Ballroom Dancing

réalisé par Baz Luhrmann

avec Paul Mercurio, Tara Morice, Bill Hunter, Gia Carides…

titre original : Strictly Ballroom

Comédie romantique musicale. 1h34. 1992.

sortie française : 2 septembre 1992

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L’histoire de Scott Hastings, jeune champion de danse qui se rebelle contre la toute-puissante Fédération en introduisant ses propres figures contre celles imposées par les concours.

 

Avec Moulin Rouge !, j’ai réellement pris conscience du talent qu’a Baz Luhrmann pour réunir, au coeur d’un objet cinématographique, des codes à la fois cinématographiques et musicaux. Ballroom Dancing (Strictly Ballroom) est le premier volet de la trilogie du Rideau Rouge (les deux suivants étant Roméo + Juliette et Moulin Rouge !). L’histoire n’est pas d’une très grande originalité pour être honnête : Scott Hastings est un danseur rebelle qui révolutionne le monde de la danse de salon en imposant ses propres figures. Mais à côté de cette première ligne directrice, s’ensuit aussi la romance entre Scott et Fran, une fille qui ne correspond pas du tout aux standards de beauté, encore moins à ceux de la danse. En plus de cela, elle ne danse justement pas très bien. On comprendra dans l’histoire pourquoi elle danse. Plus encore classique : transformer Fran en belle danse talentueuse. On a presque l’impression de revoir le schéma typique de scénario de comédie romantique avec la fameuse « moche » (qui n’était pas si moche que ça) devenir justement belle et talentueuse. Pourtant, on oublie très rapidement ce point qui aurait pu être problématique. Mieux, Luhrmann joue totalement avec ces clichés (que ce soit ceux que j’ai cités et tous les autres sans cesse présents dans le long-métrage) ou images toutes faites très exagérées. L’univers présenté est par ailleurs très coloré, déjanté voire même kitsch, les mouvements de caméra très rapides, la narration rappelle celle de certaines séries tv : bref, Ballroom Dancing est presque dans ce sens-là une parodie (de Dirty Dancing ?) mais sans en être totalement une non plus. C’est finalement un merveilleux mélange entre cette parodie, le kitsch outrancier, le film musical, le conte, les différentes cultures (quand l’Australie croise l’Espagne) tout en n’oubliant jamais de prendre en compte la partie plus « dramatique » de l’histoire. Tout ceci aurait pu qu’être une farce sur tous les niveaux sans se défaire de ces clichés tout comme le film aurait pu être d’une niaiserie sans nom. Pourtant, ni Scott ni Fran ne sont des personnages creux. Le film joue avec plusieurs types de clichés, notamment dans la narration, mais cela n’impacte pas les personnages qui ne tombent pas dans la caricature. Au contraire, ils sont touchants par les luttes qu’ils mènent par la danse. Scott Hastings (son nom de famille est-il si anodin que ça ?) touche par sa fougue et sa rébellion et Fran par son évolution sur tous les points (son changement physique est en adéquation avec ce qui se passe en elle intérieurement).

Et les méconnus (en tout cas en France) Paul Mercurio (également dans la vie danseur et chorégraphe et même juré dans la version australienne de Danse avec les stars !) et Tara Morice forment un couple sensationnel, une évidence (surtout durant la scène finale, absolument scotchante en tant qu’apothéose). Impossible également de ne pas parler de l’esthétique quand on évoque un film de Baz Luhrmann ! Certes, certains décors et costumes sont parfois volontairement kitsch (même s’il faut aussi se souvenir que le film n’a pas bénéficié du même budget qu’un Romeo + Juliette et surtout celui de Moulin Rouge!) mais cela n’empêche évidemment pas la beauté évidente des autres. Le sens de l’esthétique ressortait déjà dans ce premier long-métrage du réalisateur australien. Dès son premier film, Luhrmann savait déjà en mettre plein la vue et mêlait différentes disciplines artistiques sans jamais perdre en compte un objet cinématographique. Ce type d’exercice peut toujours paraître superficiel. Pourtant ce choix n’est pas gratuit : il souligne aussi bien la bêtise et la superficialité d’un certain milieu tout comme il magnifie les danses, capables de nous transcender. La mise en scène très dynamique, parfois même baroque, appuie encore plus cette beauté vive remplie de paillettes. Les danses hispaniques (flamenco, cha-cha-cha, rumba, samba, paso doble ), sont également très bien chorégraphiées dans le sens où elles sont lisibles et significatives par rapport aux sentiments des personnages. Ballroom Dancing inaugure incroyablement bien la trilogie du Rideau Rouge. Il n’aurait pu qu’être un film très classique et déjà-vu : le déroulé de son scénario n’est pas très surprenant, prétendre le contraire serait mentir. Mais l’énergie, la générosité et la passion exacerbée sous la caméra de Luhrmann, qui prouve déjà son savoir-faire, donne un rendu étonnant et détonnant. Il s’agit aussi d’une formidable ode aux règles qu’on doit parfois affranchir pour se libérer. Il faut parfois désobéir aux règles des concours de danse pour la révolutionner. Il faut parfois apprendre à se désobéir de ses propres règles, probablement construites par l’éducation qu’on a reçue, par sa culture d’origine ou même simplement par la peur, notamment celle de devenir une femme épanouie et mieux dans son corps.

 

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12 réflexions au sujet de « Ballroom Dancing »

  1. Pour ma part, j’avais été déçue. On est loin de la fougue, de l’exubérance de Moulin Rouge ou de Gatsby. Et puis le cliché de la « jeune fille laide que personne ne regarde et qui devient belle – grâce au maquillage – au fur et à mesure que l’intrigue avance » m’avait hyper énervée !!!

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  2. Tu m’intrigues !
    Jamais entendu parler de ce machin.
    Mais c’était l’époque où j’allais moins au cinéma…
    Jamais pu aller au bout de Dirty dancing mais j’adore Moulin Rouge.

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