Wonder Woman

réalisé par Patty Jenkins

avec Gal Gadot, Chris Pine, Robin Wright, Connie Nielsen, David Thewlis, Elena Anaya, Danny Huston, Ewen Bremner, Saïd Taghmaoui…

Film fantastique, aventure, action américain. 2h20. 2017.

sortie française : 7 juin 2017

Un film que personne ne s’attendait à ce que vous aimiez 

C’était avant qu’elle ne devienne Wonder Woman, à l’époque où elle était encore Diana, princesse des Amazones et combattante invincible. Un jour, un pilote américain s’écrase sur l’île paradisiaque où elle vit, à l’abri des fracas du monde. Lorsqu’il lui raconte qu’une guerre terrible fait rage à l’autre bout de la planète, Diana quitte son havre de paix, convaincue qu’elle doit enrayer la menace. En s’alliant aux hommes dans un combat destiné à mettre fin à la guerre, Diana découvrira toute l’étendue de ses pouvoirs… et son véritable destin.

Wonder Woman : Photo Gal Gadot

Je ne m’en suis jamais cachée : j’ai globalement du mal avec les films de super-héros, non pas par mépris ou quoi que ce soit du genre, mais parce que je finis par me perdre avec tous ces projets qui ont l’air de sortir presque en même temps (et qui sont liés les uns avec les autres). Cela dit, alors que les projets Marvel m’ont rarement réellement convaincue, j’ai tenté de m’accrocher aux dernières productions DC. J’ai commencé par ce Wonder Woman (objet donc de ce billet) puis j’ai enchaîné directement par Man of Steel et Batman v. Superman (parce que j’aime bien faire les choses à l’envers). A ma grande surprise, même si je ne les idolâtre pas non plus, je dois avouer que j’ai plutôt apprécié cet ensemble de films qui se répondent (même si je ne me suis pas encore attaquée à Justice League qui, visiblement, serait très mauvais). Par conséquent, mon regard envers les films de super-héros est désormais plus bienveillant. Wonder Woman arrive à pic face à ces questions très actuelles et certainement nécessaires sur la représentation de la femme au cinéma ainsi que sur l’intégration que nous devons faire aux cinéastes femmes. Ainsi, on a particulièrement entendu parler de son record, celui d’être le film le plus rentable réalisé par une femme. De plus, face au nombre faramineux de films de super-héros occupant les salles obscures assez régulièrement, il est rare de voir un film du genre mettant en scène une héroïne (les quelques tentatives par le passé n’avaient pas été sensationnelles). Dire que Wonder Woman est un film féministe reste discutable (dans le sens où la question reste selon moi complexe et dépendra aussi certainement de notre propre vision et définition de ce concept). En revanche, il est certain que cette représentation de la femme fait partie des différents enjeux présents dans cette oeuvre. Le film a au moins le mérite de contribuer un petit changement dans l’industrie cinématographique et je suis certaine que des films grand public comme celui-ci ne peut qu’aider une nouvelle génération à avoir un regard plus ouvert sur notre monde. Au-delà de nous présenter une femme courageuse, intelligente, aux nobles valeurs et possédant une force physique incroyable, le long-métrage a le mérite de nous présenter une héroïne non sexualisée. Il faut dire qu’il y a dans ce personnage quelque chose d’innocent, presque d’enfantin, ce qui fait pencher la balance (et en plus, elle m’a fait penser à Captain America, pour qui j’ai de la sympathie). Certains ont pu être agacés par sa naïveté, mais en ce qui me concerne, je trouve que ce trait de caractère était plutôt le bienvenu dans le sens où Diana ne se limite pas qu’à être une bad-assMais Wonder Woman ne se limite pas à ce qu’il peut représenter.

Wonder Woman : Photo Chris Pine, Eugene Brave Rock, Ewen Bremner, Gal Gadot, Saïd Taghmaoui

Globalement, le spectacle est très plaisant : le film a beau durer 2h20 (durée habituelle pour les blockbusters d’après ce que je constate), il passe plutôt vite grâce à son rythme progressif (le début prend le temps de présenter ses personnages – des déesses dans un univers un poil kitsch) et des scènes d’action toujours lisibles et joliment chorégraphiées qui n’épuisent jamais les spectateurs. De plus, la mise en scène de Patty Jenkins est tout simplement efficace. J’avoue que je m’attendais au pire vu que je n’avais pas trop aimé son premier long-métrage Monster (le film qui a permis à une Charlize Theron enlaidie de décrocher son Oscar), je ne voyais pas trop pourquoi elle avait été choisie pour réaliser un film d’une telle envergure. Et pour un deuxième long-métrage (après avoir signé quelques épisodes par-ci par-là pour différentes séries), je dois admettre que Jenkins s’en sort plus que bien ! Au-delà d’un joli soin accordé à l’esthétique, très axé sur les tons bleutés mais sans tomber dans une certaine noirceur (contrairement aux autres films DC), la bande-originale de Hans Zimmer (qu’on adore dézinguer alors qu’il reste une valeur sûre) détonne, notamment avec ce thème qui sait rester dans nos oreilles et qui correspond bien à l’image qu’on se fait du personnage principal. De plus, les scènes d’humour (qui étaient absentes dans Batman v. Superman et Man of Steel) n’alourdissent jamais un propos intéressant pour ce type de grosses productions. Je ne trouve pas qu’on se retrouve dans le même cas que certains films Marvel qui usent cet humour jusqu’à la corde. J’ai également lu beaucoup de choses négatives autour de la relation entre Diana et Steve (Chris Pine, qui s’en sort pas trop mal alors que je n’apprécie pas plus que ça cet acteur), disant qu’elle cassait tous les enjeux éventuellement féministes – si on estime qu’il y en a. Or, je ne trouve pas qu’elle affecte le message positif pour les femmes ni qu’elle plombe même l’ambiance même du film. La romance est pour moi avant tout un moyen de renforcer l’humanité de cette figure antique. Bref, sans crier au génie ou autre, le résultat est largement à la hauteur de nos espérances, alliant plutôt bien enjeux artistiques et réflexions sur ce qu’être une femme dans un monde hostile mis en miettes par les hommes. En revanche, le combat final m’a plutôt déçue entre Wonder Woman et le méchant, dont on devine rapidement l’identité (je dis ça vu qu’il y a une sorte de pseudo suspense autour) est assez décevant, à l’image de la dernière demi-heure du film. Enfin, Wonder Woman bénéficie d’une formidable distribution.Gal Gadot est impeccable dans le rôle-titre, parvenant à mêler force physique et innocence par ses expressions candides : elle rend alors son personnage attachant et admirable. Le reste du casting est également plutôt convaincant (dont les charismatiques Connie Nielsen et Robin Wright). 

Wonder Woman : Photo Gal Gadot, Lucy Davis

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16 réflexions au sujet de « Wonder Woman »

  1. Oh la la j’ai détesté ce film. Très laid très con et j’ai trouvé la Wonder vraiment bécasse et très mauvaise actrice : inexpressive. Front plissé/front détendu.
    Chris Pine s’en sort très bien il me semble me souvenir. Beau sacrifice.
    J’ai eu honte pour le frenchie…

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  2. Perso, j’avais bien aimé cette adaptation très fidèle au personnage et plutôt généreux en termes d’action. Seul bémol pour le grand bad guy du film qui manque, à mes yeux, d’éloquence

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  3. Tout pareil que toi sur ce film. Et avec quelques mois passés, le film est pas mal dans son ensemble et l’actrice s’en sort plutôt bien. La modernisation est réussie. Le film plaisant, même s’il y a un trop plein de vilains effets sur la fin, lors du combat final, peu intéressant. Une petite réussite pour DC après quelques ratages ou bâclages c’est selon.

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  4. J’avoue que je ne suis pas très attirée par ce film mais en séance de rattrapage, pourquoi pas ? Bon mercredi à toi ^^

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  5. Je suis allé voir ce film en espérant que le fait d’avoir une femme à la barre d’un film de super héros pour la première fois apporterait une vision differente, voir une bouffée d’air frais. Malheureusement, c’est tout le contraire. Wonder Woman est un produit formaté ou l’héroine est d’une naiveté qui confine à la bétise (on la croirait sortie d’une télé réalité genre Les Marseillais)dans une aventure ou le personnage est traité par dessus la jambe. Et ou l’image de la femme se limite à une nana qui se ballade à poil au milieu de soldats. Pour une vraie vision féministe des super héros, mieux vaut revoir la série Jessica Jones.

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  6. J’ai pas vraiment vu quoi que ce soit de féministe (ou de bien, d’ailleurs) dans ce film. En fait, je suis même pas vraiment sûre de ce que j’ai vu. D’ailleurs, je crois que je me suis endormie à un moment. Probablement juste avant qu’elle débarque en chignon et robe de soirée bleue au milieu de la réception des allemands très très méchants, avec son épée rétractable (ou invisible, on sait pas trop) dans le dos. Mais bref.
    J’ai trouvé ça extrêmement convenu et faiblard, sans compter le nombre de fous rires qu’on a pris devant avec mon copain. Visiblement, on est passé à côté de la tension dramatique et des enjeux (Remus et sa darkitude, tmtc)… Le pire reste, pour moi, toute la première partie sur l’Île des Amazones, pétrie de clichés et certainement pas aidée par les arrières plans photoshopés façon bas de gamme. C’est pas ce film qui va me donner envie de regarder avec toute ma bonne foi Justice League ou les deux consacrés à Superman (avec un peu de Batman dedans)(j’ose même pas inclure Suicide Squad dans cette liste tellement on devrait creuser un trou pour y enterrer ce film et plus jamais en entendre parler).

    Il me semble en revanche avoir lu que Gal Gadot (l’actrice principale donc) avait été payée 500 000 dollars pour le rôle (je suis la seule à trouver cette somme ridicule, de base ?), salaire qui serait a priori largement inférieur à celui de Chris Pine. Le mec qui joue un personnage secondaire. Dans un film qui s’appelle Wonder Woman.
    C’est quand même un peu gênant.

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  7. @ titi70 :
    Si je ne partage pas ton avis (notamment sur l’image de la femme qui se balade à poil avec les soldats, personnellement ça m’a pas choquée ou quoi que ce soit), je comprends néanmoins ton ressenti (notamment quand tu parles de formatage).

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  8. @ Sweet Judas :

    Ahhhh YOU ARE BACK ! Si je n’ai pas du tout ressenti tout ça (et ni été choquée par l’île des Amazones), je suis contente de voir tes commentaires sur les films qui me font toujours mourir de rire ! (« Remus et sa darkitude », ahahah jppppp, en même temps, j’admets : ceci est vrai !).

    Je ne connaissais pas cette polémique mais effectivement j’ai trouvé ça (même si j’ai pas eu d’infos sur Chris Pine) : https://www.glamourparis.com/culture/news/articles/wonder-woman-le-salaire-etonnamment-bas-de-gal-gadot/54051

    Aimé par 1 personne

  9. Oooh je suis jamais partie, j’ai juste un peu de mal à gérer mon temps et les trucs que je dois faire, donc forcément le blog passe en dernier. Mais je continuais à te lire dans l’ombre, en mode ninja !
    Je ne sais plus où j’avais découvert l’information. Le montant du salaire de Pine n’était bien évidemment pas précisé, mais on indiquait en revanche clairement qu’il avait davantage été payé que l’actrice principale (pourquoi ?)(C’est une excellente question)(probablement davantage intéressante que le film lui même)(mais bon, hein, voilà, Wonder Woman c’est trop féministe et avant gardiste par principe).

    Pour en revenir au sujet principal, l’Île des Amazones m’a choquée, visuellement. Et le traitement mono~thématique des Amazones m’a choquée tout court : on les présente en mode Warriors solitaires qui s’entraînent sur une île, coupées du monde mais en restant quand même ferventes partisanes de la paix parce qu’on a des armures trop stylay et que c’est pour ca qu’on a été concues sauf que voilà maintenant autre temps, autres moeurs et les nazis, clairement, on s’en tamponne mon p’tit pote. J’ai absolument pas compris l’intérêt. J’ai eu un sursaut d’espoir avec la Tante qui entraîne sa nièce en scred, dans le dos de la Reine Mère (jusqu’à ce qu’elle fasse comme si ca avait toujours été son idée à elle depuis le départ) mais ça n’a pas duré.

    Au moins, j’ai beaucoup ri devant même si c’était certainement pas le résultat escompté à la base (non parce que cette traversée du No Man’s Land avec une chevelure IMPECCABLE du début à la fin, on en parle ou pas ?).

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  10. Mise à part un troisième acte décevant, le film fait le boulot et offre une origin story convaincante. Une respiration pour DC au cinéma…

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  11. @ Sweet Judas :
    C’est normal que ton blog ne soit pas ta priorité ! (déjà que je vois mon temps réduit de mon côté et ça sera de pire en pire, mais bon je vais pas non plus me plaindre de kiffer ma vie !).

    Disons que… LA GUERRE EST UTILE POUR LA PAIX

    « Au moins, j’ai beaucoup ri devant même si c’était certainement pas le résultat escompté à la base (non parce que cette traversée du No Man’s Land avec une chevelure IMPECCABLE du début à la fin, on en parle ou pas ?). » => HEY C’EST UNE FUCKING DEESSSSSSSSE

    Aimé par 1 personne

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