Faut pas lui dire / The Boyfriend

FAUT PAS LUI DIRE

réalisé par Solange Cicurel

avec Jenifer Bartoli, Camille Chamoux, Stéphanie Crayencour, Tania Garbaski, Brigitte Fossey, Arié Elmaleh, Fabrizio Rongione, Benjamin Bellecour, Laurent Capelluto, Stéphane Debac,  Charlie Dupont…

Comédie française, belge. 1h36. 2017.

sortie française : 4 janvier 2017

Laura, Eve, Anouch et Yaël sont quatre cousines, très différentes et très attachantes, qui ont un point commun : elles mentent, mais toujours par amour ! Quand les trois premières découvrent quelques semaines avant le mariage de leur petite cousine que son fiancé parfait la trompe, elles votent à l’unisson « Faut pas lui dire » !

Faut pas lui dire : Photo Camille Chamoux, Jenifer Bartoli, Tania Garbarski

Faut pas lui dire est le premier long-métrage de Solange Cicurel, ancienne avocate au Barreau de Bruxelles spécialisée dans le droit des étrangers. Elle avait signé auparavant un court-métrage intitulé Einstein était un Réfugié. Pour ce film, la réalisatrice s’est donc inspirée de son ancien métier pour son intrigue : en effet, le personnage incarné par la chanteuse Jenifer est une avocate redoutable spécialisée dans les divorces. Plus généralement le film tourne autour de mensonges et de secrets. La réalisatrice est donc partie du principe (en reprenant donc ses propos) qu’un mensonge n’était pas quelque chose de malfaisant à l’origine, qu’on mentait majoritairement pour protéger les gens qu’on aime. Bref, rien de bien révolutionnaire à l’horizon, certains ont même dit que ça ressemblait à Comme t’y es belle (toujours pas vu, ouais je suis encore à la ramasse). Effectivement, des films et des séries avec une bande de quatre femmes ayant des problèmes qu’avec les mecs (par contre, pas de soucis financiers : elles sont forcément avocates ou toubibs et on se demande même quand elles bossent par moments !), on en trouve à la pelle ! Bref, ça ne respire pas l’originalité, la mise en scène n’est pas dingue, le scénario non plus d’ailleurs (mais le travail n’est pas non plus mauvais), mais honnêtement en tant que petit divertissement ce film passe tout à fait : dans son genre, j’ai en tout cas vu bien pire et je ne me suis pas ennuyée, c’est déjà pas si mal. Je m’attendais à un résultat bien plus dégueulasse. L’ensemble reste plutôt bien rythmé, les personnages plutôt sympathiques et attachants. Le film a le mérite d’être nuancé avec les personnages en question : chacun fait ses erreurs et a ses torts, que ce soit les femmes ou les hommes. Evidemment, il n’y a pas de grandes surprises narratives mais la fin m’a tout de même plu. J’attendais évidemment au tournant la chanteuse Jenifer, ici dans un vrai premier rôle au cinéma (elle avait déjà fait son incursion mais dans des rôles plus secondaires) et qui est la réelle « star » de ce film (même s’il y a de bons acteurs et des confirmés dans la distribution). J’ai essayé d’être la plus honnête possible en ne prenant pas en compte mon avis sur la chanteuse (qui m’insupporte). En réalité, je suis partagée sur son interprétation : il y a des scènes où elle est étonnamment à l’aise (notamment dans une scène de procès plutôt drôle – même si je ne sais pas si la scène en question est crédible) et d’autres où elle est complètement à côté de la plaque. Cette irrégularité dans son jeu m’a parfois dérangée. En revanche, le reste du casting (franco-belge à l’image de la production) assure plutôt bien.

Faut pas lui dire : Photo Camille Chamoux, Jenifer Bartoli, Stéphanie Crayencour, Tania Garbarski


THE BOYFRIEND – POURQUOI LUI ?

réalisé par John Hamburg

avec Bryan Cranston, James Franco, Megan Mullaly, Zoey Deutch, Keegan-Michael Key, Cedric The Entertainer, Griffin Gluck, Adam Devine, Andrew Rannells, Kaley Cuoco…

titre original : Why Him ?

sortie française : 25 janvier 2017

Un père de famille emmène sa famille visiter sa fille à Noël et se retrouve en compétition avec le petit-ami de celle-ci, un jeune devenu milliardaire grâce à internet.

The Boyfriend - Pourquoi lui ? : Photo James Franco, Zoey Deutch

The Boyfriend – Pourquoi lui ? (et oui, nous avons encore traduit un titre anglais par une sorte de titre anglais, quelle intelligence !) fait partie de cette vague de comédies américaines actuelles qui a du mal à se renouveler : des films à l’humour en dessous de la ceinture. La présence de la caricature de l’artiste arty et paradoxal James Franco devant la caméra (il m’agace mais je le trouve tout de même talentueux : ma contradiction m’achèvera un de ces quatre) ou encore voir au générique « sur une idée de Jonah Hill » ne me rassuraient pas des masses. On ne va pas se mentir : The Boyfriend est une comédie lourde. Les blagues sont assez potaches, ça tourne pas mal autour de la bite, du caca et tout ça (la scène d’ouverture donne la couleur !). Certaines m’ont fait rire, d’autres moins. Bref, j’ai connu bien pire et bien mieux : ça se laisse regarder même si ça ne casse pas des briques. Après si on n’est vraiment pas fan de cet humour assez grossier (ce que je peux comprendre, il y a des fois où ça peut déranger très fortement : là ça allait en l’occurence), on ne va pas se mentir : vous allez détester de A à Z. De toute façon, les scénaristes assument totalement cet humour vulgaire. Le duo formé par James Franco (parfait en gars très cool et paradoxalement d’un angélisme déconcertant) et Bryan Cranston (toujours très bien dans le rôle du père protecteur coincé) fonctionne très bien – on va dire que le film est principalement sauvé par la complicité et l’énergie de ces deux derniers. Megan Mullaly, qui faisait déjà des merveilles dans quelques épisodes de Parks & Recreation, est également très drôle dans le rôle classique de la mère coincée qui finit par se lâcher. En revanche, je suis un peu moins convaincue par la jeune Zoey Deutch, qui manque de charisme. Le scénario n’est évidemment pas fou mais l’ensemble se laisse regarder volontiers et c’est plutôt rythmé (le film durant deux bonnes heures, cela étant nécessaire). L’apparition de certains membres du groupe Kiss est également amusante. En tout cas, je ne me suis pas ennuyée et je n’en attendais pas plus : je savais où je mettais les pieds. Cela dit, juste une chose me « dérange » tout de même dans The Boyfriend (même s’il ne s’agit pas du seul film concerné par ce problème – mais là ça m’a fortement frappée) : ce film est une énorme glorification du capitalisme (ne croyez pas non plus que je suis en rouge à manifester pour le moindre truc mais voir que le pognon était roi à ce point m’a bien gênée) même s’il critique paradoxalement les hipsters et les nouveaux riches.

The Boyfriend - Pourquoi lui ? : Photo Bryan Cranston, Griffin Gluck, James Franco, Megan Mullally, Zoey Deutch

L’interview qui tue !

réalisé par Seth Rogen et Evan Goldberg

avec Seth Rogen, James Franco, Lizzy Caplan, Randall Park, Diana Bang…

titre original : The Interview

Comédie américaine. 1h52. 2014.

sortie française : 28 janvier 2015

L’ Interview qui tue !

Un animateur de talk show et son producteur se retrouvent impliqués dans un complot meurtrier à l’échelle internationale.

L’ Interview qui tue ! : Photo James Franco, Seth Rogen

A l’origine, The Interview (je vais l’appeler par son titre original tout le long de ma critique car le titre français m’exaspère) ne m’intéressait pas plus ça car je ne suis pas plus fan que ça de l’humour à la Seth Rogen (en gros un humour franchement pas fin et trop souvent en dessous de la ceinture) bien que je trouve le bonhomme toujours aussi sympathique. Mais personne n’a pas échappé aux polémiques autour de ce film. Tout d’abord, comme on s’en doutait un peu, le long-métrage n’a pas vraiment plu au véritable Kim Jong-un, qui n’a pas hésité à menacer ouvertement les Etats-Unis de représailles. Puis, Sony Pictures Entertainment a été victime d’un colossal piratage. Ainsi, beaucoup d’informations ont été révélées publiquement (dont des mails à caractère raciste) et la patronne Amy Pascal (entre nous, une conne) a annoncé récemment sa démission. La Corée du Nord a évidemment été accusée d’avoir provoqué ce gigantesque piratage même si rien ne le prouve jusqu’à présent (je n’aime pas voir des complots de partout mais cela ne me semble toujours pas impossible que ce soit l’équipe du film qui ait fait le coup…). Face à des menaces terroristes visant les cinémas américains, Sony a refusé de sortir The Interview en salles dans un premier temps puis est sorti en VOD aux Etats-Unis et dans quelques cinémas américains le jour de Noël. Finalement, il a eu également droit à sa sortie dans les cinémas français. Bref, j’étais curieuse de découvrir LE film qui a foutu un sacré merdier, au point de créer un incident diplomatique. Comme je n’en attendais rien, je ne peux pas dire que j’ai été déçue. En revanche, voir qu’une petite comédie potache assez oubliable ait pu créer autant de problèmes fout quand même un peu les boules. Je ne vais pas pour autant le démonter entièrement. Dans l’ensemble, The Interview est selon moi un peu trop long mais il reste divertissant et propose tout de même pas mal de scènes drôles (en tout cas, elles m’ont fait rire). Rien que les premières minutes du film, avec Eminem qui avoue publiquement (et à plusieurs reprises) qu’il est gay alors qu’il est réputé pour son homophobie et Rob Lowe chauve sont réussies. J’ai également bien adhéré au gros délire autour de Fireworks de Katy Perry.

L’ Interview qui tue ! : Photo Randall Park

Hélas, comme je m’en doutais avant de le découvrir, The Interview n’échappe pas à des gags assez lourds voire même assez vulgaires. Je pense par exemple à la scène de sexe furtive entre Seth Rogen et Diana Bang (honnêtement, cela n’a aucun intérêt de voir la queue relevée de Rogen dans son pantalon, on a compris qu’il était en chaleur) ou encore à une vague scène de pénétration anale, qui n’est franchement pas drôle. Je tenais également à partager une de mes réflexions, même si j’ai conscience qu’elle pourra déranger certains parmi vous, surtout que je proclame régulièrement défendre la liberté d’expression. Mais je dois avouer que cela m’a embarrassée de voir cette comédie ancrée dans un univers réel mettant en scène un dictateur qui existe toujours actuellement. Je pense pourtant qu’on peut rire de tout et je précise évidemment que je ne défends en aucun cas Kim Jong-un. Cependant, quand je vois tout le foin qu’il y a eu autour de ce film et quand je vois le résultat, je ne trouve pas que ça valait le coup de rester aussi proche de la réalité et à prendre tous ces risques. Je n’aime pas forcément réécrire les scénarios, on doit prendre les films tels qu’ils sont mais j’ai l’impression qu’un univers fictif aurait eu plus sa place (surtout avec un humour si potache). En fait, je crois que je n’ai pas surtout pas apprécié de voir un buzz gratuit. Après, peut-être que je n’aurais pas eu ce type de réflexion face à un film bien plus réussi. De plus, le Kim Jong-un est, à part à la fin du film, relativement sympathique (et j’ai trouvé Randall Park plutôt bon). Effectivement, on voit comment Rogen et Goldberg ont voulu dénoncer cette dictature, notamment en grossissant absolument tous les traits de la personnalité coréenne. Mais pour moi, ils passent un peu à côté de la critique de la dictature. En revanche, celle des médias m’a paru davantage pertinente, principalement grâce à James Franco. Cet acteur a beau m’agacer, je dois avouer qu’il s’en sort parfaitement bien dans ce rôle de journaliste crétin. Pour conclure, The Interview n’est pas la comédie qui tue (désolée pour la vanne vraiment naze) et peut décevoir par rapport à sa surmédiatisation (je comprends certaines critiques assassines) mais il a réussi à me divertir, même à me faire rire de temps en temps. Disons que je ne l’ai pas trouvé pire que les autres comédies grasses venues tout droit des Etats-Unis.

L’ Interview qui tue ! : Photo James Franco, Randall Park