L’Attaque des Donuts Tueurs / Alibi.com

réalisé par Scott Wheeler

avec Justin Ray, Kayla Compton, Michael Swan…

titre original : Attack of the Killer Donuts

sortie française (VOD) : 9 avril 2017

Un incident scientifique transforme d’innocents Donuts en tueurs assoiffés de sang. Le sort de leur paisible petite ville dépend à présent de Johnny, Michelle et Howard.

L'Attaque des donuts tueurs : Photo Justin Ray, Kayla Compton

Il est toujours difficile de « noter » un nanar : peut-on les mettre au même niveau que des films « normaux » et traditionnels ? Peut-on moralement attribuer une meilleure note à des nanars qu’à des films qui devraient être bons sur le papier ? Il faut donc prendre ma note avec certaines pincettes, en se mettant en tête que ce genre de films reste à part. Je ne connais pas nécessairement tous les nanars possibles mais je sais faire la différence entre le nanar volontaire et assumé (le délirant Zombeavers) et l’involontaire (le magique The Room de Tommy Wiseau). L’Attaque des Donuts Tueurs entre dans la première catégorie : le spectateur sait parfaitement à quoi s’attendre (rien que le titre est un bon indicateur ou alors le spectateur en question est juste à côté de la plaque). Oui, on sait très bien que le scénario ne va pas voler très haut, les effets spéciaux vont être cheap, les personnages auront des réactions débiles et ça ne va même pas faire peur. Les choix exagérés, décalés ou même carrément stupides sont donc totalement assumés par le réalisateur. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le film a été présenté au festival de l’Alpe d’Huez : il s’agit avant tout d’une comédie potache parodiant grossièrement le cinéma d’horreur. On retrouve alors volontairement beaucoup de clichés ou images : la blonde aux gros seins bête et méchante, les trois mecs pseudo rappeurs également stupides, le patron à moumoute (ai-je encore besoin de préciser que cet homme est également complètement con ?), le scientifique qui fait n’importe quoi ou le méchant concurrent de la boutique de luxe de donuts, vegan, bio et compagnie. Evidemment le long-métrage n’est pas toujours à une contradiction près et a certainement des défauts qui ne sont pas toujours volontaires ou liés au grand délire général (et il faut avouer que c’est parfois difficile de distinguer le bon et le mauvais à cause de son statut de nanar assumé). En effet, certains dialogues semblent interminables, les acteurs surjouent ou encore les donuts sont déjà garnis, colorés et décorés en sortant directement de la friteuse (et je ne commente évidemment les effets spéciaux, ça va de soi qu’ils sont pourris) ! Comme dans Zombeavers, L’attaque des tueurs donuts est un bon plaisir coupable, qui assume sa crétinerie et qui est drôle dans son genre même si son humour ne plaira certainement pas à tout le monde. J’ai même envie de dire qu’il est étonnamment créatif en dépit de son manque de moyens. Mais justement, dans un sens, j’aurais voulu que ce délire aille encore plus loin, que le réalisateur exploite encore plus le potentiel que ce film.

L'Attaque des donuts tueurs : Photo


réalisé par Philippe Lacheau

avec Philippe Lacheau, Elodie Fontan, Julien Arruti, Tarek Boudali, Nathalie Baye, Didier Bourdon, Medi Sadoun, Vincent Desagnat, Nawell Madani, Philippe Duquesne, Alice Dufour, JoeyStarr, Kad Merad, Norman Thavaud, Chantal Ladesou, Michèle Laroque, Laouni Mouhid…

Comédie française. 1h30. 2017.

sortie française : 15 février 2017

Greg a fondé une entreprise nommée Alibi.com qui crée tout type d’alibi. Avec Augustin son associé, et Medhi son nouvel employé, ils élaborent des stratagèmes et mises en scène imparables pour couvrir leurs clients. Mais la rencontre de Flo, une jolie blonde qui déteste les hommes qui mentent, va compliquer la vie de Greg, qui commence par lui cacher la vraie nature de son activité. Lors de la présentation aux parents, Greg comprend que Gérard, le père de Flo, est aussi un de leurs clients…

Alibi.com : Photo Julien Arruti, Philippe Lacheau, Tarek Boudali

Si je ne suis pas une grande adepte de nos comédies françaises actuelles, sans crier au génie révolutionnaire, j’adhère plutôt aux films de (et avec) Philippe Lacheau (qui se retrouve cette fois-ci seul derrière la caméra sans son compère Nicolas Benamou). Alibi.com est finalement dans la même veine que Babysitting 1 et 2. Si vous n’avez pas aimé le diptyque à succès (peut-être un jour une trilogie ?), je serais étonnée que vous puissiez aimer ce Alibi.com. Lacheau est toujours très inspiré par la comédie américaine actuelle, c’est-à-dire un peu « trash » tout comme il n’hésite pas à rendre hommage au cinéma des années 80 (le personnage principal voue clairement un culte à cette période, en particulier à Street Fighter). A travers ces inspirations en question, on sent une envie de la part de Lacheau d’apporter du sang neuf à la comédie française, d’être moins ringarde. Bon, je n’irai pas à dire que la comédie française va mieux grâce à l’ex-membre de la Bande à Fifi, il ne faut pas déconner non plus. Alibi.com a le mérite d’être une comédie fraîche et sans prétention, plutôt bien interprétée, la jeune génération s’en sort étonnamment plus que les acteurs davantage confirmés (Baye et Bourdon peinent parfois même s’ils ne sont pas catastrophiques, loin de là) : Elodie Fontan manque parfois de justesse mais sa fraîcheur et son honnêteté d’interprétation me séduisent à chaque fois, Lacheau plutôt crédible en sorte de geek et gars toujours fourré dans des situations improbable, Nawell Madani est la bonne surprise du casting en chanteuse bimbo (oui je kiffe son entêtant Marre des michtos ), Julien Arruti et Tarek Boudali (également anciens membres de la Bande à Fifi)  sont également plutôt drôles. A noter au début quelques guests sympathiques (presque dommage qu’on n’ait pas plus exploités certains d’entre eux). Bref, ce n’est déjà pas si mal (je n’en demandais pas plus – peut-être que je dit ça parce que je suis vraiment blasée par l’état de la comédie française actuelle). L’histoire est plutôt séduisante, une sorte de vaudeville moderne bien rythmée et jamais ennuyeuse, même si son potentiel comique n’est pas assez exploité. Je suis toujours partagée sur l’utilisation d’un humour gras et parfois en dessous de la ceinture : il y a des fois où ça m’a fait marrer, et d’autres non (le gag avec le caniche est de mauvais goût par exemple). Bref, faire de l’humour à la Apatow, pourquoi pas (c’est visiblement la nouvelle lubie en France) mais il faut encore savoir le maîtriser, ce qui n’est pas totalement le cas.

Alibi.com : Photo Élodie Fontan, Nathalie Baye, Philippe Lacheau

The Edge of Seventeen

réalisé par Kelly Fremont Craig

avec Hailee Steinfeld, Haley Lu Richardson, Blake Jenner, Woody Harrelson, Kyra Sedgwick, Alexander Calvert, Hayden Szeto…

Comédie dramatique américaine. 1h48. 2016.

sortie française (VOD) : 16 mars 2017

Nadine et Krista découvrent le monde merveilleux du lycée. Mais leur belle amitié est mise à mal lorsque la première apprend que la seconde sort avec son grand frère…

The Edge of Seventeen : Photo

The Edge of Seventeen fait partie de cette longue liste de films qui ne trouve pas leur place dans les salles de cinéma françaises. Et comme souvent, même quand je n’aime pas nécessairement les films qui passent par cette case, je trouve cela regrettable que ce premier long-métrage ne soit pas distribué dans les salles obscures alors que ces dernières projettent de nombreuses daubes. De plus, ce film en question est co-produit par James L. Brooks, le réalisateur des formidables Pour le pire et le meilleur et Tendres Passions. En revanche, si je trouve cela regrettable que ce film n’ait pas connu de sortie dans les salles, ce n’est pas pour autant que je l’ai réellement apprécié. Certes, il ne s’agit pas d’un mauvais film, ni même d’une déception (je n’en attendais rien même si j’avais eu vent de quelques bonnes critiques m’invitant à le découvrir). L’ensemble se laisse évidemment regarder dans le sens où l’histoire se laisse volontiers suivre, le ton en lui-même est léger comme dans n’importe quel teen-movie qu’on pourrait regarder, le tout est également bien rythmé, c’est même parfois drôle (parfois). Mais qu’est-ce qui cloche alors ? Le personnage principal. Nadine est incarnée par la toujours pétillante Hailee Steinfeld, nommée aux Golden Globes dans la catégorie « meilleure actrice dans une comédie » pour son interprétation. Le problème ne vient pas de sa performance : elle joue bien le rôle qu’on lui a attribué. Le reste de la distribution est par ailleurs très bien, que ce soit parmi les jeunes acteurs (Haley Lu Richardson et Blake Jenner, choupis en jeune couple lisse, ou encore Hayden Szeto en ado sensible et maladroit) ou les plus confirmés (Woody Harrelson, parfait en prof cynique balançant quelques bonnes punchlines, Kyra Sedgwick touchante en mère dépassée). Mais le personnage de Nadine est vraiment insupportable. Certes, j’imagine que cette personnalité en question a du sens : il n’y a qu’à voir une des conclusions du film, c’est-à-dire lorsque Nadine se rend compte qu’elle se plaint beaucoup et surtout lorsque cette dernière constate que les autres autour d’elle peuvent souffrir sans forcément jacasser toute la sainte-journée. Mais cette jeune fille qui se plaint tout le temps pour tout et n’importe quoi n’est pas du tout attachante. J’adore pourtant les personnages cyniques, hors de la norme, mais avec Nadine, le contact ne passe pas. J’ai parfaitement conscience que je vais dire un truc méchant : Nadine n’a pas d’amis (en dehors de sa meilleure amie Krista et d’Erwin le gars de sa classe qui veut la pécho) et on comprend qu’elle n’en ait pas. L’égoïsme de ce personnage semble vaguement se justifier par son passé familial, c’est-à-dire le décès brutal de son père.

The Edge of Seventeen : Photo Blake Jenner, Haley Lu Richardson

Cette information a quelque chose de superficiel comme si cela devait justifier ses réactions complètement stupides et sa tendance à absolument tout dramatiser. Après, encore une fois, on peut accepter que cette rébellion sans cause, prouvant l’immaturité de l’adolescente, fasse partie du postulat de départ (il n’y a qu’à voir le décalage avec la scène d’intro qui présente Nadine comme une suicidaire et plus tard la réalité des faits qui conduit notre héroïne à prononcer des paroles aussi graves) mais il aurait vraiment fallu rendre la jeune fille plus attachante et ayant plus de consistance. Dans différents synopsis que j’ai pu lire, Nadine est présentée comme une jeune dépressive mais en regardant le film, je n’ai pas plus ressenti cette dépression, juste de la bêtise et de l’exaspération. En fait, je me suis sentie comme une adulte réac’, ne parvenant pas à prendre réellement au sérieux la possible souffrance de cette adolescente. Je ne dis pas que le film est nécessairement mal écrit mais il y a selon moi des choses plus que maladroites dans la construction de ce personnage. Cela n’a jamais été impossible d’exposer des personnages imparfaits et même pénibles tout en les rendant attachants. Or, Kelly Fremont Craig (également scénariste) ne parvient pas à relever ce défi ce qui plombe vraiment son film. Pour ne rien arranger, depuis un certain temps (c’était déjà mon type de ressenti devant l’acclamé Monde de Charlie de Stephen Chbosky), je commence à me lasser des teen-movies filmés à la mode des années 1980 ou rappelant sans cesse cette période. Peut-être que je me focalise sur ce point parce que je n’ai pas plus accroché que ça à ce film (après tout, récemment, dans la série 13 Reasons Why, je valorisais ce point en question) mais je commence à trouver cette utilisation too much. Alors on pourra me dire par a+b que je suis une grosse gourdasse parce qu’il y a voyons des chansons récentes dans la bande-originale (vous avez remarqué vous aussi que la reconstitution des années 80 passe souvent par les choix musicaux). La gourdasse en question vous répond qu’elle croyait que le film se passait dans les années 80 (et pas qu’à cause de la musique – les décors et le look de l’héroïne à tous les âges m’ont déroutée) pendant un bon moment jusqu’à ce qu’elle réalise qu’il se déroule de nos jours. Bref, j’ai trouvé l’ensemble sympathique, pas forcément mal fait mais rien de bien exceptionnel non plus, de plus profond ou de différent de ce qu’on a pu voir auparavant dans la même veine, n’échappant pas non plus à certains clichés.

The Edge of Seventeen : Photo Hailee Steinfeld, Hayden Szeto

Sherlock

Créée par Steven Moffat et Mark Gatiss

avec Benedict Cumberbatch, Martin Freeman, Andrew Scott, Mark Gatiss, Amanda Abbington, Rupert Graves, Louise Brealey, Una Stubbs, Toby Jones, Sian Brooke, Vinette Robinson, Lara Pulver, Katherine Parkinson…

Drame, policier britannique. 4 saisons. 2010-2017.

Les aventures de Sherlock Holmes et de son acolyte de toujours, le docteur Watson, sont transposées au XXIème siècle…

Sherlock : Photo

Sherlock Holmes fait certainement partie des oeuvres les plus adaptées au cinéma et à la télévision. Steven Moffat, connu pour son travail sur la célèbre série Doctor Who, et son compère scénariste Mark Gatiss (également le génial interprète de Mycroft Holmes, le frangin brillant de Sherlock), s’attaquent à une adaptation clairement plus moderne des oeuvres d’Arthur Conan Doyle. L’intrigue se déroule donc au XXIe siècle (bref de nos jours), Sherlock est donc toujours le brillant détective consultant asocial que l’on connait, toujours violoniste à ses heures perdues et également drogué lorsqu’il traverse les périodes les plus sombres. Son colocataire, qui deviendra son meilleur ami (que Sherlock le reconnaisse ou non), le Docteur John Watson, est un ancien médecin de l’armée britannique blessé en Afghanistan. Les deux compères collaborent également toujours pour Scotland Yard et affrontent également le même célèbre méchant : Moriarty. La liste pourrait s’allonger mais tout ça pour dire qu’il y a eu un véritable travail de transposition et d’adaptation. Moderniser des classiques connues et revues maintes fois est toujours un pari risqué. On aurait pu très vite entrer dans la surenchère et la superficialité, surtout quand on transforme Sherlock Holmes et John Watson en véritables geek (Holmes étant accro à son portable et aux réseaux sociaux, Watson raconte ses aventures policières avec Sherlock sur son blog très suivi). Pourquoi avoir rendu les aventures de Holmes dans une version moderne et technologique ? Parce que le Sherlock de Conan Doyle était lui-même un homme moderne, par rapport à son temps, s’intéressant aux techniques déjà présentes. J’ai lu quelques nouvelles des aventures de Holmes et j’ai aussi pris le temps de me renseigner sur toute l’intrigue. Les scénaristes sont donc parvenus à rendre justice à Conan Doyle : respecter son travail tout en proposant une relecture neuve et originale. Quant aux quelques ajouts ou modifications faites, on sent qu’ils n’ont pas été choisis au hasard : ils sont toujours là pour mieux surprendre le spectateur qui mérite qu’on lui propose un nouveau point de vue sur les personnages qu’on connait tous par coeur.

Photo

En général, contrairement à la majorité des séries américaines non câblées (et encore), les séries britanniques proposent peu d’épisodes et prennent même le temps entre plusieurs saisons. C’est effectivement le cas chez Sherlock. Ainsi, la série est composée de quatre saisons (avec parfois des écarts de deux ans entre), chacune contenant trois épisodes de 1h30. Il ne faut également pas oublier l’épisode spécial, « L’Effroyable Mariée » (« The Abominable Bride »), qui présente une confrontation entre Sherlock et Moriarty dans une réalité alternative victorienne : on doit découvrir cet épisode en question entre la fin de la saison 3 et le début de la saison 4. Chaque épisode est donc soigné sur tous les points : personnages, narration (qui va au-delà de la simple question de la réécriture), mise en scène et même esthétique (avec une jolie photographie appuyant sur le bleu/gris, sorte de rappel subtil entre le lieu – Londres – et la technologie). La série n’hésite également pas à mêler différents tons tout en gardant sa cohérence. Par exemple, l’épisode du mariage de Watson et Mary est tellement drôle que j’en ai eu mal au ventre (et cela n’empêche pas de voir un scénario et un montage juste hyper bien foutus) tandis que l’épisode final est extrêmement bouleversant (j’avais le coupe soufflé les dix dernières minutes et je ne ressens pas forcément cela pour toutes les séries que je regarde) pour ne citer que cet exemple-là (le premier épisode de la quatrième l’est également et quelle claque !). Par ailleurs, la série s’assombrit au fil des saisons sans tomber dans la caricature : en effet, on a vu dans beaucoup de films et de séries désormais des héros qui doivent apprendre à affronter eux-mêmes et leur passé. Il y a parfois eu des réussites, parfois c’est juste lourdingue. Sherlock entre heureusement dans la première catégorie. Au-delà de la question de l’adaptation moderne et d’enquêtes toujours bien foutues (qui parviennent à nous surprendre alors qu’on connaît déjà plus ou moins certaines grosses lignes vu qu’on connaît les oeuvres originales), qu’est-ce qui pourrait expliquer un tel succès ? Au-delà de nous raconter des intrigues qui nous clouent parfois au sol, Sherlock est bien plus qu’un portrait d’un personnage extraordinaire (ou des portraits) : on nous parle finalement d’amour, d’amitié et de famille. Je dirais aussi que l’une de ses principales qualités, en dehors de tout ce que j’ai déjà pu citer, réside dans le traitement des personnages.

Photo Amanda Abbington, Benedict Cumberbatch, Martin Freeman

On aurait pu tomber dans certains excès en nous présentant un personnage principal lui-même très excessif. Pourtant, si on est face à un personnage atypique et déroutant, Sherlock est un personnage bel et bien profond et complexe. De plus, pour un personnage aussi asocial, ses interactions avec les personnages, surtout Watson et Moriarty, sont magistrales. Son amitié, voire même sa bromance avec John Watson, est pour moi magique. Et le spectateur se met justement dans la peau de Watson : fasciné et interloqué par Sherlock. Benedict Cumberbatch est tout simplement parfait dans le rôle de Holmes. Physiquement, évidemment, quelque fonctionne pour contribuer à l’étrangeté même du personnage : il a l’air de sortir d’une autre planète mais il garde sa classe à la britannique. Son physique est un mélange entre son côté atypique et son intelligence bien supérieure à la moyenne. Martin Freeman est également fabuleux dans le rôle de Watson. Il parvient à être charismatique tout en gardant sa banalité, en contraste avec son partenaire. Et leur duo (ou même couple) fonctionne parfaitement : c’est même une évidence de les retrouver ensemble à l’écran. Les seconds rôles sont également excellents. Comment ne pas évoquer Andrew Scott, formidable en Moriarty (perturbant même durant son absence), Mark Gatiss en Mycroft (son rôle prend de plus en plus d’importance et tant mieux) ou encore Amanda Abbington (au moment du tournage, compagne dans la vraie vie de Martin Freeman) en Mary Watson (décidément, beaucoup de gens sont intelligents dans cette série et mieux : ils parviennent à se rencontrer !) pour ne citer qu’eux. Sherlock n’est alors pas uniquement désormais un produit de pop culture : c’est un exemple même de ce qui s’est fait de mieux à la télévision ces dernières années. Comme quoi, mêler le divertissement et l’exigence (que ce soit en écriture ou en mise en scène) reste encore possible.

Sherlock : Photo Benedict Cumberbatch

Célibataire, mode d’emploi

réalisé par Christian Ditter

avec Dakota Johnson, Rebel Wilson, Alison Brie, Leslie Mann, Damon Wayans Jr., Anders Holm, Nicholas Braun, Jake Lacy…

titre original : How To Be Single

Comédie américaine. 1h50. 2016.

sortie française : 2 mars 2016

Movie Challenge 2017 : Un feel-good movie

Il y a toutes sortes de manières de vivre en célibataire. Il y a ceux qui s’y prennent bien, ceux qui s’y prennent mal… Et puis, il y a Alice. Robin. Lucy. Meg. Tom. David… À New York, on ne compte plus les âmes en peine à la recherche du partenaire idéal, que ce soit pour une histoire d’amour, un plan drague… ou un mélange des deux ! Entre les flirts par SMS et les aventures d’une nuit, ces réfractaires au mariage ont tous un point commun : le besoin de redécouvrir le sens du mot célibataire dans un monde où l’amour est en constante mutation. Un vent de libertinage souffle de nouveau sur la ville qui ne dort jamais !

Célibataire, mode d'emploi : Photo Dakota Johnson, Rebel Wilson

Christian Ditter n’est pas pour moi un nom inconnu : c’était lui qui avait réalisé la sympathique comédie romantique Love, Rosie (avec Lily Collins et Sam Claflin), une adaptation d’un roman de Cecilia Ahern directement sorti en dvd chez nous. C’est principalement pour cette raison que j’ai voulu regarder Célibataire, mode d’emploi, adapté du premier roman de Liz Tuccillo. Tuccillo est connue pour avoir travaillé sur la série de HBO Sex & the City en tant que scénariste ou pour avoir co-écrit avec Greg Behrendt Laisse tomber, il te mérite pas ! / He’s Just Not that Into You (adapté au cinéma sous le titre français Ce que pensent les hommes). Honnêtement, en dehors de ce petit argument, Célibataire, mode d’emploi me faisait plus fuir qu’autre chose : le film avait l’air d’être un mélange d’ambiance et de vulgarité pour montrer ce qu’est la femme actuelle (je m’étouffe), tout ce dont je me méfie. Les premières minutes ne m’ont pas du tout rassurée avec Rebel Wilson… qui fait du Rebel Wilson show comme un peu trop souvent. Elle emmène notre héroïne Alice, interprétée par Dakota Johnson (jusqu’à présent, je n’avais pas encore vu son « talent » ou quelque chose dans ce genre-là), se déchaîner dans des clubs ou bars, se bourrer la gueule et coucher avec n’importe qui. Le film suit également parallèlement deux autres histoires secondaires. D’un côté, Lucy (Alison Brie) croise constamment la route de Tom, ce dernier finissant par tomber amoureux d’elle. De l’autre, on s’intéresse à la grande soeur d’Alice, Meg (Leslie Mann), un médecin qui pense avant tout à sa carrière à sa vie personnelle. Jusqu’au jour où devenir mère devient une obsession. Célibataire, mode d’emploi n’est finalement pas la grosse daube prévue. Certes, on ne va pas se mentir : c’est pas la comédie du siècle, loin de là. En même temps, je ne pense pas que le film prétend révolutionner quoi que ce soit. Cela dit, il tente de proposer un propos différent à travers le portrait plus ou moins croisé de quatre femmes. Et ce propos en question est plutôt positif pour la représentation de la femme d’aujourd’hui. Comment une femme peut-elle être heureuse tout en préservant son indépendance ? Etre en couple est-il alors compatible avec cette indépendance ? En partant sur quatre portraits de femmes de 25 à 40 ans environ (même si encore une fois le film privilégie davantage l’histoire d’Alice), Célibataire, mode d’emploi montre les différentes possibilités d’un épanouissement de la femme moderne sans être prisonnière de sa vie amoureuse.

Célibataire, mode d'emploi : Photo Alison Brie

Alice enchaîne les histoires amoureuses mais comprend qu’elle peut être heureuse sans hommes (la demoiselle devenant dépendante affective), les relations amoureuses n’étant pas toujours source de bonheur. Robin, elle, privilégie clairement le travail et les amitiés à l’amour : c’est ça qui la rend heureuse. L’amitié est aussi une belle valeur qu’on ne doit pas négliger. Meg pense que le bonheur réside dans le célibat et finit par confondre indépendance et solitude. Elle a fini par nier ses propres désirs, s’enfermant dans ses convictions.  Bref, on peut être une femme indépendante, en étant épanouie dans un travail passionnant tout en ayant envie de maternité. Grâce au personnage de Meg, sans tomber dans la contradiction, le film a le mérite de ne pas être culpabilisant envers certaines femmes et ne tombe pas dans de l’extrémisme. Le casting est plutôt bon. On ne va pas dire que les acteurs vont remporter un Oscar, les personnages ne sont pas non plus d’une grande profondeur mais ils sont tous bons pour ce genre de film assez léger. Leurs personnages sont plutôt attachants. Dakota Johnson m’avait agacée voire même inquiétée dans la saga Cinquante Nuances. Finalement, elle ne sort pas si mal. Elle est plutôt fraîche et attachante dans le rôle de cette jeune femme qui cherche finalement le bonheur et la liberté. Comme je le disais au début, Rebel Wilson fait du Rebel Wilson. Je l’aime bien mais il faut avouer qu’elle se répète au fil des films. Cela dit, alors que ça partait plutôt mal, son personnage devient plus intéressant. Elle n’est pas uniquement une fêtarde déjantée qui aime bien coucher à droite et à gauche. La fin, qui permet d’en savoir définitivement plus ce personnage, m’a par ailleurs surprise. Alison Brie est toujours aussi pétillante et confirme bien ici son potentiel. Son duo avec Anders Holm fonctionne avec elle et là encore son personnage surprend, le film montre de nouveau qu’il n’est pas aussi prévisible qu’il en a l’air. Enfin, Leslie Mann est certainement celle qui se détache pour moi du lot (même si encore une fois le reste du casting est plutôt bon). Certes, Célibataire, mode d’emploi ne frappe pas nécessairement pour ses qualités cinématographiques – même si globalement le travail (par rapport à ce qu’on attend de ce type de production) reste très correct. Il est certain qu’il vise au premier abord un public féminin. Il s’agit d’un sympathique film, bien rythmé, plutôt divertissant, qui n’est pas aussi tarte qu’il en a l’air même s’il n’est pas non plus révolutionnaire. J’aimerais bien connaître l’avis des mecs mais je n’ai pas eu l’impression que le public masculin était si négligé que ça.

Célibataire, mode d'emploi : Photo Leslie Mann

La Déchirure

réalisé par Roland Joffé

avec Sam Waterston, Haing S. Ngor, John Malkovich, Julian Sands, Craig T. Nelson…

Drame, historique, guerre britannique, américain. 2h20. 1984.

titre original : The Killing Fields

sortie française : 13 février 1985

Movie Challenge 2016 : Un film de guerre

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Journaliste au » New York Times », Sidney Schanberg est un des rares reporters à rester au Cambodge après la prise de Phnom Penh par les Khmers rouges. L’intervention de son assistant Dith Pran lui sauve la vie. Pran arrêté, Schanberg regagne les Etats-Unis alors que la répression s’abat sur le Cambodge.

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La Déchirure, premier long-métrage du réalisateur franco-britannique Roland Joffé (Palme d’or pour son autre chef-d’oeuvre Mission) fait partie de ces films dont j’en entends toujours parler mais finalement je ne savais même pas de quoi ça parlait. Surtout, on s’aperçoit très vite qu’en France on en parle parfois mais pas tant que ça. C’est presque un parcours du combattant pour obtenir certaines informations concernant ce long-métrage. Le film avait pourtant remporté un certain succès à sa sortie. Il a même remporté plusieurs grandes récompenses : trois Oscars (dont celui du meilleur acteur dans un second rôle pour Haing S. Ngor qui avait aussi gagné le Golden Globe) ou le BAFTA du meilleur film. Egalement classé dans le top 100 des meilleurs films britanniques par le British Film Institute, il avait même été nommé dans la catégorie « meilleur film étranger » aux Césars ! C’est donc étonnant de voir ce film tomber dans l’oubli alors qu’il s’agit pour moi d’un chef-d’oeuvre (non, je n’ai pas peur des mots). La Déchirure est inspiré de la véritable histoire de Sydney Schanberg (décédé en juillet dernier), lauréat du Prix Pulitzer en 1976. Le film est par ailleurs une « adaptation » de l’article de Schanberg publié dans le New York Times, « The Death and Life of Dith Pran : A Story of Cambodia ». Schanberg a couvert avec Dith Pran (décédé en 2008 d’un cancer du pancréas) le conflit cambodgien. Le film retrace alors l’amitié entre les deux journalistes durant cette guerre et surtout le périple du fameux Dith Pran après avoir pu s’échapper du camp (notamment durant la seconde partie). Le titre original, The Killing Fields, fait alors référence au camp d’exécution sommaire de Choeung Ek où furent tués des milliers de Cambodgiens par les Khmers rouges durant le régime du Kampuchéa démocratique. La Déchirure est un film bouleversant sur les désastres de la guerre mais aussi une ode à l’amitié dans la plus grande difficulté dans un contexte absolument terrifiant. Au passage, je pense qu’il s’agit aussi d’une ode au bon journalisme, à toutes ces personnalités qui prennent des risques pour nous informer. Je pense qu’il faut aussi remettre ce film dans son contexte (ce qui rend le film encore plus déchirant, pour reprendre en partie le titre français) : il a été réalisé seulement quelques années après le récit relaté par Schanberg, les blessures de cette guerre n’étant pas encore été cicatrisées. Le film, jamais tire-larmes, se laisse alors volontiers suivre malgré le lourd contexte historique et la durée (assez longue).

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Surtout, Roland Joffé a réussit à retranscrire l’horreur et la violence de la guerre tout en gardant paradoxalement un aspect assez soft dans le bon sens du terme (je veux dire : son film n’est pas par exemple aussi violent visuellement qu’un Tu ne tueras point de Mel Gibson pour ne citer que cet exemple-là mais il n’est pas lisse non plus, loin de là). La fin, sur les retrouvailles entre Schanberg et Pran sur la chanson Imagine de John Lennon, est tout simplement très émouvante (j’avoue tout : oui, j’ai – encore – pleuré). Enfin les acteurs sont tout simplement excellents. Techniquement, La Déchirure est également très réussi. Pour la petite info, il a également reçu deux autres Oscars : meilleurs photographie et montage. Deux prix qui me semblent totalement justifiés vu la manière dont ils sont employés dans ce long-métrage. Plus généralement, la mise en scène est très bonne, soignée mais sans faire trop non plus (tout me semble très équilibré dans ce film). La musique de Mike Oldfield est également très belle et en même temps par moments angoissante. Elle retranscrit très bien l’ambiance générale du film, entre beauté absolue et enfer inimaginable. Enfin, parlons des interprétations qui sont également toute à la hauteur. Cela m’a fait plaisir de revoir Sam Waterston (dans ma tête, ça sera toujours le charmant bel homme aux cheveux gris et aux sourcils épais de la série New York, Police Judiciaire, j’ai bien conscience qu’il n’a pourtant pas fait que ça dans sa carrière), très justement nommé aux Oscars pour sa très belle performance. Son partenaire Haing S. Ngor, Oscarisé pour son interprétation (il est bon de le rappeler car visiblement on l’oublie souvent alors que son prix est amplement mérité – surtout qu’il est actuellement le seul acteur asiatique à avoir remporté un Oscar) est également fabuleux (et l’est d’autant plus quand on sait qu’il n’était pas un acteur professionnel). Il faut dire que le rôle devait vraiment parler à l’acteur (pour ceux qui l’auraient oublié ou ne le savaient pas, suite à une agression, il fut tué en 1996 à l’âge de 55 ans par un membre de gang de rue à Los Angeles) : comme son personnage, il était également journaliste. On sent réellement son implication et sa sincérité dans sa prestation. A l’image du film, il n’en fait jamais trop, il est même assez sobre et pourtant il rend justice à son personnage. Au passage, dans un rôle plus secondaire, John Malkovich est également remarquable (il s’agissait seulement de son deuxième long-métrage !).

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Absolutely Fabulous : Le Film

réalisé par Mandie Fletcher

avec Jennifer Saunders, Joanna Lumley, Julia Sawalha, Jane Horrocks, June Whitfield, Chris Colfer, Kate Moss, Lulu, Emma Bunton, Barry Humphries, Celia Imrie, Gwendoline Christie, Mark Gatiss, Jon Hamm, Graham Norton, Kathy Burke, Suki Waterhouse, Lily Cole, Alexa Chung, Stella McCartney, Alesha Dixon, Jerry Hall, Perez Hilton, Jean-Paul Gaultier, Joan Collins…

titre original : Absolutely Fabulous, The Movie

Comédie britannique, américaine. 1h26. 2016.

sortie française : 7 décembre 2016

darling

Edina et Patsy mènent toujours la grande vie à laquelle elles sont habituées, virevoltant entre paillettes et glamour, dépensant, buvant et sortant dans les endroits les plus branchés de Londres. Mais quand elles poussent accidentellement Kate Moss dans la Tamise lors d’une soirée de lancement so à la mode, elles se retrouvent au coeur d’une tempête médiatique autour de la disparition prématurée du top model et sont poursuivies sans relâche par les paparazzi. Fuyant sans un sou sur la Côte d’Azur, le paradis des milliardaires, elles échafaudent un plan pour rendre leur échappée permanente et mener la belle vie pour toujours !

Absolutely Fabulous : Le Film : Photo Jennifer Saunders, Joanna Lumley

Je ne m’en suis jamais cachée : Absolutely Fabulous fait partie de mes séries préférées depuis très longtemps. Il s’agit pour moi d’une véritable référence que ce soit dans l’univers comique ou celui de la télévision. Gabriel Aghion avait déjà proposé une adaptation cinématographique (donc française) de la série avec Josiane Balasko et Nathalie Baye : une véritable catastrophe de A à Z (pour moi, un des pires films de tous les temps, au moins ça). Cela me rassurait de voir une nouvelle (et vraie) adaptation de la série par la même équipe (attendue depuis plusieurs longues années). C’est même plus qu’une adaptation sur grand écran : il s’agit d’une suite des aventures d’Edina et Patsy. La série s’adresse selon moi avant tout à ses fans. Certes, j’imagine qu’on peut suivre le film sans avoir vu la série (s’il y a des spectateurs dans ce cas, votre point de vue m’intéresse !) mais je pense qu’on passe tout de même à côté de certains éléments, comme l’évolution des personnages au fil du temps ou encore certains clins d’oeil. Le film part déjà avec un petit handicap même si ce n’est pas non plus dramatique. Partons du principe que ce film est pour les fans : est-il bon pour cette partie des spectateurs ? J’ai eu du mal à m’exprimer sur ce que j’ai vu et je vais le dire tout de suite : je ne peux pas être objective sur ce film. Je suis trop attachée à la série et aux personnages pour oser m’attaquer au long-métrage, ce qui peut expliquer cette petite moyenne que je lui accorde. Pourtant, je reste lucide : cette adaptation n’est pas très réussie. Je sais que d’autres fans de la série n’ont pas hésité à être plus sévères que moi et je ne peux que comprendre leur opinion. Il vaut mieux en tout voir et revoir la série, avec ses quelques épisodes spéciaux plutôt que ce film. Au moins, on se marrait tout le long avec un immense plaisir. Dans le cas du film, je ne pourrais pas dire que mon expérience a été similaire. Etant donné que je suis fan de la série, j’ai parfois vaguement ri ou plutôt souri car certaines scènes me faisaient penser à certains épisodes ou parce que je connais déjà les personnages avec leurs frasques et leurs traits caractéristiques. La base même de ce scénario est (ou aurait pu être) plutôt marrant (surtout quand on connait l’univers de la série) : Edina et Patsy auraient tué LA figure marquante de la mode : Kate Moss. Hélas, ce point de départ n’est pas très bien exploité alors que cela aurait pu permettre de créer un film complètement barré. Le film met trop de temps à démarrer sans aucune réelle raison (du coup on perd beaucoup en rythme). Il faut dire que c’est typiquement le genre de films qui préfère accumuler les guest stars au profit d’un vrai bon scénario.

Absolutely Fabulous : Le Film : Photo Emma Bunton, Jennifer Saunders, Joanna Lumley

Dans le même genre (une comédie avec un duo déjanté dans le milieu de la mode et tout un défilé de stars), même si je sais qu’il a été décrié (je me sens seule à le défendre mai j’assume), j’ai préféré cette année Zoolander 2 de Ben Stiller (même si je préfère évidemment le premier opus). Ici, certes, certaines apparitions sont « intéressantes » dans le sens où on repère le clin d’oeil à certains épisodes (les présences d’Emma Bunton et de Lulu sont donc justifiées), d’autres sont amusantes (l’apparition de Jon Hamm par exemple). Mais dans l’ensemble on ne peut pas s’empêcher de se dire qu’il y a trop de stars qui envahissent l’écran inutilement ou qui ne parviennent pas suffisamment à nous amuser. Il y a finalement presque une contradiction avec ce que la série avait l’habitude de critiquer, comme si le film était tombé dans les pièges même de la célébrité et de vouloir plaire à tout prix à tout le monde en délaissant la qualité. Cela est encore plus « rageant » quand on sait que la série avait justement évité ses pièges pendant pratiquement cinq saisons (même si la dernière était déjà un peu en dessous) : il y a toujours des célébrités invitées au cours des épisodes sans que cela gâche tout ce qui avait été mis en place. Surtout, et c’est ma principale critique : ça manque d’humour. C’est parfois amusant mais c’est tellement en dessous de ce que la série était capable d’offrir. Les gags sont très limités et peu inventifs. Cela dit, au-delà de ma nostalgie peu objective, quelque chose tout de même m’a plu et c’est certainement ce point en question qui a motivé Dawn French & Jennifer Saunders (les créatrices de la série) à écrire ce film : « l’approfondissement » de la relation entre Edina et Patsy. La série, pourtant excellente, visait davantage la stupidité et la superficialité des personnages que leur amitié, même si ce point était pourtant traité. Le film va cette fois-ci selon moi plus loin dans le traitement de cette amitié. D’habitude on rit de leurs bêtises. Cette fois-ci, même si cela n’enlève pas l’idée de comédie, on sent que les scénaristes ont eu envie de rendre cette amitié plus émouvante. En tout cas, sans aller à utiliser ce terme, effectivement, j’ai tout été touchée par cette relation durable, renforcée par les différentes épreuves. Heureusement aussi, le casting reste toujours bon – en tout cas du côté des rôles principaux. Si l’histoire n’est pas ce que j’ai vu de plus excitant (pour ne pas dire décevante), Jennifer Saunders et surtout Joanna Lumley sont toujours au taquet et reprennent toujours aussi bien leurs personnages cultes !

Absolutely Fabulous : Le Film : Photo Jennifer Saunders, Joanna Lumley

Divines

réalisé par Houda Benyamina

avec Oulaya Amamra, Déborah Lukumuena, Jisca Kalvanda, Kevin Mischel, Farid Larbi…

Drame français. 1h45. 2016.

sortie française : 31 août 2016 (sortie dvd : 3 janvier 2017)

interdit aux moins de 12 ans

Film vu dans le cadre de Dvdtrafic : un grand merci à Cinetrafic ainsi qu’à Diaphana.

Cinetrafic propose plusieurs listes qui pourraient vous intéresser : le meilleur des films dramatiques français, les meilleurs films dramatiques de 2016 et les meilleurs films dramatiques français de 2016.

divines

Dans un ghetto où se côtoient trafics et religion, Dounia a soif de pouvoir et de réussite. Soutenue par Maimouna, sa meilleure amie, elle décide de suivre les traces de Rebecca, une dealeuse respectée. Sa rencontre avec Djigui, un jeune danseur troublant de sensualité, va bouleverser son quotidien.

Divines : Photo Oulaya Amamra

Divines n’était pas un film qui m’attirait pour plusieurs raisons. La première raison concerne la réaction plus que survoltée de la réalisatrice Houda Benyamina au festival de Cannes lorsqu’elle a reçu la Caméra d’or. J’aime bien la spontanéité (parfois ça fait du bien dans des univers guindés) mais son hystérie m’avait réellement agacée (le discours en question avait été particulièrement long et ponctué de phrases pas d’une grande finesse). De plus, je redoutais de voir une sorte de retour de Bande de filles de Céline Sciamma (oui le point commun un peu bateau de départ : une réalisatrice signe un film avec des jeunes filles dans une cité), un de mes cauchemars de 2014 et je ne suis pas non plus spécialement fan de La Haine de Mathieu Kassovitz (ni plus généralement des films sur la cité). Divines n’est pas un film parfait mais il s’agit d’une très bonne surprise (venant d’être nommée aux Golden Globes dans la catégorie « meilleur film étranger »). Il faut aussi se remettre dans le contexte qu’il s’agit d’un premier long-métrage. Certes, parfois Houda Benyamina se laisse déborder par son énergie. On pourra aussi dire que certaines intentions sont peut-être parfois un peu trop appuyées. Mais dans l’ensemble, au-delà d’une fraîcheur qui décoiffe, ce qui m’a sauté aux yeux est la cohérence même entre les différents axes narratifs, les thèmes abordés et les genres qui s’entrechoquent alors qu’on aurait pu reprocher à la réalisatrice de s’éparpiller. En effet, le film démarre comme une énième chronique sociale, puis il tend davantage vers le thriller coup de poing (oui, certaines scènes sont violentes) en passant par la romance. Mais surtout, pour moi, Divines est une tragédie moderne dans un univers pas nécessairement associé à ce genre « noble ». Le film devait s’intituler Bâtardes (en référence à l’insulte régulière que reçoit Dounia) mais le titre Divines montre bien justement cette envie de rendre les personnages plus élevés même si leur statut social les empêche d’accéder à ce rêve. La rencontre entre Dounia et le jeune danseur Djigui est intéressante : Djigui est celui qui représente la possibilité de sortir d’un certain schéma social via l’art et un travail acharné. Dounia rêve de féminité (même si elle ne l’avoue pas publiquement en préférant porter de larges joggings et garder les cheveux attachés par exemple), d’amour (même chose), de gagner bien sa vie (il faut bien voir une des premières scènes où on a pourtant envie de la gifler face au manque de respect flagrant face à une de ses profs), d’avoir un vrai beau logement (il faut dire qu’elle vit clairement dans un bidonville).

Divines : Photo Déborah Lukumuena, Jisca Kalvanda, Oulaya Amamra

Dounia préfère choisir une voie illégale, certainement plus « facile » (« Money, money, money » comme elle aime le dire avec sa meilleure amie). Le scénario, au-delà de mêler avec une certaine habilité plusieurs genres et points narratifs, comporte un discours politique puissant (clairement autour du déterminisme social) qui appuie encore plus la dimension tragique de cette oeuvre. La mise en scène de Houda Benyamina n’est certes pas parfaite mais son énergie constante est à prendre en compte et on peut même remarquer des tentatives plus qu’intéressantes. Si je ne suis pas très convaincue par le générique avec le téléphone portable (même si l’idée reste louable), en revanche j’ai énormément aimé cette fameuse séquence « avec » la Ferrari, très créative et porteuse de sens par rapport aux ambitions des héroïnes. Houda Benyamina a également su cerner et dessiner ses personnages féminins qui sont finalement assez complexes. Même si elle se revendique humaniste, elle représente désormais pour moi une figure féministe et son film va logiquement dans ce sens. Ce film fait d’ailleurs du bien dans le paysage cinématographique actuel de ce point de vue en question (même si nous sommes d’accord que les bonnes intentions ne font pas les bons films comme j’aime bien le répéter). Les personnages féminins présentés ne sont pas des anges (elles sont dans l’illégalité et peuvent être très agressives gratuitement), on pourrait même les détester vu le comportement qu’elles peuvent adopter. Mais elles sont toutes attachantes, même avec leurs actes totalement condamnables. Par ailleurs, l’amitié entre Dounia et Maimouna est très touchante et forte. Les actrices (parce que je parle des personnages féminins mais les acteurs, dont Kevin Mischel et Farid Larbi, sont également concernés) sont d’ailleurs toute formidables, surtout en tête Oulaya Amamra (frangine de la réalisatrice) qui est bluffante. J’espère qu’elle remportera le César du meilleur espoir féminin (et elle a ses chances). Pour conclure, Divines reste une belle surprise cinématographique de l’année (on peut même parler de coup de poing) prouvant de nouveau qu’il y a encore des talents en France. L’ensemble, bien rythmé et captivant, est attachant, engagé et puissant, nous faisant voguer dans différentes émotions (je dois même avouer avoir été assez émue par la fin – quelques larmounettes en ce qui me concerne). On pourra alors se féliciter de voir une jeune réalisatrice avoir « du clito » !

Divines : Photo Kevin Mischel, Oulaya Amamra

Amies malgré lui / Imperium

Amies malgré lui

réalisé par Susanna Fogel

avec Leighton Meester, Gillian Jacobs, Adam Brody, Gabourey Sidibe, Abby Elliott, Greer Grammer, Julie White, Kate McKinnon…

titre original : Life Partners

Comédie américaine. 1h37. 2014.

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L’amitié entre Sasha et Paige est remise en question lorsque Paige se met en couple avec Tim…

Amies malgré lui : Photo

Amies malgré lui n’a pas connu de sortie cinéma (vu que c’est désormais la nouvelle tendance). Un sujet bateau sur le papier, des acteurs finalement peu connus en dehors de quelques jeunes amateurs de séries télé (Newport Beach et Community ici) et un titre (que ce soit en version originale ou française) qui n’attire pas des masses non plus : voilà ce qui peut vaguement expliquer cette sortie en e-cinema. Etait-ce réellement justifié, au-delà du problème financier ? Si on part du principe qu’une sortie en e-cinema est moins noble qu’une sortie au cinéma (je ne partage pas cet avis, je reprends plus une certaine idée générale que les spectateurs lambda pourraient avoir), non ce n’était pas justifié de ne pas le diffuser dans le cinéma. Certes, Amies malgré lui n’a rien de révolutionnaire (et ne prétend pas l’être) mais n’est pas en-dessous de nombreux films sortant chaque année au cinéma dans ce même genre. La « particularité » de ce film concerne son traitement concernant l’homosexualité. En effet, cela fait du bien de voir un film (même s’il n’est pas le seul – heureusement, les mentalités changent petit à petit au fil du temps) qui met en scène des lesbiennes sans être militant (contrairement à ce qui était indiqué dans certains synopsis) ou inclure cette homosexualité comme moteur du récit (même si je n’ai évidemment rien contre ce type de films non plus) : Sasha, qui est lesbienne, est mis au même niveau que sa meilleure amie Paige, hétérosexuelle. Amies malgré lui parle donc avant tout d’une amitié mise à l’épreuve. On pourrait croire (et c’est d’ailleurs ce que croit Sasha) c’est la nouvelle situation amoureuse de Paige, qui s’engage sérieusement avec quelqu’un, qui bousille petit à petit l’amitié entre les deux jeunes femmes. Mais le film montre finalement autre chose, avec une certaine efficacité : c’est notre propre construction identitaire, elle-même remise en question, qui peut fragiliser nos relations même avec les êtres les plus chers. Le scénario n’est pas fou en terme de rebondissements, la mise en scène manque certainement de consistance (même si je n’ai pas trouvé le résultat lamentable de ce côté-là) mais l’histoire m’a plutôt plu et les sujets sont assez bien traités. Il s’agit donc d’un petit film sympathique, certes facilement oubliable, mais pas mal fait dans son genre, que ce soit dans la défense de son sujet ou plus généralement en terme de « divertissement ». Enfin, le film est servi par un bon casting, on ressent notamment bien la complicité entre Leighton Meester et Gillian Jacobs. Pour la petite anecdote (ou le petit rappel, tout dépend le point de vue), Leighton Meester est l’épouse d’Adam Brody.

Amies malgré lui : Photo Gillian Jacobs, Leighton Meester


Imperium 

réalisé par Daniel Ragussis

avec Daniel Radcliffe, Toni Collette, Tracy Letts, Sam Trammell…

Drame, thriller américain. 1h50. 2016.

sortie (e-cinema) : 1 novembre 2016

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Un agent du FBI infiltre un groupe de suprématistes pour empêcher un attentat.

Imperium : Photo Daniel Radcliffe, Devin Druid, Pawel Szajda

Comme vous savez, je suis de près (quand je le peux) la carrière de Daniel Radcliffe. Je l’assume totalement : j’ai vu Imperium, directement sorti en e-cinema, uniquement pour l’acteur britannique. Là encore, on voit les désastres de l’évolution du cinéma : ce film mériterait-il de sortir en e-cinema, sans passer par la case salle de cinéma ? S’il n’a rien d’extraordinaire – comme beaucoup de films en e-cinema ou sortis directement en dvd – là encore, il ne méritait pas un tel sort. Certes, le schéma de Imperium est assez classique : un agent du FBI se fait passer pour un suprématiste pour empêcher un attentat de la part de ce groupe extrémiste. Il n’y a pas d’évolution du personnage principal : il se contente de devoir réussir sa mission. On a du mal à le connaître si ce n’est – et c’est certainement le point fort de ce petit film – qu’il arrive à comprendre la démarche de ces suprématistes (sans pour autant les excuser). Le scénario manque certainement de profondeur, la mise en scène n’est pas folle (même si le travail reste honnête) mais le tout a le mérite de bien traiter son sujet. Il ne s’agit pas simplement de parler de dire bêtement « regardez comme il y a de méchants néonazis / racistes dans notre monde » Le but de ce film est plutôt de dénoncer le réel danger de ce type de mouvement (le discours pouvant certainement être élargi en fonction du groupe extrémiste). On s’aperçoit alors que ceux qui ont l’air le plus dangereux ne sont pas nécessairement ceux qui le sont le plus. Il faut davantage se méfier des gens qui ont l’air de se fondre dans ce qu’on attend habituellement dans la société et qui se servent justement de leur statut social et de leur intelligence pour manipuler des esprits plus faibles et faire passer des messages plus que douteux. C’est pour cela que l’agent du FBI parvient à cerner ce type de personnalité : pourquoi ces extrémistes ne se servent-ils pas de leur intelligence pour une cause bien meilleure ? Le film prend alors en compte que pour le point de vue de ces extrémistes, il s’agit d’une cause pouvant permettre de rendre le monde « meilleur ». Encore une fois, je trouve que ça fait forcément réfléchir à certains événements qui se déroulent depuis un certain temps. Dans le rôle principal, Daniel Radcliffe s’en sort très bien. S’il n’y a pas de réelle évolution dans son personnage, il parvient tout de même à montrer plusieurs traits de sa personnalité (par une sorte de mise en abyme, le personnage devant jouer la comédie pour atteindre son objectif). Les seconds rôles, comme Toni Collette en agent du FBI pugnace ou encore Sam Trammell assez angoissant, sont également très bons.

Imperium : Photo

Sing Street

réalisé par John Carney

avec Ferdia Walsh-Peelo, Lucy Boynton, Jack Reynor, Maria Doyle Kennedy, Aidan Gillen, Kelly Thornton, Mark McKenna, Conor Hamilton…

Comédie, film musical irlandais, britannique, américain. 1h46. 2016.

sortie française : 26 octobre 2016

singstreet

Dublin, années 80. La pop, le rock, le métal, la new wave passent en boucle sur les lecteurs K7, vibrent dans les écouteurs des walkmans et le rendez-vous hebdomadaire devant  « Top of the Pops » est incontournable.

Conor, un lycéen dont les parents sont au bord du divorce, est obligé à contrecœur de rejoindre les bancs de l’école publique dont les règles d’éducation diffèrent de celles de l’école privée qu’il avait l’habitude de fréquenter.

Il se retrouve au milieu d’élèves turbulents qui le malmènent et de professeurs exigeants qui lui font rapidement comprendre qu’en tant que petit nouveau, il va devoir filer doux. Afin de s’échapper de cet univers violent, il n’a qu’un objectif : impressionner la plus jolie fille du quartier, la mystérieuse Raphina. Il décide alors de monter un groupe et de se lancer dans la musique, univers dans lequel il ne connait rien ni personne, à part les vinyles de sa chambre d’adolescent. Afin de la conquérir,  il lui propose de jouer dans son futur clip.

Sing Street : Photo Ben Carolan, Conor Hamilton, Ferdia Walsh-Peelo, Karl Rice, Mark McKenna

L’ex-bassiste des Frames John Carney a réussi sa reconversion, celle de réalisateur. Son premier long-métrage Once (Oscar de la meilleure chanson) est une merveille filmée avec les moyens du bord (et je dois même vous dire qu’il fait partie de mes films de chevet), son second New York Melody m’a également enchantée. Sing Street est une vraie réussite qui semble avoir enchanté de nombreux festivals, notamment en repartant avec le Hitchcock d’or au festival britannique de Dinard. Sing Street est dans le film le nom de groupe fictif crée par le jeune Conor dans le but de pouvoir séduire la belle Raphina. C’est aussi une référence à Synge Street, là où sont scolarisés les personnages (et peut-être Carney ?). Sur l’affiche, vous verrez toute une série de groupes méga connus qui participent à la bande originale : les Clash, Motörhead, Duran Duran, The Jam ou encore The Cure (et on a aussi en bonus la participation d’Adam Levine, qui pourrait de nouveau être nommé aux Oscars après New York Melody). Tout le monde aime les bonnes BO (et celle-là, je l’aime déjà énormément !) mais parfois on a l’impression d’assister à la playlist idéale du réalisateur ou que c’est un moyen de rendre le film plus cool tout en camouflant les défauts. Heureusement, ce n’est pas le cas ici. Les chansons trouvent intelligemment leur place au sein de l’histoire. A chaque fois, elles sont liées à l’évolution (musicale ou émotionnelle) de Conor. Surtout, les chansons connues laissent petit à petit place à celles du fameux groupe fictif. Et c’est ça qui est génial dans ce film : on croit en ce groupe, on a envie de voir cette bande de petits jeunes réussir. Sing Street est donc un film entraînant, léger, qui livre un message positif : faites tout pour vivre vos rêves, vivez votre passion. Rien de bien nouveau mais ça passe tout de même plus que bien. Mais le long-métrage musical ne se limite pas à ce thème qui aurait pu rendre l’ensemble lisse et naïf. John Carney signe ici un film plus profond, intime et même un peu autobiographique que d’habitude. En arrière-fond, il évoque la situation économique et sociale de l’Irlande dans les années 1980 : les jeunes s’en allaient en Angleterre (c’est notamment le rêve de la jeune Raphina) et le divorce n’était pas toujours pas autorisé (l’Irlande a dû attendre 1996 pour pouvoir divorcer – il s’agit du dernier pays européen à avoir légaliser le divorce !).

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La musique est donc évidemment un moyen de s’évader (je pense notamment à quelques scènes fantasmées) et littéralement donne envie de s’évader. A travers ce thème de l’évasion, de l’immigration même pour réussir, on peut évidemment penser à l’histoire plus globale de l’Irlande qui a toujours été exposée au voyage pour pouvoir réussir. La dédicace finale « à tous les frères du monde entier » – même si on peut la prendre à un premier degré (avec la relation entre Conor et Brendan, forcément déterminante dans les choix des personnages) – est selon moi un clin d’oeil à cette part historique qui n’a jamais totalement quitté les Irlandais avec le temps. Sing Street est donc un vrai bon feel-good movie (et pour une fois on n’utilise pas ici ce terme comme on le fait souvent à tort et à travers) drôle, touchant et attachant à la fois. Il est bien écrit (mêlant avec habilité divertissement et profondeur) et très bien rythmé (et pas uniquement grâce à la musique, notamment co-composée par Carney himself). Même s’il n’a que trois films à son actif, j’ai toujours aimé l’univers de Carney qui renouvelle pour moi les films musicaux grâce à sa propre expérience de musicien et je dois en plus constater qu’il a fait des progrès en terme de mise en scène (même si ça ne parait pas non plus « ouf » mais ça me paraît plus soigné de ce côté-là). Côté interprétation, Sing Street est également à la hauteur. Le film est porté pour la plupart du temps par des comédiens non connus (qui sont dans la vie musiciens). Dans le rôle principal, Ferdia Walsh-Peelo est totalement crédible en ado de 15 ans rêveur et passionné. La jeune Lucy Boynton est certainement une des révélations du film (retenez bien son nom car elle semble déjà avoir un planning chargé !). Elle parvient bien à montrer cette apparente confiance en elle tout en dévoilant petit à petit son naturel et sa sensibilité (à noter que son look vestimentaire évolue au fil de ses émotions). On retrouve également quelques têtes connues, notamment Aidan Gillen et Maria Doyle Kennedy, qui incarnent les parents de Conor (au bord du divorce). Enfin, difficile de passer à côté de l’excellente performance de Jack Reynor (qui a remporté le Irish Film & Television Award – le second de sa carrière), qu’on a notamment pu voir récemment dans What Richard Did (de Lenny Abrahamson), Transformers : L’âge de l’extinction (de Michael Bay) ou encore Macbeth de Justin Kurzel. Il est à la fois drôle et émouvant en grand frère glandeur bienveillant qui donne des conseils, passé à côté de sa vocation et de ses rêves. Je suis sûre qu’on n’a pas fini d’entendre parler de lui !

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Cézanne et moi

réalisé par Danièle Thompson

avec Guillaume Canet, Guillaume Gallienne, Alice Pol, Déborah François, Sabine Azéma, Gérard Meylan, Laurent Stocker, Isabelle Candelier, Freya Mavor…

Biopic français. 1h54. 2016.

sortie française : 21 septembre 2016

cezanne

Ils s’aimaient comme on aime à treize ans : révoltes, curiosité, espoirs, doutes, filles, rêves de gloires, ils partageaient tout. Paul est riche. Emile est pauvre. Ils quittent Aix, « montent » à Paris, pénètrent dans l’intimité de ceux de Montmartre et des Batignolles. Tous hantent les mêmes lieux, dorment avec les mêmes femmes, crachent sur les bourgeois qui le leur rendent bien, se baignent nus, crèvent de faim puis mangent trop, boivent de l’absinthe, dessinent le jour des modèles qu’ils caressent la nuit, font trente heures de train pour un coucher de soleil… Aujourd’hui Paul est peintre. Emile est écrivain. La gloire est passée sans regarder Paul. Emile lui a tout : la renommée, l’argent une femme parfaite que Paul a aimé avant lui. Ils se jugent, s’admirent, s’affrontent. Ils se perdent, se retrouvent, comme un couple qui n’arrive pas à cesser de s’aimer.

Cézanne et moi : Photo Guillaume Gallienne

Quand on vient d’un endroit, on s’intéresse forcément un petit peu aux artistes « locaux ». Cézanne et Zola font partie des figures à connaître lorsqu’on vient d’Aix-en-Provence, en l’occurrence ma ville (même si je ne le crie pas sur tous les toits, ce n’est plus un scoop pour ceux qui suivent mon blog). Cette information peut avoir son importance : sans ça, je ne serais pas allée voir ce film, surtout au cinéma. Ces personnalités ont toujours suscité mon intérêt (sans prétendre avoir lu tout Zola ou avoir inspecté tous les tableaux de Cézanne), en revanche, de ce que j’ai vu, je trouve généralement le travail de Danièle Thompson assez médiocre. Je ne suis pas non plus très fan de Guillaume Canet et j’ai beau aimé Guillaume Gallienne, la bande-annonce ne m’avait pas rassurée sur sa présence dans ce projet. Hélas, j’avais bien senti la chose : Cézanne et moi est une déception. On tombe vraiment dans tout ce que je n’aime pas dans les biopics : faire du Paris-Match. On essaie vaguement de faire des parallèles entre les deux amis : l’un a du succès, l’autre non; l’un a une relation stable avec une femme, l’autre couche avec beaucoup de femmes; l’un est calme, l’autre colérique… Ca peut durer des heures. Et ce n’est pas très intéressant. Ces personnalités, pourtant intéressantes, sont limitées à des disputes et vaguement à des histoires de cul. On entend aussi un petit peu des discours sur l’art (je ne sais pas s’ils reprennent des paroles que Cézanne ou Zola auraient prononcées mais j’ai trouvé que ça sonnait faux) mais c’est à peu près tout. La dispute entre Cézanne et Zola a surtout éclatée à partir de la publication de L’Oeuvre (Cézanne s’est senti visé alors que Zola certainement aussi de lui-même). Sans être méchante, c’est pas ce que Zola a écrit de mieux. Se concentrer tout ce temps sur ce bouquin qui aboutit à une histoire très anecdotique entre les deux artistes, quelle perte de temps ! J’avoue ne pas avoir compris l’intérêt même de ce film. Je ne vois pas où ça veut en venir. Le but était de faire quoi avec cette sorte de biopic deux en un ?

Cézanne et moi : Photo Guillaume Gallienne

Ok, on nous montre une histoire d’amitié avec ses hauts et des bas, entre gloire, échecs et femmes. Mais après ? Danièle Thompson ne tire finalement rien de son histoire. Elle se contente de raconter quelque chose platement qu’on connait déjà. C’est dommage de ne pas avoir su creuser davantage. De plus, en sortant de ce film, qu’on connaisse déjà ou non Zola et Cézanne, on n’a pas envie de s’intéresser davantage à eux. Il faut dire que les interprétations n’aident pas non plus (même si les acteurs ne sont certainement pas aidés par le scénario assez plat). Guillaume Canet n’était à mon avis pas le meilleur choix pour incarner Emile Zola. Je veux bien qu’il incarne un personnage pudique et réservé. Mais là, l’acteur est ici trop lisse pour convaincre. Pour ne rien arranger, quand il joue l’écrivain vieux, il tente d’avoir une voix graaaaveeee avec des sileeeeences (tu ne sais pas d’où ça sort mais bon) que je ne saurais vous imiter par écrit (même si là je m’éclate à le refaire toute seule quitte à me bousiller la voix). Et mon dieu, mais on lui a fait quoi à son nez ? Et ce ventre super mal fait ? Ses lunettes ? Pas trop crédible tout ça. Ces gros plans sur ça m’ont perturbée ! En ce qui concerne Guillaume Gallienne, je suis un peu plus partagée. Je trouve ce gars talentueux et il y a des fois dans le film où cette trace de talent ressort. Ca rassure. Mais il faut savoir être honnête : ce talent en question n’apparaît pas tout le long du film. Loin de là. Déjà son accent du sud, très bof (en cabotinant). Mais pire : un coup, il a l’accent du sud, mais la scène suivante, on a l’impression de revoir la mère qu’il interprétait dans Les garçons et Guillaume, à table ! Du coup, ça donne un ensemble encore moins cohérent que ça ne l’est déjà. Alice Pol, que j’aime bien d’habitude, n’a rien à faire là. On a toujours l’impression qu’elle s’est trompée d’époque, son interprétation est anachronique. Quant à Déborah François, qui est pourtant une actrice douée, elle joue pas trop mal (par rapport au reste) mais on m’a tout de même laissée indifférente (mais son rôle ne l’aide pas à livrer une meilleure interprétation). Il n’y a pas que les interprétations qui coincent et déçoivent.

Cézanne et moi : Photo Guillaume Canet, Guillaume Gallienne

La structure du film est en elle-même incompréhensible, un moyen pour détourner l’attention « nooon mais mon film n’est pas classique, nananère ». Je vous fais un p’tit résumé : Cézanne et moi démarre grosso modo durant la dispute (donc les personnages ont déjà un certain âge – sans être non plus des vieux croûtons), puis on les voit enfants (oooh c’est beau l’amitié, on rigole en penchant sa tête en arrière et en ouvrant grand la bouche comme un imbécile), on les revoit durant la dispute, hop un flashback lorsqu’ils sont des jeunes adultes (oooh c’est beau l’amitié, on rigole en penchant sa tête en arrière et en ouvrant grand la bouche comme un imbécile – BIS)… Bref, vous avez compris le truc. MAIS (parce qu’il y a encore un « mais » dans ce bordel), sans aucune raison, il y a un moment où il n’y a plus de flashback ! On a envie de dire à cette chère Danièle Thompson : soit tu fais ton film entièrement en flashback soit tu fais un film linéaire ! Le cul entre deux chaises, c’est LA pire des idées ! Et encore si elle savait faire des films en flashback ! On a l’impression de passer du coq à l’âne ! Cela dit, dans cette marée de remarques négatives, j’ai tout de même quelques points positifs à défendre. Tout d’abord, étonnamment, je ne me suis pas ennuyée (malgré ses deux bonnes heures). Le film se laisse suivre. Certes, comme un film projeté durant les cours de français (oui, vous savez, ces films ultra classiques et littéraires en question pas toujours passionnants) mais je m’attendais à m’endormir. Ca n’a pas été le cas. Je dois aussi reconnaître un certain sens esthétique (de beaux décors – certains étant naturels -, de beaux costumes, des plats soignés et bien cadrés, une jolie photographie etc…), qui rattrape un ensemble assez plat notamment côté mise en scène. J’ai aimé ce côté solaire, qui rappelle forcément la Provence, mais sans que ça devienne non plus jaune criard comme le t-shirt de Brice de Nice. Même si ça n’excuse pas tout, ça sauve tout de même ce film vraiment faiblard. Sans ces quelques trucs qui ont l’air sur le papier des détails, le film passe de médiocre à juste mauvais et évite un zéro pointé de ma part.

Cézanne et moi : Photo Guillaume Canet, Guillaume Gallienne

Drop Dead Fred

réalisé par Ate de Jong

avec Rik Mayall, Phoebe Cates, Carrie Fisher, Marsha Mason, Tim Matheson, Bridget Fonda, Ashley Peldon, Ron Eldard…

Comédie américaine. 1h43. 1991.

Movie Challenge 2016 : Un film recommandé par quelqu’un

Amandine de Dis-moi média a consacré une rétro à Rik Mayall notamment avec l’article « Hommage à l’artiste généreux et génie comique ».

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Durant son enfance, Elizabeth avait un ami imaginaire surnommé Drop Dead Fred qu’elle était seule à pouvoir voir et qui l’incitait à commettre des bêtises. Sa mère, exaspérée, lui confisqua la boîte à musique dans laquelle Fred s’était dissimulé. Devenue adulte, Elizabeth perd en une seule journée son argent, sa voiture, son fiancé et son travail. Obligée de retourner vivre chez sa mère avec laquelle elle est en froid, Elizabeth retrouve dans un placard la boîte à musique. La nuit venue, la boîte se met à fonctionner toute seule, et Drop Dead Fred refait son apparition !

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Je ne connaissais pas du tout l’existence de ce film jusqu’à ce que ma copine blogueuse Amandine (qui a fait une excellente rétro sur Rik Mayall, je ne peux que vous inviter à la découvrir – sous la fiche de présentation – même si vous ne connaissez pas du tout cet acteur-humoriste) m’en parle et me demande même d’y jeter un oeil. Je ne connaissais pas alors sa mauvaise réputation à sa sortie (Mayall s’en est également pris plein la gueule). Ne rien savoir sur le film m’a certainement aidée à l’apprécier. En tout cas il ne méritait pas un tel cassage. Je ne crie pas au chef-d’oeuvre mais ça m’a surprise d’avoir bien aimé. Pourtant, pour tout vous avouer, les premières minutes ne m’ont pas spécialement rassurée. Je trouvais l’image assez vieillie (et je n’avais pas encore vu certains effets spéciaux) et j’avais peur d’être confrontée à une histoire très niaise, dépassée pour moi (parce que hélas, au cinéma, films pour enfants signifie souvent films pour crétins, comme si les gosses étaient demeurés). Certes Drop Dead Fred a effectivement mal vieilli, notamment visuellement, on ne va pas se mentir. La mise en scène n’est pas non plus ce que j’ai vu de mieux (après j’ai aussi vu pire, je relativise), on évite également pas certains clichés. Sans être pour les remakes, je comprends le projet qui avait été mis en place (avec Russell Brand) pour dépoussiérer même si ça ne s’est pas fait visiblement. C’est aussi clairement un film adressé à un jeune public. Le risque avec ce genre de films est donc de se sentir un peu à l’écart. Cela n’a pas été le cas. Ca m’a fait plaisir de me sentir comme une grande enfant. Le film, qui passe très vite car il est assez bien rythmé, est enfantin mais je ne l’ai pas trouvé pour autant abrutissant, en tout cas cela n’est pas paru chez moi comme quelque chose de négatif, ça fait partie de son concept. En réalité, cela m’a surprise de constater un film plus adulte qu’il en a l’air. Et finalement plus profond qu’il en a l’air. Drop Dead Fred aborde alors le thème de la solitude (c’est-à-dire le fait de se mettre alors avec quelqu’un non pour des raisons sentimentales mais juste pour éviter d’être seule) et dans un autre sens celui de l’émancipation féminine. On est donc bien loin de quelque chose de « crétin » en apparence.

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Je ne connaissais pas du tout Rik Mayall avant les articles d’Amandine. Comme vous le verrez sur son blog, il a fait beaucoup de télé (et les séries en question ont eu du mal à trouver leur place en France, il faut donc savoir chercher !). On aurait pu le voir davantage au cinéma, notamment dans les Harry Potter dans lequel il incarnait Peeves mais hélas ses scènes ont été coupées (ce qui est dommage vu que le personnage est très amusant dans les bouquins, je suis sûre que Mayall collait bien en plus). En tout cas, si vous le ne connaissez pas et que vous souhaitez comme moi mieux connaître le « personnage » (oui parce que, en ce qui le concerne, on peut pratiquement parler de personnage) avant de s’attaquer à ses rôles marquants à la télé, n’hésitez pas alors à regarder le film rien que pour lui. Le bonhomme (hélas plus de ce monde puis 2014) ne méritait pas ces critiques dures à l’époque. Le personnage est certes caricatural rien que par son apparence, Mayall (c’est un peu sa « marque » de fabrique) en joue clairement en grossissant les traits de cet ami imaginaire espiègle. Après, je dirais que ce n’est pas uniquement de la caricature (en tout cas pas son interprétation négative), mais plutôt un esprit cartoonesque qui apparaît dans son interprétation, à l’image de tout le film d’ailleurs (après on y adhère ou non). Mais son interprétation ne peut pas se limiter à ça. Mayall parvient à montrer les différentes facettes du Fred du titre. Finalement, Fred est certes malin, parfois « vache », mais c’est aussi un personnage très attachant voire même étonnamment touchant, notamment en ce qui concerne son lien avec Elizabeth. Enfin, en ce qui concerne l’interprétation de Phoebe Cates (souvenez-vous, madame Kevin Kline dans la ville), j’étais au début sceptique pour tout vous avouer. Il faut dire qu’elle n’est pas nécessairement aidée par son personnage, un peu neuneu (il ne faut pas oublier qu’elle a un côté très gamin même avant de revoir Fred alors qu’elle est censée avoir pratiquement 30 piges). Mais petit à petit, je me suis attachée à elle et la présence de Cates n’y est pas totalement étrangère (même si encore une fois, je ne prétends pas.

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Ma Meilleure Amie

réalisé par Catherine Hardwicke

avec Toni Collette, Drew Barrymore, Paddy Considine, Dominic Cooper, Jacqueline Bisset, Frances de la Tour, Tyson Ritter…

titre original : Miss You Already

Comédie dramatique britannique. 1h52. 2015.

sortie française : 15 juin 2016

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Milly et Jess sont deux meilleures amies inséparables depuis l’enfance. Alors que Milly se voit diagnostiquer une grave maladie, Jess tombe enceinte de son premier enfant…

Ma Meilleure Amie : Photo Dominic Cooper, Drew Barrymore, Toni Collette

Catherine Hardwicke est la réalisatrice du premier chapitre de Twilight (finalement, relativisons, c’est un des moins mauvais de la saga !) et de Thirteen (je sais que beaucoup aiment ce film, je n’en garde pas particulièrement un bon souvenir). Qu’est-ce qui m’a alors motivée à aller découvrir Ma Meilleure Amie (encore un titre français niais même si au moins il a du sens par rapport au sujet du film – préférons tout de même son titre original encore une fois) ? Dans un premier temps, son sujet, c’est-à-dire le cancer (ouais, dit comme ça, c’est un peu chelou), est ce qui m’a attirée. Cela dit, je n’étais pas totalement rassurée vu que le film avait l’air vendu comme Nos étoiles contraires et tout ce qui va avec (même l’affiche, surtout la version originale avec la police du titre, était assez proche), vous savez, ces fameux films qui doivent vous faire chialer pare que ça parle de cancer justement mais attention ça se veut léger et même drôle. Puis, c’est surtout son casting qui m’a permis de découvrir ce film. J’avais donc quelques a priori, je ne m’en cache pas. Hélas, j’avais quand même bien pressenti certaines choses (je ne pense pas être médium, je tiens à rassurer tout le monde). Hardwicke n’a jamais été une réalisatrice très fine et subtile et à ce stade-là les choses ne vont pas s’arranger. On ne va pas se mentir : ce film est fait pour faire pleurer. On est parfois dans le chantage affectif. « Pleuuuure sinon t’as pas de coeuuur » (et en plus, ça rime, c’est génial). Bref, il y a quelques clichés et de grosses ficelles. Cela dit, parce que je ne suis pas totalement une garce et que je trouve ce film un chouïa mieux que Nos étoiles contraires et compagnie, j’admets avoir trouvé la fin émouvante. C’est déjà ça. Et oui, le film possède bien une certaine fraîcheur et légèreté par son ton et des répliques bien senties. Là encore, c’est pas si mal que ça. C’est dommage que ce film ne soit pas si bien réalisé – même si Catherine Hardwicke pourra se vanter d’avoir filmé deux scènes avec un IPhone soi-disant pour donner une plus grande impression d’intimité à ses personnages (euuuh franchement pas plus que ça), qu’il souffre d’un manque de subtilité. Mine de rien, il reste courageux dans sa démarche.

Ma Meilleure Amie : Photo Drew Barrymore, Paddy Considine

Il ne faut pas oublier qu’il s’agit plutôt d’une grosse production. Et malgré des moments mielleux pour satisfaire un certain public, je trouve que Ma meilleure amie parvient à montrer les désastres du cancer de manière assez crue mine de rien. Certes, on voit l’éternel rasage de cheveux (logique), les vomissements et tout ce que nous connaissons malheureusement déjà sur les ravages de cette maladie. Je ne m’attendais pas à voir une ablation des seins de manière assez réaliste, sans filtre par exemple. Le film nous expose donc les conséquences physiques assez évidentes à cause de la maladie mais aussi la difficulté de vivre son quotidien avec ses proches, difficulté qui semble être renforcée lorsqu’on est une femme (et aussi une épouse et une mère). Malgré ses grosses ficelles, on sent malgré tout derrière une véritable sincérité et aussi de la documentation. La réalisatrice s’est également inspirée de sa propre histoire (son père a eu un cancer) tout comme la scénariste Morwenna Banks qui a aussi travaillé à partir de la pièce de théâtre radiophonique Goodbye (avec notamment Olivia Coleman et Natascha McElhone) De plus, Ma meilleure amie a beau être vendu comme un film frais et tout ça (certains parlent même de feel-good movie même si je trouve ça chelou d’employer un tel terme par rapport au sujet même du film), il n’est pas toujours tendre avec le personnage de Milly, pourtant atteinte d’un cancer, qui agit parfois de manière peu sympathique envers ses proches (sans vouloir trop en dire). Ma Meilleure Amie est porté par un excellent casting, à commencer par le duo d’amies (aussi dans la vraie vie) interprété par Toni Collette et Drew Barrymore. Leur complicité paraît si évidente, on a l’impression qu’elles se sont toujours connues et qu’elles ont tout vécu ensemble. Le duo fonctionne et les interprétations plus « individuelles » suivent également. Les rôles secondaires sont également à la hauteur, que ce soit Paddy Considine et Dominic Cooper en maris, Frances de la Tour convaincante en perruquière ou encore Jacqueline Bisset dans le rôle de la mère de Milly.

Ma Meilleure Amie : Photo Drew Barrymore, Toni Collette

Les Flingueuses

réalisé par Paul Feig

avec Sandra Bullock, Melissa McCarthy, Demian Bichir, Marlon Wayans, Thomas F. Wilson, Michael Rapaport, Jane Curtin, Ben Falcone…

titre original : The Heat

Comédie policière américaine. 1h57. 2013.

sortie française : 21 août 2013

Movie Challenge 2016 : Un film qui m’a fait pleurer de rire

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D’un côté il y a l’agent spécial du FBI, Sarah Ashburn, une enquêtrice rigoureuse et méthodique dont la réputation la précède tant pour son excellence que son arrogance démesurée. De l’autre l’agent de police de Boston, Shannon Mullins, reconnue pour son fort tempérament et son vocabulaire fleuri. L’une comme l’autre, n’ont jamais eu de partenaire dans le travail… ni vraiment d’amis.
Ainsi, lorsque ces deux représentantes de la loi radicalement opposées sont obligées de faire équipe pour arrêter un baron de la drogue sans pitié, elles se retrouvent à devoir lutter non seulement contre un puissant syndicat du crime, mais aussi et surtout contre l’envie de s’entretuer.

Les Flingueuses : Photo Melissa McCarthy, Sandra Bullock

J’ai vu Les Flingueuses il y a un bon mois lors de son passage sur W9 (non, il n’y a pas que les Ch’tis à Mykonos sur cette chaîne) mais je dois avouer que je n’assumais pas totalement d’avoir bien aimé ce film vu ses notes moyennes sur Allocine et Imdb (j’espère que vous n’allez pas me lyncher, heiiin). Mais j’avais envie de le chroniquer dans le cadre du Movie Challenge. C’est un fait (en ce qui me concerne) : ce film m’a littéralement fait pleurer de rire. Pourtant, même si j’aime bien jusqu’à présent les films de Paul Feig (aurais-je ce même avis en regardant le prochain Ghostbusters ?), je ne m’attendais pas à grand-chose. Au pire, j’espérais juste passer un petit moment sans prétention. Non seulement j’ai été servie en terme de divertissement mais en plus j’ai trouvé qu’il s’agissait d’une vraie bonne comédie. Certes, il ne s’agit pas d’une comédie révolutionnaire. C’est avant tout une nouvelle relecture du buddy-movie avec un duo de femmes – chose assez rare dans ce genre cinématographique (et il est certain que les mentalités à Hollywood doivent changer même si on prend le risque de mettre des femmes pour en mettre). Et ça fait mine de rien du bien. Des pas comme ça, même s’ils paraissent minimes, restent nécessaires. Le duo est formé par Sandra Bullock et Melissa McCarthy. D’un côté, Bullock incarne un agent du FBI psychorigide, de l’autre côté, McCarthy une flic locale décontractée au langage fleuri. Evidemment, alors que tout les oppose, les deux femmes vont se rapprocher et former une équipe soudée. Logique et prévisible. Mais ce n’est tellement pas dérangeant car ce duo fonctionne réellement bien à l’écran. C’est vrai que le film met vraiment en avant le talent comique évident de Melissa McCarthy. Si on n’est pas fan de cette actrice, à mon avis, vous n’aimerez pas ce film. En revanche, pour les autres ça sera un bonheur de la voir autant s’exprimer ! Il faut dire qu’elle aurait pas mal improvisé (même si le réalisateur assure que cela n’aurait pas pris le dessus sur le script), notamment lors de la scène (hilarante) dans laquelle elle se lâche avec le monologue « Quelqu’un a-t-il vu les couilles du commissaire ? ». Cette information ne m’a pas vraiment étonnée, on sent cette part d’impro. L’impro peut être quelque chose de très risquée car certains acteurs transforment cet exercice en show à part entière au point de bouffer le film. Ca peut être aussi le moyen de combler des lacunes possibles à un film.

Les Flingueuses : Photo Melissa McCarthy, Sandra Bullock

Certes, il ne s’agit pas du film du siècle et c’est clair qu’en sortant du film on pense à la performance imposante (qui plaira ou non) de McCarthy. Mais je crois que son interprétation permet plus de faire ressortir les qualités générales du film, dans un sens, elle le bonifie. Encore une fois, je ne dis pas qu’il y a un scénario de fou derrière et on pourra même dire qu’il y a un côté déjà vu (si on devait émettre une éventuelle remarque), je ne suis pas en train d’idéaliser le film, loin de là. L’intrigue est d’ailleurs assez banale, reconnaissons-le. Mais les répliques bien senties et les situations dingues qui s’enchaînent sont déjà drôles en elles-mêmes. Un film mal écrit n’aurait pas pu être drôle même avec la géniale McCarthy (oui, je l’admire de plus en plus). Il y avait quand même un bon travail déjà fait, sans ça, rien n’aurait pu fonctionner. Surtout, même si l’interprétation de Melissa McCarthy est remarquable, elle ne tombe pas non plus totalement dans un one-man show. Sa partenaire parvient à exister malgré tout avec un rôle certainement moins exubérant. Sans dire qu’il s’agit d’une grande actrice, j’ai toujours bien aimé Sandra Bullock dans les comédies dans lesquelles elle est en mode bad ass (même si au début elle paraît coincée). Ce rôle lui convient donc à merveille car en plus elle sait faire évoluer son personnage, en tout cas elle est également crédible. Mais encore une fois, j’insiste surtout sur le bon fonctionnement du duo. Les deux interprétations sont complémentaires malgré l’apparente opposition et on sent une réelle complicité entre les deux actrices. Les Flingueuses n’est donc pas la comédie du siècle mais elle vaut finalement mieux que son titre français peu engageant. Ce film a le mérite d’offrir un honnête et bon divertissement qui montre à quel point les femmes, notamment celles qui ne correspondent pas aux canons de beauté, sont capables d’avoir des couilles – même si je ne pense pas qu’il ait la prétention d’être féministe ou quoi que ce soit dans ce genre. Le reste suit : la mise en scène reste tout de même tout à fait correcte dans ce genre de production et le montage participe également au rythme effréné de ce film qui dure pratiquement deux bonnes heures et dans lequel pourtant on ne s’ennuie pas ni on se sent gavé par toute cette énergie. Mais il s’agit ici d’une bonne énergie qui parvient à être communicative. Ce film m’a en tout cas fait un bien fou et remplit pas si mal que ça ses objectifs.

Les Flingueuses : Photo Melissa McCarthy, Sandra Bullock

Toi et moi… et Duprée

réalisé par Anthony et Joe Russo

avec Owen Wilson, Matt Dillon, Kate Hudson, Michael Douglas, Seth Rogen, Amanda Detmer…

titre original : You, Me and Dupree

Comédie américaine. 1h49. 2006.

sortie française : 8 novembre 2006

Movie Challenge 2016 : film ayant de mauvaises critiques

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Jamais deux sans trois… Jeunes mariés, Carl et Molly Peterson sont à peine rentrés d’une brève lune de miel à Hawaii que débarque chez eux l’ineffable Randolph Dupree, célibataire endurci, glandeur incurable… et meilleur ami de Carl. Licencié pour s’être octroyé une semaine de congés et plaqué par sa petite amie, Duprée se retrouve sans travail, sans ressources, sans voiture et sans domicile. Comment les Peterson lui refuseraient-ils l’hospitalité ? Combien de temps pense-t-il rester ? Deux, trois jours au maximum, éventuellement un mois, mais peut-être un peu plus…

Toi et moi... et Duprée : Photo Anthony Russo, Joe Russo, Owen Wilson

Les critiques sur Allocine, que ce soit de la part de la presse ou des spectateurs, ne sont pas tendres avec Toi, moi et… Duprée (dont le sujet rappellera celui de Viens chez moi, j’habite chez une copine de Patrice Leconte). Il s’agit d’une petite comédie américaine sortie il y a maintenant quelques années (plutôt discrètement en France) réalisée par les frères Russo (qui s’occupent actuellement de la franchise Captain America). Le film ne parvient pas à obtenir la moyenne. C’est pour cette raison qu’il a atterri un peu par hasard dans une des catégories de ce Movie Challenge, c’est-à-dire dans la catégorie « film ayant de mauvaises critiques ». Je suis bien d’accord qu’il ne s’agit pas de la comédie du siècle, loin de là. On ne sera pas non plus bluffé par la mise en scène (en même temps, ce n’était pas ce que je recherchais) ni par le scénario assez prévisible : on sait très bien que l’arrivée de Duprée serait signe de bouleversements au sein du couple très bien rangé formé par Kate Hudson et Matt Dillon. Au début Dupree jouera les boulets de service qui finiront par gonfler ses amis, l’épouse du couple pétant son câble mais finalement cette dernière (tout comme les spectateurs) va percevoir les qualités du blondinet qui s’incruste chez eux et va l’accepter. Evidemment, la présence de Dupree va rendre le mari jaloux qui a assez d’emmerdes comme ça : le beau-père, qui est aussi son patron, est incarné par Michael Douglas. Douglas a beau être bien roulé pour son âge, c’est écrit sur sa gueule qu’il est méchant et on ne comprend pas comment Dillon peut être aussi aveugle. Mais en même temps, j’ai envie de dire que je n’ai pas été trahie par la marchandise. Je savais pertinemment ce que j’allais regarder. A l’origine, je voulais regarder quoi ? Juste une comédie pour me détendre. Sans crier au chef-d’oeuvre et sans révolutionner la comédie américaine, j’estime que ce Toi, moi et… Duprée remplit pas si mal que ça ses objectifs.

Toi et moi... et Duprée : Photo Anthony Russo, Joe Russo, Kate Hudson, Matt Dillon

Toi, Moi et… Duprée aurait pu soutenir un peu mieux les thèmes qu’il aborde, c’est-à-dire l’amitié (jusqu’où faut-il aller pour ses amis ?), les difficultés rencontrées durant le mariage, ou encore la critique de la famille bobo américaine toute propre et coincée, qui vit dans le paraître mais qui ne présente pas réellement de sa vie et ne font pas leurs propres choix. Mais encore une fois, je n’ai pas regardé ce film pour voir un truc très intelligent à l’origine. Après, je ne veux pas prononcer un discours du genre « comédie / divertissement = zéro réflexion », loin de là, mais je ne pense pas que le film ait la prétention d’apporter réellement de la profondeur (même si encore une fois le propos aurait pu être plus valorisé). Encore une fois, je savais pertinemment ce que j’allais voir et je n’en attendais pas tant, c’est pour ça que je reste indulgente. Owen Wilson joue souvent les mecs cool, un peu dépassés par notre vraie monde et c’est ce qu’il fait de nouveau dans ce film. Si on ne peut pas le blairer, c’est même pas la peine d’essayer de regarder ce film. Son interprétation a beau de ne pas être neuve, Wilson fait ce qu’il sait faire, mais il le fait au moins bien. Il arrive à communiquer à la fois son énergie, sa nonchalance, sa sincérité et sa naïveté. On croit totalement au personnage, très attachant, qu’il incarne. Le reste du casting est également plutôt bon même si encore une fois les interprétations ne sont pas exceptionnelles, mais en même temps, on ne leur en demandait pas non plus d’avoir un Oscar. J’ai d’habitude un peu de mal avec Kate Hudson (je me suis toujours demandée ce qu’on lui trouvait, en dehors de son physique) mais là elle passe pas trop mal, je l’ai trouvée assez sympathique. J’aime aussi Matt Dillon en général et là sans dire qu’il est extraordinaire, s’en sort assez bien, Michael Douglas est un peu caricatural mais là aussi son interprétation passe bien dans ce film, Seth Rogen joue également encore les gros lourds de service mais il le fait ici plutôt bien.

Toi et moi... et Duprée : Photo Anthony Russo, Joe Russo, Owen Wilson

Les Muppets, le retour

réalisé par James Bobin

avec Jason Segel, Amy Adams, Chris Cooper, Rashida Jones, Alan Arkin, Bill Cobbs, Zach Galifianakis, Ken Jeong, Jim Parsons, Kristen Schaal, Sarah Silverman, Danny Glover, Danny Trejo, John Krasinski, Jack Black, Emily Blunt, Feist, Neil Patrick Harris, Mickey Rooney, Rachel Korine, Selena Gomez…

avec les voix originales de Steve Whitmire, Eric Jacobson, Dave Goelz, Bill Barretta, David Rudman, Matt Vogel, Peter Linz…

titre original : The Muppets

Comédie familiale, comédie musicale américaine. 1h43. 2011.

sortie française (dvd) : 2 mai 2012

Movie Challenge 2016 : Une comédie

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Tex Richman est un homme d’affaire qui compte acheter le théâtre des Muppets. Gary, Marie et Walter la marionnette se mettent alors à la recherche des anciens du théâtre, séparés depuis plusieurs années, afin de tenter de sauver cet endroit qui leur est très cher. Ils arrivent à retrouver Kermit la grenouille qui part à son tour dans le but de réunir ses anciens compagnons de scène.

Les Muppets, le retour : photo

Je dois avouer que jusqu’à présent je n’avais jamais regardé Les Muppets (même si je connais, comme tout le monde, quelques personnages, j’ai quelques bases). Enfin, je crois. Je n’en ai en tout cas aucun souvenir ! Je ne sais pas si c’était nécessairement une bonne chose de commencer par un film plus récent mais au moins ça ne m’a pas découragée à découvrir pour de bon Les Muppets ! C’est pour cette raison que j’ai eu du mal à le noter et surtout à écrire une critique dessus. En tant que non connaisseuse de l’univers, même si je sais que mon avis pouvait aussi être valable et justement intéressant puisque j’ai en quelque sorte ce « manque d’expérience », j’avais peur de ne pas savoir en parler, de ne pas être légitime. Mais finalement, grâce au recul, j’ai décidé de prendre mon courage à deux mains (j’ai vraiment un don pour dramatiser tout et n’importe quoi, mais bon au moins vous connaissez le comment du pourquoi) et dans l’histoire je me suis même permis d’augmenter ma note (et par conséquent d’assumer réellement mon avis positif). Qu’est-ce qui m’a donc motivée à découvrir enfin cette nouvelle version des Muppets ? La présence d’une partie de l’équipe de Flight of the Conchords. En effet, c’est James Bobin (réalisateur de plusieurs épisodes de la série) qui est derrière la caméra et l’acteur-musicien néo-zélandais Bret McKenzie qui est le compositeur des chansons du film et superviseur musical. Cela dit, je n’étais pas totalement rassurée vu que j’ai constaté aussi la présence de Nicholas Stoller et Jason Segel au scénario. Je précise que je n’ai rien contre ces deux mecs en question, mais je ne garde pas spécialement un bon souvenir de leur collaboration sur Sans Sarah, rien ne va. Mais comme je le disais auparavant, le résultat m’a finalement plu et même agréablement surprise. Encore une fois, je ne peux pas comparer avec les autres films des Muppets, dire si on retrouve l’esprit d’avant ou non. Je constate seulement une bonne surprise, un bon film familial qui ne méritait pas de sortir directement en dvd en France ! Encore une fois, un direct-to-dvd n’est pas toujours synonyme de grosse daube en vue ! J’ai beaucoup hésité à le placer dans ce fameux Movie Challenge que j’ai débuté depuis début janvier. En effet, je ne savais pas trop s’il s’agissait d’une pure comédie, le film étant à la fois aussi un mélange de film familial et de comédie musicale. Mais finalement, j’ai décidé de le mettre dans cette catégorie, en prenant « comédie » dans un sens assez large.

Les Muppets, le retour : photo

Cela dit, je ne fais pas de reproches sur son côté vaguement hybride, au contraire je trouve la cohabitation entre comédie, comédie familiale et comédie musicale assez bien faite (même si nous sommes d’accord que ce sont des genres assez proches et qu’il n’y a rien de spectaculaire en soi). Je dirais que cette version des Muppets trouve un bon compromis pour séduire différents publics. Le film plaira à des petits sans que ce soit gnangnan pour les adultes. Il faut dire qu’il n’hésite pas à caricaturer les codes des comédies musicales : on sent alors de la part des scénaristes une prise de conscience et un certain recul vis-à-vis de ce type de divertissements qui peuvent très vite être lourds et qui présentent souvent le même schéma narratif. Il parvient alors à reprendre ces codes habituels sans nous exaspérer, au contraire, on retrouve même une véritable fraîcheur ! Ainsi, les Muppets s’amusent parfois à dire haute voix « et là il va se passer ça parce que ça se passe toujours comme ça dans les films », les paysages et costumes sont très colorés jusqu’à outrance, les personnages incarnés par Segel et Adams sont naïfs ou encore le méchant est assez caricatural. Mais encore une fois, je n’ai jamais vu ces aspects-là de manière négative car il y a une volonté derrière de s’en moquer. De plus, le film n’est pas uniquement drôle, frais et divertissant, il arrive aussi à être très touchant, que ce soit dans l’amitié entre Gary et Walter ou même encore dans la réussite finale du spectacle. Les chansons, au coeur de ce film, qui est presque une comédie musicale, sont également très plaisantes. Elles réussissent également à combiner ce mélange entre humour / parodie, émotion et hommage. La chanson Man or Muppet avait d’ailleurs remporté l’Oscar de la meilleure chanson. Elles s’insèrent également bien dans ce long-métrage bien rythmé possédant une mise en scène énergique et un scénario qui a alors l’air simple et revu mais qui est finalement bien travaillé. Enfin, le casting est également très bon. Dans les rôles principaux, Jason Segel, Amy Adams ou encore Chris Cooper, sans dire qu’ils font des performances de folie (ok, j’ai bien aimé le film mais bon il ne faut pas non plus en surajouter !), sont plutôt bons. Il y a également de bons guests que ce soit dans dans leurs propres rôles, des personnages secondaires voire même des apparitions. J’ai évidemment beaucoup aimé ces chers Muppets, qui m’ont bien fait marrer !

Les Muppets, le retour : photo