Bridget Jones’s Baby

réalisé par Sharon Maguire

avec Renée Zellweger, Colin Firth, Patrick Dempsey, Emma Thompson, Jim Broadbent, Shirley Henderson, Gemma Jones, James Callis, Celia Imrie, Sarah Solemani…

Comédie romantique britannique, américain. 2h. 2016.

sortie française : 5 octobre 2016

Movie Challenge 2017 : Une suite de film

Après avoir rompu avec Mark Darcy, Bridget se retrouve de nouveau célibataire, 40 ans passés, plus concentrée sur sa carrière et ses amis que sur sa vie amoureuse. Pour une fois, tout est sous contrôle ! Jusqu’à ce que Bridget fasse la rencontre de Jack… Puis retrouve Darcy… Puis découvre qu’elle est enceinte… Mais de qui ???

Bridget Jones Baby : Photo Colin Firth, Patrick Dempsey, Renée Zellweger

J’assume : je suis une grande fan de Bridget Jones. Je me reconnais toujours dans cette héroïne qui ressemble finalement à beaucoup de femme. J’ai adoré la trilogie écrite par Helen Fielding. Concernant les adaptations sur grand écran, j’aime surtout le premier film (la suite me paraît ratée, ce qui est dommage – le bouquin L’âge de raison était bien plus drôle). Pour ce troisième volet au cinéma, Sharon Maguire (réalisatrice du premier film) n’adapte cette fois-ci pas un des romans. Pourtant, il existe bien un troisième roman, Bridget Jones : Folle de lui (Bridget Jones : Mad about the Boy) sorti en 2013. Dans cette suite, Bridget a bien évolué : elle est veuve (ce qui a crée du remous chez les fans – pour ma part, ce choix était pour moi judicieux même s’il fait mal au cœur), a deux gosses, a vieilli et doit faire face à son époque : Twitter, les toy-boys, les lunettes de vue, les rides etc… Les scénaristes ont décidé d’imaginer la vie de Bridget (également vieillie mais un peu plus jeune) avant le troisième roman. Effectivement, c’était alléchant d’imaginer Bridget enceinte (surtout après ses aventures dans le 2e tome avec notamment le test de grossesse). J’étais contente même de retrouver ma bonne copine face au temps et tout ce qui suit derrière. Avoir peur de ce projet était totalement légitime : une suite des années après, avec une histoire « originale », ça restait assez casse-gueule. Bridget Jones’s Baby – oui je mets volontairement en avant le titre original et non cette pseudo « traduction » franco-anglaise déplorable – n’est vraiment pas la catastrophe annoncée, loin de là. Sans être révolutionnaire et très prévisible, ce film remplit ses charges de sympathique comédie romantique. J’ai beau aimé Bridget au cinéma, le visage de Renée Zellweger qui a beaucoup changé à cause de la chirurgie esthétique : je me fous de ce peut faire l’actrice avec son corps, c’est son choix. Mais j’avais tout simplement peur de ne plus retrouver Bridget. Heureusement, j’ai été très vite rassurée : l’actrice a gardé son jeu et surtout j’ai tout de même retrouvé ses charmantes expressions. Le reste du casting est également très bon. Colin Firth est toujours aussi à l’aise dans le rôle de Mark Darcy et Patrick Dempsey s’en sort également très bien dans le rôle de cet amant américain attendrissant, un peu envahissant aussi et très porté sur les méthodes très à la mode concernant le bien-être. Certes, l’ancien docteur Mamour ne nous fait pas oublier Hugh Grant, le personnage de  ce dernier étant décédé (la scène de l’enterrement au début du film est au passage très drôle) mais il s’en sort tout de même bien et s’intègre très bien dans un univers que nous connaissons très bien.

Bridget Jones Baby : Photo Emma Thompson, Renée Zellweger

De plus, le duel entre Darcy et Jack Qwant m’a semblé intéressant. Dans les précédents volets, la guéguerre entre Darcy et Daniel Cleaver était volontairement puérile et surtout Cleaver incarne une figure de connard goujat. Qwant est au contraire un personnage plus respectueux et mature. Certes il fait quelques erreurs mais on le voit plus comme un humain. Jim Broadbent et Gemma Jones sont toujours aussi plaisants dans le rôle des parents de Bridget même si on les voit peu. Sarah Solemani (Lizzie de la série The Wrong Mans) est également un bon second rôle. Enfin, impossible de passer à côté d’Emma Thompson (également co-scénariste) en gynécologue qui doit faire face à Bridget, une patiente pas comme les autres ! Au passage, les quelques petites apparitions d’Ed Sheeran sont également plutôt amusantes. Le film est donc agréable à regarder, parfois drôle et même assez touchant. Pourtant, je ne suis pas sortie totalement emballée ni satisfaite. Déjà, même si encore une fois j’ai passé un bon moment, j’ai trouvé ce film un peu trop long, on sent bien passer les deux bonnes heures. Il faut dire que l’intrigue met mine de rien pas mal de temps à se mettre en place… pour finalement un résultat très prévisible. Mais ce qui m’a le plus énervée, c’est la sensation de retourner en arrière. En effet, après le deuxième volet, qui mettait déjà le couple Bridget-Darcy à l’épreuve, on devait penser que c’était réglé une bonne fois pour toutes (et le troisième bouquin nous confirmait bien cela). Or, finalement on est obligé de se retaper leurs problèmes, comme si les deux premiers films n’avaient vraiment servis à rien. Pourquoi ce choix de triangle amoureux ? Dans le même genre (et suite en plus), le film de Marylou Berry, Joséphine s’arrondit, pourtant pas non plus une comédie romantique révolutionnaire, fonctionnait mieux sans « trahir » les spectateurs (oui, « trahir », je n’ai pas peur d’utiliser certains mots). Cela n’empêche pas au film de Berry d’avancer avec son lot de péripéties ! Surtout, vu l’âge de Bridget, je ne comprends pas pourquoi les scénaristes ont tenu de ne pas avoir attendu pour adapter le troisième tome. Le seul argument que je vois était le suivant : il fallait Colin Firth. Enfin, dans le troisième roman, les questions de l’âge, de la séduction, de la technologie et autres dérives de notre époque étaient bien mieux traitées que dans le film qui esquisse certains points sans y aller non plus franchement – en dehors de quelques scènes notamment dans le journal dans lequel bosse Bridget.

Bridget Jones Baby : Photo Colin Firth, Renée Zellweger

Publicités

Kingsman : Services Secrets

réalisé par Matthew Vaughn

avec Taron Egerton, Colin Firth, Samuel L. Jackson, Mark Strong, Michael Caine, Sofia Boutella, Sophie Cookson, Mark Hamill, Jack Davenport, Tom Prior…

titre original : Kingsman : The Secret Service

Film d’action, espionnage britannique. 2h09. 2015.

sortie française : 18 février 2015

Kingsman : Services secrets

KINGSMAN, l’élite du renseignement britannique en costumes trois pièces, est à la recherche de sang neuf. Pour recruter leur nouvel agent secret, elle doit faire subir un entrainement de haut vol à de jeunes privilégiés aspirant au job rêvé. L’un d’eux semble être le candidat « imparfaitement idéal » : un jeune homme impertinent de la banlieue londonienne nommé Eggsy. Ces super-espions parviendront-ils à contrer la terrible menace que fait peser sur le monde l’esprit torturé du criminel Richmond Valentine, génie de la technologie?

Kingsman : Services secrets : Photo Colin Firth, Taron Egerton

Je ne suis pas allée voir Kingsman au cinéma car la bande-annonce (même si je n’aime pas forcément « juger » à partir de ça) ne m’avait pas du tout attirée (dans ma tête : encore une parodie d’un film d’espionnage). Et puis face à une avalanche d’excellentes critiques et son succès au box-office, histoire de ne pas me sentir totalement à la ramasse, j’ai décidé de sortir de ma grotte et de réellement me renseigner (oui car, malgré tous les articles consacrés au film, j’avais réussi à ne presque rien lire, allez savoir pourquoi !). Kingsman est l’adaptation du comic de Dave Gibbons et Mark Millar, sorti en 2012. Ce fameux Mark Millar est à l’origine de Kick-Ass, adapté au cinéma par un certain… Matthew Vaughn. J’avais beaucoup aimé le premier Kick-Ass, finalement je me suis dit que je devais donner ma chance à Kingsman. Je ne m’attendais vraiment pas à autant aimer ce film. Ca fait du bien (avec cette année Mad Max : Fury Road) de voir un blockbuster à la fois très ambitieux et fun ! Comme dans Kick-Ass, Matthew Vaughn reprend merveilleusement bien les codes du genre (ici le film d’espionnage) pour pouvoir les remettre au goût du jour. Ainsi, il s’agit à la fois d’un film d’espionnage très old school dans le sens où les personnages sont des gentlemen faisant référence aux chevaliers de la Table Ronde mais ils sont intégrés à des choses plus modernes : l’intrigue tourne clairement autour de la technologie et les racailles sont vraiment ce qu’il y a de plus actuel. Surtout, impossible en regardant Kingsman de ne pas voir toutes les références à la pop culture. Résultat : le mélange est explosif pour notre plus grand bonheur ! Dit comme ça, on pourrait avoir l’impression qu’il s’agit d’une grosse bouillasse de n’importe quoi mais ce n’est pas le cas, on sent vraiment derrière une écriture qui semble savoir où elle va, qui parvient à utiliser à bon escient ses références anciennes ou modernes et à trouver surtout le ton juste. Cela fait également plaisir de voir un film qui semble ne s’interdire de rien, que ce soit dans l’humour ou la violence et possède son grain de folie qui donne un réel charme à l’ensemble. On notera également une mise en scène à la fois précise, énergique et tout simplement d’une grande efficacité. On sent vraiment derrière la personnalité de Vaughn et là encore ça fait du bien de voir un blockbuster avec une vraie patte d’auteur.

Kingsman : Services secrets : Photo Sofia Boutella

En tout cas, même si je ne peux pas du tout comparer avec le matériau d’origine (j’imagine que beaucoup de choses sortent de l’imagination de ceux qui ont crée la BD), j’ai trouvé ce long-métrage très inventif dans les moindres détails. Je pense à beaucoup de choses amusantes : les jambes tranchantes de Gazelle, la scène de combat totalement cinglée et incroyablement bien chorégraphiée au sein d’une église (honnêtement, et je ne prétends pas être une spécialiste des films d’action, loin de là, c’est l’une des meilleures scènes d’action que j’ai pu voir), on pourrait également dire la même chose pour la scène d’action dans le but, les feux artifices colorés à la fin du film etc… Au-delà de ses scènes d’action de fou, de son évident dynamisme et de son esthétisme soigné et coloré qui pète mais sans être too much non plus, le propos derrière est intéressant, en tout cas suffisamment pour ce film plus que divertissant et finalement sans prétention : la critique de notre monde ultra connectée fonctionne, mais surtout j’ai aimé toute la réflexion autour de l’apparence et des classes sociales. Certes, le fait de mettre au centre du film un personnage qui va se transformer n’est pas hyper nouveau mais encore une fois Vaughn a réussi à traiter ce sujet à sa sauce et je pense que le « message » autour de l’apparence et de son lien ou non avec sa condition sociale parlera à beaucoup de jeunes. Le casting est également très bon. A première vue, vu qu’il s’agit d’un film avec des espions gentlemen, Colin Firth correspondait parfaitement à ce rôle quitte à faire son Colin Firth. En tout cas, c’est ce que je redoutais (alors que j’adore Colin Firth au passage). Certes, il est évidemment nickel car il a la classe à l’anglaise mais quelque part il s’agit aussi d’un rôle différent de ce qu’il a fait jusqu’à présent. Je n’imaginais pas forcément Firth dans un film d’action et honnêtement il s’en sort vraiment bien (et ça décoince vraiment son image !). Le jeune Taron Egerton qui ne devrait plus rester méconnu trop longtemps (enfin je l’espère) s’en sort également bien. Pourtant j’avais peur de ne pas aimer ce personnage de racaille dans le sens où j’avais peur qu’on tombe dans le stéréotype. Certes, certains traits peuvent sembler grossis mais son personnage est suffisamment intéressant pour éviter ces possibles travers. Samuel L. Jackson est vraiment tordant dans le rôle de ce méchant qui zozote et qui a peur du sang, Mark Strong est, comme souvent, impeccable et enfin la danseuse franco-algérienne Sofia Boutella s’en sort également remarquablement bien dans un rôle physique (certes, cela peut sembler facile de dire ça puisqu’elle a sûrement été engagée pour ça – mais je trouve qu’elle a aussi beaucoup de charisme).

Kingsman : Services secrets : Photo Samuel L. Jackson

Love Actually

réalisé par Richard Curtis

avec Hugh Grant, Liam Neeson, Colin Firth, Laura Linney, Emma Thompson, Alan Rickman, Bill Nighy, Keira Knightley, Martine McCutcheon, Chiwetel Ejiofor, Rowan Atkinson, Andrew Lincoln, Billy Bob Thornton, Heike Makatsch, Rodrigo Santoro, Martin Freeman, Joanna Page, Kris Marshall, Lucia Moniz, Thomas Brodie-Sangster…

Comédie romantique britannique. 2h10. 2003.

sortie française : 3 décembre 2003

Love Actually

L’amour est partout, imprévisible, inexplicable, insurmontable. Il frappe quand il veut et souvent, ça fait pas mal de dégâts…
Pour le nouveau Premier Ministre britannique, il va prendre la jolie forme d’une jeune collaboratrice.
Pour l’écrivain au coeur brisé parti se réfugier dans le sud de la France, il surgira d’un lac.
Il s’éloigne de cette femme qui, installée dans une vie de couple ronronnante, suspecte soudain son mari de songer à une autre.
Il se cache derrière les faux-semblants de ce meilleur ami qui aurait bien voulu être autre chose que le témoin du mariage de celle qu’il aime.
Pour ce veuf et son beau-fils, pour cette jeune femme qui adore son collègue, l’amour est l’enjeu, le but, mais également la source d’innombrables complications.
En cette veille de Noël à Londres, ces vies et ces amours vont se croiser, se frôler et se confronter…

Love Actually : Photo Hugh Grant, Martine McCutcheon

Je sais que Noël est déjà passé mais nous sommes encore en période de fêtes, parler de Love Actually, comédie romantique qui se déroule la veille de Noël, me semble encore d’actualité (non il n’y a pas là de jeu de mots pourri avec le titre du film). En toute honnêteté, j’aime regarder ce film à n’importe quelle période de l’année, mais c’est vraiment l’idéal de le revoir à quelques jours de Noël. A l’origine, j’aime énormément le travail de Richard Curtis, co-créateur de la série culte Mr. Bean, scénariste des excellents Quatre mariages et un enterrement et Notting Hill et réalisateur du très bon Good Morning England. J’ai une affection particulière pour Love Actually, je crois même que je l’aime de plus en plus. Le film n’est certainement pas parfait mais pourtant il possède un véritable charme et présente un lot de personnage attachants, on pourra s’identifier à certains d’entre eux. Le film-choral n’est pourtant pas forcément un genre auquel j’adhère mais je trouve l’écriture très bonne, évitant les cafouillages et parvenant à faire passer les 2h10 à la vitesse grand V. Certes, certains personnages sont davantage mis en avant par rapport à d’autres. Cependant, cela ne me gêne pas de voir certaines parties plus ou moins survolées car je ne pense pas qu’elles méritaient d’être plus développées (comme celle de Jack et Judy ou encore celle de Colin). De plus, même si certains personnages restent un peu en retrait par rapport à d’autres, ils arrivent tout de même à trouver leur place et à marquer les esprits. De plus, les histoires sont selon moi plutôt bien reliées entre elles, notamment par un épilogue final se situant dans un aéroport. Love Actually est aujourd’hui une référence dans la comédie romantique. Il est vrai qu’il s’agit d’une des meilleures dans ce genre mais on ne peut pas limiter ce film à des romances guimauves. Pour moi, Curtis a réussi à filmer l’amour sous toutes ses formes, grâce à neuf histoires très plaisantes, mêlant habilement humour et émotion et interprétées par un casting cinq étoiles.

Love Actually : Photo Colin Firth

Il y a tout d’abord l’histoire de David, le Premier Ministre, qui tombe amoureux de sa secrétaire qui a des formes (non, elle n’est pas grosse contrairement à ce que disent d’elle les autres personnages). L’histoire est basique, voire même un peu cliché (une rencontre entre une secrétaire et son boss – et c’est pas n’importe qui le boss en question) mais Curtis arrive à sortir de ce pétrin en nous présentant un Premier Ministre assez délirant (Hugh Grant qui danse sur Jump (from my love) des Pointer Sisters est énooorme) et une secrétaire qui débite un lot de gros mots assez impressionnant en peu de temps. Puis, il y a l’histoire de Daniel, incarné par Liam Neesonn qui vient de perdre son épouse (hélas, comme l’a vécu plus tard l’acteur dans la réalité) mais qui va aider son beau-fils à draguer une certaine Joanna, une camarade américaine qui est dans la même classe que lui. L’histoire aurait pu être très lourde en nous présentant un veuf éploré mais elle ne l’est pas car le film ne s’attarde pas sur ce deuil (et heureusement car je crois que cela aurait crée un trop gros déséquilibre par rapport au ton du film). L’histoire devient même légère car le personnage de Neeson rebondit à travers le jeune Sam qui veut tout faire pour séduire sa Joanna (ahaha le gars qui se met à jouer de la batterie – c’est cliché mais c’est toujours efficace). Cette partie réussit à présenter habilement à la fois la perte d’un amour et un amour de jeunesse. L’amour traverse également les frontières grâce à l’histoire entre un écrivain (Colin Firth) et une charmante portugaise, qui tombent amoureux sans parler la langue de l’autre. L’histoire est touchante car les deux personnages pensent et expriment parfois la même chose malgré une communication bloquée.

Love Actually : Photo Bill Nighy

Les relations amoureuses sont hélas parfois compliquées. L’amour est ainsi remis en question chez Harry (Rickman), qui va plus ou moins tromper son épouse Karen (Emma Thompson) avec une de ses employées qui a le feu au cul. Si je ne cautionne pas ce que fait Harry, qui a tout de même un comportement de connard, le personnage n’est pas non plus totalement antipathique. La scène dans laquelle Karen découvre le pot-aux-roses est très émouvante, évitant de nouveau de tomber dans du larmoyant. Au contraire, la scène est même très pudique et finalement plus réaliste. L’histoire avec Andrew Lincoln (c’était avant qu’il bute des zombies), fou amoureux de l’épouse de son meilleur ami, interprétée par Keira Knightley (il y a de quoi – elle est vraiment belle dans le film), est également très émouvante (oui, la scène avec ses pancartes a tendance à me faire fondre en larmes), préférant sacrifier une possible histoire d’amour pour ne pas trahir son meilleur ami. L’amitié est également traité au coeur de la partie mettant en scène Billy Mack, incarné par un Bill Nighy vraiment en forme. Cette rockstar qui raconte à peu près n’importe quoi dans les médias (« heyyyy les jeunes, n’achetez pas de drogue car quand on devient rockstar, elle est gratuiiiite ») et fait aussi n’importe quoi (depuis, je ne vois plus le groupe Blue de la même manière) retrouve le succès avec une chanson de Noël plutôt merdique (un dérivé de Love is all around, utilisée dans Quatre mariages et un enterrement). Pour fêter cela, il préfère passer sa soirée de Noël avec son manager Joe en se saoulant la gueule et en regardant des films porno (oui, c’est très classe tout ça) qui le supporte depuis des années au lieu d’être en compagnie d’Elton John.

Love Actually : Photo Liam Neeson, Thomas Brodie-Sangster

L’amour fraternel n’est également pas oublié : en effet, Sarah (Laura Linney, très touchante), réussit à passer une soirée avec son collègue de travail Karl dont elle est follement amoureuse (précisons que tout le monde sait qu’elle le kiffe depuis pratiquement deux ans) mais va finalement privilégier sa relation avec son frère (probablement autiste) qui l’appelle toutes les cinq minutes. Curtis exploite aussi l’amour sous un point de vue plus sexuel. Il y a tout d’abord la rencontre entre Jack et Judy (Martin Freeman et Joanna Page) deux doublures de scènes intimes. D’un côté, cette partie est drôle car on voit les deux personnages en train de parler comme s’il s’agissait d’une conversation parfaitement banale, à part qu’ils miment des positions sexuelles. De l’autre, malgré le rapprochement physique, en dehors du tournage, Jack et Judy sont assez pudiques et timides. La romance qui naît doucement entre les deux est étonnamment touchante. Enfin, la dernière histoire, un peu plus en retrait, est celle de Colin (Kris Marshall), qui en a marre des Anglaises (il les juge trop coincées) et compte séduire les Américaines (évidemment pas n’importe lesquelles, genre des bombasses sortant de FHM) avec son accent british. Même s’il ne s’agit pas à proprement parler d’amour comme on pourrait le concevoir, Colin trouve son bonheur en réalisant ses fantasmes. Le fait d’avoir relier ces histoires au thème de Noël est également judicieux, cela crée une cohérence nécessaire entre les personnages et je crois aussi que cela permet d’accentuer encore plus la magie entre les histoires d’amour. Le film est également servi par une très bonne bande-originale, qui correspond au sujet du film Pour conclure, Love Actually n’est certainement pas un chef-d’oeuvre et pourtant c’est un film qui fait un bien fou, il est pratiquement devenu un film de chevet en ce qui me concerne.

Love Actually : Photo Andrew Lincoln

Magic in the moonlight

réalisé par Woody Allen

avec Colin Firth, Emma Stone, Simon McBurney, Marcia Gay Harden, Eileen Atkins, Hamish Linklater, Jacki Weaver, Catherine McCormack, Lionel Abelanski…

Comédie romantique américaine. 1h38. 2014.

sortie française : 22 octobre 2014

Magic in the Moonlight

Le prestidigitateur chinois Wei Ling Soo est le plus célèbre magicien de son époque, mais rares sont ceux à savoir qu’il s’agit en réalité du nom de scène de Stanley Crawford : cet Anglais arrogant et grognon ne supporte pas les soi-disant médiums qui prétendent prédire l’avenir. Se laissant convaincre par son fidèle ami Howard Burkan, Stanley se rend chez les Catledge qui possèdent une somptueuse propriété sur la Côte d’Azur et se fait passer pour un homme d’affaires, du nom de Stanley Taplinger, dans le but de démasquer la jeune et ravissante Sophie Baker, une prétendue médium, qui y séjourne avec sa mère.

Magic in the Moonlight : Photo Colin Firth, Emma Stone

Quasiment toutes les années, le prolifique Woody Allen offre à son fidèle public son nouveau film. Avec lui, personnellement, j’ai toujours du mal à savoir si je vais être conquise ou carrément détestée (il faut dire qu’il tourne beaucoup – c’est peut-être normal qu’il y ait des ratés dans le lot). Mais décidément, depuis Minuit à Paris, Allen a retrouvé l’inspiration et ça fait plutôt plaisir à voir. Magic in the moonlight est une jolie réussite, assez divertissante et rafraîchissante. On retrouve tout ce qui fait le charme des films d’Allen (quand ils sont bons évidemment), c’est-à-dire une mise en scène élégante et des répliques percutantes. En mettant en scène des personnages pratiquant l’illusion chacun à leur manière et en installant son histoire dans la Provence des années 1920, Woody Allen parvient à signer une comédie romantique pétillante qui montre avec efficacité la naissance des sentiments amoureux. La magie de l’amour à laquelle succombent les personnages fonctionne grâce à plusieurs éléments mis en place, comme la photographie lumineuse ou encore la musique jazz qu’Allen aime tant. S’ajoute à cette jolie romance les réflexions philosophiques et spirituelles alléniennes. En montrant les limites de la raison, Allen s’interroge sur le pouvoir de l’illusion : en quoi l’homme a-t-il besoin de l’illusion dans son existence, et même plus généralement, pourquoi a-t-il besoin de Dieu ?

Magic in the Moonlight : Photo Colin Firth, Emma Stone

L’illusion est également un sujet qui parle au réalisateur et à ses spectateurs, puisque le cinéma n’est-il pas en lui-même synonyme d’illusion ? Enfin, le film séduit également grâce à l’alchimie entre les deux acteurs principaux. On n’a pas forcément l’habitude de voir Colin Firth dans un registre comique, en tout cas il est excellent dans le rôle de ce misanthrope so british un peu trop sûr de lui. Quant à Emma Stone, j’ai toujours trouvé qu’elle avait un potentiel mais je ne pense pas que ses précédents films aient réellement dévoilé son talent. Ici, elle a enfin la chance de pouvoir montrer de quoi elle est capable et je dois dire que je n’ai pas été déçue, bien au contraire. Elle est à la fois pétillante et candide et elle est très drôle dans les scènes dans lesquelles elle se prend pour une grande médium. Cependant, je n’ai pas non plus adoré : il manque selon moi, comme dans son précédent film Blue Jasmine, un petit quelque chose pour que le résultat emballe totalement. Peut-être que le côté léger et romantique l’emporte un peu trop, le propos est peut-être un peu trop atténué. De plus, même si j’ai pris du plaisir à regarder ce film, on ne peut pas dire non plus qu’il surprend, surtout quand on connait l’univers du réalisateur. Malgré ces quelques bémols, Magic in the moonlight reste un bon film qui m’a donné le sourire tout le long.

Magic in the Moonlight : Photo Colin Firth