Coco (2017)

réalisé par Lee Unkrich et Adrian Molina

voix originales d’Anthony Gonzalez, Benjamin Bratt, Gael Garcia Bernal…

voix françaises d’Andrea Santamaria, Ary Abittan, François-Xavier Demaison…

Animation, aventure, fantastique américain. 1h45. 2017.

sortie française : 29 novembre 2017

coco

Depuis déjà plusieurs générations, la musique est bannie dans la famille de Miguel. Un vrai déchirement pour le jeune garçon dont le rêve ultime est de devenir un musicien aussi accompli que son idole, Ernesto de la Cruz.
Bien décidé à prouver son talent, Miguel, par un étrange concours de circonstances, se retrouve propulsé dans un endroit aussi étonnant que coloré : le Pays des Morts. Là, il se lie d’amitié avec Hector, un gentil garçon mais un peu filou sur les bords. Ensemble, ils vont accomplir un voyage extraordinaire qui leur révèlera la véritable histoire qui se cache derrière celle de la famille de Miguel…

Coco : Photo

Les grands studios d’animation commencent à prendre conscience depuis quelques années des différents changements de mentalité qui s’opèrent. Disney avait déjà fait quelques grands pas avec La Princesse et la Grenouille et Vaiana avec respectivement une héroïne afro-américaine et une autre polynésienne. Pixar entre dans cette même démarche en situant l’intrigue au Mexique pendant la Fête des Morts. Sorti en pleine ère Trump, le succès d’un film américain grand public privilégiant la culture mexicaine fait forcément sourire voire même plaisir. Avant de découvrir Coco (ils sont allés chercher loin ce titre, j’avoue être un peu déçue par ce choix), les deux derniers Pixar que j’avais étaient certes plutôt bons mais tout de même j’en garde encore un goût amer. Le Monde de Dory reste en-dessous du Monde de Nemo. Et je m’étais déjà longuement exprimée sur Vice Versa que je trouve toujours autant surestimé. J’aime les films de ce studio, Coco me faisait de l’oeil mais j’avais tout de même peur d’être encore déçue. Je le dis d’entrée : de mon point de vue (sans jouer les chieuses de service), Coco n’est pas pour moi un chef-d’oeuvre même si je sais que beaucoup le classent déjà dans cette catégorie. En revanche, je m’accorde à dire qu’il s’agit d’un très bon film qui mérite l’accueil qui lui a été réservé. Ce Coco me semble plus intéressant, sur de nombreux points, que les précédents longs-métrages de Pixar que j’ai cités. Pixar a toujours fait des merveilles sur l’esthétique, on connaît tous la qualité de leur travail. Mais là, le résultat est réellement époustouflant. Peut-être même une des plus belles réussites des studios concernant ce point. Basculant sans cesse entre des tons sombres et des couleurs vives, l’univers présenté, notamment le Pays des Morts, nous en met plein la vue. Ces couleurs entrent en cohérence avec l’un des propos du film : la Mort n’est pas nécessairement synonyme de tristesse puisqu’elle fait partie de la vie. Il n’y a que les couleurs flamboyantes qui ont su m’emballer. Les reliefs, la lumière ou encore les mouvements fluides de caméra permettent aussi de valoriser des décors fabuleux débordant d’une créativité folle. Comment ne pas être gaga devant le Monde des Morts et la passerelle entre les deux mondes ? Comment ne pas être époustouflé par la transformation corporelle de Miguel en guise de compte à rebours ? Chaque détail est pensé et bien exécuté à l’écran. Au-delà d’un travail visuel étonnant, l’histoire en elle-même est plaisante même si elle n’est pas non plus très surprenante.

Coco : Photo

Comme la plupart des Pixar, Coco parvient à toucher tous les publics. Surtout, parler de la mort aux enfants n’est pas une tâche facile. Certes, la manière de distribuer ce message reste relativement « simple » mais elle est tout de même très efficace. C’est sans chichi et ça va droit au coeur. Coco est alors indéniablement un magnifique spectacle bien rythmé assez poignant. Le résultat est bouleversant mais jamais macabre. Je ne dirais pas que j’ai pleuré comme une madeleine pendant des heures (en même temps, niveau émotion, difficile de faire concurrence à Là-Haut et Toy Story 3 !). Mais j’ai tout de même versé quelques larmes à la fin du long-métrage. Le film parvient à nous toucher en plein coeur pas uniquement par son thème principal, c’est-à-dire la mort  (cette présentation de ce concept reste joyeux et dédramatisé) mais plutôt par un autre thème (lié à celui de la mort) à déceler : celui du souvenir. Ce thème était déjà présent dans Vice Versa : si je trouve ce dernier effectivement surestimé, il gagne tout de même des points concernant sa vision juste sur le rôle des souvenirs. En effet, un souvenir qui touche est souvent composé par plusieurs émotions qui se côtoient et se mélangent. Coco reprend alors un message entrant la même veine. Le souvenir est en fait ce qui nous rend vivant. Le souvenir de nos proches morts est aussi ce qui les rend encore vivants dans nos coeurs. L’oubli est justement ce qui les enterre définitivement. Le long-métrage ne se contente alors pas de dédramatiser la mort, il célèbre aussi avec autant de joie que d’émotion la mémoire familiale tout comme il encourage à chacun de vivre sa passion telle qu’on le souhaite même si nos proches nous en dissuadent pour des raisons qui sont valables à leurs yeux (l’envie de protéger la famille, d’éviter éventuellement de refaire les mêmes erreurs faites par le passé, bref la question de la transmission familiale est toujours bien traitée). En revanche, je suis un peu déçue par la bande-originale. Peut-être que la VF ne m’a pas aidée à apprécier les différentes chansons (même si, côté dialogues, j’en suis tout à fait satisfaite !), fortement marquées par une musicalité hispanique. Mais aucune ne m’a vraiment marquée (en dehors de Remember me / Ne m’oublie pas même si personnellement je ne suis pas une grande fan de cette chanson) ce qui est tout de même regrettable dans un film mettant en scène un musicien (c’est peut-être même ce détail en question qui ne me pousse pas à adorer absolument ce film même s’il m’a beaucoup emballée). Magique, créatif, émouvant, Coco prouve bien que Pixar n’a pas perdu la main en proposant une oeuvre d’une grande richesse où les prouesses techniques et esthétiques servent un propos universel.

Coco : Photo

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22 réflexions au sujet de « Coco (2017) »

  1. J’y ai emmené ma fille et nous avons passé un très bon moment.
    Mais je dois avouer que j’ai été déçue par l’histoire. J’ai adoré le message sur la famille mais je n’ai pas accroché à cette quête dans le monde des morts, c’était distrayant mais par moments on perdait de vue le sens de toute cette agitation.
    Par contre comme beaucoup j’ai versé quelques larmes à la fin 🙂

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  2. Pour les chansons, je confirme, il faut absolument voir la version en espagnol ! Comment est traitée en français la scène où Imelda se met à chanter ? Parce que la Llorona est un chant mexicain traditionnel. Et « Recuérdame » est très touchante en version espagnole quand c’est Miguel qui la chante.

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  3. Tout à fait d’accord avec toi. Un grand Pixar. En revanche, je suis moins sévère que toi sur « Vice-versa ». Goûts et couleurs. Je suis quand même franchement admiratif de la manière dont le studio combine presque toujours un scénario impeccable et une forme époustouflante. Jusqu’où iront-ils ???

    Et hop ! Un lien de plus sous ma (future) chronique !

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  4. Bonjour tina, tu n’as mis que 3 étoiles? Je te trouve sévère. J’ai adoré. Un film pour petits et grands hautement recommandable. Bonne fin d’après-midi.

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  5. @ MlleJuin :
    Ah effectivement je comprends ton petit scepticisme du coup ! (même si tu as bien aimé l’ensemble)
    Comme quoi, on peut être émue devant un film sans adhérer à tout – comme ce fut mon cas même si je ne lui fais pas les mêmes reproches. 🙂

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  6. @ lilylit :
    Comment te décrire ça ahahah ? 😀
    Bon après je dois l’avouer : à l’origine, je ne suis pas forcément sensible aux musiques hispaniques. (et je sais de quoi je parle ahaha).

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  7. @ Martin :
    Ahahaha je sais que je me mets beaucoup de gens à dos concernant Vice Versa ! :p
    Hâte de lire ta chronique !! 😀 et effectivement, les studios ont le mérite de mêler à la fois le fond et la forme, ça parle à tout le monde et c’est pas forcément évident 🙂

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  8. @ dasola :
    Comme je le disais, les musiques m’ont pas spécialement emballée et vu son sujet, ca me titille un peu mine de rien. Et après j’arrive pas à l’expliquer – et on peut toujours tout expliquer car y a des ressentis vraiment personnels – mais je ne parviens pas non plus à l’adorer totalement. Mais après voilà c’est un très bon film qui mérite d’être vu, qui m’a touchée, c’est indéniable ! 😀

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  9. Merci pour cette belle chronique si complète.
    J’ai été le voir et j’ai adoré j’ai été beaucoup émue et époustouflée comme toi par les jeux de couleurs.
    Et j’ai adoré voir les enfants assis près de moi pleurer à chaude larme ou bien même rire aux éclats.
    Bon weekend

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  10. Satisfait de l’aspect musical du film. Que ce soit la musique de Michael Giacchino et les chansons en espagnol, en anglais ou en français. Un peu prévisible dans son déroulement mais un très beau film. Quant à l’animation, Pixar est tellement intouchable à son niveau que je n’ai pas grand chose à dire dessus. 🙂

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  11. C’est un film formidable mais je suis d’accord pour le titre. On pensait que Coco était Miguel mais non… C’est la grand mère… étrange choix.
    Ça manque de musique oui.
    Mais c’est BEAU et enthousiasmant. Ne pas faire peur avec la mort, chapeau. Et réclamer simplement de ne pas ooublier les morts adorés, bravo.
    Mes petits ont adoré. D’autant que nous avons un grand absent qui hante nos vies… et j’essaie que ce soit le plus joyeux possible.

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  12. @ Pascale :
    Surtout que je ne trouve pas le titre Coco pas plus vendeur que ça en plus !
    Dans l’ensemble, je vois que tu es d’accord avec moi. Et je suis contente de voir des témoignages de personnes ayant accompagné leurs enfants et leurs petits-enfants surtout sur un tel sujet ! 😀

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  13. Le titre est même presqu »un repoussoir. Il a fallu que je m’y intéresse de plus près car je croyais que c’était encore l’histoire d’une bestiole. Les enfants peuvent difficilement s’identifier à un perroquet (pour moi Coco est le nom de tous les perroquets:-) )
    Ils sont beaucoup plus touchés par l’histoire d’un petit garcon.
    J’essaie de leur montrer tout ce qui n’est pas princesse ou super héros. Nous voyons de belles choses.
    Nous avons découvert la semaine dernière en DVD, Jack et la mécanique du coeur : une merveille.

    Aimé par 1 personne

  14. @ Pascale :
    Ahaha je n’avais pas fait le rapprochement avec le perroquet mais c’est vrai !!
    (moi je pensais plus au film idiot de Gad Elmaleh, oh mon dieu).
    En tout cas, c’est une bonne chose de leur montrer des films et histoires différents ! 😀
    oooh pas vu (j’ai lu le livre en revanche) mais Jack et la mécanique du coeur m’intéresse beaucoup !! 😀

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