Girls

Créée par Lena Dunham et Jenni Konner

avec Lena Dunham, Allison Williams, Jemima Kirke, Zosia Mamet, Adam Driver, Andrew Rannells, Alex Karpovsky, Becky Ann Baker, Peter Scolari, Christopher Abbott, Ebon Moss-Bachrach, Corey Stoll, Riz Ahmed, Gaby Hoffmann, Rita Wilson, Patrick Wilson, Matthew Rhys, Jon Glaser, Jake Lacy, Jenny Slate, Amy Schumer, Shiri Appleby…

Comédie dramatique. 6 saisons. 2012-2017. 

L’entrée dans la vie active de quatre jeunes filles d’une vingtaine d’années, de leurs humiliations à leurs rares triomphes. Hannah, l’éternelle stagiaire, rêve de devenir écrivain ; Marnie, la jeune fille intelligente et rangée au premier abord ; Jessa qui vivote telle une hippie et sa cousine Shoshanna, une ambitieuse étudiante qui n’a pas sa langue dans sa poche.

Photo Jemima Kirke, Lena Dunham, Zosia Mamet

Je vous préviens, je ne vais pas hésiter à spoiler et même dès les premières lignes. J’avais déjà rédigé un billet sur la toute première saison de Girls, dans l’espoir de livrer une critique de chaque saison. J’ai abandonné l’idée pour deux raisons. Dans un premier temps, cette entreprise est évidemment trop longue et j’ai encore trop de critiques de séries à rédiger. Puis, surtout, cela ne serait pas forcément pertinent dans le cadre de Girls, série créée par Lena Dunham (décidément, elle multiplie les casquettes) et Jenni Konner et produite par le roi de la comédie américaine actuelle, Judd Apatow : qu’on aime ou pas cette série (ce qui est compréhensible), elle a au moins le mérite de présenter les six saisons avec une véritable cohérence. Pour certains éléments de l’intrigue (notamment concernant la grossesse d’Hannah à la saison 6), Lena Dunham a révélé qu’elle les avait en tête depuis les débuts de la série. En effet, beaucoup d’éléments qui peuvent sembler anodins reviennent et prennent leur importance dans les saisons suivantes. Ainsi, la série est pour moi si cohérente que je l’ai revue volontiers et à trois bonnes reprises. Et ce fut nécessaire de la revoir à chaque entier, comme si je remarquais de nouvelles choses. En effet, j’ai un drôle de rapport : j’aimais bien Girls à ses débuts mais sans plus. Je voyais aussi pas mal ses défauts et surtout j’avais tendance à avoir un mauvais jugement sur les quatre personnages principaux. Je suis cette série depuis pas mal d’années, j’ai grandi avec les personnages et j’ai moi-même « grandi » entre-temps. Finalement, à force de revoir la série, je commençais à comprendre son succès et surtout à l’apprécier à sa juste valeur (même si j’ai parfaitement conscience qu’on puisse rejeter en bloc la création de Dunham). Je pourrais certainement écrire un billet entier sur les personnages : oui, elles sont bourrées de défauts. Oui, on a même parfois envie de les secouer, de les gifler. Non, je ne suis pourtant « trash » ou quoi que ce soit (la série étant souvent associée à ce mot). Pourtant, Hannah, Marnie, Jessa et Shoshanna me représentent, tout comme elles représentent mes amies et même d’autres filles de ma génération. Comme le disait Hannah au tout début de la saison 1 (certes sans aucune modestie, mais ça c’est Hannah), elle est la voix de sa génération.

Photo Andrew Rannells, Lena Dunham

Girls m’agaçait au début pour son côté très cru, voire même vulgaire, et pour son scénario qui commençait à faire du surplace. En effet, dans une série, on a tendance à attendre une évolution des personnages. Or, pour attendre un réel déclic de la part des personnages, on doit attendre un certain nombre de temps. Et encore, je ne parle pas de tous les personnages : certains seront incapables de changer, ils resteront dans la destruction alors que la possibilité de vivre une vie meilleure et paisible n’était pas si lointaine. Pour le surplace, Hannah pense qu’elle va enfin réussir, juste après tout s’effondre pour elle, que ce soit par sa faute (quand elle retourne à la fac loin de chez elle) ou par un concours de circonstances. On a donc la sensation que ce personnage n’avance pas et du coup que le scénario non plus. Or, Dunham fait justement un choix judicieux en présentant des personnages qui se cassent la gueule, qui ne parviennent pas à réaliser leurs rêves, qui vont même devoir faire des compromis en attendant de pouvoir arriver à leurs buts. La seule qui semble sortir de ce schéma est l’ambitieuse et lucide Shoshanna. Au début étudiante, vierge et innocente, elle n’hésitera pas à dire plusieurs fois ses quatre vérités au reste de la bande (et à prendre la douloureuse – mais meilleure – décision finale à la fin de l’épisode 9 de la saison 6) et surtout à prendre son destin en main quitte à passer pour une connasse ingrate (alors qu’elle était certainement le personnage le plus pétillant de la série). La série s’appelle Girls mais Hannah reste le personnage pilier. On a envie de lui donner des claques, de la secouer face à son égoïsme, défaut qui disparaîtra à la naissance du petit Grover. Je n’ai jamais aimé les films ou les séries qui mettaient en avant la naissance d’un enfant pour sauver le ou les parent(s) parce que cela ne correspond pas du tout à mes convictions personnelles. Cela dit, ce choix reste tout de même intéressant par rapport à tout ce que Dunham a mis en place depuis les débuts de Girls : avec un enfant, Hannah sera obligée de devenir responsable et de s’occuper de quelqu’un d’autre que d’elle-même.

Photo Lena Dunham

J’avoue que cette grossesse finale m’a surprise de la part de Lena Dunham. Certaines féministes (certaines, car je refuse de mettre tout le monde dans le même sac – et je me sens moi-même féministe : chacun(e) sa définition) n’auraient pas nécessairement ressenti l’envie de transformer l’héroïne en jeune mère de famille. Certaines (je fais référence à des « articles » que j’ai hélas lus sur des sites revendiqués féministes) rejettent même la grossesse en bloc. On a beau insulter Dunham pour ses positions féministes (non, le féminisme n’a rien d’un gros mot), elle n’est pas tombée dans certaines idées qui pourraient sembler extrémistes. Beaucoup ont pointé du doigt le tout dernier épisode qui se concentre sur l’après-naissance du petit Grover. Hannah cohabite désormais avec sa mère (qui apprend à vivre seule – son mari ayant enfin accepté son homosexualité après l’avoir tant renié) et sa véritable meilleure amie Marnie, toujours là (sa présence dans la vie d’Hannah sera grosso modo sa seule victoire vu ses échecs amoureux et professionnels). Effectivement, l’épisode 9 de la saison 6 qui réunissait pour la dernière fois les quatre filles vedettes de la série aurait pu être une véritable fin. On devinera (ou supposera) les vies que mèneront Adam et Jessa (des artistes qui réussiront peut-être professionnellement mais qui ne connaîtront que la destruction), Shoshanna (désormais une bobo méprisante à la vie rangée), Elijah (on veut un spin-off sur ses aventures d’artiste !) ou encore Ray qui rencontre l’amour (et pour une fois, il n’y a pas de discours ou d’intrigue autour du fait que sa dulcinée est obèse) va enfin s’investir dans un projet professionnel qui devrait le sortir de l’ennui. Mais justement, la force de Girls est de ne pas tomber dans ce qui était attendu. L’histoire entre Adam et Hannah, certes belle mais trop sombre, est belle et bien terminée, l’amitié entre les quatre jeunes femmes ne peut pas tenir et n’a peut-être d’ailleurs jamais existé. Beaucoup de séries auraient décidé de satisfaire les fans avec un véritable happy end. Ici, il ne s’agit pas d’un bad end ou quelque chose de ce style. On nous présente juste la vie ordinaire avec ses bons et ses mauvais côtés, ses rêves réalisés ou non (ou peut-être en attente).

Photo Adam Driver, Alex Karpovsky

New York est également au coeur de Girls. Cette ville est souvent glamourisée ou valorisée. On a d’ailleurs dit que la série de Dunham était une sorte d’anti-Sex and the City (les deux séries ayant été diffusées sur HBO). Quatre filles à New York donc à part que dans Girls ce même New York ne fait pas rêver : il n’y a pratiquement pas de boulot (et quand il y en a, ils craignent), les appartements sont sombres et délabrés, les gens sont teubés. Hannah (et les autres au passage) semble être la pure New-Yorkaise de son époque : à l’aise dans les fêtes, elle-même un peu fêlée et prête à toutes les expériences, artiste un peu torturée sur les bords, Hannah va pourtant se rendre à l’évidence : New York ne lui a apporté que des merdes. Elle pourrait avoir une vie tranquille (elle se confronte d’ailleurs à cette possibilité, qu’elle rejettera, lors de sa rencontre avec un beau et riche médecin en la personne de Patrick Wilson) mais pas à New York. Girls, c’est pour moi une série extrêmement lucide et sombre (mais pas nécessairement pessimiste, juste réaliste) sur la vie des ces jeunes gens (je dis « gens » parce que contrairement à ce qu’annonce le titre, les mecs ne sont pas du tout délaissés dans l’histoire) qui sont encore entre deux phases, l’adolescence et le monde des adultes. Je trouve qu’il n’y a pas tant que ça de séries et/ou de films qui traduisent vraiment ce sentiment, et avec justesse, à cette période de cette existence (on a plutôt davantage à voir le fameux passage à l’âge adulte sur des teen movies par exemple). Dunham sait alors parler de jeunes gens pas toujours prêts à affronter le monde et au fil des saisons a su aussi aborder de sujets de société, notamment sur la culture du viol. Un des derniers épisodes, « American Bitch« , qui nous présente une sorte de match-interview entre Hannah et un auteur accusé de viol style Woody Allen/Roman Polanski était tout simplement d’une très grande pertinence (je vous conseille de découvrir l’épisode en question – c’est limite le seul épisode qu’on peut regarder sans connaître la série). Alors on pourra évidemment rejeter cette série à cause de sa dimension trash (qui me dérangeait mais selon moi les scènes ne sont pas si gratuites qu’on pourrait le croire) mais Dunham est une formidable auteure et observatrice de son temps, pleine d’audace. J’espère qu’elle continuera à nous proposer du contenu de qualités que ce soit à la télé ou ailleurs.

Photo Allison Williams, Lena Dunham

Faut pas lui dire / The Boyfriend

FAUT PAS LUI DIRE

réalisé par Solange Cicurel

avec Jenifer Bartoli, Camille Chamoux, Stéphanie Crayencour, Tania Garbaski, Brigitte Fossey, Arié Elmaleh, Fabrizio Rongione, Benjamin Bellecour, Laurent Capelluto, Stéphane Debac,  Charlie Dupont…

Comédie française, belge. 1h36. 2017.

sortie française : 4 janvier 2017

Laura, Eve, Anouch et Yaël sont quatre cousines, très différentes et très attachantes, qui ont un point commun : elles mentent, mais toujours par amour ! Quand les trois premières découvrent quelques semaines avant le mariage de leur petite cousine que son fiancé parfait la trompe, elles votent à l’unisson « Faut pas lui dire » !

Faut pas lui dire : Photo Camille Chamoux, Jenifer Bartoli, Tania Garbarski

Faut pas lui dire est le premier long-métrage de Solange Cicurel, ancienne avocate au Barreau de Bruxelles spécialisée dans le droit des étrangers. Elle avait signé auparavant un court-métrage intitulé Einstein était un Réfugié. Pour ce film, la réalisatrice s’est donc inspirée de son ancien métier pour son intrigue : en effet, le personnage incarné par la chanteuse Jenifer est une avocate redoutable spécialisée dans les divorces. Plus généralement le film tourne autour de mensonges et de secrets. La réalisatrice est donc partie du principe (en reprenant donc ses propos) qu’un mensonge n’était pas quelque chose de malfaisant à l’origine, qu’on mentait majoritairement pour protéger les gens qu’on aime. Bref, rien de bien révolutionnaire à l’horizon, certains ont même dit que ça ressemblait à Comme t’y es belle (toujours pas vu, ouais je suis encore à la ramasse). Effectivement, des films et des séries avec une bande de quatre femmes ayant des problèmes qu’avec les mecs (par contre, pas de soucis financiers : elles sont forcément avocates ou toubibs et on se demande même quand elles bossent par moments !), on en trouve à la pelle ! Bref, ça ne respire pas l’originalité, la mise en scène n’est pas dingue, le scénario non plus d’ailleurs (mais le travail n’est pas non plus mauvais), mais honnêtement en tant que petit divertissement ce film passe tout à fait : dans son genre, j’ai en tout cas vu bien pire et je ne me suis pas ennuyée, c’est déjà pas si mal. Je m’attendais à un résultat bien plus dégueulasse. L’ensemble reste plutôt bien rythmé, les personnages plutôt sympathiques et attachants. Le film a le mérite d’être nuancé avec les personnages en question : chacun fait ses erreurs et a ses torts, que ce soit les femmes ou les hommes. Evidemment, il n’y a pas de grandes surprises narratives mais la fin m’a tout de même plu. J’attendais évidemment au tournant la chanteuse Jenifer, ici dans un vrai premier rôle au cinéma (elle avait déjà fait son incursion mais dans des rôles plus secondaires) et qui est la réelle « star » de ce film (même s’il y a de bons acteurs et des confirmés dans la distribution). J’ai essayé d’être la plus honnête possible en ne prenant pas en compte mon avis sur la chanteuse (qui m’insupporte). En réalité, je suis partagée sur son interprétation : il y a des scènes où elle est étonnamment à l’aise (notamment dans une scène de procès plutôt drôle – même si je ne sais pas si la scène en question est crédible) et d’autres où elle est complètement à côté de la plaque. Cette irrégularité dans son jeu m’a parfois dérangée. En revanche, le reste du casting (franco-belge à l’image de la production) assure plutôt bien.

Faut pas lui dire : Photo Camille Chamoux, Jenifer Bartoli, Stéphanie Crayencour, Tania Garbarski


THE BOYFRIEND – POURQUOI LUI ?

réalisé par John Hamburg

avec Bryan Cranston, James Franco, Megan Mullaly, Zoey Deutch, Keegan-Michael Key, Cedric The Entertainer, Griffin Gluck, Adam Devine, Andrew Rannells, Kaley Cuoco…

titre original : Why Him ?

sortie française : 25 janvier 2017

Un père de famille emmène sa famille visiter sa fille à Noël et se retrouve en compétition avec le petit-ami de celle-ci, un jeune devenu milliardaire grâce à internet.

The Boyfriend - Pourquoi lui ? : Photo James Franco, Zoey Deutch

The Boyfriend – Pourquoi lui ? (et oui, nous avons encore traduit un titre anglais par une sorte de titre anglais, quelle intelligence !) fait partie de cette vague de comédies américaines actuelles qui a du mal à se renouveler : des films à l’humour en dessous de la ceinture. La présence de la caricature de l’artiste arty et paradoxal James Franco devant la caméra (il m’agace mais je le trouve tout de même talentueux : ma contradiction m’achèvera un de ces quatre) ou encore voir au générique « sur une idée de Jonah Hill » ne me rassuraient pas des masses. On ne va pas se mentir : The Boyfriend est une comédie lourde. Les blagues sont assez potaches, ça tourne pas mal autour de la bite, du caca et tout ça (la scène d’ouverture donne la couleur !). Certaines m’ont fait rire, d’autres moins. Bref, j’ai connu bien pire et bien mieux : ça se laisse regarder même si ça ne casse pas des briques. Après si on n’est vraiment pas fan de cet humour assez grossier (ce que je peux comprendre, il y a des fois où ça peut déranger très fortement : là ça allait en l’occurence), on ne va pas se mentir : vous allez détester de A à Z. De toute façon, les scénaristes assument totalement cet humour vulgaire. Le duo formé par James Franco (parfait en gars très cool et paradoxalement d’un angélisme déconcertant) et Bryan Cranston (toujours très bien dans le rôle du père protecteur coincé) fonctionne très bien – on va dire que le film est principalement sauvé par la complicité et l’énergie de ces deux derniers. Megan Mullaly, qui faisait déjà des merveilles dans quelques épisodes de Parks & Recreation, est également très drôle dans le rôle classique de la mère coincée qui finit par se lâcher. En revanche, je suis un peu moins convaincue par la jeune Zoey Deutch, qui manque de charisme. Le scénario n’est évidemment pas fou mais l’ensemble se laisse regarder volontiers et c’est plutôt rythmé (le film durant deux bonnes heures, cela étant nécessaire). L’apparition de certains membres du groupe Kiss est également amusante. En tout cas, je ne me suis pas ennuyée et je n’en attendais pas plus : je savais où je mettais les pieds. Cela dit, juste une chose me « dérange » tout de même dans The Boyfriend (même s’il ne s’agit pas du seul film concerné par ce problème – mais là ça m’a fortement frappée) : ce film est une énorme glorification du capitalisme (ne croyez pas non plus que je suis en rouge à manifester pour le moindre truc mais voir que le pognon était roi à ce point m’a bien gênée) même s’il critique paradoxalement les hipsters et les nouveaux riches.

The Boyfriend - Pourquoi lui ? : Photo Bryan Cranston, Griffin Gluck, James Franco, Megan Mullally, Zoey Deutch

Bachelorette

réalisé par Leslye Headland

avec Kristen Dunst, Lizzy Caplan, Isla Fisher, Rebel Wilson, Adam Scott, James Marsden, Kyle Bornheimer, Hayes MacArthur, Andrew Rannells…

Comédie américaine. 1h26. 2012.

sortie française : 17 octobre 2012

Movie Challenge 2016 : Un film avec un mariage

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Regan, Gena et Katie sont inséparables depuis le lycée. Très cyniques, elles sont stupéfaites d’apprendre que leur amie Becky, adorable mais rondouillette, est la première d’entre elles à se marier !
Alors que Gena et Katie sont toujours célibataires, Regan harcèle Frank, avec qui elle sort depuis quatre ans, pour qu’il la demande en mariage. Lorsque Becky demande à Regan, particulièrement névrosée, de l’aider à préparer la cérémonie et d’être sa demoiselle d’honneur, celle-ci est furieuse.
Six mois plus tard, la veille du mariage, Regan, très remontée, tyrannise le personnel et les invités, tandis que Katie et Gena s’apprêtent à faire la fête. Mais tout va de travers. Au moment où les trois amies tentent de noyer leur chagrin au bar, elles tombent sur Clyde, petit ami de Gena à l’époque du lycée. Or, il se trouve qu’ils s’aiment encore… Plus tard, pendant la répétition générale du dîner, Gena, très éméchée, porte un toast et suscite le malaise en racontant que Becky était boulimique quand elle était ado. Et quand Katie oublie d’annuler un strip-teaseur qu’elle avait engagé pour l’enterrement de vie de jeune fille, la mariée s’emporte ! Furieuse, elle demande aux trois amies de ne venir au mariage que si elles ne boivent pas et se comportent en adultes. Ce qui n’empêche pas Regan, Gena et Katie de faire une fête d’enfer toute la nuit jusqu’au lendemain, jour de la cérémonie…

Bachelorette : photo Isla Fisher, Kirsten Dunst, Lizzy Caplan

Bachelorette est le premier long-métrage de Leslye Headland (Jamais entre amis). Il s’agit de l’adaptation de sa propre pièce de théâtre qui était à l’origine une tragédie puis s’est transformée en comédie involontairement. La pièce faisait partie d’un cycle sur les sept péchés capitaux et celle-ci portait sur la gourmandise. La réalisatrice prétend aussi qu’elle s’est inspirée de nombreux films dont l’excellent After Hours de Martin Scorsese ou encore les films de Pedro Almovodar et ceux de Quentin Tarantino (rien que ça !). Quand je lis les propos de la réalisatrice sur la fiche sur Allocine, on se dit que la meuf a un sacré melon. Quand on regarde cette petite comédie, on pense tout sauf à ces grandes références ! On pensera plus volontiers à des comédies moins fines (mais pour ma part très plaisantes) comme Very Bad Trip de Todd Phillips et Mes Meilleures Amies de Paul Feig. Bachelorette s’est fait démonter la gueule un peu partout (il n’y a qu’à voir les notes presse et spectateurs sur Allocine ou même sur Imdb où il atteint à peine la moyenne). Vous allez peut-être être étonné mais je n’ai pas trouvé ce film si lamentable et honteux que ça. Certes, je ne dis pas qu’il s’agit nécessairement d’un bon film dans le sens où le « talent » de Leslye Headland pour la mise en scène ne m’a pas du tout sauté aux yeux (pour ne pas dire qu’elle n’en a pas vraiment), le film a clairement ses défauts mais au moins il se laisse regarder et se révèle finalement plus drôle que prévu. Et honnêtement, vu l’affiche, le sujet et tout ça, je n’en attendais pas plus. En ce qui concerne l’humour, c’est clair, ce n’est pas hyper fin : ça tourne principalement autour du sexe (on peut même dire du sperme !). Cela dit, sans vouloir faire de féminisme à deux balles, je me demande si le film ne s’est pas fait cassé parce que les personnages principaux sont des femmes qui sont grossières, vulgaires, pestes (pour rester ultra polie) et aiment coucher. J’ai l’impression que ça passe toujours mieux auprès des spectateurs quand il s’agit d’hommes (dans ce type de rôles). Bon après on me dira qu’il y a toujours Mes Meilleures Amies qui est dans cette veine mais les films avec de tels personnages féminins restent rares. Peut-être que Bachelorette (qui va pourtant plus loin que le film de Paul Feig même s’il reste en dessous) arrive un peu après la bataille.

Bachelorette : photo Andrew Rannells, Isla Fisher

Je reconnais que c’est parfois un peu trop vulgaire, on sent qu’il y a des répliques de trop juste pour tenter de marquer le coup (même si elles passent grâce à ses interprètes). Je suis sûre que la comédie aurait gagner en consistance et en crédibilité en ayant moins grossière. Cela dit, malgré cette vulgarité qui m’a parfois dérangée, j’ai tout de même trouvé le film plutôt drôle grâce à de bonnes répliques bien envoyées et surtout grâce à son rythme effréné qui donne un peu plus de poids comique à certaines scènes. Après, dans un sens, ce rythme empêche certainement aux personnages d’avoir davantage de consistance. Cela dit, sans dire que c’est le film le plus cinématographique que j’ai pu voir (c’est un euphémisme), il parvient tout de même à ne pas être une sorte de pièce de théâtre filmée comme on aurait pu le craindre. Le portrait de ces trois femmes pathétiques n’est certes pas non plus ce qu’il y a de plus fin (à l’image du film tout simplement) mais étrangement j’ai tout de même accroché aux personnages comme si ça me parlait ou quelque chose dans ce genre (pourtant je ne suis pas du tout trentenaire ni trop désespérée). Même si les traits sont (très) grossis et qu’on ne fera pas toutes ces généralités sur les femmes (heureusement, sinon ça serait terrible d’être une femme !), sans dire que c’est profond non plus, Leslye Headland tente de peindre les relations complexes entre les femmes entre solidarité et rivalité. On regrettera tout de même la fin qui reste un peu trop clean par rapport à tout le reste mis en place. Le trio d’actrices reste plutôt bon. Kristen Dunst est géniale dans le rôle de cette femme jalouse, hypocrite, psychorigide, ancienne anorexique, qui mène clairement sa petite bande. Lizzy Caplan s’en tire également bien dans le rôle de cette sorte de junkie cynique et c’est toujours aussi plaisant de voir Isla Fisher interpréter les cruches de service. Rebel Wilson s’en sort pas si mal mais son personnage n’est pas suffisamment mis en avant. Pour conclure, Bachelorette n’est pas le film si déplorable dont j’ai pu lire d’ultra mauvaises critiques, ça reste pour moi suffisamment divertissant. Sans dire que c’est forcément génial, il n’est pas aussi dégueulasse que prévu et n’est pas pire que d’autres comédies américaines moyennes de cette même lignée.

Bachelorette : photo Kirsten Dunst, Rebel Wilson

Girls (saison 1)

Créée par Lena Dunham

avec Lena Dunham, Allison Williams, Jemima Kirke, Zosia Mamet, Adam Driver, Alex Karpovsky, Christopher Abbott, Andrew Rannells, Becky Ann Baker, Peter Scolari, Kathryn Hahn, James LeGros, Chris O’Dowd…

Série comique américaine. 1ere saison. 2012.

girlssaison1

Cette première saison met en scène quatre jeunes filles d’une vingtaine d’années entrant dans la vie active et qui ont toutes leurs problèmes : Hannah Horvatz, éternelle stagiaire qui rêve de devenir écrivain et sort plus ou moins avec un garçon à la sexualité débridée, Marnie est une jeune fille sérieuse mais qui s’ennuie avec son petit ami, Jessa a fait le tour du monde et vit sa vie de « hippie » et Shoshanna est encore une étudiante fan de Sex and the City et toujours vierge.

Photo Jemima Kirke, Lena Dunham, Zosia Mamet

Cela faisait un moment que je souhaitais parler de cette série mais je ne savais pas trop comment m’y prendre alors j’ai décidé de l’évoquer de temps en temps sur ce blog, en allant tout simplement de saison en saison. J’ai aussi revu cette série très récemment histoire d’avoir un nouveau regard et je dois avouer que cela a été bénéfique. En effet, même si j’avais déjà beaucoup aimé cette première saison (sinon je n’aurais pas forcément voulu regarder le reste), certaines qualités m’ont vraiment sauté aux yeux en la redécouvrant. Je ne sais pas si Lena Dunham, créatrice, mais aussi scénariste et même réalisatrice d’un grand nombre d’épisodes, avait déjà en tête le scénario pour les saisons à venir mais quand on voit tout ce qui se passe jusqu’à présent (saison 4), je trouve qu’elle a vraiment bien su rebondir et utiliser à bon escient tous les éléments mis en place dès cette première saison. La série en général n’est peut-être pas parfaite, elle ne plaira pas non plus à tout le monde, notamment pour son côté très cru (il faut dire qu’elle est produite par Judd Apatow, cela ne peut pas être un hasard), parfois Lena Dunham peut énerver pour son côté très donneuse de leçons (un peu comme son personnage Hannah d’ailleurs) mais je dois reconnaître qu’elle a un parcours admirable pour son jeune âge. Je ne vais pas trop critiquer son travail de showrunner ici car je n’ai pas trop de critiques négatives en ce qui concerne cette première saison en particulier, les critiques viendront vraiment plus tard au fil des autres saisons. Ce qui est sûr, c’est que la jeune actrice/réalisatrice/productrice, qui avait d’ailleurs décroché le Golden Globe de la meilleure actrice dans une série comique après la diffusion de cette première saison, est une jeune femme qui sait observer et les retranscrire. Sur le papier, le résumé de Girls pourrait limite inquiéter dans le sens où on ne verrait pas forcément en quoi cette série pourrait être novatrice et surtout, avec un tel titre, on aurait pu s’attendre à un énième Sex and the City. Mais justement, Girls est l’anti-Sex and the City ! Les héroïnes en question sont jeunes, paumées, ont du mal à trouver du travail, vivent des appartements miteux et ont parfois des relations sexuelles trèèès étranges !

Photo Adam Driver, Lena Dunham

Il n’est pas toujours facile d’aimer les personnages de Girls car elles ont quand même leurs défauts qui sont d’ailleurs mis de plus en plus en avant au fil des saisons. Mais quelque part, et encore une fois, en donnant une seconde chance (si on peut dire ça comme ça) à cette première saison qui m’avait déjà convaincue, j’aime aussi les personnages parce que justement elles ne sont pas parfaites et quelque part, en ce qui me concerne, je me reconnais en elles ou alors je reconnais des personnes de mon entourage. J’avoue ne pas me reconnaître en Marnie (une fille assez coincée, voire même frustrée et déjà coincée dans sa routine), c’est peut-être même le personnage que j’aime le moins, mais au fil de mes expériences, j’avoue connaître beaucoup de Marnie autour de moi, des personnages qui m’agacent ou alors je ne comprends pas forcément leur manière de vivre (même si je n’ai évidemment pas de leçons à donner). Quelque part, Marnie est un personnage réussi, assez réaliste de ce qui se passe chez pas mal de jeunes de la vingtaine (je pense par exemple à beaucoup qui sont « en couple » depuis longtemps mais à 20/22 ans sont déjà épuisés par cette longue relation). Finalement, même si encore une fois il ne s’agit pas de mon personnage préféré, j’ai appris avec le temps à apprécier ce personnage. On va quand même parler d’Hannah car même si la série s’appelle Girls, ce personnage est tout de même le point de départ de l’histoire en étant vraiment mis en avant. Il faut quand même le dire : Hannah est très énervante notamment à cause de son égocentrisme (notamment quand Marnie apprend tout ce qu’il y a dans le journal intime d’Hannah, Hannah lui demande si dans un autre contexte elle aurait aimé son écriture) voire même limite irresponsable (comme sa blague douteuse sur la pédophilie face à son futur boss qui n’est évidemment plus son futur boss). Ceci dit, j’ai fini par aimer Hannah parce que je me reconnais un peu en elle : ses complexes physiques, son manque de confiance en elle (même si elle le traduit par une sorte d’excès de confiance, ce qui est tout le contraire de mon caractère), son goût pour l’écriture et ses angoisses. J’aime aussi beaucoup Jessa même si là encore ce n’est pas forcément évident d’apprécier ce personnage et qu’il faut quelque part un petit temps d’adaptation. Jessa, la cousine anglaise de Shoshanna, est une baba hippie cool qui a beaucoup voyagé, elle est assez délurée, un peu détachée de ce qui se passe dans la société, elle est assez spontanée, vive mais peu aussi paraître vulgaire. A priori, je n’ai rien à voir cette fille, et au début, à cause de son apparence, je n’ai pas non plus tout de suite accroché au personnage. Mais là encore, c’est le temps qui m’a permis de m’attacher à cette jeune fille qui a finalement un coeur énorme et cache une grande sensibilité. Je dois avouer que je me reconnais un peu en elle justement parce que j’ai un côté un peu grande gueule comme elle (et comme Hannah aussi), limite révolutionnaire (ahaha la scène dans le jardin d’enfant est énorme) mais après c’est aussi une manière pour ne pas montrer toutes mes émotions. Mais je dois avouer que je me sens très proche de Shoshanna, notamment parce qu’elle est speed, parle très vite (et je vous assure que j’ai un certain débit et que cela me demande beaucoup de boulot pour parler à un rythme modéré), qu’elle est coquette (au niveau de la garde-robes, là encore, on se ressemble, j’adore le « on »), elle dit vraiment ce qu’elle pense (certes, Hannah et Jessa sont aussi franches mais pas autant que Shoshanna, non, elles ne peuvent pas rivaliser), raconte n’importe quoi quand elle est sous l’emprise d’alcool et de drogues ce qui lui arrive rarement et est concentrée sur ses études.

Photo Lena Dunham

La série a beau s’appeler Girls et mettre des personnages féminins en avant, Dunham n’a pourtant pas délaissé les hommes qui ont chacun un rôle important. Le personnage le plus charismatique reste Adam, le mec bizarre d’Hannah, un gars assez pessimiste et asocial qui passe au début pour un détraqué sexuel mais après on apprend vraiment à l’apprécier, à comprendre d’où vient son côté sombre et on s’aperçoit là encore qu’il a un bon fond. Il est aussi drôle car il ne sait pas se comporter correctement (du genre il débarque comme un fou avec un paquet de shampoings dans la douche alors qu’Hannah y est déjà puis après pisse dedans alors que sa copine y est toujours !).J’aime également beaucoup Ray, le meilleur pote de Charlie, qui n’hésite également à dire ce qu’il pense et balance des phrases très cassantes. Charlie est un personnage un peu trop lisse et gentil mais ce n’est pas forcément un reproche dans le sens où ce sont justement ses qualités qui vont lasser sa petite amie Marnie. Enfin, comme beaucoup de fans, j’aime énormément Elijah. Alors certes, on reprend un peu le cliché du meilleur ami gay mais j’adore vraiment sa personnalité et j’étais vraiment heureuse de voir à quel point il prenait de la place au fil des saisons. Ce gars est à lui tout seul une tornade ! Girls est aussi connu pour son côté trash, que ce soit à travers des répliques très salaces et surtout des scènes assez crues. Je dois avouer que la première fois que j’ai regardé cette série, les scènes de sexe et tout ça m’ont gênée. Pas tellement à cause du contenu mais parce que j’avais l’impression que c’était vraiment gratuit, du genre une pseudo revendication pour se détacher des autres séries. Certes, je pense qu’il y a quand même toujours maintenant une part de provocation, qui se confirme d’ailleurs au fil des saisons. Cependant, en revoyant cette première saison, les scènes en question ne m’ont plus autant gênée car je pense avoir compris où Dunham a voulu en venir.
Photo Allison Williams
En fait, je dois même dire que maintenant ces scènes de sexe en question sont pour moi très drôles. Je pense notamment à celle avec Jessa qui couche avec son ex – qui est en couple – alors que Shoshanna est encore dans l’appartement, la scène de masturbation d’Adam (pendant ce temps, Hannah en profite pour lui prendre des sous) ou encore à la scène de sexe avec les parents d’Hannah sous la douche qui se finit évidemment par un accident ! Et puis, je dois avouer que ça fait du bien de voir des filles normales avoir des relations sexuelles. De plus, même si c’est cru, même s’il y a quelque chose de gratuit, les scènes ont le mérite de ne pas sur-érotiser les actrices, on cherche plutôt la normalité même dans les actes sexuels les moins banals. Surtout, pour moi, les scènes de sexe assez représentatives d’une certaine sexualité entre jeunes adultes : soit les jeunes semblent assez libérés (cela passe aussi par le porno et les sextos) soit ils connaissent déjà la frustration (alors que, selon les points de vue, on pourra tout simplement dire qu’il s’agit de relations sexuelles « normales »), soit encore on aborde la question de la virginité tardive. C’est aussi une jeunesse en même temps préoccupée par la contraception et qui peut aussi avoir un comportement irresponsable malgré cette peur MST notamment. La série a aussi le mérite de mettre en avant à plusieurs reprises la masturbation féminine, vraiment trop peu représentée ou évoquée à la télé ou au cinéma. Mais heureusement, la série ne se limite pas non plus qu’à la question du sexe chez les jeunes adultes. La drogue, notamment dans les soirées, fait partie des sujets abordés (même s’il sera renforcé davantage dans les saisons suivantes, avec Jessa), le harcèlement sexuel au travail (avec les collègues d’Hannah qui traitent Adam de pervers mais acceptent volontiers de se laisser toucher par leur boss sans broncher) ou encore le fait de flirter avec son boss.
Photo Jemima Kirke, Lena Dunham, Zosia Mamet
Mais c’est surtout le discours sur l’angoisse de l’avenir qui m’a vraiment parlé. Cette question est évidemment abordée notamment à travers la confrontation entre Hannah et ses parents, qui n’ont pas la même vision des choses, que ce soit à propos du travail ou des relations amoureuses. Comment être rassurée par son avenir quand on voit que les études ne servent finalement à rien et qu’on est toujours l’éternelle stagiaire évidemment pas payée et qu’on est obligée de squatter dans des appartements pourris ? Cependant, même si la série pointe assez justement ces angoisses et que ça fait aussi du bien de voir… la réalité tout simplement, Dunham n’est pas tendre avec sa génération. Elle montre clairement que c’est une génération qui a envie d’être adulte, qui est confrontée à des problèmes d’adultes et en même temps refuse aussi de grandir même si cette génération en question n’appartient plus à la tranche adolescente. Je ne sais pas si, comme Hannah, Dunham est « la voix de [sa] génération » mais en tout cas elle a vraiment compris pas mal de choses sur la sienne et donc aussi la mienne. La série ne pourra peut-être pas plaire à tout le monde mais elle a le mérite d’être courte : il n’y a que dix épisodes par saison et chaque épisode dure environ 25 minutes. Du coup, cela permet aux scénaristes de ne pas non plus s’étendre sur des éléments insignifiants, la série gagne en rythme et en efficacité tout simplement. On sent aussi qu’il y a un grand soin accordé à la réalisation et à l’esthétique qui n’est pourtant pas la première chose qui saute aux yeux. Il n’y a pas de chichis mais on voit bien que les réalisateurs (Dunham en fait partie) ont voulu retranscrire un New York à la fois jeune, moderne et en même temps il y a quelque chose de volontairement crade et triste. Enfin, la série possède un excellent casting, la plupart sont tout simplement amis dans la vraie vie et se connaissent depuis longtemps et cela se ressent : on sent au moins une complicité entre les personnages. Pour conclure, cette première saison, qui ne plaira peut-être pas tout le monde, est pour moi bonne, même meilleure que je ne le pensais. Elle possède de vraies qualités d’écriture, a des personnages en béton auxquels on s’attache finalement avec le temps, en mettant vraiment en avant leurs qualités et leurs failles, et donne envie de regarder la saison 2 (j’en parlerai sur mon blog mais pas tout de suite, histoire que le blog ne se transforme pas en sorte de fan-club de Girls).
 Photo Allison Williams, Jemima Kirke, Lena Dunham