[MC2018] Collège attitude

réalisé par Raja Gosnell

avec Drew Barrymore, Michael Vartan, David Arquette, John C. Reilly, Molly Shannon, Leelee Sobieski, Jessica Alba, James Franco, Octavia Spencer, Garry Marshall…

titre original : Never Been Kissed

Comédie américaine. 1h47. 1999.

sortie française : 14 juillet 1999

Un film se déroulant dans un lycée / collège / université  

Si Josie Geller, rédactrice au « Chicago Sun-Times », rencontre le succès dans sa profession pour sa rigueur et ses compétences, sa vie privée est un véritable désert et elle attend encore le prince charmant qui lui donnera son premier vrai baiser. Quand son rédacteur en chef lui propose un reportage sur les lycéens des années 90, Josie, qui ambitionne de devenir grand reporter, accepte, bien que ses souvenirs de lycée soient quelque peu douloureux. Rassemblant tout son courage, Josie infiltre South Glen en tenue jeune, essayant d’adopter le style étudiant.

Collège Attitude est le premier film de la société de production de la sympathique actrice Drew Barrymore (« Flower Films » – le nom fait peur mais c’est pourtant cette même société derrière le génial Donnie Darko) qui s’est également attribué le premier rôle. Ce rôle principal en question est celui de Josie (en référence au dessin animé culte Josie et les Pussycats), une jeune journaliste de 25 ans qui doit faire le reportage de sa vie : elle se fait alors passer pour une ado dans un lycée pour enquêter (comment et qui est l’ado de son époque ?). Oui, un lycée, vous avez bien lu, il n’y a d’erreur de ma part, je suis même allée re-vérifier pour la rédaction de ce billet. Bref, ceci est tellement logique alors le film s’intitule en français Collège attitude. Il ne faut donc pas croire que les blems de traductions datent d’aujourd’hui et que tout était donc mieux avant. Revenons donc à notre Josie, la jeune adulte qui se glisse dans la peau d’une lycéenne dans le but de progresser professionnellement dans le monde du journaliste (visiblement, dans tous nos films, le métier de journaliste vend du rêve). Pas évident donc pour cette femme mal dans sa peau et encore vierge, qui a été malmenée et certainement harcelée durant ses années lycée. Bon, on se demande rapidement si cette histoire d’infiltration est réellement crédible (même si Drew Barrymore faisait très jeune – et avait également presque 25 ans comme son personnage), on sait d’entrée que l’histoire en elle-même est grosse comme un camion. Mais étonnamment, on peut éventuellement se laisser prendre au jeu, on a envie d’y croire même si l’histoire ne collerait en réalité pas nécessairement à la réalité. Je n’ai spécialement envie de descendre ce film qui n’a jamais prétendu être un chef-d’oeuvre ou quoi que ce soit. Je savais très bien à quoi m’attendre en regardant ce teen-movie (en précisant que je n’ai aucun mépris pour ce genre même si je n’ai jamais prétendu en être fan). Le film est ce qu’il est : très daté dans son époque (avec tous les codes possibles des années 90), sans prétention, très Barbie. Drew Barrymore n’a jamais été une grande actrice mais pourtant on a toujours de la sympathie et de l’attachement pour elle même dans ses films et rôles les plus idiots. Je ne pense pas que David Arquette soit réellement un bon acteur mais dans les rôles d’idiots (comme dans Scream), son « interprétation » passe pas trop mal. Leelee Sobieski (je me suis aperçue que je connaissais très mal cette actrice) est finalement la réelle bonne surprise de ce long-métrage.

A noter au passage quelques petits seconds rôles (à l’époque ils n’étaient pas les stars qu’elles sont à l’heure actuelle) à droite et à gauche bien sympathiques : Jessica Alba, James Franco, Octavia Spencer… L’ensemble n’est pas désagréable à regarder (malgré des gags gros comme un éléphant), comme n’importe quel teen-movie et comédie romantique des années 90 (c’est moi ou ces deux genres ont du mal à se renouveler depuis quelques années ?). Bref, je ne vais pas vous mentir : j’ai même passé un sympathique moment devant ce film. Bon, on ne va pas s’attarder sur la mise en scène assez pauvre, en même temps, je n’ai pas voulu regarder ce film pour rechercher une possible qualité de ce côté-là. Par ailleurs, avant d’écrire cette chronique, je lui avais même accordé une petite moyenne. Mais après réflexion, quelque chose m’a réellement chiffonnée et qui m’a poussée à descendre légèrement ma note (même si la note est toujours quelque chose à prendre avec des pincettes, d’où l’intérêt de parler des films). La fin est problématique et je ne suis pas la seule à l’avoir remarquée. Attention, quelques spoilers : sans surprise (en même temps il ne fallait pas à s’attendre à en avoir), tout le monde au lycée finit par connaître le fameux secret dont le beau prof Sam (incarné par le très lisse Michael Vartan, qui semble avoir disparu de nos écrans), qui avait très envie de coucher avec son élève Josie (déjà tu sens une tension sexuelle entre un prof et possiblement une mineure – en tout cas du point de vue du prof, tu te poses des questions). Or, il devient fou furieux quand il apprend que Josie est en réalité une adulte… avec qui il pourrait alors réaliser alors son désir en toute légalité. Bref, je me suis demandée s’il s’agissait d’une apologie de la pédophilie au bout d’un moment. Sans déconner, je comprends le schéma pris par le scénario : dans ce type de films, il faut toujours que le personnage principal passe par cette étape où il se fâche avec son chéri / crush pour pouvoir mieux le reconquérir notamment en s’excusant ou en faisant tout pour réparer ses erreurs. Mais là il faut avouer que le scénario ne s’y prend nécessairement très bien, c’est assez maladroit pour rester gentille. College Attitude aurait pu être un film  plus « speggle » (seuls ceux qui ont vu le film comprendront de quoi je parle). Il a des défauts gros comme un camion mais je comprends les spectateurs « adeptes » de ce film, presque un peu nostalgiques.

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Amies malgré lui / Imperium

Amies malgré lui

réalisé par Susanna Fogel

avec Leighton Meester, Gillian Jacobs, Adam Brody, Gabourey Sidibe, Abby Elliott, Greer Grammer, Julie White, Kate McKinnon…

titre original : Life Partners

Comédie américaine. 1h37. 2014.

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L’amitié entre Sasha et Paige est remise en question lorsque Paige se met en couple avec Tim…

Amies malgré lui : Photo

Amies malgré lui n’a pas connu de sortie cinéma (vu que c’est désormais la nouvelle tendance). Un sujet bateau sur le papier, des acteurs finalement peu connus en dehors de quelques jeunes amateurs de séries télé (Newport Beach et Community ici) et un titre (que ce soit en version originale ou française) qui n’attire pas des masses non plus : voilà ce qui peut vaguement expliquer cette sortie en e-cinema. Etait-ce réellement justifié, au-delà du problème financier ? Si on part du principe qu’une sortie en e-cinema est moins noble qu’une sortie au cinéma (je ne partage pas cet avis, je reprends plus une certaine idée générale que les spectateurs lambda pourraient avoir), non ce n’était pas justifié de ne pas le diffuser dans le cinéma. Certes, Amies malgré lui n’a rien de révolutionnaire (et ne prétend pas l’être) mais n’est pas en-dessous de nombreux films sortant chaque année au cinéma dans ce même genre. La « particularité » de ce film concerne son traitement concernant l’homosexualité. En effet, cela fait du bien de voir un film (même s’il n’est pas le seul – heureusement, les mentalités changent petit à petit au fil du temps) qui met en scène des lesbiennes sans être militant (contrairement à ce qui était indiqué dans certains synopsis) ou inclure cette homosexualité comme moteur du récit (même si je n’ai évidemment rien contre ce type de films non plus) : Sasha, qui est lesbienne, est mis au même niveau que sa meilleure amie Paige, hétérosexuelle. Amies malgré lui parle donc avant tout d’une amitié mise à l’épreuve. On pourrait croire (et c’est d’ailleurs ce que croit Sasha) c’est la nouvelle situation amoureuse de Paige, qui s’engage sérieusement avec quelqu’un, qui bousille petit à petit l’amitié entre les deux jeunes femmes. Mais le film montre finalement autre chose, avec une certaine efficacité : c’est notre propre construction identitaire, elle-même remise en question, qui peut fragiliser nos relations même avec les êtres les plus chers. Le scénario n’est pas fou en terme de rebondissements, la mise en scène manque certainement de consistance (même si je n’ai pas trouvé le résultat lamentable de ce côté-là) mais l’histoire m’a plutôt plu et les sujets sont assez bien traités. Il s’agit donc d’un petit film sympathique, certes facilement oubliable, mais pas mal fait dans son genre, que ce soit dans la défense de son sujet ou plus généralement en terme de « divertissement ». Enfin, le film est servi par un bon casting, on ressent notamment bien la complicité entre Leighton Meester et Gillian Jacobs. Pour la petite anecdote (ou le petit rappel, tout dépend le point de vue), Leighton Meester est l’épouse d’Adam Brody.

Amies malgré lui : Photo Gillian Jacobs, Leighton Meester


Imperium 

réalisé par Daniel Ragussis

avec Daniel Radcliffe, Toni Collette, Tracy Letts, Sam Trammell…

Drame, thriller américain. 1h50. 2016.

sortie (e-cinema) : 1 novembre 2016

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Un agent du FBI infiltre un groupe de suprématistes pour empêcher un attentat.

Imperium : Photo Daniel Radcliffe, Devin Druid, Pawel Szajda

Comme vous savez, je suis de près (quand je le peux) la carrière de Daniel Radcliffe. Je l’assume totalement : j’ai vu Imperium, directement sorti en e-cinema, uniquement pour l’acteur britannique. Là encore, on voit les désastres de l’évolution du cinéma : ce film mériterait-il de sortir en e-cinema, sans passer par la case salle de cinéma ? S’il n’a rien d’extraordinaire – comme beaucoup de films en e-cinema ou sortis directement en dvd – là encore, il ne méritait pas un tel sort. Certes, le schéma de Imperium est assez classique : un agent du FBI se fait passer pour un suprématiste pour empêcher un attentat de la part de ce groupe extrémiste. Il n’y a pas d’évolution du personnage principal : il se contente de devoir réussir sa mission. On a du mal à le connaître si ce n’est – et c’est certainement le point fort de ce petit film – qu’il arrive à comprendre la démarche de ces suprématistes (sans pour autant les excuser). Le scénario manque certainement de profondeur, la mise en scène n’est pas folle (même si le travail reste honnête) mais le tout a le mérite de bien traiter son sujet. Il ne s’agit pas simplement de parler de dire bêtement « regardez comme il y a de méchants néonazis / racistes dans notre monde » Le but de ce film est plutôt de dénoncer le réel danger de ce type de mouvement (le discours pouvant certainement être élargi en fonction du groupe extrémiste). On s’aperçoit alors que ceux qui ont l’air le plus dangereux ne sont pas nécessairement ceux qui le sont le plus. Il faut davantage se méfier des gens qui ont l’air de se fondre dans ce qu’on attend habituellement dans la société et qui se servent justement de leur statut social et de leur intelligence pour manipuler des esprits plus faibles et faire passer des messages plus que douteux. C’est pour cela que l’agent du FBI parvient à cerner ce type de personnalité : pourquoi ces extrémistes ne se servent-ils pas de leur intelligence pour une cause bien meilleure ? Le film prend alors en compte que pour le point de vue de ces extrémistes, il s’agit d’une cause pouvant permettre de rendre le monde « meilleur ». Encore une fois, je trouve que ça fait forcément réfléchir à certains événements qui se déroulent depuis un certain temps. Dans le rôle principal, Daniel Radcliffe s’en sort très bien. S’il n’y a pas de réelle évolution dans son personnage, il parvient tout de même à montrer plusieurs traits de sa personnalité (par une sorte de mise en abyme, le personnage devant jouer la comédie pour atteindre son objectif). Les seconds rôles, comme Toni Collette en agent du FBI pugnace ou encore Sam Trammell assez angoissant, sont également très bons.

Imperium : Photo