Grave

réalisé par Julia Ducournau

avec Garance Marillier, Ella Rumpf, Rabat Naït Oufella, Joana Preiss, Laurent Lucas, Marion Vernoux, Bouli Lanners, Jean-Louis Sbille…

Epouvante-horreur, drame français, belge. 1h38. 2016.

sortie française : 15 mars 2017

interdit aux moins de 16 ans

Dans la famille de Justine tout le monde est vétérinaire et végétarien. À 16 ans, elle est une adolescente surdouée sur le point d’intégrer l’école véto où sa sœur ainée est également élève. Mais, à peine installés, le bizutage commence pour les premières années. On force Justine à manger de la viande crue. C’est la première fois de sa vie. Les conséquences ne se font pas attendre. Justine découvre sa vraie nature.

Grave : Photo

Difficile de passer à côté du phénomène Grave, grand vainqueur à Gérardmer cette année et présenté l’année précédente à la Semaine de la Critique à Cannes (pour ne citer que ces festivals). Il s’agit du premier long-métrage de l’ex-étudiante de la FEMIS, Julia Ducournau : elle avait co-signé Mange, un téléfilm pour Canal + en 2012 et un court-métrage intitulé Junior (et on retrouve dans le casting une certaine Garance Marillier). Grave, co-produit par Julie Gayet, a vite fait le buzz pour ses scènes cannibalistes. On a lu à plusieurs reprises (que ce soit dans la presse ou même sur les réseaux sociaux) que des spectateurs avaient gerbé à cause de certaines scènes visiblement insupportables. C’est pour cette raison que je n’ai pas tenu à découvrir ce film en salles, de peur que mon petit coeur, mon foie, mon estomac et mon cerveau (oui, tout ça) ne supportent pas ce choc (rappelez-vous que j’ai vu Salo de Pasolini en deux fois, le tout avec ma poubelle à côté parce que je sentais que j’allais physiquement dégueuler). Cela dit, entre temps, plusieurs blogueurs m’ont prévenue, je cite, qu’en fait il n’était pas si gore mais la fin était tout de même épicée. J’ai également bien retenu toutes les informations que j’ai lues (sans me spoiler) : le film ne serait pas à proprement parler gore malgré sa réputation. La réalisatrice dit elle-même qu’il s’agit plus d’un drame, parfois comique, mélangé au body horror. J’accepte tout à fait ce postulat et effectivement c’est ce qu’on constate très rapidement. Mais cela ne m’a pas empêchée d’être fortement déçue. En fait, j’ai l’impression d’avoir été confrontée à ma séance de It Follows (également un film de genre d’auteur absolument adoré pour tout le monde alors qu’il a pour moi un certain nombre de défauts / éléments problématiques) en terme de déception (ici encore plus élevée). Mon problème n’est pas nécessairement lié au manque de gore même si je reviendrai tout de même sur ce point. La mise en scène en elle-même n’est pas ce qui m’a gênée, je n’ai pas de reproche à lui faire, c’est peut-être même l’un des seuls points positifs que je relève. C’est globalement l’écriture qui m’a réellement chiffonnée. Cette oeuvre a été vantée pour son intelligence, sa psychologie et que sais-je. Justement, j’ai trouvé l’écriture terriblement pauvre, pas du tout fine et parfois même incohérente et tombant sans cesse dans la sur-référence.

Grave : Photo

Par exemple, l’héroïne se prénomme Justine en référence au personnage de Sade (déjà on y va avec de gros sabots – et c’est ça tout le long du film) nous est présentée comme une jeune fille intelligente (on comprend même qu’elle serait probablement surdouée) qui aurait même son petit caractère. Première question que je me suis automatiquement posée : pourquoi ne refuse-t-elle pas toutes les actions liées au bizutage (parce qu’elle ne résiste pas vraiment) ? On va me répondre : parce que justement, c’est à cause du bizutage qui fout la pression. Justement, le bizutage. La réalisatrice prétend que son film n’est pas sur le bizutage. Je veux bien la croire. Sauf que ce bizutage en question prend une place bien trop importante dans le film par rapport à ce que la réalisatrice a voulu raconter. Surtout, je n’ai pas cru une seule seconde à l’environnement. Pour le bizutage dans les grandes écoles, je suis parfaitement au courant de ce qui se passe, de la violence et de l’humiliation autour. Les visages ont beau être anonymes (le film ne se concentre que véritablement sur les trois personnages principaux), on ne croit pas que ces jeunes-là puissent être l’élite de la France (et j’ai même envie de dire que ça concerne aussi justement Justine, sa soeur et son coloc’ sans être méchante). Surtout, on retrouve tous les clichés possibles et insupportables (et je ne trouve pas que Ducournau en joue particulièrement bien) sur les films de campus. Il est aussi étrange de ne pas utiliser la prépa vétérinaire suffisamment à fond pour le scénario. Certes, Justine est une jeune végétarienne qui défend les animaux avec conviction. On ne peut que penser à cette scène où la jeune fille défend avec pertinence les animaux victimes de zoophilie en établissant une comparaison avec les victimes (humaines) de viol. Cela dit, cela me parait aberrant que face à sa faim grandissante Justine ne tente même pas de s’attaquer à un des animaux présents dans la prépa ou dans les alentours. Le traitement de la relation entre les soeurs m’a également semblé problématique. Je n’ai jamais eu l’impression d’être face à des soeurs tellement elles sont distantes ce qui est bizarre vu le secret familial qu’elles partagent. Les réactions d’Alexia ne m’ont pas paru crédibles : pourquoi ne l’empêche-t-elle de lutter contre le cannibalisme (et même l’incite) ? Pour se sentir moins seule (au passage, un sentiment pas réellement exploité que ce soit de son côté ou celui de Justine) ? Mouais.

Grave : Photo Garance Marillier

J’avoue que je n’ai en tout cas globalement pas cru aux réactions des personnages qui évoluent aussi vite qu’ils changent de chemises. Julia Ducournau a en tout cas insisté de nombreuses fois sur la profondeur de son film (à l’entendre, on a l’impression qu’elle a réinventé à elle seule le cinéma, elle est insupportable), sur les thèmes mis en avant, que son film ne parle finalement pas de cannibalisme etc. Donc on relève les principaux thèmes traités : le passage de l’adolescence à l’âge adulte, la découverte de la sexualité (avec un parallèle lourdingue avec l’animalité et la faim) et de son corps littéralement en mutation, l’héritage familial… Mais tous ces sujets en question sont pour moi traités sans aucune finesse et surtout superficiellement. Il parait aussi qu’il y avait un twist (on en revient donc au fameux drame autour du drame familial avec une mère étonnamment très peu présente). Il doit y en avoir un vu la scène finale (en mode : toi, spectateur, là, tu dois être sur le cul). Twist que j’ai deviné trèèèèès tôt. Revenons enfin au cannibalisme, qui est un prétexte pour évoquer d’autres sujets. Je n’ai pas de souci avec ça mais il y a un moment, il aurait tout de même fallu voir un minimum de scènes en rapport avec ce mal. De plus, à force de naviguer entre plusieurs genres sans réellement les exploiter (mais plutôt en les survolant), je n’ai finalement rien ressenti et encore moins une quelconque petite tension ou un sentiment de malaise. Au bout d’un moment, le fait que ce ne soit pas un pur film d’horreur n’excuse pas tout. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser au surprenant We are what we are de Jim Mickle qui a de réelles similitudes avec Grave : un drame autour de deux soeurs cannibales à cause d’un héritage familial. Sur le principe donc, rien de gore (le film ne l’est pas et n’a qu’une petite interdiction qu’aux moins de 12 ans) mais pourtant le film tient bien ses promesses : une tension qui monte jusqu’au point final réellement cannibale, logique vu le mal qui ronge les protagonistes. Il manque ça à Grave : quand le meurtre inimaginable et final à cause des pulsions des personnages arrive pour de bon, on nous épargne tellement tout au nom du « drame » (comme si cela était incompatible alors que cela n’est pas nécessairement le cas) que finalement ça laisse indifférent alors que ça aurait dû envoyer du pâté ou cela aurait dû provoquer un électrochoc.

Grave : Photo

Je pense même à The Neon Demon de Nicolas Winding Refn (l’exemple me paraît pertinent : le film, très esthétique comme celui de Ducournau, reprend le thème du cannibalisme) qui sur le principe n’est pas un proprement parler un film gore, loin de là. Mais là encore (même s’il a été très discuté), son final sait chambouler, le cannibalisme est bel et bien utilisé, il ne s’agit pas d’une fausse promesse. Revenons justement à l’esthétique (puisque j’établissais une comparaison avec l’esthétique très prononcée de Refn) : certes, on ne va pas se mentir, le film est très soigné de ce côté-là, l’équipe a très bien bossé, c’est indéniable. Je n’aime pas saloper le travail bien fait. Cela dit, je n’ai pas toujours trouvé ces choix en question toujours très pertinents ni d’une réelle profondeur dans le sens où j’avais vraiment l’impression de voir une sorte de caricature du film arty bobo (avec en plus des choix musicaux qui ne m’ont pas aidée à faire abstraction) : pour moi, on était plus proche de la prétention et de la complaisance que dans une quelconque démarche artistique qui devait accompagner une signification. Côté interprétation, je n’ai pas non plus été tant bluffée que ça par rapport à toutes les louanges que j’ai pu entendre. La jeune Garance Marilier et Rabat Naït Oufella ont certes une certaine fraîcheur qui permet de s’intéresser un peu à eux mais je n’ai pas trouvé qu’ils jouaient si bien que ça, j’ai retrouvé tous ces tics clichés d’acteurs de films d’auteur à la française. Quant à Ella Rumpf, j’ai vraiment trouvé qu’elle surjouait tout le long. tPour finir tout de même sur une touche un peu plus joyeuse (et pour éviter qu’un fan du film m’assassine à coup de batte de base-ball), parmi les petits points positifs que je relève (je ne suis pas totalement un monstre), la mise en scène est ambitieuse, le soin apporté à la photographie est également remarquable et enfin on ne peut qu’admirer le travail des maquilleurs sur quelques scènes.

Grave : Photo Garance Marillier

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56 réflexions au sujet de « Grave »

  1. J’ai également pas mal entendu parler de ce film mais j’ai pas été tentée par ce film pour le moment.
    On verra bien, merci pour ta critique.

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  2. On continue bravement à regarder des films, avec mon homme… et je ne regrette pas d’avoir arrêté mon blog, c’est navet sur navet ! Entre les films de « bagarre » et les films « où ça parle tout le temps », tout est affligeant de médiocrité. J’attendais pas mal de ce Grave… mais je vois qu’il reste décevant lui aussi alors qu’il a été vendu comme un petit chef d’oeuvre. On regarde pas mal de séries en ce moment… elles sont tellement mieux écrites et réalisées, et en plus ce sont des heures de visionnage ! Comment font-ils de la qualité là où les cinéastes se plantent de plus en plus ? Mystère.

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  3. Je trouve que tu sous-estimes la portée de ce film et à l’inverse que tu t’arrêtes sur des menus détails, par ailleurs eux mêmes éludés par la réalisatrice. Je pense que tu devrais le revoir dans de bonnes conditions, en oubliant le buzz et en t’imprégnant de la complexité même du film. Ce n’est que mon avis, bien sûr.

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  4. Comme toi, je m’attendais à quelque chose de plus percutant avec ce film… (Par contre, j’ai beaucoup aimé It follows mais on en a déjà parlé ^^) l’absence de gore est peu préjudiciable si l’écriture tient en haleine or, ici, il m’a vraiment manqué quelque chose. Après, ça reste quand même très bien pour un premier film mais c’est le problème quand ils sont sur-vendus…

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  5. Une chronique comme je les aime ! Merci de cet avis, Tina, qui, paradoxalement, réveille mon envie de voir le film… pour mieux entrer dans le débat 😉 Ce ne sera pas pour tout de suite.

    Mais j’apprécie vraiment beaucoup la manière dont tu es très claire sur les défauts que tu prêtes à la réalisation et au scénario, tout en étant plein de nuances quant au travail accompli.

    Merci encore et à une prochaine !

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  6. Je ne l’ai pas vu, mais, j’avoue avoir un étrange d’impression depuis le départ, et ta chronique confirme mes craintes. j’ai l’impression qu’on a encore un film ou la réalisatrice, très prétentieuse en interview et pas du tout courageuse (tu fais un film de genre, pour moi, tu l’assumes), est plus préccupé par ses obessions (réinventer le cinéma) que par le fait de signer un scénario coherent. Au final, je crois que je préfère revoir Cannibal Holocaust, en voila un film totalement assumé.

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  7. juste pour rajouter que je te rejoins concernant It Follows, le film a ses défauts et n’est pas le chez d’œuvre annoncé.

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  8. J’avais au départ envie de le voir, puis à force de lire des commentaires, je me suis mise à douter. En te lisant, tu confirmes absolument toutes mes craintes et je pense finalement m’en passer.

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  9. « ça aurait dû envoyer du pâté « … J’adore 🙂
    Sinon, j’étais prêt à suivre les pas de ton avis lorsque tu compares la « semi » déception de « it follows » avec ce film-ci, qui ne m’a pas bouleversé outre mesure.
    Par contre, je ne te suis pas sous l’avalanche de reproches que tu abats sans merci sur ce « Grave » qui ne l’est pas tant que ça. 😉 Le sauver in extremis en lui refilant un bon point pour les maquillages et la photos (et pourquoi pas les costumes pour emballer le tout), c’est un poil mesquin mais, après tout, pourquoi pas. Mais nier l’ambition de Ducournau à ce point, c’est quand même oublier les tombereaux de films idiots qui peuplent le genre et qui sortent sur les écrans ou en vidéo à longueur d’année. Même si le script est (sur)chargé, il a au moins envie de dire des choses, et la réalisatrice les dit plutôt bien (il me semble que tu t’accordes à le penser en terme de mise en scène), en maîtrisant ses effets, en frappant les esprits comme il faut. Je ne suis pas du genre chochotte devant un écran (je me suis fait « Salo » en une fois), et je veux admettre que quelques scènes m’ont hérissé le poil (surtout quand elle en a plein la bouche). C’est quand même un film que je reverrai à l’occasion, ne serait-ce que pour la petite Garance qui, à mes yeux, tartine son pâté bien comme il faut.

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  10. Ce n’est pas le meilleur film que j’ai vu de Gérardmer cette année, mais ça n’en reste pas moins un bon film. Le meilleur du genre français depuis Martyrs, alors qu’il n’a finalement rien à voir et se pose davantage comme une sorte d’hybride entre campus movie et horreur. D’ailleurs l’horreur apparaît au fur et à mesure du film, de l’addiction de ses héroïnes et du trauma familial qui en découle. Puis je trouve les acteurs globalement excellents. Je lis dans les commentaires que la réalisatrice est prétentieuse et n’assume rien. Je crois surtout qu’on lui reproche ce que son film n’est pas. Notamment un film gore trash à la Cannibal holocaust. Ne pas comparer non plus tout et n’importe quoi sous prétexte qu’il y a un élément en commun (donc le cannibalisme ici). S’il faut faire une comparaison avec le film de Deodato, il vaut mieux citer le film d’Eli Roth The green inferno. 🙂

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  11. @ GirlyMamie :
    Après si ça se trouve, tu vas adorer Grave, c’est vraiment que mon avis qui n’engage que moi ! Je sais qu’il a ses fans. Après effectivement il y a quand même un souci dans le cinéma actuel (même si je suis plus optimiste que toi – pour moi il y a encore des talents, il faut juste les trouver), il est certain que beaucoup de séries sont plus abouties que les films. Le truc qui me « gêne » un peu dans les séries est son concept chronophage.

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  12. @ alice in oliver :
    Alors non je ne sous-estime pas la portée de ce film si tu lis bien ma chronique. Je vois où la réalisatrice veut en venir mais je ne trouve pas qu’elle traite bien ses sujets. Et pour moi, non quand il y a un tas de « détails » comme tu le dis accumulés, il y a un moment où justement ce ne sont plus des détails mais ils envahissent vraiment tout le film que je n’ai pas trouvé bon tout simplement. Pour moi, en tout cas, ils ne sont pas mineurs sinon je n’aurais pas
    Et encore une fois (et je pense l’avoir répété mille fois dans sa chronique), le problème n’est pas lié au buzz. Au pire le buzz m’énerve mais ça limite, je peux faire abstraction surtout que je l’ai vu justement loin de sa sortie, avec justement du recul.

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  13. @ Yuko :
    Si ça peut te rassurer, j’ai préféré It follows ! :p
    En fait c’est ça, je ne lui reproche pas spécialement le manque de gore (même s’il manque tout de même un point final) mais en compensation il aurait fallu – selon moi – une écriture vraiment plus solide et ressentir beaucoup plus de malaise

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  14. @ titi70 :
    Après si ça se trouve tu vas aimer ! Mais ça me rassure que tu trouves aussi la réalisatrice prétentieuse… (et yeeeep un pote pour It follows !! 😀 ).

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  15. @ Borat :
    Je ne pense pas que mes comparaisons (voire même connexions dans un sens) étaient nazes, je pense que c’était vraiment pertinent. Et je connais des gens qui ont vu Grave et We are what we are et qui étaient d’accord avec moi pour les similitudes. Non, je ne vois pas en quoi je raconte n’importe quoi à ce moment, c’est pas plus idiot que d’autres types de comparaison qu’on lit sans cesse.
    Je ne vais pas revenir sur le gore et le genre, je pense que je me suis suffisamment expliquer ici et sur twitter sur ça.

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  16. @ Princecranoir :
    Non je ne pense pas être mesquine, je ne voulais pas dire que touuut était naze même si je n’ai pas aimé le film. Je tenais à signaler les choses qui m’ont paru de qualité et tenir debout, contrairement au scénario. Le projet a beau être ambitieux, beaucoup de films sont certainement encore plus merdiques que Grave, c’est pas pour autant que je vais trouver le film bon.

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  17. A mon avis tu en as entendu beaucoup trop de bien avant de le voir. Clairement il est moins gore que prévu, et globalement je l’ai trouvé très dérangeant, quand on est sortis, on est allé mangé végétalien ahaha. Je l’ai trouvé vraiment bon mais je comprends les bémols que tu relèves. Bonne journée 🙂

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  18. Je ne parlais pas de toi Tina pour les comparaisons! 😀 Je parlais plutôt des propos de Titi. 😀 Donc à partir de là, je ne peux pas discuter plus loin, vu que tu pars sur un autre sujet! 😀
    A mon sens et on en a déjà discuté en effet et comme je te l’avais dit, je ne vois pas Grave comme un film gore mais à la rigueur comme un film dérangeant. Après ça marche ou pas sur les spectateurs. Moi ça m’a plu, toi non, ce n’est pas grave. Comme je ne pense pas qu’il faut faire dans le gore pour susciter l’horreur (c’est par exemple ce que je reproche au remake d’Evil dead qui est une boucherie dégueulasse ne suscitant pas la peur ou l’effroi).

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  19. @ Borat

    Puisque tu me vise directement, alors, je vais te répondre. Oui, je trouve la réalisatrice prétentieuse, mais, pas, parce que son film est dégueulasse ou pas, puisque je ne peux pas juger, ne l’ayant pas vu. Ce que je juge, c’est la réaction de la réalisatrice qui, à longueur d’interview, semble incapable d’assumer le fait que son long métrage soit un film horrifique (dans ce cas, que faisait il à Gérardmer ?) et je rejoins Tina sur le fait qu’à entendre Julia Ducourneau, on a l’impression qu’elle à réinventé le cinéma à elle toute seule. ce que je trouve insupportable.

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  20. Mais ce n’est pas clairement un film horrifique justement. C’est un film qui mixe différents genres et en soi il n’y a aucun mal à ça. Pour avoir lu diverses interviews, je ne crois pas qu’elle dit avoir réinventé le cinéma justement, au contraire d’un réalisateur dont le film sort demain. 😉 En revanche, ce qu’elle dit est intéressant notamment sur le fait que ceux qui émergent de la fémis sont souvent des scénaristes et non plus des réalisateurs. Ce qui a été confirmé par d’autres personnes autres qu’elle. Je ne vois pas de prétentions là dedans par exemple. 😉

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  21. Si je suis globalement d’accord avec toi, il ne faut pas oublier que c’est un premier film et qu’il y a forcément des imperfections. Le film a de réelles qualités et il faut saluer cette envie de sortir des sentiers battus du cinéma français. Ce qui m’a le plus dérangé, c’est son côté cinéma d’auteur et quelques scènes ratées.

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  22. Je trouve ta critique très intéressante ! Je l’avais beaucoup aimé quand je l’ai vu au ciné. J’ai bien envie de le revoir ! Le final d’ailleurs, je m’en étais doutée, c’est un peu gros quand même.

    Je me rappelle de We are what we are, le final, pouah c’était d’une violence ! Le final de The Neon Demon m’a vraiment donné la gerbe (bien plus que Grave qui m’a écœuré à certains moments quand même).

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  23. @ auroreinparis :
    Je ne nie pas en avoir entendu parler (difficile de passer à côté) mais je ne pense pas que les défauts que je lui reproche sont liés à mes attentes finalement. Je pense que même sans ça, je ne l’aurais pas aimé ! 🙂

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  24. @ Roggy :
    J’aurais vraiment voulu défendre ce film mais après j’aime pas, j’aime pas quoi ! 😮 Mais je pense que justement les défauts que je relève sont finalement liés à son côté cinéma d’auteur.

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  25. @ Chroniques de Claire :
    Merci beaucoup !! 😀
    Ah quelqu’un qui a vu We are what we are !! 😀 😀
    Ah bah perso The Neon Demon m’a bien plus écoeurée que Grave (mais vraiment limite j’allais me taper une côte de boeuf, ça ne m’a fait ni chaud ni froid).

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  26. Ayant récemment découvert, et beaucoup aimé, Grave, tu comprendras que je ne partage pas du tout ton avis 😉

    Ce qui n’est pas grave (pardon pour le jeu de mots facile). Encore plus pour un film de ce type qui implique, je crois, inévitablement des réactions très divisées. En revanche, j’ai parfois du mal à comprendre tes arguments. A te lire, j’avoue avoir l’impression que le film n’est pas ce que tu espérais et que ça affecte du coup nettement (trop peut-être ?) ton ressenti final.

    Qu’on aime ou pas Grave, qui n’est évidemment pas un film parfait, je pense qu’on peut tout de même lui reconnaître de l’ambition, tant formelle que scénaristique. Rien que sur l’écriture, tes reproches sont à mon sens infondés. Quelques éléments en vrac :

    on ne croit pas que ces jeunes-là puissent être l’élite de la France
    En quoi des étudiants véto sont censés représenter l’élite de la France (ou d’ailleurs même) ? Je ne vois pas bien la pertinence de cette remarque. Faire son baptême estudiantin, ou toute autre forme de bizutage, n’enlève, d’après moi, rien à l’intelligence (ou non) des participants.

    pourquoi ne l’empêche-t-elle de lutter contre le cannibalisme (et même l’incite) ?
    Parce que contrairement à Justine, qui lutte pour réfréner ses pulsions, Alexa a choisi de s’y abandonner (comme nous l’indique d’ailleurs le final). Pourquoi donc tenterait-elle d’empêcher sa soeur de suivre la même voie ? Surtout que d’après ce que nous montre le film, elle est tout sauf une soeur protectrice. D’où aussi la filiation pas évidente à première vue, les deux jeunes femmes étant très différentes (malgré leur secret commun).

    Cela dit, cela me parait aberrant que face à sa faim grandissante Justine ne tente même pas de s’attaquer à un des animaux présents dans la prépa ou dans les alentours.
    Selon moi, cela vient du fait que cette découverte de la viande la change profondément. Pas uniquement en faisant naître son cannibalisme mais en dévoilant une véritable attraction pour le plaisir de la chair, et donc par extension sa sexualité. Les corps l’attirent (plus que la viande en tant que telle), en même temps qu’elle découvre le sien. La remarque qu’elle fait au début du récit sur le viol d’un animal (en comparaison au viol d’une femme) est d’ailleurs symptomatique de sa non conscience de son corps. Chose qui évolue de manière radicale par la suite.

    Je vais m’arrêter là mais l’idée était simplement de montrer que même si des choses t’interpellent, elles ont toutes du sens (même chose pour la mise en scène). C’est bien sûr ton droit de ne pas y adhérer (encore une fois, je comprends vraiment qu’on puisse ne pas apprécier un film pareil) mais je trouve le procès que tu fais à Grave particulièrement violent. D’autant plus à côté des dizaines de navets que l’on se tape chaque année dans le genre.

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  27. Je suis entièrement d’accord avec toi en tout point sauf que je n’ai pas non plus trouvé la réalisation et la photo mémorables !
    D’ailleurs plusieurs mois ont passé et il ne me reste pas grand chose de ce film.
    Comme toi j’avais peur d’avoir peur et d’avoir des problèmes d’estomac… RIEN.
    Comme je suis une grande naïve je n’avais rien pressenti du twist… Ça a un peu sauvé mon avis je crois.
    Mais tu as raison on ne croit à rien et surtout pas aux relations des personnages entre eux.
    Et la soeur : quelle calamité d’actrice !!! Elle fait pipi debout. Saluons l’exploit.

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  28. @ Wolvy128 :

    Je reprends du coup tes points, ça sera plus simple ! 😉

    En quoi des étudiants véto sont censés représenter l’élite de la France (ou d’ailleurs même) ? Je ne vois pas bien la pertinence de cette remarque. Faire son baptême estudiantin, ou toute autre forme de bizutage, n’enlève, d’après moi, rien à l’intelligence (ou non) des participants.
    => Non bien sûr ! Je comprends ta remarque sur ce point ! C’est sûr que : 1/ j’ai eu l’impression qu’ils ne bossaient jamais dans cette école. 2/ j’ai conscience que c’est un ressenti qui peut être très personnel et complètement subjectif. Mais disons que quand les acteurs s’expriment, les réactions des personnages, et par rapport à mes connaissances sur des gens qui sont dans de grandes écoles (et pas que de véto), en fait, je n’y ai juste pas cru. Mais après honnêtement, c’est vraiment un détail dans mon appréciation.

    Parce que contrairement à Justine, qui lutte pour réfréner ses pulsions, Alexa a choisi de s’y abandonner (comme nous l’indique d’ailleurs le final). Pourquoi donc tenterait-elle d’empêcher sa soeur de suivre la même voie ? Surtout que d’après ce que nous montre le film, elle est tout sauf une soeur protectrice. D’où aussi la filiation pas évidente à première vue, les deux jeunes femmes étant très différentes (malgré leur secret commun).
    => Selon toi, elle veut entraîner sa soeur dans sa maladie pour ne pas se sentir seule ?

    Cela dit, cela me parait aberrant que face à sa faim grandissante Justine ne tente même pas de s’attaquer à un des animaux présents dans la prépa ou dans les alentours.
    Selon moi, cela vient du fait que cette découverte de la viande la change profondément. Pas uniquement en faisant naître son cannibalisme mais en dévoilant une véritable attraction pour le plaisir de la chair, et donc par extension sa sexualité. Les corps l’attirent (plus que la viande en tant que telle), en même temps qu’elle découvre le sien. La remarque qu’elle fait au début du récit sur le viol d’un animal (en comparaison au viol d’une femme) est d’ailleurs symptomatique de sa non conscience de son corps. Chose qui évolue de manière radicale par la suite.
    =>

    C’est sûr que par rapport à Gangsterdam, Grave c’est magique à côté (oui je ressors d’un gros bordel sur Twitter, un truc inimaginable).

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  29. Je l’ai visionné hier soir, et je vais essayer d’en « pondre » la critique dans la journée. Cependant je dois avouer que je suis plutôt sur un avis négatif concernant ce film ….
    :-/

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