Dalton Trumbo

réalisé par Jay Roach

avec Bryan Cranston, Diane Lane, Helen Mirren, Louis C. K., Michael Stuhlbarg, Elle Fanning, John Goodman, Christian Berkel, Alan Tudyk, Dean O’Gorman,Adewale Akinnuoye-Agbaje…

titre original : Trumbo

Biopic américain. 2h04. 2015.

sortie française : 27 avril 2016

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Hollywood, la Guerre Froide bat son plein.
Alors qu’il est au sommet de son art, le scénariste Dalton Trumbo est accusé d’être communiste.
Avec d’autres artistes, il devient très vite infréquentable, puis est emprisonné et placé sur la Liste Noire : il lui est désormais impossible de travailler.
Grâce à son talent et au soutien inconditionnel de sa famille, Il va contourner cette interdiction.
En menant dans l’ombre un long combat vers sa réhabilitation, il forgera sa légende.

Dalton Trumbo : Photo Bryan Cranston

Pour tout vous avouer, Dalton Trumbo n’est pas nécessairement une personnalité dont je connais bien son oeuvre – j’ai tout de même vu et adoré son Johnny got his gun, l’adaptation de son roman. En revanche, je connaissais un peu son histoire liée à ses positions communistes. C’est pour cette raison que j’ai voulu découvrir ce biopic car il s’agit d’une personnalité intéressante et même importante. Ce biopic est donc inspiré du documentaire du même nom sorti en 2007. Ce documentaire en question s’inspirait lui-même d’une autre oeuvre : la pièce Red, White and Blacklisted, construite par Christopher Trumbo (le fils de Dalton donc). Surtout, il s’agit aussi d’une adaptation de l’ouvrage de Bruce Cook publié en 1977. C’est Jay Roach qui est donc derrière la caméra. Sans dire qu’il s’agit d’un grand réalisateur, j’aime bien certaines comédies qu’il a réalisées comme Mon beau-père et moi, Austin Powers ou encore Moi, député ‘. Sa série Game Change a également eu de bons échos. Cela dit, j’étais sceptique de voir un réalisateur à l’origine de comédies pas toujours fines être derrière un biopic assez sérieux. Mais j’ai décidé de mettre mes doutes de côté étant donné que j’ai lu de bonnes critiques sur ce biopic, que ce soit dans la presse ou sur la blogosphère. Hélas, j’ai eu raison de me méfier. Certes, j’ai trouvé ce biopic très intéressant car j’ai envie de dire que l’histoire de Trumbo et des Dix d’Hollywood est passionnante et mérite qu’on ne l’oublie pas. Les intentions derrière sont évidemment très louables. En effet, c’est une ode à la liberté de penser, de voter, de créer même. C’est également une bonne chose, à travers ce film, de rendre hommage aux hommes de l’ombre du cinéma, c’est-à-dire ici les scénaristes. Le propos ne m’a pas laissée indifférente et dans l’ensemble il s’agit d’un film assez plaisant à suivre. De plus, la reconstitution des différentes époques reste bien faite dans le sens où le spectateur se retrouve aisément dans l’ambiance d’antan mais les décors ou les costumes n’ont rien non plus de kitsch. L’histoire en elle-même est bien présentée, c’est-à-dire qu’elle peut certainement séduire les cinéphiles-historiens et ceux qui s’intéressent moins à cette partie de l’histoire du cinéma.

Dalton Trumbo : Photo Bryan Cranston, Dean O'Gorman

Bref, concrètement, je ne me suis pas ennuyée, l’histoire a su m’intéresser car je pense qu’elle reste malgré tout racontée efficacement, c’est même dans un sens un film « divertissant ». De côté-là, Dalton Trumbo reste donc à peu près réussi. Mais elle n’est pas suffisamment mise en valeur par une réalisation hyper académique et sans aucune personnalité, on a l’impression que n’importe qui aurait pu être derrière la caméra. Le scénario est certes accessible pour éventuellement prendre connaissance de l’histoire de Trumbo et plus généralement du contexte historique mais on a vraiment l’impression de voir une page Wikipedia défiler ! En fait, j’ai envie de dire qu’on est face à tout ce qu’on redoute d’un biopic – même si on a droit qu’à une partie de la vie de Trumbo. C’est d’autant plus rageant de voir un manque de personnalité pour un biopic qui porte justement sur une personnalité aussi forte ! Dalton Trumbo bénéficie en tout cas d’un excellent casting. En tête, Bryan Cranston livre une interprétation solide. Sa nomination aux Oscars et aux Golden Globes est tout à fait justifiée. Il parvient à donner toutes les nuances à son personnage, sans jamais en faire des caisses. Le scénario, qui a pourtant ses faiblesses, a au moins le mérite de ne pas idéaliser Trumbo (mais sans le flinguer – étant donné que c’est aussi une sorte de mode dans les biopics). Tous les acteurs qui l’accompagnent, que ce soit Diane Lane en épouse et mère dévouée, Helen Mirren en garce, John Goodman en producteur de cinéma (tiens donc, comme c’est surprenant, mouahaha), Michael Stuhlbarg (son nom est décidément toujours chiant à écrire) est également très convaincant dans le rôle d’Edward G. Robinson (même si j’ai eu du mal à le reconnaître – d’ailleurs, en dehors de Cranston, les ressemblances avec de véritables personnalités ne sont pas hyper frappantes – mais après il ne s’agit qu’un petit détail) ou encore Elle Fanning dans le rôle de la fille de Trumbo, sensible et engagée. Parmi les seconds rôles, ma petite préférence va tout de même à Louis C. K. qui a un rôle très intéressant et qui apporte une véritable touche d’humanité à son personnage.

Dalton Trumbo : Photo Bryan Cranston, Helen Mirren

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34 réflexions au sujet de « Dalton Trumbo »

  1. Si la partie biopic est très académique, le fond sur l’importance de la rébellion et de la création artistique est ce qui fait, je trouve, la force du film!

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  2. Un biopic peut-il vraiment être autre chose qu’académique ? J’ai tellement l’impression que c’est inhérent au genre, ce côté « leçon d’histoire » ! Pour autant, le sujet est intéressant, et j’aurais presque pu aller le voir, rien que pour la prestation de Bryan Cranston (car je suis en plein rattrapage de « Breaking Bad », moi qui découvre toujours les grandes séries en retard !).

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  3. L’intention est louable, déjà l’époque et le sujet me passionnent et Hollywood a besoin de films venus défricher et exposer ses pires dérives. Bon il faut croire que le nouveau Prick Up Your Ears n’est pas arrivé mais j’ai très envie de découvrir l’absurdité de la chasse aux sorcières.

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  4. Pas très envie de le voir car cela sent le film bien trop lisse (les critiques vont dans ce sens).

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  5. @ Kapalsky :
    J’aurais vraiment aimé que ce soit le point que je retienne le plus en ce qui me concerne ! Après ça reste tout de même pas mal 🙂

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  6. @ Lilylit :
    C’est une grande question ça mérite débat ! Je dirais qu’il est en tout cas possible de sortir de ce schéma habituel, certains l’ont bien prouvé !
    (je n’ai toujours pas regardé Breaking Bad si ça peut te rassurer…)

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  7. ça se voyait malheureusement dès le trailer qui sentait le déjà vu. Dommage pour Bryan Cranston qui n’arrive pas vraiment à trouver de grands rôles au cinéma malgré une présence certaine depuis Breaking Bad.

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  8. Tu connais ma passion pour les biopics! Mais celui-là, surtout pour son sujet, m’intrigue quand même un peu. Comme d’hab pour ce genre de film, je crois que je vais attendre la sortie vidéo!

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  9. Je peux comprendre. Il fait une fixette sur sa sexualité, le portrait est cruel mais il est la victime involontaire d’une volonté de défricher le mythe du swinging london et le milieu de l’art. Y’a une trivialité qui me plaît beaucoup et Gary Oldman magnifique, quand tu penses à ce gâchis…

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  10. @ Amandine :
    Carrément, ça devient gonflant même si c’était un point important vu la tournure des événements. Et Molina aussi ! Un acteur sous-estimé également !

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