[Dvdtrafic] Dirty Dancing : le 30e anniversaire d’un film culte

réalisé par Emile Ardolino

avec Jennifer Grey, Patrick Swayze, Jerry Orbach…

En Dvd et Edition limitée DVD + Blu-Ray. Nouveau master pour le 30e anniversaire, depuis le 20 novembre 2018 (ESC Editions).

Quelques liens pour aller consulter le site et la page Facebook de ESC Editions.

Selon Cinetrafic, qui organise cette nouvelle opération de « Dvdtrafic », Dirty Dancing fait partie des films à avoir vu au moins une fois. Logique vu que certains le classent parmi leurs films préférés.

Synopsis : Dans les années 60, Frances (Frédérique en VF), surnommée Baby (ou Bébé), passe des vacances familiales dans la région des montagnes Catskill dans l’Etat de New York. Elle va alors apprendre la « dirty dancing » avec Johnny, issu d’un milieu social plus modeste.

Dirty Dancing s’ouvre sur Be My Baby des Ronettes, cette même chanson entêtante déjà utilisée par Martin Scorsese pour son Mean Streets. La comédie romantique musicale d’Emile Ardolino n’a évidemment rien à voir avec l’un des maîtres du cinéma. Dirty Dancing n’a par ailleurs rien d’un chef-d’oeuvre. Par contre, il s’agit indéniablement d’un film culte qui fête aujourd’hui son 30e anniversaire. J’avais envie de revoir ce film que je n’étais pas parvenue à apprécier à sa juste valeur quelques années auparavant. Je pense toujours qu’il s’agit d’un film plutôt moyen : la proposition cinématographique en elle-même n’est pas très ambitieuse à l’image de son esthétique étonnamment déprimante. Il n’y a pas non plus des tonnes de rebondissements dans le scénario. En revanche, ce nouveau visionnage m’a permis de comprendre davantage tout le bien qu’on pouvait penser de Dirty Dancing, qui explique certainement pourquoi ce film a su traverser trois décennies, en séduisant désormais une nouvelle génération. Selon moi, le culte autour de ce film repose autour de son personnage féminin, Baby/Frances, traité avec une remarquable efficacité.

 

Splendor Films

 

Revenons alors à ce Be My Baby entêtant, titre phare des années 60, période à laquelle se déroule justement Dirty Dancing. Baby est l’héroïne du film et sera aussi plus tard la « baby » de Johnny, ce beau gosse issu d’un milieu modeste. Elle n’aurait jamais imaginé pouvoir tomber dans ses bras, ni devenir une femme désirable, ni tout simplement être une femme. Je m’attarde beaucoup sur l’héroïne car c’est certainement en partie grâce à elle que ce Dirty Dancing continue de séduire. Il ne s’agit pas que d’une simple histoire de danse, c’est aussi et surtout l’histoire d’une métamorphose (qui se produit via la danse), du passage de l’enfance vers l’âge adulte. Dirty Dancing n’est pas toujours cité dans les films sur l’adolescence alors que nombreux adolescents (et surtout adolescentes) se sont identifié(e)s au personnage de Baby. La jeune fille, probablement mal dans sa peau, ne correspond pas aux critères de beauté imposés par la société et les médias. Elle n’a surtout rien d’une adulte, comme on aime bien le lui rappeler (quitte à la jeter comme une vieille chaussette). Mais Baby a des atouts moraux : elle est idéaliste, profondément gentille, altruiste.

Au début du long-métrage, Baby danse comme tonton Michou après un trop long apéro : on se demande alors comment elle va parvenir à devenir une danseuse sensuelle, qui sait désormais être au coeur du désir. Même si tout est suggéré, le film, a priori tout mignon, tourne énormément autour du sexe. En effet, Penny, la partenaire de Johnny, tombe enceinte et veut se faire avorter. Baby prend hasardeusement sa place ce qui va la conduire à mieux danser et surtout se métamorphoser. Plus tard dans le film, une fois l’avortement réalisé, Baby s’affirme et fait littéralement le premier pas : tout en prenant l’initiative de la danse, elle avoue enfin ses sentiments à Johnny. La scène en question, portée par la chanson « Cry to me » de Solomon Burke, suggère alors habilement la première relation sexuelle entre Baby et Johnny (on y verrait même un orgasme dans la chorégraphie). Il s’agit alors d’un moment doux et charnel pour notre héroïne qui devient une adulte prenant confiance en elle. Juste après cette scène justement, c’est là où l’on apprend enfin le véritable prénom de l’héroïne, Frances, « un prénom d’adulte » comme le constate Johnny. A la fin du film, lors de la dernière danse, Johnny l’appelle sur scène Frances : ce choix n’est pas anodin étant donné qu’elle prend son envol, à l’image de sa chorégraphie cultissime.

 

 

Non, Dirty Dancing n’a certainement pas prétendu révolutionner le cinéma, il y a des films musicaux bien plus impressionnants en terme de mise en scène ou qui propose des chorégraphies bien plus impressionnantes. Cela dit, nous nous souvenons tous de Baby qui parvient enfin à réaliser parfaitement son porté sur Time of my life. Quelle scène culte, tant reprise, détournée ou parodiée. Il faut dire que ce porté représente symboliquement la fin de la métamorphose de Baby/Frances. Il existe un certain nombre de films (qu’ils apparaissent avant ou après Dirty Dancing) qui utilise un schéma narratif similaire : une fille « moche » et mal dans sa peau se transforme en une « belle » femme affirmée après être tombée dans les bras d’un homme sexy et désirable. Il faut alors préciser plusieurs choses afin d’éviter tout malentendu : s’il ne s’agit pas d’un pur film musical à proprement parler, la danse est ce qui permet à Baby de prendre conscience de son corps, de mieux se l’approprier. La danse devient alors un outil de prise de confiance en elle qui va lui permettre de prendre des initiatives, dont celle d’avouer à Johnny ses sentiments puis d’assumer cette relation avec cet homme qui ne correspond pas aux attentes de son père médecin.

Autre point intéressant dans cette scène finale : la tenue de Baby/Frances. Elle porte une simple robe blanche épurée. Pas besoin d’en faire des tonnes pour montrer sa métamorphose finale. S’il y a bien un changement physique visible, il ne s’avère pas non plus mirobolant ou extrême. L’héroïne est certes désormais loin de ses tenues et d’une attitude relativement enfantines mais il n’y a pas non plus chez elle un changement extrême, notamment physique. Elle reste toujours la Baby qu’on connait depuis le début du long-métrage. Elle ne se transforme pas non plus en bombe atomique du siècle. Par ailleurs, juste avant la scène finale, sa soeur lui propose de se maquiller avant de se rétracter.

Le traitement de Baby, certes simple mais suffisamment efficace pour le public visé, ne rend certainement pas Dirty Dancing meilleur qu’il ne l’est à mes yeux. En revanche, il a probablement permis aux spectateurs(trices) de s’identifier à ce personnage attachant qui se retrouve quasiment dans une sorte de récit d’apprentissage musical. C’est en partie grâce à ce traitement que le film a pu s’inscrire dans le temps. Jennifer Grey a trouvé le rôle de sa carrière : celui d’une jeune fille qui apprend à grandir à l’instar des pas qu’elle retient.

 

Dirty Dancing : Photo Jennifer Grey, Patrick Swayze

 

Suppléments DVD

• Génération Dirty Dancing (30′, totalement inédit)

• Joyeux 30e anniversaire Dirty Dancing (29′, exclusif au support physique)

• Entretien exclusif avec Patrick Swayze (13′, exclusif au support physique)

• Entretien avec l’actrice Jennifer Grey (11′)

• Commentaire audio de la scénariste et coproductrice Eleanor Bergstein

 

Suppléments combo 

• Génération Dirty Dancing (30′, totalement inédit)

• Joyeux 30e anniversaire Dirty Dancing (29′, exclusif au support physique)

• Pension Kellerman : redécouvrez les décors du film (12′, exclusif au support physique)

• Entretiens avec l’équipe du film (71′, reprise précédente édition, exclusif au support physique)

• Karaoké chansons cultes : Hungry EyesShe’s Like the Wind(I’ve Had) the Time of my Lif (totalement inédit)

• Cours de danse de Dirty Dancing (17′, exclusif au support physique)

• Quizz Dirty Dancing : phrases cultes (totalement inédit)

• Scènes coupées (13′)

• Scènes alternatives (3′)

• Scènes versions longues (­6′)

• Essais/répétitions filmées (6′)

• Commentaire audio de la scénariste et coproductrice Eleanor Bergstein

 

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13 réflexions sur “[Dvdtrafic] Dirty Dancing : le 30e anniversaire d’un film culte

  1. comme toi, pas hyper fan de ce film. J’ai découvert qu’il était culte en lisant des blogs (de « filles ») et je ne comprends pas l’engouement qu’il suscite, je ne m’identifie pas au personnage principal et Patrick Swayze ne me fait pas fantasmer 😀

    Aimé par 1 personne

  2. Bonsoir Tina, je fais partie des fans du film (à voir en VO) car j’avais un gros faible pour Patrick Swayze disparu bien trop tôt. Car l’histoire en elle-même est un peu « cucul ». J’ai revu le film plusieurs fois. Bonne soirée.

    Aimé par 1 personne

  3. Je ne devrais pas en parler car je n’ai jamais réussi à le voir entier. INSUPPORTABLE de niaiserie et d’une mocheté !!!. Je connais néanmoins les scènes et répliques cultes…
    Ça m’a toujours fait de la peine pour Patrick Swayze qui parait il a vécu un cauchemar tant cette actrice était mauvaise, capricieuse et dansait mal (même si le rôle l’exige au début apparemment). Quelle n’ait jamais percé dans le métier prouve que parfois il y a une justice ou au moins une logique.
    Je suis surprise que tu la trouves sympathique et gentille. Mais comme j’ai dit je n’ai jamais vu ce film. J’ai essayé… C’est un navet. Je ne tiens pas.
    Patrick Swayze danse comme un dieu.

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  4. @ Pascale :
    Je ne prétends pas non plus être une grosse fan du film même si je le trouve parfois intéressant et gentil (ouais, parfois, ça m’arrive d’être cool). Mais on est d’accord : ça n’a rien d’un grand film et les danses n’ont rien de phénoménal !

    Jennifer Grey, on va dire qu’elle a été aidée par son papa…

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  5. Tu as tout à fait raison, Frédérique (Frances en vo) est l’atout du film. On se demande d’ailleurs s’il n’y a pas des éléments autobiographiques dans cette histoire (je pense à Eleanor Bergstein, reine du mambo quand elle était ado !, et qui a signé le scénario).

    Aimé par 1 personne

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