A Beautiful Day

réalisé par Lynne Ramsay

avec Joaquin Phoenix, Ekaterina Samsonov, Alessandro Nivola, Alex Manette, Judith Roberts…

titre original : You Were Never Really Here

Thriller, drame américain, britannique, français. 1h30. 2017.

sortie française : 8 novembre 2017

interdit aux moins de 12 ans

 

La fille d’un sénateur disparaît. Joe, un vétéran brutal et torturé, se lance à sa recherche. Confronté à un déferlement de vengeance et de corruption, il est entraîné malgré lui dans une spirale de violence…

A Beautiful Day : Photo Ekaterina Samsonov

Je ne suis pas la seule à pousser mon coup de gueule mais je ne peux pas m’empêcher de râler contre ce titre « français ». Certes, je peux comprendre que le titre original You Were Never Really Here, même traduit, soit problématique d’un point de vue « marketing ». Déjà, nous coller un titre anglais en guise de traduction reste pour moi une énigme. Mais en plus, une fois qu’on s’est tapé tout le film, on « comprend » enfin (en s’étouffant à cause de la stupidité globale de l’idée) pourquoi ce titre A beautiful day a été choisi. Je gueule aussi contre les critiques qui l’ont abusivement comparé à Taxi Driver (c’est notamment écrit sur l’horrible affiche rouge la moins vendeuse possible « Le Taxi Driver du 21e siècle »). Certes, il y a une histoire d’ancien soldat qui tente de sauver une prostituée. Oui, nous trouvons aussi dans l’oeuvre de Ramsay des références et hommages au cinéma des années 70. Mais ça s’arrête là, faudrait vous calmer les gars. Revenons donc au film. Ce long-métrage de Lynne Ramsay (qui avait signé le poignant We need to talk about Kevin) adapte le roman éponyme (enfin par rapport au titre original) de Jonathan Ames. Pour les fans de la formidable série (encore trop méconnue) Bored to Death, le nom de l’écrivain fera forcément sourire : Ames, également créateur de la série, avait inspiré le personnage du même nom dans cette série enjouée et barrée. Je n’ai jamais lu ses romans mais après avoir regardé les trois saisons, j’ai du mal à l’imaginer écrire un univers sombre. Je ne sais pas ce que donne le roman, je ne peux que juger le travail de Lynne Ramsay tel quel sur l’écran. Et malheureusement, je ne comprends absolument pas l’enthousiasme autour de ce film : petit rappel, il a remporté tout de même deux prix au dernier festival de Cannes (prix d’interprétation masculine et prix du meilleur scénario). Certes, Joaquin Phoenix livre une très bonne interprétation et même heureusement qu’il est là (oui, je fais des jeux de mots pourris avec le titre VO). Mais très honnêtement, sa performance ne m’a pas non plus époustouflée au point de lui donner une telle récompense. Je l’ai vu tellement mieux dans d’autres films ! Quant au prix du meilleur scénario, il s’agit pour moi de l’énigme de l’année. Où est le scénario ? Certes, la réalisatrice semble avoir privilégié une expérience davantage sensorielle : pourquoi pas après tout. Mais il y a un moment où ce « scénario » tenant sur un timbre-poste plombe considérablement le film manquant cruellement de consistance.

A Beautiful Day : Photo Ekaterina Samsonov, Joaquin Phoenix

On ne sait pratiquement rien sur les personnages (surtout le principal) : certes, on tente de deviner par bribes ce qui hante Joe et pourquoi il tient absolument à sauver cette gamine, fille d’un sénateur aux proies d’un réseau de politiciens pédophiles (et Joe ayant certainement été victime de violences durant son enfance de la part de ses parents). Certes, je comprends la démarche de la réalisatrice : les fantômes du passé resurgissent sur le présent, littéralement comme des flash. Mais son montage sur-épileptique finit par lasser et être contre-productif. On pourrait croire qu’il rythme le film mais finalement je me suis énormément ennuyée face à une histoire hyper bateau et creuse, où on ne répond absolument jamais à aucune interrogation alors que les portes ouvertes pour appréhender la psychologie du personnage principal restent trop nombreuses. Le film ne dure qu’1h30, j’avais l’impression qu’il en durait 3 : ce n’est pas jamais bon signe. Cela est regrettable car j’aurais aimé être touchée par cette rencontre atypique entre ces deux êtres a priori différents (milieux, sexe, âge) aux enfances brisées. La réalisatrice passe selon moi à côté de cet aspect qui aurait pu être formidable et puissant principalement par abus d’effets esthétiques et par envie d’aller trop à l’essentiel dans sa narration. Pour ne rien arranger, certaines scènes tournent parfois à la caricature (la scène où Phoenix pleure après avoir encore pété la gueule à des méchants m’a limite fait rire). Cela dit, même si je n’ai pas aimé ce film qui n’a pas réussi à me transporter, je reconnais deux qualités. La première est sa bande-originale. Certes, beaucoup de gens savent que j’adore Jonny Greenwood (et globalement Radiohead), peut-être que je parle comme une pure fan ou j’ai peut-être tenté de me raccrocher à ça. Cela dit, je trouve qu’il est toujours aussi à l’aise dans son travail de compositeur de bandes-originales de films, qu’il tente quelque part de faire surgir une émotion hélas absente. Enfin, appuyée par une jolie photographie, la mise en scène est réfléchie, soignée et précise. Certes, je ne trouve pas, à cause d’une absence de scénario et d’un montage agaçant, qu’elle relève le niveau du film mais on ne peut pas l’ignorer. Le film a l’air sans cesse violent (c’est certainement le seul « mérite » de ce choix de montage qui trouve ses limites) pourtant cette brutalité est pratiquement suggérée le trois-quart du temps, notamment par l’utilisation du hors-champ.

A Beautiful Day : Photo

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Broadchurch

Créée par Chris Chibnall

avec David Tennant, Olivia Colman, Jodie Whittaker, Andrew Buchan, Charlotte Rampling, Marianne Jean-Baptiste, James d’Arcy…

Série dramatique, policière. 3 saisons. 2013-2017.

Une petite communauté se retrouve sous les projecteurs des médias après la mort d’un petit garçon. Deux enquêteurs sont chargés de résoudre cette affaire délicate, tout en essayant de garder la presse à distance et de préserver le tourisme. Face à un tel drame, les habitants commencent à s’épier les uns les autres, faisant remonter à la surface bien des secrets…

Photo David Tennant, Olivia Colman

Broadchurch est certainement l’une des meilleures séries que j’ai pu voir. Et je suis heureuse qu’elle prenne fin au bout de trois saisons avec une conclusion tout simplement parfaite : on ne pouvait pas imaginer mieux. Cela n’est pas évident de rendre une série addictive (pour moi, donner envie à chaque fois de regarder l’épisode suivant est l’un de mes critères phares pour juger une série) en évoquant des sujets cruels et douloureux comme la mort d’un enfant, l’injustice ou encore le viol. Ce ne sont pas des sujets très glamour qui devraient attirer a priori les téléspectateurs : pourtant, la série a cartonné au point qu’elle a eu droit à des remakes ou pseudo remakes pour d’autres. Elle a pourtant su pendant ces trois saisons allier le genre policier (qui appartient un peu plus à ce qu’on attend en terme de « divertissement ») au pur drame ainsi que la part intime à la part collective. Cela n’est pas non plus évident de raconter une histoire sur trois saisons (dans un sens, trois « chapitres ») en gardant jusqu’au bout l’essence de la première saison (le meurtre du petit Danny et savoir faire son deuil) tout en sachant prendre de nouvelles directions, notamment en ajoutant petit à petit de nouvelles histoires  (dans la saison 3, le viol de Trish durant la soirée d’anniversaire de sa meilleure amie) qui ne sont pas nécessairement directement reliées à ce qu’on a déjà vu auparavant. Le défi est relevé haut la main, surtout dans la saison 3 qui, très honnêtement, est celle que j’ai préférée (et pourtant, j’adore la première saison). Les saisons 1 et 3 forment une boucle qui structure la série. Il y a donc des échos intéressants entre les deux saisons en question sans qu’on n’ait l’impression que la série se répète pour autant. La première saison traitait la mort d’un enfant : est-ce qu’il y a pire que ça ? Puis la troisième saison met en avant le viol d’une femme. Certes, Trish semble être tout le contraire de Danny dans le sens où elle n’appartient pas au même genre, ni à la même tranche d’âge et elle est encore vivante après le crime dont elle a été victime. Mais finalement, on s’aperçoit qu’aucune hiérarchisation dans l’horreur n’est possible.

Photo David Tennant, Jodie Whittaker

Les deux affaires ne sont pas nécessairement liées directement mais pourtant on retrouve des sonorités proches : on doit se méfier de tout le monde car chaque membre de la communauté, même la personne la moins soupçonnable possible, peut être ce criminel même s’il n’en a pas l’apparence, même si on refuse de l’admettre alors qu’il se promène quasiment sous nos yeux. Cela dit, au fond, la vraie manière d’avoir reliée les deux saisons se résume en un nom : Beth Latimer. Elle a perdu son enfant d’une manière atroce mais pourtant c’est elle qui, par son nouveau travail (avec les services sociaux), va guider Trish à surmonter la douleur insurmontable suite à son viol. Jodie Whittaker, désormais connue pour être la première Doctor Who femme, est formidable dans les trois saisons et son évolution au fil des saisons m’a réjouie ! Blessée et meurtrie au départ, elle parvient partout dans la dernière saison à illuminer cette série pourtant très sombre. La voir se relever petit à petit sans jamais effacer la blessure qu’elle portera à vie est émouvant. La deuxième saison est certainement celle que j’ai le moins aimée. Comme la majorité des gens. Mais contrairement à toutes les critiques que j’ai pu lire sur elle, je ne la dénigre pas non plus. Oui, elle est en dessous mais non, elle n’est pas non plus mauvaise. Certes, la nouvelle enquête n’est pas mémorable. En revanche, même si ce point a aussi été décrié, pour ma part, j’ai trouvé la partie « procès » finalement assez intéressante. On se dit à la fin de la première saison que justice sera faite : on connait l’identité du tueur, les explications sont claires pour tout le monde. On se dit que le tueur sera puni et que les Latimer pourront faire leur deuil. Pourtant, on voit que le cheminement reste plus difficile que prévu, que la phase du deuil est finalement plus complexe (et cela se confirme dans la saison 3 face à certains choix que feront les Latimer, surtout le père). Pour que le deuil au sens intime puisse se produire, il faut que la justice aille dans ce sens. Or, le combat entre les brillantes avocates incarnées par Charlotte Rampling et Marianne Jean-Baptiste reste tenace.

Photo

Les deux enquêtes (saisons 1 et 3) sont passionnantes notamment sur un fait : les scénaristes parviennent à impliquer les spectateurs. Ainsi, il est loin d’être impossible de deviner l’identité des criminels même si les scénaristes savent tout de même brouilles les pistes. A chaque fois, j’ai réussi à comprendre qui avait fait le coup (même si j’avais tout de même en moi une petite part de doute). Pourtant, cela n’empêche pas d’apprécier la série bien au contraire. Chaque saison s’étale systématiquement sur huit épisodes. Ce rythme est tout simplement parfait : les scénaristes ont le temps de développer les intrigues et les personnages sans s’éterniser ni bâcler. Ainsi, et c’est aussi ce qui peut expliquer pourquoi deviner les identités des criminels n’est pas un problème : la série va bien au-delà de la simple enquête policière : s’il y a enquête, c’est finalement pour mieux disséquer les travers et les fragilités des individus et d’un ensemble d’humains. Certes, Broadchurch est une excellente série policière mais on ne peut pas la limiter à ce genre. C’est avant tout un drame humain qui touche autant la collectivité que l’individualité, l’un n’allant jamais sans l’autre. Et pour illustrer encore plus ce lien inévitable entre les deux, Alec Hardy et Ellie Miller (incarnés par les excellents David Tennant et Olivia Colman – leur complicité fait des étincelles) sont autant mis en avant en tant que duo (les deux s’apprécient autant qu’ils se chamaillent) qu’individuellement face à leurs problèmes personnels. Dernière remarque avant de conclure : c’est peut-être une des seules fois où je vois une telle approche concernant le viol. La troisième saison a beau être très sombre et très dure (et j’ai versé quelques larmes – et pas uniquement à cause du fil conducteur autour du viol), elle est aussi étonnamment bienveillante et surtout très réaliste. Je pense qu’elle fera beaucoup de bien aux victimes de violences sexuelles. Filmé dans un décor naturel fantastique vivant, magnifié par une sublime photographie, le tout sur une fantastique bande-son mélancolique, Broadchurch est une série intense et poignante sachant mêler les émotions sans être larmoyante.

Photo David Tennant, Olivia Colman

Au revoir là-haut

réalisé par Albert Dupontel

avec Nahuel Perez Biscayart, Albert Dupontel, Laurent Lafitte, Niels Arestrup, Emilie Dequenne, Mélanie Thierry, Héloïse Balster, Philippe Uchan, André Marcon, Michel Vuillermoz, Kyan Khojandi…

Comédie dramatique française. 1h57. 2017.

sortie française : 25 octobre 2017

Novembre 1919. Deux rescapés des tranchées, l’un dessinateur de génie, l’autre modeste comptable, décident de monter une arnaque aux monuments aux morts. Dans la France des années folles, l’entreprise va se révéler aussi dangereuse que spectaculaire..

Au revoir là-haut : Photo Albert Dupontel

Albert Dupontel doit remporter le César du meilleur réalisateur cette année. Avec cette adaptation du roman de Pierre Lemaître (lauréat du Goncourt en 2013 – jugé inadaptable selon certains lecteurs), on ne voit pas qui d’autre pourrait décrocher cette statuette qui serait tant méritée (et si cela ne se passe pas comme je le souhaite, je crierais évidemment au scandale). Le cinéma français n’est pas mort malgré un nombre nombre de films douteux : il y a toujours des oeuvres surprenantes, prouvant que des talents existent encore chez nous. Dupontel réussit un tour de force : il fait preuve d’une ambition (je parle ici d’une ambition avec une grande échelle – évidemment qu’on peut faire des films ambitieux avec un petit budget !) à laquelle on ne croyait plus en France depuis pas mal d’années. Non, il n’y a pas que Luc Besson et ses films internationaux qui montreraient éventuellement une possible audace dans le cinéma français. L’acteur-réalisateur (il s’est donné l’un des rôles principaux qu’il défend merveilleusement bien) relève le défi haut la main (avec l’aval de Pierre Lemaître qui a collaboré à l’écriture du scénario !). Il le dit lui-même : il avait la possibilité de pouvoir s’éclater avec les différents moyens mis à sa disposition (c’est la première fois de sa carrière qu’il est à la tête d’une superproduction). On aurait pu craindre de voir des effets totalement superficiels ou gratuits, mais même ceux qui pourraient l’être ne le deviennent pas. Ils s’intègrent bien dans l’univers baroque mis en place. Le roman est visiblement encore plus dense et riche en détails que le film. Mais le long-métrage reste tout de même d’une grande intensité et inventivité ! La mort est certainement un des points de départ de l’histoire : on démarre dans les tranchées, à la fin de la guerre alors que l’armistice approche. Mais ce groupe de soldats n’a toujours pas le temps de respirer, certains seront lâchement assassinés, d’autres voudront juste être morts alors que le coeur bat encore. C’est le cas de l’un des personnages principaux, Edouard Péricourt. Une des histoires parallèles (une escroquerie autour de soldats décédés) tourne donc aussi autour de la mort. Paradoxalement, il s’agit d’un film terriblement vivant ! Cette vie passe par la créativité, que ce soit dans la fabrication des masques qui redonne dans un sens une nouvelle vie à Edouard malgré son existence devenue fantomatique ou encore dans les différentes arnaques mises en place, notamment aidées par le dessin.

Au revoir là-haut : Photo Albert Dupontel

C’est pour cela que certains effets très esthétisés trouvent aisément sa place dans le récit : le parallèle entre la créativité débordante d’Albert Dupontel en tant qu’artiste-artisan-réalisateur et celle des personnages est saisissant. La création est peut-être une des clés pour tenter de sortir des ténèbres et choisir un meilleur destin. On passe alors aisément du film d’époque au film de guerre, en passant par une oeuvre beaucoup plus intime, tout en côtoyant le burlesque (notamment par des hommages au cinéma muet) voire même le grotesque. Avec la présence de masques (d’une beauté folle à chaque fois) pour ne citer que cet exemple, le cinéma se marie bien avec l’univers du théâtre et au-delà Dupontel a su capter l’essence de cette époque qui a envie de se reconstruire notamment par la fête (et il y a par ailleurs une excellente scène – une des seules apparitions d’Edouard à l’extérieur) mais qui reste profondément marquée par la guerre. Tout est d’une folle beauté : la précision des cadres, les mouvements fluides, la photographie soignée, la reconstitution de l’époque par des décors et costumes sublimes, la bande-originale de Christophe Julien (dont je remarque son talent pour la première fois de mon existence !) et surtout l’émotion en général, sans que cette dernière ne plombe le ton parfois enjoué (certaines scènes sont même très drôles !). Etre acteur et réalisateur reste un exercice difficile mais Albert Dupontel s’en sort merveilleusement bien. Cela dit, il ne faut pas non plus tourner autour du pot : si l’ensemble du casting est excellent (Niels Arestrup sévère et touchant à la fois, Laurent Lafitte excellent en ordure), Nahuel Perez Biscayart est certainement celui qui impressionne le plus. Certes, il ne s’agit pas du personnage qu’on voit le plus mais pourtant on a sans cesse l’impression qu’il est omniprésent. Tel un fantôme comme le suggèrent ses apparences et son nouvel mode de vie, il hante littéralement le film par sa figure de « monstre » attachant. Il ne prononce pratiquement pas de répliques dans le film (le peu se résume à des sortes de « grognements » qui doivent venir du fond de sa gorge) mais sa gestuelle et son regard si expressif savent bouleverser ou provoquer quelque chose à chaque scène. Au revoir là-haut est donc certainement une des plus belles surprises de l’année. Magnifique autant esthétiquement qu’émotionnellement (oui, j’ai encore versé quelques larmes), notamment par la manière de traiter ces vies et corps brisés et les difficiles relations entre un père et son fils, le long-métrage est un mélange sublime entre la poésie et l’horreur, la douleur intime et les dommages collectifs.

Au revoir là-haut : Photo Albert Dupontel

Epouse-moi mon pote

réalisé par Tarek Boudali

avec Tarek Boudali, Philippe Lacheau, Charlotte Gabris, Andy Rowski, David Marsais, Julien Arruti, Baya Belal, Philippe Duquesne, Zinedine Soualem, Ramzy Bedia…

Comédie française. 1h32. 2017.

sortie française : 25 octobre 2017

Yassine, jeune étudiant marocain vient à Paris faire ses études d’architecture avec un visa étudiant. Suite à un événement malencontreux, il rate son examen, perd son visa et se retrouve en France en situation irrégulière. Pour y remédier, il se marie avec son meilleur ami. Alors qu’il pense que tout est réglé, un inspecteur tenace se met sur leur dos pour vérifier qu’il ne s’agit pas d’un mariage blanc…

Epouse-moi mon pote : Photo Philippe Lacheau, Tarek Boudali

La comédie française actuelle fait peur pour différentes raisons. Souvent pas drôle (toujours un comble pour une comédie) et remplie de lourdeurs, elle véhicule en plus des idées plus que douteuses. Faisons le bilan de notre année difficile pour la comédie française : l’apologie du viol dans Gangsterdam, le sexisme dans Si j’étais un homme ou encore le racisme (surtout envers les Roms) dans A bras ouverts. Le sujet et la bande-annonce de Epouse-moi mon pote faisait vraiment craindre le pire : on mixe alors des sujets délicats, c’est-à-dire l’immigration, le blanc blanc et l’homosexualité. Même si j’avais plutôt apprécié les comédies de l’équipe de Philippe Lacheau et Tarek Boudali (Babysitting 1 et 2, Alibi.com), vu les critiques parfois très négatives que j’ai vues à son égard, j’avais préféré zapper Epouse-moi mon pote. J’ai continué pendant ce temps à éplucher les différentes critiques qui dénonçaient l’homophobie du film, j’ai également suivi les échanges parfois plus que houleux entre ceux qui ont haï le film et ceux qui ont eu un avis plus nuancé. Finalement, ma mère (oui, ça devient presque un running gag) a eu la riche idée d’aller le voir et évidemment elle avait besoin de quelqu’un pour l’accompagner. Bref, je m’étais un peu spoiler le film mais ce n’était pas totalement inintéressant d’avoir en tête les différents avis sur ce film. Je ne suis pas là pour dire qui a tort ou raison, je vais pas m’amuser à citer les critiques que j’ai trouvées pertinentes et celles dont je ne partage pas l’avis. Si je comprends la démarche des critiques qui ont été choquées, je me range étonnamment du côté des critiques un peu plus nuancées. Je n’aime pas nécessairement cet argument habituellement, mais cette fois-ci le premier mot qui m’est vraiment venu à l’esprit est « maladroit ». Sans vouloir dédouaner à tout prix le réalisateur (je vais quand même revenir sur les choses qui ne vont pas), je pense sincèrement que la démarche ne se voulait pas offensante (bon après ça n’excuse pas tout non plus : je suis certaine qu’il y avait aussi de bonnes intentions dans les films nazes que j’ai cités plus haut). J’ai perçu le scénario de la manière suivante : les deux personnages sont effectivement des homophobes, des ignorants sur la vie des homosexuels (qui vivent normalement). Lisa, la copine de Fred, tente par moments de raisonner ses amis, de leur faire comprendre qu’être gay ne signifie pas de se déguiser en Village People (pour reprendre à peu près de tête la réplique).

Epouse-moi mon pote : Photo

Il aurait certainement fallu encore plus insister sur cette remise en question qui peut paraître encore un peu faible, les personnages pourraient prendre encore plus conscience de leur homophobie (même si le discours de Yassine dans la boîte commence à aller dans ce sens – mais il ne va pas totalement au bout de la problématique). Le problème également, et c’est certainement pour cela qu’il y autant de polémiques – la plupart compréhensibles – c’est l’image générale des homosexuels. En dehors du couple de lesbiennes (rembarrant également le personnage principal par sa bêtise homophobe) assimilé à une apparence « normale », et même du couple final qui se comporte comme un couple lambda, tous les autres personnages homosexuels sont forcément tous clichés ou exubérants, voire même tous « pervertis ». Ca casse forcément toute la critique autour des personnages principaux qui sont homophobes. Mais je reste persuadée qu’il y a par-ci par-là des indices qui vont dans ce sens. Cela dit, très honnêtement (et c’est loin d’être la première fois que cela m’arrive durant une séance – j’en profite pour le signaler), la salle était à mon avis plus homophobe que ce film (oui ça reste inquiétant). Cela dit, en terme de comédie, Epouse-moi mon pote reste étonnamment encourageante. En fait, j’ai retrouvé les mêmes sentiments que j’avais eus face aux Babysitting et Alibi.com. Certes, il y a des choses qui ne vont pas : comme on l’a dit, il y a beaucoup de clichés, d’exagérations, des situations improbables (on a du mal à imaginer l’inspecteur de l’immigration se foutre dans autant de situations gênantes – même si certaines d’entre elles m’ont fait marrer), c’est certain. Mais je reste toujours « étonnée » par la fraîcheur des films de l’équipe Lacheau / Boudali. Surtout, ce qui me frappe et ce qui peut expliquer aussi mon avis un peu plus nuancé, c’est de voir qu’il y a une mécanique qui fonctionne toujours aussi bien de leur part : les gags rebondissent bien par rapport à d’autres qu’on a vu précédemment, un élément qui peut paraître anodin va également servir plus tard dans le récit etc… Et oui, du coup, malgré de réels problèmes qui ne peuvent être mis de côté, le film a parfois réussi à me faire rire. De plus, sur le thème de l’immigration, je trouve qu’on ne s’en sort pas si mal que ça (je dis pas non plus que c’est super profond ou quoi que ce soit, hein, ne vous faites pas des films sur mes propos). Servi par une distribution très convaincante (petite mention spéciale à Charlotte Gabris), Epouse-moi mon pote souffre hélas de quelques maladresses impossibles à ignorer mais il ne s’agit pas pour moi de la grande catastrophe annoncée. 

Epouse-moi mon pote : Photo Charlotte Gabris, Philippe Lacheau

CoeXister

réalisé par Fabrice Eboué

avec Fabrice Eboué, Ramzy Bedia, Jonathan Cohen, Guillaume de Tonquédec, Audrey Lamy, Mathilde Seigner, Amelle Chahbi…

Comédie française. 1h30. 2017.

sortie française : 11 octobre 2017

Sous la pression de sa patronne, un producteur de musique à la dérive décide de monter un groupe constitué d’un rabbin, un curé et un imam afin de leur faire chanter le vivre-ensemble. Mais les religieux qu’il recrute sont loin d’être des saints…

Coexister : Photo Guillaume De Tonquédec, Jonathan Cohen, Ramzy Bedia

Après Case Départ et Le Crocodile du Botswanga (deux jolis petits succès dans l’Hexagone – que je n’ai pas encore vus au passage), CoExister est le troisième long-métrage de l’humoriste et acteur Fabrice Eboué. Plus précisément, il marque même sa première réalisation en solo, les deux premiers ayant été co-réalisés par Lionel Steketee (qui, visiblement, se perd dans le DC Universe française : Les Nouvelles Aventures de Cendrillon et trèèès bientôt Alad’2, youpi la joie). Eboué explique que l’idée de son nouveau long-métrage est née à partir du succès du groupe musical Les Prêtres (jusque-là ça se voit). Ce qui a surtout intrigué l’acteur-réalisateur est l’histoire de l’un des membres du groupe : parmi eux, le séminariste a quitté sa vie d’homme d’église à la fin de la tournée. Eboué a donc remplacé cette histoire incroyable de trois prêtres par les trois représentants des principales religions monothéistes. Dans le lot, nous avons un faux-imam (rôle spécialement écrit pour Ramzy dont on sent sans cesse une folle affection pour lui de la part du réalisateur), une sorte de clin d’oeil à Rabbi Jacob de Gérard Oury. On aurait pu craindre le pire surtout vu l’état de la comédie française actuellement, n’hésitant pas à utiliser des clichés sur les religions, on aurait même pu tomber dans le racisme. Certes, CoExister n’est pas un chef-d’oeuvre dans son genre (en même temps, il s’agit d’un film sans prétention) : c’est un film certainement plutôt oubliable. Mais il a le mérite d’être plutôt drôle et bienveillant. A l’image du personnage qu’il incarne (un producteur de musique neutre concernant une éventuelle confession religieuse), Eboué ne prend pas parti pour aucun personnage ni concrètement aucune religion. Il sait rire des travers de chaque représentant de ces religions avec leurs bons et leurs mauvais côtés, en rappelant qu’ils ont beau être des hommes de Dieu, ils sont avant tout des hommes. D’ailleurs, une certaine prise de distance est présente dans les descriptions des personnages « religieux » : comme on l’a dit, l’imam est un imposteur alcoolique (Ramzy ultra sympathique et charismatique), le rabbin (Jonathan Cohen, excellent dans ce rôle survolté) n’exerce plus depuis une circoncision ratée qui l’a traumatisé et l’a plongé dans une sorte de dépression et le prêtre (Guillaume de Tonquédec, un choix évident) va être confronté à la tentation. Il n’y a donc pas de quoi s’offusquer devant CoExister dont on peut relever deux principaux axes.

Coexister : Photo Ramzy Bedia

Tout d’abord, on relève une critique contre l’industrie musicale prête à tout pour amasser du pognon quitte à s’attaquer aux figures religieuses qu’on croyait justement inattaquables et incompatibles avec ce type d’activités. Certes, Eboué s’est amusé avec un certain décalage : justement, malgré le succès des Prêtres, on a du mal à imaginer une compatibilité entre la foi et le mode de fou de ces hommes et une sorte de vie de popstars. Mais finalement, pour en arriver à notre deuxième point, le discours est plus universel : au fond, même si on a beaucoup parlé de religion, il ne s’agit pas d’un film sur la religion qu’on pratique, celle qu’on représente ou tout simplement qui anime notre foi. C’est un film sur la cohésion de plusieurs individus pour une même cause. Si l’industrie musicale est déviante, la musique que le groupe chante, en délivrant des messages de paix et de tolérance, fait du bien au public. Parlons justement de musique. Le film n’a pas de prétention à être une oeuvre musicale, on regrettera peut-être de ne pas voir suffisamment de prestations musicales. Cela est un peu frustrant car la chanson principale (également intitulée « CoExister ») rentre vite dans le crâne (et cela est une bonne chose dans le sens où on doit croire au succès fou de ce groupe atypique) ou encore, la reprise de Savoir Aimer de Florent Pagny sous forme de clip est très drôle dans le sens où on reconnaît tous les tics habituels de ces vidéos en question. Je suis également un peu plus mitigée concernant les rôles féminins, pas bien mis en avant (et je ne dis pas ça par militantisme ou quoi que ce soit). Sabrina, l’assistante du producteur, incarnée par la pétillante et hilarante Audrey Lamy. Je comprends l’envie de confronter les figures religieuses à cette jeune femme très libérées sexuellement : là encore, il y a certainement matière pour rire de ce décalage. Cela dit, je n’ai pas pu m’empêcher de trouver cet aspect du scénario un peu lourd par moments. Je ne suis pas nécessairement fan de Mathilde Seigner (même si je ne comprends pas non plus le bashing autour d’elle) mai je l’ai trouvée très convaincante dans le rôle de cette patronne tyrannique. C’est vraiment dommage de ne pas avoir exploiter du tout ce personnage qui avait selon moi largement sa place dans l’histoire. Je ne parle pas non plus d’Amelle Chabhi (compagne d’Eboué – j’aime les potins) dont le personnage ne sert strictement à rien. Enfin, pour émettre une dernière remarque, selon moi délire aurait pu certainement aller encore plus loin, le scénario étant peut-être un poil trop classique (il n’y a concrètement pas de grosses surprises narratives). Dans l’ensemble, CoExister est une jolie comédie portant des valeurs bienveillantes alors que le sujet restait casse-gueule. 

Coexister : Photo Audrey Lamy, Fabrice Eboué, Guillaume De Tonquédec, Jonathan Cohen, Ramzy Bedia

Enemy

réalisé par Denis Villeneuve

avec Jake Gyllenhaal, Mélanie Laurent, Sarah Gadon, Isabella Rossellini…

Thriller canadien, espagnol. 1h30. 2013.

sortie française : 27 août 2014

Movie Challenge 2017 : Un film avec un acteur / une actrice que je déteste (M. Laurent)

Adam, un professeur discret, mène une vie paisible avec sa fiancée Mary. Un jour qu’il découvre son sosie parfait en la personne d’Anthony, un acteur fantasque, il ressent un trouble profond. Il commence alors à observer à distance la vie de cet homme et de sa mystérieuse femme enceinte. Puis Adam se met à imaginer les plus stupéfiants scénarios… pour lui et pour son propre couple.

Enemy : Photo Jake Gyllenhaal

Denis Villeneuve, un touche-à-tout (que ce soit pour les genres qu’il aborde et les différents publics visés selon les films) n’est plus le fameux réalisateur canadien qui monte : il est désormais un cinéaste qui compte. En dehors de quelques cinéphiles curieux (et évidemment des fans de Villeneuve), Enemy semble, par rapport à d’autres oeuvres de la filmographie du réalisateur, être passé un peu plus inaperçu. Pourtant, sans crier non plus au chef-d’oeuvre, Enemy, qui marque la seconde collaboration entre Villeneuve et Jake Gyllenhaal après l’excellent Prisoners, a quelque chose de fascinant. Il s’agit de l’adaptation du roman de José Saramago (Prix Nobel de Littérature en 1998) O Homem Duplicado (L’autre comme moi), publié en 2002. Il y a des tas d’oeuvres (cinématographiques ou autres) qui se sont déjà attaquées à la question du double, parfois accompagnées par celle de la schizophrénie. Cela pourrait créer une certaine lassitude ou même une méfiance par cette envie d’établir des comparaisons, conscientes ou non. Etrangement, durant mon visionnage, je n’étais pas du tout dans cette démarche. Le film ne déborde pas d’action et d’énergie, pourtant je me suis laissée embarquée par ce rythme lent et même hypnotique, prenant le temps de faire monter la tension. On peut sortir du film un peu décontenancé par ce qu’on a vu, dans un sens on vit presque une sorte d’expérience. Mais le processus pour reconstituer les différents indices pour trouver la « vérité » (en tout cas celle propre du spectateur, le film ne prétend pas répondre nécessairement de manière explicite à toutes nos interrogations) est magnétique. On pourra lui reprocher son côté un peu trop brute par moments, peut-être même sa dimension un peu trop métaphorique qui peut parfois empêcher la narration d’avancer (même si on est d’accord finalement que le film est plus « conceptuel » que purement narratif), il lui manque peut-être tout simplement ce petit quelque chose pour être totalement séduit. Mais rien ne semble être laissé au hasard et plusieurs visionnages semblent nécessaires pour ne pas passer à côté d’un détail. Le symbole de l’araignée (ici une représentation de la femme – sans cesse présente même si les rôles principaux sont masculins) fait évidemment partie de ces détails permettant aux spectateurs d’atteindre cette éventuelle vérité. Elle apparaît parfois discrètement, sauf à la fin. Je suis partagée justement sur sa dernière utilisation, certainement volontairement grotesque, presque proche d’une image kafkaïenne (image logique puisque le film plus globalement entre dans cette démarche).

Enemy : Photo Jake Gyllenhaal

D’un côté, concernant cette dernière métaphore visuelle, je comprends la démarche de Villeneuve par rapport aux personnages et plus globalement par rapport à la narration. De l’autre, cette image volontairement très absurde et grossière a tendance aussi à présenter une rupture par rapport à tout le reste du film, qui n’entre pas nécessairement dans ce ton. Là encore, évidemment, cette rupture est peut-être volontaire mais je n’y adhère pas nécessairement. La mise en scène de Denis Villeneuve est également toujours aussi remarquable, également toujours ancrée dans la précision. Avec lui, le duel intimiste et la dimension plus « collective » en filmant Toronto comme une grande ville étouffante labyrinthique (souvenons-nous de ce motif du labyrinthe déjà présent dans Prisoners) grisâtre (avec des tons jaunes tristes) finissent par se retrouver ensemble, l’une reflétant l’état de l’autre : la ville est une sorte de représentation psychique des personnages et ces derniers semblent aussi se perdre mentalement dans cette grande ville froide qui laisse place à la frustration. Par sa manière de représenter la ville, nous retrouvons un nouvel écho à l’araignée, ou plutôt à sa toile, toile qui peut aussi être une image de la psyché. Au-delà d’une écriture redoutable et d’une mise en scène réfléchie, les interprétations sont également plutôt bonnes, surtout celle de son acteur principal. Jake Gyllenhaal livre une double performance complémentaire impressionnante (tout en attribuant des caractéristiques propres à chaque personnage sans tomber dans la caricature) où il est notamment, pour ne citer que cet exemple, à la fois celui qui cherche à reconstituer le puzzle et celui au coeur de ce puzzle justement : la dualité est bien présente dans cette interprétation riche et intense. Il faut dire que les personnages qu’il interprète sont bien dessinés, aucun choix dans leurs caractéristiques n’est évidemment laissé au hasard (notamment dans les prénoms et les professions exercées). Je ne suis toujours pas convaincue par Mélanie Laurent même si je peux me réjouir de deux choses : déjà, on la voit peu donc elle ne m’a pas non plus gâchée le plaisir que j’ai ressenti en regardant le film. Surtout je « comprends » qu’elle soit au casting si on la place en parallèle avec la discrète (et talentueuse) Sarah Gadon qui, elle, livre une interprétation bien plus convaincante, toute en retenue. 

Enemy : Photo Jake Gyllenhaal, Mélanie Laurent

Bilan – octobre 2017

Cinéma

Les films de 2017

Ça (Andrés Muschietti, 2017) 3/4

Churchill (Jonathan Teplitzky, 2017) 1/4

The Meyerowitz Stories (New and selected) (Noah Baumbach, 2017) 1/4

Le Sens de la Fête (Eric Toledano, Olivier Nakache, 2017) 3/4

Primaire (Hélène Angel, 2017) 3/4

Coexister (Fabrice Eboué, 2017) 2/4

 

Rattrapages

Ça – « Il » est revenu (Tommy Lee Wallace, 1990) 2/4

Men & Chicken (Anders Thomas Jensen, 2015) 2/4

Aventure d’un soir (Max Nichols, 2014) 2/4

Le mariage de mon meilleur ami (P.J. Hogan, 1997) 2/4

Snowden (Oliver Stone, 2016) 3/4

Taking Off (Milos Forman, 1971) 3/4

Enemy (Denis Villeneuve, 2014) 3/4

Dans la peau d’une blonde (Blake Edwards, 1991) 3/4

Play (Ruben Östlund, 2011) 2/4

  

Télévision

Quadras (saison 1, 2017) 2/4

You’re the worst (saisons 1 et 2, 2014-2015) 4/4

 

Lectures

Autobiographie d’une courgette (Gilles Paris, 2002) 3/4

Brooklyn (Colm Tóibín, 2009) 3/4

The Girls (Emma Cline, 2016) 2/4

Une femme douce (Fiodor Dostoïevski, 1876) 2/4


Chroniques ailleurs : 

CineSeriesMag

La Mante

Churchill

Quadras

FuckingCinéphiles

Ca tourne à Manhattan


Movie Challenge 2017 

Les participants actuels : Beyond the LinesBoratGossip CocoLaurence et OlivierLaurentLilyMartin. N’hésitez pas nous rejoindre !

  1. Un film tiré d’une série/qui a inspiré une série
  2. Un premier film : Clerks de Kevin Smith (1994).
  3. Un film tourné dans un lieu où je suis allé(e) : Intimité de Patrice Chéreau (2001).
  4. Un film sorti l’année de mes dix ans
  5. Un film avec acteur/une actrice que je déteste : Enemy de Denis Villeneuve
  6. Un remake ou un film ayant été l’objet d’un remake : Les Proies de Don Siegel (1971)
  7. Un film qui se passe dans le milieu sportif
  8. Un film de procès : Le Verdict de Sidney Lumet (1982).
  9. Un film européen hors France : Alabama Monroe de Felix Van Groeningen (2012).
  10. Un film qui a reçu la Palme d’or
  11. Un documentaire : Pulp, a film about life, death and supermarkets de Florian Habicht (2014).
  12. Un film d’action/d’aventure : Deadpool de Tim Miller (2016).
  13. Un film qui a marqué mon enfance/mon adolescence
  14. Un film que j’aime bien secrètement : Marley & moi de David Frankel (2008).
  15. Un film français : Maman a tort de Marc Fitoussi (2016).
  16. Une suite de film : Bridget Jones’s Baby de Sharon Maguire (2016).
  17. Un film engagé : Hippocrate de Thomas Lilti (2014).
  18. Un film sorti cette année : Nocturnal Animals de Tom Ford (2017).
  19. Un film qui m’a fait pleurer : Premier Contact de Denis Villeneuve (2016).
  20. Un film qui m’a fait pleurer de rire
  21. Un film d’un réalisateur que j’adore
  22. Une comédie : S.O.S. Fantômes de Paul Feig (2016).
  23. Une comédie musicale : Ballroom Dancing de Baz Luhrmann (1992).
  24. Un film recommandé par quelqu’un : Watchmen de Zack Snyder (2009).
  25. Un film d’animation : Ma vie de Courgette de Claude Barras (2016).
  26. Un film que mon père adore
  27. Un film adapté d’un livre que j’ai lu : Fahrenheit 451 de François Truffaut (1966).
  28. Un film ayant obtenu un Oscar : Manchester by the Sea de Kenneth Lonergan (2016).
  29. Un film en noir et blanc : Elephant Man de David Lynch (1980).
  30. Un film réalisé par une femme : Mon Roi de Maïwenn (2015).
  31. Un film d’un réalisateur asiatique
  32. Un film d’horreur : Suspiria de Dario Argento (1977).
  33. Un film avec un mariage
  34. Un film LGBT : Mademoiselle de Park Chan-Wook.
  35. Un film avec un prénom dans le titre : Sils Maria d’Olivier Assayas (2014).
  36. Un film que je veux voir depuis des années sans en avoir l’occasion : The Secret Life of Words d’Isabel Coixet (2005).
  37. Un film qui se déroule avant le XXe siècle
  38. Un film policier/thriller : La Fille du train de Tate Taylor (2016).
  39. Un film feel-good : Célibataire, mode d’emploi de Christian Ditter (2016).
  40. Un film qui n’est pas sorti en salles en France : Hunt for the Wilderpeople de Taika Waititi (2016).