L’Attaque des Donuts Tueurs / Alibi.com

réalisé par Scott Wheeler

avec Justin Ray, Kayla Compton, Michael Swan…

titre original : Attack of the Killer Donuts

sortie française (VOD) : 9 avril 2017

Un incident scientifique transforme d’innocents Donuts en tueurs assoiffés de sang. Le sort de leur paisible petite ville dépend à présent de Johnny, Michelle et Howard.

L'Attaque des donuts tueurs : Photo Justin Ray, Kayla Compton

Il est toujours difficile de « noter » un nanar : peut-on les mettre au même niveau que des films « normaux » et traditionnels ? Peut-on moralement attribuer une meilleure note à des nanars qu’à des films qui devraient être bons sur le papier ? Il faut donc prendre ma note avec certaines pincettes, en se mettant en tête que ce genre de films reste à part. Je ne connais pas nécessairement tous les nanars possibles mais je sais faire la différence entre le nanar volontaire et assumé (le délirant Zombeavers) et l’involontaire (le magique The Room de Tommy Wiseau). L’Attaque des Donuts Tueurs entre dans la première catégorie : le spectateur sait parfaitement à quoi s’attendre (rien que le titre est un bon indicateur ou alors le spectateur en question est juste à côté de la plaque). Oui, on sait très bien que le scénario ne va pas voler très haut, les effets spéciaux vont être cheap, les personnages auront des réactions débiles et ça ne va même pas faire peur. Les choix exagérés, décalés ou même carrément stupides sont donc totalement assumés par le réalisateur. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le film a été présenté au festival de l’Alpe d’Huez : il s’agit avant tout d’une comédie potache parodiant grossièrement le cinéma d’horreur. On retrouve alors volontairement beaucoup de clichés ou images : la blonde aux gros seins bête et méchante, les trois mecs pseudo rappeurs également stupides, le patron à moumoute (ai-je encore besoin de préciser que cet homme est également complètement con ?), le scientifique qui fait n’importe quoi ou le méchant concurrent de la boutique de luxe de donuts, vegan, bio et compagnie. Evidemment le long-métrage n’est pas toujours à une contradiction près et a certainement des défauts qui ne sont pas toujours volontaires ou liés au grand délire général (et il faut avouer que c’est parfois difficile de distinguer le bon et le mauvais à cause de son statut de nanar assumé). En effet, certains dialogues semblent interminables, les acteurs surjouent ou encore les donuts sont déjà garnis, colorés et décorés en sortant directement de la friteuse (et je ne commente évidemment les effets spéciaux, ça va de soi qu’ils sont pourris) ! Comme dans Zombeavers, L’attaque des tueurs donuts est un bon plaisir coupable, qui assume sa crétinerie et qui est drôle dans son genre même si son humour ne plaira certainement pas à tout le monde. J’ai même envie de dire qu’il est étonnamment créatif en dépit de son manque de moyens. Mais justement, dans un sens, j’aurais voulu que ce délire aille encore plus loin, que le réalisateur exploite encore plus le potentiel que ce film.

L'Attaque des donuts tueurs : Photo


réalisé par Philippe Lacheau

avec Philippe Lacheau, Elodie Fontan, Julien Arruti, Tarek Boudali, Nathalie Baye, Didier Bourdon, Medi Sadoun, Vincent Desagnat, Nawell Madani, Philippe Duquesne, Alice Dufour, JoeyStarr, Kad Merad, Norman Thavaud, Chantal Ladesou, Michèle Laroque, Laouni Mouhid…

Comédie française. 1h30. 2017.

sortie française : 15 février 2017

Greg a fondé une entreprise nommée Alibi.com qui crée tout type d’alibi. Avec Augustin son associé, et Medhi son nouvel employé, ils élaborent des stratagèmes et mises en scène imparables pour couvrir leurs clients. Mais la rencontre de Flo, une jolie blonde qui déteste les hommes qui mentent, va compliquer la vie de Greg, qui commence par lui cacher la vraie nature de son activité. Lors de la présentation aux parents, Greg comprend que Gérard, le père de Flo, est aussi un de leurs clients…

Alibi.com : Photo Julien Arruti, Philippe Lacheau, Tarek Boudali

Si je ne suis pas une grande adepte de nos comédies françaises actuelles, sans crier au génie révolutionnaire, j’adhère plutôt aux films de (et avec) Philippe Lacheau (qui se retrouve cette fois-ci seul derrière la caméra sans son compère Nicolas Benamou). Alibi.com est finalement dans la même veine que Babysitting 1 et 2. Si vous n’avez pas aimé le diptyque à succès (peut-être un jour une trilogie ?), je serais étonnée que vous puissiez aimer ce Alibi.com. Lacheau est toujours très inspiré par la comédie américaine actuelle, c’est-à-dire un peu « trash » tout comme il n’hésite pas à rendre hommage au cinéma des années 80 (le personnage principal voue clairement un culte à cette période, en particulier à Street Fighter). A travers ces inspirations en question, on sent une envie de la part de Lacheau d’apporter du sang neuf à la comédie française, d’être moins ringarde. Bon, je n’irai pas à dire que la comédie française va mieux grâce à l’ex-membre de la Bande à Fifi, il ne faut pas déconner non plus. Alibi.com a le mérite d’être une comédie fraîche et sans prétention, plutôt bien interprétée, la jeune génération s’en sort étonnamment plus que les acteurs davantage confirmés (Baye et Bourdon peinent parfois même s’ils ne sont pas catastrophiques, loin de là) : Elodie Fontan manque parfois de justesse mais sa fraîcheur et son honnêteté d’interprétation me séduisent à chaque fois, Lacheau plutôt crédible en sorte de geek et gars toujours fourré dans des situations improbable, Nawell Madani est la bonne surprise du casting en chanteuse bimbo (oui je kiffe son entêtant Marre des michtos ), Julien Arruti et Tarek Boudali (également anciens membres de la Bande à Fifi)  sont également plutôt drôles. A noter au début quelques guests sympathiques (presque dommage qu’on n’ait pas plus exploités certains d’entre eux). Bref, ce n’est déjà pas si mal (je n’en demandais pas plus – peut-être que je dit ça parce que je suis vraiment blasée par l’état de la comédie française actuelle). L’histoire est plutôt séduisante, une sorte de vaudeville moderne bien rythmée et jamais ennuyeuse, même si son potentiel comique n’est pas assez exploité. Je suis toujours partagée sur l’utilisation d’un humour gras et parfois en dessous de la ceinture : il y a des fois où ça m’a fait marrer, et d’autres non (le gag avec le caniche est de mauvais goût par exemple). Bref, faire de l’humour à la Apatow, pourquoi pas (c’est visiblement la nouvelle lubie en France) mais il faut encore savoir le maîtriser, ce qui n’est pas totalement le cas.

Alibi.com : Photo Élodie Fontan, Nathalie Baye, Philippe Lacheau

Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ?

réalisé par Philippe de Chauveron

avec Christian Clavier, Chantal Lauby, Ary Arbittan, Medi Sedoun, Frédéric Chau, Noom Diawara, Elodie Fontan, Frédérique Bel, Julia Piaton, Emilie Caen, Pascal N’Zonzi, Salimata Kamate, Tatiana Rojo, Elie Semoun…

Comédie française. 1h37. 2013.

sortie française : 16 avril 2014

Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu?

Claude et Marie Verneuil, issus de la grande bourgeoisie catholique provinciale sont des parents plutôt « vieille France ». Mais ils se sont toujours obligés à faire preuve d’ouverture d’esprit…Les pilules furent cependant bien difficiles à avaler quand leur première fille épousa un musulman, leur seconde un juif et leur troisième un chinois.
Leurs espoirs de voir enfin l’une d’elles se marier à l’église se cristallisent donc sur la cadette, qui, alléluia, vient de rencontrer un bon catholique.

Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu? : Photo Chantal Lauby, Christian Clavier, Frédérique Bel, Julia Piaton, Medi Sadoun

Philippe de Chauveron est le réalisateur et / ou scénariste de comédies françaises parfois sympathiques (Neuilly-sa-mère), passables (Les Parasites) ou médiocres (La Beuze). On pouvait alors facilement redouter le résultat du dernier film qu’il a réalisé, Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ?, qui enregistre à l’heure actuelle sept millions de spectateurs. Mais heureusement le film est une jolie réussite, plutôt loin des comédies ratées moyennes qu’on sert habituellement en France. La religion est au coeur de ce film, ce qui est assez casse-gueule. Le film utilise des clichés, mais ce n’est pas bien méchant ni raciste (contrairement à ce que racontent certains journaux ces derniers temps). On pourrait même reprocher au film de ne pas aller assez loin, que ce soit dans l’humour ou dans les situations des personnages : en effet, les gendres sont quand même bien « intégrés » (la scène où ils chantent la Marseillaise est plutôt significative) et même s’ils appartiennent à une communauté religieuse et qu’ils pratiquent certains dogmes (la circoncision, le fait de ne pas manger de porc etc…), la religion n’est pas pour eux une barrière pour vivre « normalement » dans la société française.

Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu? : Photo Chantal Lauby, Christian Clavier

Maintenant, on ne va pas non plus trop se plaindre. C’est déjà bien qu’un film, grand public, produit par TF1, puisse rire des confrontations religieuses et ethniques, c’est même déjà en soi quelque chose qui est osé. Le « message » de tolérance passe en tout cas comme une lettre à la poste. La fin s’approche un peu du monde des Bisounours mais l’ensemble est tellement drôle qu’on oublie un peu cet aspect niais, qui aurait pu plomber le film. Sincèrement, j’ai quand même ri volontiers aux aventures mouvementées des Verneuil. J’ai trouvé l’humour très efficace. Le film en lui-même est très plaisant, divertissant et rythmé. Quand on se met à leur place, c’est quand même pas de bol que leurs trois premières filles épousent des hommes éloignés de leur confession religieuse. Les Verneuil ne veulent pas avouer qu’ils sont racistes, tout comme d’ailleurs leurs gendres. Mais après une grosse dispute familiale, la grande famille se réconcilie et chacun fait des efforts pour qu’il puisse y avoir une bonne entente. Cependant, l’arrivée du futur époux de la quatrième fille Verneuil va tout remettre en question, notamment sur leur vision de la tolérance.

Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu? : Photo Ary Abittan, Christian Clavier, Frédéric Chau, Medi Sadoun

Les Verneuil pouvaient vaguement « justifier » leur racisme à cause de la religion. Mais Charles, ce nouveau gendre, est bien catholique, mais il y a un « hic » : il est Noir. Eux, bons catholiques, doivent accepter l’autre, même s’il est différent. Ce personnage remet alors toutes leurs idées en question. M. et Mme Verneuil sombrent dans une sorte de dépression et leurs trois gendres, qui commençaient à apprécier cette bonne entente, vont tout faire pour foirer le mariage de Laure et Charles. Pour ne rien arranger, le père de Charles est également raciste (même si on va s’apercevoir qu’il n’est pas si différent du père de Laure). En bref, ce qui est vraiment plaisant dans ce film, c’est que tout le monde en prend pour son grade. Du coup, l’aspect « gentillet » s’efface peu à peu. Le casting est également dans l’ensemble à la hauteur. Depuis quelques années, Christian Clavier enchaînait les daubes et ne semblait plus inspiré. Cependant, dans ce film, l’acteur nous prouve bien que son talent n’a pas disparu et qu’il est encore capable du meilleur. Dans la deuxième partie du film, sa confrontation avec le père de Charles, joué par un excellent Pascal N’Zonzi, est particulièrement explosive. J’ai également beaucoup aimé Chantal Lauby, drôle mais aussi touchante et sincère. Le trio Ary Arbittan-Medi Sedoun-Frédéric Chau, dont la complicité saute aux yeux, est également très drôle et énergique. Quant à Elodie Fontan, Frédérique Bel, Julia Piaton et Emilie Caen, qui interprètent les filles Verneuil, elles sont un peu plus en retrait mais elles restent suffisamment convaincantes.

Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu? : Photo Ary Abittan, Elodie Fontan, Emilie Caen, Frédéric Chau, Frédérique Bel