Wonder Woman

réalisé par Patty Jenkins

avec Gal Gadot, Chris Pine, Robin Wright, Connie Nielsen, David Thewlis, Elena Anaya, Danny Huston, Ewen Bremner, Saïd Taghmaoui…

Film fantastique, aventure, action américain. 2h20. 2017.

sortie française : 7 juin 2017

Un film que personne ne s’attendait à ce que vous aimiez 

C’était avant qu’elle ne devienne Wonder Woman, à l’époque où elle était encore Diana, princesse des Amazones et combattante invincible. Un jour, un pilote américain s’écrase sur l’île paradisiaque où elle vit, à l’abri des fracas du monde. Lorsqu’il lui raconte qu’une guerre terrible fait rage à l’autre bout de la planète, Diana quitte son havre de paix, convaincue qu’elle doit enrayer la menace. En s’alliant aux hommes dans un combat destiné à mettre fin à la guerre, Diana découvrira toute l’étendue de ses pouvoirs… et son véritable destin.

Wonder Woman : Photo Gal Gadot

Je ne m’en suis jamais cachée : j’ai globalement du mal avec les films de super-héros, non pas par mépris ou quoi que ce soit du genre, mais parce que je finis par me perdre avec tous ces projets qui ont l’air de sortir presque en même temps (et qui sont liés les uns avec les autres). Cela dit, alors que les projets Marvel m’ont rarement réellement convaincue, j’ai tenté de m’accrocher aux dernières productions DC. J’ai commencé par ce Wonder Woman (objet donc de ce billet) puis j’ai enchaîné directement par Man of Steel et Batman v. Superman (parce que j’aime bien faire les choses à l’envers). A ma grande surprise, même si je ne les idolâtre pas non plus, je dois avouer que j’ai plutôt apprécié cet ensemble de films qui se répondent (même si je ne me suis pas encore attaquée à Justice League qui, visiblement, serait très mauvais). Par conséquent, mon regard envers les films de super-héros est désormais plus bienveillant. Wonder Woman arrive à pic face à ces questions très actuelles et certainement nécessaires sur la représentation de la femme au cinéma ainsi que sur l’intégration que nous devons faire aux cinéastes femmes. Ainsi, on a particulièrement entendu parler de son record, celui d’être le film le plus rentable réalisé par une femme. De plus, face au nombre faramineux de films de super-héros occupant les salles obscures assez régulièrement, il est rare de voir un film du genre mettant en scène une héroïne (les quelques tentatives par le passé n’avaient pas été sensationnelles). Dire que Wonder Woman est un film féministe reste discutable (dans le sens où la question reste selon moi complexe et dépendra aussi certainement de notre propre vision et définition de ce concept). En revanche, il est certain que cette représentation de la femme fait partie des différents enjeux présents dans cette oeuvre. Le film a au moins le mérite de contribuer un petit changement dans l’industrie cinématographique et je suis certaine que des films grand public comme celui-ci ne peut qu’aider une nouvelle génération à avoir un regard plus ouvert sur notre monde. Au-delà de nous présenter une femme courageuse, intelligente, aux nobles valeurs et possédant une force physique incroyable, le long-métrage a le mérite de nous présenter une héroïne non sexualisée. Il faut dire qu’il y a dans ce personnage quelque chose d’innocent, presque d’enfantin, ce qui fait pencher la balance (et en plus, elle m’a fait penser à Captain America, pour qui j’ai de la sympathie). Certains ont pu être agacés par sa naïveté, mais en ce qui me concerne, je trouve que ce trait de caractère était plutôt le bienvenu dans le sens où Diana ne se limite pas qu’à être une bad-assMais Wonder Woman ne se limite pas à ce qu’il peut représenter.

Wonder Woman : Photo Chris Pine, Eugene Brave Rock, Ewen Bremner, Gal Gadot, Saïd Taghmaoui

Globalement, le spectacle est très plaisant : le film a beau durer 2h20 (durée habituelle pour les blockbusters d’après ce que je constate), il passe plutôt vite grâce à son rythme progressif (le début prend le temps de présenter ses personnages – des déesses dans un univers un poil kitsch) et des scènes d’action toujours lisibles et joliment chorégraphiées qui n’épuisent jamais les spectateurs. De plus, la mise en scène de Patty Jenkins est tout simplement efficace. J’avoue que je m’attendais au pire vu que je n’avais pas trop aimé son premier long-métrage Monster (le film qui a permis à une Charlize Theron enlaidie de décrocher son Oscar), je ne voyais pas trop pourquoi elle avait été choisie pour réaliser un film d’une telle envergure. Et pour un deuxième long-métrage (après avoir signé quelques épisodes par-ci par-là pour différentes séries), je dois admettre que Jenkins s’en sort plus que bien ! Au-delà d’un joli soin accordé à l’esthétique, très axé sur les tons bleutés mais sans tomber dans une certaine noirceur (contrairement aux autres films DC), la bande-originale de Hans Zimmer (qu’on adore dézinguer alors qu’il reste une valeur sûre) détonne, notamment avec ce thème qui sait rester dans nos oreilles et qui correspond bien à l’image qu’on se fait du personnage principal. De plus, les scènes d’humour (qui étaient absentes dans Batman v. Superman et Man of Steel) n’alourdissent jamais un propos intéressant pour ce type de grosses productions. Je ne trouve pas qu’on se retrouve dans le même cas que certains films Marvel qui usent cet humour jusqu’à la corde. J’ai également lu beaucoup de choses négatives autour de la relation entre Diana et Steve (Chris Pine, qui s’en sort pas trop mal alors que je n’apprécie pas plus que ça cet acteur), disant qu’elle cassait tous les enjeux éventuellement féministes – si on estime qu’il y en a. Or, je ne trouve pas qu’elle affecte le message positif pour les femmes ni qu’elle plombe même l’ambiance même du film. La romance est pour moi avant tout un moyen de renforcer l’humanité de cette figure antique. Bref, sans crier au génie ou autre, le résultat est largement à la hauteur de nos espérances, alliant plutôt bien enjeux artistiques et réflexions sur ce qu’être une femme dans un monde hostile mis en miettes par les hommes. En revanche, le combat final m’a plutôt déçue entre Wonder Woman et le méchant, dont on devine rapidement l’identité (je dis ça vu qu’il y a une sorte de pseudo suspense autour) est assez décevant, à l’image de la dernière demi-heure du film. Enfin, Wonder Woman bénéficie d’une formidable distribution.Gal Gadot est impeccable dans le rôle-titre, parvenant à mêler force physique et innocence par ses expressions candides : elle rend alors son personnage attachant et admirable. Le reste du casting est également plutôt convaincant (dont les charismatiques Connie Nielsen et Robin Wright). 

Wonder Woman : Photo Gal Gadot, Lucy Davis

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Marley et moi / Watchmen

Marley & Moi
réalisé par David Frankel
avec Owen Wilson, Jennifer Aniston, Eric Dane, Alan Arkin, Haley Bennett, Clarke Peters…
titre original : Marley & Me
Comédie américaine. 1h40. 2008.
sortie française : 4 mars 2009
Movie Challenge 2017 : Un film que j’aime bien secrètement
Jenny et John viennent tout juste de se marier sous la neige du Michigan et décident de partir s’installer sous le soleil de Floride. Alors que l’envie d’avoir un premier enfant se profile chez Jenny, John espère retarder l’échéance en lui offrant un adorable chiot sur les conseils avisés de son collègue Sébastien, un séducteur profitant pleinement de son célibat. C’est ainsi que Marley, un jeune labrador, prend place au sein du couple. En grandissant, l’animal se révèle aussi craquant que dévastateur et la maison devient un véritable terrain de jeu, où plus rien ne peut échapper à sa voracité. Mais l’envie de fonder une famille ressurgit, et Jenny attend désormais son premier enfant. Au rythme des années et des catastrophes qu’il provoque, Marley sera le témoin d’une famille qui se construit et s’agrandit, devant faire face à des choix de carrière, des périodes de doute et des changements de vie. Pour Jenny et John, même si Marley est le pire chien du monde, cette tornade d’énergie leur témoignera une affection et une fidélité sans limite, pour leur enseigner la plus grande leçon de leur vie.
Marley & moi : Photo David Frankel, Jennifer Aniston, Owen Wilson
Marley & Moi, réalisé par David Frankel (Le Diable s’habille en Prada), est tiré de l’ouvrage autobiographique du journaliste John Grogan, Marley & Me: Life and Love with the World’s Worst Dog (2005). Je m’attendais, comme beaucoup, à regarder une comédie toute mignonne avec un joli toutou qui ferait quelques conneries (et vous savez peut-être que j’ai du mal en général avec les films qui mettent en vedette des animaux). Certes, il s’agit a priori d’un film familial, grand public, c’est un fait (et ce n’est pas forcément une tare). Mais finalement, on n’est pas tant que ça dans le film tout choupi si attendu. Si Marley & moi est pour moi un agréable divertissement, assez bien foutu dans son genre, il surprend surtout pour son émotion que j’ai trouvée vraie (même si le film a évidemment pour but de nous faire verser quelques larmes, on ne va pas se mentir non plus). Je n’ai jamais eu de chiens (en revanche des chats j’en ai toujours eu) mais l’histoire m’a réellement émue (vous avez l’habitude, j’ai évidemment chialé) : je me suis identifiée au personnage principal avec sa relation avec Marley. Certes, je ne vais pas vous dire qu’il s’agit d’un chef-d’oeuvre, ce n’est évidemment pas le cas, on ne retient pas non plus le travail de mise en scène, je ne sais même pas si on peut s’il s’agit vraiment d’un bon film (d’un point de vue strictement cinématographique – bon après rien ne m’a choquée, j’imagine que le travail de ce côté reste correct par rapport à ce qu’on attend de ce type de production). Mais Marley & Moi m’a clairement plu même si j’ai conscience de ses limites purement cinématographiques. Le film reprend le schéma autobiographique du bouquin, l’histoire étant racontée par John. La voix-off est toujours un outil « risqué » dans le sens où elle a tendance à alourdir le récit. Je ne dis pas qu’elle est d’une grande subtilité mais elle n’est pas non plus envahissante. Surtout, je trouve qu’on peut malgré tout (je dis ça parce que Wilson et Aniston sont des stars hollywoodiens, beaux, blonds, sportifs, avec des dents Colgate – bref le contraire du commun des mortels) s’identifier aux personnages principaux, comprendre l’attachement au chien et au rôle que ce dernier joue dans la vie d’une famille face au temps qui passe. Marley et moi séduit alors dans sa représentation d’une vie de famille (et ou plutôt dans sa construction) avec ses bons et ses mauvais moments (les ellipses me semblent bien choisies et fluides). Après, j’admets aussi que ce film fait certainement partie désormais de mes plaisirs coupables (c’était le but de cette catégorie du Movie Challenge).
 
Marley & moi : Photo David Frankel, Eric Dane, Owen Wilson

Watchmen – Les Gardiens 
réalisé par Zach Snyder
avec Jackie Earle Haley, Patrick Wilson, Malin Akerman, Billy Crudup, Matthew Goode, Jeffrey Dean Morgan, Carla Cugino, Stephen McHattie…
titre original : Watchmen
Action, science-fiction, drame américain. 2h42. 2009.
sortie française : 4 mars 2009
interdit aux moins de 12 ans
Movie Challenge 2017 : Un film recommandé par quelqu’un (Borat)
Aventure à la fois complexe et mystérieuse sur plusieurs niveaux, « Watchmen – Les Gardiens » – se passe dans une Amérique alternative de 1985 où les super-héros font partie du quotidien et où l’Horloge de l’Apocalypse -symbole de la tension entre les Etats-Unis et l’Union Soviétique- indique en permanence minuit moins cinq. Lorsque l’un de ses anciens collègues est assassiné, Rorschach, un justicier masqué un peu à plat mais non moins déterminé, va découvrir un complot qui menace de tuer et de discréditer tous les super-héros du passé et du présent. Alors qu’il reprend contact avec son ancienne légion de justiciers -un groupe hétéroclite de super-héros retraités, seul l’un d’entre-eux possède de véritables pouvoirs- Rorschach entrevoit un complot inquiétant et de grande envergure lié à leur passé commun et qui aura des conséquences catastrophiques pour le futur. Leur mission est de protéger l’humanité… Mais qui veille sur ces gardiens ?
Watchmen - Les Gardiens : Photo Carla Gugino, Jeffrey Dean Morgan
Watchmen est l’adaptation du comic éponyme d’Alan Moore (qui rejette le film comme toutes les adaptations de ses oeuvres) et Dave Gibbons (en revanche, il s’est associé au projet). J’ai une drôle d’histoire avec Zack Snyder (et encore, je dis ça sans avoir vu son Batman vs Superman) : 300 fait partie de mes plaisirs coupables, j’aime également énormément L’Armée des Morts (et j’adore au passage la version originale de Romero), en revanche je rejette en bloc Sucker Punch. Et comme vous le savez certainement (ou pas), j’ai généralement du mal avec les films de super-héros. J’ai longtemps redouté ce fameux Watchmen, visiblement autant adoré que détesté. Sans dire que j’ai adoré, j’ai été agréablement surprise par ce long-métrage, certes assez long mais selon moi réellement divertissant et pertinent. Le long-métrage nous présente alors une Amérique alternative des années 1980 (à peine le miroir de ce qu’on connaît déjà) sous l’égérie des super-héros. Mon seul véritablement hic vient du traitement des femmes (problème que j’avais déjà relevé dans d’autres films de Snyder) : j’ai clairement trouvé le film misogyne (on pourra toujours me répondre qu’il y a les mêmes problèmes dans le comic : et bah j’ai envie de dire que je ne trouve pas ça cool non plus). Les personnages féminins ont toutes un mauvais rôle : soit elles sont hyper sexualisées et inutiles dans l’intrigue soit elles ont un mauvais rôle par rapport aux autres personnages. Pour ne rien arranger, Malin Akerman et Carla Cugino jouent très mal (comme souvent). C’est dommage car le reste du casting est pour moi très bon, surtout Jackie Earle Haley, épatant et charismatique dans le rôle de Rorschach. Les personnages sont justement pour moi un des points forts de ce film, ils sont étonnamment complexes par rapport à ce qu’on pourrait attendre habituellement de ce genre de production (le cas le plus flagrant concerne Le Comédien incarné par l’étonnant Jeffrey Dean Morgan). La narration a pu déstabiliser certains spectateurs, certains diront même que le film est trop lent et qu’il ne se passe rien. Pour ma part, si au début j’étais sceptique par cette narration a priori décousue, j’ai rapidement adhéré à ce choix qui permet d’appréhender la psychologie et les histoires personnelles de tous les personnages. Je suis également tombée sous le charme de la proposition graphique et esthétique même si j’admets que certains effets (ex : les ralentis) sont parfois superficiels. Les dialogues sont également soignés, l’histoire en elle-même trouve un ton juste entre violence, tragédie et humour. Enfin, la BO, très agréable, s’adapte bien aux différentes scènes.
Watchmen - Les Gardiens : Photo Jackie Earle Haley

Deadpool

réalisé par Tim Miller

avec Ryan Reynolds, Morena Baccarin, Ed Skrein, Gina Carano, Brianna Hildebrand, T. J. Miller…

Comédie d’action, fantastique américain. 1h48. 2016.

sortie française : 10 février 2016

interdit aux moins de 12 ans

Movie Challenge 2017 : Un film d’action / d’aventure

deadpool

Deadpool, est l’anti-héros le plus atypique de l’univers Marvel. A l’origine, il s’appelle Wade Wilson : un ancien militaire des Forces Spéciales devenu mercenaire. Après avoir subi une expérimentation hors norme qui va accélérer ses pouvoirs de guérison, il va devenir Deadpool. Armé de ses nouvelles capacités et d’un humour noir survolté, Deadpool va traquer l’homme qui a bien failli anéantir sa vie.

Deadpool : Photo Brianna Hildebrand, Ryan Reynolds

Je ne comptais pas spécialement regarder Deadpool, film très attendu par de nombreux spectateurs (vous connaissez maintenant ma relation avec les films de super-héros), le hasard m’a mis sur le chemin de ce long-métrage. Ce personnage, issu de l’univers Marvel, a été crée par l’auteur et dessinateur Rob Liefeld et le scénariste Fabian Nicieza. Le personnage de Deadpool était présent dans un autre film, X-Men Origins : Wolverine de Gavin Hood. Ryan Reynolds l’incarnait déjà à l’époque. Il faut savoir que Deadpool n’aurait coûté « que » 50 millions de dollars, ce qui reste « peu » comparé à d’autres films de super-héros (par exemple, Avengers : L’Ere d’Ultron de Joss Whedon et The Dark Knight Rises de Christopher Nolan ont coûté 250 millions de dollars). Evidemment, ce point n’excuse pas tout mais nous pouvons tout de même apprécier la démarche. De plus, le film a aussi été classé R aux Etats-Unis (les mineurs de moins de 17 ans doivent être accompagnés d’un adulte) alors que d’habitude les studios tentent d’éviter ce type de situation. Il est par ailleurs devenu le plus gros succès au box-office mondial pour un long-métrage classé R (le film est effectivement violent comme promis). Enfin, Deadpool est aussi devenu le plus gros succès de la saga X-Men. Je n’attendais donc rien de ce film mais dans l’ensemble, sans crier au génie (je lui ai tout de même trouvé des défauts) ou sans me réconcilier avec les films de super-héros je l’ai trouvé assez sympathique, frais et léger. Il a le mérite d’être parfois drôle et sans prétention même s’il présente à sa façon son ambition (en gros, celui d’un film de super-héros avec de l’action tout en étant cool et même « osé » et d’éviter la convention). Je ne pense pas qu’il révolutionne quoi que ce soit mais il a le mérite de tenter de casser certains codes habituels. J’avais un peu peur que le film tombe dans la surenchère avec son lot de répliques assez grossières / trashouilles et graveleuses (vu que ce genre de films semble être à la mode depuis quelques années) mais dans l’ensemble ça passe comme une lettre à la Poste. En tant que comédie, même si c’est un peu (et volontairement) vulgaire (ce n’est pourtant pas ma came d’habitude), on peut même dire que le film est à peu près réussi. Je sais que c’est aussi la tendance de coller des références à tout et n’importe quoi (c’est parfois ce qui me gêne dans la pop culture), ça peut rapidement me gaver mais là encore elles sont plutôt pertinentes. De plus, les scènes d’action secouent, on en prend plein la vue ! Cela dit, qu’est-ce qui cloche alors dans Deadpool ? On est dans une origins story (because, you know, on ne parle plus français) dans tout ce qu’il y a de plus chiant.

Deadpool : Photo Morena Baccarin, Ryan Reynolds

J’ai l’impression d’avoir vu ce type d’histoire mille fois, presque une case obligée du film de super-héros (je crois que c’est ça qui me gonfle le plus dans ce genre en question). Selon moi, on voit les limites du scénario qui est vraiment sauvé par de bons dialogues et non par sa narration : le film commence pratiquement par la fin (quand on prend le film dans sa globalité) et reste le 3/4 du temps en suspension. Vous allez me dire : ce n’est pas le seul film au monde qui reprend cette structure pseudo déstructurée. Je suis d’accord avec ce point (parce que je sais anticiper les reproches qu’on pourrait me faire). Mais j’ai vraiment eu l’impression que le film faisait du surplace. Résultat : malgré l’humour omniprésent, le rythme s’essouffle et j’ai senti quelques longueurs. Le film n’est pourtant pas non plus très long (surtout pour un film de super-héros) et sur le papier il n’aurait pas dû avoir ce souci de rythme. Finalement, c’est plus ce choix narratif qui est superficiel que le nombre de « fuck » présent qui « m’effrayait » au départ. La mise en scène est en tout cas plutôt bonne, surtout par rapport à ce qu’on attend habituellement de ce genre de production. On peut en tout cas remercier Ryan Reynolds, décidément coltiné aux films adaptés de comics (Blade : Trinity, X-Mens Origins : Wolverine, Green Lantern et R.I.P.D. Brigade Fantôme, rien que ça!). Très investi dans le projet depuis pratiquement dix ans (il en est le co-producteur), et récemment nommé aux Golden Globes pour son interprétation (dans la catégorie « comédie »), l’acteur canadien est très bon et surprenant dans le rôle-titre (figure de l’anti-héros par excellence). Pour moi, même si le film a ses qualités, Reynolds porte pas mal le long-métrage sur ses épaules (pourtant je n’aime pas trop cette expression). On ressent vraiment son implication et depuis quelques années, l’acteur a vraiment su améliorer son jeu (avant, je trouvais qu’il jouait comme une huître). De plus, décidément, Reynolds sait bien jouer avec sa voix (détail important vu qu’il porte le 3/4 du temps son costume, donc on privilégie la VO) comme il nous l’avait déjà prouvé The Voices de Marjane Satrapi. Je suis un peu plus partagée sur certains rôles secondaires, surtout en ce qui concerne Ed Skrein. L’acteur britannique n’est pas mauvais en soi, c’est juste que son rôle est trop caricatural et paradoxalement trop effacé (Deadpool doit rester la star de son propre film) pour convaincre totalement. A surveiller donc Deadpool 2, évidemment en préparation…

Deadpool : Photo Ryan Reynolds

Inferno / Doctor Strange

Inferno

réalisé par Ron Howard

avec Tom Hanks, Felicity Jones, Omar Sy, Ben Foster, Irrfan Khan, Sidse Babett Knudsen, Ana Ularu…

Thriller, policier américain. 2h02. 2016.

sortie française : 9 novembre 2016

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Dans Inferno, le célèbre expert en symbologie suit la piste d’indices liés au grand Dante lui-même. Robert Langdon se réveille dans un hôpital italien, frappé d’amnésie, et va devoir collaborer avec le docteur Sienna Brooks pour retrouver la mémoire. Tous deux vont sillonner l’Europe dans une course contre la montre pour déjouer un complot à l’échelle mondiale et empêcher le déchaînement de l’Enfer…

Inferno : Photo Felicity Jones, Tom Hanks

Ron Howard avait adapté Da Vinci Code et Anges et Démons de Dan Brown en 2006 et 2009. Il s’intéresse tout logiquement aux nouvelles aventures de Robert Langdon, toujours avec Tom Hanks (il s’agit de la troisième adaptation mais en réalité, en fonction de sa publication, il est le quatrième tome de la saga). J’avais auparavant une « dent » contre le film Da Vinci Code, maintenant je le trouve un peu plus acceptable (même s’il est très en-dessous du roman); et j’ai toujours aimé Anges et Démons (film et livre). Bref, Inferno est en tout cas dans la même lignée des deux précédents longs-métrages (même s’il est en-dessous de Anges et Démons). Dans ce nouveau volet, tout va assez vite : notre héros est en danger dès le début du film : qui lui veut du mal ? D’où lui viennent ses « visions » et hallucinations ? Le film reprend alors les mêmes ingrédients : rapport avec la culture (ici on retrouve notamment un lien avec Inferno / L’Enfer de Dante ou encore on se balade dans des musées), mystères en tout genre, messages à décrypter, personnages qui cachent leur jeu, voyages et collaborations internationales etc… L’ensemble m’a paru bien rythmé et dynamique (même si tout va vite – peut-être limite trop), la mise en scène assez efficace dans son genre (même si elle n’a rien de révolutionnaire, nous sommes bien d’accord), l’histoire en elle-même est aussi assez plaisante même s’il n’y a pas de réelles surprises (on peut deviner qui cache quoi par exemple). Esthétiquement, il y a quelques séquences (je pense aux visions de Robert Langdon) assez réussies. Cela dit, les différents thèmes abordés (par exemple la surpopulation) ne sont pas suffisamment développés et exploités : par conséquent, Inferno ne parvient pas à être autre chose qu’un divertissement sympa. C’est dommage. Côté casting, Tom Hanks est toujours à l’aise dans le rôle du célèbre professeur de symbologie de Harvard. Dans l’ensemble, le reste du casting suit plutôt bien : Felicity Jones – bon, elle a toujours l’air ébahie par tout et n’importe quoi mais elle apporte une certaine fraîcheur, Ben Foster – même si on le voit peu (et que par flashback) ou encore Sidse Babett Knudsen (la Danoise qu’on voit absolument partout en ce moment). Cela dit, sans faire du french bashing, les films américains ne mettent pas nécessairement en avant le talent de Omar Sy, décidément cantonné à des rôles secondaires pas très développés et vraiment caricaturaux. Bref, Inferno n’est pas le divertissement du siècle, loin de là : une fois vu, on l’aura oublié. Mais pour moi, le job est pas mal fait et pour être honnête, je n’en attendais pas spécialement plus !

Inferno : Photo Omar Sy

Doctor Strange

réalisé par Scott Derrickson

avec Benedict Cumberbatch, Chiwetel Ejiofor, Tilda Swinton, Rachel McAdams, Mads Mikkelsen, Benedict Wong, Amy Landecker, Scott Adkins, Benjamin Bratt, Michael Stuhlbarg…

Film fantastique, action américain. 1h55. 2016.

sortie française : 26 octobre 2016

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Doctor Strange suit l’histoire du Docteur Stephen Strange, talentueux neurochirurgien qui, après un tragique accident de voiture, doit mettre son égo de côté et apprendre les secrets d’un monde caché de mysticisme et de dimensions alternatives. Basé à New York, dans le quartier de Greenwich Village, Doctor Strange doit jouer les intermédiaires entre le monde réel et ce qui se trouve au-delà, en utlisant un vaste éventail d’aptitudes métaphysiques et d’artefacts pour protéger le Marvel Cinematic Universe.

Doctor Strange : Photo Benedict Cumberbatch

Hollywood s’intéresse depuis plusieurs années aux adaptations de Marvel. Doctor Strange, créé par Steve Ditko, n’échappe pas à la règle. Je ne m’en suis jamais cachée : j’ai toujours eu du mal avec les adaptations de comics au cinéma, je ne me suis jamais « battue » pour en voir au cinéma alors que beaucoup pensent qu’il s’agit des films-EVENEMENTS de l’année. Le hasard (on m’a emmenée le voir) m’a permis d’aller voir Doctor Strange qui n’était pas prévu au programme de mon côté. Hélas, ce n’est pas ce film qui va réellement me réconcilier avec les Marvel et compagnie. Il s’agit pour moi d’un long-métrage assez sympathique, plutôt divertissant (ce qui n’est pas si mal) mais à mon avis ça a du mal à aller plus loin (comme hélas un peu trop de blockbusters – même si je ne veux pas non plus coller des étiquettes à tous les films de cette catégorie). Il y a plein d’effets spéciaux et des décors impressionnants qui nous permettent d’en prendre plein la vue (du genre la ville se tord dans tous les sens à la Inception) – c’est un peu fatigant à la longue mais ça marche sur écran (même si je n’ai pas testé avec la 3D) et j’ai envie de dire que c’est bien fait. L’histoire en elle-même est plutôt intéressante et plaisante même si elle ne respire non plus une folle originalité. La mise en scène est aussi très efficace et propre pour ce type de production, en tout cas je n’en attendais pas spécialement plus. L’ensemble est plutôt bien rythmé et le ton adopté est plutôt sympa avec quelques touches d’humour (certes, ce n’est pas d’une grande subtilité mais ça fonctionne). Dans l’ensemble, le casting est plutôt à la hauteur de nos attentes. Benedict Cumberbatch s’est fait connaître en incarnant Sherlock Holmes dans l’excellente série BBC Sherlock. Doctor Strange n’est pas si éloigné de Sherlock (des personnages brillants mais cyniques, égocentriques et prétentieux). Du coup, l’acteur britannique est très à l’aise dans le rôle principal ! Les seconds rôles sont également plutôt convaincants, notamment de la reine des déguisements Tilda Swinton (même si on regrettera de voir de nouveau du white washing de peur de froisser un certain public et de pouvoir mieux ramasser des dollars). Cela dit, on regrettera de croiser des personnages assez creux ou pas suffisamment exploités (je pense notamment au docteur Christine Palmer (interprétée par toujours la rafraîchissante Rachel McAdams) ou encore le méchant de l’histoire (incarné par le charismatique Mads Mikkelsen). Finalement, les personnages ne sont pas exploités à l’image du scénario et des différents thèmes abordés.

Doctor Strange : Photo Benedict Cumberbatch, Rachel McAdams

Les Gardiens de la Galaxie

réalisé par James Gunn

avec Chris Pratt, Zoe Saldana, Dave Bautista, Vin Diesel, Bradley Cooper, Josh Brolin, Lee Pace, Benicio Del Toro, Glenn Close, Karen Gillan, John C. Reilly, Michael Rooker, Dijmon Hounsou, Peter Serafinowicz, Rob Zombie…

titre original : Guardians of the Galaxy

Film de science-fiction, action américain, britannique. 2h. 2014.

sortie française : 13 août 2014

Movie Challenge 2016 : Film adapté d’un comics ou d’un roman graphique

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Peter Quill est un aventurier traqué par tous les chasseurs de primes pour avoir volé un mystérieux globe convoité par le puissant Ronan, dont les agissements menacent l’univers tout entier. Lorsqu’il découvre le véritable pouvoir de ce globe et la menace qui pèse sur la galaxie, il conclut une alliance fragile avec quatre aliens disparates : Rocket, un raton laveur fin tireur, Groot, un humanoïde semblable à un arbre, l’énigmatique et mortelle Gamora, et Drax le Destructeur, qui ne rêve que de vengeance. En les ralliant à sa cause, il les convainc de livrer un ultime combat aussi désespéré soit-il pour sauver ce qui peut encore l’être …

Les Gardiens de la Galaxie : Photo Chris Pratt, Dave Bautista, Zoe Saldana

Je ne m’en suis jamais cachée : sans être « contre », l’univers des comics me laisse complètement indifférente. Je ne suis pas du tout la spectatrice qui attend de pied ferme pendant des mois le prochain Captain America ou Iron Man loin de là. Cela dit, j’ai tellement entendu du bien des Gardiens de la Galaxie (tiré des comics de Marvel, phase 2), que ce soit dans la presse, au coeur de la blogosphère ou même selon mon propre entourage. Pour le Movie Challenge, j’avais besoin de regarder une adaptation de comics, cela m’a donc encouragée le à découvrir pour de bon, même si je ne savais pas trop à quoi m’attendre. En plus, derrière la caméra, on retrouve un certain James Gunn. Quelques mois auparavant, j’avais découvert un de ses films les plus connus par les cinéphiles, Super, avec les très bons Rainn Wilson et Ellen Page. Il s’agit d’un film qui évoquait déjà l’univers des super-héros (mais version cheap). Malgré les bonnes critiques à son égard, je n’avais pas plus accroché que ça à ce film. D’où ma petite appréhension avant d’aller regarder Les Gardiens de la Galaxie. Contre toute-attente, je suis tombée sous le charme de grand divertissement. Oui, on peut encore faire des films grand public de qualité ! Je suis la preuve vivante qu’on peut se sentir larguée en comics, ne pas nécessairement être attirée par les blockbusters en général et avoir énormément aimé ce film. On suit les aventures de Peter Quill et de ses amis (ou pas au début) pendant deux bonnes heures sans s’ennuyer mais sans que ce soit un film d’action complètement bourrin. En fait, il y a un bon équilibre entre les différents genres abordés (en gardant une véritable cohérence : on est bien dans un film de super-héros même si ce n’est pas que ça), c’est-à-dire l’action, la science-fiction, la comédie et le drame (oui c’est très émouvant). C’est aussi un film qui pourra séduire différents publics, c’est-à-dire les jeunes et les adultes, mais aussi à la fois un public qui recherche de la modernité tout comme il pourra satisfaire des spectateurs nostalgiques (il y a une ambiance très années 70s/80s, notamment avec la présence du walkman, utilisé par Star-Lord et surtout la très bonne bande-originale !). La grande réussite des Gardiens de la Galaxie est qu’il assure un véritable spectacle mais sans tomber nécessairement dans les facilités. Il n’a rien d’aseptisé contrairement à beaucoup de grandes productions de nos jours. On sent qu’il y a derrière un réalisateur qui possède une personnalité, par conséquent son film parvient à avoir une âme.

Les Gardiens de la Galaxie : Photo Chris Pratt

Les Gardiens de la Galaxie s’avère donc plus exigeant qu’il en a l’air mais en même temps il parvient à ne pas être prétentieux : on a toujours l’impression qu’il y a de l’autodérision chez les personnages. Il s’agit alors plus qu’un film de super-héros : on est face à un formidable space-opera. On ne pourra d’ailleurs pas s’empêcher de penser à Star Wars pour des tas de raisons différentes (un univers galactique futuriste, des extraterrestres de toutes sortes, les vaisseaux spatiaux, Star-Lord est au début dans la même situation que Han Solo et même physiquement je n’ai pas pu m’empêcher de faire le rapprochement entre ces deux personnages etc…) même si les personnages des Gardiens… sont moins « vertueux » que ceux de la saga de George Lucas (mais restent tout aussi héroïques). Il me parait également important de souligner l’importance de l’esthétique. On ne va pas se mentir : ça pète dans tous les sens, que ce soit par les effets spéciaux, les décors et les costumes. Cela dit, contrairement à ce que je craignais, ça ne m’a pas fatiguée. Enfin, Les Gardiens de la Galaxie bénéficie d’un excellent casting et des personnages forts et intéressants. Chris Pratt, découvert dans la série Parks and Recreation, est excellent dans le rôle de Star-Lord. ll a tout pour être crédible en tant que héros d’un grand film populaire : il est drôle, charismatique, et a également un côté « cool » bienvenu. Par ailleurs, je ne suis pas étonnée qu’il ait été choisi pour interpréter le personnage principal dans Jurassic World de Colin Trevorrow. Zoe Saldana prouve aussi qu’elle est très douée pour interpréter des personnages féminins hors du commun (décidément, elle aime changer de peau depuis Avatar !) et forts. Ca fait toujours de bien de voir que les femmes ne sont pas toujours obligées d’être les potiches de service. Etant donné que je n’ai pas vu le film en V.O., je ne peux pas commenter totalement le travail de certains membres du casting (comme par exemple Bradley Cooper). En revanche, je peux rebondir sur plusieurs points. Dans un premier temps, les personnages (même ceux qui ont été travaillés en motion capture) sont tous très attachants. Je n’aurais pas cru m’intéresser et m’attacher à un raton-laveur et un arbre ! Les personnages ne se font donc pas écraser par l’univers qui aurait être trop énorme pour eux. Quelques seconds rôles sont également plaisants à découvrir même si on les voit peu comme par exemple Benicio Del Toro, Michael Rooker, John C. Reilly ou encore Glenn Close pour ne citer qu’eux.

Les Gardiens de la Galaxie : Photo

Kingsman : Services Secrets

réalisé par Matthew Vaughn

avec Taron Egerton, Colin Firth, Samuel L. Jackson, Mark Strong, Michael Caine, Sofia Boutella, Sophie Cookson, Mark Hamill, Jack Davenport, Tom Prior…

titre original : Kingsman : The Secret Service

Film d’action, espionnage britannique. 2h09. 2015.

sortie française : 18 février 2015

Kingsman : Services secrets

KINGSMAN, l’élite du renseignement britannique en costumes trois pièces, est à la recherche de sang neuf. Pour recruter leur nouvel agent secret, elle doit faire subir un entrainement de haut vol à de jeunes privilégiés aspirant au job rêvé. L’un d’eux semble être le candidat « imparfaitement idéal » : un jeune homme impertinent de la banlieue londonienne nommé Eggsy. Ces super-espions parviendront-ils à contrer la terrible menace que fait peser sur le monde l’esprit torturé du criminel Richmond Valentine, génie de la technologie?

Kingsman : Services secrets : Photo Colin Firth, Taron Egerton

Je ne suis pas allée voir Kingsman au cinéma car la bande-annonce (même si je n’aime pas forcément « juger » à partir de ça) ne m’avait pas du tout attirée (dans ma tête : encore une parodie d’un film d’espionnage). Et puis face à une avalanche d’excellentes critiques et son succès au box-office, histoire de ne pas me sentir totalement à la ramasse, j’ai décidé de sortir de ma grotte et de réellement me renseigner (oui car, malgré tous les articles consacrés au film, j’avais réussi à ne presque rien lire, allez savoir pourquoi !). Kingsman est l’adaptation du comic de Dave Gibbons et Mark Millar, sorti en 2012. Ce fameux Mark Millar est à l’origine de Kick-Ass, adapté au cinéma par un certain… Matthew Vaughn. J’avais beaucoup aimé le premier Kick-Ass, finalement je me suis dit que je devais donner ma chance à Kingsman. Je ne m’attendais vraiment pas à autant aimer ce film. Ca fait du bien (avec cette année Mad Max : Fury Road) de voir un blockbuster à la fois très ambitieux et fun ! Comme dans Kick-Ass, Matthew Vaughn reprend merveilleusement bien les codes du genre (ici le film d’espionnage) pour pouvoir les remettre au goût du jour. Ainsi, il s’agit à la fois d’un film d’espionnage très old school dans le sens où les personnages sont des gentlemen faisant référence aux chevaliers de la Table Ronde mais ils sont intégrés à des choses plus modernes : l’intrigue tourne clairement autour de la technologie et les racailles sont vraiment ce qu’il y a de plus actuel. Surtout, impossible en regardant Kingsman de ne pas voir toutes les références à la pop culture. Résultat : le mélange est explosif pour notre plus grand bonheur ! Dit comme ça, on pourrait avoir l’impression qu’il s’agit d’une grosse bouillasse de n’importe quoi mais ce n’est pas le cas, on sent vraiment derrière une écriture qui semble savoir où elle va, qui parvient à utiliser à bon escient ses références anciennes ou modernes et à trouver surtout le ton juste. Cela fait également plaisir de voir un film qui semble ne s’interdire de rien, que ce soit dans l’humour ou la violence et possède son grain de folie qui donne un réel charme à l’ensemble. On notera également une mise en scène à la fois précise, énergique et tout simplement d’une grande efficacité. On sent vraiment derrière la personnalité de Vaughn et là encore ça fait du bien de voir un blockbuster avec une vraie patte d’auteur.

Kingsman : Services secrets : Photo Sofia Boutella

En tout cas, même si je ne peux pas du tout comparer avec le matériau d’origine (j’imagine que beaucoup de choses sortent de l’imagination de ceux qui ont crée la BD), j’ai trouvé ce long-métrage très inventif dans les moindres détails. Je pense à beaucoup de choses amusantes : les jambes tranchantes de Gazelle, la scène de combat totalement cinglée et incroyablement bien chorégraphiée au sein d’une église (honnêtement, et je ne prétends pas être une spécialiste des films d’action, loin de là, c’est l’une des meilleures scènes d’action que j’ai pu voir), on pourrait également dire la même chose pour la scène d’action dans le but, les feux artifices colorés à la fin du film etc… Au-delà de ses scènes d’action de fou, de son évident dynamisme et de son esthétisme soigné et coloré qui pète mais sans être too much non plus, le propos derrière est intéressant, en tout cas suffisamment pour ce film plus que divertissant et finalement sans prétention : la critique de notre monde ultra connectée fonctionne, mais surtout j’ai aimé toute la réflexion autour de l’apparence et des classes sociales. Certes, le fait de mettre au centre du film un personnage qui va se transformer n’est pas hyper nouveau mais encore une fois Vaughn a réussi à traiter ce sujet à sa sauce et je pense que le « message » autour de l’apparence et de son lien ou non avec sa condition sociale parlera à beaucoup de jeunes. Le casting est également très bon. A première vue, vu qu’il s’agit d’un film avec des espions gentlemen, Colin Firth correspondait parfaitement à ce rôle quitte à faire son Colin Firth. En tout cas, c’est ce que je redoutais (alors que j’adore Colin Firth au passage). Certes, il est évidemment nickel car il a la classe à l’anglaise mais quelque part il s’agit aussi d’un rôle différent de ce qu’il a fait jusqu’à présent. Je n’imaginais pas forcément Firth dans un film d’action et honnêtement il s’en sort vraiment bien (et ça décoince vraiment son image !). Le jeune Taron Egerton qui ne devrait plus rester méconnu trop longtemps (enfin je l’espère) s’en sort également bien. Pourtant j’avais peur de ne pas aimer ce personnage de racaille dans le sens où j’avais peur qu’on tombe dans le stéréotype. Certes, certains traits peuvent sembler grossis mais son personnage est suffisamment intéressant pour éviter ces possibles travers. Samuel L. Jackson est vraiment tordant dans le rôle de ce méchant qui zozote et qui a peur du sang, Mark Strong est, comme souvent, impeccable et enfin la danseuse franco-algérienne Sofia Boutella s’en sort également remarquablement bien dans un rôle physique (certes, cela peut sembler facile de dire ça puisqu’elle a sûrement été engagée pour ça – mais je trouve qu’elle a aussi beaucoup de charisme).

Kingsman : Services secrets : Photo Samuel L. Jackson

Les Nouveaux Héros

réalisé par Don Hall et Chris Williams

avec les voix V.O. de Scott Adsit, Ryan Potter, Daniel Henney, T.J. Miller, Jamie Chung, Damon Wayans Jr., Genesis Rodriguez, James Cromwell, Alan Tudyk, Maya Rudolph, Katie Lowes, Abraham Benrubi…

avec les voix V.F. de Kyan Khojandi, Maxime Baudouin, Damien Ferrette…

Film d’animation américain. 1h42. 2014.

sortie française : 11 février 2015

Les Nouveaux Héros

Un petit génie de la robotique nommé Hiro Hamada découvre qu’un complot criminel menace de détruire la ville de San Fransokyo. Avec l’aide de son plus proche ami, Baymax le robot infirmier, et de ses compagnons qu’il va transformer en une bande de superhéros high-tech, Hiro va tout faire pour sauver la ville et sa population de l’infâme Yokai…

Les Nouveaux Héros : Photo

Lorsque j’ai découvert la bande-annonce des Nouveaux Héros au cinéma (en allant voir la première partie de Hunger Games 3), je dois avouer qu’il ne me tentait absolument pas (déjà le titre français me faisait fuir). Je n’ai pourtant rien contre les histoires de robots mais l’histoire ne me parlait pas plus que cela et l’animation en elle-même ne me séduisait pas vraiment. J’ai commencé à m’intéresser à ce film lorsqu’il a remporté l’Oscar du meilleur film d’animation il y a deux mois. Je pensais que ça serait Dragons 2 qui l’aurait à la place. Surtout je voulais connaître le film qui avait osé battre mon chouchou (Le conte de la Princesse Kaguya). Petite présentation rapide des Nouveaux Héros : il s’agit d’une adaptation du comics Big Hero 6 (également le titre original de ce film d’animation) . Depuis le rachat de Marvel Entertainment par la Walt Disney Company en fin 2009, il s’agit aussi du premier Disney qui adapte un Marvel Comics. Pour des raisons de droit d’auteur, certains personnages du comics n’apparaissent pas dans cette adaptation. Certains noms de personnages ou de lieux ont également été modifiés pour les besoins du film. Cependant, sans avoir lu les comics, je trouve que les scénaristes ont trouvé une bonne solution pour garder à la fois l’esprit des comics tout en s’adaptant à un public américain. En effet, l’action se déroulait à Tokyo dans le comics. Cette fois-ci, les studios ont situé l’histoire à San Fransokyo (vous l’aurez compris, un mélange de San Francisco et de Tokyo). Evidemment, face au Conte de la Princesse Kaguya, je ne peux pas affirmer que Les Nouveaux Héros mérite son Oscar. Et pourtant, à ma plus grande surprise, j’ai adoré ce dernier Disney, pour moi bien plus intéressant que les récents qui ont été faits (comme La Reine des Neiges qui est en train de m’horripiler).

Les Nouveaux Héros : Photo

Je m’attendais à un gentil film d’animation assez moyen, avec des gags lourds, en réalité Les Nouveaux Héros est un très bon film, et je peux même dire qu’il s’agit d’un de mes préférés sortis cette année. Il est à la fois divertissant, rythmé, accessible pour tout le monde (les enfants, les adultes, les geeks, les fans de science et d’autres types de gens j’imagine), intelligent et profond. Même si l’humour est souvent au rendez-vous et est dosé juste comme il le faut, le long-métrage est aussi étonnamment sombre et même très émouvant (je dois avouer que j’ai versé quelques larmes à la fin). Sans vouloir trop en dire, je ne m’attendais à voir un film qui traiterait surtout de la mort, et plus précisément, du deuil et de l’absence. Cela prouve bien à quel point les films d’animation n’ont rien d’enfantin à l’origine. Je me demande d’ailleurs comment ont pu réagir les enfants en découvrant certains éléments du scénario. Cette noirceur apparaît aussi à travers le thème de la vengeance. Sur le papier, il semble y avoir un méchant et un gentil (et même des gentils), sauf que les réalisateurs ont réussi à ne pas rendre les personnages aussi manichéens que ça. En réalité, le méchant et le gentil (Hiro) agissent pour la même raison (la vengeance donc, puisque je parlais de ça à l’instant) et on s’aperçoit que le gentil peut basculer à n’importe quel moment du côté du méchant (et étrangement, on peut même s’inquiéter du sort du méchant !). Le procédé, simple et pourtant pas si original que ça (la dualité), fonctionne à merveille et permet d’humaniser les personnages. Je n’aime pas trop ce terme un peu naïf et bêbête mais on va dire que le « message » passe aussi du coup parfaitement et s’adapte pour n’importe quel public (les adultes et les enfants).

Les Nouveaux Héros : Photo

L’amitié est également au coeur de ce film. Certes, il n’y a rien d’original mais le thème est traité de manière efficace, du coup j’ai été touchée par la relation entre Hiro et Baymax, deux personnages intelligents et attachants. Baymax a beau être un robot, il est réellement attendrissant, que ce soit avec son look de Chamallow et sa morale (il a été pour soigner les gens). Ce personnage est réellement réussi car paradoxalement il est à la fois adulte (c’est un personnage imposant, rassurant et qui va réellement guider Hiro à faire les bons choix) et enfant (à chaque fois qu’il a l’occasion d’apprendre de nouveaux gestes ou de nouvelles expressions) Il est vrai que le long-métrage se concentre beaucoup sur ces deux personnages (allez, ça serait son seul petit défaut mais j’ai tellement aimé ce film que je lui pardonne cette petite faute) mais je trouve que les seconds rôles arrivent quand même à trouver leur place. Ils sont également très attachants et apportent aussi pas mal d’humour. J’ai en tout cas cru à cette bande soudée, qui permet aussi au héros de ne pas basculer du mauvais côté. Je reviens aussi juste aussi un instant sur le travail d’animation. Contrairement à ce que je pensais en regardant la bande-annonce, l’animation est en réalité très réussie tout comme les décors. Je craignais de voir un film froid ou tape-à-l’oeil visuellement mais en réalité, tout en restant précise et en n’oubliant pas les détails pour croire à ce monde futuriste, l’esthétique a quelque chose de fluide. Du coup c’est très agréable à regarder ! De plus, la musique de Henry Jackman correspond également à cet univers futuriste mais n’est pas non plus envahissante ou trop robotisée. En fait, les croisements entre les cultures américaines et japonaises et entre Disney et Marvel ont été réalisés très habilement. Enfin, en ce qui concerne le doublage, je n’ai pas vu le film en V.O. mais la V.F. est réussie, en tout cas, rien d’alarmant à signaler.

Les Nouveaux Héros : Photo

La Vie d’Adèle – chapitres 1 et 2

réalisé par Abdellatif Kechiche

avec Adèle Exarchopoulos, Léa Seydoux, Salim Kechiouche, Jérémie Laheurte, Catherine Salée, Aurélien Recoing, Mona Walravens, Fanny Maurin, Alma Jodorowsky, Benjamin Siksou, Sandor Funtek, Baya Rehaz, Anne Loiret, Benoit Pilot, Karim Saidi, Camille Rutherford…

Drame, romance français. 3h. 2013.

sortie française : 9 octobre 2013

interdit aux moins de 12 ans avec avertissement

La Vie d'Adèle - Chapitres 1 et 2

À 15 ans, Adèle ne se pose pas de question : une fille, ça sort avec des garçons. Sa vie bascule le jour où elle rencontre Emma, une jeune femme aux cheveux bleus, qui lui fait découvrir le désir et lui permettra de s’affirmer en tant que femme et adulte. Face au regard des autres Adèle grandit, se cherche, se perd, se trouve…

La Vie d'Adèle - Chapitres 1 et 2 : Photo

Aujourd’hui, vu comme c’est la Saint-Valentin, cette abominable fête à laquelle personne ne semble échapper (même les célibataires endurci(e)s), j’ai décidé de faire la critique d’un film en rapport avec la guerre l’amour. J’avoue que j’ai eu du mal à choisir le film d’aujourd’hui. Devais-je choisir une de mes comédies romantiques préférées ? Ou au contraire démonter une rom com insupportable ? Comme la Saint-Valentin me casse les c….. me gonfle, je voulais taper sur quelqu’un mais pas nécessairement m’en prendre au monde entier (j’ai conscience que s’attaquer à des couples qui aspirent au bonheur ne m’amènera à rien). La sortie de Fifty Shades of Grey (pas encore vu mais ça ne devrait pas tarder) m’a finalement inspirée cette chronique (si, si). Et oui, La Vie d’Adèle est une histoire d’amour et de sexe. Et puis surtout, c’était l’occasion de régler mes comptes avec Abdellatif Kechiche : je crois que la Terre entière sait que je n’aime pas ce type, pourtant j’aime énormément La Graine et le Mulet. Petit rappel : le long-métrage, librement adapté de la bande-dessinée de Julie Maroh, Le bleu est une couleur chaude (décidément, il faut que je la découvre, je suis lamentable), avait remporté la Palme d’or au festival de Cannes en 2013, présidé cette année-là par Steven Spielberg. Son jury a associé exceptionnellement ce prix aux deux actrices principales, Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux. On se rappelle également des diverses polémiques avant la sortie du film (les conditions de tournage déplorables, les plaintes de Léa Seydoux, puis les réactions de Kechiche etc…). J’ai vu La Vie d’Adèle la première fois un mois après sa sortie en salles. Je n’avais pas adoré, beaucoup d’éléments m’avaient déjà gênée mais j’avais relativement aimé le film. C’est au fil des mois que je me suis aperçue que j’avais surtout retenu les éléments négatifs. C’est pour cette raison que j’ai revu courageusement le film il y a deux jours. Il fallait que j’ai un avis définitif. Hélas, c’est officiel, La Vie d’Adèle n’est pas un film qui m’emballe plus que ça, je trouve qu’il a énormément de défauts. Il n’est pas mauvais mais sa Palme d’or attribuée me paraît vraiment exagéré (et bravo, maintenant j’ai une petite dent contre Spielby).

La Vie d'Adèle - Chapitres 1 et 2 : Photo Adèle Exarchopoulos

Je vais commencer par évoquer les points positifs. Tout d’abord, je crois que tout le monde est à peu près d’accord, j’ai été éblouie par la performance d’Adèle Exarchopoulos. Pourtant, en dehors de ce film, la demoiselle a tendance à m’agacer (je la trouve assez vulgaire et inintelligente) et pour être honnête, je ne sais pas si elle pourra faire mieux plus tard dans sa carrière. Elle a un peu trop la bouche ouverte (s’il y en a un qui sort un truc vulgaire, je vous assure qu’il se souviendra de ma réponse jusqu’à ses cinquante piges), elle ressemble un peu à un castor. Mais elle séduit par son bagou, son naturel, sa spontanéité et sa fraîcheur. Son César du meilleur espoir féminin est amplement mérité. J’ai également bien aimé l’interprétation de Léa Seydoux, mieux que d’habitude, même si j’ai eu du mal à comprendre pourquoi Adèle avait envie de se masturber après l’avoir croiser dans la rue. Je n’aime pas m’attaquer au physique des gens, surtout que je ne suis pas trop compliquée mais honnêtement, sans dire qu’elle est laide, elle n’est pas ici très attirante. Après, c’est un détail et un ressenti strictement personnel mais je tenais à le dire et cela n’enlève rien au jeu de Seydoux. Cependant, je trouve l’actrice assez fausse dans certaines scènes, je pense notamment à celle où elle parle de Sartre ou encore quand elle traite Adèle de « petite traînée ». Puis, Kechiche a le mérite d’avoir réalisé un film qui dépasse la question de l’identité sexuelle. Certes, il rappelle ce que subissent les jeunes homosexuels : je pense là à la scène, très réaliste et assez terrible, qui se déroule devant le lycée d’Adèle, où une des « amies » s’attaque à l’héroïne après avoir vu Emma. Mais finalement on oublie vite qu’il s’agit d’un film sur un couple de lesbiennes. Il s’agit avant tout d’un film d’amour. Surtout, malgré cette piqûre de rappel sur une homophobie encore bien présente en France, le vrai drame de notre société est le fossé entre les différentes classes sociales. Adèle, issue d’un milieu populaire, ne peut pas aimer Emma la bourgeoise. Adèle, ne se sentant pas à sa place face à Emma et ses amis intellectuels, commettra une erreur fatale à son couple. Enfin, il y a également des jeux de lumière et de couleurs assez remarquable même s’ils ne sautent pas tout de suite aux yeux.

La Vie d'Adèle - Chapitres 1 et 2 : Photo Adèle Exarchopoulos, Léa Seydoux

La Vie d’Adèle possède certainement d’autres bonnes intentions mais elles deviennent rapidement des éléments négatifs en ce qui me concerne. Tout d’abord, cette abondance de gros plans permet effectivement d’être plus près des personnages et au coeur de l’action. Cependant, cet effet réaliste finit surtout par agacer, voire même écoeurer (depuis quelques chroniques, on a l’impression que je vomis partout, je suis désolée). Puis, Kechiche n’est pas le type le plus subtil du monde. Il filme de près la bouche d’Adèle, qui mange comme une porcasse (j’ai tout sauf envie de me faire une bouffe avec elle), il nous fait également des métaphores très lourdingues sur la bouffe (déjà que je déteste les huîtres, là je ne peux plus me les voir et je n’ai plus envie de manger des pâtes bolo, j’suis écoeurée) et à l’image du titre complet du film, le réalisateur fait un grand nombre de scènes qui apparaissent en double : les scènes de manif’, la première scène de sexe lesbien en parallèle avec la scène de sexe hétéro, les scènes chez les parents, les scènes d’engueulade etc… J’ai parfois l’impression que Kechiche prenait ses spectateurs pour des imbéciles. Du coup, il allonge inutilement son film. Oui, trois heures de film, c’est vraiment trop long. Certes, on voit pratiquement dix ans de la vie d’Adèle, c’est sûr qu’on ne pouvait pas faire un film trop court. Mais là c’est inutilement trop long, on finit le film dans la douleur, dans l’agonie, on a hâte qu’il se termine bordel ! Justement, comme je viens d’évoquer le titre, je trouve cela dommage de ne pas avoir appuyer davantage sur les chapitres en question – alors que Kechiche préfère insister sur des images en manquant de subtilité. Evidemment que le spectateur n’est pas idiot, il va bien voir au bout d’un moment qu’il y a d’un côté le début d’un amour naissant, de l’autre la rupture. Cependant, je regrette tout de même de ne pas voir ces chapitres en question clairement annoncés. Pourquoi le réalisateur n’est-il pas allé au bout de ses idées ? Certes, peut-être qu’il n’a pas souhaité valoriser la place des chapitres de peur d’enlever le côté réaliste ou de couper le récit. Mais l’ellipse entre la première partie et la seconde est vraiment trop brutale, et même en connaissant déjà le film. On ne voit d’ailleurs pas tout de suite qu’il s’est déroulé pratiquement dix ans entre ces deux chapitres, les indices étant peu visibles (les personnages n’ont pas trop changé physiquement). Maintenant, je vais vous parler des célèbres scènes de sexe, qui m’ont vraiment agacée. C’est principalement à cause d’elles que je suis fâchée contre Kechiche.

La Vie d'Adèle - Chapitres 1 et 2 : Photo

Tout d’abord, je ne comprends absolument pas pourquoi La Vie d’Adèle n’a qu’une interdiction au moins de 12 ans. Je suis persuadée que des lecteurs réguliers de ce blog doivent me trouver énervante, voire même pro-Christine Boutin, je tiens à remettre les pendules à l’heure : le sexe au cinéma ne me dérange pas s’il a une utilité artistique et narrative. Or, je trouve qu’il est souvent inutile ou filmé de manière dérangeante. Certains réalisateurs sont pour moi clairement des sexistes et/ou des pervers et Kechiche en fait partie. Il veut filmer la passion, au final il réalise des scènes pornographiques et je n’exagère absolument pas. YouPorn/La Vie d’Adèle : même combat. A l’origine, je ne suis pas contre mettre des scènes de sexe puisque c’est un film sur la découverte de l’amour et du désir. Mais là c’est juste du sexe vulgaire et gratuit. Pour moi, Kechiche n’est qu’un voyeur qui a bien profité du tournage pour se rincer l’oeil. Surtout, alors qu’elles pouvaient avoir un intérêt, ici elles deviennent inutiles et énervantes. Mais il va falloir m’expliquer des choses : à quoi ça sert de voir un pénis en érection, des cunnis à tout va, des poings dans l’anus ou encore de la sodomie nasale ? A quoi ça sert de nous montrer quatre ou cinq scènes de sexe plus qu’explicites, dont une dure tout de même sept minutes ? Qu’a voulu faire Kechiche ? Se prendre pour le Marc Dorcel du cinéma d’auteur ? Revisiter le Kama-Sutra ? Kechiche nous offre en plus des scènes inutilement répétitives puisqu’il n’y a réellement d’évolution entre elles. Le réalisateur prétend avoir voulu filmer la passion de près, mais au final, en présentant des scènes bestiales qui tournent rapidement à la vulgarité, je trouve qu’il détruit même le propos universel de son film. Pourtant, même s’il étend du coup son film jusqu’à l’épuisement, Kechiche parvient pourtant à montrer de jolis moments de la rencontre. De plus, on finit par se demander où est réellement l’amour là-dedans. L’une des dernières scènes, qui se déroule dans un café, est selon moi assez révélatrice. Adèle dit à Emma : « Ca me manque qu’on ne se touche plus, qu’on ne se voit plus, qu’on ne se respire plus ». On remarquera le verbe « toucher » avant se « voir », cela en dit long sur les relations entre les jeunes filles. La suite de la scène dans laquelle Adèle lèche la main d’Emma goulûment en plein café (on finit par plaindre le peu de clients qui assistent à cette scène) confirme cette impression. Puis, j’ai trouvé ces scènes de sexe très idéalisées alors que Kechiche prône un regard réaliste. On a l’impression qu’Adèle a une expérience sexuelle de folie. Or, personne n’est Clara Morgane lors de sa première fois, que ce soit avec un mec ou une fille. Loin d’être le chef-d’oeuvre annoncé, La Vie d’Adèle a des qualités non négligeables mais il est principalement gâché par ses longueurs inutiles et des scènes obscènes.

La Vie d'Adèle - Chapitres 1 et 2 : Photo Adèle Exarchopoulos

Gemma Bovery

réalisé par Anne Fontaine

avec Fabrice Luchini, Gemma Artenton, Jason Flemyng, Isabelle Candelier, Kacey Mottet Klein, Niels Schneider, Edith Scob, Mel Raido, Pip Torrens, Elsa Zylberstein, Pascale Arbillot, Philippe Uchan…

Comédie dramatique française. 1h40. 2014.

sortie française : 10 septembre 2014

Gemma Bovery

Martin est un ex-bobo parisien reconverti plus ou moins volontairement en boulanger d’un village normand. De ses ambitions de jeunesse, il lui reste une forte capacité d’imagination, et une passion toujours vive pour la grande littérature, celle de Gustave Flaubert en particulier. On devine son émoi lorsqu’un couple d’Anglais, aux noms étrangement familiers, vient s’installer dans une fermette du voisinage. Non seulement les nouveaux venus s’appellent Gemma et Charles Bovery, mais encore leurs comportements semblent être inspirés par les héros de Flaubert. Pour le créateur qui sommeille en Martin, l’occasion est trop belle de pétrir – outre sa farine quotidienne – le destin de personnages en chair et en os. Mais la jolie Gemma Bovery, elle, n’a pas lu ses classiques, et entend bien vivre sa propre vie…

Gemma Bovery : Photo Fabrice Luchini

Anne Fontaine adapte le roman graphique Gemma Bovery de Posy Simmonds, auteure de Tamara Drewe (adapté par Stephen Frears et avec, dans le rôle-titre, une certaine Gemma Artenton). Comme le suggère le titre, Simmonds a revisité le roman de Gustave Flaubert, Madame Bovary, en jouant avec l’effet de mise en abyme : en effet, Martin, le personnage principal, prend conscience que sa voisine est un double d’Emma Bovary. Le film s’intitule Gemma Bovery mais pourtant c’est bien Martin qui est réellement au centre de l’histoire car c’est lui qui remarque cette forte intertextualité et en joue. Il est fasciné par ce double littéraire. Tout d’abord observateur, il devient petit à petit un marionnettiste, un auteur qui réécrit l’histoire (afin que Gemma n’ait justement pas le même destin qu’Emma Bovary), presque lui-même un double de Flaubert. Martin pourrait même être un Emma Bovary en masculin (n’oublions pas la célèbre phrase que Flaubert aurait prononcée : « Madame Bovary, c’est moi« ). C’est ce lien entre le cinéma et la littérature qui fait le charme de ce long-métrage. Grâce à ce parallèle, Anne Fontaine signe un film amusant, frais, divertissant, drôle et mélancolique à la fois. Il n’y a pas besoin d’avoir lu le roman de Flaubert pour comprendre et apprécier ce film car les parallèles entre le texte et le film sont établis de manière assez ludiques, sans que cela soit lourd.

Gemma Bovery : Photo Fabrice Luchini

La réalisatrice offre quelques scènes particulièrement savoureuses, voire même hilarantes : je pense par exemple à celles avec Martin qui s’énerve contre la mort aux rats, celle de l’abeille (drôle et sensuelle à la fois) et évidemment la dernière scène sont hilarantes) ou encore la toute dernière scène. Il y a également des répliques très bien trouvées (notamment celle de Martin à son fils : « Je préférerais que tu te drogues plutôt que d’entendre des conneries pareilles« ). Cependant, même si la réalisation reste tout de même correcte, j’ai un peu regretté qu’elle ne soit pas à la hauteur de l’ambition du sujet. Même si on ne boude pas son plaisir, j’ai trouvé qu’elle manquait légèrement de piquant et dans la seconde partie, il me semble qu’il y a quelques petits problèmes de rythme. Le casting est un des atouts de ce film. Fabrice Luchini est encore une fois énorme, les fans de l’acteur seront comblés. De plus, je ne vois que lui pour interpréter le rôle principal, lui qui aime tant la littérature et les femmes ! Gemma Artenton est également excellente dans le rôle d’Emma Bovary bis, et je l’ai même trouvée bien plus convaincante que dans Tamara Drewe. Dans les seconds rôles, j’ai également bien aimé Isabelle Candelier, très drôle dans le rôle de la femme dépassée de Martin ou encore Elsa Zylberstein, parfaite en bourgeoise énervante.

Gemma Bovery : Photo Fabrice Luchini, Gemma Arterton, Niels Schneider

Lulu femme nue

réalisé par Solveig Anspach

avec Karin Viard, Bouli Lanners, Claude Gensac, Pascal Demolon, Philippe Rebbot, Corinne Masiero…

Comédie dramatique française. 1h27. 2013.

sortie française : 22 janvier 2014

Lulu femme nue

À la suite d’un entretien d’embauche qui se passe mal, Lulu décide de ne pas rentrer chez elle et part en laissant son mari et ses trois enfants. Elle n’a rien prémédité, ça se passe très simplement. Elle s’octroie quelques jours de liberté, seule, sur la côte, sans autre projet que d’en profiter pleinement et sans culpabilité. En chemin, elle va croiser des gens qui sont, eux aussi, au bord du monde : un drôle d’oiseau couvé par ses frères, une vieille qui s’ennuie à mourir et une employée harcelée par sa patronne… Trois rencontres décisives qui vont aider Lulu à retrouver une ancienne connaissance qu’elle a perdu de vue : elle-même.

Lulu femme nue : Photo Karin Viard

L’Islandaise Solveig Anspach, réalisatrice de Haut les coeurs ! (qui avait permis à Karin Viard de décrocher le César de la meilleure actrice en 2000) et surtout de nombreux documentaires (notamment Made in the USA) adapte la bande-dessinée Lulu femme nue d’Etienne Davodeau. Ce long-métrage a pour moi ses défauts. En effet, on pourra lui reprocher d’être un peu trop simple, que ce soit au niveau de l’histoire ou surtout en ce qui concerne la mise en scène. Selon moi, le film souffre également de quelques petits problèmes de rythme, surtout entre la partie avec Bouli Lanners et celle avec Claude Gensac. Je ne pense pas non plus que ce film me marquera. Mais c’est grâce à sa simplicité et à son humanité qu’on accroche à ce film à la fois touchant, attachant, humain, drôle, sincère, mélancolique et sensible, évitant avec intelligence les artifices. Il s’agit pour moi d’un bon feel good movie et surtout d’une bonne surprise (vu que je n’attendais rien de ce film). Il est clair qu’il est plein de bons sentiments, pourtant il n’est jamais niais. Le ton, plutôt léger, permet d’aborder avec subtilité de sujets graves comme la violence conjugale, la solitude et même la mort. Il s’agit d’un très beau portrait d’une femme qui s’émancipe.

Lulu femme nue : Photo Claude Gensac, Karin Viard

En effet, au début du film, Lulu, ou plutôt Lucie, est une femme timide, fragile, perdue, fatiguée de la routine, ne supporte plus les échecs (son dernier entretien d’embauche a été catastrophique) ni les responsabilités familiales et est écrasée par ses proches, tout particulièrement par son mari. Puis, notre héroïne va apprendre à s’affirmer et à se (re)découvrir en tant que femme (et non comme une épouse ou une mère de famille) au fil de son voyage initiatique grâce au contact de Charles, un ex-taulard bourru au premier abord mais en réalité tendre, et de Marthe, une personne âgée souffrant de la solitude mais dynamique. A travers les différentes rencontres de Lulu, Solveig Anspach réussit aussi parallèlement à livrer le portrait de gens modestes qui sont ici des laissés-pour-compte de la société. Elle va également reprendre goût à la vie et connaître enfin le bonheur et les joies de la liberté. Karin Viard est toujours autant formidable et confirme qu’elle est une des meilleures actrices françaises. Les seconds rôles sont également tous très bons. On retrouve notamment Bouli Lanners, très surprenant dans un rôle sensible, Claude Gensac, excellente en vieille dame qui aimerait sortir de la solitude, Corinne Masiero en patronne de bar connasse pas très sympa ou encore Pascal Demolon et Philippe Rebbot forment un très sympathique duo de frangins protecteurs.

Lulu femme nue : Photo Bouli Lanners, Karin Viard

Captain America : le soldat de l’hiver

réalisé par Anthony et Joe Russo

avec Chris Evans, Scarlett Johansson, Anthony Mackie, Samuel L. Jackson, Robert Redford, Sebastian Stan, Cobie Smulders, Frank Grillo, Emily VanCamp…

titre original : Captain America : The Winter Soldier

Film d’action, science-fiction américain. 2h08. 2014.

sortie française : 26 mars 2014

Captain America, le soldat de l'hiver

Après les événements cataclysmiques de New York de The Avengers, Steve Rogers aka Captain America vit tranquillement à Washington, D.C. et essaye de s’adapter au monde moderne. Mais quand un collègue du S.H.I.E.L.D. est attaqué, Steve se retrouve impliqué dans un réseau d’intrigues qui met le monde en danger. S’associant à Black Widow, Captain America lutte pour dénoncer une conspiration grandissante, tout en repoussant des tueurs professionnels envoyés pour le faire taire. Quand l’étendue du plan maléfique est révélée, Captain America et Black Widow sollicite l’aide d’un nouvel allié, le Faucon. Cependant, ils se retrouvent bientôt face à un inattendu et redoutable ennemi – le Soldat de l’Hiver.

Captain America, le soldat de l'hiver : Photo Chris Evans, Scarlett Johansson

Comme j’avais bien apprécié Captain America : First Avenger, il était logique que je découvre les suites des aventures de Steve Rogers. Comme nous l’annonçait la fin du premier film et comme nous l’avons vu dans Avengers, nous ne sommes plus dans les années 1940. Rogers fait un bond dans le temps et se retrouve à notre époque : 70 ans se sont alors écoulées. J’aimerais parler de ce film en le considérant comme un objet à part, mais je dois avouer que j’ai du mal à éviter les comparaisons avec les deux autres longs-métrages qui mettent en scène ce super-héros. Le long-métrage de Joss Whedon, qui réunissait notre Captain America, Nick Fury, la Veuve Noire et le Faucon, m’avait beaucoup plu. Pourtant, étrangement, j’ai mis un certain temps à m’adapter à cette nouvelle époque, à quitter une précédente ère qui donnait du charme au précédent film et même à revoir des personnages que j’avais déjà vus. L’histoire n’est pas inintéressante mais elle ne m’a pas captivée plus que ça. Le début est d’ailleurs étrange. En effet, on retrouve rapidement les mêmes personnages que dans « Avengers », cela permet alors à l’histoire de démarrer très rapidement, pratiquement in medias res. Pourtant, je n’ai pas ressenti les mêmes choses que pour … First Avenger et Avengers.

Captain America, le soldat de l'hiver : Photo Sebastian Stan

Il y a pourtant de l’action et des effets spéciaux rendant le film spectaculaire ainsi que des personnages qui réussissent à s’imposer. En effet, notre « Captain America », toujours aussi bien incarné par Chris Evans, reste un personnage toujours aussi attachant et touchant, dépassé par cette nouvelle époque et qui a un bon fond. J’ai également été contente de retrouver Scarlett Johansson en Black Widow, sexy sans être vulgaire ni potiche, ou encore Samuel L. Jackson en Nick Fury. Robert Redford est également un convaincant et charismatique méchant, tout comme Sebastian Stan, le fameux « soldat de l’hiver ». Quant à Anthony Mackie, il m’a agréablement surprise dans le rôle du Faucon. Dans « Avengers », je trouvais ce personnage trop effacé. Je ne pourrais pas trop dire si c’était dû au scénario qui ne lui laissait pas vraiment sa place ou à l’acteur Jeremy Renner, que j’aime bien pourtant. On retrouve aussi quelques touches d’humour, notamment à travers le duo formé par Captain America et Black Widow, mais de nouveau moins appuyé toujours par rapport aux deux autres films. Pour conclure, dans l’ensemble, Captain America : le soldat de l’hiver est pour un moi un honnête divertissement. J’étais ravie de retrouver le super-héros, ses potes et des méchants, mais le résultat ne m’a pas autant emballé par rapport au précédent film de Joe Johnson et à Avengers.

Captain America, le soldat de l'hiver : Photo Anthony Mackie

Captain America : First Avenger

réalisé par Joe Johnston

avec Chris Evans, Hayley Atwell, Sebastian Stan, Tommy Lee Jones, Hugo Weaving, Toby Jones, Dominic Cooper, Richard Armitage, Stanley Tucci, Neal McDonough, Derek Luke, Natalie Dormer, David Bradley…

Film d’aventure, action, science-fiction américain. 2h. 2011.

sortie française : 17 août 2011

Captain America : First Avenger

Captain America: First Avenger nous plonge dans les premières années de l’univers Marvel. Steve Rogers, frêle et timide, se porte volontaire pour participer à un programme expérimental qui va le transformer en un Super Soldat connu sous le nom de Captain America. Allié à Bucky Barnes et Peggy Carter, il sera confronté à la diabolique organisation HYDRA dirigée par le redoutable Red Skull.

Captain America : First Avenger : Photo Chris Evans, Joe Johnston

Normalement, je ne suis pas une grande fan des super-héros (je n’ai rien contre ce type de personnages et de films mais ce n’est pas forcément pour moi un événement cinématographique que j’attends) même si j’ai tout de même apprécié certains films qui mettent en scène ce type de personnages. Ce n’est pas la première fois que Captain America est adapté. En effet, pour ne citer que ces versions, il y a eu les deux téléfilms en 1979 avec Reb Brown, ainsi que le film d’Albert Pyun avec Matt Salinger. Cette nouvelle adaptation du comics par Joe Johnston (Chérie, j’ai rétréci les gosses, Richard au pays des livres magiques, Jumanji ou encore Jurassic Park III) m’a agréablement surprise. C’est pour moi un très bon divertissement tous publics bien rythmé, qui n’oublie pas deux ingrédients essentiels : de l’action et de l’humour. La mise en scène, plutôt efficace, n’est pas noyée par des effets spéciaux très réussis. Le film n’est pas non plus trop long, les deux heures passent en tout cas très rapidement. Ce que j’ai également aimé, c’est ce mélange entre la science-fiction, le film de super-héros et l’aspect « historique ». Grâce à cette combinaison de ces genres, le film possède beaucoup de charme.

Captain America : First Avenger : Photo Chris Evans, Joe Johnston

Nous pouvons aussi noter que le lien entre ce film et Avengers est réussi. On a alors à la fois envie de découvrir le film de Joss Whedon (qui met également en scène Nick Fury, La Veuve Noire, Hulk, Thor et le Faucon) ainsi que le second volet (sorti cette année et réalisé par Joe et Anthony Russo). Nous retrouvons le schéma plutôt habituel du super-héros : Rogers, petit gringalet qui se prend méchamment des roustes, va devenir beaucoup plus fort, plus grand, plus beau suite à une expérience scientifique. Bref, il pourra botter des culs sous le nom de « Captain America ». Chris Evans est vraiment excellent dans le rôle titre. Le fait que le personnage soit patriotique aurait pu gâcher le film, pourtant grâce au charisme de l’acteur, cela passe comme une lettre à la poste. Son côté naïf le rend touchant, attachant et humain. Evans est également secondé par des acteurs tous convaincants. Ainsi, Tommy Lee Jones m’a pas mal fait rire tandis que Hayley Atwell dans le rôle de Peggy Carter apporte une touche de féminité mais sans être niaise et potiche. On retrouve également Hugo Weaving, très à dans le rôle du méchant, Stanley Tucci en scientifique allemand, Domininc Cooper en Howard Stark (le papa d’Iron Man) ou encore Sebastian Stan qui incarne Bucky Barnes, le sympathique meilleur ami de Rogers pour ne citer qu’eux.

Captain America : First Avenger : photo Hayley Atwell, Joe Johnston

Noé

réalisé par Darren Aronofsky

avec Russell Crowe, Jennifer Connelly, Emma Watson, Ray Winstone, Logan Lerman, Douglas Booth, Anthony Hopkins, Nick Nolte, Kevin Durand, Frank Langella, Marton Csokas…

titre original : Noah

Film fantastique, aventure américain. 2h18. 2014.

sortie française : 9 avril 2014

Noé

Russell Crowe est Noé, un homme promis à un destin exceptionnel alors qu’un déluge apocalyptique va détruire le monde. La fin du monde… n’est que le commencement.

Noé : Photo Russell Crowe

Ce dernier long-métrage de Darren Aronofsky a suscité la polémique auprès de plusieurs communautés religieuses (les catholiques, les protestants et les musulmans) car il est éloigné du texte originel. En réalité, il s’agit d’une version très personnelle du réalisateur. En effet, il adapte le comic-book dont il est le co-auteur avec Ari Handel. Pas rassurée par la bande-annonce, je redoutais un peu le résultat (tout en sachant que je ne suis pas tout le temps fan des films d’Aronofsky. Les premières minutes du film m’ont fait craindre le pire. Franchement, quand j’ai constaté que Noé et sa famille étaient devenus des vegans, j’ai failli éclater de rire sur le moment. Je précise que je n’ai absolument rien contre les vegans, j’ai même des amis qui le sont, mais pour moi la relecture de la Bible version écolo m’a parue un peu grotesque. Après, finalement, ce n’est que mon point de vue, mais je me suis aperçue qu’il fallait pratiquement prendre ce film au second voire troisième degré. Pour moi, c’est un film catastrophe plutôt divertissant, avec quelques scènes bien foutues,  correctement bien réalisé même s’il y a quelques longueurs. Maintenant, même si j’accepte la démarche d’Aronofsky de livrer sa propre vision (au moins, on ne pourra pas l’accuser de faire une propagande religieuse), il y a quand même des éléments scénaristiques que je ne comprends pas vraiment. Pour éviter tous malentendus, je précise que je ne suis pas à fond sur la Bible, sur la religion, je ne suis pas une Christine Boutin en puissance et Aronofsky ne brûlera pas en Enfer à cause de ce film. Je prends simplement la Bible comme un outil littéraire, j’en parle comme si on adaptait n’importe quel autre texte.

Noé : Photo Emma Watson

Comme on l’a dit, que Noé soit vegan est une chose. Mais j’ai du mal à comprendre pourquoi dans cette nouvelle version les enfants de Noé ont du mal à trouver des femmes. En effet, dans les grandes lignes de la Bible, on trouve sur l’Arche Noé, sa femme, ses trois enfants et également leurs épouses. Or, durant un bon moment, les enfants de Noé nous cassent les pieds parce qu’ils n’ont pas de femmes ou ne peuvent pas procréer. Changer des éléments du texte n’est en soi pas un problème, encore une fois je respecte le fait qu’Aronofsky ait une vision personnelle de cet épisode biblique et il faut en plus captiver le grand public. Sur papier, ce choix pouvait être audacieux, mais en réalité, sur grand écran, cela ne fonctionne pas réellement car les problèmes sexuels des gosses de Noé finissent sérieusement par agacer. Par exemple, il y a ce passage assez pathétique avec l’un des fils de Noé, interprété par Logan Lerman, dans lequel il rencontre une femme et au bout de cinq minutes, il la ramène et veut convaincre son père de la prendre dans l’Arche, en disant « c’est ma feeeeeemmmmmme » (et deux secondes après la pauvre fille se fait écrabouiller par la foule : oui, ça m’a fait rire !). Je n’ai pas non plus adhéré au gros délire autour des Veilleurs, sorte de monstres en pierre, qui m’ont rappelé des Transformers (peut-être que j’ai pensé à ça car j’avais vu la bande-annonce du nouveau Transformers avant la projection du film). De plus, sur le principe, ce film est assez personnel, mais sur grand écran, je ne trouve pas qu’on ressent suffisamment cet aspect. Le film est correct, sympa en tant que divertissement mais personnellement j’ai eu du mal à aller au-delà car pour moi, à cause de certains effets visuels, le film devient impersonnel et fade.

Noé : Photo Russell Crowe

En regardant le film, on pense évidemment au Seigneur des Anneaux. Le réalisateur n’a jamais caché cette référence. Encore une fois, je suis pour qu’on utilise des références car cela pour servir à créer son propre univers, même s’il s’agit de cinéma, tout est intertextualité. Cependant, il me semble qu’Aronofsky s’est peut-être un peu trop appuyé sur cette référence. Du coup, son « Noé » ressemble à un sous-Seigneur des Anneaux, mais il a du mal à trouver réellement sa propre personnalité. Le casting est également assez inégal. Dans l’ensemble, Russell Crowe et Ray Winstone sont plutôt convaincants en brutes, même s’ils commencent à s’auto-caricaturer. On a aussi Jennifer Connelly et Anthony Hopkins qui sont crédibles respectivement en femme et grand-père de Noé. Par contre, j’ai réellement eu du mal avec les acteurs qui interprètent les gosses de Noé. Emma Watson est pénible, elle ne fait que chialer et semble fixer la caméra comme si elle nous disait « Hermione, c’est fini, je sais jouer l’émotioooon », sauf qu’on le sait depuis un moment maintenant. J’ai trouvé Dooglas Booth assez insipide, juste là à montrer qu’il avait les cheveux propres et qu’il pouvait poser à moitié à poil dans un magazine. Quant à Logan Lerman, décidément, à part son interprétation dans Le Monde de Charlie, je ne l’aime pas. Je ne sais pas si ça vient de lui ou de ses rôles, (il ne joue que des emmerdeurs de première) mais il a le don de m’agacer profondément : quand je le vois, j’ai envie de le gifler. Pour conclure, je m’attendais à largement pire. Je n’ai pas aimé tous les choix artistiques adoptés par Darren Aronofsky mais Noé réussit tout de même à être un honnête divertissement.

Noé : Photo Jennifer Connelly, Russell Crowe