Solo : a Star Wars story

réalisé par Ron Howard

avec Alden Ehrenreich, Woody Harrelson, Emilia Clarke, Donald Glover, Thandie Newton, Phoebe Waller-Bridge, Paul Bettany, Warwick Davis…

Film fantastique, aventure américain. 2h15. 2018.

sortie française : 23 mai 2018

Embarquez à bord du Faucon Millenium et partez à l’aventure en compagnie du plus célèbre vaurien de la galaxie. Au cours de périlleuses aventures dans les bas-fonds d’un monde criminel, Han Solo va faire la connaissance de son imposant futur copilote Chewbacca et croiser la route du charmant escroc Lando Calrissian… Ce voyage initiatique révèlera la personnalité d’un des héros les plus marquants de la saga Star Wars.

Solo: A Star Wars Story : Photo Alden Ehrenreich, Joonas Suotamo

Star Wars est une saga qu’on ne présente plus. Pour ma part, en dehors de quelques épisodes (coucou les épisodes 1 et 2), j’apprécie toujours cette franchise (et je fais même partie des fans du dernier épisode). Cela dit, avec l’amour et le respect que j’ai pour cette saga importante, j’ai du mal à m’intéresser aux spin-off. Je n’ai d’ailleurs toujours pas regardé Rogue One (mais c’est désormais prévu – autant voir la saga complète même si j’ai du mal à inclure ses spin-off dedans). Parce que j’avais besoin de m’aérer l’esprit (big up à tous/toutes ceux/celles qui ont des échéances durant ces périodes stressantes alors qu’on préférerait se la couler douce à la plage), j’ai voulu donner une chance à ce Solo : a Star Wars story (présenté au passage à Cannes en hors compétition). J’étais pourtant au courant des circonstances du tournage : départ (enfin, plutôt renvoi) des réalisateurs Phil Lord et Chris Miller (21 & 22 Jump Street, La Grande Aventure Lego) avec un remplacement express de Ron Howard (le tournage étant à ce moment-là bien entamé), rumeurs autour d’Alden Ehrenreich qui aurait eu besoin d’un coach sur le tournage pour améliorer son interprétation… La critique n’a également pas été tendre avec ce film. Pour ma part, je voulais avant tout voir un film avant tout un minimum divertissant, ni plus ni moins. Hélas, mon expérience au cinéma ne m’aide pas à être gentille avec ce spin-off. En fait, j’ai failli m’endormir à plusieurs reprises (je ne sais pas comment j’ai fait pour lutter) : est-ce l’histoire en elle-même qui ne m’a pas particulièrement intéressée ? Le flou des images sur certaines scènes (liées à la conversion express pour les séances en 3D?) ? Je dirais certainement les deux. Je suis sûre d’une chose : je me suis énormément ennuyée devant ce qui prétend être un divertissement, les quelques scènes d’action n’étant pas dingues. Ne pas répondre un minimum à ce critère principal par rapport à ce type de production me semble très problématique. Hélas, le film ne se limite pas à cette unique problème. Dans l’ensemble, il a confirmé mes doutes: quel est l’intérêt de démystifier ce personnage emblématique ? Surtout pour donner des réponses sur lui aussi stupides (on en reparle de la scène où on apprend les origines de son nom ? De sa rencontre avec Chewbacca ?). Je commence à en avoir ras-la-casquette cette manie de vouloir tout dire alors qu’il y a la possibilité d’étendre et de raconter d’autres histoires. Justement, ce qui fait le charme de Han Solo à l’origine, est le mystère qui l’entoure, jouant encore plus sur la frontière entre le héros et l’anti-héros.

Solo: A Star Wars Story : Photo Donald Glover

Et quel est l’intérêt de nous présenter cette romance avec une femme Qi’ra (tiens, encore une brune ? C’est quoi cette obsession de cette couleur de cheveux pour les jeunes personnages féminins aux visages similaires au passage ?) alors que nous savons déjà que Solo finira avec une autre femme. Plus globalement, le scénario tente de combler des vides en tentant vaguement d’établir une connexion avec l’épisode VIII : cette histoire de dés, surlignée lourdement tout le long du métrage, est non seulement pénible mais en plus, elle n’apporte rien sur le personnage de Solo. Mais elle résume finalement bien le problème général du scénario : vouloir à tout prix reprendre des éléments clés sur Han Solo et l’univers Star Wars mais sans réellement les agencer habilement, sans les impliquer véritablement dans un scénario solide. C’est juste un ensemble de bouts de fan-service réunis en guise de narration. Evidemment, avec ses problèmes de changement de réalisateur, même si Howard a certainement fait de son mieux face à la situation, la réalisation est impersonnelle. De plus, le film ne m’a pas spécialement emballée visuellement, je dirais même que je l’ai trouvé laid (et j’emploie très rarement cet adjectif pour les films). Après, malgré tout ce que je peux dire, je ne crie pas au scandale ou je ne dis pas non plus que j’ai vu le pire film de l’univers. J’ai juste trouvé l’ensemble raté et je n’y ai pas trouvé mon compte. Cela dit, le casting ne s’en sort pas si mal même si Emilia Clarke surjoue (comme souvent) tout comme je regrette de voir Woody Harrelson (pourtant plutôt convaincant) s’accrocher aux mêmes seconds rôles depuis quelques années. Certes, Alden Ehrenreich (je garde un bon souvenir de lui dans Ave, César ! des frères Coen) ne remplacera évidemment jamais le mythique Harrison Ford et je suis certaine que toute l’équipe du film en a parfaitement conscience. Il reprend évidemment quelques tics ou expressions (et j’imagine que cela doit expliquer l’éventuelle présence d’un coach sur le tournage – ce qui n’a alors rien de honteux). Mais le jeune acteur a le mérite de ne pas tomber dans le cabotinage ou la pure imitation. J’ai également bien apprécié l’interprétation de Donald Glover (ouais, beaucoup de hype autour de lui en ce moment), indéniablement charismatique. Lui non plus ne cherche pas à imiter Billy Dee Williams. Paul Bettany s’en sort également bien en méchant même si son personnage aurait pu être mieux développé. Bref, malgré cette fin un peu plus positive à la fin de mon billet, ce Solo reste tout de même une déception, prouvant une nouvelle fois le manque de créativité de Hollywood, préférant créer du vide plutôt que de créer du nouveau contenu (et son échec sera peut-être enfin un signal l’alarme).

Solo: A Star Wars Story : Photo Alden Ehrenreich, Thandie Newton, Woody Harrelson

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Star Wars, épisode VIII : Les Derniers Jedi

réalisé par Rian Johnson

avec Daisy Ridley, John Boyega, Oscar Isaac, Mark Hamill, Adam Driver, Carrie Fisher, Kelly Marie Tran, Andy Serkis, Benicio Del Toro, Laura Dern, Domhnall Gleeson, Gwendoline Christie, Lupita Nyong’o, Anthony Daniels, Jimmy Vee, Billie Lourd, Justin Theroux…

titre original : Star Wars: The Last Jedi

Aventure, action, science-fiction américain. 2h32. 2017.

sortie française : 13 décembre 2017

Les héros du Réveil de la force rejoignent les figures légendaires de la galaxie dans une aventure épique qui révèle des secrets ancestraux sur la Force et entraîne de surprenantes révélations sur le passé…

Star Wars - Les Derniers Jedi : Photo

Je vous le dis tout de suite : vous pouvez lire ma critique sans crainte, je ne vais pas m’amuser à vous spoiler. Ayant plutôt apprécié le précédent volet (Le Réveil de la Force) malgré quelques petites réserves (certaines étaient peut-être justifiées et d’autres non avec le recul : je m’en aperçois en relisant mon billet), et aimant globalement la saga Star Wars j’attendais énormément l’épisode VIII, Les Derniers Jedi. Depuis la renaissance de Star Wars à la fin des années 90/début des années 2000 (je précise vu que pour l’instant rien ne détrône la « vieille » trilogie), Les Derniers Jedi est mon épisode préféré (et je mets pas loin derrière La Revanche des Sith). Nous savons tous que cette nouvelle trilogie a été lancée pour des raisons commerciales (sinon je m’inquiète pour votre extrême naïveté). Pourtant je suis parvenue à déceler dans ce long-métrage un certain nombre de qualités, alliant à la fois l’esthétique, la technique et une certaine réflexion qui permet de faire naître de réelles émotions. Le but n’est évidement pas de chercher à tout justifier tous les points, de dire que le film est peut-être plus intelligent qu’il ne l’est : bref, je ne fais pas nécessairement partie des fans purs et durs qui le défendraient bec et ongles. Disons que les gros divertissements à gros budget ont tendance à m’agacer ou à me décevoir (quitte à passer pour une cinéphile chiante et compliquée), surtout ces derniers temps. Or, dans un premier temps, Les Derniers Jedi parvient déjà à remplir ses fonctions de gros divertissement. Le précédent volet remplissait déjà ses fonctions mais j’admets avoir parfois senti le temps passer alors qu’il ne dépassait pas les 2h10. Or, ce nouvel épisode, qui dure bien 2h30, est passé pour moi à la vitesse grand V ! Les Derniers Jedi a encore plus de mérite de ce côté-là vu ce qu’il raconte. C’est là où interviennent les fameuses mauvaises critiques justement. Et là aussi où rejoint mon deuxième bon point. Certains reprochent au scénario de ne présenter que des personnages en situation d’échec. Mais justement, c’est selon moi un sacré défi de parler d’échec tout en faisant évoluer les personnages ou du moins les faire confronter à leurs émotions, leurs qualités et leurs défauts. Je ne pense vraiment pas que les échecs des différents personnages sont vains et je suis persuadée qu’ils serviront aussi dans le prochain épisode. Autre bon point : tandis que l’épisode VII faisait trop écho à l’épisode IV, Les Nouveaux Jedi a moins ce côté faussement « copier-coller » avec le V. On sent au pire une inspiration mais cela ne va pas au-delà.

Star Wars - Les Derniers Jedi : Photo Daisy Ridley

Même si cela ne va pas changer mon avis global (que plus que positif), le seul vrai point où je suis éventuellement en adéquation avec les détracteurs concerne le duo Finn-Rose (cette dernière étant assez pénible et la manière dont se forme leur « couple » est un chouïa niaise). Mais il n’y a rien non plus d’alertant ou de honteux, surtout que le montage ne s’attarde pas non plus puisqu’il alterne plusieurs axes ! Star Wars sans son visuel extrêmement riche et ses effets spéciaux de folie (et aussi sans son imposante bande-originale) ne serait pas Star Wars. Certes, les incrustations de certaines créatures ne se fondent pas toujours bien dans les magnifiques décors mais ce sont des détails qui ne m’ont pas non plus gênée mon visionnage. Rian Johnson (Looper, Brick) parvient pourtant à nous surprendre par de formidables trouvailles visuelles. Comment ne pas penser à cette scène de dédoublement ? A cette prédominance de rouge sur certains scènes de combat ou de bataille ? Plus globalement, les scènes de combat (notamment la première : le film démarre directement !) sont toutes très réussies, folles mais lisibles. Face à un film aussi énorme et commercial, Johnson a le mérite de mettre sa patte, même si cela fait parfois grincer des dents. Enfin, le casting mêlant à la fois les anciennes figures de la saga et la nouvelle génération se défend plus que bien. La présence de Carrie Fisher a évidemment quelque chose de très émouvant quand on sait qu’on ne la verra pas dans l’épisode IX (et je me demande toujours comment J.J. Abrams va gérer ce problème). C’est encore plus chou de la voir jouer le temps de quelques scènes avec sa fille Billie Lourd. Mark Hamill m’a également agréablement surprise : il casse la baraque. Son interprétation est juste (certainement la plus belle composition de sa carrière) et son rôle captivant. Côté nouvelle génération, Oscar Isaac m’a également agréablement surprise. S’il était déjà remarquable dans le précédent volet, il l’est encore plus ici (son rôle prenant plus d’importance, son charisme aussi). Quant à Adam Driver, il confirme bien tout le bien que je pense de lui depuis plusieurs années. Certes, j’étais un poil sceptique sur son rôle dans Le Réveil de la Force (même si, comme je le disais dans l’intro, mon jugement était peut-être hâtif), je suis bien plus convaincue ici. Sans exagérer, il a tout d’un très grand acteur. J’ai l’impression que ces Derniers Jedi est l’épisode le plus détesté de la saga. Je suis certaine que cet épisode, interrogeant avec une certaine pertinence sur l’échec, l’héroïsme et les désillusions, sera réévalué dans un futur proche.

 

Star Wars - Les Derniers Jedi : Photo Adam Driver

Raid Dingue

réalisé par Dany Boon

avec Alice Pol, Dany Boon, Michel Blanc, Yvan Attal, Sabine Azéma, Patrick Mille, François Levantal, Anne Marivin, Florent Peyre, Alain Doutey, François Vincentelli, Akim Omiri…

Comédie française. 1h45. 2016.

sortie française : 1 février 2017

Johanna Pasquali est une fliquette pas comme les autres. Distraite, rêveuse et maladroite, elle est d’un point de vue purement policier sympathique mais totalement nulle. Dotée pourtant de réelles compétences, sa maladresse fait d’elle une menace pour les criminels, le grand public et ses collègues.
Assignée à des missions aussi dangereuses que des voitures mal garées ou des vols à l’étalage, elle s’entraîne sans relâche pendant son temps libre pour réaliser son rêve : être la première femme à intégrer le groupe d’élite du RAID.
Acceptée au centre de formation du RAID pour des raisons obscures et politiques, elle se retrouve alors dans les pattes de l’agent Eugène Froissard (dit Poissard), le plus misogyne des agents du RAID. Ce duo improbable se voit chargé d’arrêter le redoutable Gang des Léopards, responsable de gros braquages dans les rues de la capitale.
Mais avant de pouvoir les arrêter, il faudrait déjà qu »ils parviennent à travailler en binôme sans s’entretuer au cours des entraînements ou des missions de terrain plus rocambolesques les unes que les autres.

RAID Dingue : Photo Alice Pol, Dany Boon

Je ne m’en suis jamais cachée : à l’origine, je ne suis pas une anti-Dany Boon (parce que j’ai l’impression que ça fait bien rager contre lui, du genre t’es un cinéphile plus légitime). Cela dit, il faut admettre que ses derniers films sont très décevants. Hélas, Raid Dingue s’inscrit dans cette même lignée. Certes, les scènes d’action sont étonnamment assez réussites. Je dois admettre que l’ensemble se laisse plutôt regarder (ce n’était pas le cas pour Supercondriaque en ce qui me concerne), c’est même plutôt bien rythmé, je ne me suis pas ennuyée. Mais je n’oublie pas qu’il s’agit à l’origine d’une comédie (on pourra toujours chipoter en précisant qu’il s’agit d’une comédie d’action) qui est donc censée nous faire marrer. J’ai parfois souri mais je ne peux pas dire que j’ai réellement ri (ou vraiment très peu). Dany Boon n’a jamais eu un humour fin mais là il est particulièrement trop lourd et caricatural. Au-delà de gags poussifs qui m’ont plus crispée qu’autre chose, je n’ai vraiment pas adhéré au scénario trop invraisemblable. On pourra toujours me dire qu’il ne s’agit que d’un film, j’ai besoin de croire un minimum à l’histoire qu’on me raconte. Or, cette histoire de fliquette maladroite, proche de l’incompétence, est complètement tirée par les cheveux. On a vraiment l’impression que ce manque de crédibilité est volontaire uniquement pour provoquer des gags. Pourtant, je suis persuadée qu’avec un meilleur scénario (cela sous-entend avec une histoire qui aurait tenu la route un minimum) il aurait pu être plus drôle. Le scénario est également raté dans le sens où la narration se perd dans différentes directions. En effet, une fois Johanna intégrée dans la formation, le scénario part dans tous les sens. En réalité, plusieurs pistes sont abordées mais Boon ne va pas au bout de ses propositions. Par exemple, se met en place une sorte de triangle amoureux entre Johanna, Eugène et Olivier Lopez (Florent Peyre) mais il n’est pas réellement exploité. Je pense aussi au psy du Raid, incarnée par Anne Marivin, juste là pour passer un coucou aux fans de Bienvenue chez les Ch’tis et non pour pour réellement servir le récit (honnêtement, la manière dont est introduit son personnage me faisait penser qu’il y avait un lien plus profond entre elle et Eugène). Même l’histoire avec les braqueurs n’est pas assez forte, on n’a jamais l’impression qu’elle sert de « fil rouge » ou quelque chose dans ce genre-là. Je n’ose même pas m’aventurer sur la scène avec la gay pride (et du repas qui suit), terriblement ringarde, inutile voire même à la limite de l’homophobie (je ne suis pourtant pas du genre à faire ce type d’accusation pour tout et n’importe quoi mais là ça m’a vraiment gênée).

RAID Dingue : Photo Alice Pol, Dany Boon

Bref, on a l’impression que les idées et les scènes s’enchaînent parfois sans réel lien entre elles, le film a alors un aspect assez bordélique qui a tendance à déranger. Raid Dingue veut évidemment rendre hommage à la police qui prend des risques pour la population. Je suis sûre que la démarche de Dany Boon est sincère et mine de rien, cette bonne intention fonctionne un minimum (même si les bonnes intentions ne transforment pas les films en chef-d’oeuvre, ça se saurait !) sur l’ensemble du film. En revanche, je suis bien plus sceptique lorsque l’acteur-réalisateur veut mettre en avant des femmes courageuses qui agissent pour le bien de leur pays et n’ont rien à envier aux hommes, il y a quelque chose de maladroit dans son discours. Je ne sais pas si on pouvait parler à l’origine de direction féministe dans le scénario mais en tout cas je ne trouve pas que Raid Dingue valorise si bien que ça les femmes, on a presque l’impression par moments qu’il raconte le contraire de ce qu’il veut réellement traiter ! Après tout, Johanna ne réussit que par son père qui est ministre et par un concours de circonstances. En parlant du père ministre, on voit qu’il y a certainement une sorte de critique des abus de pouvoir et du piston mais elle n’est pas suffisamment creusée. Pour terminer cette chronique, parlons maintenant du casting. Je suis partagée sur l’interprétation d’Alice Pol, une actrice qui ne me déplaît pas, loin de là. Même dans le très mauvais Supercondriaque, je trouve qu’elle a effectivement du potentiel. Elle dégage de la sympathie et est même plutôt pétillante. Je comprends en tout cas pourquoi Dany Boon a décidé de lui donner le premier rôle. Cela dit, elle ne peut pas livrer totalement une bonne performance : son personnage étant trop surécrit à l’image des gags, l’actrice finit par en faire des caisses. En revanche, sans dire qu’il est fabuleux, Dany Boon fait du Dany Boon : il ne surprend pas mais en faisant ce qu’il sait faire, il assure un minimum. A mon avis, ce sont surtout François Levantal et Michel Blanc, présents dans des seconds rôles, qui s’en sortent le mieux. En revanche, j’ai trouvé Sabine Azéma complètement à côté de la plaque (pourtant je l’aime bien d’habitude) et surtout Yvan Attal est juste insupportable (mais qu’est-ce qu’il joue mal !). Je regrette aussi de voir certains acteurs complètement sous-exploités, juste là parce qu’ils sont probablement potes avec Boon. Bref, pour ma part, rien de bien dingue dans cette énième comédie française ratée et surtout lourdingue…

RAID Dingue : Photo Alice Pol, François Levantal, Michel Blanc

Les Flingueuses

réalisé par Paul Feig

avec Sandra Bullock, Melissa McCarthy, Demian Bichir, Marlon Wayans, Thomas F. Wilson, Michael Rapaport, Jane Curtin, Ben Falcone…

titre original : The Heat

Comédie policière américaine. 1h57. 2013.

sortie française : 21 août 2013

Movie Challenge 2016 : Un film qui m’a fait pleurer de rire

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D’un côté il y a l’agent spécial du FBI, Sarah Ashburn, une enquêtrice rigoureuse et méthodique dont la réputation la précède tant pour son excellence que son arrogance démesurée. De l’autre l’agent de police de Boston, Shannon Mullins, reconnue pour son fort tempérament et son vocabulaire fleuri. L’une comme l’autre, n’ont jamais eu de partenaire dans le travail… ni vraiment d’amis.
Ainsi, lorsque ces deux représentantes de la loi radicalement opposées sont obligées de faire équipe pour arrêter un baron de la drogue sans pitié, elles se retrouvent à devoir lutter non seulement contre un puissant syndicat du crime, mais aussi et surtout contre l’envie de s’entretuer.

Les Flingueuses : Photo Melissa McCarthy, Sandra Bullock

J’ai vu Les Flingueuses il y a un bon mois lors de son passage sur W9 (non, il n’y a pas que les Ch’tis à Mykonos sur cette chaîne) mais je dois avouer que je n’assumais pas totalement d’avoir bien aimé ce film vu ses notes moyennes sur Allocine et Imdb (j’espère que vous n’allez pas me lyncher, heiiin). Mais j’avais envie de le chroniquer dans le cadre du Movie Challenge. C’est un fait (en ce qui me concerne) : ce film m’a littéralement fait pleurer de rire. Pourtant, même si j’aime bien jusqu’à présent les films de Paul Feig (aurais-je ce même avis en regardant le prochain Ghostbusters ?), je ne m’attendais pas à grand-chose. Au pire, j’espérais juste passer un petit moment sans prétention. Non seulement j’ai été servie en terme de divertissement mais en plus j’ai trouvé qu’il s’agissait d’une vraie bonne comédie. Certes, il ne s’agit pas d’une comédie révolutionnaire. C’est avant tout une nouvelle relecture du buddy-movie avec un duo de femmes – chose assez rare dans ce genre cinématographique (et il est certain que les mentalités à Hollywood doivent changer même si on prend le risque de mettre des femmes pour en mettre). Et ça fait mine de rien du bien. Des pas comme ça, même s’ils paraissent minimes, restent nécessaires. Le duo est formé par Sandra Bullock et Melissa McCarthy. D’un côté, Bullock incarne un agent du FBI psychorigide, de l’autre côté, McCarthy une flic locale décontractée au langage fleuri. Evidemment, alors que tout les oppose, les deux femmes vont se rapprocher et former une équipe soudée. Logique et prévisible. Mais ce n’est tellement pas dérangeant car ce duo fonctionne réellement bien à l’écran. C’est vrai que le film met vraiment en avant le talent comique évident de Melissa McCarthy. Si on n’est pas fan de cette actrice, à mon avis, vous n’aimerez pas ce film. En revanche, pour les autres ça sera un bonheur de la voir autant s’exprimer ! Il faut dire qu’elle aurait pas mal improvisé (même si le réalisateur assure que cela n’aurait pas pris le dessus sur le script), notamment lors de la scène (hilarante) dans laquelle elle se lâche avec le monologue « Quelqu’un a-t-il vu les couilles du commissaire ? ». Cette information ne m’a pas vraiment étonnée, on sent cette part d’impro. L’impro peut être quelque chose de très risquée car certains acteurs transforment cet exercice en show à part entière au point de bouffer le film. Ca peut être aussi le moyen de combler des lacunes possibles à un film.

Les Flingueuses : Photo Melissa McCarthy, Sandra Bullock

Certes, il ne s’agit pas du film du siècle et c’est clair qu’en sortant du film on pense à la performance imposante (qui plaira ou non) de McCarthy. Mais je crois que son interprétation permet plus de faire ressortir les qualités générales du film, dans un sens, elle le bonifie. Encore une fois, je ne dis pas qu’il y a un scénario de fou derrière et on pourra même dire qu’il y a un côté déjà vu (si on devait émettre une éventuelle remarque), je ne suis pas en train d’idéaliser le film, loin de là. L’intrigue est d’ailleurs assez banale, reconnaissons-le. Mais les répliques bien senties et les situations dingues qui s’enchaînent sont déjà drôles en elles-mêmes. Un film mal écrit n’aurait pas pu être drôle même avec la géniale McCarthy (oui, je l’admire de plus en plus). Il y avait quand même un bon travail déjà fait, sans ça, rien n’aurait pu fonctionner. Surtout, même si l’interprétation de Melissa McCarthy est remarquable, elle ne tombe pas non plus totalement dans un one-man show. Sa partenaire parvient à exister malgré tout avec un rôle certainement moins exubérant. Sans dire qu’il s’agit d’une grande actrice, j’ai toujours bien aimé Sandra Bullock dans les comédies dans lesquelles elle est en mode bad ass (même si au début elle paraît coincée). Ce rôle lui convient donc à merveille car en plus elle sait faire évoluer son personnage, en tout cas elle est également crédible. Mais encore une fois, j’insiste surtout sur le bon fonctionnement du duo. Les deux interprétations sont complémentaires malgré l’apparente opposition et on sent une réelle complicité entre les deux actrices. Les Flingueuses n’est donc pas la comédie du siècle mais elle vaut finalement mieux que son titre français peu engageant. Ce film a le mérite d’offrir un honnête et bon divertissement qui montre à quel point les femmes, notamment celles qui ne correspondent pas aux canons de beauté, sont capables d’avoir des couilles – même si je ne pense pas qu’il ait la prétention d’être féministe ou quoi que ce soit dans ce genre. Le reste suit : la mise en scène reste tout de même tout à fait correcte dans ce genre de production et le montage participe également au rythme effréné de ce film qui dure pratiquement deux bonnes heures et dans lequel pourtant on ne s’ennuie pas ni on se sent gavé par toute cette énergie. Mais il s’agit ici d’une bonne énergie qui parvient à être communicative. Ce film m’a en tout cas fait un bien fou et remplit pas si mal que ça ses objectifs.

Les Flingueuses : Photo Melissa McCarthy, Sandra Bullock

The Wrong Mans

Créée par James Corden et Mathew Baynton

avec Mathew Baynton, James Corden, Sarah Solemani, Tom Basden, Dawn French, Nick Moran, Emilia Fox, Benedict Wong, Dougray Scott…

Série comique britannique. 2 saisons. 2013-2014.

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Après avoir décroché un téléphone se trouvant sur les lieux d’un accident de voiture, deux employés de bureau trop gentils se retrouvent pris dans un dangereux complot criminel.

Photo Mathew Baynton

The Wrong Mans est une série encore assez méconnue en France, malgré la diffusion de la saison 1 il y a quelques mois sur Arte (qu’est-ce que j’aime cette chaîne !). Elle ne comporte que deux saisons : la première est constituée de six épisodes, la seconde en quatre, en sachant que chaque épisode dure pratiquement trente minutes. Je ne me suis jamais cachée que j’aimais les séries courtes car je suis persuadée qu’on peut privilégier plus facilement la qualité. Cette série m’a confirmé cette théorie. Le pari était pourtant difficile : je ne veux pas trop ne dire sur l’histoire étant donné que c’est très difficile d’en parler sans faire des spoilers. Ce que je peux dire, c’est que c’est une histoire qui aurait pu partir facilement dans tous les sens. Or, on est surpris de voir à quel point au contraire le scénario tient la route du début jusqu’à la fin en restant d’une rare cohérence. De plus, à la fin de la première saison, qui m’avait pourtant énormément plu, je me suis demandée comment les scénaristes pourraient rebondir et faire une deuxième saison à la hauteur. Pourtant cette saison 2 ne déçoit pas du tout : elle est dans le même esprit que la première saison tout en ayant su faire évoluer les personnages et l’histoire de manière crédible. The Wrong Mans, qui a été traduit en français par Mauvaise Pioche (qu’est-ce que c’est moche…), comporte une erreur volontaire dans le titre. Pourquoi ? Tout d’abord, pour relativiser : il s’agit avant tout d’une comédie. On comprend ce besoin de poser les points sur les « i » de cette façon : quand on lit le pitch de cette série et qu’on commence à regarder les dix premières minutes du premier épisode, on se demande si on n’a pas atterri dans une série d’espionnage ou d’action. C’est d’ailleurs très difficile à raconter l’histoire sans révéler une intrigue car une action en entraîne systématiquement une autre. Puis, quand on fait connaissance du duo Sam Pinkett / Phil Bourne (Mathew Baynton / James Corden), on comprend tout de suite qu’il s’agit d’un duo de boulets ordinaires qui vont se retrouver dans une situation littéralement extraordinaire et qui va les dépasser. Certes, encore une fois, grâce à ce duo, la série reprend les codes du buddy movies mais en accentuant et en assumant encore plus la dimension comique de l’histoire.

Photo James Corden, Mathew Baynton

Cette erreur volontaire met alors aussi en avant la loose constante de ces deux collègues de travail opposés (forcément, sinon c’est pas marrant). Ils ont beau commettre beaucoup d’erreurs (surtout Phil, il faut avouer qu’il est pas mal dans le genre), ils sont aussi attachants parce qu’ils arrivent malgré tout à réfléchir dans des conditions extrêmes et surtout agissent souvent pour les autres : sauver un inconnu à cause d’un hasardeux coup de fil ou encore se rapprocher d’une fiancée (pour Sam) ou d’une mère (pour Phil). On s’identifie à ces deux personnages par leur banalité : tout le monde aurait pu se retrouver dans la même situation qu’eux. Pourquoi se sont-ils retrouvés dans cette merde internationale ? Au départ, c’est finalement par gentillesse et bon sens, plus que par ego et envie de se faire bien voir et de passer pour des héros. Est-ce qu’il y aurait alors une observation sur notre société qui n’accepte plus ces qualités chez quelqu’un et que ces qualités en question se retourneraient contre eux ? Je pense effectivement que les créateurs de cette série ont observé ce fait et ont décidé de pousser cette idée jusqu’au bout, tout en ayant le mérite de ne pas signer une histoire poussive. On joue sans cesse avec l’absurde, l’exagération des faits tout en trouvant un réel équilibre dans le réalisme même des situations. Même les scènes d’action trouvent un ton très juste : on reprend vraiment tous les codes de ce genre, les scènes sont même spectaculaires mais juste ce qu’il en faut et surtout ça reste fun. Surtout, je me suis vraiment marrée et c’est vraiment le point fort de cette série (il faut dire que je suis une fan d’humour british). Les quiproquos nourrissent l’intrigue, les dialogues sont savoureux, Phil et Sam rappellent les meilleurs duos comiques que la télé et le cinéma ont connu. Beaucoup de scènes sont tout simplement hilarantes, exploitant bien l’absurdité des situations (on a vraiment l’impression que les personnages n’en sortiront jamais) et la réaction parfois culottée des personnages pour pouvoir s’en tirer.

Photo Dawn French, Emilia Fox, James Corden

Enfin, The Wrong Mans bénéficie d’une interprétation solide à commencer par Mathew Baynton et James Corden, qui sont également les créateurs de cette série délirante et à part. J’ai découvert Mathew Baynton dans cette série qui reste un inconnu chez nous. J’ai beaucoup aimé son interprétation. Son sérieux est ce qui m’a fait rire chez ce personnage et parvient à être expressif, mais sans en faire des tonnes, quand il est dépassé par les événements. Je ne sais pas vous, mais personnellement, je n’ai pas pu m’empêcher de le comparer à Ben Whishaw (c’est un compliment). Son partenaire, James Corden, commence à être de plus en plus connu chez nous. On a pu le voir dans Lesbian Vampire Killers (Phil Claydon), Les Trois Mousquetaires de Paul W. S. Anderson, New York Melody de John Carney ou encore plus récemment The Lady in the Van de Nicholas Hytner. Bref, c’est quelqu’un que nous voyons de plus en plus au cinéma (même si, comme vous le constatez, il n’a pas joué que dans des chefs-d’oeuvre…) à juste titre : ce gars a beaucoup de talent. Si vous ne l’avez pas encore vu dans des films ou des séries, peut-être que vous avez entendu parler de son Late Late Show dans lequel Adele, Justin Bieber, One Direction, Stevie Wonder, Mariah Carey ou plus récemment Jennifer Lopez chantent avec Corden dans sa voiture ! James Corden incarne alors le fameux ami lourdingue, le boulet de service, pas avantagé physiquement en plus selon les critères de notre société mais il est sincère, courageux et serviable. Ce personnage a beau avoir les critères du « lourd » mais ils ne gâchent pourtant ni la sympathie que nous avons assez rapidement pour ce personnage ni l’histoire en elle-même. Les acteurs secondaires sont également très bons. Pour ne citer que cette partie du casting, j’étais notamment contente de retrouver Dawn French dans le rôle de la mère de Phil ou encore Sarah Solemani s’en sort bien dans le rôle de la petite amie, elle n’a rien de la cruche de service.

Photo James Corden, Mathew Baynton

Spy

réalisé par Paul Feig

avec Melissa McCarthy, Jason Statham, Jude Law, Rose Byrne, Miranda Hart, Bobby Cannavale, Allison Janney, Morena Baccarin, Peter Serafinowicz…

Film d’action, comédie américain. 2h. 2015.

sortie française : 17 juin 2015

Spy

Susan Cooper est une modeste et discrète analyste au siège de la CIA. Héroïne méconnue, elle assiste à distance l’un des meilleurs espions de l’agence, Bradley Fine, dans ses missions les plus périlleuses. Lorsque Fine disparaît et que la couverture d’un autre agent est compromise, Susan se porte volontaire pour infiltrer le redoutable univers des marchands d’armes et tenter d’éviter une attaque nucléaire…

Spy : Photo Melissa McCarthy

En général, l’été, on aime bien regarder des films légers et sans trop de prise de tête. Ainsi, durant la dernière Fête du Cinéma, j’en ai profité pour découvrir la comédie d’action Spy, même si je gardais un mauvais souvenir d’un des précédents longs-métrages de Paul Feig, Mes Meilleures Amies (finalement, je l’ai revu après après avoir regardé Spy… et j’ai changé d’avis, comme quoi tout est possible !). Il n’y a évidemment rien de bien révolutionnaire. Mélanger le film d’espionnage avec la comédie a été fait un paquet de fois. Par ailleurs, quelques mois avant la sortie de Spy, les spectateurs ont pu découvrir un autre film mêlant ces deux genres : Kingsman. Je n’aime pas faire des généralités (ni faire trop de comparaisons même si c’est dur de ne pas penser à d’autres films dans la même veine) mais cela me semble évident que le long-métrage de Matthew Vaughn est quand même bien au-dessus de celui de Feig, il semble plus ambitieux et exigeant (tout en restant très fun). Dans Spy, la mise en scène et le scénario sont certes tout à fait corrects, surtout dans ce type de productions grand public mais il n’y a rien non plus de transcendant (même si je conçois que je ne suis pas allée voir ce film dans une optique réellement cinéphile mais disons tout de même les choses telles qu’elles sont). Cependant, en tant que gentil divertissement, Spy reste réussi même s’il ne s’agit pas non plus du film du siècle. L’ensemble est vraiment sympa, drôle, rythmé, efficace et surtout sans prétention. On ne s’ennuie pas face aux aventures de cette espionne de l’ombre qui finit par prendre les devants. On apprécie évidemment de voir Melissa McCarthy dans le rôle principal et pas uniquement parce qu’elle ne ressemble pas un mannequin (je reconnais que ça fait plaisir). Elle a clairement le charisme pour tenir un vrai premier rôle, mais aussi l’humour et l’énergie. Il faut voir toutes les répliques salaces qu’elle dégaine en peu de temps ! Ceci dit, il ne s’agit pas non plus d’une sorte de Melissa McCarthy show. Son personnage, très attachant, parvient à exister et surtout elle laisse place aussi aux rôles secondaires. Jason Statham fait partie des bonnes surprises de cette comédie d’action. Il est absolument exquis dans le rôle de cet agent secret macho et abruti comme cela ne semble pas possible ! Lui aussi à droit à un lot de répliques hilarantes. Statham est en tout cas très à l’aise et surprenant dans ce rôle qui lui va comme un gant.

Spy : Photo Jason Statham, Melissa McCarthy

Jude Law est évidemment parfait en agent secret ultra bright, élégant et qui fait tourner la tête des filles, même si on ne le voit pas beaucoup dans le film. Rose Byrne nous prouve décidément de film en film qu’elle est vraiment crédible dans les rôles de peste et là encore, elle est convaincante dans le rôle de la méchante. J’ai été également ravie de retrouver quelques bons acteurs britanniques, injustement méconnus en France. Par exemple, Miranda Hart (connue au Royaume-Uni pour son show Miranda ou plus récemment dans Call the Midwife), qui incarne la copine de Susan Cooper, ou encore Peter Serafinowicz (alias Howell, le rencard orgasmique à la voix grave dans Black Books, ou Duane, l’ennemi de Simon Pegg dans Spaced), qui interprète Aldo, l’italien évidemment ultra dragueur et lourd bien comme il le faut, apportent aussi beaucoup d’humour. Après, en ce qui concerne l’humour, je reconnais qu’il n’est pas toujours fin et encore une fois chez Paul Feig, on aime tout ce qui touche au vomi par exemple. C’est un humour qui peut rebuter quelques spectateurs et j’en fais parfois partie. Ceci dit, et encore une fois sans crier au génie, j’ai tout simplement trouvé le film drôle, « trash » (je mets quand même des guillemets car j’ai vu tout de même pire !) juste comme il le faut pour un spectateur pas forcément habitué à de l’humour un peu gras. Le film est très rythmé (alors qu’il dure deux bonnes heures), on ne s’ennuie pas, et je crois que ça aide aussi à ce type d’humour de rester plutôt accessible. Enfin, j’aimerais terminer ma critique sur le rôle des femmes dans ce film. Je trouve que c’est bien de voir un film tout de même grand public qui défend des valeurs finalement féministes (car quand on regarde bien, ce sont toujours les femmes qui agissent dans ce film). On a beau le savoir mais on ne répète pas suffisamment à quel point Hollywood est machiste et n’impose que des femmes qui sont tout simplement éloignées de la réalité. C’est bien de voir qu’on peut confier des rôles importants à des actrices (je pense ici à McCarthy, à Hart, même à Allison Janney malgré son petit rôle) qui ont à la fois beaucoup de talent, de charisme, d’humour sans répondre à de soi-disant critères de beauté attendus à un certain type de cinéma.

Spy : Photo Melissa McCarthy

 

Taken

réalisé par Pierre Morel

avec Liam Neeson, Maggie Grace, Famke Janssen, Xander Berkeley, Katie Cassidy, Olivier Rabourdin, Leland Orser, Jon Gries, David Warshofsky, Holly Valance, Camille Japy, Nicolas Giraud…

Film d’action français, américain. 1h25. 2008.

sortie française : 27 février 2008

interdit aux moins de 12 ans

Taken

Que peut-on imaginer de pire pour un père que d’assister impuissant à l’enlèvement de sa fille via un téléphone portable ? C’est le cauchemar vécu par Bryan, ancien agent des services secrets américains, qui n’a que quelques heures pour arracher Kim des mains d’un redoutable gang spécialisé dans la traite des femmes. Premier problème à résoudre : il est à Los Angeles, elle vient de se faire enlever à Paris.

Taken : Photo Liam Neeson, Pierre Morel

Alors que le troisième volet de Taken est sorti il y a quelques jours au cinéma, j’ai décidé de m’intéresser enfin à cette saga en commençant par le commencement (logique). Réalisé par un certain Pierre Morel (hum, je n’ai pas vu Banlieue 13 ni From Paris with Love, mais je ne pense pas rater grand chose…) et scénarisé par Luc Besson (hum magnifique association), ce premier Taken est une véritable catastrophe (et apparemment c’est le meilleur de la saga, je n’ose pas imaginer ce que peuvent donner ses suites). Je comprends que certains puissent apprécier ce film, je ne peux pas dire que je me suis ennuyée. Cependant, un peu comme dans Lucy, le film accumule tellement d’âneries (je ne sais pas si je vais pouvoir toutes les énumérer) que j’ai eu du mal à le prendre comme un simple divertissement sans prise de tête. Certes, comme le réclamaient probablement les spectateurs, les scènes d’action sont omniprésentes : ça explose et ça tire dans tous les sens. Si ça peut être efficace sur certains spectateurs (et tant mieux pour eux), je dois avouer que je suis restée hermétique face à cette violence inutile qui cache de nombreux défauts. Le plus gros défaut reste le scénario, il bousille à lui seul le film. Un scénario simple ne me dérange pas du moment qu’il reste correct et efficace. Mais là Besson a fait un travail de cochon. En fait, on a presque envie de se demander : « Mais quel scénario ? ». Le scénario se résume à un papa ancien agent de la CIA qui va botter le cul à des méchants Albanais qui ont kidnappé sa fifille. Le film aurait pu profiter pour sensibiliser les spectateurs à la traite, mais non il préfère être bourrin et accumuler des idées effrayantes : le monde entier va mal et est dangereux (vaut mieux rester chez toi), U2 c’est le mal aussi, les femmes sont faibles (Kim et Amanda sont kidnappées, la popstar a failli se faire agresser à la sortie d’un concert et l’ex-femme de Bryan ne fait que chialer), les étrangers sont filmés avec les pires clichés, on américanise même certains Français car les Américains sont les meilleurs (n’est-ce pas Peter le français ?) faut écouter son papounet forever. 

Taken : Photo Maggie Grace, Pierre Morel

Le scénario accumule également un grand nombre d’absurdités. Il n’y a qu’à voir la désormais célèbre scène dans laquelle Bryan dit à sa fille au téléphone, cachée sous le lit (quelle idée, franchement…), qu’elle va être kidnappée. Il lui dit les horreurs qu’elle risque de subir avec une froideur inimaginable. D’accord, Bryan est un ancien agent de la CIA mais il s’agit aussi d’un père. Il fait tout pour sa fille (en quelques jours, il a tué je ne sais plus combien de personnes pour elle) mais il est présenté comme une brute sans coeur ! D’ailleurs, on a l’impression que son ancien métier justifie à peu près tout. Certes, Bryan est sûrement sportif mais il a tout de même une bonne cinquantaine d’années, voire même soixante ans. Il fout des taquets dans la gueule de petits jeunots bien plus en forme que lui sans trop souffrir, ce n’est pas très crédible. Cela fait également de la peine de voir ce gars qui tape à peu près tout le monde juste pour sauver sa gamine insupportable (je ne dis pas que c’est chouette de la voir kidnappée mais bon, on a envie de lui filer deux claques). Oui, je dis bien une gamine. On se fiche pas mal de l’autre pétasse fille (la copine de Kim – cette inconsciente qui baise partout et ne se rend pas compte que Peter le français… AHAHAHA ça me fait rire pardon... bref que Peter le français est très très méchant) qui crève rapidement dans la plus grande indifférence (visiblement, même sa propre famille s’en cogne). Maggie Grace (qui joue toujours comme une patate), 25 ans incarne Kim, 17 ans (déjà il y a un souci – nous ne sommes plus à une connerie près), qui se comporte comme une gamine de 12 ans pourrie gâtée (vous suivez ?) : le cheval à son anniversaire (ça aurait été mieux un poney), coiffée et habillée comme une gosse (vous comprenez, elle est prude, le sexe, ça aussi c’est mal), elle court comme une dératée… (ooooh je suis méchante). Voir le brave Liam Neeson dans ce merdier est désolant…

Taken : Photo Maggie Grace, Pierre Morel

Hercule

réalisé par Brett Ratner

avec Dwayne Johnson, Rufus Sewell, Ian McShane, Ingrid Bolso Berdal, John Hurt, Peter Mullan, Joseph Fiennes, Rebecca Ferguson, Reece Ritchie, Aksel Hennie, Joe Anderson…

titre original : Hercules

Film d’action, péplum américain. 1h38. 2014.

sortie française : 27 août 2014

Hercule

Mi-homme mi-légende, Hercule prend la tête d’un groupe de mercenaires pour mettre un terme à la sanglante guerre civile qui sévit au royaume de Thrace et replacer le roi légitime sur le trône. Âme tourmentée depuis la naissance, Hercule a la force d’un dieu mais ressent aussi les peines et les souffrances d’un mortel.
Sa puissance légendaire sera mise à l’épreuve par des forces obscures.

Hercule : Photo Dwayne Johnson

Avec cette énième version d’Hercule, Hollywood nous prouve bien que l’imagination n’est pas son fort. Brett Ratner, le réalisateur des Rush Hour, de X-Men : l’Affrontement final ou encore de Dragon Rouge, adapte le roman graphique Hercules : The Thracian Wars, écrit par Steve Moore et dessiné par Admira Wijaya. Il ne faut pas s’attendre à revoir les Douze travaux ou même quelque chose qui a à voir avec la mythologie. Au contraire, le long-métrage démystifie la légende. Pour vous faire un petit résumé, il n’y a pas de créatures ni aucun autre élément fantastique : le film privilégie la théorie de l’imagination. Ainsi, on a crée le mythe pour faire peur en cas de guerre, les Centaures perçus très loin ne sont en fait que des hommes sur des chevaux ou encore le Cerbère, que voit Hercule, n’est dû qu’aux drogues et au traumatisme. Je comprends totalement la réaction des spectateurs qui voulaient sûrement revoir l’histoire qu’ils connaissaient déjà. Ce film ne m’inspirait pas (rien que l’affiche me faisait fuir) et ne faisait absolument pas partie de mon programme mais mes amies – comme vous l’avez compris, pas des cinéphiles – ont décidé de me faire subir ça. Je m’attendais à bien plus dégueulasse (on va dire que c’est à peu près divertissant) mais on ne peut pas non plus dire que le film est bon, ou même, sans être trop exigeante, juste correct.

Hercule : Photo Aksel Hennie

Je reconnais qu’il y a quelques scènes de bataille réussies, plutôt de bons effets spéciaux et des décors bien foutus. Je ne suis pas une grande fan d’Hercule, donc le fait de changer l’histoire ne me dérangeait pas forcément. Cependant, la bonne idée est principalement gâchée par un scénario paresseux et prévisible à trois mille kilomètres. Hercule a également du mal à se détacher des autres productions hollywoodiennes, c’est du vu et revu. En gros, on ne voit que de l’action et trois femmes à poil juste pour faire plaisir aux messieurs dans la salle (j’en suis témoin : certains ont gloussé). En effet, voir Irina Shayk (si, elle aussi a décidé de polluer le cinéma) à poil ne sert strictement à rien et Ingrid Bolso Berdal n’est également pas trop habillée (même si elle n’est pas nue non plus mais cela va encore en exciter quelques uns). Décidément, Hollywood est toujours aussi misogyne. Enfin, à part Ian McShane, qui m’a fait sourire (en gros, il est persuadé de mourir, sauf que non), la distribution n’est pas terrible, surtout Dwayne Johnson. Certes, le bonhomme a le physique idéal pour incarner Hercule. Cependant, Johnson n’est pas un bon acteur. Je dirais même plus : ce n’est pas vraiment un acteur. Il ne dégage absolument rien, il garde la même monoexpression tout le long. Je pense qu’une chauve-souris morte est plus expressive que lui. Je me suis également demandée ce que foutaient Peter Mullan et John Hurt qui sont plus à plaindre à qu’autre chose.

Hercule : Photo Irina Shayk

Lucy

réalisé par Luc Besson

avec Scarlett Johansson, Morgan Freeman, Choi Min-Sik, Amr Waked, Analeigh Tipton, Frédéric Chau…

Film d’action, science-fiction français. 1h30. 2014.

sortie française : 6 août 2014

Lucy

A la suite de circonstances indépendantes de sa volonté, une jeune étudiante voit ses capacités intellectuelles se développer à l’infini. Elle « colonise » son cerveau, et acquiert des pouvoirs illimités.

Lucy : Photo Scarlett Johansson

A l’heure actuelle, Lucy a dépassé les 4,5 millions de spectateurs en France et cartonne également à l’étranger. Histoire de briller en société et de me vider l’esprit avant la rentrée, j’ai fini par aller voir le dernier Besson même si je craignais le pire rien qu’en voyant la bande-annonce. Je comprends les critiques qui défendent un peu ce film, en disant qu’il est divertissant. Certes, je ne me suis pas ennuyée. Mais on reste en réalité scotché face à tant de bêtises et de délires. Je pourrais résumer Lucy en deux mots : débile et prétentieux. Le deuxième mot est particulièrement important. En effet, Besson veut tenter d’allier un cinéma intellectuel avec le cinéma d’action. Sur le papier, pourquoi pas, sauf que Besson se prend tout de même pour Kubrick et Malick, oui rien que ça. Forcément, j’ai eu du mal à prendre ce film comme un simple divertissement puisque Besson se prend vraiment trop au sérieux. Etre ambitieux est une bonne chose mais il faut encore bien accomplir le travail derrière. Il faut constater le carnage : insertions foireuses d’animaux comme si on regardait un doc de National Geographic, les commentaires de Morgan Freeman derrière très lourds sur les dauphins, l’immortalité et la reproduction (blablabla), scènes à se péter de rire involontairement jusqu’à en pleurer et en avoir mal au ventre (grand moment de rigolade lorsque la drogue se propage dans le corps de Lucy, qui saute ainsi dans tous les sens, pareil en ce qui concerne la scène dans l’avion), dialogues peu crédibles (ainsi, lorsque Lucy dit à sa mère qu’elle ressent tout et qu’elle se souvient des sensations lorsqu’elle n’était qu’un foetus, sa mère poursuit « oui très bien ma chérie, très contente que tu m’appelles », normal) ou encore la rencontre entre les deux Lucy (rien que ça).

Lucy : Photo Scarlett Johansson

Le montage, qui introduit alors les fameuses scènes qui rappellent un peu trop les films de Kubrick ou Malick, semble surtout être un moyen de cacher un scénario terriblement pauvre, voire même inexistant. Besson reprend également ses bonnes vieilles habitudes sans aucune surprise (scènes de poursuite en voiture, des méchants asiatiques) en tentant de cacher ce vide scénaristique. Ce scénario ne se penche pas plus que ça sur cette Lucy. Finalement, on ne sait rien d’elle. Malgré les quelques répliques du style « je prends une douche, j’ai examen demain » et la colocataire (forcément à moitié à poil), j’ai eu du mal à imaginer l’imaginer étudiante (j’imagine que ce statut permet de faire un nouveau lien avec le thème de la connaissance). Or, Lucy ne reste que pour moi une blondasse habillée vulgairement (et vas-y le haut léopard, la petite robe rouge, ou encore je mets un soutif noir avec un haut blanc histoire qu’on voit bien mes nichons) qui a d’un coup des pouvoirs improbables et qui débarque en mode connasse qui pète la gueule (hop un ou deux guns, je te fracasse la gueule). Pire, elle demande sans cesse de l’aide aux autres sauf qu’on va vite s’apercevoir que les seconds rôles ne servent à rien. Les réflexions de Besson restent également foireuses. Encore une fois, sur le papier, le sujet était intéressant mais Besson ne le maîtrise pas, confondant beaucoup de notions, comme l’intelligence, la connaissance, les capacités et ne prend surtout jamais en compte celles d’inné / acquis. Du coup, les actes de Lucy paraissent trop improbables pour qu’on croit à l’histoire et au personnage principal. Enfin, je n’ai pas non plus aimé le casting. Il faut être réaliste deux secondes : Besson a probablement plus choisi Scarlett Johansson pour son physique et ses petites tenues que pour son talent. Certes, je ne demandais pas forcément une performance à Oscars, on est bien d’accord, mais là j’ai trouvé Johansson vraiment très mauvaise. Je n’ai pas non plus aimé Choi Min-Sik, que j’aime pourtant beaucoup, mais qui semble ici se caricaturer. Quant à Morgan Freeman (que j’aime bien également), il n’est pas forcément mauvais, mais depuis un certain temps, il joue toujours la même chose (en gros le gars qui apparaît quelques minutes et balance trois phrases bien toutes faites, en utilisant sa voix de vieux sage).

Lucy : Photo Scarlett Johansson