[MC2018] Les Figures de l’ombre

réalisé par Theodore Melfi

avec Taraji P. Henson, Octavia Spencer, Janelle Monáe, Kevin Costner, Kirsten Dunst, Jim Parsons, Mahershala Ali, Glen Powell…

titre original : Hidden Figures

Biopic, drame américain. 2h07. 2016.

sortie française : 8 mars 2017

Un film basé sur des faits réels

Le destin extraordinaire des trois scientifiques afro-américaines qui ont permis aux États-Unis de prendre la tête de la conquête spatiale, grâce à la mise en orbite de l’astronaute John Glenn. Maintenues dans l’ombre de leurs collègues masculins et dans celle d’un pays en proie à de profondes inégalités, leur histoire longtemps restée méconnue est enfin portée à l’écran.

Les Figures de l'ombre : Photo Janelle Monáe, Octavia Spencer, Taraji P. Henson

Les biopics font partie des genres favoris des Oscars, ils finissent en tout cas souvent parmi les nommés. Ce fut le cas pour Les Figures de l’ombre, nommé à trois reprises aux Oscars (dans les catégories « meilleur film », « meilleure actrice dans un second rôle » et « meilleur scénario adapté »). Mais beaucoup de biopics ne sont pas particulièrement intéressants, se contentant de raconter des histoires qu’on peut tous connaître façon papi Wiki. Les Figures de l’ombre semble être calibré pour les Oscars au premier abord.  Mais étonnamment, le résultat est plutôt plaisant et bien foutu. Sa mise en scène n’est pas forcément révolutionnaire ni très personnelle mais elle est tout de même plutôt efficace. Le film est également soigné esthétiquement dans le sens où la reconstitution de l’époque est totalement crédible sans être too much. Surtout, il gagne en force par les discours qu’il défend avec efficacité et sincérité. En effet, le long-métrage raconte a priori simplement l’histoire incroyable de trois scientifiques afro-américaines, Katherine Johnson, Dorothy Vaughn et Mary Jackson, qui ont réussi à apporter à transformer le sort de la science (via la NASA) tout comme le sort des femmes et celui des personnes issus de la communauté afro-américaine : dans un monde et une époque qui les mettait de côté, ces femmes étaient des outsiders battantes et admirables. Katherine Johnson (interprétée par une impeccable Taraji P. Henson), une prodige en mathématiques dès sa plus tendre enfance, a fortement contribué au succès du premier vol orbital autour de la planète de l’astronaute John Glenn. Mary Jackson (incarnée par la pétillante Janelle Monáe) était diplômée en mathématique et physique avant d’intégrer la NASA. Mais elle ne pouvait pas prétendre à un diplôme d’ingénieur. Elle a alors dû se battre pour suivre un cursus plus poussé, ce qui était interdit à l’époque ségrégationniste. A la fin de ses études, Mary Jackson est devenue la première ingénieure noire de la Nasa. Quant à Dorothy Vaughan (Octavia Spencer a l’air de jouer toujours le même type de personnages et pourtant on ne s’en lasse pas), elle a rapidement compris que les calculateurs humains seraient rapidement dépassés par les ordinateurs : elle a donc appris le langage de programmation FORTRAN. Elle est donc devenue la première manager noire de l’histoire de l’agence. Bref, le film reprend, de manière romancée, ces informations que vous retrouverez facilement à droite et à gauche.

Les Figures de l'ombre : Photo Janelle Monáe

Cela aurait pu être très plat, en se contentant de livrer aux spectateurs des informations ou de rappeler quelques pages de l’Histoire pour ceux qui les connaissaient déjà. Or, la force des Figures de l’ombre d’avoir su intégrer trois discours à défendre tout en livrant un scénario cohérent et clair pour le grand public : ainsi, la cause afro-américaine, le féminisme et la course à la grandeur nationale par la conquête spatiale sont au coeur de ce film. Ainsi, ces trois thèmes s’emboîtent logiquement bien : cela permet alors au long-métrage d’être encore plus universel qu’il ne l’est déjà. Surtout, on peut aussi établir un autre parallèle avec cette guerre contre les Soviétiques : il faut être plus fort et intelligent que nos adversaires pour atteindre nos objectifs. Le film ne se limite alors pas à son arrière-fond engagé pour le féminisme et pour la lutte pour les droits civiques. Les Figures de l’ombre parle plus globalement de l’héroïsme à tous les niveaux. Rattacher cet héroïsme  avec la conquête spatiale est une idée pertinente : battre à ce moment-là les Russes était essentiel. Et voir ces femmes contribuer à la réussite américaine alors qu’elles sont rejetées par une Amérique raciste et misogyne a quelque chose de fort : au-delà de la dénonciation d’une époque pas si lointaine que cela, le film appuie encore plus l’hypocrisie et la violence des Etats-Unis face à ces sujets douloureux. Si ce biopic fonctionne malgré son évident académisme, c’est certainement parce que le ton est plutôt plaisant. Oui, la fin est plutôt touchante puisque chaque personnage parvient à son but, mais le film en lui-même n’est jamais larmoyant. Même si les enjeux sont dramatiques, le ton est plutôt léger et des notes d’humour sont souvent présentes sans qu’elles plombent le propos du long-métrage. Les personnages, aussi bien nos trois héroïnes que les personnages secondaires, sont également tous attachants (je pense ici au personnage de Mahershala Ali) ou intéressants (les racistes ne sont pas caricaturaux en mode « coucou nous sommes des méchants »). De plus, à l’heure où nous continuons à nous interroger sur le féminisme, sa définition ou encore son rôle à jouer, cela fait en tout cas du bien de voir des héroïnes ordinaires, entrées dans l’histoire pour leur intelligence et les combats qu’elles mènent. Les Figures de l’ombre est donc une oeuvre touchante et attachante et importante bien rythmée parvenant à délivrer avec efficacité un message fort.

Les Figures de l'ombre : Photo Janelle Monáe, Octavia Spencer, Taraji P. Henson

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Les Muppets, le retour

réalisé par James Bobin

avec Jason Segel, Amy Adams, Chris Cooper, Rashida Jones, Alan Arkin, Bill Cobbs, Zach Galifianakis, Ken Jeong, Jim Parsons, Kristen Schaal, Sarah Silverman, Danny Glover, Danny Trejo, John Krasinski, Jack Black, Emily Blunt, Feist, Neil Patrick Harris, Mickey Rooney, Rachel Korine, Selena Gomez…

avec les voix originales de Steve Whitmire, Eric Jacobson, Dave Goelz, Bill Barretta, David Rudman, Matt Vogel, Peter Linz…

titre original : The Muppets

Comédie familiale, comédie musicale américaine. 1h43. 2011.

sortie française (dvd) : 2 mai 2012

Movie Challenge 2016 : Une comédie

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Tex Richman est un homme d’affaire qui compte acheter le théâtre des Muppets. Gary, Marie et Walter la marionnette se mettent alors à la recherche des anciens du théâtre, séparés depuis plusieurs années, afin de tenter de sauver cet endroit qui leur est très cher. Ils arrivent à retrouver Kermit la grenouille qui part à son tour dans le but de réunir ses anciens compagnons de scène.

Les Muppets, le retour : photo

Je dois avouer que jusqu’à présent je n’avais jamais regardé Les Muppets (même si je connais, comme tout le monde, quelques personnages, j’ai quelques bases). Enfin, je crois. Je n’en ai en tout cas aucun souvenir ! Je ne sais pas si c’était nécessairement une bonne chose de commencer par un film plus récent mais au moins ça ne m’a pas découragée à découvrir pour de bon Les Muppets ! C’est pour cette raison que j’ai eu du mal à le noter et surtout à écrire une critique dessus. En tant que non connaisseuse de l’univers, même si je sais que mon avis pouvait aussi être valable et justement intéressant puisque j’ai en quelque sorte ce « manque d’expérience », j’avais peur de ne pas savoir en parler, de ne pas être légitime. Mais finalement, grâce au recul, j’ai décidé de prendre mon courage à deux mains (j’ai vraiment un don pour dramatiser tout et n’importe quoi, mais bon au moins vous connaissez le comment du pourquoi) et dans l’histoire je me suis même permis d’augmenter ma note (et par conséquent d’assumer réellement mon avis positif). Qu’est-ce qui m’a donc motivée à découvrir enfin cette nouvelle version des Muppets ? La présence d’une partie de l’équipe de Flight of the Conchords. En effet, c’est James Bobin (réalisateur de plusieurs épisodes de la série) qui est derrière la caméra et l’acteur-musicien néo-zélandais Bret McKenzie qui est le compositeur des chansons du film et superviseur musical. Cela dit, je n’étais pas totalement rassurée vu que j’ai constaté aussi la présence de Nicholas Stoller et Jason Segel au scénario. Je précise que je n’ai rien contre ces deux mecs en question, mais je ne garde pas spécialement un bon souvenir de leur collaboration sur Sans Sarah, rien ne va. Mais comme je le disais auparavant, le résultat m’a finalement plu et même agréablement surprise. Encore une fois, je ne peux pas comparer avec les autres films des Muppets, dire si on retrouve l’esprit d’avant ou non. Je constate seulement une bonne surprise, un bon film familial qui ne méritait pas de sortir directement en dvd en France ! Encore une fois, un direct-to-dvd n’est pas toujours synonyme de grosse daube en vue ! J’ai beaucoup hésité à le placer dans ce fameux Movie Challenge que j’ai débuté depuis début janvier. En effet, je ne savais pas trop s’il s’agissait d’une pure comédie, le film étant à la fois aussi un mélange de film familial et de comédie musicale. Mais finalement, j’ai décidé de le mettre dans cette catégorie, en prenant « comédie » dans un sens assez large.

Les Muppets, le retour : photo

Cela dit, je ne fais pas de reproches sur son côté vaguement hybride, au contraire je trouve la cohabitation entre comédie, comédie familiale et comédie musicale assez bien faite (même si nous sommes d’accord que ce sont des genres assez proches et qu’il n’y a rien de spectaculaire en soi). Je dirais que cette version des Muppets trouve un bon compromis pour séduire différents publics. Le film plaira à des petits sans que ce soit gnangnan pour les adultes. Il faut dire qu’il n’hésite pas à caricaturer les codes des comédies musicales : on sent alors de la part des scénaristes une prise de conscience et un certain recul vis-à-vis de ce type de divertissements qui peuvent très vite être lourds et qui présentent souvent le même schéma narratif. Il parvient alors à reprendre ces codes habituels sans nous exaspérer, au contraire, on retrouve même une véritable fraîcheur ! Ainsi, les Muppets s’amusent parfois à dire haute voix « et là il va se passer ça parce que ça se passe toujours comme ça dans les films », les paysages et costumes sont très colorés jusqu’à outrance, les personnages incarnés par Segel et Adams sont naïfs ou encore le méchant est assez caricatural. Mais encore une fois, je n’ai jamais vu ces aspects-là de manière négative car il y a une volonté derrière de s’en moquer. De plus, le film n’est pas uniquement drôle, frais et divertissant, il arrive aussi à être très touchant, que ce soit dans l’amitié entre Gary et Walter ou même encore dans la réussite finale du spectacle. Les chansons, au coeur de ce film, qui est presque une comédie musicale, sont également très plaisantes. Elles réussissent également à combiner ce mélange entre humour / parodie, émotion et hommage. La chanson Man or Muppet avait d’ailleurs remporté l’Oscar de la meilleure chanson. Elles s’insèrent également bien dans ce long-métrage bien rythmé possédant une mise en scène énergique et un scénario qui a alors l’air simple et revu mais qui est finalement bien travaillé. Enfin, le casting est également très bon. Dans les rôles principaux, Jason Segel, Amy Adams ou encore Chris Cooper, sans dire qu’ils font des performances de folie (ok, j’ai bien aimé le film mais bon il ne faut pas non plus en surajouter !), sont plutôt bons. Il y a également de bons guests que ce soit dans dans leurs propres rôles, des personnages secondaires voire même des apparitions. J’ai évidemment beaucoup aimé ces chers Muppets, qui m’ont bien fait marrer !

Les Muppets, le retour : photo