Unbreakable Kimmy Schmidt (saison 2)

Créée par Robert Carlock et Tina Fey

avec Ellie Kemper, Tituss Burgess, Carol Kane, Jane Krakowski, Sara Chase, Lauren Adams, Dylan Gelula, Sol Miranda, Lisa Kudrow, Tina Fey, Jon Hamm, David Cross, Anna Camp, Ice-T, Jeff Goldblum, Joshua Jackson, Zosia Mamet…

Série comique américaine.  2e saison. 2016. 

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Kidnappée lorsqu’elle était adolescente, Kimmy a passé 15 ans au sein d’une secte, entourée de quatre autres filles de son âge, en pensant qu’elle était l’une des seules survivantes de l’Apocalypse. Le jour où elle est enfin libérée, c’est un tout nouveau monde qui s’ouvre à elle, rempli d’infinis possibilités. Devant ses yeux innocents et éblouis, New York lui semble gigantesque et c’est là qu’elle est bien décidée à refaire sa vie, même si elle n’a aucune idée de ce qu’elle veut en faire…

Photo Ellie Kemper, Jane Krakowski, Tituss Burgess

J’avais relevé quelques défauts mais j’avais été très satisfaite par la première saison de Unbreakable Kimmy, créée par Tina Fey et Robert Carlock (à l’origine de la très bonne série 30 Rock). J’avais donc envie de connaître la suite des aventures de la Kimmy du titre (et aussi de ses amis), de voir si elle était capable de se reconstruire pour de bon après le procès du Révérend (interprété par Jon Hamm) qui l’avait retenue dans un bunker pendant quinze ans. Avant de commencer à découvrir cette saison 2, je n’avais pas spécialement envie d’écrire un billet de peur de me répéter. Mais en fait, je chronique cette saison en question car elle est différente de la première et par conséquent le ressenti est également différent. On pourra dire ce qu’on veut : on pourra être content de voir du changement, de ne pas rester sur des acquis, d’avoir envie de faire évoluer les personnages. Ainsi, la première saison était très portée sur l’avenir. Or, cette deuxième saison tourne autour du passé. Kimmy a beau être un personnage optimiste, ses blessures sont bien réelles. Elle ne peut plus fuir éternellement ce qui s’est passé et elle a besoin de revenir sur son enfance et son enlèvement pour pouvoir grandir pour de bon et ne plus être la grande enfant qu’elle est actuellement. Par conséquent, autre changement lié à la question du temps : cette saison est certes toujours drôle mais elle est bien plus profonde que la précédente. On savait bien qu’il y avait déjà une part de psychologie mise en place dans la première saison mais on sentait bien que Tina Fey et Robert Carlock avaient préféré privilégier l’humour très cartoonesque et l’optimisme. Attention, ces deux éléments sont toujours présents dans cette nouvelle saison mais il me semble que ce n’était pas la priorité des créateurs et des scénaristes. La psychologie est si mise en avant qu’elle est concrètement intégrée dans le scénario : en effet, Kimmy rencontre une psy complètement barge, alcoolique et schizophrène, incarnée par Tina Fey justement (excellente au passage – plus marquante que dans la première saison dans un autre rôle – même si on a parfois l’impression qu’elle fait un peu trop son show – on sent que ne plus être l’héroïne d’une série doit lui manquer). Cela va lui permettre de mieux comprendre certains éléments. Parmi ces scènes de compréhension nécessaires à sa reconstruction, on notera l’épisode très réussi dans lequel elle voit des parties de sa vie façon dessin animé de Disney avec sa mère (interprétée par Lisa Kudrow, très bien au passage dans l’épisode final) et le Révérend.

Photo Ellie Kemper, Jeff Goldblum

Cette saison 2 se veut donc plus profonde et sur ce point, je trouve qu’elle est assez réussie et pas uniquement en ce qui concerne Kimmy, ce qui crée encore plus de cohérence dans le propos. En effet, tous les personnages sont concernés par leur passé pour pouvoir mieux avancer. Ainsi, Titus affronte son passé « d’hétéro » mal sans sa peau et assumer enfin ses responsabilités en se mettant en ménage avec quelqu’un. Jacqueline, divorcée et qui n’a plus un sou, assume de plus en plus ses origines indiennes. Quant à Lillian, elle se bat pour préserver son quartier  face aux hipsters et plus généralement face aux changements. J’ai aimé cette saison intelligente et touchante, cela dit, comme la saison précédente, elle a ses défauts. Ce sont des défauts différents de la première saison. Je ne sais pas si c’est parce que je me suis habituée ou non mais je trouve qu’il y a peut-être moins de « grimaces » et d’humour forcé dans cette seconde saison. De ce point de vue là, il y a eu des progrès. En revanche, le véritable problème de cette saison est son rythme. Certes, je ne dirais pas que je me suis emmerdée, loin de là, sinon je ne me serais pas gênée de lui foutre une sale note. Ca reste amusant et divertissant. Mais j’ai tout de même senti au milieu de la saison un véritable coup de mou. Mine de rien, cette saison est un peu plus longue que la précédente. En effet, la première saison comportait dix petits épisodes qui duraient chacun une petite vingtaine de minutes. Or, cette deuxième saison est composée de treize épisodes qui durent désormais trente minutes. Ca parait peu dit comme ça et pourtant on sent une énorme différence ! Certes, ces quelques ajouts sont dans la continuité de ce qui a été mis en place autour de la psychologie des personnages. Effectivement, on voit davantage les rôles secondaires dans cette saison tout en gardant bien en tête que le personnage central reste Kimmy. Cela dit, les longueurs se ressentent, on sent que ça s’étire inutilement finalement. Supprimer certains épisodes aurait été judicieux finalement. Surtout, si on sent qu’il y a une volonté de penser au sort de tous les personnages, je n’ai pas trouvé qu’ils étaient tous mis sur le même niveau. En effet, on voit toujours autant Titus (et ses formidables péripéties), le personnage de Lillian a également été très bien développé (et tant mieux car elle n’était pas suffisamment présente dans la première saison) mais celui de Jacqueline m’a semblé plus délaissée alors que son évolution est hyper intéressante. Ca m’a beaucoup frustrée !

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Heureusement, cette saison sait où elle va malgré quelques égarements et trouve une bonne fin : elle clôt bien la saison tout en offrant une véritable ouverture (par une véritable révélation sur Kimmy). Par conséquent, cela donne envie de découvrir la saison 3 (déjà commandée par Netflix). Surtout cette saison regorge tout de même d’un grand nombre de moments très drôles. Certes, difficile de nous faire oublier le désormais mythique « Peeno noir » mais certaines scènes valent tout de même le détour. Je pense notamment à l’intervention hilarante de Jeff Goldblum en présentateur d’un show hyper malsain profitant de la misère humaine, au coming-out du copain de Titus à sa famille qui va frustrer notre drama queen préférée, la venue des hipsters (avec Zosia Mamet de Girls), l’épisode hommage et délirant au Menthos ou à l’apparition étrange de Ice-T. Enfin, même si on la voit moins durant cette saison, Jacqueline nous offre un grand nombre de scènes très drôles, encore plus que dans la précédente saison. Elle est hilarante avec sa famille indienne, en tentant de retrouver ses véritables origines alors qu’elle a l’air encore très New-Yorkaise (et qu’elle raconte en plus n’importe quoi dans une langue ou encore lorsqu’elle tente de sauver les apparences en voulant prouver à tout le monde qu’elle a encore de l’argent. Jane Krakowski est toujours aussi excellente dans le rôle de cette femme vénale qui devient plus humaine au cours de cette saison. Elle reste attachée à l’argent, aux apparences dans la société mais elle commence à s’en détacher et à s’intéresser enfin aux sentiments qu’elle peut éprouver pour les autres. Le chemin reste évidemment long pour qu’elle change totalement mais il est en tout cas formidable de voir une interprétation qui  reste toujours dans cette optique caricaturale, à l’image du reste de la série (il s’agit plus d’une remarque qu’une critique) tout en commençant à donner plus de « nuances » à son personnage. Evidemment, parlons d’Ellie Kemper, qui incarne notre Kimmy préférée. Elle aussi est formidable dans le rôle-titre et comme Krakowski, tout en continuant à jouer sur la carte du cartoon, elle parvient aussi à donner plus d’émotion et de profondeur à son personnage grâce à une écriture qui va dans ce sens. Evidemment, quel bonheur de revoir Tituss Burgess dans le rôle de Titus ! Il est toujours aussi excellent ! Il faudrait regarder cette série rien que pour ce gars ! Enfin, à l’image de son personnage Lillian qui est davantage développé dans cette saison, Carol Kane m’a encore plus fait rire que dans la première saison. Bref, pour conclure, une nouvelle bonne saison qui a le mérite de corriger quelques erreurs de la précédente, même s’il y en a d’autres qui entrent en jeu, qui restent malgré tout divertissante (malgré un coup de mou) et toujours aussi ouverte à la réflexion.

Photo Ellie Kemper

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Café Society

réalisé par Woody Allen

avec Jesse Eisenberg, Kristen Stewart, Steve Carell, Blake Lively, Parker Posey, Corey Stoll, Ken Stott, Anna Camp, Jeannie Berlin, Stephen Kunken, Paul Schneider…

Comédie dramatique américaine. 1h36. 2016.

sortie française : 11 mai 2016

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New York, dans les années 30. Coincé entre des parents conflictuels, un frère gangster et la bijouterie familiale, Bobby Dorfman a le sentiment d’étouffer ! Il décide donc de tenter sa chance à Hollywood où son oncle Phil, puissant agent de stars, accepte de l’engager comme coursier. À Hollywood, Bobby ne tarde pas à tomber amoureux. Malheureusement, la belle n’est pas libre et il doit se contenter de son amitié.
Jusqu’au jour où elle débarque chez lui pour lui annoncer que son petit ami vient de rompre. Soudain, l’horizon s’éclaire pour Bobby et l’amour semble à portée de main…

Café Society : Photo Jesse Eisenberg, Kristen Stewart

Tout d’abord, je souhaitais remercier Baz’art et Mars Distribution qui m’ont permis de remporter des places gratuites pour voir le dernier Woody Allen, Café Society, présenté en ouverture (hors compétition) au dernier Festival de Cannes. Les précédents films de Woody Allen, L’Homme Irrationnel, Magic in the Moonlight et Blue Jasmine m’avaient beaucoup plu, j’espérais voir ce Café Society dans la même lignée. Hélas, malgré les espoirs que j’avais à son égard face aux bonnes critiques que j’avais lues et entendues, ce nouveau Woody Allen m’a déçue. Ce qui m’avait plu dans ses précédents longs-métrages, c’est ce mélange entre une réflexion profonde et une histoire plaisante et rafraîchissante. Or, ce Café Society tente de nouveau d’allier ces deux éléments mais sans réellement parvenir à atteindre pleinement son but. Je ne me suis pas retrouvée comme un rat mort dans la salle, il y a des films qui m’ont bien plus désintéressée que celui-ci. Mais je n’ai clairement pas pris de plaisir devant. Le film a beau durer 1h30 (comme souvent chez Allen), j’avais hâte qu’il se termine. Pourquoi ? Parce qu’il présente une histoire d’amour impossible terriblement banale et pas plus intéressante en ce qui me concerne. C’est pour moi un peu trop anecdotique, ça manque de puissance. Pourtant, on retrouve les ingrédients typiques à la bonne recette habituelle de Woody Allen. Mais ça manque de charme, en tout cas il n’apparaît que superficiellement dans l’environnement et la reconstitution de l’époque (j’admets de très beaux décors et un excellent travail en ce qui concerne la photographie). Je ne dis pas que l’histoire ne permet éventuellement pas à une réflexion. On retrouve notamment l’éternelle question autour du choix que nous devons faire entre la passion et la raison. Il y a aussi une réflexion pourtant intéressante sur le papier autour de l’élévation sociale qui peut aussi jouer un rôle dans les décisions prises par les personnages. Mais ces réflexions ne sont pas parvenues à m’intéresser davantage au film en tant que narration à part entière. Quand on voit le niveau de réflexion des précédents films d’Allen, à côté, sans vouloir déconsidérer ce qu’il a voulu exprimer dans Café Society et en ayant conscience qu’on ne peut pas nécessairement comparer tous ses films même si la tentation est évidemment forte, je n’ai pas pu m’empêcher d’être déçue, d’attendre quelque chose de plus intense. Il y a du potentiel mais ce n’est pas pour moi plus creusé que ça. Ca m’a paru trop anecdotique pour que je puisse vraiment ressentir quelque chose de fort et intéressant.

Café Society : Photo Blake Lively, Jesse Eisenberg

Café Society manque pour de moi de punch et de fraîcheur, j’ai fini par me désintéresser de l’histoire principale (le triangle amoureux) car elle tourne en rond. Pour tout vous dire, j’ai même préféré l’histoire secondaire autour de la famille de Bobby (entre un frangin gangster qui bute absolument tout le monde, une mère juive dans tous ses clichés, un beau-frère intello etc…) qui au moins a le mérite d’offrir quelque chose de plus pimpant (avec, comme souvent chez Allen, quelques répliques bien senties) et surtout j’avais enfin l’impression que ça racontait quelque chose de plus croustillant ! Maintenant, passons au casting. Jesse Eisenberg s’en sort plutôt bien en sorte de double de Woody Allen (ce choix paraissait même évident). Il a le charisme, toujours un incroyable débit de paroles, son interprétation reste juste en suivant l’évolution de son personnage. Parmi les seconds rôles, j’ai également bien aimé l’interprétation du charismatique Steve Carell (de plus en plus à l’aise dans des rôles dramatiques), qui lui aussi est un grand bavard qui manie bien la parole (point évidemment très important dans un Woody Allen, ça fait toujours son petit effet). Il réussit très bien à montrer les deux facettes de son personnages, c’est-à-dire qu’il est sensible et torturé en privé, ne sachant pas quoi choisir entre la raison et la passion, mais confiant et autoritaire en public. Corey Stoll (qu’on voit décidément de plus en plus, que ce soit dans des films ou séries) dans le rôle du frangin gangster est également une des bonnes surprises de ce casting. En revanche, je reste un peu plus sceptique en ce qui concerne les actrices dont on a tant entendu parler. Je n’ai pas trouvé Kristen Stewart mauvaise dans le sens où elle parvient aussi, grâce à son interprétation, de montrer comment son personnage évolue. Cela dit, je trouve cette actrice, que ce soit physiquement ou aussi dans son interprétation, très anachronique. Déjà que les décors, bien qu’ils sont pourtant très beaux, et même certains costumes, ne me font pas toujours penser aux années 1930 à certains moments, (ce n’est que mon ressenti), on va dire que sa présence ne m’a pas particulièrement aidée à contrebalancer cette idée que j’avais déjà en tête. Enfin, en ce qui concerne Blake Lively, on sent son potentiel mais hélas son personnage est trop secondaire pour qu’on s’y intéresse plus que ça et je trouve cela dommage.

Café Society : Photo Jesse Eisenberg, Kristen Stewart