Les Gardiens de la Galaxie

réalisé par James Gunn

avec Chris Pratt, Zoe Saldana, Dave Bautista, Vin Diesel, Bradley Cooper, Josh Brolin, Lee Pace, Benicio Del Toro, Glenn Close, Karen Gillan, John C. Reilly, Michael Rooker, Dijmon Hounsou, Peter Serafinowicz, Rob Zombie…

titre original : Guardians of the Galaxy

Film de science-fiction, action américain, britannique. 2h. 2014.

sortie française : 13 août 2014

Movie Challenge 2016 : Film adapté d’un comics ou d’un roman graphique

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Peter Quill est un aventurier traqué par tous les chasseurs de primes pour avoir volé un mystérieux globe convoité par le puissant Ronan, dont les agissements menacent l’univers tout entier. Lorsqu’il découvre le véritable pouvoir de ce globe et la menace qui pèse sur la galaxie, il conclut une alliance fragile avec quatre aliens disparates : Rocket, un raton laveur fin tireur, Groot, un humanoïde semblable à un arbre, l’énigmatique et mortelle Gamora, et Drax le Destructeur, qui ne rêve que de vengeance. En les ralliant à sa cause, il les convainc de livrer un ultime combat aussi désespéré soit-il pour sauver ce qui peut encore l’être …

Les Gardiens de la Galaxie : Photo Chris Pratt, Dave Bautista, Zoe Saldana

Je ne m’en suis jamais cachée : sans être « contre », l’univers des comics me laisse complètement indifférente. Je ne suis pas du tout la spectatrice qui attend de pied ferme pendant des mois le prochain Captain America ou Iron Man loin de là. Cela dit, j’ai tellement entendu du bien des Gardiens de la Galaxie (tiré des comics de Marvel, phase 2), que ce soit dans la presse, au coeur de la blogosphère ou même selon mon propre entourage. Pour le Movie Challenge, j’avais besoin de regarder une adaptation de comics, cela m’a donc encouragée le à découvrir pour de bon, même si je ne savais pas trop à quoi m’attendre. En plus, derrière la caméra, on retrouve un certain James Gunn. Quelques mois auparavant, j’avais découvert un de ses films les plus connus par les cinéphiles, Super, avec les très bons Rainn Wilson et Ellen Page. Il s’agit d’un film qui évoquait déjà l’univers des super-héros (mais version cheap). Malgré les bonnes critiques à son égard, je n’avais pas plus accroché que ça à ce film. D’où ma petite appréhension avant d’aller regarder Les Gardiens de la Galaxie. Contre toute-attente, je suis tombée sous le charme de grand divertissement. Oui, on peut encore faire des films grand public de qualité ! Je suis la preuve vivante qu’on peut se sentir larguée en comics, ne pas nécessairement être attirée par les blockbusters en général et avoir énormément aimé ce film. On suit les aventures de Peter Quill et de ses amis (ou pas au début) pendant deux bonnes heures sans s’ennuyer mais sans que ce soit un film d’action complètement bourrin. En fait, il y a un bon équilibre entre les différents genres abordés (en gardant une véritable cohérence : on est bien dans un film de super-héros même si ce n’est pas que ça), c’est-à-dire l’action, la science-fiction, la comédie et le drame (oui c’est très émouvant). C’est aussi un film qui pourra séduire différents publics, c’est-à-dire les jeunes et les adultes, mais aussi à la fois un public qui recherche de la modernité tout comme il pourra satisfaire des spectateurs nostalgiques (il y a une ambiance très années 70s/80s, notamment avec la présence du walkman, utilisé par Star-Lord et surtout la très bonne bande-originale !). La grande réussite des Gardiens de la Galaxie est qu’il assure un véritable spectacle mais sans tomber nécessairement dans les facilités. Il n’a rien d’aseptisé contrairement à beaucoup de grandes productions de nos jours. On sent qu’il y a derrière un réalisateur qui possède une personnalité, par conséquent son film parvient à avoir une âme.

Les Gardiens de la Galaxie : Photo Chris Pratt

Les Gardiens de la Galaxie s’avère donc plus exigeant qu’il en a l’air mais en même temps il parvient à ne pas être prétentieux : on a toujours l’impression qu’il y a de l’autodérision chez les personnages. Il s’agit alors plus qu’un film de super-héros : on est face à un formidable space-opera. On ne pourra d’ailleurs pas s’empêcher de penser à Star Wars pour des tas de raisons différentes (un univers galactique futuriste, des extraterrestres de toutes sortes, les vaisseaux spatiaux, Star-Lord est au début dans la même situation que Han Solo et même physiquement je n’ai pas pu m’empêcher de faire le rapprochement entre ces deux personnages etc…) même si les personnages des Gardiens… sont moins « vertueux » que ceux de la saga de George Lucas (mais restent tout aussi héroïques). Il me parait également important de souligner l’importance de l’esthétique. On ne va pas se mentir : ça pète dans tous les sens, que ce soit par les effets spéciaux, les décors et les costumes. Cela dit, contrairement à ce que je craignais, ça ne m’a pas fatiguée. Enfin, Les Gardiens de la Galaxie bénéficie d’un excellent casting et des personnages forts et intéressants. Chris Pratt, découvert dans la série Parks and Recreation, est excellent dans le rôle de Star-Lord. ll a tout pour être crédible en tant que héros d’un grand film populaire : il est drôle, charismatique, et a également un côté « cool » bienvenu. Par ailleurs, je ne suis pas étonnée qu’il ait été choisi pour interpréter le personnage principal dans Jurassic World de Colin Trevorrow. Zoe Saldana prouve aussi qu’elle est très douée pour interpréter des personnages féminins hors du commun (décidément, elle aime changer de peau depuis Avatar !) et forts. Ca fait toujours de bien de voir que les femmes ne sont pas toujours obligées d’être les potiches de service. Etant donné que je n’ai pas vu le film en V.O., je ne peux pas commenter totalement le travail de certains membres du casting (comme par exemple Bradley Cooper). En revanche, je peux rebondir sur plusieurs points. Dans un premier temps, les personnages (même ceux qui ont été travaillés en motion capture) sont tous très attachants. Je n’aurais pas cru m’intéresser et m’attacher à un raton-laveur et un arbre ! Les personnages ne se font donc pas écraser par l’univers qui aurait être trop énorme pour eux. Quelques seconds rôles sont également plaisants à découvrir même si on les voit peu comme par exemple Benicio Del Toro, Michael Rooker, John C. Reilly ou encore Glenn Close pour ne citer qu’eux.

Les Gardiens de la Galaxie : Photo

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American Sniper

réalisé par Clint Eastwood

avec Bradley Cooper, Sienna Miller, Luke Grimes, Jake McDorman, Jonathan Groff…

Biopic, guerre, drame américain. 2h12. 2015.

sortie française : 18 février 2015

American Sniper

Tireur d’élite des Navy SEAL, Chris Kyle est envoyé en Irak dans un seul but : protéger ses camarades. Sa précision chirurgicale sauve d’innombrables vies humaines sur le champ de bataille et, tandis que les récits de ses exploits se multiplient, il décroche le surnom de « La Légende ». Cependant, sa réputation se propage au-delà des lignes ennemies, si bien que sa tête est mise à prix et qu’il devient une cible privilégiée des insurgés. Malgré le danger, et l’angoisse dans laquelle vit sa famille, Chris participe à quatre batailles décisives parmi les plus terribles de la guerre en Irak, s’imposant ainsi comme l’incarnation vivante de la devise des SEAL : « Pas de quartier ! » Mais en rentrant au pays, Chris prend conscience qu’il ne parvient pas à retrouver une vie normale.

American Sniper : Photo Bradley Cooper

Clint Eastwood a beau vieillir, il ne prend décidément jamais sa retraite pour notre plus grand bonheur ! Quelques mois après le discret Jersey Boys, papi Clint revient en force avec American Sniper, l’adaptation de l’autobiographie de Chris Kyle intitulée American Sniper: The Autobiography of the Most Lethal Sniper in U.S. Military History (en VF American Sniper, l’autobiographie du sniper le plus redoutable de l’histoire militaire américaine). Le long-métrage, nommé à six reprises aux Oscars (il repartira avec une statuette – meilleur montage sonore), a cassé la baraque, devenant ainsi le plus grand succès cinéma de l’année 2014 aux Etats-Unis (devant Hunger Games : La Révolte la plus chiante de l’histoire du cinéma, héhéhé). Chris Kyle, sous-officier de la marine américaine, revendique avoir abattu 255 personnes durant la guerre d’Irak. Le Pentagone a officiellement confirmé 160 tirs : ces chiffres font de Kyle le tireur d’élite ayant tué le plus de personnes dans toute l’histoire militaire des Etats-Unis. Après son retour de la guerre, après avoir un centre de formation pour apprentis tireurs d’élite au Texas, il finira par être assassiné le 2 février 2013 (avec Chad Littlefield) par Eddie Ray Routh, un ex-marine souffrant de trouble de stress post-traumatique. Dernièrement, le tueur de Kyle a été condamné à une peine de prison à perpétuité, sans possibilité de libération conditionnelle. Le personnage est polémique : a-t-il réellement tué tous ces gens par devoir patriotique ? Est-il un héros ou un guerrier meurtrier ? En tout cas, dans son autobiographie, il confesse ne regrette aucun de ses actes. Pire : son seul regret est de ne pas avoir pu tuer plus de gens.

American Sniper : Photo Bradley Cooper, Sienna Miller

Malgré son succès, American Sniper a été marqué par des polémiques autour des pensées et actes autour de ce personnage qui ne serait pas aussi héroïque. Pour ceux qui n’auraient pas du tout suivi la controverse autour de ce film, les détracteurs lui reprochent de faire l’apologie du meurtre et de véhiculer des idéaux racistes. Effectivement, contrairement à Démineurs (que je n’aime pas, je le précise), les Irakiens ne sont pas réellement vus comme les gentils de l’histoire (même si certaines répliques venant de personnages secondaires tentent de faire comprendre qu’eux-mêmes sont des victimes de guerre, mais elles restent minimes. Cependant, je ne pense pas que cela montre une quelconque idéologie de la part de Clint Eastwood. Au pire, cela peut montrer le point de vue de Kyle : il s’agit alors de la position d’un personnage et non du réalisateur et cela ne va pas forcément dire qu’Eastwood l’approuve. Cela ne peut que renforcer la complexité même du personnage. De plus, il faut tout de même savoir que la famille de Kyle a pas mal rôdé autour du tournage et souhaitait que sa mémoire soit respectée. Cela peut alors expliquer pourquoi Eastwood ne dresse pas un portrait davantage plus sombre de Kyle et qu’il reste plutôt bienveillant. Cela expliquerait également pourquoi j’ai pu trouver ce film patriotique, surtout en ce qui concerne la fin (cependant, rien de scandaleux, il n’y a pas de propagande, je pense que ça transcrit un sentiment très américain, difficile à cerner pour nous qui sommes européens). Je ne comprends absolument pas cette polémique, qui me semble injustifiée. Cependant, il est tout de même regrettable de voir un Eastwood qui semble se censurer. Il n’ose même pas reprendre la phrase écrite de Kyle sur le fait qu’il aurait aimé tuer encore plus de gens, et préfère plutôt la détournée d’une autre manière, en la mettant sur le compte du devoir patriotique. 

American Sniper : Photo Sienna Miller

Malgré cela, Clint Eastwood arrive tout de même à dresser le portrait complexe d’un soldat. Parti par devoir patriotique, découvrant toutes les horreurs possibles (de ce côté-là, le film n’est pas du tout light), Chris Kyle prend rapidement goût à la guerre qui lui procure une adrénaline pratiquement indispensable, au point d’être un étranger au sein de sa propre famille lorsqu’il retourne chez lui au Texas : en réalité, sa véritable famille est l’armée. Le sujet n’est pas évidemment pas nouveau mais il reste bien exploité et de nouveau captivant. Au fond, peu importe si on trouvera ce film patriotique ou non (je crois qu’on touche ici à une question très personnelle, qui ne dépendra que des convictions personnelles des spectateurs), American Sniper réussit à parler de patriotisme. Au-delà des questions soulevées, à la fois justes et pertinentes, sur le patriotisme, la nécessité ou non de la guerre et du devoir (la guerre est-elle un mal nécessaire ?), le retour des soldats chez eux ou encore du problème des armes à feu aux Etats-Unis, la film séduit par sa mise en scène remarquable, réaliste, énergique et coup de poing. Eastwood s’est d’ailleurs très bien renseigné sur les scènes de batailles, en engageant notamment sur le tournage Kevin Lacz (qui interprète son propre rôle !), qui a connu Chris Kyle en Irak. Bradley Cooper (également l’un des producteurs du film) livre une interprétation remarquable (et avec un chouette accent texan) : sa nomination aux Oscars me semble parfaitement justifiée. Sa partenaire Sienna Miller, qui incarne encore une fois cette année « la femme de » (rappelez-vous dans le déjà oubliable Foxcatcher), s’en tire également bien dans ce rôle secondaire sans passer pour une potiche.

American Sniper : Photo Bradley Cooper

American Bluff

réalisé par David O’Russell

avec Christian Bale, Bradley Cooper, Amy Adams, Jeremy Renner, Jennifer Lawrence, Louis C.K., Jack Huston, Elisabeth Rohm, Shea Whigham, Alessandro Nivola, Michael Pena, Robert De Niro, Saïd Taghmaoui…

titre original : American Hustle

Comédie dramatique américaine. 2h18. 2013.

sortie française : 5 février 2014

American Bluff

Entre fiction et réalité, AMERICAN BLUFF nous plonge dans l’univers fascinant de l’un des plus extraordinaires scandales qui ait secoué l’Amérique dans les années 70.

Un escroc particulièrement brillant, Irving Rosenfeld, et sa belle complice, Sydney Prosser, se retrouvent obligés par un agent du FBI, Richie DiMaso, de nager dans les eaux troubles de la mafia et du pouvoir pour piéger un homme politique corrompu, Carmine Polito. Le piège est risqué, d’autant que l’imprévisible épouse d’Irving, Rosalyn, pourrait bien tous les conduire à leur perte…

American Bluff : Photo Amy Adams, Bradley Cooper, Christian Bale, Jennifer Lawrence, Jeremy Renner

Le réalisateur David O’Russell a réuni du beau monde pour ce film nommé dix fois aux Oscars. On a d’un côté les acteurs de The Fighter (Christian Bale et Amy Adams), de l’autre ceux de Happiness Therapy (Bradley Cooper et Jennifer Lawrence). Le film s’inspire (apparement de loin) de l’affaire Abscam : c’est une opération datant de la fin des années 1970 dans laquelle des escrocs se sont associés au FBI afin de démasquer l’identité d’hommes politiques corrompus. Dans l’ensemble, le résultat est plutôt satisfaisant. Même s’il y a des longueurs, j’ai volontiers regardé le film. L’ambiance 70s est particulièrement sympa et plutôt bien reconstituée et le casting est plutôt bon, même si j’ai trouvé que Jennifer Lawrence était un poil au-dessus. Son personnage, très frappé, rappelant celui de Sharon Stone dans Casino (le film en lui-même fait penser à celui de Scorsese) permet d’apporter un peu d’humour et de fraîcheur à ce film. J’étais réellement contente de la voir et quand elle manque rapidement quand elle n’apparaît pas à l’écran. Les interprétations de Christian Bale (moitié chauve et gras du bide), d’Amy Adams (moitié à poil et aux cheveux encore plus flamboyants que d’habitude), de Bradley Cooper (qui parle vraiment très vite et qui a des petites frisettes) et de Jeremy Renner (ses cheveux sont tellement… étranges) sont plutôt convaincantes, on les sent investis même si je les ai trouvés bien meilleurs dans d’autres films.

American Bluff : Photo Bradley Cooper, Christian Bale

David O’Russell avait un sujet en or, cependant on a un peu l’impression qu’il ne sait pas quoi en faire. Il délaisse parfois un peu trop le sujet de base – c’est-à-dire l’opération pour piéger Carmine Polito et d’autres hommes politiques – en se concentrant un peu trop sur les personnages et surtout des relations amoureuses qui sont peu intéressantes. De plus, les personnages ne sont pas déplaisants mais ils manquent d’épaisseur. Cela peut également expliquer pourquoi les acteurs, qui sont pourtant bons, n’arrivent pas à se dépasser alors qu’on sait qu’ils sont capables du meilleur. Comme je l’ai déjà dit, j’ai bien aimé la reconstitution de l’époque, cependant, je trouve que c’est aussi l’un des défauts de ce film. On finit par avoir l’impression que le film s’est un peu trop concentré sur la musique, la photographie, les coiffures et vêtements improbables etc… Ca devient parfois superficiel. La réalisation est également correcte mais il n’y a rien d’exceptionnel, on ne peut être que déçu alors que le projet était ambitieux. Au final, on a simplement droit à un film sympathique mais trop banal et surtout on l’oublie très rapidement.

American Bluff : Photo Amy Adams, Jennifer Lawrence