Archive | mai 2016

Cannes en 10 points

Ce soir aura lieu la cérémonie d’ouverture de la 69e édition du festival de Cannes. Pour rappel, le maître de cérémonie est Laurent Lafitte et le jury de la compétition officielle sera présidé par George Miller. Plus d’informations ici.

Pour cette occasion (qu’on le veuille ou non, ça reste un des plus grands rendez-vous cinéma de l’année), j’avais envie d’écrire un billet façon « humeur / TAG » sur ce que je pensais de ce festival globalement.

Je pense que c’est le genre de billets que je referai à l’avenir pour des festivals autant importants que Cannes.

Bonne lecture et n’hésitez pas à partager votre avis sur les différents points abordés ou autres, à apporter aussi des suggestions pour que je puisse justement refaire ce type de billets pour d’autres festivals.

photo : Festival de Cannes – site officiel

Quand ai-je découvert ce festival ?

En 2006 (wooow meuf, déjà 10 ans !!). Jadis (je parle comme si j’étais une vieille peau), j’étais une ado qui s’intéressait déjà au cinéma. J’avais juste une envie : découvrir un max de films. Lire des magazines et aller sur Internet m’aidaient déjà non seulement à aller voir des films (que ce soit au cinéma ou chez moi) mais aussi à avoir une meilleure culture cinéma. Cela faisait plusieurs mois que je lisais déjà Première et leur dossier sur Cannes (avec en couverture Sofia Coppola et Kirsten Dunst à l’occasion de la présentation de Marie-Antoinette, que je déteste au passage) m’avait vraiment donné envie d’en savoir plus sur les films présentés, de connaître un max de réalisateurs qui allaient montrer leurs films… Ce ne sont vraiment pas les paillettes et le glamour qui m’ont permis de m’intéresser au festival loin de là. Au fil des années, à force d’avoir mémorisé des tas de noms de films, ça m’a vraiment permis de m’intéresser au cinéma d’auteur assez jeune.

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Photo : Kirsten-Dunst.org

Comment est-ce que je parviens à le suivre de loin ?

Parce qu’il n’y a pas que cette daubasse de Grand Journal qui existe, j’arrive à suivre le festival sur les blogs et sites de presse cinéma de différents pays. J’aime bien notamment aller sur le tableau des notes sur le site du Film Français. Certes, les critiques ne détiennent pas la vérité, et d’ailleurs ni le jury, nous sommes bien d’accord. On sait aussi que certaines critiques sont parfois plus sévères durant le festival parce que justement on s’attend à un niveau très très élevé et que ces critiques en question veulent parfois marquer le coup ou leur mécontentement, ce qui peut se comprendre dans un sens. Le but est évidemment de se faire son propre avis en allant voir les films quand nous le pouvons. Cela dit, quand on veut suivre de loin, qu’on a envie de voir la tendance, se faire ses pronostics alors qu’on a vu du genre trois films sortis en salle pendant le festival (en gros il faut être un peu joueur), ça peut être sympa d’y jeter un oeil même si encore une fois il faut savoir relativiser et surtout ne pas être un mouton. Surtout, j’aime savoir en savoir davantage sur les films présentés, en écoutant les interviews des réalisateurs et acteurs et en regardant les conférences de presse, disponible sur la chaîne de Cannes.

Photo promotionnelle Ethan Coen, Guillermo del Toro, Jake Gyllenhaal, Joel Coen, Xavier Dolan

Le jury de Cannes l’an dernier présidé par les frères Coen – photocall (Allocine)

Pourquoi est-ce que je m’intéresse de loin à ce festival ?

Encore une fois, ce ne sont pas les paillettes qui m’intéressent même si pour moi, ces stars (importantes ou insipides, tout dépend de la personne en question) et les sponsors permettent au festival d’être ce qu’il est (c’est-à-dire allier le glamour et le cinéma « sérieux ») et aussi de vivre tout simplement. Ce sont les films qui m’intéressent. Certes, il m’arrive d’être déçue par certains films présentés, même de me dire que certains n’avaient strictement rien à faire là. On pourra toujours dire qu’on voit toujours les mêmes artistes (et c’est pas faux). Cela dit, je reste persuadée que ça reste un bon moyen (en tout cas comme un autre) de mettre en lumière des films que je n’aurais peut-être pas vu sans leur passage à Cannes. Et je ne parle pas uniquement de la compétition, j’évoque ici aussi les sections parallèles qui ont leur importance pour certains réalisateurs qui ont encore une petite filmographie.

Les Combattants : Photo Adèle Haenel, Kévin Azaïs

Les Combattants, le premier long-métrage de Thomas Cailley, a été présenté à Cannes 2014 à la Quinzaine des Réalisateurs. Il a remporté un beau succès auprès du public et a reçu trois récompenses aux César : meilleure actrice, meilleur espoir masculin et meilleur premier film.

Quelles sont les choses positives que je retiens de ce festival ?

Comme je le disais plus haut, il s’agit avant tout d’une manière conséquente de faire connaître des films d’auteur issus du monde entier, en gros des films que le grand public s’en fiche éperdument le reste de l’année. Ce n’est pas forcément une recette magique (certaines Palme d’or n’ont d’ailleurs pas toujours rencontré du succès) mais ça peut tout de même être un coup de pouce utile, ce n’est pas négligeable. Un grand nombre de réalisateurs sont très reconnaissants d’être passés par la case Cannes pour être plus connu et par la suite monter d’autres projets. Et je ne parle pas uniquement que la compétition officielle. De plus, je dois avouer que je suis allée voir certains films au cinéma parce qu’ils étaient passés par ce festival. Sans ce passage, je ne suis pas toujours sûre que je serais allée le voir. Par conséquent, j’ai pu découvrir des films et des réalisateurs que j’adore depuis ! Surtout, j’ai envie de célébrer le cinéma grâce à Cannes, presque envie de prendre le mot « festival » à partir de son étymologie de « fête ». Attention, je ne dis pas qu’il s’agit du meilleur festival au monde, je pense que chaque festival vise un certain public notamment. Mais grâce à sa médiatisation, pour moi, c’est juste une belle occasion de pouvoir parler de cinéma malgré tout ce qu’on pourra dire dessus. C’est une célébration d’une passion. Malgré toutes les polémiques présentes auparavant et certainement à l’avenir, j’ai envie de retenir cette touche positive.

Blue Ruin : Photo Macon Blair

Selon son réalisateur Jeremy Saulnier, la présentation de Blue Ruin à Cannes à la Quinzaine des Réalisateurs en 2013 a contribué à sa diffusion et son succès.

Et les choses négatives ?

Même si je ne suis pas aussi ronchonne que certain(e)s sur ces points en question mais c’est tout de même bien de ne pas être dans le pays des Bisounours et souligner quelques petits points négatifs. Je dirais tout de même qu’il y a parfois un manque de logique dans certaines répartitions par rapport aux différentes sections. Sans être une fan d’Apichatpong Weerasethakul ou de Naomi Kawase par exemple, est-ce vraiment normal qu’ils aient présenté l’an dernier leurs films en dehors de la compétition officielle alors qu’ils ont gagné des prix (le premier cité ayant tout de même gagné une Palme d’or) ? C’est vrai qu’on a l’impression de voir les mêmes réalisateurs même si je comprends qu’il y a derrière une étiquette à préserver et un certain public à satisfaire. Je veux dire, on a beau critiquer la présence systématique de certains mais dans un sens, s’ils se retrouvaient dans d’autres sections, on râlerait. Après, il faut se poser la question : pourquoi insistent-ils pour rester à Cannes et pas ailleurs ? Il y a aussi le fameux débat sur la découverte de réalisateurs moins confirmés en compet’. Je suis plutôt pour même si j’aime justement le fait que la compétition reste faite pour des confirmés pour montrer justement qu’il s’agit du plus haut niveau du cinéma. Disons que je suis pour quand les jeunes réalisateurs proposent de la bombe. Enfin, la partie glamour peut avoir ses désagréments. Encore une fois sans défendre à tout prix, limite, je comprends le rôle des sponsors, des nanas de L’Oréal (certaines sont même actrices, ne l’oublions pas) même si ça ne donne pas la meilleure image cinéphile. Je pars du principe qu’il y a certainement derrière des enjeux économiques qui nous dépassent quand on ne connait pas particulièrement les coulisses. Ce glamour peut aussi attirer un certain public et c’est pour ça que Cannes existe aussi. Après, je trouve que les limites ont souvent été dépassées quand on voit des starlettes de télé-réalité, désormais des Youtubeurs (je n’ai rien contre eux mais là ils envahissent le cinéma, les librairies etc… c’est bon au bout d’un moment), ou autre chose qui ont tout sauf l’air de s’intéresser au cinéma et qui se trimballent sur le tapis rouge et ont même droit d’aller voir des films alors que de vrais cinéphiles n’ont pas cette chance, oui c’est rageant.

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Oui, à Cannes, des spécimens de ce genre sont sur le tapis rouge.

Source : Twitter Afida Turner

Quelles sont mes Palme d’or préférées ?

(Petite précision 1 : il n’y a pas d’ordre, je réponds de tête)

(Petite précision 2 : j’ai pris en compte certains films qui n’avaient pas l’appellation de Palme d’or étant donné qu’elle n’a été crée qu’en 1955)

Pulp Fiction de Quentin Tarantino, Taxi Driver de Martin Scorsese, Barton Fink des frères Coen, The Tree of Life de Terrence Malick, Dancer in the Dark de Lars von Trier, La Chambre du fils de Nanni Moretti, Le Salaire de la Peur de Henri-Georges Clouzot, Viridiana de Luis Buñuel, Le Guépard de Luchino Visconti, Paris, Texas de Wim Wenders, Elephant de Gus Van Sant, Amour de Michael Haneke, Missing de Costa-Gavras, Mission de Roland Joffé, 4 mois, 3 semaines, 2 jours de Cristian Mungiu, Apocalypse Now de Francis Ford Coppola, If… de Lindsay Anderson…

Elephant : Photo Gus Van Sant

Elephant de Gus Van Sant – Palme d’or 2003

Et celles que j’aime le moins ?

(Petite précision 1 : Vous devez me promettre de ne pas me taper)

(Petite précision 2 : Ce ne sont pas forcément des films que je déteste  – il y en a peu en réalité dans la liste. Dans le lot, j’en estime certains mais c’est juste que je ne suis pas totalement fan de la proposition et pas d’accord avec le choix du jury).

La vie d’Adèle d’Abdellatif Kechiche, Oncle Boonmee d’Apichatpong Weerasethakul, Dheepan de Jacques Audiard, Rosetta des frères Dardenne, La Leçon de Piano de Jane Campion, Sailor et Lula de David Lynch, Sexe, mensonge et vidéo de Steven Soderbergh, Sous le soleil de Satan de Maurice Pialat.

La Vie d'Adèle - Chapitres 1 et 2 : Photo Adèle Exarchopoulos, Léa Seydoux

La Vie d’Adèle d’Abdellatif Kechiche – Palme d’or 2013

Des prix d’interprétation qui m’ont marquée ?

En vrac (j’ai conscience que je vais en oublier plein que j’adore) : Jack Lemmon (Missing et Le Syndrome Chinois), Björk (Dancer in the Dark), Peter Mullan (My Name is Joe), Jeon Do-yeon (Secret Sunshine), Penélope Cruz / Carmen Maura et cie (Volver), Christoph Waltz (Inglourious Basterds), Brenda Blethyn (Secrets et mensonges), John Turturro (Barton Fink), Pascal Duquenne (Le Huitième Jour), Jean Dujardin (The Artist), Mads Mikkelsen (La Chasse)…

Inglourious Basterds : Photo Christoph Waltz

Christoph Waltz dans Inglourious Basterds de Quentin Tarantino (2009).

Des films présentés en compétition que j’adore qui n’ont pas été récompensés ?

La Grande Bellezza de Paolo Sorrentino, Le Labyrinthe de Pan de Guillermo del Toro, Mia Madre / Habemus Papam / Le Caïman de Nanni Moretti, O’Brother et No Country for Old Men des frères Coen, We need to talk about Kevin de Lynne Ramsay, Mystic River de Clint Eastwood, Ed Wood de Tim Burton, La Valse des Pantins de Martin Scorsese, Une journée particulière d’Ettore Scola, Du Silence et des Ombres de Robert Mulligan.

La Grande Bellezza : Photo Toni Servillo

La Grande Bellezza de Paolo Sorrentino a été présenté en compétition à Cannes en 2013 mais est reparti les mains vides (c’était La vie d’Adèle qui avait remporté la Palme d’or cette année-là). Le film a cependant trouvé son public et a remporté plus tard l’Oscar du meilleur film étranger ainsi  que 4 European Film Awards (dont meilleur film).

Quels sont les films que j’attends le plus cette année à Cannes en compétition ?

Mademoiselle (Agassi) de Park Chan-wook, Julieta de Pedro Almodovar, Loving de Jeff Nichols, Moi, Daniel Blake de Ken Loach, Le Client d’Asghar Farhadi, Juste la fin du monde de Xavier Dolan, Baccalauréat de Cristian Mungiu, Elle de Paul Verhoeven et The Neon Demon de Nicolas Winding Refn font vraiment partie des films que je veux voir au cinéma uniquement parce que j’aime le travail des réalisateurs.

Je suis également curieuse de découvrir American Honey d’Andrea Arnold (j’entends beaucoup de bien sur cette réalisatrice), La Fille Inconnue des Dardenne (pour Adèle Haenel et le sujet), Ma Loute de Bruno Dumont (j’ai trouvé la bande-annonce… étonnante), Paterson de Jim Jarmusch (parce que Jarmusch est capable de signer des bijoux et pour Adam Driver), Personal Shopper d’Olivier Assayas (pour le pitch et pour me forcer à rattraper Sils Maria).

The Neon Demon : Photo Elle Fanning, Nicolas Winding Refn

The Neon Demon de Nicolas Winding Refn (en photo avec Elle Fanning) fait partie de mes plus grosses attentes cannoises.

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