RIP Anton Yelchin

Nous avons appris le décès d’Anton Yelchin dimanche soir. Il a été retrouvé écrasé entre sa propre voiture (le moteur tournait encore – le frein à main ne semble pas avoir été mis) et la boîte aux lettres devant son domicile. Il n’avait que 27 ans. J’ai encore du mal à croire que tout ça soit vrai.

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2016 est décidément une année très noire. Nous avons perdu trop de grands noms en si peu de temps. Pourquoi ai-je particulièrement envie de parler de cet acteur en particulier ? Après tout, des milliers d’anonymes meurent tous les jours d’accidents. Surtout, ce n’était justement pas un grand nom comme un David Bowie ou Alan Rickman, qui nous ont également quittés cette année (là aussi, quelle tristesse…).

J’ai tenu à écrire ce modeste hommage pour plusieurs raisons. Tout d’abord, on ne va pas se mentir : l’âge de sa mort me touche certainement plus. Puis, je suivais depuis quelques années (de tête, je dirais bien 7 ou 8 ans, ce qui est énorme si on remet ça dans son contexte) d’assez près la carrière de ce jeune russe, naturalisé américain. Pourtant, quand je l’ai découvert dans Coeurs perdus en Atlantide de Scott Hicks (il était tout jeune dedans), une adaptation de deux nouvelles de Stephen King, ce n’était pas gagné. Mais en même temps, je déteste ce film tout court. Même Anthony Hopkins n’est pas terrible dedans. Mais le hasard et ma curiosité m’ont permis de recroiser son chemin. J’ai fini par m’intéresser à certains de ses choix. Finalement, je lui ai très vite trouvé du talent et du charisme. Une sorte de pureté et d’honnêteté me plaisait et j’appréciais sa discrétion. Pour moi, il était différent des acteurs de sa génération. Sa carrière était évidemment imparfaite mais il faisait des choix intéressants et de plus en plus judicieux. Il savait jongler entre des grandes productions comme Star Trek et le cinéma indépendant. Je dois donc l’avouer : j’ai vu certains films uniquement parce qu’il y jouait dedans.

Alpha Dog : Photo Anton Yelchin, Justin Timberlake

Je suivais de près la carrière d’Anton Yelchin car j’étais persuadée que sa carrière allait exploser. J’avais une sorte de pressentiment en le voyant dans chaque film. J’avais le même pressentiment en découvrant Jennifer Lawrence dans Winter’s Bone ou Shailene Woodley dans la série The Secret Life of the American Teenager par exemple.  Pour moi ce n’était qu’une question de temps. Surtout j’en ai un peu marre de ces pseudo-articles qui résument la (courte) carrière de Yelchin à Star Trek. Non, pour moi, c’était plus que ça. C’était le petit garçon étrange de l’excellente mini-série Disparition (Missing) produite par Steven Spielberg. La victime consentante de l’intéressant Alpha Dog de Nick Cassavetes (avec également Justin Timberlake et Ben Foster au casting). L’ado brillant de Charlie Bartlett de Jon Poll (avec également Robert Downey jr. à l’époque où il se contentait pas de toucher des millions pour Iron Man). L’amoureux de la belle Felicity Jones dans le triomphe de Sundance Like Crazy de Drake Doremus (certainement son plus beau rôle). Le fils du perturbé Mel Gibson dans l’intelligent Complexe du Castor (The Beaver) de Jodie Foster. Le gars du sketch le plus intéressant et même le plus marquant de New York I Love You (il était dans celui de Brett Ratner). Je l’avais trouvé sympa dans Fright Night de Craig Gillepsie. Et même si j’ai détesté le film (je ne vais pas dire le contraire), il avait tourné avec Jim Jarmusch dans Only Lovers Left Alive. Tourner avec Jarmusch, c’est pas rien, malgré tout le mal que j’ai pu dire (et que je peux encore dire) de ce film. En tout cas, tous ces rôles promettaient une belle carrière. Ca ne devait être que le début d’une meilleure aventure.

À la folie : Photo Anton Yelchin, Felicity Jones

Certains films sortiront à titre posthume. Pour moi, son dernier film marquant restera Green Room de Jeremy Saulnier dont j’ai dit beaucoup de bien récemment. Et justement, en regardant ce film en question, puis récemment le sympathique Burying the Ex, j’avais encore envie de découvrir les petits films indé dans lesquels il avait joué. Retenir le film de Saulnier a pour moi un sens : sans cet accident, Yelchin aurait tout simplement assisté à la répétition de son groupe de punk The Hammersheads. Pour cette Fête de la Musique, je vais alors écouter en boucle la BO de Green Room en me souvenant de la fabuleuse scène dans lequel le groupe fictif The Ain’t Rights interprète Nazi Punks Fuck Off (la chanson culte des Dead Kennedy).

Green Room : Photo Anton Yelchin

 

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44 réflexions au sujet de « RIP Anton Yelchin »

  1. Très joli hommage. J’aimais beaucoup ce jeune acteur, prometteur. Je l’avais découvert comme toi dans Coeurs perdus en Atlantide, un film largement oubliable et oublié, sauf le petit Anton ! Depuis moi aussi je suivais sa carrière. C’est horrible de mourir comme ça… franchement…

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  2. Excuse-moi Tina si je suis hors sujet (j’espère que tu me pardonneras !)… mais j’aimerais mentionner aussi quelqu’un qui est mort jeune et n’aurait pas du (cancer du sein) : Lhasa, une chanteuse incroyable (je ne suis en général pas attiré, musicalement, par les chanteuses…). Quand je l’entends, cela me remue tellement. Depuis 6 ans qu’elle est morte, quand je l’écoute, cela me replonge dans son monde à tel point que j’ai l’impression que c’est une personne que je connais qui est morte, j’ai l’impression de pleurer sa mort et de la vivre comme celle d’une bien-aimée… très bizarre, peut-être parce que sa manière de chanter, sa voix, sa présence sont si fortes qu’elle me transmet sa présence, et sa vie. Et l’imaginer enregistrer son dernier album sachant qu’elle allait mourir peu après… bouhh, ça me donne froid dans le dos ! Quelle fille ! Une personnalité si sensuelle et romantique…
    Un exemple : https://www.youtube.com/watch?v=ZDS4ZfZs2ko
    Encore une fois, sorry Tina 😉

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  3. Je l’ai connu par Alpha dog où il jouait à Marco Polo avec la future ex madame Depp et le chaperon rouge. Depuis j’avais vu passer ses différents projets. J’ai failli voir Green room en avril, malheureusement il n’y a eu qu’une séance unique à la Scala et il n’est passé ni à Metz ni à Kinépolis.Je n’ai pas pu y aller. Je me faisais une joie de le voir en août prochain dans le nouveau Star trek. Ce sera finalement un de ses derniers films. Cela me fait d’autant plus bizarre qu’il était ironiquement lié à mon dernier projet étudiant. On devait monter un projet avec un dossier complet de financement. On l’avait mis dans le casting car on voulait des kidnappeurs type Europe de l’est et comme il parlait russe et anglais, il pouvait servir d’intermédiaire. Il aurait pu jouer le neveu de Gérard Depardieu! 😀 RIP Man.

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  4. Je ne le connaissais pas très bien mais il avait une bonne bouille. Son rôle dans Star Treck était touchant. Quand j’ai appris sa mort, j’ai eu les boules. Il était tellement jeune ! Et puis c’est une mort « conne », c’est horrible 😦

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  5. Très bel hommage pour un acteur qui m’était totalement passé à côté ; enfon jusqu’à ce que tu cites « only lovers left alive », film que tu as détesté sans doute autant que je l’ai aimé. Alors pour tous les dandys errant dans les nuits blanches de l’éternité, pour tous les zombies qui grattent des guitares au fond des cavernes hantées, je dis Rest in Peace Anton Yelchin, mais comme disait Dylan (autre vampire du rock’n’roll), « death is not the end »

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  6. J’aimais beaucoup cet acteur et j’ai eu un véritable coup de cœur pour lui dans Like Crazy (Idem pour Felicity Jones).
    Très touchée par ton article qui lui rend un bel hommage. RIP à ce jeune talent parti beaucoup trop tôt.

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  7. @ Amandine :
    Il n’a pas fait que des chefs-d’oeuvre mais c’est une partie du cinéma américain qui m’intéresse, y a toujours des choses à découvrir.

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  8. @ Pierre Levy :
    Ne t’en fais pas, j’accepte toutes les conversations !
    Je ne connaissais pas du tout cette chanson mais effectivement elle aussi a subi un destin tragique 😦 Et je comprends ce que tu veux dire, quand tu évoques une proximité. 🙂

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  9. @ Borat :
    Ah bon y a Amber Heard dans Alpha Dog ? Tu confonds pas avec Amanda Seyfried ?
    Dommage que tu aies raté Green Room, c’est vraiment une bonne surprise ! (et par le même réalisateur, je te conseille Blue Ruin !).
    AHah énorme ton projet étudiant je trouve !

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  10. Et surtout à 27 ans il a pu choisir et se construire une carrière selon ses envies c’est incroyable, je comprends ta tristesse, on se doute qu’à se rythme il aurait pu faire une grande carrière…

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  11. Oui elle joue à Marco Polo avec lui avant un petit plan à trois avec Seyfried dans la piscine. 😉
    ça s’appelle Retrouvailles. Avec un de mes camarades et amis, on a eu l’idée en cherchant des faits divers, on est tombé sur une histoire avec une femme kidnappée par des hommes envoyés par son mari. Ses kidnappeurs avaient fait croire qu’il l’avait tué, ils l’ont fait partir et elle est venue à son enterrement comme si de rien n’était! 😀 ça se passait en Afrique et Australie, on a décidé de le recentrer en Europe entre Angleterre et Autriche. La femme devait être jouée par Julianne Moore et le mari par Colin Firth. Le père de Julianne Moore devait être Malcolm McDowell. ça aurait pu être un thriller classique mais amusant! 😀

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  12. Et le pire c’est que cela pouvait être crédible. Pas un gros film d’action, un thriller assez classique jouant sur les décors européens. L’une de mes collègues avait fait de gros travail de repérages avec des décors autrichiens intéressants. Le but de ce type de projet est que cela soit possible, d’où un budget potentiel, un casting qui doit être crédible et un potentiel commercial. Honnêtement on faisait parti des plus crédibles et on a su se défendre. Beaucoup n’ont pas réussi notamment parce que les élèves n’étaient jamais là ou ne communiquaient pas bien entre eux pour pouvoir travailler. Nous on était au moins deux à chaque cours et on bossait. On savait quoi faire. D’autres bien moins.

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  13. @ Borat :
    De toute façon, je l’ai toujours dit (ça fait cliché mais bon je le sors quand même) : le travail finit par payer.
    Ce que je ne comprends pas, c’est de s’engager dans des études qui devraient plaire, surtout dans ta filière et ne pas s’investir à fond.

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  14. Par exemple un groupe voulait faire un docu-fiction sur David Bowie et ils nous ont sorti un budget tellement foireux (peut être un peu plus de 500 000 euros) que l’on s’est tous demandé s’ils ne se foutaient pas de nous. Un autre nous a parlé d’une série fantasy où un jeu de dés permettrait de diriger les personnages. Ce qui faisait en gros une infinie de scénarios possibles, et donc quinze tonnes de difficultés..En plus les mecs étaient confus jusqu’à la diffusion. Ils voulaient diffuser la série sur Canal + puis sur M6 en tant que production française. Je leur ai dit dans les passages question-réponse que c’était impossible. Si Canal produit ils vont vouloir le passer sur D8 bien après et certainement pas sur la 6. Pareil pour un autre adaptant un jeu vidéo. T’avais l’impression qu’ils faisaient plus une campagne pour le nouveau jeu que pour l’adaptation du jeu. Puis un des détails m’a fait tiqué. Ils voulaient faire distribuer le film par Metropolitan et produire par Davis film et New Line. Ce qui serait impossible. Car New Line appartient désormais à Warner et c’est eux qui distribue. Ce sont des trucs tout cons mais qui décrébilisent totalement ton projet.
    Je crois surtout que comme ils voient que cela leur convient pas, mais comme il y a un diplôme à la clé, ils restent. Le problème c’est qu’ils ne viennent pas, osent se plaindre quand ils ne sont pas informés. Sauf que si tu viens tu es un minimum informé et notamment en discutant avec les gens. Sauf que comme ils restent toujours dans le même groupe et se cassent en plein cours (certains viennent pour une heure), ils ne savent rien. Perso je me suis investi durant mes trois années, au point que les profs me reconnaissent tout de suite. Bah oui je suis un des rares à avoir réponse à tout. Je ne suis pas prétentieux loin de là mais c’est bel et bien une réalité. Pareil pour le manque global de culture générale. La première année j’attendais de voir si les gens répondaient mais maintenant plus rien à foutre. Ils ne répondent pas, ne savent pas alors que ce sont parfois des évidences ou en rapport avec le cours. S’en est triste car ils se spécialisent quand même en cinéma…

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  15. @ Borat :
    Le diplome à la clé, je le comprends mais comme tu dis (et c’est du vécu), c’est gavant de voir des gens se plaindre sans bouger le petit doigt. Tu te demandes ce qu’ils deviendront !
    Tu as raison de le souligner : il y a aussi un manque de culture générale et je pense que c’est dans toutes les filières. Soit tu as des gens qui ne s’intéressent qu’à leur filière et ne connaissent rien d’autres en dehors, soit tu as des gens qui ont de vraies lacunes dans le cursus dans lequel ils ont choisi.

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  16. J’étais en déplacement quand c’est survenu, je n’ai donc rien fait sur le blog. Mais comme toi, j’ai été très touchée par le gâchis de cette disparition. En effet, pour moi, Yelchin promettait de devenir un immense acteur, mais à l’instar de River Phoenix avec qui il partageait ce naturel déconcertant, on ne le verra pas arriver jusque là.
    Comme toi, je chérirai l’image d’un jeune musicien rageur, beuglant « Nazi punks f…k off » devant un parterre de skin ❤
    Merci pour ce bel hommage

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  17. Pire que moi ou alors des places que je n’aurais jamais (à un certain niveau), ce qui serait paradoxal.
    Honnêtement je n’en sais rien, je pense que tu as pu l’observer dans ta fillière. En tous cas, personnellement cela me rend parfois malade car souvent cette année on a parlé de cinéma plus populaire. Je pense notamment à toute une flopée de blockbusters ou le cinéma d’Hitchcock. Des films que les gens doivent connaître pour les avoir vu à la tv ou chez eux; ou là un cinéaste qu’on étudie tout de même depuis la première année. Toujours aussi peu de monde qui répondent que ce soit les présents qui prennent quinze tonnes de notes pour rien (au point de faire de rabacher plus tard les mots du prof) ou ceux qui ne sont jamais là. Et ce même si je ne connais pas tout (je n’ai jamais vu de film d’Antonioni ou Bergman par exemple mais je connais au moins des titres!).

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  18. @ Borat :
    C’est exaspérant effectivement (et c’est hélas pareil chez moi, même de titre ils connaissent pas grand chose, même des textes relativement récents et connus, c’est assez flippant dans un sens). Pour moi, quand on s’intéresse à l’art, ça demande, au-delà du travail, une curiosité finalement naturelle.

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  19. Si tu n’es pas curieux dans des filières artistiques, tu n’as clairement rien à faire là. Et encore moins quand tu reste sur tes acquis. On le voit même aux exposés. Une de mes camarades a fait une analyse de séquence sur Mon nom est personne. Elle ne savait pas situé le western spaghetti (elle disait que cela venait des 70’s alors que Pour une poignée de dollars est de 56). Ce n’est qu’un exemple bien sûr mais quand tu relève ce genre d’erreur ça te saute à la gueule.

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  20. @ Borat :
    Aïe aïe aïe… même pas prendre le soin de tout vérifier 😦
    Mais je ne suis pas étonnée. Si tu savais les âneries que j’ai entendues sur Marie-Antoinette, Molière et De La Fontaine, ça fait peur…

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  21. Tu vois ça c’est le genre de conneries que j’entends depuis le début de ma licence. Des élèves qui ne sont majoritairement pas assidus, qui viennent en mode balek et se retrouvent après à se demander qu’est-ce qu’ils font là. Les profs ne nous le disent pas pour ne pas gêner les gens, mais ils n’en pensent pas moins que moi. Même si parfois certains professeurs ont besoin d’aide. Quand on abordait les blockbusters, ma prof m’a souvent demandé combien il y avait d’opus pour tel ou tel saga ou même l’année. Un jour elle ne savait plus quelle année était sorti Retour vers le futur, je lui ai sorti 85 comme j’aurais pu lui lire le botin. Elle a cru que j’avais regardé sur mon portable bien mis en évidence, mais je lui ai dit que c’était là dedans en visant ma tête.; )

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  22. J’ai vraiment été triste d’apprendre son décès. Il faisait parti de ses acteurs que je commençais à suivre et qui pouvait me faire déplacer en salles sur leur simple présence dans un casting…

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