The Circle

réalisé par James Ponsoldt

avec Emma Watson, Tom Hanks, John Boyega, Karen Gillan, Ellar Coltrane, Patton Oswalt, Bill Paxton, Glenne Headly…

Thriller, science-fiction, drame américain, émirati. 1h50. 2017.

sortie française : 12 juillet 2017

Les Etats-Unis, dans un futur proche. Mae est engagée chez The Circle, le groupe de nouvelles technologies et de médias sociaux le plus puissant au monde. Pour elle, c’est une opportunité en or ! Tandis qu’elle prend de plus en plus de responsabilités, le fondateur de l’entreprise, Eamon Bailey, l’encourage à participer à une expérience révolutionnaire qui bouscule les limites de la vie privée, de l’éthique et des libertés individuelles. Désormais, les choix que fait Mae dans le cadre de cette expérience impactent l’avenir de ses amis, de ses proches et de l’humanité tout entière…

The Circle : Photo Emma Watson

Depuis quelques années, les romans dystopiques passent pratiquement tous par la case « adaptation cinématographiques ». Celui de Dave Eggers (pour la petite anecdote, il est également le co-scénariste de Away We Go, réalisé par Sam Mendes), Le Cercle. Je suis allée voir ce film complètement par hasard, je n’avais pas spécialement prévu de le découvrir, j’ai juste accompagné quelqu’un. Je savais à peine de quoi ça parlait : j’avais juste constaté sur les réseaux sociaux un accueil assez mitigé. Peut-être parce que je ne m’attendais à rien que j’ai finalement bien apprécié The Circle. Certes, il s’agit d’un film imparfait et certainement rapidement oubliable. Parmi les défauts les plus notables, le début est un peu long à se mettre en place. On pourra également toujours clamer son manque d’originalité : n’a-t-on pas déjà vu mille fois ces films reprenant le même schéma que 1984 de George Orwell ? Je n’ai jamais regardé Black Mirror mais les fans de la série semblent avoir fait des rapprochements entre les deux oeuvres. Bref, effectivement, nous n’apprendrons rien de bien nouveau dans The Circle : oui, la technologie à outrance bouffe nos vies privées qui ne sont de toute façon plus privées et ces données en question permettront aux hautes instances de manipuler le peuple. Cela dit, même si le sujet n’a donc rien de révolutionnaire, j’ai tout de même été prise dans l’histoire. On ne peut pas s’empêcher de se dire que le film n’est pas si futuriste que ça. Comment ne pas penser aux youtubeurs quand Mae se filme H24 et partage absolument toute sa vie (pas toujours intéressante) ? Comment ne pas y voir un énorme clin d’oeil à Steve Jobs qui faisait ses shows lorsqu’il présentait un nouveau produit ? Google et Facebook sont aussi clairement évoqués. Beaucoup de spectateurs verront les références (placées sans aucune subtilité) : le film a le mérite d’être accessible mais sans tomber dans le film pour adolescents (parce que je m’attendais à ça vu la vague de young adult adaptées). La mise en scène n’est pas exceptionnelle mais elle reste tout à fait efficace. Le résultat m’a encore plus étonnée en sachant que c’était James Ponsoldt derrière la caméra. Evidemment, je préférais quand il signait des films indépendants personnels et subtils comme par exemple The Spectacular Now (avec Miles Teller et Shailene Woodley) ou encore Smashed (avec Mary Elizabeth Winstead et Aaron Paul). Evidemment que cette réalisation pour The Circle est moins personnelle, on sent beaucoup moins sa patte. Cela dit, pour une grosse machine, il ne s’en sort pas si mal que ça.

The Circle : Photo Tom Hanks

Cela dit, son accessibilité joue à The Circle certains tours : l’ensemble manque alors de subtilité, les explications peuvent sembler grossières. Par contre, contrairement à ce que reprochent certaines critiques, le personnage de Mae est intéressant (j’aime jouer les avocates du diable). Il ne s’agit que d’un ressenti personnel en sachant que je n’ai pas lu le roman donc je ne connais pas les intentions d’origine de l’auteur. Je suis persuadée que des spectateurs s’attendaient à un personnage dans la même veine qu’une Katniss. Attention spoilers : Or, Mae m’a paru complexe et surtout son traitement n’a rien de manichéen. Mae est une jeune femme intelligente mais qui, malgré l’amour que ses parents lui portent et deux amis importants, se sent assez seule. Elle a un cerveau, elle voit bien que certaines choses clochent dans l’entreprise, on la prévient même de ce qui se passe en privé et se rend bien compte que la situation est anormale. Mae est autant un personnage manipulée / manipulable qu’un personnage qui manipule elle-même les autres pour son propre intérêt (ne plus être seule et savourer le pouvoir via la technologie). Elle atterrit dans cette entreprise et monte les échelons par hasard mais finit par prendre le dessus et profiter de la situation pour son propre intérêt. Elle contribue complètement au système qui pourtant lui fait du mal. Je ne suis donc pas d’accord (mais il ne s’agit vraiment que de mon ressenti) concernant la fin qui m’a paru logique. Et je trouve que le traitement de Mae rend le film certes imparfait un peu plus intéressant que prévu. J’aime beaucoup Watson en tant que jeune femme (je ne m’en cache pas) mais en tant qu’actrice je ne suis pas toujours convaincue par ses prestations mais là je trouve qu’elle s’en sort bien surtout que son rôle n’est pas si simple contrairement à ce qu’on pourrait croire. Tom Hanks est également très convaincant dans le rôle de ce PDG star a priori cool et même généreux en public (en même temps, je n’ai jamais vu Hanks mal jouer). Cela dit, il est regrettable que son personnage ne soit pas plus développé tout comme celui tenu par John Boyega (je ne pensais pas qu’il serait autant absent). Dans les seconds rôles, Ellar Coltrane (et oui, il s’agit du gamin de Boyhood de Richard Linklater) et Karen Gillan s’en sortent également pas trop mal. The Circle n’a donc rien de révolutionnaire (et je ne crois pas qu’il avait cette prétention), il a ses défauts, il ne nous apprendra également rien sur son sujet mais reste tout à fait correct et crédible par rapport à ce qu’on attend éventuellement de ce type de production.

The Circle : Photo

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Boyhood

réalisé par Richard Linklater

avec Ellar Coltrane, Patricia Arquette, Lorelei Linklater, Ethan Hawke…

Comédie dramatique américaine. 2h45.

sortie française : 13 juillet 2014

Boyhood

Chaque année, durant 12 ans, le réalisateur Richard Linklater a réuni les mêmes comédiens pour un film unique sur la famille et le temps qui passe. On y suit le jeune Mason de l’âge de six ans jusqu’ à sa majorité, vivant avec sa sœur et sa mère, séparée de son père. Les déménagements, les amis, les rentrées des classes, les premiers émois, les petits riens et les grandes décisions qui rythment sa jeunesse et le préparent à devenir adulte…

Boyhood : Photo Ellar Coltrane, Ethan Hawke

Le jury du festival de Berlin a décidé de récompenser Richard Linklater de l’Ours d’argent du meilleur réalisateur pour Boyhood. On comprend pourquoi même avant d’avoir regardé le film : le tournage a duré douze ans, avec les même acteurs et la même équipe technique. Il s’agit d’une véritable expérience cinématographique. Ainsi, Ellar Coltrane, qui incarne le jeune Mason, avait au début du tournage six ans et à la fin dix-huit ans. Pour être franche, même si le projet m’emballait, j’avais peur de découvrir ce film en salles principalement à cause de sa durée (2h45). Heureusement, dans l’ensemble, Boyhood est plutôt agréable à regarder et on s’aperçoit rapidement qu’il ne s’agit pas seulement d’un projet ambitieux mais bien d’un très beau film sur l’enfance et l’adolescence, la famille et le temps qui passe. Linklater a su capter les moments joyeux ou parfois difficiles d’une partie de l’existence d’un enfant et de sa famille. L’évolution touche puisqu’on la voit vraiment sous nos yeux rien que physiquement : les traits du visage, les voix, le corps, les coupes de cheveux, le style vestimentaire changent. Se dire qu’il s’agit des mêmes interprètes derrière ces changement touche forcément. On se sent vraiment impliqué dans la vie de cette famille. De plus, cette évolution ne concerne pas seulement cette famille, mais aussi l’époque qui l’entoure : ainsi, on passe de Bush à Obama, de Britney Spears à Lady Gaga, les jeux vidéos changent également au fil du long-métrage ou encore la présence de Harry Potter.

Boyhood : Photo Ellar Coltrane, Lorelei Linklater

Boyhood aurait pu être un chef-d’oeuvre. Cependant, il a tout de même ces défauts. En effet, alors que les étapes passent plutôt rapidement, ce qui permet au film d’être rythmé (du coup on oublie la durée), la dernière partie, qui se concentre sur les dernières années de lycée, est un peu trop longue. On a l’impression que Linklater a du mal à se séparer de ses personnages et qu’il commence à être fatigué par l’ampleur du projet. Contrairement aux deux premières heures, dans cette dernière partie, le film a également du mal à échapper aux clichés et perd sa subtilité (par exemple : le discours final de Patricia Arquette sur la mort, assez inutile). A force de tirer en longueur, la fin déçoit alors que Linklater avait de quoi terminer sur un magnifique dernier plan. Le casting est à la hauteur car on croit vraiment à cette famille. Ellar Coltrane est remarquable dans le rôle de Mason, ce gamin qui grandit et passe les différentes étapes de sa jeune existence. Lorelei Linklater (la fille du réalisateur) est également très à l’aise et a beaucoup de potentiel. Patricia Arquette est bouleversante dans le rôle de la mère forte qui se relève à chaque difficulté. Ethan Hawke illumine chaque scène avec son jeu si spontané. Malgré ses quelques défauts, Boyhood doit être vu car il s’agit tout de même d’une merveille, à la fois drôle et émouvante qui nous parlera forcément un peu.

Boyhood : Photo Ellar Coltrane, Ethan Hawke, Patricia Arquette