien Maury et Alexandre Bustillo

avec Alysson Paradis, Béatrice Dalle, Nathalie Roussel, François-Régis Marchasson, Jean-Baptiste Tabourin, Dominique Frot, Claude Lulé, Hyam Zaytoun, Tahar Rahim, Emmanuel Guez, Ludovic Berthillot, Emmanuel Lanzi, Nicolas Duvauchelle, Aymen Saïdi…

Thriller, épouvante-horreur français. 1h23. 2007.

sortie française : 13 juin 2007

interdit aux moins de 16 ans

A l'intérieur

Depuis la mort tragique de son mari dans un accident de voiture, Sarah est seule et malgré une mère omniprésente, c’est seule qu’elle passera son réveillon de Noël. Seule et enceinte. Cette nuit est la dernière que la jeune femme passera chez elle. Le lendemain matin, celle-ci doit entrer à l’hôpital pour accoucher. Dans sa maison, tout est calme. Jusqu’au moment où quelqu’un vient frapper à sa porte. Derrière, une femme prête à tout pour arracher l’enfant qu’elle porte en elle…

A l'intérieur : Photo Alexandre Bustillo, Béatrice Dalle, Julien Maury

A l’intérieur, sélectionné dans la Semaine de la Critique durant le 60e Festival de Cannes, est le premier long-métrage des réalisateurs Julien Maury et Alexandre Bustillo. Le film n’a pas rencontré un énorme succès en salle mais pourtant, même si ça commence à remonter, je me souviens de sa promotion lorsqu’il est sorti. Je savais que ça allait saigner (les making-of sur les techniques de maquillage m’avaient d’ailleurs captivée) mais je gardais espoir qu’il y ait autre chose que des litres d’hémoglobine, surtout que le film était si bien défendu par ses deux réalisateurs ainsi que par les deux actrices principales. Je ne m’attendais pas forcément à un chef-d’oeuvre mais au moins à un film correct, surtout que Bustillo est tout de même un ancien journaliste à Mad Movies. Sur le papier, le long-métrage est un huis-clos (à l’intérieur de la maison) qui met en scène une jeune femme enceinte sur le point d’accoucher durant la période de Noël. Sauf qu’une tarée veut l’éventrer pour récupérer l’enfant qu’elle porte (à l’intérieur de son corps). Bref, on aurait pu avoir une réflexion intéressante autour de la maternité avec notamment une symbolique intéressante à partir de cette fête par exemple. Je ne sais pas du tout si les réalisateurs avaient en tête un propos mais en tout cas la pseudo réflexion doit apparaître grand max cinq petites minutes ! Hélas, le but est surtout de voir de personnages baigner dans le sang. Il faut tout de même le dire : le scénario est pratiquement inexistant. Le film met bien une bonne demi-heure à démarrer. Parfois, ça peut être utile pour mettre en place l’histoire mais ce début montre juste des lacunes scénaristiques : en gros, il faut bien combler le temps pour éviter de réaliser un court-métrage.

A l'intérieur : Photo Alexandre Bustillo, Alysson Paradis, Julien Maury

Une fois qu’on pense l’histoire lancée pour de bon, finalement on s’aperçoit que ce n’est que du vent. En effet, une fois que le personnage interprété par Béatrice Dalle a commencé à s’attaquer au bidou d’Alysson Paradis, il ne se passe pas grand chose. Il s’agit surtout d’un grand jeu de cache-cache finalement assez prévisible et qui ennuie rapidement. Pour combler le vide du scénario, les réalisateurs enchaînent les scènes ultra violentes et surtout ultra débiles du genre le meurtre commis par Paradis dans la maison sur un membre de sa famille ou encore la scène avec les flics, pourtant déjà amochés et massacrés, qui se réveillent comme des zombies face à une Béatrice Dalle qui ressemble à un monstre. Vous allez me dire que ça aurait pu être intéressant d’exploiter ce motif du monstre, peut-être que pour les réalisateurs il y avait une sorte de métaphore ou quelque chose dans ce genre-là (j’essaie de comprendre des choses improbables, je ne suis pas si affreuse que ça !) mais la manière de mettre en scène les personnages rend la scène juste grotesque. Par ailleurs, il y a aussi d’autres scènes que j’ai trouvées totalement stupides : celles qui « présentent » le bébé dans le corps d’Alysson Paradis. Je dois avouer que j’ai failli hurler de rire quand j’ai vu le foetus chialer ou crier quand Béatrice Dalle donnait des coups dans le ventre de Paradis. Pour ne rien arranger, les images qui représentent ce foetus sont vraiment laides. S’il n’y avait que ça qui était laid dans ce film… Je ne parle pas que des litres de sang. Je pense tout de suite à cette sorte de fumée qui envahit la plupart des pièces de cette baraque. Alors, là encore, peut-être que les réalisateurs avaient quelque chose en tête dans le style foireux « la maison est comme une sorte de rêve/cauchemar » et hop on fait le lien avec Noël. Comme on dit, pourquoi pas. Là encore, j’essaie de comprendre l’incompréhensible mais cela ne justifie pas le ridicule même des scènes.

A l'intérieur : Photo Alexandre Bustillo, Alysson Paradis, Béatrice Dalle, Julien Maury

Pour ne rien arranger, j’ai aussi rencontré un énorme souci avec les dialogues. C’est simple : soit je ne comprenais rien parce que les acteurs ont décidément du mal à causer correctement soit les quelques répliques que j’arrivais à comprendre sont vraiment nazes et presque dignes d’un nanar. Petit best-of : « Connasse » ou encore « Qui voudrait baiser une tarée comme toi ? ». Dans les quelques critiques que j’ai pu lire, beaucoup ont salué les interprétations de Dalle et Paradis. Pour ma part, je n’ai pas été très convaincue par leurs prestations même si je ne crierais pas non plus à la catastrophe. Béatrice Dalle ne semble avoir été engagée uniquement parce qu’elle a l’air déglinguée. Mais je ne trouve pas qu’elle joue particulièrement bien, elle est même plutôt caricaturale (alors que, dans les interviews que j’ai pu lire, elle n’est justement pas censée jouer la « méchante femme »). D’après ce que j’ai compris, Alysson Paradis n’est pas censée interpréter un personnage sympathique et elle ne crie pas volontairement tout le temps. Sur le papier, cette inversion de traits de caractère aurait pu être très intéressante mais cela n’aide vraiment pas Paradis, même si je suis persuadée qu’elle n’a pas vraiment de talent. Il n’y a pas de nuance dans son jeu, elle veut trop rendre son personnage antipathique, voire même agressif et on a qu’une envie : qu’elle crève. Une interprétation plus solide aurait peut-être fonctionné. Pour conclure, A l’intérieur passe totalement à côté de son petit potentiel et ne sait jamais exploiter ses quelques bonnes idées qui semblent être mises en places (ou non, puisque parfois il s’agit, il me semble, de mon interprétation). Hélas, tout ça ne semble qu’être un prétexte pour filmer une boucherie sans intérêt et finalement plus ridicule que dégueulasse (même s’il faut tout de même avoir le coeur accroché, mais on se fait à tout). Le seul mérite de ce film ? Etre court…

A l'intérieur : Photo Alexandre Bustillo, Alysson Paradis, Julien Maury

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Love Actually

réalisé par Richard Curtis

avec Hugh Grant, Liam Neeson, Colin Firth, Laura Linney, Emma Thompson, Alan Rickman, Bill Nighy, Keira Knightley, Martine McCutcheon, Chiwetel Ejiofor, Rowan Atkinson, Andrew Lincoln, Billy Bob Thornton, Heike Makatsch, Rodrigo Santoro, Martin Freeman, Joanna Page, Kris Marshall, Lucia Moniz, Thomas Brodie-Sangster…

Comédie romantique britannique. 2h10. 2003.

sortie française : 3 décembre 2003

Love Actually

L’amour est partout, imprévisible, inexplicable, insurmontable. Il frappe quand il veut et souvent, ça fait pas mal de dégâts…
Pour le nouveau Premier Ministre britannique, il va prendre la jolie forme d’une jeune collaboratrice.
Pour l’écrivain au coeur brisé parti se réfugier dans le sud de la France, il surgira d’un lac.
Il s’éloigne de cette femme qui, installée dans une vie de couple ronronnante, suspecte soudain son mari de songer à une autre.
Il se cache derrière les faux-semblants de ce meilleur ami qui aurait bien voulu être autre chose que le témoin du mariage de celle qu’il aime.
Pour ce veuf et son beau-fils, pour cette jeune femme qui adore son collègue, l’amour est l’enjeu, le but, mais également la source d’innombrables complications.
En cette veille de Noël à Londres, ces vies et ces amours vont se croiser, se frôler et se confronter…

Love Actually : Photo Hugh Grant, Martine McCutcheon

Je sais que Noël est déjà passé mais nous sommes encore en période de fêtes, parler de Love Actually, comédie romantique qui se déroule la veille de Noël, me semble encore d’actualité (non il n’y a pas là de jeu de mots pourri avec le titre du film). En toute honnêteté, j’aime regarder ce film à n’importe quelle période de l’année, mais c’est vraiment l’idéal de le revoir à quelques jours de Noël. A l’origine, j’aime énormément le travail de Richard Curtis, co-créateur de la série culte Mr. Bean, scénariste des excellents Quatre mariages et un enterrement et Notting Hill et réalisateur du très bon Good Morning England. J’ai une affection particulière pour Love Actually, je crois même que je l’aime de plus en plus. Le film n’est certainement pas parfait mais pourtant il possède un véritable charme et présente un lot de personnage attachants, on pourra s’identifier à certains d’entre eux. Le film-choral n’est pourtant pas forcément un genre auquel j’adhère mais je trouve l’écriture très bonne, évitant les cafouillages et parvenant à faire passer les 2h10 à la vitesse grand V. Certes, certains personnages sont davantage mis en avant par rapport à d’autres. Cependant, cela ne me gêne pas de voir certaines parties plus ou moins survolées car je ne pense pas qu’elles méritaient d’être plus développées (comme celle de Jack et Judy ou encore celle de Colin). De plus, même si certains personnages restent un peu en retrait par rapport à d’autres, ils arrivent tout de même à trouver leur place et à marquer les esprits. De plus, les histoires sont selon moi plutôt bien reliées entre elles, notamment par un épilogue final se situant dans un aéroport. Love Actually est aujourd’hui une référence dans la comédie romantique. Il est vrai qu’il s’agit d’une des meilleures dans ce genre mais on ne peut pas limiter ce film à des romances guimauves. Pour moi, Curtis a réussi à filmer l’amour sous toutes ses formes, grâce à neuf histoires très plaisantes, mêlant habilement humour et émotion et interprétées par un casting cinq étoiles.

Love Actually : Photo Colin Firth

Il y a tout d’abord l’histoire de David, le Premier Ministre, qui tombe amoureux de sa secrétaire qui a des formes (non, elle n’est pas grosse contrairement à ce que disent d’elle les autres personnages). L’histoire est basique, voire même un peu cliché (une rencontre entre une secrétaire et son boss – et c’est pas n’importe qui le boss en question) mais Curtis arrive à sortir de ce pétrin en nous présentant un Premier Ministre assez délirant (Hugh Grant qui danse sur Jump (from my love) des Pointer Sisters est énooorme) et une secrétaire qui débite un lot de gros mots assez impressionnant en peu de temps. Puis, il y a l’histoire de Daniel, incarné par Liam Neesonn qui vient de perdre son épouse (hélas, comme l’a vécu plus tard l’acteur dans la réalité) mais qui va aider son beau-fils à draguer une certaine Joanna, une camarade américaine qui est dans la même classe que lui. L’histoire aurait pu être très lourde en nous présentant un veuf éploré mais elle ne l’est pas car le film ne s’attarde pas sur ce deuil (et heureusement car je crois que cela aurait crée un trop gros déséquilibre par rapport au ton du film). L’histoire devient même légère car le personnage de Neeson rebondit à travers le jeune Sam qui veut tout faire pour séduire sa Joanna (ahaha le gars qui se met à jouer de la batterie – c’est cliché mais c’est toujours efficace). Cette partie réussit à présenter habilement à la fois la perte d’un amour et un amour de jeunesse. L’amour traverse également les frontières grâce à l’histoire entre un écrivain (Colin Firth) et une charmante portugaise, qui tombent amoureux sans parler la langue de l’autre. L’histoire est touchante car les deux personnages pensent et expriment parfois la même chose malgré une communication bloquée.

Love Actually : Photo Bill Nighy

Les relations amoureuses sont hélas parfois compliquées. L’amour est ainsi remis en question chez Harry (Rickman), qui va plus ou moins tromper son épouse Karen (Emma Thompson) avec une de ses employées qui a le feu au cul. Si je ne cautionne pas ce que fait Harry, qui a tout de même un comportement de connard, le personnage n’est pas non plus totalement antipathique. La scène dans laquelle Karen découvre le pot-aux-roses est très émouvante, évitant de nouveau de tomber dans du larmoyant. Au contraire, la scène est même très pudique et finalement plus réaliste. L’histoire avec Andrew Lincoln (c’était avant qu’il bute des zombies), fou amoureux de l’épouse de son meilleur ami, interprétée par Keira Knightley (il y a de quoi – elle est vraiment belle dans le film), est également très émouvante (oui, la scène avec ses pancartes a tendance à me faire fondre en larmes), préférant sacrifier une possible histoire d’amour pour ne pas trahir son meilleur ami. L’amitié est également traité au coeur de la partie mettant en scène Billy Mack, incarné par un Bill Nighy vraiment en forme. Cette rockstar qui raconte à peu près n’importe quoi dans les médias (« heyyyy les jeunes, n’achetez pas de drogue car quand on devient rockstar, elle est gratuiiiite ») et fait aussi n’importe quoi (depuis, je ne vois plus le groupe Blue de la même manière) retrouve le succès avec une chanson de Noël plutôt merdique (un dérivé de Love is all around, utilisée dans Quatre mariages et un enterrement). Pour fêter cela, il préfère passer sa soirée de Noël avec son manager Joe en se saoulant la gueule et en regardant des films porno (oui, c’est très classe tout ça) qui le supporte depuis des années au lieu d’être en compagnie d’Elton John.

Love Actually : Photo Liam Neeson, Thomas Brodie-Sangster

L’amour fraternel n’est également pas oublié : en effet, Sarah (Laura Linney, très touchante), réussit à passer une soirée avec son collègue de travail Karl dont elle est follement amoureuse (précisons que tout le monde sait qu’elle le kiffe depuis pratiquement deux ans) mais va finalement privilégier sa relation avec son frère (probablement autiste) qui l’appelle toutes les cinq minutes. Curtis exploite aussi l’amour sous un point de vue plus sexuel. Il y a tout d’abord la rencontre entre Jack et Judy (Martin Freeman et Joanna Page) deux doublures de scènes intimes. D’un côté, cette partie est drôle car on voit les deux personnages en train de parler comme s’il s’agissait d’une conversation parfaitement banale, à part qu’ils miment des positions sexuelles. De l’autre, malgré le rapprochement physique, en dehors du tournage, Jack et Judy sont assez pudiques et timides. La romance qui naît doucement entre les deux est étonnamment touchante. Enfin, la dernière histoire, un peu plus en retrait, est celle de Colin (Kris Marshall), qui en a marre des Anglaises (il les juge trop coincées) et compte séduire les Américaines (évidemment pas n’importe lesquelles, genre des bombasses sortant de FHM) avec son accent british. Même s’il ne s’agit pas à proprement parler d’amour comme on pourrait le concevoir, Colin trouve son bonheur en réalisant ses fantasmes. Le fait d’avoir relier ces histoires au thème de Noël est également judicieux, cela crée une cohérence nécessaire entre les personnages et je crois aussi que cela permet d’accentuer encore plus la magie entre les histoires d’amour. Le film est également servi par une très bonne bande-originale, qui correspond au sujet du film Pour conclure, Love Actually n’est certainement pas un chef-d’oeuvre et pourtant c’est un film qui fait un bien fou, il est pratiquement devenu un film de chevet en ce qui me concerne.

Love Actually : Photo Andrew Lincoln