Marie-Francine

réalisé par Valérie Lemercier

avec Valérie Lemercier, Patrick Timsit, Hélène Vincent, Philippe Laudenbach, Denis Podalydès, Nadège Beausson-Diagne, Marie Petiot, Anna Lemarchand, Nanou Garcia, Danièle Lebrun…

Comédie, comédie romantique française. 1h35. 2016.

sortie française : 31 mai 2017

Trop vieille pour son mari, de trop dans son boulot, Marie-Francine doit retourner vivre chez ses parents… … à 50 ans ! Infantilisée par eux, c’est pourtant dans la petite boutique de cigarettes électroniques qu’ils vont lui faire tenir, qu’elle va enfin rencontrer Miguel. Miguel, sans oser le lui avouer, est exactement dans la même situation qu’elle. Comment vont faire ces deux-là pour abriter leur nouvel amour sans maison, là est la question…

Marie-Francine : Photo Valérie Lemercier

J’ai toujours eu de la sympathie à l’égard de l’ovni Valérie Lemercier, qui multiplie les casquettes depuis des années : actrice, réalisatrice, humoriste et chanteuse pour ne citer que ces exemples. Mais vu l’état actuel de la comédie française et certains des ratés de Lemercier (son 100% Cachemire s’était fait démolir et Le Derrière est un film qui m’a toujours agacée : je ne retiens que Palais Royal ! qui reste à mes yeux imparfait), je redoutais fortement ce Marie-Francine (le titre n’étant pas très folichon), au point d’avoir refusé d’aller à l’avant-première présente dans ma ville (avec la présence de Lemercier et Timsit tout de même). C’est ma mère, ma reine pour découvrir toutes les daubes françaises, qui m’a incitée à aller le voir avec elle. Finalement, elle a bien fait : Marie-Francine est une très bonne surprise. Certes, le sujet n’a rien de nouveau : comment ne pas penser à un Tanguy (inversé) d’Etienne Chatiliez ou plus récemment à Retour chez ma mère d’Eric Lavaine ? Bref, Marie-Francine, c’est l’histoire simple (enfin plutôt compliquée pour notre héroïne) d’une cinquantenaire qui perd tout… pour mieux rebondir. Il faut d’ailleurs savoir que Valérie Lemercier voulait intituler Le Bol de Marie-Francine (d’où aussi l’affiche et plus globalement le jeu avec les bols tout le long du film) : si son personnage principal enchaîne les merdes au début du long-métrage, elle va finalement être chanceuse dans différents domaines. Marie-Francine fait donc un bien fou. Non, il ne révolutionne rien et pourtant, ce film dégage un véritable charme et même dans un sens de la magie. On pourrait peut-être même dire qu’il s’agit d’un feel-good movie (même si j’ai conscience qu’on utilise parfois ce mot à tort et à travers et à toutes les sauces possibles). Oui, ce film fait du bien par sa positivité : la vie est loin d’être finie pour une femme banale quinqua, au contraire on assiste même à une sorte de « renaissance ». Marie-Francine m’a vraiment fait rire (ça nous change des comédies lourdingues habituelles !) et surtout il m’a étonnamment touchée. Je m’attendais à des lourdeurs mais finalement, ce long-métrage est plus fin qu’il en a l’air. Certes, il joue avec des images, même certains clichés (le mari qui part pour une plus jeune, les parents bourgeois qui infantilisent leur fille, la soeur qui est une de sorte de comeback de Lemercier des Visiteurs) et surtout avec les quiproquos. Mais étrangement (et tant mieux), la réalisatrice trouve un juste milieu entre ces images toutes faites en question et une finesse bienvenue. Marie-Francine surprend en quelque sorte parce que le spectateur pense être sur un terrain connu (et nous n’allons pas nous mentir : nous savons tous comment le film va se terminer) et finit par être déstabilisé dans le bon sens du terme.

Marie-Francine : Photo Patrick Timsit

Mais justement, Valérie Lemercier joue avec merveilleusement bien avec les codes de la comédie romantique tels qu’on les connait pour les appliquer sur des personnages qui n’ont justement pas l’air de sortir de ce genre cinématographique en question. Les personnages ont la cinquantaine et doivent malgré eux se comporter comme des ados, pas uniquement à cause du comportement pénible des parents mais aussi parce qu’ils n’assument pas totalement leur mode de vie. Ils ont beau être ordinaires, leur mode de vie (malgré eux) a transformé ces personnages en sorte de « bannis » de la société. Par ailleurs, les décors des appartements de Marie-Francine et de son nouveau compagnon sortent littéralement du décor à l’image des personnages décalés (le choix des prénoms n’est certainement pas anodin) qui doivent y vivre le temps de se retourner. L’histoire d’amour entre Marie-Francine et Miguel touche car les deux personnages se ressemblent énormément malgré leur différence sociale. Elle touche aussi parce que justement ils ne parviennent pas à se voir autant qu’ils le voudraient (et à concrétiser un amour sincère), soit à cause d’eux-mêmes soit à cause d’un certain nombre de quiproquos. J’ai aussi aimé de voir l’évolution du personnage principal qui s’épanouit au fur et à mesure du film (notamment à travers une bande-son joyeusement rétro). Elle s’embellit doucement, sans non plus devenir une bombasse comme on le voit parfois dans d’autres films. Le casting est également excellent. Valérie Lemercier est excellente dans un double-rôle, surtout dans celui du personnage éponyme. Elle est drôle, touchante, ne tombe jamais dans des excès alors que cela aurait pu être le cas. J’ai également été surprise par l’interprétation de Patrick Timsit qui fait preuve d’une douceur et d’un sex-appeal que je n’avais pas soupçonnés jusqu’à présent en ce qui me concerne (et je ne dois pas être la seule à être dans ce cas). Hélène Vincent, qui avait refusé au début le rôle de la mère de Marie-Francine jugeant ce personnage trop proche de celui qu’elle incarnait dans le génial film d’Etienne Chatiliez, La Vie est un long fleuve tranquille, excelle tout comme son partenaire Philippe Laudenbach. Denis Podalydès est également génial dans le rôle de l’ex-mari lâche et volage. Marie-Francine est donc la bonne surprise à découvrir en salles (même si elle a certainement ses imperfections) en ce moment, à la fois attachant et hybride (pour ma part ce mélange de comédie grinçante sociale et de comédie romantique m’a plu), à l’image de sa réalisatrice-actrice.

Marie-Francine : Photo Hélène Vincent, Philippe Laudenbach

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25 réflexions au sujet de « Marie-Francine »

  1. Super contente ! J’avais comme toi des appréhensions. J’aime beaucoup Valérie Lemercier, elle a beaucoup d’audace, mais ses dernières comédies n’étaient pas tip top, il faut le reconnaître (elle a d’ailleurs été blessée par le mauvais accueil et ne voulait plus jouer les réalisatrices). J’ai vu quelques extraits qui avaient l’air sympa, mais il faut toujours se méfier… Alors ravie par ton billet et je le vois dès que je peux !

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  2. Tu confirmes la critique presse pas dégueu de cette petite comédie. Timsit a l’air tout mingon dedans. Je pense toutefois passer mon tour au ciné, peut être en DVD !

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  3. Bonjour Tina,film sympa qui se passe dans le milieu « bobo ». J’ai aimé les différentes chansons que l’on entend. J’ai eu un brin de nostalgie. Bonne après-midi.

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  4. @ GirlyMamie :
    Effectivement, son 100% Cachemire avait été très mal reçu, elle a visiblement refait le montage mais le mal est un peu fait. En tout cas, je pense que tu pourrais l’apprécier (en tout cas je l’espère !).

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  5. @ auroreinparis :
    Tu confirmes la critique presse pas dégueu de cette petite comédie. Timsit a l’air tout mingon dedans. Je pense toutefois passer mon tour au ciné, peut être en DVD !

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  6. Etrange que ce film récolte une telle indulgence de la part des critiques ciné- blogs et presse écrite-… Je l’ai vu aussi et je suis loin de partager tout cet enthousiasme.. je trouve que sur un sujet proche les récents Aurore ou même retour chez ma mère étaient plus touchants et réussis… ici, l’idée de la romcom détournée autour des quinquas est une bonne idée mais finalement pas très exploitée.. le film à mon sens ne trouve jamais vraiment le ton entre la satire acerbe de la bourgeoisie à la Chatilliez auquel on pense forcément (les craintes d’ Hélène Vincent me semblent justifiées) la comédie déjantée burlesque ( personnage de la soeur jumelle mal exploitée) et la comédie romantique , partie qui m’a sans doute le plus touchée avec un Timsit pour le coup assez loin de ses roles traditionnels ( on pense à son role dans la crise il y a 25 ans) ..Le film a un coté assez kistch par moment ( chansons de Nana Mouskouri mon dieu) et pourrait avoir été fait il y a 30 ans alors que le sujet est assez contemporain, bref je n’ai pas vraiment ri et pas été très ému non plus… en même temps j’ai vraiment du mal avec le personnage Valérie Lemercier et pour le coup c’est dur de rester objectif :o) mais encore une fois même si je sais que la production de la comédie francaise actuelle est encore un cran au dessous de ce film cet emballement quasi unanime me surprend..

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  7. @ Filou :
    Je ne dis pas ça parce que j’ai aimé mais je crois que le niveau des comédies françaises est en ce moment tellement bas que ce film a le mérite de sortir un peu du lot. Cela dit, je n’ai effectivement pas vu Aurore ni Retour chez ma mère : peut-être justement que je n’ai pas souffert d’une quelconque comparaison ! 🙂
    Après justement son côté kitsch ca fait partie de selon moi de son charme.
    Mais je comprends en tout cas tes arguments ! 🙂

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  8. Jamais aimé Valérie Lemercier, et je préfère le Timsit comique qu’acteur. Donc, je pense que je passerais mon tour sur ce film (au sujet effectivement assez proche du franchement mauvais Retour Chez Ma Mère).

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  9. Autant je trouve Valérie Lemercier drôle et intelligente en interview, dans ses sketches, en présentatrice des César autant je trouve ses films insupportables même si je n’ai vu que le Derrière et Palais royal. Et sa façon de se filmer me met mal à l’aise. Les gens qui s’aiment me mettent mal à l’aise… même si ça doit faciliter la vie.

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  10. Autant je trouve Valérie Lemercier drôle et intelligente en interview, dans ses sketches, en présentatrice des César autant je trouve ses films insupportables même si je n’ai vu que le Derrière et Palais royal. Et sa façon de se filmer me met mal à l’aise. Les gens qui s’aiment me mettent mal à l’aise… même si ça doit faciliter la vie.

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  11. @ Pascale :
    Je comprends ce que tu veux dire, je n’aime pas forcément tout ce qu’elle fait en tant que réalisatrice alors que tout le reste effectivement Lemercier est vraiment une chouette femme !

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