Le mystère Enfield

Créée par Joshua St. Johnston

avec Timothy Spall, Matthew Macfadyen, Eleanor Worthington-Cox, Rosie Cavaliero, Juliet Stevenson…

titre original : The Enfield Haunting

Série dramatique, épouvante-horreur britannique. 1 saison. 2015.

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Eté 1977, Peggy Hodgson et ses trois enfants expérimentent des phénomènes très étranges dans leur nouvelle maison située à Einfield. Elle fait alors appel à Maurice Grosse, chercheur débutant dans le paranormal, pour qu’il mène l’enquête. Il est assisté par Guy Lyon Playfair, investigateur expérimenté qui aborde ce cas avec scepticisme.

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On connait tous l’affaire Enfield (notamment avec des célèbres photographiques relatant les événements – notamment celle de la gamine balancée de son lit / en train de se jeter de son lit ?) au point qu’elle a été cette année l’objet d’un long-métrage, je parle évidemment de Conjuring 2 : Le Cas Enfield par James Wan. Avant la sortie du film américain très romancé (les Warren ont bien rendu visite à la famille touchée, les Hodgson, mais ne sont restés qu’un jour tout comme ce ne sont pas eux qui ont résolu le problème), la mini-série britannique Le Mystère Enfield (The Enfield Haunting) s’était déjà intéressée à cette histoire. Composée de trois épisodes durant chacun 45 minutes, cet objet télévisuel s’appuie sur l’ouvrage de Guy Lyon Playfair, This House is Haunted (1980) qui serait basé sur ce qu’il aurait vu dans cette maison en question. Guy Lyon Playfair est ici l’un des personnages principaux de la série et est interprété par Matthew Macfadyen (je tenais à dire que cette coupe seventies lui va parfaitement bien !). Pour la petite précision, alors qu’il a longuement participé à l’enquête autour de cette affaire, le personnage de Playfair n’apparait pas dans Conjuring 2. En revanche, dans ce film en question, on retrouvait déjà (dans un rôle secondaire) Maurice Grosse interprété par Simon McBurney. Le personnage, incarné ici par Timothy Spall, prend alors dans cette mini-série beaucoup plus de place en étant désormais (avec Playfair). Pour les amateurs d’horreur ou de sensations fortes, vous risquez d’être déçus. Cela ne signifie pas qu’il n’y a pas des scènes effrayantes. Les épisodes mettent mal à l’aise, on assiste à des événements surnaturels qui ne peuvent évidemment pas nous rassurer (avec tout ce qu’on connaît déjà : voix flippantes, objets et personnes en lévitation etc…). Mais rapidement on comprend qu’on n’est pas concrètement face à une série d’horreur (même si je l’ai regardée le jour d’Halloween vu que je ne savais pas trop regarder et que le replay d’Arte ne dure pas non plus une éternité). Il faut dire les choses : c’est avant tout une mini-série dramatique qui reprend la célèbre histoire pour s’intéresser à des problèmes plus intimistes.

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En effet, si nous assistons (avec Maurice Grosse et Guy Playfair) bien à des événements surnaturels, la série préfère se pencher davantage sur l’une des théories autour de cette affaire : la supercherie. Le film de James Wan mettait déjà en scène certains experts (notamment Anita Gregory – interprétée par Franka Potente) qui remettaient en question l’histoire de la famille – principalement pour des raisons financières. Certes, on ne nous affirme pas totalement ce qui s’est passé (seuls les Hodgson connaissent la vérité). Est-ce que tout est faux ? Est-ce qu’il y a, malgré des mensonges avérés, une part de vérité  (la vraie Janet affirme qu’il n’y aurait que 2% de mensonges parmi tout ce qu’elle a dit – et qu’elle n’avait menti que pour faire intervenir des spécialistes qui ne se seraient pas intéressés aux réels événements) ? En tout cas, cette mini-série prend un parti intéressant : montrer la connexion entre Maurice Grosse et la petite Janet Hodgson. Maurice Grosse n’est alors un personnage qui sert à enquêter, on s’intéresse réellement à lui avec ses problèmes personnels et donc ses blessures. Le parapsychologue de la Society for Psychical Research a vécu un drame (compliquant les relations avec son épouse) en perdant sa fille d’un accident de la route. La fille en question se prénommait… Janet. Grosse a-t-il alors accepté de s’investir autant dans cette enquête car il pensait retrouver en quelque sorte sa fille chez les Hodgson ? Quant à Janet, n’est-elle pas perturbée voire même traumatisée par le divorce de ses parents ? Est-ce qu’elle aurait pu inventer ces poltergeists chez elle par manque d’attention et affectif ? Finalement, au fond, ce n’est pas si important de savoir s’il s’agit d’un mensonge ou non – même si la présence de Grosse et Playfair reste intéressante dans cette quête de vérité : même s’ils sont prudents (surtout Playfair) voient-ils ce qu’ils ont envie de voir (cela dit la question de la vue et de la croyance était à mon avis davantage poussée chez Wan) ? La métaphore autour des fantômes (deuil, départ d’un être qu’on aime) reste alors pour moi plutôt réussie et intéressante et c’est selon moi pour cette raison qu’il faut découvrir cette mini-série

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Vu ma description et la démarche des scénaristes, ne vous attendez à voir de l’action à tout bout de champ ! Cela dit, je ne me suis pas ennuyée un seul instant. Il faut dire que le format est selon moi bien trouvé dans le sens où ce n’est ni trop court ni trop long. Les trois épisodes en question, qui s’enchaînent plutôt bien, ont été réalisés par Kristoffer Nyholm, qui avait signé une des saisons de la série danoise réputée The Killing (que j’aimerais bien découvrir) et je dois dire qu’il a fait du bon boulot. La mise en scène est plutôt soignée et réfléchie. Encore une fois, certaines scènes sont assez flippantes et les effets sont bien faits (même si pour les deux cas il n’y a rien de révolutionnaire mais ça ne m’a pas non plus chiffonnée). Evidemment, encore une fois, il ne faut pas chercher de comparer avec Conjuring 2. Il n’y a pas les mêmes moyens mis (il ne faut pas oublier qu’on est face à un produit télévisuel – pas tous ont le même budget qu’un Game of Thrones) et de toute façon, encore une fois, la série ne cherche pas à nous époustoufler visuellement. Cela dit, on notera tout de même un soin accordé à la reconstitution des années 1970, que ce soit au niveau des décors, des costumes et même plus généralement l’ambiance, sans que cela m’ait paru trop exagéré. Niveau écriture, dans l’ensemble, je suis assez satisfaite. Enfin, Le Mystère Enfield est également servi par un très bon casting. Timothy Spall est fabuleux voire même bouleversant dans le rôle de Maurice Grosse. Même si elle reste en retrait, l’interprétation de Juliet Stevenson est également très touchante. J’ai également bien aimé l’interprétation de Matthew Macfadyen même si on aurait pu exploiter davantage son rôle. La jeune Eleanor Worthington-Cox (qu’on a pu voir dans Maléfique de Robert Stromberg) est également géniale dans le rôle de cette gamine ambiguë, difficile à cerner. Son interprétation est cohérente avec l’ambiguïté même du scénario autour de la véracité ou non de l’affaire. Pour conclure, sans crier au chef-d’oeuvre, il s’agit d’une très bonne mini-série que je vous conseille (et donc pas besoin d’être fan) prouvant de nouveau la qualité des programmes de fiction britanniques.

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26 réflexions au sujet de « Le mystère Enfield »

  1. Un peu dans ce genre, Arte avait passé un très bon film (dont bien sûr j’ai oublié le nom…O-O’) il s’agissait d’un film allemand où une jeune fille, sujette à des troubles, oscille toujours entre une éventuelle possession et une possible maladie (épilepsie). C’est vraiment très bien fait et on retrouve ce caractère intimiste dont tu parles dans Le mystère Enfield. See you 😉

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  2. Je l’ai vu avant de voir le film de Wan et, en ce qui me concerne, j’ai préféré la mini-série au film… Pour tout te dire, je crois avoir été plus mal à l’aise devant ces trois épisodes que devant le long-métrage, qui a été une immense déception (ouais, on a le temps de s’ennuyer quand même devant)(et puis quid de cette scène où Ed chantonne Elvis Presley, siriusly ?). La résolution de l’affaire me paraît aussi plus « raisonnable » dans cette série, là où le film se contente de faire hurler à Vera « VALAAAAK » et puis pouf, c’est fini, tout le monde il est beau, tout le monde il est content, tout le monde il rentre chez lui. Vaste blague.

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  3. Je ne connais pas du tout cette mini série mais elle me tente bien !!
    Merci beaucoup pour la découverte !!! C’est vraiment une bonne idée série !!
    Bonne journée !!

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  4. Franchement, au vue des bandes annonces que j’ai pu voir, ça ne me tente guère, d’autant que j’ai adoré Conjuring 2. J’essaierais peut un jour, mais, ce n’est pas une priorité.

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  5. @ Sweet Judas :
    Je me rappelle maintenant de ton conseil, c’était bien toi qui m’avais parlé de cette série !
    (et je vois que Conjuring 2 t’a vraiment traumatisée mais pas pour de bonnes raisons :p :p Alllllez c’était mignon ce passage ! 😀 ).
    Disons qu’il ne s’agit pas de la même approche !

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  6. @ amandinedismoimedia :
    AHAHAH !! 😀 Tu devrais être conquise dès la première ! :p
    Je ne connais pas Rosie Cavaliero… Ca devrait me dire quelque chose ?
    Je crois pas ! 😮 (téléchargement…).

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  7. Je ne pense pas, elle a fait des apparitions chez Steve, elle jouait notamment une altermondialiste vegan dans Saxondale, intéressant car elle poussait Tommy a être ce qu’il prétend être. Elle a aussi joué une spécialiste de vin dans le dernier Partridge.
    Humm je l’ai vu passer en stream…

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  8. Si c’était bien Requiem (trop forte !)
    Depuis, j’ai vu Le mystère Enfield (merci Arte ^^) et j’ai bien aimé l’ambiance minimaliste et réaliste de la série. On est loin des dossiers Warren… Il n’y a rien de trop ici, c’est vraiment bien mené !

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  9. @ Yuko :
    Héhé ! (il faut dire que je veux regarder ce film depuis des années maintenant !).
    OOoh c’est chouette, tu l’as rattrapé (et aimé en plus hohoho je suis ravie) ! 😀

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  10. Je suis contente de voir que le vrai mystère Enfield (mais qui donc t’avait conseillé la série?) est enfin résolu 😀
    En tous cas, ça donne vraiment vraiment envie, ne serait-ce que pour le toujours parfait Timothy Spall, et la reconstitution des années 70 qui fleure bon les meilleurs épisodes de Derrick. Je vais essayer de me trouver ça!

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