T’aime

réalisé par Patrick Sébastien

avec Patrick Sébastien, Jean-François Balmer, Michel Duchaussoy, Myriam Boyer, Samuel Dupuy, Marie Denarnaud, Annie Girardot, Jean-François Dérec…

Drame français. 1h30. 1999.

T'aime

Zef, vingt ans, est un simple d’esprit qui ne sait dire qu’un mot: « T’aime ». Toujours heureux, aimant tout le monde, il vit avec sa soeur Sophie dans une ferme du Lot. Attiré par le sourire triste de Marie, il la viole un soir sans se rendre compte de la gravité de son acte. Interné dans un asile psychiatrique, Zef tombe dans un profond mutisme. Hugues, médecin aux méthodes avant-gardistes, est chargé de soigner Marie. Il décide de la mettre en face de Zef, persuade que sa guérison passe par un long réapprentissage de la vie et de l’amour.

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Patrick Sébastien, l’animateur beauf du Plus grand cabaret du monde et des Années Bonheur, avait réalisé et scénarisé son unique film à ce jour, pour notre plus grand bonheur, T’aime (en gros le titre veut dire « je t’aime », mais le personnage principal n’arrive pas à dire le pronom personnel, d’où cette bizarrerie). Ce film est une rareté. Il a été diffusé une fois sur France 2 il y a maintenant quelques années dans la nuit. Il existe en VHS mais il n’est jamais sorti en dvd. Cependant, si vous tenez à voir un chef-d’oeuvre de la nullité absolue, je vous conseille d’aller le regarder sur YouWatch, vous ne serez pas déçus ! Je vais vous résumer le film, comme ça, vous verrez de quoi Patrick Sébastien est capable : Zef est un handicapé mental qui voit sa soeur qui a des tendances SM (en gros, son mec lui donne de petites tapes mais le bruitage donne l’impression qu’elle est battue à mort – Fifty Shades of Grey a de la concurrence, youhou !) et qui aime bien ça puisqu’elle dit à son mec en plein orgasme « Je t’aime ». Notre Zef va alors assimiler violence et amour ensemble à cause de son idiote de soeur. Bref, dans la nuit, il croise la jolie Marie. Et il l’aime (ou « t’aiiiiiime »). Et il la viole. Enfin c’est ce qu’on nous dit. Quand on voit la scène, on a juste l’impression qu’il la brutalise. Après cet événement, Zef et Marie atterrissent chacun dans un hôpital psychiatrique. Marie rencontre alors Hugues Michel (incarné par notre cher Patrick Sébastien), un psychiatre rebelle comme un Tokio Hotel qui ressemble vaguement à une rockstar ringarde et à un gourou, très proche de sa patiente et surtout aux méthodes révolutionnaires. Il veut que le violeur et la victime se rencontrent. Surtout, il apprend que Zef n’a pas voulu la violer (bahh non voyons, cherchons des excuses à un acte ignoble), qu’il a agi à cause de sa conne de soeur (les gars : le sado-masochisme, c’est le mal) et que peuchère, il a des besoins sexuels. « L’avenir de l’humanité, c’est pas le valium, c’est l’amour » dira ce cher Hugues Michel, également poète et philosophe, qui parle d’ailleurs tout seul sur sa moto parce qu’il réfléchit sur l’état de notre monde.

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Grâce à ce psychiatre hors du commun, Zef et Marie s’aimeront à coups de tartines. Mieux, Marie dira qu’elle fera l’amour avec Zef juste pour faire des enfants (bah oui, elle a été violée, faut pas déconner non plus, ils vont pas baiser juste pour le plaisir). Mais un méchant ne veut pas que l’amour triomphe : le père de Marie, ce sale bobo capitaliste. Voyons, non, c’est pas normal, il ne veut pas que sa fille se mette en couple avec son violeur, c’est lamentable ça ! En plus, il n’est pas poli. Petit échange musclé entre le père et le psychiatre : – Toi, je te crève. / – Je vous crève. / – Tu me menaces ? / – Je ne vous menace pas, je rectifie. On se vouvoie, non ? Je vous crève, on dit. Il dira également plus tard, toujours à son pire ennemi, le psychiatre : « Vous vous prenez pour le Christ mais vous êtes trop gras !« . Bref, voilà un bon résumé du film, je crois que vous avez compris que Sébastien a signé un grand moment de rigolade involontaire. Je ne dis pas l’animateur (je précise que même si je n’aime pas ses émissions, je n’ai rien contre lui – même s’il aime bien se faire passer pour le vilain petit canard) n’est pas sincère dans sa démarche mais il nous a fait un mix improbable, ridicule, douteux et vraiment niais (le mot est faible) sur le viol, le milieu psychiatrique et l’amour (tout ça ensemble dans la même phrase, déjà on voit que quelque chose cloche). Tout est absolument délirant de bêtises, de bons sentiments, de métaphores et de répliques involontairement drôles (« L’amour absolu est un épouvantail qui attire les oiseaux ») ou encore de plans foireux sur des bouches qui hurlent très mal. Patrick Sébastien a tout fait : il a réalisé, scénarisé, dialogué (tel un Woody Allen ou un Nanni Moretti). Mais regardons les choses en face : il n’a aucun talent en ce qui concerne le cinéma. Les acteurs jouent vraiment très mal, tout particulièrement Samuel Dupuy en handicapé mental hyper caricatural (j’avais l’impression de revoir le Simple Jack de Ben Stiller dans Tonnerre sous les tropiques !), Patrick Sébastien qui prend une drôle de voix histoire de dire « hey hey, je suis acteur », Jean-François Balmer et Jean-François Dérec (qui martyrise le gentil violeur Zef) sont catastrophiques et Myriam Boyer (en mère alcoolique qui fait du chantage sexuel) mériterait deux baffes histoire de la faire taire (elle hurle trop et très mal en plus). Pour compléter, on a aussi cette pauvre Annie Girardot, peut-être la moins pire de ce carnage. Pour ne rien arranger, on a droit à la pénible chanson de Patrick Fiori qui s’intitule également T’aime (« T’aime, t’es mon seul, t’aime, t’aime, t’es ma douleur suprême, t’es mon soleil, mon or, mon diadème« , ça vole haut ça aussi).

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