Split

réalisé par M. Night Shyamalan

avec James McAvoy, Anya Taylor-Joy, Betty Buckley, Haley Lu Richardson, Jessica Sula, Brad William Henke, Sebastian Arcelus, Neal Huff, M. Night Shyamalan…

Thriller, épouvante-horreur américain. 1h57. 2017.

sortie française : 22 février 2017

interdit aux moins de 12 ans

Kevin a déjà révélé 23 personnalités, avec des attributs physiques différents pour chacune, à sa psychiatre dévouée, la docteure Fletcher, mais l’une d’elles reste enfouie au plus profond de lui. Elle va bientôt se manifester et prendre le pas sur toutes les autres. Poussé à kidnapper trois adolescentes, dont la jeune Casey, aussi déterminée que perspicace, Kevin devient dans son âme et sa chair, le foyer d’une guerre que se livrent ses multiples personnalités, alors que les divisions qui régnaient jusqu’alors dans son subconscient volent en éclats.

Split : Photo James McAvoy

Décidément, depuis le surprenant The Visit, M. Night Shyamalan confirme bien qu’il est de retour après une mauvaise période qu’on tente tous d’oublier. Collaborer avec le producteur Jason Blum (vous savez, c’est le type qui produit ces daubasses de Paranormal Activity) aurait pu être un poids et bousiller de nouveau la carrière du réalisateur de Sixième Sens. Au contraire, cela marque la renaissance du cinéaste. Avec un petit budget, M. Night Shyamalan s’en sort à merveille avec son dernier long-métrage, Split, qui serait inspiré d’une histoire vraie : celle de Billy Milligan, arrêté pour viol à la fin des années 1970 et jugé non responsable de ses crimes en raison de son trouble dissociatif de l’identité. A partir de cette histoire, Shyamalan s’est interrogé sur le lien entre le corps et l’esprit : si un individu souhaite devenir une entité qui pourrait dépassement tout ce qu’on peut imaginer (quelque chose qui n’a rien d’humain par exemple), la force de l’esprit peut-elle être à l’origine d’une métamorphose ? James McAvoy incarne donc Kevin (qu’on verra finalement très peu sous cette véritable identité) qui vit avec 23 entités cohabitant et interférant entre elles : le pervers Dennis, la sophistiquée Patricia, le petit Hedwig, Barry le fou de mode etc… Ce sont ces entités qui poussent Kevin à kidnapper trois jeunes filles. Parmi elles, on va surtout s’intéresser à Casey, une adolescente renfermée et qui fait tout pour être recevoir des heures de colle à l’école. Elle se différencie de ses camarades. Casey a beau être la victime, elle partage beaucoup de points communs avec Kevin. Tous les deux ont souffert et doivent apprendre à vivre avec des traumatismes d’enfance. Chacun aussi a su développé une carapace pour se protéger. Ils partagent aussi un autre point commun : l’animalité. D’un côté, les flashback montrent l’histoire familiale de Casey, cette dernière apprenant enfant à chasser. De l’autre, Kevin a un comportement de plus en plus animal (le nom de la vingt-quatrième étant très explicite). L’instinct de survie est au coeur de ce long-métrage, avec ses bons et mauvais côtés. Par ailleurs, le lieu de l’intrigue (dans un zoo) est plutôt significatif.

Split : Photo James McAvoy

Split est aussi un film qui aborde le thème des apparences. On pense évidemment aux différentes apparences prises à chaque fois qu’une entité prend place : on ne peut évidemment pas limiter les différents changements de personnalité par des accessoires vestimentaires (la voix, les répliques ou l’attitude en elle-même font notamment partie des différents éléments qui mettent en avant la transformation) mais on ne peut pas nier son existence. La question des apparences concerne aussi Casey et même les deux autres filles kidnappées avec l’héroïne. Les entités qui envahissent Kevin s’attaquent à ces filles car ces dernières ne semblent pas avoir de vécu ni de souffrance. Après avoir discuté avec la personne qui m’accompagnait, nous nous sommes étrangement d’accord sur un point : on peut le rapprocher d’une certaine façon du très récent (et excellent) film de Tom Ford, Nocturnal Animals. En effet, ces deux films, qui ont l’air a priori différents, mettent en avant l’idée suivante : le spectateur / la victime a peur d’un individu à partir de ses propres préjugés et connaissances et non pas nécessairement par ce qu’il voit réellement devant lui. Split est donc un film très réussi aussi bien sur le fond que sur la forme, les deux se complétant superbement bien. Il est extrêmement oppressant alors que sur le principe on ne voit pas grand-chose à l’écran (et cela s’applique aussi à l’histoire personnelle de Casey : le spectateur est capable de visualiser l’horreur que la jeune fille a pu vivre alors que rien n’est montré). Finalement, le spectateur et les autres personnages voient des choses, des formes notamment qui ne correspondent pas nécessairement à la réalité. Pour moi, dans un premier temps, les personnages sont dans un monde assez réaliste, c’est-à-dire concrètement le nôtre. J’ai totalement cru à l’évolution de Kevin provoquée par son esprit malade. Le fait que la psychiatre Karen Fletcher soit sans cesse présente ne fait qu’ajouter à la crédibilité même du récit : la psychiatrie peut expliquer des phénomènes qui pourraient sembler pour le commun des mortels irrationnels. Mais après tout, notamment sa fin avec son petit caméo surprise (même si le film en lui-même se suffit – beaucoup de spectateurs dans la salle n’avaient pas forcément compris le clin d’oeil), il est tout à fait envisageable d’aller plus loin dans le mystère. Si le spectateur et les personnages voient quelque chose d’irrationnel, de l’ordre du fantastique, je pense que le film leur permettent cette interprétation.

Split : Photo Anya Taylor-Joy

Le petit budget a donc fait beaucoup de bien à Shyamalan qui a su redevenir créatif en proposant aux spectateurs une oeuvre divertissante, enrichissante, sacrément bien foutue et intelligente. Le scénario est malin voire même ludique, la mise en scène vertigineuse et le montage efficace. On ne met pas mille ans à entrer dans le récit (Split commence avec le kidnapping des trois jeunes filles) pourtant le film prend son temps pour exposer l’histoire et notamment nous présenter la dernière entité. Plus on avance dans le film, plus la tension monte : l’effet « crescendo » fonctionne totalement. On pourra toujours reprocher à Split de ne pas nous montrer plus d’entités prendre forme à l’écran mais je me dis que ce n’est peut-être pas plus mal que ça : on a peut-être évité un bordel sans nom qui aurait finalement causé du tort au film. On pourra aussi toujours dire qu’il ne s’agit pas totalement d’un huis-clos. Cela ne m’a pourtant pas empêchée d’adorer ce film qui, selon moi, est très abouti et est encore plus complexe qu’il ne l’est déjà. James McAvoy trouve certainement ici le rôle le plus puissant de sa carrière. On pourra aligner un grand nombre d’adjectifs complimentant son incroyable performance. Il parvient à devenir chaque nouvelle personnalité en un clin d’oeil et avec finesse, mais paradoxalement, il prend aussi en compte le lien entre les différentes entités : cette cohérence entre chaque personnalité rend sa performance encore plus intense. J’ai apprécié qu’il ne s’agit pas d’un McAvoy show comme je le redoutais : cela aurait pu être le type de films où il aurait pu tirer des grimaces ou un truc de ce genre, mais ce n’est pas le cas. Le spectateur ressent à la fois la folie et la souffrance chez ce personnage. Enfin, James McAvoy a le mérite de ne pas éclipser ses très bons partenaires, que ce soit Anya Taylor-Joy, qui interprète Casey ou encore Betty Buckley (qui avait déjà travaillé avec Shymalan dans Phénomènes) qui incarne le docteur Karen Fletcher.

Split : Photo James McAvoy

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Nocturnal Animals

réalisé par Tom Ford

avec Amy Adams, Jake Gyllenhaal, Michael Shannon, Aaron Taylor-Johnson, Isla Fisher, Ellie Bamber, Armie Hammer, Karl Glusman, Laura Linney, Andrea Riseborough, Michael Sheen, Jena Malone…

Drame, thriller américain. 1h57. 2016.

sortie française : 4 janvier 2017

Movie Challenge 2017 : Un film sorti cette année

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Susan Morrow, une galeriste d’art de Los Angeles, s’ennuie dans l’opulence de son existence, délaissée par son riche mari Hutton. Alors que ce dernier s’absente, encore une fois, en voyage d’affaires, Susan reçoit un colis inattendu : un manuscrit signé de son ex-mari Edward Sheffield dont elle est sans nouvelles depuis des années. Une note l’accompagne, enjoignant la jeune femme à le lire puis à le contacter lors de son passage en ville. Seule dans sa maison vide, elle entame la lecture de l’oeuvre qui lui est dédicacée…

Nocturnal Animals : Photo Amy Adams

Sept ans après le formidable A Single Man (qui était déjà une adaptation de roman), le styliste Tom Ford adapte le roman d’Austin Wright, Tony and Susan, paru en 1993. Tony et Susan sont effectivement les personnages principaux de Nocturnal Animals. Enfin, oui et non. Ils sont bien les personnages du film de Ford qui a remporté le Lion d’argent – Grand prix du jury à la Mostra de Venise en 2016. Mais Tony est surtout le personnage du roman d’un des personnages du fillm (Edward) qui s’intitule donc aussi Nocturnal Animals. Le long-métrage de Tom Ford est donc une fiction dans la fiction : Edward envoie le manuscrit en question à son ex-femme, Susan, une artiste cynique qui subit les infidélités de son mari actuel. En découvrant le texte d’Edward, Susan se sent nostalgique et se rend compte à quel point elle n’a pas fait le bon choix en laissant son premier mari tomber de la pire des manières. Elle veut même le revoir suite à la lecture de ce roman. Tom Ford joue alors sur trois temporalités : le présent avec Susan qui lit le roman, le passé montrant comment Susan s’est mise en couple avec Edward puis comment elle la détruit et enfin il y a évidemment la temporalité même du roman. Sur le papier, cela peut paraître compliqué mais à l’écran on comprend a priori facilement et rapidement. Beaucoup de réalisateurs auraient pu rendre le long-métrage inaccessible, ce n’est pas le cas chez Tom Ford. J’avais beau connaître (et aimer) son travail sur A Single Man (on y pense d’ailleurs par moments en regardant ce deuxième long), je redoutais le manque de compréhension. Or, c’est étonnamment compréhensible au premier abord. Si on isole le roman, ce dernier est très simple par rapport à ce qu’on attend d’un polar traditionnel : une histoire de vengeance comme on a l’habitude de voir, au Texas (l’endroit typique pour avoir des embrouilles dans un roman policier), avec un flic et des méchants stéréotypés. Surtout, en avançant dans le film, on comprend aussi aisément les liens entre le roman et la vie vécue par l’ancien couple formé par Edward et Susan. La mise en scène et plus généralement l’esthétique du film sont très visuelles, pourtant étonnamment rien n’est jamais lourd. Et c’est par ces procédés que Tom Ford parvient à donner une sorte de subtilité à la complexité de son oeuvre.

Nocturnal Animals : Photo Jake Gyllenhaal

Son apparente facilité d’accès prouve déjà selon moi une des grandes qualités de Nocturnal Animals (on pouvait s’attendre à un film hautain, ce n’est pas le cas). On comprend a priori ce qu’on voit à l’écran dans les grandes lignes mais en même temps le spectateur est face à des interrogations ou plutôt à son sens de l’interprétation. Chaque oeuvre, que ce soit un film (l’oeuvre de Ford), un roman (celui d’Edward), une peinture ou une oeuvre étrange (le travail de Susan) dans une exposition artistique (je reviendrai sur la scène d’ouverture) mérite d’être décortiquée ou interprétée en fonction de sa propre expérience et de son propre ressenti. L’art est alors évidemment un des thèmes les plus importants de ce deuxième long-métrage de Tom Ford. L’art est quelque chose qui se vit littéralement : la scène où elle entend les battements de coeur de Tony est particulièrement frappante. Surtout, plus globalement, étant donné qu’on est face à une fiction dans la fiction, l’art peut aussi avoir pour mission de revivre certains événements ou en tout cas de la modifier, de la remodeler et d’imaginer la personne qu’on a envie d’être ou que l’Autre imagine que vous soyez. Cela vaut aussi bien pour l’auteur (Edward) que pour le lecteur concerné (Susan). Le film de Tom Ford se démarque aussi par son sens de l’esthétique, devenant ainsi lui-même une ode à l’art. Il parvient par cet esthétique à servir le scénario et les tourments des personnages. La première scène, qui a visiblement « choqué » ou perturbé certains spectateurs, présente des femmes obèses pratiquement nues et très à l’aise avec leur corps. On s’aperçoit alors juste après que ces femmes en question, également allongées sur des tables, font partie de l’exposition artistique de Susan. Possiblement une référence à des oeuvres artistiques appartenant au mouvement hyperréaliste, ce générique a le mérite de créer un malaise en mettant en avant littéralement l’opulence surtout par rapport à l’existence vide de Susan.

Nocturnal Animals : Photo Amy Adams

Un dernier thème phare de Nocturnal Animals est la vengeance. Il y a donc d’un côté la vengeance de Tony dans le roman qui est davantage plus concrète et terre-à-terre, et surtout plus compréhensible pour le spectateur qui compatira avec le personnage. De l’autre, sans révéler la fin, il y a bien la vengeance d’Edward qui fait finalement plus mal mais qui peut aussi partager le spectateur (la réaction du personnage étant plus lâche). Finalement, et c’est d’ailleurs là où le film devient encore plus complexe que prévu (même s’il l’est déjà tout court), c’est que nous ne sommes plus sûrs en avançant qu’Edward parle uniquement de lui et de son ressenti sur sa relation avec Susan à travers le personnage de Tony : on peut aussi penser que Tony est aussi en quelque sorte Susan. Les différents processus mis en place permettent de rendre ce film très troublant. Même le choix des acteurs n’est pas anodin. Jake Gyllenhaal interprète deux personnages (donc les fameux Edward et Tony) tandis qu’Isla Fisher interprète l’épouse de Tony : on comprend aisément qu’elle représente Susan (Amy Adams). Il faut aussi prendre en compte les plans où, de dos, on ne sait plus s’il s’agit de Laura, India ou Susan. Enfin, le dernier grand thème à dégager est certainement celui des apparences. Evidemment, c’est un thème qu’on peut vite percevoir à travers l’existence de Susan. Elles ont été à l’origine de la destruction du couple Susan-Edward ainsi que celle de la famille de Tony. On se pose même la question suivante : Ray était-il de base un monstre ou l’est-il devenu parce que les Hastings l’ont jugé ainsi à son apparence ? Nocturnal Animals est pour moi un véritable bijou, extrêmement envoûtant, brillant et bien pensé de A à Z. Pour couronner le tout, le film bénéficie d’une très belle distribution. Amy Adams est certes peu présente techniquement parlant et pourtant tout est fait pour qu’on pense sans cesse à elle tout le long. Jake Gyllenhaal (décidément, il choisit de mieux en mieux ses rôles) est également remarquable, surtout en tenant deux rôles. Michael Shannon, en flic certes volontairement stéréotypé mais attachant, est comme d’habitude formidable. Enfin, la bonne surprise de ce casting (même si encore une fois tout le casting est excellent) est certainement Aaron Taylor-Johnson, très justement récompensé par le Golden Globe du meilleur acteur dans un second rôle.

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Unbreakable Kimmy Schmidt (saison 2)

Créée par Robert Carlock et Tina Fey

avec Ellie Kemper, Tituss Burgess, Carol Kane, Jane Krakowski, Sara Chase, Lauren Adams, Dylan Gelula, Sol Miranda, Lisa Kudrow, Tina Fey, Jon Hamm, David Cross, Anna Camp, Ice-T, Jeff Goldblum, Joshua Jackson, Zosia Mamet…

Série comique américaine.  2e saison. 2016. 

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Kidnappée lorsqu’elle était adolescente, Kimmy a passé 15 ans au sein d’une secte, entourée de quatre autres filles de son âge, en pensant qu’elle était l’une des seules survivantes de l’Apocalypse. Le jour où elle est enfin libérée, c’est un tout nouveau monde qui s’ouvre à elle, rempli d’infinis possibilités. Devant ses yeux innocents et éblouis, New York lui semble gigantesque et c’est là qu’elle est bien décidée à refaire sa vie, même si elle n’a aucune idée de ce qu’elle veut en faire…

Photo Ellie Kemper, Jane Krakowski, Tituss Burgess

J’avais relevé quelques défauts mais j’avais été très satisfaite par la première saison de Unbreakable Kimmy, créée par Tina Fey et Robert Carlock (à l’origine de la très bonne série 30 Rock). J’avais donc envie de connaître la suite des aventures de la Kimmy du titre (et aussi de ses amis), de voir si elle était capable de se reconstruire pour de bon après le procès du Révérend (interprété par Jon Hamm) qui l’avait retenue dans un bunker pendant quinze ans. Avant de commencer à découvrir cette saison 2, je n’avais pas spécialement envie d’écrire un billet de peur de me répéter. Mais en fait, je chronique cette saison en question car elle est différente de la première et par conséquent le ressenti est également différent. On pourra dire ce qu’on veut : on pourra être content de voir du changement, de ne pas rester sur des acquis, d’avoir envie de faire évoluer les personnages. Ainsi, la première saison était très portée sur l’avenir. Or, cette deuxième saison tourne autour du passé. Kimmy a beau être un personnage optimiste, ses blessures sont bien réelles. Elle ne peut plus fuir éternellement ce qui s’est passé et elle a besoin de revenir sur son enfance et son enlèvement pour pouvoir grandir pour de bon et ne plus être la grande enfant qu’elle est actuellement. Par conséquent, autre changement lié à la question du temps : cette saison est certes toujours drôle mais elle est bien plus profonde que la précédente. On savait bien qu’il y avait déjà une part de psychologie mise en place dans la première saison mais on sentait bien que Tina Fey et Robert Carlock avaient préféré privilégier l’humour très cartoonesque et l’optimisme. Attention, ces deux éléments sont toujours présents dans cette nouvelle saison mais il me semble que ce n’était pas la priorité des créateurs et des scénaristes. La psychologie est si mise en avant qu’elle est concrètement intégrée dans le scénario : en effet, Kimmy rencontre une psy complètement barge, alcoolique et schizophrène, incarnée par Tina Fey justement (excellente au passage – plus marquante que dans la première saison dans un autre rôle – même si on a parfois l’impression qu’elle fait un peu trop son show – on sent que ne plus être l’héroïne d’une série doit lui manquer). Cela va lui permettre de mieux comprendre certains éléments. Parmi ces scènes de compréhension nécessaires à sa reconstruction, on notera l’épisode très réussi dans lequel elle voit des parties de sa vie façon dessin animé de Disney avec sa mère (interprétée par Lisa Kudrow, très bien au passage dans l’épisode final) et le Révérend.

Photo Ellie Kemper, Jeff Goldblum

Cette saison 2 se veut donc plus profonde et sur ce point, je trouve qu’elle est assez réussie et pas uniquement en ce qui concerne Kimmy, ce qui crée encore plus de cohérence dans le propos. En effet, tous les personnages sont concernés par leur passé pour pouvoir mieux avancer. Ainsi, Titus affronte son passé « d’hétéro » mal sans sa peau et assumer enfin ses responsabilités en se mettant en ménage avec quelqu’un. Jacqueline, divorcée et qui n’a plus un sou, assume de plus en plus ses origines indiennes. Quant à Lillian, elle se bat pour préserver son quartier  face aux hipsters et plus généralement face aux changements. J’ai aimé cette saison intelligente et touchante, cela dit, comme la saison précédente, elle a ses défauts. Ce sont des défauts différents de la première saison. Je ne sais pas si c’est parce que je me suis habituée ou non mais je trouve qu’il y a peut-être moins de « grimaces » et d’humour forcé dans cette seconde saison. De ce point de vue là, il y a eu des progrès. En revanche, le véritable problème de cette saison est son rythme. Certes, je ne dirais pas que je me suis emmerdée, loin de là, sinon je ne me serais pas gênée de lui foutre une sale note. Ca reste amusant et divertissant. Mais j’ai tout de même senti au milieu de la saison un véritable coup de mou. Mine de rien, cette saison est un peu plus longue que la précédente. En effet, la première saison comportait dix petits épisodes qui duraient chacun une petite vingtaine de minutes. Or, cette deuxième saison est composée de treize épisodes qui durent désormais trente minutes. Ca parait peu dit comme ça et pourtant on sent une énorme différence ! Certes, ces quelques ajouts sont dans la continuité de ce qui a été mis en place autour de la psychologie des personnages. Effectivement, on voit davantage les rôles secondaires dans cette saison tout en gardant bien en tête que le personnage central reste Kimmy. Cela dit, les longueurs se ressentent, on sent que ça s’étire inutilement finalement. Supprimer certains épisodes aurait été judicieux finalement. Surtout, si on sent qu’il y a une volonté de penser au sort de tous les personnages, je n’ai pas trouvé qu’ils étaient tous mis sur le même niveau. En effet, on voit toujours autant Titus (et ses formidables péripéties), le personnage de Lillian a également été très bien développé (et tant mieux car elle n’était pas suffisamment présente dans la première saison) mais celui de Jacqueline m’a semblé plus délaissée alors que son évolution est hyper intéressante. Ca m’a beaucoup frustrée !

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Heureusement, cette saison sait où elle va malgré quelques égarements et trouve une bonne fin : elle clôt bien la saison tout en offrant une véritable ouverture (par une véritable révélation sur Kimmy). Par conséquent, cela donne envie de découvrir la saison 3 (déjà commandée par Netflix). Surtout cette saison regorge tout de même d’un grand nombre de moments très drôles. Certes, difficile de nous faire oublier le désormais mythique « Peeno noir » mais certaines scènes valent tout de même le détour. Je pense notamment à l’intervention hilarante de Jeff Goldblum en présentateur d’un show hyper malsain profitant de la misère humaine, au coming-out du copain de Titus à sa famille qui va frustrer notre drama queen préférée, la venue des hipsters (avec Zosia Mamet de Girls), l’épisode hommage et délirant au Menthos ou à l’apparition étrange de Ice-T. Enfin, même si on la voit moins durant cette saison, Jacqueline nous offre un grand nombre de scènes très drôles, encore plus que dans la précédente saison. Elle est hilarante avec sa famille indienne, en tentant de retrouver ses véritables origines alors qu’elle a l’air encore très New-Yorkaise (et qu’elle raconte en plus n’importe quoi dans une langue ou encore lorsqu’elle tente de sauver les apparences en voulant prouver à tout le monde qu’elle a encore de l’argent. Jane Krakowski est toujours aussi excellente dans le rôle de cette femme vénale qui devient plus humaine au cours de cette saison. Elle reste attachée à l’argent, aux apparences dans la société mais elle commence à s’en détacher et à s’intéresser enfin aux sentiments qu’elle peut éprouver pour les autres. Le chemin reste évidemment long pour qu’elle change totalement mais il est en tout cas formidable de voir une interprétation qui  reste toujours dans cette optique caricaturale, à l’image du reste de la série (il s’agit plus d’une remarque qu’une critique) tout en commençant à donner plus de « nuances » à son personnage. Evidemment, parlons d’Ellie Kemper, qui incarne notre Kimmy préférée. Elle aussi est formidable dans le rôle-titre et comme Krakowski, tout en continuant à jouer sur la carte du cartoon, elle parvient aussi à donner plus d’émotion et de profondeur à son personnage grâce à une écriture qui va dans ce sens. Evidemment, quel bonheur de revoir Tituss Burgess dans le rôle de Titus ! Il est toujours aussi excellent ! Il faudrait regarder cette série rien que pour ce gars ! Enfin, à l’image de son personnage Lillian qui est davantage développé dans cette saison, Carol Kane m’a encore plus fait rire que dans la première saison. Bref, pour conclure, une nouvelle bonne saison qui a le mérite de corriger quelques erreurs de la précédente, même s’il y en a d’autres qui entrent en jeu, qui restent malgré tout divertissante (malgré un coup de mou) et toujours aussi ouverte à la réflexion.

Photo Ellie Kemper

Au nom de ma fille

réalisé par Vincent Garenq

avec Daniel Auteuil, Sebastian Koch, Marie-Josée Croze, Christelle Cornil…

Drame français. 1h27. 2015.

sortie française : 16 mars 2016

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Un jour de juillet 1982, André Bamberski apprend la mort de sa fille Kalinka. Elle avait 14 ans et passait ses vacances en Allemagne auprès de sa mère et de son beau-père le docteur Krombach. Rapidement, les circonstances de sa mort paraissent suspectes. L’attitude de Dieter Krombach ainsi qu’une autopsie troublante laissent beaucoup de questions sans réponse. Très vite convaincu de la culpabilité de Krombach, André Bamberski se lance dans un combat pour le confondre. Un combat de 27 ans qui deviendra l’unique obsession de sa vie…

Au nom de ma fille : Photo Daniel Auteuil

Nous connaissons tous plus ou moins l’affaire Bamberski, qui a été très médiatisée (merci à papi Wiki pour ce bref résumé, je ne m’appelle pas Christophe Hondelatte) : la petite Kalinka Bamberski a été retrouvée morte en juillet 1982 (à l’âge de 14 ans) chez son beau-père, le docteur Dieter Krombach, chez qui elle passait ses vacances à Lindau. Etant médecin, il explique aux enquêteurs qu’il avait injecté à Kalinka du Kobalt-Ferrlecit, disant qu’elle voulait bronzer plus facilement. Il prétend alors qu’elle serait décédé d’une insolation. Le médecin légiste ne s’est pas prononcé sur les causes exactes de la mort et on apprendra aussi plus tard que les parties génitales de la jeune fille ont été retirées. Le légiste avait en tout cas qualifié de « grotesques » les injections de différents produits pratiquées par Krombach pour ranimer Kalinka (elle était déjà morte depuis plusieurs heures). Cela dit, même face à ces faits étranges, l’affaire a été classée. Le père de Kalinka, André Bamberski, accuse alors logiquement le docteur Krombach d’être à l’origine du viol et du meurtre de sa fille. Le combat va alors durer pendant pratiquement trente ans pour pouvoir condamner le meurtrier. La tâche est très compliquée à cause d’une justice allemande elle-même assez laxiste malgré des plaintes de femmes pour viols (ces dernières décrivent des scènes similaires, avec l’intervention de la piqûre) et des accords internationaux non respectés. En 2009, Bamberski fera alors appel à des hommes de main pour l’enlever de chez lui en Allemagne et le ramener en France afin qu’il soit jugé et condamné. Bamberski dit qu’il n’a pas voulu faire justice lui-même mais au contraire tout faire pour que le système judiciaire puisse agir. C’est une affaire qui est ultra passionnante, et pas besoin d’être un grand fan de Faites entrer l’accusé pour pouvoir la suivre : on ne peut avoir que de l’admiration pour Bamberski (malgré la polémique autour de l’enlèvement) qui s’est battu une grande partie de sa vie pour sa fille face à une justice défaillante. Sa détermination a été payante, au point d’avoir autant de connaissances sur les lois que son propre avocat ! C’est pour cette raison que Vincent Garenq, réalisateur de Présumé coupable (sur l’affaire Outreau) et L’Enquête (sur l’affaire Clairstream), a voulu adapter cette histoire, en s’appuyant sur l’ouvrage d’André Bamberski, Pour que justice te soit rendue. Je précise que je n’avais vu aucun film de Garenq jusqu’à ce que je vois celui-ci, je n’avais donc pas d’idées sur son travail.

Au nom de ma fille : Photo Sebastian Koch

Je ne dirais pas que j’ai trouvé le travail de mise en scène ni le scénario pourris mais il me semble que cette affaire méritait un meilleur traitement. Je lui accorde la moyenne parce que le film se laisse tout de même regarder, on ne s’ennuie pas (le film est en plus court et bien rythmé grâce à un montage assez efficace), on sent même une certaine sincérité. Je ne pense que le film en lui-même soit touchant, je pense que c’est l’histoire très forte qui prend le dessus et qui ne m’a pas laissée totalement indifférente. Cela dit, par conséquent, je comprends les critiques encore plus négatives que la mienne, puisque l’émotion possible n’est pas liée aux qualités du film. De plus, on a quand même l’impression de regarder un épisode de Faites entrer l’accusé justement. Le scénario nous contente de nous exposer les faits à peu près chronologiquement (en dehors du début du film, qui nous montre l’arrestation de Bamberski en 2009). Finalement, comme je l’ai fait bêtement pour le premier paragraphe, on connaissait toutes les informations avant de voir le film. Attention, je ne prétends pas qu’un film doit nous apprendre quelque chose, je dis juste qu’en se contentant de nous exposer des informations, le scénario a tout de même du mal à exploiter les différents thèmes, comme l’amour inconditionnel d’un père envers sa famille quoiqu’il arrive, le système judiciaire défaillant, lié notamment aux lois européennes ou encore la notion même de monstruosité. Je trouve cela vraiment regrettable de voir des thèmes survolés et qu’il n’y ait pas plus de « cinéma » : rien n’est poussé, on se contente un peu trop du minimum. Par conséquent, je ne sais même pas quoi penser de l’interprétation de Sebastian Koch, étant donné que son personnage est dans un sens sous-exploité. En revanche, Bamberski reste un personnage intéressant. Certes, c’est sûr que le film met en avant les qualités exceptionnelles de cet homme mais je n’ai pas eu l’impression qu’il y avait une glorification. Daniel Auteuil est en plus très bon dans le rôle d’André Bamberski. Cela fait vraiment plaisir à voir vu que ces derniers temps je trouvais qu’il faisait soit de mauvais choix de films soit il jouait comme un pied (les deux possibilités étaient même combinées !). Plus son personnage vieillit, plus on finit par « voir » le vrai Bamberski qu’on a tant vu, mais Auteuil ne cherche pourtant pas à l’imiter.

Au nom de ma fille : Photo Daniel Auteuil

 

Room

réalisé par Lenny Abrahamson

avec Brie Larson, Jacob Tremblay, Joan Allen, Sean Bridgers, Tom McCamus, William H. Macy, Amanda Brugel, Cas Anvar, Joe Pingue…

Drame canadien, irlandais. 2h. 2015.

sortie française : 9 mars 2016

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Jack, 5 ans, vit seul avec sa mère, Ma. Elle lui apprend à jouer, à rire et à comprendre le monde qui l’entoure. Un monde qui commence et s’arrête aux murs de leur chambre, où ils sont retenus prisonniers, le seul endroit que Jack ait jamais connu. L’amour de Ma pour Jack la pousse à tout risquer pour offrir à son fils une chance de s’échapper et de découvrir l’extérieur, une aventure à laquelle il n’était pas préparé.

Room : Photo Brie Larson, Jacob Tremblay

Avant d’aller Room (on ne parle pas du merveilleux nanar de Tommy Wiseau, hein), je connaissais un peu le travail du réalisateur irlandais Lenny Abrahamson. Ainsi, je garde un excellent souvenir de l’émouvant Garage (avec l’excellent Pat Shortt) mais j’avais détesté What Richard Did (le sujet était sur le papier intéressant mais quel ennui…). Je n’ai toujours pas eu l’occasion de regarder Frank (avec Michael Fassbender) mais les critiques étaient mitigées me semble-t-il. Du coup, je ne savais pas trop quoi m’attendre malgré les (très) bonnes critiques que j’entends et que je lis depuis déjà quelques mois. Au début, c’est la promo autour des récompenses accumulées par son actrice principale, Brie Larson (encore assez méconnue en France, ce qui est regrettable), qui a fini par décrocher récemment l’Oscar de la meilleure actrice, ainsi que la bouille du jeune Jacob Tremblay qui fait le tour du web en posant avec le tout Hollywood. Puis, c’est en lisant plusieurs articles sur Emma Donoghue (également irlandaise), l’auteure du roman (qui signe également le scénario), qui m’a définitivement convaincue de foncer le voir dans lesquels elle expliquait ce qui l’avait motivée à écrire (et comment elle y a procédé) une histoire autour de l’amour inconditionnel entre une mère et son fils en s’inspirant d’horribles faits divers autour de la séquestration (notamment les affaires Elisabeth Fritzl, Natascha Kampusch, Jaycee Lee Dugard ou encore les trois séquestrées de Cleveland). Sur le papier, le film est glauque et pourtant à l’écran, malgré la difficulté du sujet (on ne peut pas rester insensible à la situation des personnages surtout quand on connait justement ces horribles faits divers), il ne s’agit pas du tout d’une oeuvre larmoyante. Effectivement, c’est vraiment la relation entre la mère et son enfant qui ressort. On comprend rapidement que cette histoire d’enfermement est un moyen métaphorique (la métaphore la plus présente est certainement l’allégorie de la caverne) pour parler d’une relation forte entre ces deux individus, malgré la manière dont le petit Jack a été conçu (même si des membres de la famille de Joy restent encore « rebutés » par cette idée au point de rejeter l’enfant).

Room : Photo Brie Larson, Joan Allen

Il s’agit d’un amour fusionnel dans lequel chacun va pouvoir apporter quelque chose à l’autre, une « force », à l’image de la scène avec les cheveux de Jack donnés à sa maman pour qu’elle puisse se reprendre. Le scénario, qui reprend la même structure narrative du roman (je ne l’ai pas lu mais je me suis renseignée), est assez malin en adoptant le point de vue du petit Jack. Tout d’abord, cela est un bon moyen de rester concentrer sur la réflexion autour de la maternité puis cela permet aussi d’atténuer l’horreur autour, en tout cas d’être plus dans la suggestion. En adoptant un point de vue en particulier, on aurait pu perdre celui de Joy (ou « Ma ») mais finalement, malgré le choix assumé, il y a bien une sorte d’opposition dans la réaction des personnages (jamais présentée lourdement). Je pense surtout à la seconde partie qui montre comment vivent les personnages dans le vrai monde : d’un côté, le petit Jack qui, malgré ses terribles cinq premières années qui le marqueront à vie, reste un être innocent qui a soif d’apprendre et de découvrir le monde, qui parvient aussi à avoir des réactions très matures (la dernière scène est un savant mélange entre cette innocence et la prise de conscience de devoir tourner la page); de l’autre, Joy a une vision plus sombre alors qu’elle est libre en culpabilisant. Le scénario, qui trouve un bon équilibre à partir de sa construction en deux parties (le monde dans la pièce / le monde extérieur) est également très réussi dans le sens où il parvient à mettre en avant la psychologie des personnages en avant de manière crédible et juste. Encore une fois, il n’y a pas de volonté de surajouter de l’émotion, le film est tout simplement bouleversant (personnellement j’avais la gorge nouée à plusieurs reprises) grâce justement à une apparente simplicité. Son sujet est sombre mais son traitement laisse place à des moments de grâce, de la fraîcheur même (Brie Larson a d’ailleurs été choisie car justement le réalisateur souhaitait une fille à la fois banale et drôle pour éviter un effet sur-tragique). Je crois que c’est ce contraste entre une situation immonde et l’innocence et l’éveil de Jack qui crée une véritable émotion.

Room : Photo Brie Larson, Jacob Tremblay

La mise en scène m’a également beaucoup plu. Rappelons que Lenny Abrahamson a été nommé aux Oscars dans la catégorie « meilleur réalisateur ». Lors de l’annonce des nominations, sans avoir vu le film, mais juste par rapport à mes souvenirs sur ses précédents longs-métrages, j’avoue que j’étais sceptique de voir Lenny Abrahamson nommer. Pas que je doutais de son travail pour Room mais pour moi, dans ce qu’il avait fait auparavant, je gardais le souvenir d’un travail assez amateur. Là, finalement j’ai eu droit à une bonne surprise, constatant selon moi de véritables progrès en ce qui concerne la mise en scène. Je trouve que le réalisateur a vraiment su répondre aux questions autour de l’espace grâce à une mise en scène assez ingénieuse, tout en continuant à prendre en compte le point de vue principal de l’enfant. Ainsi, le spectateur se retrouve parfois dans la peau de Jack. Comme je le disais, il y a une sorte d’avant/après « room » qui montre bien comment les personnages vivaient leur vie dans la pièce (devenu un monde à part) et comment cette perception de ce monde était différente de la réalité, encore plus sinistre. Ce n’était pas forcément évident de livrer ce contraste de ressenti mais encore une fois, la mise en scène permet aussi à sa façon de comprendre le comportement et les sentiments des personnages. Enfin, Room bénéficie d’un excellent casting. Brie Larson est vraiment excellente et mérite amplement son Oscar. Elle est toujours très juste et ne cherche pas à tomber à tout prix dans la performance. Il y a une sobriété et un naturel chez elle qui m’a réellement séduite. Son partenaire, le jeune Jacob Tremblay, est également bluffant, une interprétation criante de vérité et qui demande beaucoup de maturité. Je ne comprends absolument pas qu’il n’ait pas été nommé aux Oscars ! Les seconds rôles sont également très bons, que ce soit Joan Allen en grand-mère aimante et reconnaissante, William H. Macy en grand-père qui a davantage plus de mal à encaisser les choses ou encore l’effrayant Sean Bridgers.

Room : Photo Brie Larson, Jacob Tremblay

Ave, César !

réalisé par Joel et Ethan Coen

avec Josh Brolin, George Clooney, Alden Ehrenreich, Ralph Fiennes, Scarlett Johansson, Channing Tatum, Tilda Swinton, Jonah Hill, Frances McDormand, Christophe Lambert, Heather Goldenhersh, Veronica Osorio, Max Baker, Ian McBlack, David Krumholtz, Alison Pill, Alex Karpovsky…

titre original : Hail, Caesar !

Comédie américaine, britannique. 1h40. 2016.

sortie française : 17 février 2016

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La folle journée d’Eddie Mannix va nous entraîner dans les coulisses d’un grand studio Hollywoodien. Une époque où la machine à rêves turbinait sans relâche pour régaler indifféremment ses spectateurs de péplums, de comédies musicales, d’adaptations de pièces de théâtre raffinées, de westerns ou encore de ballets nautiques en tous genres. Eddie Mannix est fixer chez Capitole, un des plus célèbres Studios de cinéma américain de l’époque. Il y est chargé de régler tous les problèmes inhérents à chacun de leurs films. Un travail qui ne connaît ni les horaires, ni la routine. En une seule journée il va devoir gérer aussi bien les susceptibilités des différentes communautés religieuses, pour pouvoir valider leur adaptation de la Bible en Technicolor, que celles du très précieux réalisateur vedette Laurence Laurentz qui n’apprécie que modérément qu’on lui ait attribué le jeune espoir du western comme tête d’affiche de son prochain drame psychologique.Il règle à la chaîne le pétrin dans lequel les artistes du studio ont l’art et la manière de se précipiter tous seuls. En plus de sortir une starlette des griffes de la police, ou de sauver la réputation et la carrière de DeeAnna Moran la reine du ballet nautique, Eddie Mannix va devoir élucider les agissements louches du virtuose de claquettes, Burt Gurney. Cerise sur le gâteau, il a maille à partir avec un obscur groupuscule d’activistes politique qui, en plein tournage de la fameuse superproduction biblique AVE CÉSAR lui réclame une rançon pour l’enlèvement de la plus grosse star du Studio, Baird Whitlok. Le tout en essayant de juguler les ardeurs journalistiques des deux jumelles et chroniqueuses ennemies, Thora et Thessaly Thacker. La journée promet d’être mouvementée.

Ave, César! : Photo George Clooney, Josh Brolin

Je suis une immense fan des frères Coen au point d’avoir vu toute leur filmographie. Certes, ils n’ont pas signé que des chefs-d’oeuvre mais j’arrive même à apprécier les quelques films moyens ou mineurs de leur carrière. J’avais donc très envie de découvrir leur dernière comédie, présentée en ouverture au dernier festival de Berlin (en hors compétition), qui présente un sacré casting dans lequel nous retrouvons beaucoup d’habitués de leur univers : Josh Brolin (No Country for Old Men, True Grit), George Clooney (O’Brother, Intolérable CruautéBurn After Reading), Scarlett Johansson (The Barber), Frances McDormand (Sang pour Sang, Fargo, Burn After Reading, The Barber etc… il s’agit de sa 8e collaboration avec les frangins) et Tilda Swinton (Burn After Reading). Selon les deux réalisateurs, Ave, César ! marque le dernier film de « la Trilogie des Idiots » après l’excellent O’Brother et le sympathique Burn After Reading. Hélas, je n’ai pas du tout aimé leur dernier long-métrage. Il s’agit pour moi d’une énorme déception : c’est réellement la première fois que je trouve un de leurs films mauvais. C’est encore une fois la preuve qu’un film bourré de stars n’est pas toujours un gage de qualité. Je me suis énormément ennuyée et je n’ai pas ri tant que ça. Certes, les scènes de tournage sont sympas. Le tournage du film avec le personnage de George Clooney qui incarne César peut effectivement les péplums de l’époque, la séquence musicale avec Channing Tatum en marin est fantastique et la scène avec Scarlett Johansson en sirène est également bien foutue esthétiquement. La scène de tournage avec Alden Ehrenreich en acteur de western ne sachant pas aligner trois mots sous la direction du so british Ralph Fiennes est vraiment excellente, certainement la seule qui m’a vraiment fait rire (avec ce qui suit derrière). Hélas, ce n’est pas parce que ces scènes-là sont réussies que le reste l’est. Il manque pour moi une véritable cohérence entre les scènes de tournage et celles en dehors du studio, mais surtout il n’y a pas de cohérence entre les différentes intrigues mises en place, c’est-à-dire entre la réunion des différentes autorités religieuses pour réaliser un film adapté de la Bible en Technicolor, le kidnapping de Baird Whitlock par des communistes, le secret de grossesse d’une star célibataire et le changement de registre d’un acteur de western. On a du coup l’impression d’assister à une alternance de sketchs pas du tout aboutis. Par conséquent, on connait mal les personnages et on n’a pas envie de s’intéresser à eux (et à leurs histoires).

Ave, César! : Photo Alden Ehrenreich, Ralph Fiennes

Que ce soit les personnages, les différentes histoires à l’intérieur de la grande, les nombreuses références historiques (notamment le maccarthysme qui a condamné de nombreux artistes) et plus généralement les thèmes abordés (les conditions de travail des artistes, l’éternelle opposition entre l’art et le marketing), tout est survolé alors que ça méritait un meilleur traitement. C’est dommage car d’un point de vue esthétique, le film est plutôt réussi avec notamment des beaux costumes, d’imposants décors et une photographie soignée, le tout permettant vraiment aux spectateurs de retrouver une certaine image que nous avons en tête des films hollywoodiens des années 1950 sans qu’on tombe dans quelque chose de trop kitsch. En revanche, même si les scènes de tournage ont pour but de nous refaire vivre un instant le cinéma de cette époque, je ne savais pas trop comment réagir. Je ne savais pas s’il s’agissait d’un hommage, d’une caricature, d’une parodie ou des trois à la fois (ou même une autre option). Du coup, je pense que ça m’a bloquée pour apprécier totalement ces scènes mais même plus généralement le film. Je pense que c’est aussi pour cette raison que je n’ai ni retrouvé l’humour grinçant des Coen que j’aime tant ni leur noirceur. Enfin, étant donné que les stars ne font que passer, les interprétations ne sont pas non plus totalement satisfaites. Alden Ehrenreich (certainement la moins « star » du casting) est celui qui s’en sort à mon avis le mieux et qui a un rôle un peu plus consistant que les autres. Après, même s’ils ne m’ont pas non plus bluffés, George Clooney, Ralph Fiennes, Tilda Swinton et même Channing Tatum sont plutôt convaincants même s’ils ne sont pas non plus surprenants. En revanche, même si je n’ai strictement rien contre eux, je me suis vraiment demandée ce que faisaient dans ce film Frances McDormand et Jonah Hill. Déjà qu’on ne voit pas beaucoup en général les autres personnages, mais alors eux, c’est limite une blague. Je n’ai rien contre les apparitions de copains de réalisateurs ou même juste des apparitions sympas (comme celle de Christophe Lambert notamment) mais eux n’apportent vraiment rien et on se demande vraiment ce qu’ils foutent sur l’affiche (que ce soit leurs noms ou la gueule de Hill). En revanche, je trouve Scarlett Johansson toujours aussi mauvaise même si on la voit peu (heureusement, parce que là, ça aurait été le pompon). Pourtant, son personnage était sur le papier intéressant (pour le cinéma, elle est glamour alors qu’en dehors du tournage elle parle comme un camionneur) mais je trouve son interprétation vraiment fausse. Quant à Josh Brolin, il est certes plutôt bon, comme souvent, mais pour moi il n’a pas suffisamment les épaules pour porter totalement ce film en tant que personnage principal qui relie tous les autres.

Ave, César! : Photo Scarlett Johansson

Unbreakable Kimmy Schmidt (saison 1)

Créée par Robert Carlock et Tina Fey

avec Ellie Kemper, Tituss Burgess, Carol Kane, Jane Krakowski, Sara Chase, Lauren Adams, Dylan Gelula, Sol Miranda, Martin Short, Jon Hamm…

Série comique américaine.  1ere saison. 2015. 

unbreakable-Kimmy-Schmidt

Kidnappée lorsqu’elle était adolescente, Kimmy a passé 15 ans au sein d’une secte, entourée de quatre autres filles de son âge, en pensant qu’elle était l’une des seules survivantes de l’Apocalypse. Le jour où elle est enfin libérée, c’est un tout nouveau monde qui s’ouvre à elle, rempli d’infinis possibilités. Devant ses yeux innocents et éblouis, New York lui semble gigantesque et c’est là qu’elle est bien décidée à refaire sa vie, même si elle n’a aucune idée de ce qu’elle veut en faire…

Photo Ellie Kemper, Tituss Burgess

A peine deux ans après l’arrêt de la série culte (même si j’ai toujours eu du mal à accrocher) 30 Rock, Tina Fey lance, avec Robert Carlock, sa nouvelle série sur Netflix, Unbreakable Kimmy Schmidt. J’avais entendu parler de cette série lors de son passage sur Netflix mais elle ne m’attirait pas plus que ça. C’est étrangement une critique négative que j’ai lu d’abord sur son compte Hellocoton puis son blog qui m’a donné envie de jeter un coup d’oeil à cette première saison. Si je ne partage pas totalement son avis, je comprends cependant ce qu’elle veut dire. Dans l’ensemble, même si je ne l’ai pas forcément adorée, car il y a pour moi quelques défauts, j’ai plutôt bien aimé cette première saison et j’ai tout de même hâte de découvrir la suite des aventures de Kimmy et de ses amis (même si je l’appréhende). En effet, le sujet (revenir à la vraie vie après avoir été kidnappée et être restée durant des années dans un bunker au coeur d’une secte) n’a rien de drôle. Pourtant, sans jamais mettre mal à l’aise ou sans jamais déraper, les scénaristes sont parvenus à créer des situations comiques à partir d’une histoire sombre, proche de sordides faits divers. Evidemment, cette première saison aurait pu approfondir davantage ce drame, mais j’imagine que cela a dû être difficile d’aller plus loin dans les failles de Kimmy à cause de son format comique (et au fond, cette saison ne s’en sort pas si mal en ce qui concerne ce point). De plus, j’ai beaucoup aimé le discours féministe, vraiment juste et tapant là où il le faut et ça fait du bien mine de rien. Ceci dit, même si j’ai trouvé l’ensemble drôle, frais et sympathique, contrairement aux dernières sitcoms que j’ai pu chroniquer sur ce blog, je n’ai pas plus ri jusqu’aux larmes (oui, ça m’arrive quand je trouve une série ou un film vraiment drôle). C’est à ce moment-là que je rebondis sur la critique qu’a écrite ma collègue blogueuse. Certes, je ne partage pas son avis tranché mais effectivement, selon moi l’humour ne fonctionne pas totalement – même si encore une fois (j’insiste, histoire qu’il n’y ait pas de mauvaises interprétations de votre part – ce qui serait compréhensible), j’ai quand même aimé cette série. Mon sentiment est un peu difficile à décrire mais je vais essayer d’être la plus claire possible.

Photo Carol Kane, Tituss Burgess

Effectivement, même si j’ai accroché au ton léger dès le premier épisode, j’avais parfois du mal à me détendre totalement, j’observais, malgré moi, certaines mécaniques mises en place. D’habitude, quand je regarde une sitcom, d’abord je me détends et je ris sans trop me poser de questions parce que je trouve la situation drôle, puis avec le temps ou y en pensant, j’analyse les épisodes et je comprends comment les scénaristes ont travaillé et pourquoi telle scène arrive à nous faire rire. Là j’étais focalisée sans le vouloir sur la manière dont les scénaristes avaient travaillé avant même de profiter pleinement d’une scène. Après, au fil des épisodes, j’ai compris que les créateurs avaient voulu situer les personnages dans un monde qui serait entre la réalité et le cartoon et j’ai réussi petit à petit à m’adapter. Pour résumer, la série reste drôle, il y a notamment des répliques parfois délirantes, des situations déjantées, sinon je n’aurais pas du tout accroché et je ne me serais pas non plus forcée à regarder jusqu’au dernier épisode de cette saison. Je regrette justement parfois un manque de fluidité et de spontanéité, j’espère que ce point-là sera réellement amélioré au fil de la deuxième saison. Je vous rassure, j’ai quand même ri, certains gags fonctionnent quand même bien. La parodie du docteur des stars Fredric Brandt (qui, hélas, se serait suicidé après avoir vu l’épisode en question) par Martin Short, Kimmy qui danse en boite avec un look d’écolière, les origines révélées de Jacqueline, les scènes de procès avec le génial Jon Hamm et généralement toutes les scènes avec Titus, le colocataire de Kimmy sont vraiment drôles (allez, je vous mets Peeno Noir, histoire de l’avoir en tête toute la journée – un grand moment de poésie). A croire même que Titus, merveilleusement interprété par Tituss Burgess, est sur le point de voler la vedette à la toute mimi et attachante Ellie Kemper. Attention également que cela ne tue pas la série comme cela a pu arriver à d’autres séries. Pour conclure, cette série m’a pour l’instant plu, elle est fraîche, a un sujet plutôt original et on se marre pas mal malgré quelques défauts selon moi en ce qui concerne l’humour. Elle a également l’avantage d’être plutôt courte (13 épisodes), ce qui permet de garder un certain rythme et de ne pas être lassée tout de suite.

Photo Ellie Kemper, Lauren Adams, Sol Miranda

Taken

réalisé par Pierre Morel

avec Liam Neeson, Maggie Grace, Famke Janssen, Xander Berkeley, Katie Cassidy, Olivier Rabourdin, Leland Orser, Jon Gries, David Warshofsky, Holly Valance, Camille Japy, Nicolas Giraud…

Film d’action français, américain. 1h25. 2008.

sortie française : 27 février 2008

interdit aux moins de 12 ans

Taken

Que peut-on imaginer de pire pour un père que d’assister impuissant à l’enlèvement de sa fille via un téléphone portable ? C’est le cauchemar vécu par Bryan, ancien agent des services secrets américains, qui n’a que quelques heures pour arracher Kim des mains d’un redoutable gang spécialisé dans la traite des femmes. Premier problème à résoudre : il est à Los Angeles, elle vient de se faire enlever à Paris.

Taken : Photo Liam Neeson, Pierre Morel

Alors que le troisième volet de Taken est sorti il y a quelques jours au cinéma, j’ai décidé de m’intéresser enfin à cette saga en commençant par le commencement (logique). Réalisé par un certain Pierre Morel (hum, je n’ai pas vu Banlieue 13 ni From Paris with Love, mais je ne pense pas rater grand chose…) et scénarisé par Luc Besson (hum magnifique association), ce premier Taken est une véritable catastrophe (et apparemment c’est le meilleur de la saga, je n’ose pas imaginer ce que peuvent donner ses suites). Je comprends que certains puissent apprécier ce film, je ne peux pas dire que je me suis ennuyée. Cependant, un peu comme dans Lucy, le film accumule tellement d’âneries (je ne sais pas si je vais pouvoir toutes les énumérer) que j’ai eu du mal à le prendre comme un simple divertissement sans prise de tête. Certes, comme le réclamaient probablement les spectateurs, les scènes d’action sont omniprésentes : ça explose et ça tire dans tous les sens. Si ça peut être efficace sur certains spectateurs (et tant mieux pour eux), je dois avouer que je suis restée hermétique face à cette violence inutile qui cache de nombreux défauts. Le plus gros défaut reste le scénario, il bousille à lui seul le film. Un scénario simple ne me dérange pas du moment qu’il reste correct et efficace. Mais là Besson a fait un travail de cochon. En fait, on a presque envie de se demander : « Mais quel scénario ? ». Le scénario se résume à un papa ancien agent de la CIA qui va botter le cul à des méchants Albanais qui ont kidnappé sa fifille. Le film aurait pu profiter pour sensibiliser les spectateurs à la traite, mais non il préfère être bourrin et accumuler des idées effrayantes : le monde entier va mal et est dangereux (vaut mieux rester chez toi), U2 c’est le mal aussi, les femmes sont faibles (Kim et Amanda sont kidnappées, la popstar a failli se faire agresser à la sortie d’un concert et l’ex-femme de Bryan ne fait que chialer), les étrangers sont filmés avec les pires clichés, on américanise même certains Français car les Américains sont les meilleurs (n’est-ce pas Peter le français ?) faut écouter son papounet forever. 

Taken : Photo Maggie Grace, Pierre Morel

Le scénario accumule également un grand nombre d’absurdités. Il n’y a qu’à voir la désormais célèbre scène dans laquelle Bryan dit à sa fille au téléphone, cachée sous le lit (quelle idée, franchement…), qu’elle va être kidnappée. Il lui dit les horreurs qu’elle risque de subir avec une froideur inimaginable. D’accord, Bryan est un ancien agent de la CIA mais il s’agit aussi d’un père. Il fait tout pour sa fille (en quelques jours, il a tué je ne sais plus combien de personnes pour elle) mais il est présenté comme une brute sans coeur ! D’ailleurs, on a l’impression que son ancien métier justifie à peu près tout. Certes, Bryan est sûrement sportif mais il a tout de même une bonne cinquantaine d’années, voire même soixante ans. Il fout des taquets dans la gueule de petits jeunots bien plus en forme que lui sans trop souffrir, ce n’est pas très crédible. Cela fait également de la peine de voir ce gars qui tape à peu près tout le monde juste pour sauver sa gamine insupportable (je ne dis pas que c’est chouette de la voir kidnappée mais bon, on a envie de lui filer deux claques). Oui, je dis bien une gamine. On se fiche pas mal de l’autre pétasse fille (la copine de Kim – cette inconsciente qui baise partout et ne se rend pas compte que Peter le français… AHAHAHA ça me fait rire pardon... bref que Peter le français est très très méchant) qui crève rapidement dans la plus grande indifférence (visiblement, même sa propre famille s’en cogne). Maggie Grace (qui joue toujours comme une patate), 25 ans incarne Kim, 17 ans (déjà il y a un souci – nous ne sommes plus à une connerie près), qui se comporte comme une gamine de 12 ans pourrie gâtée (vous suivez ?) : le cheval à son anniversaire (ça aurait été mieux un poney), coiffée et habillée comme une gosse (vous comprenez, elle est prude, le sexe, ça aussi c’est mal), elle court comme une dératée… (ooooh je suis méchante). Voir le brave Liam Neeson dans ce merdier est désolant…

Taken : Photo Maggie Grace, Pierre Morel