The Wrong Mans

Créée par James Corden et Mathew Baynton

avec Mathew Baynton, James Corden, Sarah Solemani, Tom Basden, Dawn French, Nick Moran, Emilia Fox, Benedict Wong, Dougray Scott…

Série comique britannique. 2 saisons. 2013-2014.

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Après avoir décroché un téléphone se trouvant sur les lieux d’un accident de voiture, deux employés de bureau trop gentils se retrouvent pris dans un dangereux complot criminel.

Photo Mathew Baynton

The Wrong Mans est une série encore assez méconnue en France, malgré la diffusion de la saison 1 il y a quelques mois sur Arte (qu’est-ce que j’aime cette chaîne !). Elle ne comporte que deux saisons : la première est constituée de six épisodes, la seconde en quatre, en sachant que chaque épisode dure pratiquement trente minutes. Je ne me suis jamais cachée que j’aimais les séries courtes car je suis persuadée qu’on peut privilégier plus facilement la qualité. Cette série m’a confirmé cette théorie. Le pari était pourtant difficile : je ne veux pas trop ne dire sur l’histoire étant donné que c’est très difficile d’en parler sans faire des spoilers. Ce que je peux dire, c’est que c’est une histoire qui aurait pu partir facilement dans tous les sens. Or, on est surpris de voir à quel point au contraire le scénario tient la route du début jusqu’à la fin en restant d’une rare cohérence. De plus, à la fin de la première saison, qui m’avait pourtant énormément plu, je me suis demandée comment les scénaristes pourraient rebondir et faire une deuxième saison à la hauteur. Pourtant cette saison 2 ne déçoit pas du tout : elle est dans le même esprit que la première saison tout en ayant su faire évoluer les personnages et l’histoire de manière crédible. The Wrong Mans, qui a été traduit en français par Mauvaise Pioche (qu’est-ce que c’est moche…), comporte une erreur volontaire dans le titre. Pourquoi ? Tout d’abord, pour relativiser : il s’agit avant tout d’une comédie. On comprend ce besoin de poser les points sur les « i » de cette façon : quand on lit le pitch de cette série et qu’on commence à regarder les dix premières minutes du premier épisode, on se demande si on n’a pas atterri dans une série d’espionnage ou d’action. C’est d’ailleurs très difficile à raconter l’histoire sans révéler une intrigue car une action en entraîne systématiquement une autre. Puis, quand on fait connaissance du duo Sam Pinkett / Phil Bourne (Mathew Baynton / James Corden), on comprend tout de suite qu’il s’agit d’un duo de boulets ordinaires qui vont se retrouver dans une situation littéralement extraordinaire et qui va les dépasser. Certes, encore une fois, grâce à ce duo, la série reprend les codes du buddy movies mais en accentuant et en assumant encore plus la dimension comique de l’histoire.

Photo James Corden, Mathew Baynton

Cette erreur volontaire met alors aussi en avant la loose constante de ces deux collègues de travail opposés (forcément, sinon c’est pas marrant). Ils ont beau commettre beaucoup d’erreurs (surtout Phil, il faut avouer qu’il est pas mal dans le genre), ils sont aussi attachants parce qu’ils arrivent malgré tout à réfléchir dans des conditions extrêmes et surtout agissent souvent pour les autres : sauver un inconnu à cause d’un hasardeux coup de fil ou encore se rapprocher d’une fiancée (pour Sam) ou d’une mère (pour Phil). On s’identifie à ces deux personnages par leur banalité : tout le monde aurait pu se retrouver dans la même situation qu’eux. Pourquoi se sont-ils retrouvés dans cette merde internationale ? Au départ, c’est finalement par gentillesse et bon sens, plus que par ego et envie de se faire bien voir et de passer pour des héros. Est-ce qu’il y aurait alors une observation sur notre société qui n’accepte plus ces qualités chez quelqu’un et que ces qualités en question se retourneraient contre eux ? Je pense effectivement que les créateurs de cette série ont observé ce fait et ont décidé de pousser cette idée jusqu’au bout, tout en ayant le mérite de ne pas signer une histoire poussive. On joue sans cesse avec l’absurde, l’exagération des faits tout en trouvant un réel équilibre dans le réalisme même des situations. Même les scènes d’action trouvent un ton très juste : on reprend vraiment tous les codes de ce genre, les scènes sont même spectaculaires mais juste ce qu’il en faut et surtout ça reste fun. Surtout, je me suis vraiment marrée et c’est vraiment le point fort de cette série (il faut dire que je suis une fan d’humour british). Les quiproquos nourrissent l’intrigue, les dialogues sont savoureux, Phil et Sam rappellent les meilleurs duos comiques que la télé et le cinéma ont connu. Beaucoup de scènes sont tout simplement hilarantes, exploitant bien l’absurdité des situations (on a vraiment l’impression que les personnages n’en sortiront jamais) et la réaction parfois culottée des personnages pour pouvoir s’en tirer.

Photo Dawn French, Emilia Fox, James Corden

Enfin, The Wrong Mans bénéficie d’une interprétation solide à commencer par Mathew Baynton et James Corden, qui sont également les créateurs de cette série délirante et à part. J’ai découvert Mathew Baynton dans cette série qui reste un inconnu chez nous. J’ai beaucoup aimé son interprétation. Son sérieux est ce qui m’a fait rire chez ce personnage et parvient à être expressif, mais sans en faire des tonnes, quand il est dépassé par les événements. Je ne sais pas vous, mais personnellement, je n’ai pas pu m’empêcher de le comparer à Ben Whishaw (c’est un compliment). Son partenaire, James Corden, commence à être de plus en plus connu chez nous. On a pu le voir dans Lesbian Vampire Killers (Phil Claydon), Les Trois Mousquetaires de Paul W. S. Anderson, New York Melody de John Carney ou encore plus récemment The Lady in the Van de Nicholas Hytner. Bref, c’est quelqu’un que nous voyons de plus en plus au cinéma (même si, comme vous le constatez, il n’a pas joué que dans des chefs-d’oeuvre…) à juste titre : ce gars a beaucoup de talent. Si vous ne l’avez pas encore vu dans des films ou des séries, peut-être que vous avez entendu parler de son Late Late Show dans lequel Adele, Justin Bieber, One Direction, Stevie Wonder, Mariah Carey ou plus récemment Jennifer Lopez chantent avec Corden dans sa voiture ! James Corden incarne alors le fameux ami lourdingue, le boulet de service, pas avantagé physiquement en plus selon les critères de notre société mais il est sincère, courageux et serviable. Ce personnage a beau avoir les critères du « lourd » mais ils ne gâchent pourtant ni la sympathie que nous avons assez rapidement pour ce personnage ni l’histoire en elle-même. Les acteurs secondaires sont également très bons. Pour ne citer que cette partie du casting, j’étais notamment contente de retrouver Dawn French dans le rôle de la mère de Phil ou encore Sarah Solemani s’en sort bien dans le rôle de la petite amie, elle n’a rien de la cruche de service.

Photo James Corden, Mathew Baynton

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18 réflexions au sujet de « The Wrong Mans »

  1. J’avais déjà très envie de découvrir cette série quand j’ai découvert la chronique d’Amandine de Dis-moi media. Tu en remets une couche de tentation, dis-donc! Du coup, il faut vraiment que je m’y mette, parce que j’aime la comédie britannique, que j’aime Corden et que je ne demande qu’à découvrir ce Monsieur Baynton

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  2. Ahhh 😀 Tellement bien écrit ! Il est vrai qu’on a un peu tendance à suivre l’histoire pour ce qu’elle est. D’ailleurs le complot est vraiment bien foutu mais y’a une façon de raconter le tragique qui le plonge en quelque instant dans un versant burlesque. D’ailleurs tu devines la marque du comédien derrière le scénario, tant les mécaniques sont parfaitement intégrées. La mère de Phil parlant du porno : « tu sais ces filles sont malheureuses » si bien délivré qu’on hésite entre misérabilisme et moquerie.
    Les deux acteurs n’ont plus rien à prouver ! Corden a commencé très jeune, à peine la 20aine qu’il jouait déjà avec Walliams, Brydon et Coogan ! Quant à Baynton, mon coup de coeur ! A chaque fois un plaisir, il sait se fondre sans effort et nous faire croire à tout. Le jeu corporel que j’aime tant chez les anglais s’exprime parfaitement avec lui. D’ailleurs il a fréquenté une école de clown à Paris. Il a un grand avenir, un capital sympathie et une subtilité folle.

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  3. @ Amandine :
    Merci ! 😀 Et je trouve que tu complètes vraiment bien mon propos, c’est tellement juste ! Il y a vraiment un incroyable équilibre dans les émotions, c’est très dur sur le papier de trouver une réelle justesse comme ça.
    Ah je ne savais pas du tout pour Baynton et son école de clown (ceci explique cela). Il mériterait d’être maintenant autant connu que son partenaire !

    Aimé par 1 personne

  4. Exact, j’ai l’impression qu’en Angleterre il rencontre son petit succès. Il a pas mal de projet dont un rôle dans la saison 3 d’Inside n°9, je sais j’en parle pour la centième fois 😀

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