Tomb Raider (2018)

réalisé par Roar Uthang

avec Alicia Vikander, Dominic West, Walton Goggins, Daniel Wu, Kristen Scott Thomas, Derek Jacobi…

Film d’aventure, action américain. 1h58. 2018.

sortie française : 14 mars 2018

Lara Croft, 21 ans, n’a ni projet, ni ambition : fille d’un explorateur excentrique porté disparu depuis sept ans, cette jeune femme rebelle et indépendante refuse de reprendre l’empire de son père. Convaincue qu’il n’est pas mort, elle met le cap sur la destination où son père a été vu pour la dernière fois : la tombe légendaire d’une île mythique au large du Japon. Mais le voyage se révèle des plus périlleux et il lui faudra affronter d’innombrables ennemis et repousser ses propres limites pour devenir « Tomb Raider »…

Tomb Raider : Photo Alicia Vikander

Je ne connais pas grand-chose à Tomb Raider en dehors de quelques archétypes physiques sur le personnage de Lara Croft même si certains auraient fini par disparaître au fil du temps, d’après ce que j’ai compris. Je n’ai jamais joué aux jeux vidéos de la franchise ni vu les deux films avec Angelina Jolie (curieuse de voir s’il s’agit effectivement de navets comme j’ai pu l’entendre depuis des années). Je partais donc sans réels préjugés, juste que je savais qu’il s’agissait probablement d’un gros divertissement sans prise de tête, adapté du reboot version jeux vidéos (2013). Effectivement, Tomb Raider, réalisé par le Norvégien Roar Uthang (Cold Prey, The Wave), se laisse regarder, on ne peut pas dire que je me suis ennuyée, même si je ne dirais pas non plus que je me suis éclatée. Alicia Vikander est également plutôt crédible dans le rôle principal. Son investissement physique crève les yeux et les acteurs et actrices qui font actuellement leurs cascades sont assez rares. Cela dit, sans parler de déception vu que je n’en attendais rien, Tomb Raider est bien pour moi un beau ratage. Le point de départ est pourtant intéressant : montrer une héroïne jamais érotisée (même si le débat autour des seins d’Angelina Jolie me dérange sur certains points). Ses efforts physiques sont sans cesse mis en avant, avant même que Lara Croft devienne une aventurière. Dans un sens, elle est déjà une aventurière à Londres : héritière d’une immense fortune, cette passionnée de boxe refuse pourtant d’être la fille de papa de service et préfère galérer financièrement en faisant des livraisons à vélo (activité qui montrera déjà ses prouesses sportives). Sur le papier, ce point de départ était intéressant pour plusieurs raisons : montrer que l’aventure ne se limite pas à une expérience exotique hors de ses terres. Mais hélas, nous sommes dans une grande production très lisse qui ne cherche évidemment pas à creuser tout ça. Le film ne démarre pas trop mal mais une fois Lara partant en Asie à la recherche du papounet (un taré qu’on a envie d’étrangler), on comprend qu’on a affaire à un véritable navet. Certes, le film tente d’être crédible en nous présentant d’emblée une Lara habituée à une forte activité sportive. Je veux bien admettre que ce n’est qu’un film, en plus adapté d’un jeu vidéo, mais justement tout est fait pour rendre l’univers et le personnage les plus crédibles possibles. Alors, voir Lara devenir une sorte de ninja extrême, bravant un peu trop aisément les obstacles, du jour au lendemain me laisse forcément perplexe.

Tomb Raider : Photo Alicia Vikander, Daniel Wu

De plus, si Lara est valorisée physiquement, en revanche elle n’est pas si intelligente que ça, en tout cas, cette qualité-là ne saute pas vraiment aux yeux. Elle résout juste vite fait une ou deux petites énigmes et c’est à peu près tout. Sinon elle a des réactions manquant cruellement de logique. Je comprends bien que d’un point de vue narratif, pour bien respecter un éternel même schéma, il vaut mieux tuer le méchant (incarné par Walton Goggins, qui se contente de faire une expression : on l’a connu plus inspiré) à la toute fin dans un beau combat. Mais on ne comprend pas par exemple pourquoi Lara cède à aider le méchant dans sa quête alors qu’elle avait la possibilité de le buter. Cette scène où elle fait également un improbable rouler-bouler sur une échelle (qui permet aux personnages de continuer à avancer malgré une énorme crevasse) pour contrer le méchant m’a tuée par sa stupidité : Lara pouvait se contenter de balancer le vilain de l’échelle et repartir de son côté pour sortir du lieu (une sorte de tombeau géant ultra piégé). Mais non, elle le fait revenir sur une partie stable (et pas celle qui lui permet de repartir : donc oui, elle doit dans tous les cas retraverser la crevasse sans mourir) et surtout… jette l’échelle. Je l’ai également trouvée assez infantilisée par tous ces personnages masculins. Le discours « féministe » pourra encore attendre. On se pose aussi d’autres questions sur la crédibilité du scénario. Par exemple, on ne comprend pas pourquoi Lu Ren, le poivrot qui amène notre héroïne avec son bateau sur l’île, devient lui-même une sorte de Kick-Ass alors que le type n’a pas l’air plus sportif que ça, ni n’est particulièrement courageux : il change de comportement radicalement, du jour au lendemain ! On se demande également pourquoi toujours ce même personnage veut absolument se battre pour sauver Lara (en entraînant avec lui les pauvres esclaves de l’île) alors qu’ils ne se connaissent pas (et surtout c’est Lara qui l’a amené dans cette énorme galère) ! Ne parlons même pas du pseudo twist final, qu’on peut deviner à des kilomètres (sans spoiler, à force de se demander ce que fout tel personnage dans ce film, on capte finalement le comment du pourquoi)… et qui annonce une suite ! Un peu risqué de se lancer déjà dans de nouvelles aventures sans savoir si ce Tomb Raider 2018 séduit réellement le public…  Mon jugement semblera très sévère alors qu’en réalité, le film joue certainement son job : celui de divertir. Cela dit, dommage de voir toujours ces mêmes productions sans originalité, ni saveur, ni âme, ne prenant pas le soin de soigner correctement son scénario ni sa mise en scène…

Tomb Raider : Photo Alicia Vikander

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The Door (2016)

réalisé par Johannes Roberts

avec Sarah Wayne Callies, Jeremy Sisto, Suchitra Pillai-Malik…

titre original : The Other Side of the Door

Film d’horreur, épouvante-horreur britannique, indien. 1h36. 2015.

sortie française : 1 juin 2016

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Une famille américaine mène une paisible existence en Inde jusqu’à ce qu’un accident tragique prenne la vie de leur jeune fils. La mère, inconsolable, apprend qu’un rituel antique peut lui permettre de lui faire un dernier adieu. Elle voyage alors jusqu’à un ancien temple, où se trouve une porte qui sépare le monde des vivants et celui des morts. Mais quand elle désobéit à l’avertissement sacré de ne jamais ouvrir cette porte, elle bouleverse alors l’équilibre entre les deux mondes.

The Door : Photo Sofia Rosinsky

Vous avez l’habitude : j’ai très envie de raconter ma vie pour me justifier. Lâchons-nous puisqu’il n’y a pas grand-chose à dire sur ce film – au moins c’est dit. Comment ça se fait que j’ai pu aller voir ce film au cinéma alors que je suis carrément à la bourre ? Premièrement, parce que je n’ai pas pu voir le film que je devais voir grâce aux places que j’ai gagnées – je me suis aperçue au dernier moment qu’elles n’étaient pas valables le week-end (je reviendrai sur ce terrible épisode très bientôt soit ici soit sur Twitter, promis juré). Les autres films que je comptais voir avaient – vraiment – des horaires de merde. Voilà que la personne qui m’accompagne (en l’occurrence, ma propre soeur) me dit « tiens, The Door, c’est visiblement un film « d’horreur », ça te tente ? ». Je voyais vaguement l’affiche, je connaissais à peine le synopsis (j’avais vaguement compris qu’il y avait une histoire de môme mort qui décide de faire chier tout le monde en tant que fantôme ou entité diabolique, quelque chose comme ça) et comme je suis bon public, je me suis dit « pourquoi pas ? ». Mais pour tout vous avouer, je ne serais jamais allée voir ce film volontairement. La promo est juste une cata. Je suis même étonnée que ce film ait réussi à trouver une sortie en salles – quand on sait qu’il y a de plus en plus de longs-métrages qui sortent directement en vod / dvd, on se pose des questions. Franchement, rien que ce titre « français » (vous savez donc qu’en France, nous avons le « don » de traduire un titre anglais par un autre anglais, because, you know, we speak English very very well of course – le tout dit avec un atroce accent) n’a rien de vendeur. Il doit y avoir trois cents films qui doivent probablement s’appeler The Door. Et surtout, ils devaient être désespérés pour mettre sur l’affiche « avec Sarah Wayne Callies (The Walking Dead). Non mais sérieusement ?? C’est le genre d’accroche qu’on met typiquement sur des direct-to-dvd ça ! Rien qu’avec ça, on sent que les gars qui bossent donc pour vendre ce film (visiblement ils ont mal fait leur boulot) n’y croient pas du tout. Et en général, c’est pas bon signe. Voilà qu’en faisant la file, je sens pas totalement le truc mais bon je reste optimiste et en plus ma place est gratuite ce jour-là (et ouais, c’est ça quand on parie en ligne sur les pronostics de Cannes sur la page Facebook de son cinéma !) alors j’e sais que je ne vais pas trop avoir les boules même s’il s’agit d’une grosse daube. Verdict : Sans dire qu’il s’agit du pire navet du siècle, c’était effectivement pas terrible !

The Door : Photo Sarah Wayne Callies

On connait tous la recette qui finit par nous épuiser : une malédiction, une mère qui chiale, des jumpscares. Encore, si le problème venait uniquement de son manque d’originalité, ça passerait s’il s’agissait d’un bon divertissement. Hélas, ce n’est pas vraiment le cas ici. Je ne dirais pourtant pas que je me suis ennuyée (c’est peut-être pour cette raison que je ne lui accorde une petite étoile), c’est-à-dire qu’à la fin de la séance je ne ressemblais pas à un rat mort. Mais en dehors de quelques scènes potables (notamment celle où on découvre comment le petit Oliver s’est tué), il ne s’agit pas d’un film très rythmé ni très effrayant. De plus, The Door se veut original en présentant son intrigue en Inde. Cela aurait pu permettre de rendre ce film plus intéressant, moins banal mais finalement, une fois qu’on a dépassé le stade du voyage dans le temple pour suivre un rituel indien et l’intervention d’un certain groupe d’indiens ayant des pratiques particulières, le réalisateur ne tire pas grand-chose de l’environnement dans lequel il situe l’action. L’exotisme finit par devenir superficiel. Il y a un moment où on se dit même que l’histoire aurait pu se dérouler dans n’importe quel autre pays. C’est dommage car à plusieurs reprises, on sent tout de même le potentiel qu’aurait pu avoir l’Inde sur l’intrigue. Pour ne rien arranger, on a donc dans le premier rôle Sarah Wayne Callies. Cette actrice est déjà en soi mauvaise. Pas plus que d’autres mais elle l’est. Et surtout, elle a une tête insupportable. Je ne veux pas m’attaquer à son physique, non. Je veux dire plus à ce qu’elle exprime à l’écran. A chaque fois que je la vois, que ce soit dans un film ou une série, c’est comme s’il y avait écrit sur son front « je suis une emmerdeuse de première ». En clair, cela signifie que dès qu’elle est dans un film, un blem’ va arriver. C’est physique, je n’y peux rien. De l’autre côté, on a Jeremy Sisto, un acteur que j’apprécie en général. Dans ce film, son interprétation n’est pas si mal que ça (par rapport à tout ce que j’ai exposé avant). Le problème est qu’on ne croit pas une seule seconde au couple (et par conséquent à la famille) qu’il forme avec la désespérante Sarah Wayne Callies. Heureusement, les seconds rôles, comme Suchitra Pillai-Malik par exemple, restent bons.

The Door : Photo Jeremy Sisto, Sarah Wayne Callies, Sofia Rosinsky

The Wig

réalisé par Won Shin-yeon

avec Chae Min-seo, Sa Hyeon-jin, Seon Yu…

Film d’épouvante-horreur, fantastique coréen. 1h46. 2005.

sortie française (dvd) : 3 novembre 2009

Movie Challenge 2016 : Un film d’horreur

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Ji-hyun et Su-hyun sont soeurs et partagent une existence harmonieuse et paisible. Lorsque Su-hyun perd ses cheveux à la suite d’une chimiothérapie, sa soeur lui offre une magnifique perruque et Su-hyun retrouve beauté et confiance en elle. Cette métamorphose s’accompagne néanmoins d’une série d’événements tragiques et violents. Terrifiée, Ji-hyun assiste à la lente transformation de sa soeur, sous l’effet d’une force diabolique et inconnue…

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The Wig date de 2006 mais est sorti directement en dvd en France en… 2009 ! Encore une fois, sans dire qu’il s’agit du film du siècle, ce sort est selon moi très vache. The Wig, qui signifie alors « La Perruque » (vous imaginez si on appelait l’actrice Kristen Wiig, « Christine Perruuque » ? ok, je sors…), a un pitch hyper alléchant : une fille atteinte d’un cancer incurable (mais qui pense qu’elle va guérir, sa soeur lui cachant la vérité) se fait offrir une perruque de la part de sa soeur pour qu’elle puisse se sentir mieux psychologiquement. Sauf que la perruque rend la jeune malade mieux physiquement, plus confiante aussi au point de devenir de plus en plus cruelle. De plus, des événements étranges et dangereux se produisent. Bref, je sais que sur le papier, ça a l’air con de parler d’une méchante perruque (peut-être que c’est un film pour Nabilla ? Ok, je re-sors…). Mais je vous assure que le synopsis me donnait vraiment envie et j’avais confiance en ce film étant donné que j’aime beaucoup le cinéma coréen. Le long-métrage part d’ailleurs plutôt bien : on entre tout de suite dans le vif du sujet et en même temps on voit l’évolution de Su-hyun (donc la jeune fille avec la perruque, elle a tout de même un p’tit nom) qui est sous emprise de cette magnifique chevelure. On sent aussi se mettre en place quelques réflexions autour des relations entre soeurs, des choses que l’on peut entreprendre pour quelqu’un de sa famille, du rôle des cheveux, symbole de féminité qui peut permettre à une femme de se sentir plus belle, mieux dans son corps et par conséquent dans sa tête et comment ce sentiment à l’origine positif peut se transformer en quelque chose de profondément négatif. Cela dit, il me semble tout de même que ces réflexions auraient pu être encore plus poussées. C’est dommage car il y avait derrière un véritable potentiel pour en faire un film, pourtant pas mal, davantage plus intéressant et profond. Si l’écriture manque peut-être un peu de piquant, la mise en scène, sans être spectaculaire, reste intéressante et tente en tout cas des choses pour donner plus d’intensité au film. Certes, rien de révolutionnaire mais il y a tout de même un travail remarquable notamment dans l’utilisation des miroirs et plus généralement autour de la réversibilité. Esthétiquement, le travail reste soigné sans que ce soit tape-à-l’oeil.

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Je ne sais pas si je suis quelqu’un de très fiable pour vous dire si ce film est effrayant ou non. Une mouche est capable de m’effrayer ! Mais j’ai tout de même trouvé l’ambiance très sombre, je flippais un peu pour un rien ! Je sais que certains (je pense notamment à des spectateurs davantage habitués au cinéma d’horreur et fantastique) ne vont pas sursauter étant habitués à ce genre de films asiatiques qui mettent en scène des filles pas hyper sympathiques qui ont de loooongs cheveux raides noirs. Il faut avouer qu’on pense d’ailleurs à certains grands films fantastiques et d’horreur asiatiques comme Ring ou The Grudge, à part que The Wig n’a pas ce statut culte malgré son potentiel et des choses plaisantes à cause d’un élément : la fameuse « perruque » du titre justement. Sur le papier, je trouvais cette histoire de perruque effrayante (je me rends compte de l’absurdité du sujet en écrivant cette critique) mais sur écran, même si encore une fois, je trouve que certaines scènes parviennent à faire peur, la perruque en elle-même n’est pas réussie, j’en ai même parfois ri malgré tout. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser au sketch de French & Saunders qui parodiaient un clip d’Alanis Morissette dans lequel on voit sa foufoune se barrer de son corps. Ca fait perdre forcément de la crédibilité à l’histoire ainsi qu’à l’atmosphère qui fonctionne pourtant. De plus, alors que j’ai trouvé l’histoire assez intéressante (dans le sens où je l’ai volontiers suivie), la fin, qui révèle alors le comment du pourquoi, m’a assez déçue. Sans la révéler, j’ai trouvé que les explications arrivaient comme un cheveu sur la soupe (oui, je n’ai pas pu m’empêcher de placer cette expression pour la vanne, mouahahaha). Il n’y a rien qui pouvait nous permettre d’arriver à une telle conclusion, du coup ça paraît un peu tiré par les cheveux (désolée pour la récidive !) et j’ai un peu de mal à voir comment les « thèmes » présents au cours de ces révélations se rattachent avec les autres thèmes que j’ai pu citer auparavant. Pour conclure, The Wig est un film qui a réussi à m’effrayer par moments et qui reste intéressant malgré quelques défauts.

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American Horror Story : Freak Show

Créée par Ryan Murphy et Brad Falchuk

avec Jessica Lange, Sarah Paulson, Evan Peters, Finn Wittrock, Kathy Bates, Michael Chiklis, Angela Bassett, Frances Conroy, Denis O’Hare, Emma Roberts, John Carroll Lynch, Grace Gummer, Wes Bentley, Danny Huston, Neil Patrick Harris, Skyler Samuels, Naomi Grossman, Patti LaBelle, Jyoti Amge, Erika Ervin, Mat Fraser, Ben Woolf, Gabourey Sidibe, Lee Tergesen, Matt Bomer, Lily Rabe,  Celia Weston, Mare Winningham, Jamie Brewer…

Anthologie horrifique américaine. 4e saison. 2014-2015.

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En 1952, dans la ville de Jupiter, en Floride, s’est installée une foire aux monstres, dirigée par Elsa Mars. Parallèlement, un serial killer clown menace la ville.

Photo Evan Peters, Kathy Bates

American Horror Story s’est intéressé à différents univers : la maison hantée (saison 1), l’hôpital psychiatrique (saison 2), les sorcières (saison 3) et plus récemment l’hôtel (saison 5). Aujourd’hui j’ai décidé de vous parler de la quatrième, Freak Show, qui se déroule dans un cirque (avec des freaks donc) dans les années 1920. N’est-ce pas un peu étrange de commencer directement par la saison 4 de cette série ? Si ça l’est. Peut-être que j’ai pris le risque de passer à côté de certaines choses (heureusement qu’il y a cette chose magique nommé Internet) mais j’en suis arrivée directement là suite à certaines circonstances. En gros, sans trop le vouloir, en squattant chez ma frangine et son keum, j’ai découvert la fin de la saison 3 (retenez cette magnifique leçon de vie : ne vous la jouez pas à la Franck Dubosc). Bon, comme une conne, je connais du coup la fin de Coven, mais je me suis promis de la regarder en entier un de ces quatre. Du coup, voyant que j’étais mine de rien en train de kiffer la fin de la saison 3, on m’a proposé d’enchaîner directement avec cette fameuse saison 4 intitulée Freak Show. Même s’il y a quelques liens avec certaines saisons (je pense ici au personnage de Pepper dont on suivra le reste de ses aventures dans la deuxième saison), cela n’a pas été un handicap de n’avoir jamais vu les saisons précédentes étant donné qu’il s’agit d’une anthologie. L’avantage que j’ai peut-être par rapport à des fans de la première heure est que je ne peux pas comparer par rapport aux autres saisons, j’ai une sorte de regard neuf. Je ne sais pas du tout ce qu’ont pensé les fans de ce Freak Show, mais pour ma part, même si on pourrait effectivement faire quelques remarques, j’ai vraiment adoré cette saison ! La saison est composée de treize épisodes hyper riches dans lesquels les scénaristes ne perdent pas de temps : chaque épisode a son lot de rebondissement, on ne s’ennuie pas une seconde, il y a au début plusieurs intrigues (l’histoire des siamoises dont la mère vient d’être assassinée, celle avec le clown serial killer, celle avec Dandy et sa mère qui veulent acheter le cirque) qui finissent par se rejoindre avec celle du cirque, dirigée par la mystérieuse Elsa Mars.

Photo Erika Ervin, Mat Fraser

Le risque était évidemment qu’on se perde dans ces fameuses intrigues mais les scénaristes s’en sortent vraiment bien. Ainsi, on comprend bien tous les enjeux sans se mélanger. De plus, tous les personnages sont mis en avant même les plus secondaires. Le seul petit reproche que je pourrais faire est la sorte de projection faussement laborieuse sur les siamoises (on s’attend à une certaine fin par rapport à ces images et finalement je trouve ces séquences inutiles). En tout cas, je trouve que cette saison tient ses promesses en ce qui concerne l’horreur. Certes, les gens habitués à des images vraiment violentes, gores ou dans cette veine-là ne seront pas nécessairement choqués (en tout cas pas plus que ça) mais je trouve le résultat tout de même audacieux pour un objet télévisuel. Le dernier épisode essaie évidemment de donner à certains personnages une fin digne mais il est difficile de parler de happy end car les scénaristes n’ont pas fait de concession en ce qui concerne le sort des personnages. Puis, si l’opposition entre les « monstres » physiques et les monstres qui ont l’air « normaux » et « propres » n’est pas nécessairement originale, le discours sur la monstruosité fonctionne très bien. Cette saison défend bien toutes les minorités et les opprimés en mettant en scène des personnages « différents » (on pourra notamment remercier les producteurs d’avoir engagé certains acteurs qui sont comme leurs personnages). Certes, les personnages ne sont pas des saints, tous finalement deviennent des meurtriers pour des raisons différentes. C’est justement leurs pulsions meurtrières qui rendent ces freaks humains et qu’ils sont au même rang que les gens appartenant à ce qu’on pourrait appeler la « norme ». Je trouve même ce parti assez courageux. Au-delà du propos, la mise en scène est très soignée tout comme l’esthétique en général qui parvient à reconstituer l’ambiance dérangeante que peuvent avoir les cirques dans un certain imaginaire (cauchemardesque) collectif. Il y a même de chouettes séquences rendant hommage à l’expressionnisme allemand notamment.

Photo Sarah Paulson

Enfin, cette quatrième saison d’American Horror Story bénéficie d’un excellent casting. Jessica Lange, pilier de cette série depuis la première saison (hélas, elle n’est pas dans la cinquième et j’ai beau avoir pris la série en cours de route, elle nous manque beaucoup !), est époustouflante dans ce rôle de femme qui ne cherche que la gloire pour se faire aimer et mieux accepter ce qu’elle est vraiment. Elle arrive très bien à montrer son côté manipulateur, son égocentrisme et son envie de starification tout en restant fragile, ce qui rend son personnage plus attachant. De plus, il est intéressant de la présenter comme une sorte de personnage avant-gardiste (tout en restant mal aimé) à travers les références à David Bowie. J’ai également beaucoup aimé l’interprétation du petit nouveau de la bande, Finn Wittrock. Son rôle était pourtant casse-gueule quand on y pense, c’est-à-dire qu’il aurait pu très vite tomber dans la caricature. Or, il trouve pour moi le ton parfait, c’est-à-dire qu’il parvient à incarner littéralement le monstrueux fils à maman en restant charismatique. Ce personnage est très intéressant dans le sens où on voit sa monstruosité prendre de plus en plus de place et l’interprétation suit cette intéressante évolution. Sarah Paulson m’a également épatée dans le rôle des siamoises, parvenant à donner une personnalité à chacune (même s’il y a évidemment des petits accessoires qui contribuent aussi à cet aspect mais l’actrice fait un formidable travail qui méritait d’être soulignée). Je ne vais pas non plus trop m’attarder sur les acteurs (que ce soit les principaux ou les guests) car ils sont tous bons pour être honnête (même si je trouve Emma Roberts un peu en dessous même si elle s’en sort tout de même pas trop mal non plus) mais je tenais vraiment à souligner mes petits coups de coeur. En tout cas, sachez que cette saison m’a tellement plu que je suis déjà en train de découvrir Hotel, la dernière saison !

Photo Finn Wittrock

La Reine des Neiges (2013)

réalisé par Chris Buck et Jennifer Lee

avec les voix originales de Kristen Bell, Idina Menzel, Jonathan Groff, Josh Gad, Alan Tudyk, Santino Fontana, Eva Bella, Livvy Stubenrauch…

avec les voix françaises de Emmylou Homs, Anaïs Delva, Donald Reignoux, Dany Boon, Bernard Alane…

titre original : Frozen

Film d’animation américain. 1h42. 2013.

sortie française : 4 décembre 2013

La Reine des neiges

Anna, une jeune fille aussi audacieuse qu’optimiste, se lance dans un incroyable voyage en compagnie de Kristoff, un montagnard expérimenté, et de son fidèle renne, Sven à la recherche de sa sœur, Elsa, la Reine des Neiges qui a plongé le royaume d’Arendelle dans un hiver éternel…  En chemin, ils vont rencontrer de mystérieux trolls et un drôle de bonhomme de neige nommé Olaf, braver les conditions extrêmes des sommets escarpés et glacés, et affronter la magie qui les guette à chaque pas.

La Reine des neiges : Photo

La Reine des Neiges version Disney a remporté un succès monstre. Qui ne connaît pas actuellement la chanson Let it go / Libérée, Délivrée jusqu’à en avoir été gavé ? Le film d’animation a remporté plus d’un milliard de dollars de recettes, ainsi que, pour ne citer que ces prix-là), les Oscars du meilleur film d’animation et de la meilleure chanson pour un film. J’avais regardé une première fois ce film quelques mois après sa sortie, histoire de ne pas me sentir totalement à l’écart de la société (si si !). Je l’avais bien aimé mais je n’avais pas totalement accroché, comme si tout ce buzz avait participé à une forme de déception. Mais durant ce mois de décembre (qui dit mois de décembre dit regarder des dessins animés dit aussi envie de glander et de manger du chocolat jusqu’en à crever), j’avais envie d’un film de Noël. Bon, La Reine des Neiges n’est pas forcément LE film de Noël (par rapport à un grand nombre que j’aurais pu voir ou revoir) mais il s’agissait d’un film d’animation (et j’avais vraiment envie d’en voir un ces derniers jours et de retrouver mon âme d’enfant !) et surtout la neige (que je ne verrai visiblement pas pour les fêtes) est en accord avec notre période hivernale ! Finalement, j’ai bien fait de le revoir car j’ai vraiment pu l’aimer à sa juste valeur selon moi ! Pour moi, cette adaptation du conte d’Andersen s’inscrit dans la lignée des meilleurs films que Disney a pu faire et qui ont marqué mon enfance tout en étant moderne. Le film met pourtant en place des intrigues qui rappellent tout ce qu’on a pu voir dans les autres Disney, je pense notamment au rôle du prince charmant. Mais on est loin de ces idées qui peuvent sembler actuellement totalement vieillottes et dépassées (bien que j’adore toujours les vieux Disney, ce qui peut sembler paradoxal), place maintenant à des messages plus contemporains (et toujours aussi universels), c’est-à-dire l’amour « fraternel » (je sais qu’il y a un autre terme pour désigner l’amour entre soeurs, mais il n’y a rien à faire, je ne m’habitue pas à utiliser ce mot en question) ainsi que l’émancipation féminine. Au-delà des « messages » assez sains, qui toucheront tous les publics, je suis évidemment raide dingue de l’animation. Le travail fourni par toute l’équipe est bluffant. On retrouve encore une fois tout ce qui m’a fait rêver enfant, c’est-à-dire une animation fluide, qui ressemble encore à ce qu’on pourrait dessiner sur du papier, et en même temps, la technologie actuelle permet de rendre les expressions et les mouvements des personnages plus précis et plus réalistes ou encore d’avoir l’impression d’assister à des scènes dignes des plus grandes musicales de Broadway (en plus de bénéficier d’une bande-originale vraiment géniale).

La Reine des neiges : Photo

Au-delà d’une animation époustouflante, évidemment tout un jeu technique bluffant ainsi qu’un joli travail autour des couleurs froides ou encore la présentation de magnifiques décors qui rendent ce film encore plus magique et merveilleux, j’ai énormément aimé les personnages (et maintenant on a trois tonnes de gamines qui s’appellent ou vont se prénommer Elsa et Anna) tous très attachants et avec leurs complexités. Il est évidemment plus facile de s’attacher à la vive, courageuse, aventurière mais néanmoins naïve rouquine Anna mais avec le temps j’aime beaucoup Elsa, certes froide au premier abord mais en réalité sincère dans ses différentes démarches, lucide selon les situations et surtout comment ne pas être sensible à sa transformation sur de nombreux points ? Au-delà de sa profondeur psychologique, vraiment bien travaillée (je dirais plus que celle d’Anna, si je devais faire un mini reproche à ce film), le travail d’animation (on parlera donc par conséquent de l’évolution visuelle du personnage) aide aussi quelque part à rendre ce personnage encore plus attachant. Le fait de voir Elsa plus libre dans ses mouvements avec ses cheveux détachés et les épaules dégagées peut être un petit détail mais pourtant rien que ça joue vraiment en sa faveur. Les seconds rôles sont également très réussis, que ce soit la brute (mais pas si brute que ça) Kristoff et son sympathique renne Sven, le délirant bonhomme de neige Olaf qui rêve de soleil et de chaleur ou encore le « prince charmant » Hans. Le film bénéficie également d’un très bon doublage que ce soit dans sa version originale ou la française (pour une fois qu’on fait quelque chose de bien…). J’écoute régulièrement la bande-originale dans les deux versions, ce qui est rare chez moi (même pour les anciens Disney, j’ai pris l’habitude d’écouter les chansons en anglais, c’est limite difficile de réécouter des chansons parfois cultes en français). Pour conclure, La Reine des Neiges est un film d’animation très réussi et qui mérite entièrement son succès même s’il a pu nous gaver au bout d’un moment. Mêlant brillamment comédie musicale, humour et émotion, il s’agit d’un long-métrage à la fois rythmé, divertissant, magique et ambitieux sur de nombreux points, éloigné d’une certaine niaiserie qu’on trouverait autrefois dans les bons vieux Disney d’autrefois. Les studios Disney ont su se renouveler pour notre plus grand bonheur (et plus récemment, même s’il n’a rien à voir avec La Reine des Neiges, Big Hero 6 / Les Nouveaux Héros confirme ce renouveau qui fait vraiment plaisir à voir).

La Reine des neiges : Photo