Twist et croyances dans les contes de Shyamalan

La suite d’Incassable et Split fera partie des films événements de 2019. En tout cas, Glass est l’un des longs-métrages que j’attends le plus l’année prochaine. Cela va au-delà de mon amour pour les deux premiers volets de la trilogie. M. Night Shyamalan est l’un des réalisateurs à l’origine de ma cinéphilie (et non, je n’ai absolument pas envie de débattre sur la définition de la cinéphilie, on en parle déjà trop sur Twitter). Revoir sa filmographie a été bénéfique pour avoir une vue d’ensemble sur son travail.

Chez Shyamalan, il y a des choses très bonnes et aussi des moins bonnes, on ne va pas se mentir. Mais même dans ses petites erreurs de parcours ou du moins ses films les plus sous-estimés, Shyamalan est toujours resté très cohérent. Il a ses obsessions, sa vision propre du monde, ses références, crée également des correspondances entre ses oeuvres. Surtout, pour beaucoup de spectateurs, il est le réalisateur qui doit absolument nous surprendre par le twist. On est capable de le descendre en flèche car le twist proposé pourrait décevoir ou même tout simplement parce qu’il n’est pas apparent. Le twist n’est pourtant pas une finalité qui doit absolument secouer le spectateur, il constituerait quasiment un point de départ sur les personnages de ses contes face à leurs croyances.

Dans quelle mesure Shyamalan est-il alors un immense conteur, se servant du twist pour confronter ses personnages à une croyance ayant pour fonction de reconstruire ?

 

Incassable – Buena Vista International

 

1. L’art du « twist »

Sixième Sens n’est pas le premier film de Shyamalan (mais pas grand monde – dont moi – n’a pu voir Praying with Anger ni Wide Awake). Il s’agit pourtant du film qui l’a propulsé au monde entier. Et nous avons tous retenu ce twist final. Ainsi, à chaque nouveau film, nous avons tendance à attendre cette révélation finale (qui parfois n’a pas lieu) qui va nous secouer quitte à ce que cela finisse par se retourner contre Shyamalan. En réalité, depuis ses débuts, le réalisateur n’a jamais cessé de jouer avec cet art du twist jusqu’à le détourner étant donné qu’il a totalement conscience des attentes du public. On a parfois accusé Shyamalan de tomber dans la facilité avec ce procédé vieux comme le monde. Au fond, tout en restant ludique et sans aucune prétention, la révélation est à l’origine ce qui doit permettre autant aux spectateurs qu’aux personnages de mieux interpréter les Signes qui les entourent.

Dans Le Village, les deux twists dépendent du décalage entre les infos apprises par Ivy (le premier twist – qui semble volontairement débarquer trop tôt dans le récit) et celles acquises uniquement par le spectateur : par sa cécité, Ivy ne pourra donc pas révéler aux autres membres du village ce que les spectateurs ont pu apprendre dans le dernier acte (deuxième twist). La situation initiale ne pourra donc pas évoluer, les personnages devant fermer littéralement les yeux face à un mensonge qui se veut bienveillant. En principe, le fameux coup de théâtre a pour but d’informer les personnages principaux éventuellement pour espérer un changement de situation. Quant à Split, la toute dernière scène avec le caméo de Bruce Willis n’est pas simplement « cool » pour faire plaisir aux fans d’Incassable : cette scène, aussi courte soit-elle, représente alors le véritable « twist ». On cherchait tout le long du film un autre twist. Des pistes d’interprétation étaient jusqu’à présent possibles. Ainsi, on pouvait alors croire que Kevin se métamorphosait en bête parce que la société lui disait qu’il en était une par sa maladie mentale. Il y a évidemment toujours une réflexion sur ce rapport entre l’esprit et le corps, mais ce petit twist donne un autre souffle au récit : nous ne sommes plus dans le « croire » mais désormais dans le « voir« . Par ailleurs, Incassable présentait lui-même un twist particulier. En effet, dans le cadre d’un film de super-héros, cette révélation aurait dû conduire à une confrontation entre les protagonistes qui n’a pourtant pas lieu dans ce film. Surtout, David Dunn accepte enfin son statut de super-héros grâce à cette révélation tout comme il accepte enfin l’individu qu’il doit être au quotidien avec sa famille.

The Visit a débarqué sur les écrans après deux échecs successifs de Shyamalan. Produit par Jason Blum, il devait envoyer du pâté aux spectateurs. Traduction : ce film avait pour but de refaire venir les anciens fans du réalisateur. Cette stratégie a été payante puisque le film a rencontré le succès au box-office. Et effectivement, Shyamalan a tenu sa promesse : oui, il est ce fameux réalisateur qui envoie du pâté avec ses twists, alors il va vous en mettre du twist. Dans un premier visionnage, surtout face à une attente certainement légitime, même si on comprend immédiatement l’étrangeté des personnages, on ne fait véritablement attention à tous les indices et on a quelque part envie de se laisser surprendre par cette révélation déjà attendue. Chez Shyamalan, chaque second visionnage est évidemment essentiel pour ne rater aucun détail. Cette expérience est particulièrement troublante dans The Visit, qui n’a rien d’un film mineur dans sa filmographie. On sait alors dès le début qu’il s’agit d’une mise en abîme reconstituée : l’héroïne est une jeune réalisatrice (ou veut l’être) qui a pu monter une fois qu’elle a connu la vérité. Dans ce montage fictif, elle-même a pleinement conscience qu’elle va devoir insérer malgré elle ce twist. Surtout, ce twist n’a évidemment rien de surprenant, le réalisateur ne cache pas du tout ses indices. Ainsi, par le malaise qu’il instaure dès les premières minutes puisqu’on connaît désormais « le truc » (on a désormais un temps d’avance sur les jeunes protagonistes), The Visit devient alors une comédie noire, même un anti-film d’horreur !

Le twist ne se veut alors pas sensationnel, il est potentiellement présent pour confirmer la présence de signes dégagés tout le long de ses oeuvres.

 

Sixième Sens – Buena Vista Pictures

 

2. Les secrets enfouis du conte

Les films de Shyamalan sont tous plus ou moins des contes. Le réalisateur a souvent accordé une grande place à des enfants dans les rôles principaux et secondaires : Cole (Sixième Sens), Joseph Dunn (Incassable – ce personnage sera de retour dans Glass), Morgan et Bo (Signes), Aang (Le Dernier Maître de l’air), Kitai (After Earth), Rebecca et Tyler (The Visit) ou encore Casey (Split). Ces personnages-là sautent aux yeux par leur âge ou leur physique. Mais en réalité, même les adultes sont puérils. Par leurs croyances et leurs actes parfois impulsifs, Ivy, Lucius et Noah (The Village) sont encore des gosses. Même si les acteurs sont vraiment à côté de la plaque – quel dommage – les personnages interprétés par Mark Wahlberg et Zooey Deschanel dans Phénomènes sont également enfantins et c’est certainement pour cette raison que leur couple va si mal. Il faut qu’il se produise le « phénomène » annoncé dans le titre français pour que le couple puisse mûrir. Kevin de Split n’est pas tout à fait un adulte lorsque certaines personnalités resurgissent malgré lui. Quant à la nymphe de La Jeune fille de l’eau, elle est le synonyme même de la candeur. Cet ensemble de personnages, liés de près ou de loin, enfants ou juste candides, ne font que confirmer la présence de contes dans la filmographie de Shyamalan, même s’il s’agit d’une observation qui reste encore en surface. Mais, par le prisme du fantastique et les codes de l’horreur (Hitchcock fait partie des modèles de Shyamalan) pour ne citer que ces deux gros exemples, le réalisateur partage cette idée de vouloir faire vivre une marge et une certaine idée de la normalité ensemble (et quelque part, les enfants symbolisent aussi cette marge). Mais plus globalement, et c’est pour cette raison que ses films parviennent aussi à toucher, le conte, genre qui à l’origine éduque, approprié par le grand candide Shyamalan, permet alors la confrontation des gens ordinaires aux situations ou aux gens littéralement extraordinaires.  C’est peut-être pour cette raison que le twist semble aussi présent dans la filmographie de Shyamalan. Le rôle du conte est de faire prendre conscience aux lecteurs (et donc ici aux spectateurs, et pas que les jeunes), le twist joue finalement ce même rôle.

Le conte étant un des genres les plus codifiés, il faut, comme pour le twist, tenter de trouver les différents signes pour mieux les interpréter et donc également mieux lire l’ensemble du récit. Justement en parlant de signes… revenons à Signes. Ce film est souvent perçu au premier degré à savoir une histoire familiale avec des extraterrestres un peu moches, inspirés de Predator mais en moins bien fait (je dois bien l’admettre). Sans forcément nier à tout prix ce récit tel qu’on le voit à l’écran, je me suis toujours dit qu’il fallait véritablement traduire toutes les métaphores visuelles. On reviendra sur ce point plus tard mais il ne faut jamais oublier que Shyamalan est un conteur. Et comme dans tout conte, les éléments grossiers traduisent des angoisses plus profondes et des interprétations proches de la psychanalyse. Ainsi, première grande question dans Signes : les extraterrestres existent-ils vraiment ? Ne sont-ils pas simplement une représentation de la figure maternelle disparue ? Surtout, l’histoire peut-elle éventuellement être perçue à partir du regard d’une enfant ? Les quelques répliques de la petite Bo (Abigail Breslin) ne semblent pas anodines. « Est-elle encore en train de rêver ? » demande-t-elle sans jamais obtenir de réponses. Peut-être est-ce le film qui doit nous éclairer. Par ailleurs, beaucoup d’éléments appartenant au monde de l’enfance constituent des étapes dans notre nouvelle lecture du film : le baby-phone, l’attitude puérile de l’oncle Merrill (quel adulte se mettrait sur la tête un chapeau en aluminium ?), les dessins issus du livre, le goût des enfants pour la télévision et même la vision la plus cliché possible sur les aliens. Quant à la mère, décrite quasiment déchiquetée suite à son accident de voiture, elle apparaît dans les flashback au meilleur de sa forme. Aucun enfant n’aurait envie ni ne pourrait imaginer sa mère avec un corps coupé en deux, tel le doigt de l’extraterrestre. Enfin, au-delà de ses diverses charges symboliques, l’eau fait également potentiellement référence au Magicien d’Oz, un des livres/films les plus importants et vus par les enfants. En effet, l’Alien est éliminé de la même manière que la méchante sorcière de ce conte culte.

Le film qui assume le plus les codes du conte (quitte à se faire moquer) est certainement La Jeune fille de l’eau. La jeune narf, qui est déjà un personnage issu des légendes transmises de génération en génération, s’appelle Story. Les humains jouent alors tous un rôle fonctionnel pour aider notre héroïne dans sa quête. On retrouve également dans le récit une part importante de merveilleux. Et là encore, on l’a fait court. Au-delà d’y voir éventuellement un regard de Shyamalan sur sa filmographie, et même de détecter une réponse de sa part aux spectateurs et aux critiques qu’il pu décevoir avec ses précédents films (Le Village et Signes ont beau avoir marché au box-office, ils ne font toujours pas l’unanimité), La Jeune fille de l’eau se sert du conte pour illustrer des théories qui touchent autant au cinéma qu’à littérature (et certainement ailleurs). Ainsi, le long-métrage parle du lien étroit entre l’auteur et le spectateur/lecteur : celui qui « reçoit » l’oeuvre a en fait un rôle à jouer aussi important dans le processus créatif que l’auteur lui-même. Ce n’est certainement pas anodin qu’il y ait autant de twists dans le cinéma de Shyamalan. Même si le réalisateur expose nettement les indices qui conduisent le récit à la révélation finale, le spectateur est impliqué en quelque sorte dans ce processus créatif en reconstituant lui-même les indices, en interprétant aussi des effets de mise en scène (par exemple, les couleurs vives sont également récurrentes chez Shyamalan). Quelque part, nous revenons aussi l’exemple des twists dans Le Village avec cette discussion autour du décalage entre ce que sait le spectateur et ce que ne savent pas les protagonistes : ce décalage implique encore plus le spectateur dans le processus créatif. Par ailleurs, on revient toujours à cette obsession concernant l’interprétation des signes. Avant Robert David Mitchell et son Under the Silver Lake, Shyamalan mettait déjà en scène un personnage qui tente de trouver une résolution en lisant une boîte de céréales. Comme il s’agit de Shyamalan, il était de bon ton de se moquer de son procédé; désormais, on trouve ce schéma similaire absolument formidable chez Mitchell alors que ce dernier n’est pas non plus subtil. La Jeune fille de l’eau est alors un condensé récréatif de la quête du sens dans l’art, qui hante tant les plus grands théoriciens. Et pour se référer aux oeuvres de Shymalan, ses personnages se cherchent eux-mêmes, doivent détecter des signes pour mieux se retrouver.

C’est peut-être pour cette raison que Shyamalan divise : comme tout genre marqué, le conte grossit les traits, affiche nettement ses métaphores, se veut accessible. Paradoxalement, en partant de cette forme, Shyamalan parvient alors à évoquer avec une réelle habilité des sujets qui mêlent la question de l’intime et celle de la collectivité.

Signes – Buena Vista International

 

3. Croire pour se reconstruire

Fait plutôt évident : la foi traverse la filmographie de Shyamalan. Le personnage de Mel Gibson dans Signes est certainement le plus représentatif, le plus premier degré. Mais associer Shyamalan systématiquement à une foi serait mal connaître le réalisateur, même si ce dernier a effectivement toujours placé des symboles spirituels dans ses oeuvres (symboles aussi bien purement bibliques ou davantage inspirés des codes de la spiritualité orientale). En réalité, il s’agit d’une croyance au sens large du terme. Le pasteur retrouve aussi une « foi » en l’humanité et en ce qu’il est. Avant sa fonction d’homme d’église, il est avant tout un homme et il peut tout simplement redevenir un père et pas uniquement pour sa communauté religieuse, mais aussi littéralement pour ses deux enfants. Les personnages des films de Shyamalan doivent alors traverser des épreuves pour se reconstruire. Et cette reconstruction passe par une croyance, terme faisant appel à plusieurs sens. Il y a d’abord cette interrogation avec la vraisemblance. Peut-on croire aux fantômes, aux extraterrestres, aux super-héros, à une société utopique, à la nature qui se rebelle contre les hommes ? Chez Shyamalan, c’est accepter son sort et son identité. Accepter la mort (autant la nôtre que celle des autres), accepter de vivre dans une illusion, accepter d’être un être littéralement extra-ordinaire, accepter d’être plus faible que la Nature traverse sans cesse les personnages. Et ils peuvent aller de l’avant grâce à cette acceptation.

La croyance prend alors également une autre dimension, plus humaniste. Quitte à le traiter de Bisounours, Shyamalan reste bienveillant envers notre humanité, notamment par le biais de la famille. C’est certainement aussi pour cette raison que la figure de l’enfant est autant présente dans sa filmographie. Ainsi, le réalisateur nous présente souvent des enfants qui souffrent de l’absence d’un des parents (Sixième Sens, Signes, The Visit) et des parents qui souffrent aussi à leur tour de l’absence de leurs enfants (Le Village, La Jeune Fille de l’eau, After Earth). Retrouver son identité permet alors également à la famille de se reconstruire. La famille de David Dunn dans Incassable subit également des troubles : en cachant son identité par le passé, il est sur le point de briser son mariage. En acceptant sa véritable identité sans se cacher, il va pouvoir éventuellement continue à prolonger son mariage. De plus, il noue aussi une complicité avec son fils avec qui il partage ce secret.

Cette famille peut également être synonyme de société. Shyamalan a exposé à plusieurs reprises des micro-sociétés solidaires (sans forcément approuver leur idéologie) : celle du Village et celle de La Jeune fille de l’eau. En fait, dans un sens, sur cette interrogation autour de la reconstruire de la collectivité, les deux films pourraient se répondre. Dans le premier film cité, la solidarité repose sur le mensonge en créant un monde merveilleux de toutes pièces; dans le second, le véritable merveilleux est ce qui permet de créer du lien entre des individus différents. Enfin, dans Phénomènes, les lois naturelles bafouent la société en la plongeant dans l’horreur. On a beaucoup caricaturé ce film avec cette idée que la nature tuait les gens. On pourra trouver le procédé naïf mais il faut pourtant rectifier un point : la nature ne se contente pas de tuer, elle conduit à l’auto-destruction de l’homme (le film a de réels défauts mais chaque scène de suicide parvient toujours à me foutre les jetons). Elle n’a plus même le temps de faire son deuil, d’avoir conscience de l’état de l’homme en tant que mortel, contrairement aux précédents longs-métrages de Shyamalan. La société doit passer par le chaos pour pouvoir ne plus répéter ses erreurs et par conséquent pour espérer de pouvoir se refonder. Phénomènes confirme l’amour que Shyamalan porte en la nature. Si la nature est à l’origine de l’auto-destruction humaine, les grandes scènes de suicide démarrent dans des parcs situés dans de grandes villes. Par ailleurs, la nature n’agit plus lorsque les personnages principaux se retrouvent dans un milieu champêtre avec le vent qui souffle abondamment. Shyamalan croit profondément en ses bienfaits au point d’en emprunter son folklore pour La Jeune fille de l’eau et ses immenses champs de blé pour Signes. After Earth est un très mauvais film et Le Dernier Maître de l’air n’assure pas sur certains points (mais n’est pas du tout la catastrophe tant annoncée). Pourtant, ce sont peut-être les films qui parlent le plus de la nature ! Etablir une connexion entre la nature, la famille (dans tous ses sens) et le conte reste possible. Ces trois notions ont en commun le retour au primitif.

 

Le Village – Buena Vista International

 

Chercher le sens des choses, que ce soit dans l’art ou à soi, n’est alors pas une quête qui se veut intellectuelle – par ailleurs, les films de Shyamalan n’ont jamais cherché à être dans une démarche, bien au contraire. Chercher qui on est, ce que l’art veut dire, c’est peut-être aussi ce qu’il y a aussi de plus primitif pour n’importe quel humain. Shymalan est alors ce conteur qui offre les clés, des signes à ses spectateurs pour qu’ils puissent aller dans cette quête de l’essentiel. Le twist n’est pas qu’un moyen de surprendre le spectateur. Comme le conte, le twist marche toujours au premier degré : par conséquent, ces charges symboliques permettent à Shyamalan de raconter et mettre en scène des histoires profondément humaines, touchant à nos interrogations, nos doutes et nos peurs les plus fondamentaux.

 

Split – Universal Pictures

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4 réflexions sur “Twist et croyances dans les contes de Shyamalan

  1. @ Antofisher :

    Merci !! 😀

    (je me rappelle par ailleurs que tu es le seul sur Twitter à avoir parler de cette comparaison, j’étais là en mode « ENFIN QUELQU’UN QUI A CAPTE BORDELLLLLLL »).

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