[MC2018] I Don’t Feel At Home in This World Anymore

réalisé par Macon Blair

avec Melanie Lynskey, Elijah Wood, Jane Levy…

Film policier, comédie dramatique américain. 1h33. 2017.

sortie française (Netflix) : 24 février 207

Ruth Rimke est une infirmière dépressive et peu sûre d’elle. Suite à un cambriolage dans sa maison, face à l’inactivité de la police, elle se lance dans une enquête. Elle se fait aider par son voisin Tony afin de retrouver les cambrioleurs.

Macon Blair est l’acteur fétiche du jeune réalisateur ultra prometteur Jeremy Saulnier : Muder Party, Blue Ruin (un film important à mes yeux) et Green Room (une oeuvre remarquable avec le regretté Anton Yelchin). L’acteur américain, surtout vu dans des productions indépendantes (notamment avec le récent Florida Project où il interprétait, le temps d’une scène, le client d’une prostituée), passe pour la première fois derrière la caméra. I Don’t Feel At Home in This World Anymore (ouais, le titre est à rallonge et n’aidera certainement aux anglophobes à se réconcilier avec la langue de Shakespeare) a alors remporté le Grand Prix du Jury au festival de Sundance en 2017. Hélas, il connaît lui aussi une sortie directe sur Netflix, le sort désormais habituel de nombreux petits films. Connaître le cinéma de Saulnier peut être intéressant pour appréhender cette oeuvre de Macon Blair. Cela se ressent que Blair a puisé son inspiration chez le cinéaste qui l’a fait connaître (et accessoirement son meilleur ami depuis sa plus tendre enfance), que ce soit dans l’environnement dépeint, dans la facilité de changer de registre au sein du récit ou encore dans l’exposition même de personnages fragiles. Mais il ne cherche jamais à copier son pote tout comme il ne cherche pas non plus à copier d’autres grands noms. En effet, beaucoup n’ont pas hésite à comparer le film à l’univers des Coen, Ritchie ou Tarantino. Je ne sais pas si Blair a pensé à ces références en question mais je n’ai pas trouvé que son film ressemblait tant que ça aux oeuvres de ces grands noms (ou alors de loin et superficiellement). Si son film n’entrera pas au Panthéon des grands films (et n’a pas cette prétention), Macon Blair signe en revanche une oeuvre à la mise en scène autant efficace que personnelle, qui mérite le coup d’oeil. Sur le papier, rien de bien révolutionnaire dans cette histoire : une rencontre explosive entre deux losers (et évidemment l’union fait la force) dans un trou paumé et violent américain. On part alors d’une situation relativement banale (un simple cambriolage) qui prend de plus en plus d’énormes proportions.

Violence et humour noir combinés ensemble font également partie des ingrédients d’une recette classique mais qui fonctionnent pourtant indéniablement bien. A travers des changements de ton surprenants, le récit porte une progression détonante : la perte de contrôle de la situation amène un grain de folie, le film oscillant alors sans cesse entre le drame social et la comédie déjantée, en passant par le thriller. Macon Blair offre alors un regard sombre sur l’Amérique d’aujourd’hui (je vous promets de ne pas caler l’expression pénible « l’Amérique de Trump »), incapable de protéger ses citoyens, les conduisant à devoir faire justice eux-mêmes. Cela dit, et c’est peut-être aussi ce qui explique le charme et l’intérêt même de ce film, les personnages sont réellement intéressants : malgré un environnement violent, les poussant dans un engrenage brutal, les personnages sont inoffensifs. Ils auraient pu devenir des « méchants », or ils savent rester eux-mêmes et préserver leurs valeurs. Le film, plutôt bien rythmé, est alors un revenge movie-buddy movie, paradoxalement optimiste de ce point de vue-là. Enfin, le duo formé par Melanie Lynskey et Elijah Wood (j’ai toujours apprécié ces deux acteurs discrets et certainement sous-estimés) marche également du tonnerre, les personnages qu’ils incarnent étant très attachants et jamais surécrits comme cela peut arriver dans des films qui se veulent « excessifs ». Le regard posé sur ces personnages courageux est tendre : on ne se moque jamais de leur maladresse. Surtout, même si les personnages ne basculent pas du côté obscur, ils trouvent dans cette mission dangereuse un sens à leur existence morne. Si l’environnement n’est pas favorable, chacun peut prendre son destin en main. I Don’t Feel At Home in This World Anymore n’est pas forcément un film révolutionnaire et nouveau par rapport à son emballage formel, il ne restera pas non plus dans les annales (il lui manque certainement un je-ne-sais-quoi pour arriver à ce niveau) mais il a le mérite d’être une comédie noire plaisante et bien foutue et au contenu solide. Il s’agit d’un premier film réussi et on espère voir Macon Blair endosser de nouveau la casquette de réalisateur (même si je l’aime bien aussi devant). Et au passage, il s’agit selon moi d’un des meilleurs films par Netflix (et c’est regrettable qu’on ne mentionne pratiquement jamais alors qu’on nous bassine actuellement avec Okja et Annihilation qui seraient les meilleures oeuvres de la plateforme alors qu’il y a cette pépite en question).

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Blue Ruin

réalisé par Jeremy Saulnier

avec Macon Blair, Amy Hargreaves, Devin Ratray, Kevin Kolack, David W. Thompson, Bonnie Johnson…

Thriller, drame américain. 1h34. 2013.

sortie française : 9 juillet 2014

interdit aux moins de 12 ans

Movie Challenge 2016 : Un film dont le titre comporte une couleur

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Un vagabond solitaire voit sa vie bouleversée lorsqu’il retourne à sa maison d’enfance pour accomplir une vieille vengeance. Se faisant assassin amateur, il est entraîné dans un conflit brutal pour protéger sa famille qui lui est étrangère.

Blue Ruin : Photo Macon Blair

Après avoir vu Green Room (que j’ai trouvé excellent), j’ai eu envie de découvrir le deuxième long-métrage de Jeremy Saulnier, Blue Ruin, présenté à la Quinzaine des Réalisateurs au festival de Cannes en 2013. Oui, ce gars a l’air obsédé par les couleurs mais passons. Pour la petite histoire, le titre du film fait référence à la voiture (une Pontiac Bonneville) qui sert d’abri au personnage principal de ce long-métrage. De plus, selon le réalisateur dans une interview, cette couleur est le reflet du ton du film « dur et brutal » (ce qui est très juste) et c’est aussi une expression qui signifie « débâcle » (à l’image de la situation du personnage principal). Il s’agit a priori d’une simple histoire de vengeance : un SDF veut buter le type qui a supprimé la vie de ses parents, ce dernier étant sorti de prison. La vengeance prend alors forme dans les deux sens (la famille du méchant de base de l’histoire – pour caricaturer – s’en mêle) même si le film privilégie le point de vue de notre vagabond, le prénommé Dwight, qui démarre, à partir de son époque donc (dans les années 2010 donc), les hostilités. Cela dit, il s’agit d’un revenge movie surprenant à sa façon même si je ne pense pas (et c’est peut-être ce qui fait aussi le charme de ce film) que Saulnier ait la prétention de révolutionner quoi que ce soit. En effet, on ne s’attend pas nécessairement à voir un Dwight, en quête de vengeance, aussi peu doué pour manier les armes (dans ce genre d’histoire, on a généralement l’habitude de voir un ancien vétéran ou quelqu’un qui a en tout cas souvent été en contact avec les armes et non un amateur) ou encore la première scène, dans laquelle on voit une gentille et bienveillante flic, qui a une attitude maternelle, annoncer à Dwight la sortie de prison de l’assassin de ses parents. Le scénario est donc assez simple mais d’une réelle efficacité. Jeremy Saulnier va droit au but et même si on a l’impression qu’il privilégie l’action, il n’oublie pas pour autant son propos ni la psychologie des personnages. Il pose à ce moment-là une réflexion pertinente sur l’utilisation dangereuse des armes à feu, mises trop facilement entre les mains d’individus qui perdent le contrôle de la situation en ne sachant pas les utiliser et encore moins à bon escient. La réflexion autour de la vengeance, bien qu’elle ne soit pas neuve (mais bon, ça ne me dérange pas plus que ça encore une fois, du moment que le résultat suit, sinon on n’irait plus voir de films) fonctionne également (le film montrant alors son inutilité). La mise en scène est également une belle réussite, surtout venant de la part d’un réalisateur quasi-débutant. Au-delà de la précision, on ressent dans son travail une folle énergie et une certaine maturité.

Blue Ruin : Photo Amy Hargreaves

Si on a parlé de revenge movie au début, je dirais pourtant que Jeremy Saulnier parvient à mélanger différents codes pour mieux se les approprier et en faire quelque chose d’assez unique justement. Avec cette voiture qui joue un rôle essentiel, on pense au road-movie, le côté bras-cassé de Dwight rapproche également le film avec une sorte de comédie noire et l’ultra-violence dépasse le simple film de violence, on pense alors davantage à un cinéma presque horrifique. On pourra même établir un parallèle avec l’univers des Coen (notamment avec Sang pour Sang / Blood Simple). L’espace est aussi quelque chose parfaitement bien saisi. On sent que l’environnement qui entoure les personnages a son importance dans le récit en tant que contexte. D’ailleurs, dans la première partie du film, Dwight n’ouvre pratiquement pas la bouche (le film comporte par ailleurs peu de dialogues ce qui permet de ne pas tomber dans des propos trop explicatifs, encore une fois, il va à l’essentiel) mais ce n’est pas plombant pour autant car suivre ce personnage dans cet environnement particulier (une Amérique pauvre) est intense. Dès les premières minutes, on a envie de savoir jusqu’où cet homme peut aller dans sa soif de vengeance. Il y a d’ailleurs quelque chose de très intéressant dans ce film : l’apparence. En effet, la fameuse première partie privilégie alors un personnage énigmatique avec cette apparence de vagabondage, qui attire plus la pitié que la crainte. Or, une fois qu’il parvient à se débarrasser de cette longue barbe et de ses habits puants et qu’il redevient un individu de tout ce qu’il y a de plus « normal » dans notre société en ce qui concerne l’apparence, il paraît finalement encore plus flippant. Le propos sur la dangerosité des armes prend alors encore plus de dimension : n’importe quel individu peut être concerné par ce problème. Macon Blair (au passage, meilleur ami d’enfance de Jeremy Saulnier depuis qu’ils sont mômes) est tout simplement excellent dans le rôle de Dwight. Il donne beaucoup d’humanité et de sensibilité à ce personnage attachant qui bascule pourtant dans le côté obscur. Dommage qu’il ne parvienne pas encore à avoir une filmographie plus solide alors que son talent me paraît évident. Pour conclure, Blue Ruin est pour moi une sacrée bonne surprise. Profond sans trop intellectualiser à tout prix, en apparence classique mais en réalité sait s’imposer à sa façon en jouant habilement avec différents codes cinématographiques, ce long-métrage montre (et Green Room le confirme) le renouveau possible du cinéma indépendant américain avec Jeremy Saulnier dont je suis maintenant la carrière de très près.

Blue Ruin : Photo Macon Blair

Green Room

réalisé par Jeremy Saulnier

avec Anton Yelchin, Imogen Poots, Patrick Stewart, Alia Shawkat, Joe Cole, Callum Turner, Mark Webber, Macon Blair…

Thriller américain. 1h36. 2015.

sortie française : 27 avril 2016

interdit aux moins de 12 ans avec avertissement

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Au terme d’une tournée désastreuse, le groupe de punk rock The Ain’t Rights accepte au pied levé de donner un dernier concert au fin fond de l’Oregon… pour finalement se retrouver à la merci d’un gang de skinheads particulièrement violents. Alors qu’ils retournent en backstage après leur set, les membres du groupe tombent sur un cadavre encore chaud et deviennent alors la cible du patron du club et de ses sbires, plus que jamais déterminés à éliminer tout témoin gênant…

Green Room : Photo Alia Shawkat, Anton Yelchin

J’avais failli aller voir Blue Ruin, le deuxième long-métrage de Jeremy Saulnier au cinéma mais ça ne s’est pas fait, à mon grand regret. J’ai donc foncé pour découvrir son troisième long-métrage (son premier étant Murder Party) qui a bénéficié de bonnes critiques mais qui ne va certainement pas rencontrer de succès au box-office, ce qui est regrettable. J’espère qu’il trouvera encore plus de spectateurs avec le temps. Qu’est-ce que la « Green Room » du titre ? Il peut y avoir plusieurs sens. En dehors du film, il s’agit d’un des salons de réception de la Maison-Blanche. Pour la petite info (je précise encore une fois : merci papi wiki), qui peut prendre du sens dans la compréhension générale de l’oeuvre (en tout cas en ce qui concerne mon interprétation) c’est dans cette pièce que le président James Madison y signa la première déclaration de guerre des Etats-Unis. Dans le monde de la musique, et c’est qui semble mis en avant dans un premier temps dans le long-métrage, la « green room » désigne les coulisses. Effectivement, il s’agit même du point de départ de l’intrigue. Je pense qu’une autre interprétation reste envisageable : la forêt, qui entoure le local dans lequel se déroule l’action, est également très présente. C’est un moyen pour renforcer le huis-clos, comme si aucune issue n’était possible même en cas de sortie de la véritable « green room » mais c’est aussi une manière de relier toutes les informations que nous avons dite autour du lieu politique qui existe ayant le même nom que le titre de ce long-métrage. La nature, c’est le lien qu’on peut établir avec la soif de survie et surtout la violence qui déferle à partir d’un premier événement. Green Room semble avoir été vendu comme une sorte de film d’horreur (je ne l’invente pas, je ne fais que répéter les commentaires que j’ai entendus dans la salle de la part de jeunes spectateurs finalement peu intéressés et qui ont commenté tout le long). Il s’agit pour moi d’un survival qui joue avec les codes du film de guerre. Le film assume totalement ce choix avec le parallèle avec l’histoire du paintball racontée par Pat et la transformation des personnages encore en vie qui deviennent des sortes de soldats (que ce soit par le look mais aussi dans la mentalité). Dit comme ça, ça peut sembler assez lourd mais à l’écran, ce parallèle avec la guerre fonctionne et ne gâche pas du tout tout ce qui a été mis en place. De plus, c’était d’autant plus intéressant si on met le thème de la guerre et plus généralement de la violence avec le milieu néo-nazi : ces personnes qui appartiennent à ce groupe ne sont simplement des gens violents.

Green Room : Photo Patrick Stewart

Ce qui est intéressant, c’est de voir l’organisation qui existe au coeur de ce groupe, comme s’il s’agissait finalement d’un camp militaire qui respecterait une hiérarchie. C’est justement ce point-là qui est effrayant, encore plus que la violence qui règne tout le long du film et qui ne fait qu’accroître au fil des scènes. Ceux qui attaquent nos braves punks ne semblent même plus penser par eux-mêmes, ils ne font qu’obéir à des ordres comme des chiens (ces animaux ayant une place importante dans le film). En parlant justement de frayeur, le film est effectivement sans cesse sous tension. Le film n’est pas « gore » contrairement à ce que j’ai pu entendre. Il y a de la violence physique mais c’est plus l’atmosphère sans cesse sous tension que j’ai retenue et qui m’a réellement effrayée. Personnellement, je n’étais pas à l’aise en regardant le film. J’avais toujours l’impression qu’un truc allait partait en brioche en un clin d’oeil. Pour continuer, le casting assure, incarnant tous des personnages crédibles. Anton Yelchin, dont je suis de près sa carrière, s’en sort très bien dans le rôle du guitariste réservé mais qui sait s’exprimer et utiliser son esprit. Alia Shawkat, en bassiste forte, est surprenante. Certes, ça fait un peu cliché de voir encore une bassiste, et non un bassiste dans un groupe de punk en l’occurrence. Mais son interprétation parvient à dépasser l’image qu’on a tous (et je précise d’ailleurs que personne ne tombe dans la caricature). Il est d’ailleurs intéressant de savoir que le rôle qu’elle interprète aurait dû à l’origine être tenu par un acteur (visiblement connu selon les propos du réalisateur). Je trouve que ça ajoute un truc en plus, une force dans son personnage. Ca change des potiches qu’on voit un peu trop souvent au cinéma. Callum Turner et Max Webber, qui incarnent respectivement le chanteur et le batteur du groupe, sont également très convaincants. En tout cas, les quatre interprètes sont tous bons et surtout parviennent à jouer ensemble : du coup, leur groupe semble soudé, on croirait même à leur existence. Imogen Poots livre également une bonne interprétation. Là encore on a droit à un personnage féminin qui a des couilles et qui possède une personnalité intéressante, dans le sens où elle se remet en question par rapport au groupe auquel elle appartient à l’origine. Patrick Stewart dans le rôle du chef des skinheads est également épatant, en étant à la fois charismatique et effrayant. Enfin, on notera également la présence énigmatique de Macon Blair (le personnage principal de Blue Ruin).

Green Room : Photo Alia Shawkat, Anton Yelchin, Callum Turner, Imogen Poots, Joe Cole

Green Room est donc pour moi un film furieux à voir qui mérite bien ses louanges. Certes, il n’est pas a priori parfait. Le début peut sembler un peu long à se mettre en place, surtout qu’on n’en apprend pas plus que ça sur les personnages. L’intrigue en elle-même autour de la « green room » n’intervient également pas rapidement si on regarde bien et peut-être que cela pourra frustrer certains spectateurs. Mais le film m’a tellement intriguée et happée tout le long qu’avec le recul je mets de côté ces petites choses qui pourraient déranger. C’est le genre de film auquel je pense même des jours après l’avoir vu et en général, pour moi c’est très bon signe. Le scénario est simple, il reste néanmoins d’une grande efficacité, à l’image d’ailleurs de la mise en scène et permet de comprendre où Jeremy Saulnier a voulu en venir. Et l’analyse que nous pouvons faire de ce film est pour moi une pure merveilleuse malgré les possibles imperfections visibles. J’aime justement qu’il y ait une apparente simplicité a priori et de voir à quel point il y a plus de profondeur et d’intelligence pour aborder son sujet mais sans intellectualiser à tout prix. Surtout, même si ça ne pète pas nécessairement dans tous les sens, il y a une véritable énergie qui ressort dans ce film. Il faut dire que le scénario étant bâti autour d’un groupe de punk aide beaucoup à insuffler cette dynamique mais je ne pense pas qu’il y ait que cet élément en question. La présence de la musique n’est pas superficielle, tout comme la violence n’est jamais gratuite dans le film. Non seulement il s’agit d’un moyen pour mieux faire ressortir des sentiments primitifs chez les personnages mais je crois qu’il permet au propos déjà mis en place d’avoir encore plus de consistance, notamment autour du rôle des apparences. Surtout, on sent l’amour qu’a Jeremy Saulnier pour le punk, lui-même ayant fait partie d’un groupe (justement, physiquement, il n’a rien d’un punk). La sincérité ne fait pas toujours de bons films, nous sommes bien d’accord, mais pourtant, ce film en déborde tellement au point que ça a fini par me toucher (le terme peut paraître très étrange en parlant de ce film, j’en ai conscience), surtout de la part d’un jeune réalisateur qui fait preuve d’une maturité plaisante à constater.

Green Room : Photo Imogen Poots