Ready Player One

réalisé par Steven Spielberg

avec Tye Sheridan, Olivia Cooke, Ben Mendelsohn, Mark Rylance, Lena Waithe, Simon Pegg, T.J. Miller…

Science-fiction, action américain. 2h20. 2018.

sortie française : 28 mars 2018

2045. Le monde est au bord du chaos. Les êtres humains se réfugient dans l’OASIS, univers virtuel mis au point par le brillant et excentrique James Halliday. Avant de disparaître, celui-ci a décidé de léguer son immense fortune à quiconque découvrira l’œuf de Pâques numérique qu’il a pris soin de dissimuler dans l’OASIS. L’appât du gain provoque une compétition planétaire. Mais lorsqu’un jeune garçon, Wade Watts, qui n’a pourtant pas le profil d’un héros, décide de participer à la chasse au trésor, il est plongé dans un monde parallèle à la fois mystérieux et inquiétant…

Ready Player One : Photo Tye Sheridan

Selon la promotion constructive des Youtubeurs sponsorisés par Warner Bros. (oui, je trolle gratuitement), Ready Player One est « juste incroyable […] allez le voir quand il sort. Voilà » ou encore « c’est un chef-d’oeuvre : vous pouvez abandonner, on ne fera rien de mieux cette année ». Rien que ça. Et globalement, la blogosphère cinéphile est hyper emballée, criant elle aussi au film de l’année. Je me méfie toujours de la hype en général. Cela dit, au-delà du projet gigantesque de vouloir réunir dans une oeuvre autant de clins d’oeil à la pop culture (ce qui tombe bien vu que c’est la tendance actuelle), le film est surtout réalisé par Steven Spielberg, décidément très productif cette année (The Post/Pentagon Papers est sorti en janvier dernier). Etant donné qu’il est lui-même un incroyable artiste et créateur ayant considérablement nourri cette même pop culture des années 80 (j’ai logiquement grandi avec ses films comme un certain nombre de spectateurs) qui inspire désormais la nouvelle génération, Spielberg adapte logiquement le roman à succès d’Ernest Cline (Player One en VF). Pour ma part, il s’agit d’une des oeuvres de Spielberg les moins satisfaisantes que j’ai pu voir. Et il est pour moi en partie sauvé par le savoir-faire indéniable du réalisateur. La mise en scène est impeccable, les différentes séquences autour des deux premières énigmes le démontrent particulièrement. Cela dit, dans l’ensemble, sans dire que tout est mauvais ou quoi que ce soit, non, Ready Player One ne m’a pas convaincue et pas uniquement à cause de ses multiples références à la pop culture selon moi mal gérées. Je ne dis pas que cette surabondance était inutile à l’origine. La pop culture, dans laquelle les personnages ont toujours baigné (ce qui est dramatique si on s’interroge sur la créativité originale), permet d’échapper à une réalité moins plaisante. Cela dit, si ces pistes-là peuvent être intéressantes à exploiter, dans l’ensemble, ces différentes intertextualités fonctionnent très rarement : elles ne nourrissent pas tant que ça le scénario ni ne dessinent pas nécessairement bien le fameux contexte. Je ne pouvais pas m’empêcher de me dire qu’on aurait pu remplacer ces oeuvres citées par d’autres types de références vu le traitement plutôt superficiel le trois-quart du temps.

Ready Player One : Photo

Ce fameux contexte, déjà lourdement situé dès le début par une immonde voix-off, est justement problématique car il reste trop flou. Je n’ai jamais réellement cru en ce monde réel croulant sous la pollution et la surpopulation : on n’a même jamais l’impression que ce soit si terrible que ça (je veux bien croire que les personnages se sont habitués à cette situation mais tout de même, ça n’excuse pas tout non plus). On se demande d’ailleurs comment ces gens très pauvres vivant dans des taudis peuvent se payer ce matériel hautement technologique. En fait, seuls les décors présentés au début du long-métrage aident au début le spectateur à s’imprégner légèrement de ce contexte social, démographique et autre. Mais en dehors de ça, on n’en fait pas grand-chose. On est même surpris de voir à la fin du film la police débarquer alors que le monde présenté a l’air a priori sans loi. Cela est tellement décevant de sa part car Spielberg a déjà touché à la science-fiction : ses précédentes oeuvres étaient bien plus riches rien que de ce côté-là. Rien que pour ça, je bondis quand on parle de meilleur film de Spielberg ! Par ailleurs, il y a selon moi un déséquilibre concernant l’alternance entre le monde virtuel et le monde réel : on a presque l’impression d’assister davantage à un film d’animation qu’à une oeuvre qui alterne réalité et « fiction ». De plus, même si en tant que spectatrice, je n’ai évidemment pas la prétention de vouloir refaire le film à ma sauce, ce monde virtuel présenté et cette galerie de geeks ne me paraissent pas crédibles. L’OASIS n’est présenté qu’avec ses bons côtés et des enjeux ultra limités. J’imagine qu’on veut satisfaire le grand public, mais justement, j’ai l’impression qu’à force de vouloir contenter tout le monde, le film n’obtient pas cette force qu’il aurait pu avoir. Enfin, ce qui m’a certainement le plus énervée concerne le propos final : de mon point de vue, je ne comprends pas que Spielberg soit aussi paternaliste avec son public. Et je reste gentille car j’étais à deux doigts de le traiter de vieux con (allez, vieux schnock si on veut être plus sympa). Pourtant, Ready Player One partait plutôt bien (si on s’en tient au propos). En effet, j’avais peur qu’il ne soit qu’une ode sans nuance aux geeks (vu les premiers retours que j’avais lus qui allaient dans ce sens). Au début, il trouve alors un bon équilibre entre la bienveillance et une certaine lucidité sur le monde virtuel. Mais sa fin, d’une naïveté dépassée, détruit cette bienveillance mise en place, qui semble avoir considérablement séduite le public geek (ce qui se comprend : l’image du geek étant souvent négative au cinéma). Il est regrettable de voir un résultat aussi bancal, voire même réac’, alors que la question de l’héritage, via le personnage de Halliday (incarné par un impeccable Mark Rylance, le seul à se détacher véritablement du lot), est en revanche plutôt intéressante dans le sens où ce personnage incarnerait une sorte de double de Spielberg. 

Ready Player One : Photo Mark Rylance

Steven Spielberg est le maître de ce divertissement de masse – qui a su garder sa patte d’auteur –  qui a fait rêver tant de générations et qui en fera encore rêver même certainement après sa mort. Il ne s’est pourtant jamais caché face à la politique douteuse des studios, même s’il est paradoxalement « responsable » de certaines dérives actuelles à Hollywood (directement ou non). Beaucoup parlent de « film testament ». Je n’irais pas jusque-là mais il est certain que le réalisateur s’interroge sur son propre héritage. Les autres personnages sont malheureusement très décevants, sans aucune personnalité, creux, à la limite de la stupidité et sans sentiments (du genre, un membre de ta famille meurt mais bon on s’en bat les ovaires). En dehors de la charismatique Olivia Cooke (que j’aurais aimé voir davantage même si la romance avec un agaçant Tye Sheridan est traitée avec deux pieds gauches – on voit hélas plus son avatar hyper moche), le reste du casting est tout juste correct pour rester gentille et on ne peut pas leur en vouloir, vu la stupidité constante des personnages (qui en plus de ça ont le cul borné de nouilles : ils se sont connus par le virtuel mais habitent comme par hasard pas loin des uns et des autres mais passons). Et sans faire la relou de service, pour un film qui se veut « révolutionnaire » (ou en tout cas est perçu de la sorte), voir ENCORE ces mêmes clichés sur certaines communautés est vraiment agaçant. On a aussi envie d’exploser la gueule aux personnages lorsqu’ils ne peuvent pas s’empêcher d’expliquer ce qu’ils voient alors qu’ils ne devraient pas avoir besoin de le dire vu qu’ils sont entre geeks (« ohhh la moto d’Akira » fait partie de ces répliques lourdement appuyées). Ready Player One est donc pour moi une belle déception même si on peut reconnaître le talent indéniable de Spielberg dans une mise en scène inspirée et bien meilleure que son scénario trop simpliste et maladroit, aux enjeux limités, tel un scénario basique de jeu vidéo. Parmi les quelques prouesses techniques, on retiendra notamment une scène formidable rendant merveilleusement hommage à un autre maître du cinéma (un de mes réalisateurs préférés – encore une fois, j’évite de spoiler). C’est peut-être aussi la limite de cet exercice d’intertextualités : on aura beau me prouver par a+b que Spielberg aime les jeux vidéos, il reste bien plus à l’aise quand il joue avec des intertextualités cinématographiques.

Ready Player One : Photo Olivia Cooke, Tye Sheridan

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[Je lis, je regarde] Millenium : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes

Cela fait un moment que j’ai envie de lancer cette nouvelle catégorie (même si j’en ai déjà d’autres à réellement mettre en place) : « Je lis, je regarde ». Il s’agit tout bêtement d’un exercice comparatif entre une oeuvre littéraire et son adaptation cinématographique. Cela dit, il y a évidemment le souhait d’aller d’élargir la catégorie mais je préfère pour l’instant commencer doucement mais sûrement. Enfin, façon de parler car je ne me limite pas aujourd’hui à une adaptation mais deux !

Je m’attaque aujourd’hui à Millenium : les hommes qui n’aimaient pas les femmes, roman de Stieg Larson adapté à deux reprises :

  • par  Niels Arden Oplev avec Noomi Rapace et Michael Nyqvist (2009)
  • par David Fincher avec Rooney Mara et Daniel Craig (2011).

 

Je connais assez mal la littérature scandinave et je ne lis pas tant que ça de polars / thrillers en général. J’ai pourtant pris un énorme plaisir à lire le roman de Stieg Larson. J’ai littéralement dévoré les 570 pages (et des poussières) en très peu de temps, même face à mon manque de temps et de sommeil. A travers une enquête sur la disparition mystérieuse d’une adolescente dans les années 60, Stieg Larson évoque de sujets peu glorieux sur la société suédoise, traumatisée par son passé avec les nazis, et toujours violente envers les femmes. Par ailleurs, chaque partie s’ouvre sur des statistiques effrayantes sur la violence que subissent les Suédoises. 

Une sorte de montage (tous deux bien repris dans les films) se met en place, par l’alternance entre l’histoire de Mikael Blomkvist, journaliste économique dans la merde jusqu’au cou (il a pris une grosse amende et doit même purger quelques mois en prison pour diffamation – son ennemi lui a alors tendu un terrible piège) et celle de Lisbeth Salander, sombre hackeuse souffrant officiellement de problèmes mentaux (et doit donc encore subir des tuteurs). La palpitante enquête est évidemment ce qui nous incite à tourner les pages de ce roman. Mais savoir que la future rencontre entre Blomkvist et Salander va avoir lieu au bout d’un moment est certainement aussi ce qui explique pourquoi la lecture est si addictive. Et évidemment, cette rencontre s’avère explosive : chacun va alors apprendre à s’apprivoiser et surtout leurs personnalités, pourtant si opposées, vont se compléter.

Millénium, le film : Photo Michael Nyqvist, Niels Arden Oplev, Noomi Rapace

Dans l’ensemble, ces deux versions sont plutôt fidèles au texte de Larson, même si, dans les détails (si on veut s’amuser à fouiner et titiller), le film de Fincher l’est étonnamment plus que celui de Niels Arden Oplev. Il faut dire que la version américaine a le mérite de proposer réellement une nouvelle perception du bouquin et non un remake du film suédois, comme cela peut hélas arriver dans le cinéma américain, qui aime bien s’emparer de succès européens. Pourtant, les choix de mise en scène et esthétiques prennent des chemins différents. Le long-métrage suédois, à la mise en scène assez classique, ne poussant pas non plus son esthétisme (le résultat n’est pas non plus décevant, mais il est plus « simple » et – à côté de la version américaine – semble plus « lumineux ») semble axer davantage le récit vers l’enquête autour de la disparition d’Harriet. Beaucoup ont taxé cette première version de « téléfilm ». Le mot est peut-être un peu fort mais certainement pas totalement choisi par hasard : il existe aussi la série (avec le même casting) Millenium comportant six épisodes. Le film de Fincher affiche clairement une mise en scène plus ambitieuse, une photographie soigneusement froide et des décors plus rectilignes. L’affiche et même le générique (un des meilleurs que j’ai vus) du film américain annonce cette couleur glaciale, tout comme elles offrent un autre point, moins présent dans la version suédoise : l’importance de la technologie.

Millenium : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes : Photo Daniel Craig, Rooney Mara

Qui dit personnages forts dit choix de casting crucial. Commençons d’abord par Lisbeth Salander, interprétée par Noomi Rapace (Seven Sisters) et Rooney Mara (Song to Song). Il est difficile de départager les deux interprétations, même si j’admets avoir une petite préférence pour celle de Rapace (mais je pense aussi que je préfère globalement cette actrice). Chacune semble en fait prendre différentes facettes de la Lisbeth du roman : les deux interprétations, tout comme la manière d’aborder ce personnage, sont alors complémentaires. La Lisbeth de Mara m’a semblé plus fragile, plus déconnectée de la réalité et plus jeune (on nous dit dans le roman qu’elle ressemble littéralement à une gosse). La fin du film de Fincher, inexistante dans la version suédoise (cette fin est justement plus solaire, il n’y a qu’à voir le tout dernier plan, alors que le dernier plan dans le long-métrage de Fincher se déroule la nuit, avec un geste de désespoir), insiste encore plus sur cette fragilité chez ce personnage qui sait pourtant répliquer face à la violence inouïe des hommes. Le personnage proposé par Rapace semble plus violent, plus adulte même dans son approche physique et comportementale. C’est toujours difficile de décrire le ressenti que peut provoquer un personnage par son apparence, nous sommes clairement dans une phase de jugement. Mais je dirais que dans son look, la Lisbeth de Rapace semble moins dangereuse que celle de Mara. Pourtant, justement, concernant la dangerosité et la violence enfouie en elle, c’est pour moi bien Rapace qui remporte la mise.

Millénium, le film : Photo Niels Arden Oplev, Noomi Rapace

Mon avis est plus tranché concernant le personnage de Mikael Blomkvist. Je préfère largement Michael Nyqvist (décédé en juin 2017) qui correspond largement plus à la description qu’en a fait Stieg Larson dans son texte. Et je le préférais même avant de lire le bouquin, qui n’a fait que confirmer certains de mes doutes. Mikael Blomkvist est un excellent journaliste qui n’a rien d’une bombe mais qui est pourtant charismatique sur tous les points. J’ai alors un mal fou avec Daniel Craig dans le même rôle chez Fincher : je ne sais pas si c’est parce que j’ai une certaine image de l’acteur britannique en tête (est-il même trop connu pour interpréter le rôle ? est-ce que je l’associe trop à son James Bond ?) mais j’ai vraiment du mal à concevoir qu’il puisse jouer un journaliste économique brillant mais lambda. Les lunettes et les pulls moches ne le rendent pas pour moi plus « banal ». Surtout, je ne trouve pas qu’il dégage ce charisme (je ne dis pas qu’il n’en a pas dans d’autres films mais pas dans celui-là pour moi).

J’ai revu les deux films (que j’avais déjà visionnés au cours de leur année de sortie) après avoir enfin découvert récemment le roman de Stieg Larson. Je pensais avoir une préférence pour l’un en particulier, mais finalement, il est pour moi difficile de trancher étant donné que ces deux films sont complémentaires si l’on s’en tient à la question de l’adaptation. Cet exercice de comparaison entre deux oeuvres cinématographiques, toutes les deux tirées d’une même source littéraire, est particulièrement enrichissant. Il prouve bien que la fidélité reste relative, où chaque réalisateur et scénariste a sa propre vision d’une même histoire.

Millenium : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes : Photo Rooney Mara

Moi, Tonya

réalisé par Craig Gillepsie

avec Margot Robbie, Sebastian Stan, Allison Janney, Cailin Carver, Bobby Cannavale, Mckenna Grace…

titre original : I, Tonya

Comédie dramatique, biopic américain. 2h. 2017.

sortie française : 21 février 2018

En 1994, le milieu sportif est bouleversé en apprenant que Nancy Kerrigan, jeune patineuse artistique promise à un brillant avenir, est sauvagement attaquée. Plus choquant encore, la championne Tonya Harding et ses proches sont soupçonnés d’avoir planifié et mis à exécution l’agression…

Moi, Tonya : Photo Margot Robbie

Nous connaissons quasiment tous l’affaire Harding-Kerrigan qui avait fait le tour du monde : six semaines avant les Jeux olympiques d’hiver de 1994 (et plus précisément la veille des championnats américains permettant la qualification pour ces fameux JO), Nancy Kerrigan est agressée et blessée au genou avec une barre de fer. L’enquête révèle alors l’implication de l’entourage de Tonya Harding, sa grande rivale. Moi, Tonya revient alors sur cette affaire ou plutôt : comment la jeune femme en est arrivée à une telle chute ? Est-elle vraiment responsable des faits reprochés ? Craig Gillepsie (réalisateur du génial Une fiancée pas comme les autres ou en VO Lars and the Real Girl – chers fans de Ryan Gosling, jetez-vous sur ce film) livre un portrait saisissant de cette femme vue à l’époque comme la grande méchante de l’histoire : il est certain qu’il y a un parti pris, celui de réhabiliter l’ancienne sportive. Battue par sa mère qui voulait absolument en faire une bête de patinage, également régulièrement tabassée par son abruti de mari, rejetée par le milieu du patinage artistique parce qu’elle ne vient pas d’un milieu assez chic, Tonya Harding en a bavé déjà bien avant l’éclatement même de l’affaire. Le réalisateur livre un anti-biopic, en s’amusant notamment à jouer entre les différentes pistes, c’est-à-dire en mêlant des éléments réels à d’autres qui seraient plus de l’ordre du mensonge. Qu’est-ce qui est alors vrai dans ce biopic qui, par définition, a pour but de retracer un événement réel ? L’exercice est alors plutôt bien exécuté à l’écran. La mise en scène souvent virtuose (notamment sur les scènes de patinage) ainsi que son montage effréné sont remarquables. Beaucoup de critiques ont comparé ce film aux Affranchis de Martin Scorsese et cela peut se comprendre même si Gillepsie n’atteint clairement pas la maestria du réalisateur Italo-américain. Cela dit, si je devais établir une comparaison qui me semble davantage plus cohérente, je la ferais alors avec l’univers des frères Coen notamment pour son humour « absurde » et coriace (même si utiliser la maltraitance en guise d’humour me gêne) et en situant le récit chez les Rednecks. Le ton surprend (surtout face à une histoire banalement tragique) mais est finalement cohérent avec la personnalité même de Tonya Harding.

Moi, Tonya : Photo Allison Janney

Moi, Tonya part d’un projet intéressant (les beaux portraits de femme au cinéma restent rares) mais qui finit rapidement par ne pas être aussi pertinent que prévu. Les différents thèmes abordés retiennent l’attention, en particulier en ce qui concerne la figure féminine bafouée dans les médias : c’est effectivement Tonya qui s’en est encore pris plein la gueule et non ceux qui ont réellement organisé cette agression. Qu’elle ait fait le coup ou non, peu importe le degré d’implication, ne change finalement pas grand-chose, elle n’était pas la seule responsable. Cela dit, même si le discours autour des inégalités de chance de réussite suscite l’intérêt, je n’ai pas pu m’empêcher de trouver ces thèmes survolés, tout comme le fait de ne jamais réellement aborder sa confrontation avec Nancy Kerrigan. Oui, le film préfère se concentrer sur un point de vue et c’est tout à son honneur. En revanche, ignorer la rivale (enfin presque, hein) qui incarne l’antithèse même de Tonya Harding me semble absurde. On ne s’est pas seulement insurgés parce que la bande à Harding a tabassé une concurrente : on s’est insurgés à l’époque parce qu’on s’était attaqué à la fille chérie du patinage, issue d’un bon milieu et qui le montrait bien en apparence. De plus, la seconde partie du film a tendance à pêcher justement parce que le réalisateur ne sait justement plus comment traiter ses thèmes et continue à s’acharner sur un humour qui finit par perdre son grinçant. En fait, en dehors de nous présenter Harding comme une grande victime qui fait tout pour rester debout jusqu’au bout, on a l’impression que Gillepsie ne sait plus quoi dire alors que les thèmes mis en place et mal exploités prouvent pourtant qu’il y avait de quoi rendre le propos bien plus consistant. En revanche, côté interprétations, Moi, Tonya ne comporte aucune fausse note. Margot Robbie livre une surprenante interprétation, confirmant bel et bien qu’elle est l’une des meilleures actrices de sa génération. Elle n’a pas volé sa nomination aux Oscars dans le rôle de Tonya Harding. Je n’aurais même pas protesté en cas de victoire (même si je suis très contente pour Frances McDormand pour son 3 Billboards). Sa partenaire Allison Janney (qui, elle, en a remporté un pour ce film en mars dernier), est également impeccable (et méconnaissable). Cela fait plaisir de voir cette actrice sous-estimée et sans cesse collée aux seconds rôles atteindre une certaine reconnaissance par la profession. Enfin, Sebastien Stan (le Bucky de Captain America) complète avec conviction ce trio de tête. Ayant le mérite de présenter un sport peu mis en scène au cinéma, Moi, Tonya est alors un anti-biopic intéressant notamment formellement mais oubliable parce qu’il n’exploite pas suffisamment ses différents thèmes mis en place, qui aurait pu rendre cette oeuvre bien plus puissante.

Moi, Tonya : Photo

[MC2018] I Don’t Feel At Home in This World Anymore

réalisé par Macon Blair

avec Melanie Lynskey, Elijah Wood, Jane Levy…

Film policier, comédie dramatique américain. 1h33. 2017.

sortie française (Netflix) : 24 février 207

Ruth Rimke est une infirmière dépressive et peu sûre d’elle. Suite à un cambriolage dans sa maison, face à l’inactivité de la police, elle se lance dans une enquête. Elle se fait aider par son voisin Tony afin de retrouver les cambrioleurs.

Macon Blair est l’acteur fétiche du jeune réalisateur ultra prometteur Jeremy Saulnier : Muder Party, Blue Ruin (un film important à mes yeux) et Green Room (une oeuvre remarquable avec le regretté Anton Yelchin). L’acteur américain, surtout vu dans des productions indépendantes (notamment avec le récent Florida Project où il interprétait, le temps d’une scène, le client d’une prostituée), passe pour la première fois derrière la caméra. I Don’t Feel At Home in This World Anymore (ouais, le titre est à rallonge et n’aidera certainement aux anglophobes à se réconcilier avec la langue de Shakespeare) a alors remporté le Grand Prix du Jury au festival de Sundance en 2017. Hélas, il connaît lui aussi une sortie directe sur Netflix, le sort désormais habituel de nombreux petits films. Connaître le cinéma de Saulnier peut être intéressant pour appréhender cette oeuvre de Macon Blair. Cela se ressent que Blair a puisé son inspiration chez le cinéaste qui l’a fait connaître (et accessoirement son meilleur ami depuis sa plus tendre enfance), que ce soit dans l’environnement dépeint, dans la facilité de changer de registre au sein du récit ou encore dans l’exposition même de personnages fragiles. Mais il ne cherche jamais à copier son pote tout comme il ne cherche pas non plus à copier d’autres grands noms. En effet, beaucoup n’ont pas hésite à comparer le film à l’univers des Coen, Ritchie ou Tarantino. Je ne sais pas si Blair a pensé à ces références en question mais je n’ai pas trouvé que son film ressemblait tant que ça aux oeuvres de ces grands noms (ou alors de loin et superficiellement). Si son film n’entrera pas au Panthéon des grands films (et n’a pas cette prétention), Macon Blair signe en revanche une oeuvre à la mise en scène autant efficace que personnelle, qui mérite le coup d’oeil. Sur le papier, rien de bien révolutionnaire dans cette histoire : une rencontre explosive entre deux losers (et évidemment l’union fait la force) dans un trou paumé et violent américain. On part alors d’une situation relativement banale (un simple cambriolage) qui prend de plus en plus d’énormes proportions.

Violence et humour noir combinés ensemble font également partie des ingrédients d’une recette classique mais qui fonctionnent pourtant indéniablement bien. A travers des changements de ton surprenants, le récit porte une progression détonante : la perte de contrôle de la situation amène un grain de folie, le film oscillant alors sans cesse entre le drame social et la comédie déjantée, en passant par le thriller. Macon Blair offre alors un regard sombre sur l’Amérique d’aujourd’hui (je vous promets de ne pas caler l’expression pénible « l’Amérique de Trump »), incapable de protéger ses citoyens, les conduisant à devoir faire justice eux-mêmes. Cela dit, et c’est peut-être aussi ce qui explique le charme et l’intérêt même de ce film, les personnages sont réellement intéressants : malgré un environnement violent, les poussant dans un engrenage brutal, les personnages sont inoffensifs. Ils auraient pu devenir des « méchants », or ils savent rester eux-mêmes et préserver leurs valeurs. Le film, plutôt bien rythmé, est alors un revenge movie-buddy movie, paradoxalement optimiste de ce point de vue-là. Enfin, le duo formé par Melanie Lynskey et Elijah Wood (j’ai toujours apprécié ces deux acteurs discrets et certainement sous-estimés) marche également du tonnerre, les personnages qu’ils incarnent étant très attachants et jamais surécrits comme cela peut arriver dans des films qui se veulent « excessifs ». Le regard posé sur ces personnages courageux est tendre : on ne se moque jamais de leur maladresse. Surtout, même si les personnages ne basculent pas du côté obscur, ils trouvent dans cette mission dangereuse un sens à leur existence morne. Si l’environnement n’est pas favorable, chacun peut prendre son destin en main. I Don’t Feel At Home in This World Anymore n’est pas forcément un film révolutionnaire et nouveau par rapport à son emballage formel, il ne restera pas non plus dans les annales (il lui manque certainement un je-ne-sais-quoi pour arriver à ce niveau) mais il a le mérite d’être une comédie noire plaisante et bien foutue et au contenu solide. Il s’agit d’un premier film réussi et on espère voir Macon Blair endosser de nouveau la casquette de réalisateur (même si je l’aime bien aussi devant). Et au passage, il s’agit selon moi d’un des meilleurs films par Netflix (et c’est regrettable qu’on ne mentionne pratiquement jamais alors qu’on nous bassine actuellement avec Okja et Annihilation qui seraient les meilleures oeuvres de la plateforme alors qu’il y a cette pépite en question).

The Disaster Artist

réalisé par James Franco

avec James Franco, Dave Franco, Seth Rogen, Alison Brie, Ari Graynor, Jacki Weaver, Josh Hutcherson, Zac Efron, Bryan Cranston, Sharon Stone, Melanie Griffith, Christopher Mintz-Plass, Judd Apatow, Megan Mullaly….

Comédie dramatique, biopic américain. 1h40. 2017.

sortie française : 7 mars 2018

En 2003, Tommy Wiseau, artiste passionné mais totalement étranger au milieu du cinéma, entreprend de réaliser un film. Sans savoir vraiment comment s’y prendre, il se lance … et signe THE ROOM, le plus grand nanar de tous les temps. Comme quoi, il n’y a pas qu’une seule méthode pour devenir une légende !

The Disaster Artist : Photo James Franco

The Room de et avec Tommy Wiseau (et même produit par Wiseau !) est devenu malgré lui un film culte grâce à sa légendaire médiocrité. Oui, j’ai regardé le film par pure curiosité il y a quelques années : il est certain que je m’en souviens bien pour de mauvaises raisons. Deux choses (contradictoires) me gênent dans ce phénomène The Room qui semble avoir particulièrement explosé cette année (avec la sortie du film de Franco). Soit on expose Wiseau comme une bête de foire durant des séances spéciales soit certains diront très sérieusement que Wiseau est justement un génie. Même le comportement de Wiseau est parfois problématique dans le sens où il a tenté de justifier son film catastrophique quelques années plus tard  en « expliquant » qu’il s’agissait soi-disant d’une comédie noire. Si je comprends qu’on parle encore de The Room, qu’on en rigole même, il ne faut juste pas oublier que c’est un avant tout un drame pitoyable vaguement inspiré des pièces de Tennesse Williams ! Greg Sestero, un des acteurs principaux de The Room (et accessoirement un des meilleures potes actuels de Wiseau), a co-écrit avec Tom Bissell l’ouvrage The Disaster Artist : Ma vie avec The Room, le film le plus génialement nul de l’histoire du cinéma, adapté donc par James Franco. Vu le phénomène autour de The Room, j’avais peur que Franco se moque lui aussi ouvertement de Tommy Wiseau. Franco est toujours respectueux avec cet homme dont on ne saura finalement jamais rien. On sent qu’il est même admiratif de son parcours et de sa personnalité hors normes. Franco se met dans la peau de Wiseau pour tourner The Room : non seulement il l’incarne (son imitation est plus que crédible tout en laissant émaner une certaine humanité), mais il a aussi réalisé et produit le film. De plus, Wiseau a calé dans l’aventure son meilleur ami Greg Sestero, Franco a alors mis ses amis et les amis de ses amis : son frère Dave Franco incarne avec conviction le meilleur ami (j’avais peur que ça soit bizarre de voir deux frères interpréter deux amis mais ça passe), sa belle-soeur Alison Brie (son personnage n’est hélas pas suffisamment exploité alors que sa rupture avec Sestero est clairement liée avec le tournage de The Room) ou encore ses amis (Judd Apatow, Seth Rogen…). The Disaster Artist a le mérite d’être un film fait avec le coeur, qui suit toujours sa propre logique et surtout, comme je le disais avant, bienveillant avec le personnage de Wiseau, alors qu’on aurait tendance à vouloir rire de lui.

The Disaster Artist : Photo James Franco

Cela dit, si l’ensemble reste pour moi plus que satisfaisant voire même plaisant, la bienveillance qu’a James Franco est finalement parfois problématique pour ne pas dire frustrante. A force d’éprouver de l’admiration pour Wiseau, Franco passe parfois à côté de certains des thèmes mis en place dans le scénario. Par exemple, l’axe concernant la relation entre Greg Sestero et sa copine est bâclé : elle montrait à l’origine comment l’amitié et les relations au travail entre Sestero et Wiseau ont plombé la vie privée du premier. Là on passe vite fait sur la rupture (et apparemment, le bouquin d’origine insiste davantage sur ce point pour appuyer la toxicité de ce tournage. Il est également dommage de ne pas avoir insisté davantage sur Wiseau qui ressemblerait presque à un personnage fictif vu sa bizarrerie et les mystères autour de sa vie (on serait presque ici dans l’anti-biopic sur le papier). Enfin, à force de se concentrer sur cette histoire d’amitié, le film passe aussi à côté de la carrière bousillée de Greg Sestero (enfin, même si dès le début, il ne faisait pas non plus preuve d’un grand talent) par cette amitié et ce tournage chaotique. Je pense aussi que The Disaster Artist est plutôt adressé aux spectateurs qui ont déjà vu The Room. Je ne dis pas qu’on ne peut pas apprécier le film de Franco sans l’avoir vu, et on le comprend heureusement sans l’avoir vu, surtout que Franco expose bien à la fin quelques images avec les véritables Wiseau et Sestero. Il reconstitue même, comme le montre sa dernière scène, qu’il a su reconstituer les scènes cultes de The Room pratiquement avec exactitude (la comparaison est visible avec les deux scènes côte à côté sur la même image se déroulant en même temps). Mais on sent tout de même que Franco exclut par moments ceux qui n’auraient pas vu The Room. En fait, The Disaster Artist est finalement un sympathique et inoffensif, romançant un peu trop la célébrité de Wiseau autour de The Room (en réalité, elle n’a pas été immédiate) qui expose une jolie success story à l’envers et une histoire d’amitié née autour de la lose. Mais il a du mal à aller plus loin, à être plus pertinent alors qu’il en avait les possibilités. Il s’agit donc d’un film intéressant mais qui ne restera pas dans les annales malgré un énorme potentiel pas suffisamment exploité.

The Disaster Artist : Photo

[MC2018] Les Figures de l’ombre

réalisé par Theodore Melfi

avec Taraji P. Henson, Octavia Spencer, Janelle Monáe, Kevin Costner, Kirsten Dunst, Jim Parsons, Mahershala Ali, Glen Powell…

titre original : Hidden Figures

Biopic, drame américain. 2h07. 2016.

sortie française : 8 mars 2017

Un film basé sur des faits réels

Le destin extraordinaire des trois scientifiques afro-américaines qui ont permis aux États-Unis de prendre la tête de la conquête spatiale, grâce à la mise en orbite de l’astronaute John Glenn. Maintenues dans l’ombre de leurs collègues masculins et dans celle d’un pays en proie à de profondes inégalités, leur histoire longtemps restée méconnue est enfin portée à l’écran.

Les Figures de l'ombre : Photo Janelle Monáe, Octavia Spencer, Taraji P. Henson

Les biopics font partie des genres favoris des Oscars, ils finissent en tout cas souvent parmi les nommés. Ce fut le cas pour Les Figures de l’ombre, nommé à trois reprises aux Oscars (dans les catégories « meilleur film », « meilleure actrice dans un second rôle » et « meilleur scénario adapté »). Mais beaucoup de biopics ne sont pas particulièrement intéressants, se contentant de raconter des histoires qu’on peut tous connaître façon papi Wiki. Les Figures de l’ombre semble être calibré pour les Oscars au premier abord.  Mais étonnamment, le résultat est plutôt plaisant et bien foutu. Sa mise en scène n’est pas forcément révolutionnaire ni très personnelle mais elle est tout de même plutôt efficace. Le film est également soigné esthétiquement dans le sens où la reconstitution de l’époque est totalement crédible sans être too much. Surtout, il gagne en force par les discours qu’il défend avec efficacité et sincérité. En effet, le long-métrage raconte a priori simplement l’histoire incroyable de trois scientifiques afro-américaines, Katherine Johnson, Dorothy Vaughn et Mary Jackson, qui ont réussi à apporter à transformer le sort de la science (via la NASA) tout comme le sort des femmes et celui des personnes issus de la communauté afro-américaine : dans un monde et une époque qui les mettait de côté, ces femmes étaient des outsiders battantes et admirables. Katherine Johnson (interprétée par une impeccable Taraji P. Henson), une prodige en mathématiques dès sa plus tendre enfance, a fortement contribué au succès du premier vol orbital autour de la planète de l’astronaute John Glenn. Mary Jackson (incarnée par la pétillante Janelle Monáe) était diplômée en mathématique et physique avant d’intégrer la NASA. Mais elle ne pouvait pas prétendre à un diplôme d’ingénieur. Elle a alors dû se battre pour suivre un cursus plus poussé, ce qui était interdit à l’époque ségrégationniste. A la fin de ses études, Mary Jackson est devenue la première ingénieure noire de la Nasa. Quant à Dorothy Vaughan (Octavia Spencer a l’air de jouer toujours le même type de personnages et pourtant on ne s’en lasse pas), elle a rapidement compris que les calculateurs humains seraient rapidement dépassés par les ordinateurs : elle a donc appris le langage de programmation FORTRAN. Elle est donc devenue la première manager noire de l’histoire de l’agence. Bref, le film reprend, de manière romancée, ces informations que vous retrouverez facilement à droite et à gauche.

Les Figures de l'ombre : Photo Janelle Monáe

Cela aurait pu être très plat, en se contentant de livrer aux spectateurs des informations ou de rappeler quelques pages de l’Histoire pour ceux qui les connaissaient déjà. Or, la force des Figures de l’ombre d’avoir su intégrer trois discours à défendre tout en livrant un scénario cohérent et clair pour le grand public : ainsi, la cause afro-américaine, le féminisme et la course à la grandeur nationale par la conquête spatiale sont au coeur de ce film. Ainsi, ces trois thèmes s’emboîtent logiquement bien : cela permet alors au long-métrage d’être encore plus universel qu’il ne l’est déjà. Surtout, on peut aussi établir un autre parallèle avec cette guerre contre les Soviétiques : il faut être plus fort et intelligent que nos adversaires pour atteindre nos objectifs. Le film ne se limite alors pas à son arrière-fond engagé pour le féminisme et pour la lutte pour les droits civiques. Les Figures de l’ombre parle plus globalement de l’héroïsme à tous les niveaux. Rattacher cet héroïsme  avec la conquête spatiale est une idée pertinente : battre à ce moment-là les Russes était essentiel. Et voir ces femmes contribuer à la réussite américaine alors qu’elles sont rejetées par une Amérique raciste et misogyne a quelque chose de fort : au-delà de la dénonciation d’une époque pas si lointaine que cela, le film appuie encore plus l’hypocrisie et la violence des Etats-Unis face à ces sujets douloureux. Si ce biopic fonctionne malgré son évident académisme, c’est certainement parce que le ton est plutôt plaisant. Oui, la fin est plutôt touchante puisque chaque personnage parvient à son but, mais le film en lui-même n’est jamais larmoyant. Même si les enjeux sont dramatiques, le ton est plutôt léger et des notes d’humour sont souvent présentes sans qu’elles plombent le propos du long-métrage. Les personnages, aussi bien nos trois héroïnes que les personnages secondaires, sont également tous attachants (je pense ici au personnage de Mahershala Ali) ou intéressants (les racistes ne sont pas caricaturaux en mode « coucou nous sommes des méchants »). De plus, à l’heure où nous continuons à nous interroger sur le féminisme, sa définition ou encore son rôle à jouer, cela fait en tout cas du bien de voir des héroïnes ordinaires, entrées dans l’histoire pour leur intelligence et les combats qu’elles mènent. Les Figures de l’ombre est donc une oeuvre touchante et attachante et importante bien rythmée parvenant à délivrer avec efficacité un message fort.

Les Figures de l'ombre : Photo Janelle Monáe, Octavia Spencer, Taraji P. Henson