Les Muppets, le retour

réalisé par James Bobin

avec Jason Segel, Amy Adams, Chris Cooper, Rashida Jones, Alan Arkin, Bill Cobbs, Zach Galifianakis, Ken Jeong, Jim Parsons, Kristen Schaal, Sarah Silverman, Danny Glover, Danny Trejo, John Krasinski, Jack Black, Emily Blunt, Feist, Neil Patrick Harris, Mickey Rooney, Rachel Korine, Selena Gomez…

avec les voix originales de Steve Whitmire, Eric Jacobson, Dave Goelz, Bill Barretta, David Rudman, Matt Vogel, Peter Linz…

titre original : The Muppets

Comédie familiale, comédie musicale américaine. 1h43. 2011.

sortie française (dvd) : 2 mai 2012

Movie Challenge 2016 : Une comédie

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Tex Richman est un homme d’affaire qui compte acheter le théâtre des Muppets. Gary, Marie et Walter la marionnette se mettent alors à la recherche des anciens du théâtre, séparés depuis plusieurs années, afin de tenter de sauver cet endroit qui leur est très cher. Ils arrivent à retrouver Kermit la grenouille qui part à son tour dans le but de réunir ses anciens compagnons de scène.

Les Muppets, le retour : photo

Je dois avouer que jusqu’à présent je n’avais jamais regardé Les Muppets (même si je connais, comme tout le monde, quelques personnages, j’ai quelques bases). Enfin, je crois. Je n’en ai en tout cas aucun souvenir ! Je ne sais pas si c’était nécessairement une bonne chose de commencer par un film plus récent mais au moins ça ne m’a pas découragée à découvrir pour de bon Les Muppets ! C’est pour cette raison que j’ai eu du mal à le noter et surtout à écrire une critique dessus. En tant que non connaisseuse de l’univers, même si je sais que mon avis pouvait aussi être valable et justement intéressant puisque j’ai en quelque sorte ce « manque d’expérience », j’avais peur de ne pas savoir en parler, de ne pas être légitime. Mais finalement, grâce au recul, j’ai décidé de prendre mon courage à deux mains (j’ai vraiment un don pour dramatiser tout et n’importe quoi, mais bon au moins vous connaissez le comment du pourquoi) et dans l’histoire je me suis même permis d’augmenter ma note (et par conséquent d’assumer réellement mon avis positif). Qu’est-ce qui m’a donc motivée à découvrir enfin cette nouvelle version des Muppets ? La présence d’une partie de l’équipe de Flight of the Conchords. En effet, c’est James Bobin (réalisateur de plusieurs épisodes de la série) qui est derrière la caméra et l’acteur-musicien néo-zélandais Bret McKenzie qui est le compositeur des chansons du film et superviseur musical. Cela dit, je n’étais pas totalement rassurée vu que j’ai constaté aussi la présence de Nicholas Stoller et Jason Segel au scénario. Je précise que je n’ai rien contre ces deux mecs en question, mais je ne garde pas spécialement un bon souvenir de leur collaboration sur Sans Sarah, rien ne va. Mais comme je le disais auparavant, le résultat m’a finalement plu et même agréablement surprise. Encore une fois, je ne peux pas comparer avec les autres films des Muppets, dire si on retrouve l’esprit d’avant ou non. Je constate seulement une bonne surprise, un bon film familial qui ne méritait pas de sortir directement en dvd en France ! Encore une fois, un direct-to-dvd n’est pas toujours synonyme de grosse daube en vue ! J’ai beaucoup hésité à le placer dans ce fameux Movie Challenge que j’ai débuté depuis début janvier. En effet, je ne savais pas trop s’il s’agissait d’une pure comédie, le film étant à la fois aussi un mélange de film familial et de comédie musicale. Mais finalement, j’ai décidé de le mettre dans cette catégorie, en prenant « comédie » dans un sens assez large.

Les Muppets, le retour : photo

Cela dit, je ne fais pas de reproches sur son côté vaguement hybride, au contraire je trouve la cohabitation entre comédie, comédie familiale et comédie musicale assez bien faite (même si nous sommes d’accord que ce sont des genres assez proches et qu’il n’y a rien de spectaculaire en soi). Je dirais que cette version des Muppets trouve un bon compromis pour séduire différents publics. Le film plaira à des petits sans que ce soit gnangnan pour les adultes. Il faut dire qu’il n’hésite pas à caricaturer les codes des comédies musicales : on sent alors de la part des scénaristes une prise de conscience et un certain recul vis-à-vis de ce type de divertissements qui peuvent très vite être lourds et qui présentent souvent le même schéma narratif. Il parvient alors à reprendre ces codes habituels sans nous exaspérer, au contraire, on retrouve même une véritable fraîcheur ! Ainsi, les Muppets s’amusent parfois à dire haute voix « et là il va se passer ça parce que ça se passe toujours comme ça dans les films », les paysages et costumes sont très colorés jusqu’à outrance, les personnages incarnés par Segel et Adams sont naïfs ou encore le méchant est assez caricatural. Mais encore une fois, je n’ai jamais vu ces aspects-là de manière négative car il y a une volonté derrière de s’en moquer. De plus, le film n’est pas uniquement drôle, frais et divertissant, il arrive aussi à être très touchant, que ce soit dans l’amitié entre Gary et Walter ou même encore dans la réussite finale du spectacle. Les chansons, au coeur de ce film, qui est presque une comédie musicale, sont également très plaisantes. Elles réussissent également à combiner ce mélange entre humour / parodie, émotion et hommage. La chanson Man or Muppet avait d’ailleurs remporté l’Oscar de la meilleure chanson. Elles s’insèrent également bien dans ce long-métrage bien rythmé possédant une mise en scène énergique et un scénario qui a alors l’air simple et revu mais qui est finalement bien travaillé. Enfin, le casting est également très bon. Dans les rôles principaux, Jason Segel, Amy Adams ou encore Chris Cooper, sans dire qu’ils font des performances de folie (ok, j’ai bien aimé le film mais bon il ne faut pas non plus en surajouter !), sont plutôt bons. Il y a également de bons guests que ce soit dans dans leurs propres rôles, des personnages secondaires voire même des apparitions. J’ai évidemment beaucoup aimé ces chers Muppets, qui m’ont bien fait marrer !

Les Muppets, le retour : photo

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Elle est trop bien

réalisé par Robert Iscove

avec Freddie Prinze Jr., Rachael Leigh Cook, Jodi Lyn O’Keefe, Paul Walker, Matthew Lillard, Anna Paquin, Kevin Pollak, Usher Raymond, Clea DuVall, Sarah Michelle Gellar, Gabrielle Union, Kieran Culkin, Alexis Arquette…

titre original : She’s all that

Comédie romantique américaine. 1h35. 1999.

sortie française : 30 juin 1999

Movie Challenge 2016 : Un film se passant dans un lycée

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Parce que Taylor a rompu avec Zack, ce qui risque de lui faire perdre sa réputation de président de classe, d’étudiant d’honneur et de capitaine de l’équipe de football, il parie avec son meilleur ami et rival, Dean, que n’importe quelle fille, à condition d’être bien maquillée, peut remporter le concours de reine du bal de fin d’année. C’est alors que Laney Boggs croise leur route et tombe dans les filets des deux compères. Cette élève de dernière année, dont l’ambition est de décrocher une bourse pour entrer dans une école d’art, n’a pas de temps à consacrer à la toilette.

Elle est trop bien : Photo

Elle est trop bien serait une sorte de teen-movie culte (très « typique » des années 1990) malgré les mauvaises critiques que j’ai pu entendre. Disons que j’ai l’impression que c’est grâce à ses défauts que le film est aussi connu. Pour ma part, j’avais eu une « première » approche de ce film en regardant directement sa parodie, Sex Academy (Not Another Teen Movie) de Joel Gallin avec Chris Evans. La parodie m’avait vraiment fait marrer, malgré sa débilité constante et son humour assez lourd, j’avais réussi à faire quelques rapprochements avec d’autres teen-movies très connus et assez similaires visiblement. Mais sans avoir vu Elle est trop bien, LE film qui a vraiment servi de fil conducteur, j’avais l’impression de passer à côté de quelque chose, de quelques vannes aussi. Le Movie Challenge m’a donné une sacrée opportunité. Non, je ne peux crier un mensonge du style : « non mais en fait, ce film passait à la télé, on m’a ligotée et j’ai dû le regarder de force ». Certes, le Movie Challenge me donne la possibilité de regarder des classiques ou films cultes. Mais quand j’ai vu la catégorie « film qui déroule dans un lycée », j’ai tout de suite pensé à Elle est trop bien. Je sais qu’il y avait probablement des films plus intelligents à regarder mais je ne voulais tout simplement pas mourir bête et assouvir ma curiosité (ça va loin, je sais). Pour la note (même si je sais que ce n’est pas le truc le plus important), pour être honnête, j’ai été très embêtée car selon mon humeur (même si je suis souvent de bonne humeur, faut pas croire que je suis une grosse rageuse tout le temps), j’aurais été capable de lui accorder la moyenne (allez, jetez-moi des tomates pourries, profitez-en, ça n’arrivera pas tous les jours). Faut avouer : ça se laisse regarder. Je ne me suis jamais ennuyée, le concept en lui-même n’est pas si idiot que ça. D’ailleurs, Dix bonnes raisons de te larguer de Gil Gunger (avec Julia Stiles et le regretté Heath Ledger) reprend un peu cette trame qui peut rappeler des comédies shakespeariennes. On pensera évidemment aussi beaucoup au Pygmalion de George Bernard Show. Cela dit, sans crier au génie, le long-métrage de Gunger me semble plus ambitieux que ce Elle est trop bien, certes une rom-com sympathique (et pour être honnête, je comprends qu’il ait aussi ses fans) mais qui a des défauts gros comme un camion, il faut bien l’avouer (même si je m’attendais à un résultat vraiment plus dégueulasse).

Elle est trop bien : Photo Freddie Prinze Jr., Rachael Leigh Cook

L’histoire du pari n’était donc pas mauvaise en elle-même mais c’est son traitement qui ne parait pas crédible (et là je m’aperçois vraiment à quel point Sex Academy avait tapé là où il le fallait). Certes, l’héroïne Laney ne se met pas en valeur mais elle n’a absolument rien d’affreux. Il y a des filles dans son école qui ont un physique moins accepté par la société que le sien. Elle est censée être repoussante parce qu’elle porte des lunettes, qu’elle met des salopettes et qu’elle est artiste ! C’est le monde à l’envers ! Le point de départ se transforme ainsi très rapidement en grosse blague, même si j’accepte cette absurdité, le film étant encore une fois pas si désagréable que ça. Finalement, le film est alors très prévisible (ça encore, je ne vais pas trop taper dessus car je savais à quoi m’attendre). En revanche, la débilité de certaines scènes relèvent tout de même du génie dans un sens. Je pense notamment à l’émission avec Matthew Lillard qui ne tombe pas dans la parodie mais plutôt à quelque chose de grossier et honnêtement pas très drôle finalement ou encore cette affreuse scène avec des poils dans une pizza, tout ça pour nous dire que Taylor est un gars bien qui combat les horribles injustices qui se passent tous les jours dans les écoles et surtout dans les cantines, bref c’est le Batman de son lycée, capable de défendre le frangin de sa bien-aimée. De plus, l’ensemble est assez guimauve et rempli de clichés, que ce soit sur les adolescents, les rivalités garçons/filles, le lycée ou encore sur les artistes. Seul vrai point positif : la chorégraphie au bal de fin d’année n’est pas mal du tout ! Freddie Prinze Jr fait partie de ces figures phares de films pour ados dans les années 1990 puis est rapidement devenu un has-been (comme Sarah Michelle Gellar, son épouse, même si cette dernière avait plus de potentiel). Je l’avais déjà trouvé mauvais dans Souviens-toi l’été dernier de Jim Gillepsie et là il ne fait que confirmer l’impression que j’avais déjà sur lui. On a l’impression qu’il ne connait qu’une expression et encore je suis gentille. Sa partenaire Rachael Leigh Cook, sans dire qu’elle joue bien, sauve un peu le désastre côté casting et apporte une certaine fraîcheur malgré la « noirceur » de son personnage.

Elle est trop bien : Photo Freddie Prinze Jr., Paul Walker

Liebster Award n°4

Je suis de nouveau taguée ! Ca fait un moment que Melissa et Lily attendent mes répondent, alors je publie ce billet ! Vu le nombre de Liebster Awards auxquels j’ai participé, je ne m’attarde pas sur les règles : Je raconte 11 choses passionnantes sur ma petite personne, je réponds à 11 questions et je suis censée poser 11 autres questions pour d’autres blogueurs. Comme la dernière fois, je ne vais pas vous poser de questions, vous pouvez reprendre les questions ici et publier vos réponses ici en commentaires ou sur vos blogs. Let’s go !

11 choses sur moi : 

 

  • Ca y est, je débarque sur Facebook ! Bon, pour l’instant, je ne me suis pas foulée, mais ça va venir ! Pour l’instant, cliquez-la car j’ai du mal à installer mon logo avec le lien sur mon blog !
  • Je viens d’apprendre que mes dents de sagesse ne sortiront jamais. Bref, je crois que vous savez ce qui m’attend…
  • Je compte me remettre à la corde à sauter.
  • En 5e, quand ma prof d’anglais m’a demandé ce que je voulais faire dans la vie, je lui ai sérieusement répondu que je voulais devenir rockstar.

  • En tant qu’animatrice pour des gosses de 8 ans, je suis obligée de les faire jouer. Parfois j’utilise le matériel qu’on me donne et parfois j’en invente. Et sans me vanter, les jeux que j’invente cartonnent. S’il y a des gars de Hasbro qui passent par là…
  • J’adore marcher pieds-nus !
  • Quand je vois mettre des pompes chez moi, j’adore marcher en tongs ou en Birkenstock !

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  • J’ai retrouvé ma caméra numérique et je n’ai aucune idée de ce que je veux filmer. Et pourtant, je veux filmer !
  • Pour un cours de cinéma, en seconde, on m’avait demandé de réaliser un clip vidéo. J’avais choisi de tourner en noir et blanc un clip assez pathétique et ridicule intitulé Try a little tenderness (comme la chanson). Je jouais une sorte d’ado pseudo-suicidaire qui reprenait goût à la fois et hooooop retour à la couleur entourée par une avalanche de nounours (!!). Oui, c’est vraiment pathétique ! Je l’ai gravé sur dvd mais j’ai très peur de le ressortir pour le revoir…
  • Depuis que je suis môme, je me ronge les ongles. En fait, actuellement, je me les ronge car ça m’agace de les voir plus longs !
  • Je suis toujours aussi fan des colorations… Maintenant, je ne suis plus blonde mais brune !

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Le tag de Melissa

A quelle époque aurais-tu aimé vivre ? 

C’est toujours difficile de répondre à cette question car il me semble qu’on a toujours tendance à idéaliser une époque qu’on n’a pas vécue et qui avait forcément de bons et de mauvais côtés. Suite à l’image que je me fais, je crois tout de même que j’aurais bien aimé vivre dans les années 1980 ou être une ado dans les années 1990. Je n’ai pas pu les savourer comme il le fallait.

Quelle est la première chose que tu fais le matin ?

Je vais faire dans l’originalité : m’étirer un peu, mettre mes lunettes et aller aux toilettes. VOILA.

Si tu pouvais discuter avec une personnalité pendant une heure, ce serait avec qui ?

J’avais déjà répondu à cette question, que ce soit au cours d’un Liebster Award ou au cours d’un TAG autour du dîner littéraire et cinéma. Je dirais toujours que j’aimerais discuter pendant une heure, Quentin Tarantino, Martin Scorsese et Robert De Niro, on sent que ce sont des gens qui aiment communiquer. Et j’aurais des tas de questions à leur poser.

A ton avis, quelle est la plus grande découverte faite par l’homme ?

Ma réponse va paraître très bateau mais pour moi, LA base reste la découverte du feu (et de tout ce qui suit plus tard, au fil des siècles).

De quel objet ne te sépares-tu jamais ?

Je regarde dans mon sac à main que j’ai toujours sur moi et je dirais : mon portable, des lunettes de soleil, des serviettes périodiques, ma trousse de maquillage et des stylos. GLAMOUR.

Si tu gagnais au loto, que ferais-tu de ton argent ?

Je le diviserais en plusieurs parties : j’en mettrais une partie de côté, juste assurer l’avenir. Après je pense que j’en profiterai pas mal pour me faire plaisir, que ce soit pour acheter des choses nécessaires (du mobilier) et surtout pour voyager. Je sais aussi que je donnerai de l’argent à des associations et aussi à certains de mes proches.

Quelle est la bande originale de ta vie ?

Il y en a troooooop ! De tête, je dirais celles de Reservoir Dogs, Pulp Fiction, Breakfast on Pluto, Billy Elliot, Velvet Goldmine et Trainspotting. Mais il y en a tant d’autres !

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Quel talent aurais-tu aimé posséder ?

Savoir chanter ! J’adore pousser la chansonnette mais ça me frustre d’entendre ma voix si dégueulasse !

Si tu ne pouvais manger qu’un seul plat jusqu’à la fin de ta vie, ce serait lequel ?

Mais c’est trop dur, la bouffe, c’est la vie ! Je répondrais les pâtes car j’en mange très souvent, donc j’imagine que ça me suffirait.

Quel est ton dvd de la honte ? (dvd de la honte = un film que tu adores tout en sachant que c’est un gros navet aux yeux du reste du monde)

Ohlala je sais qu’on va vouloir me taper mais j’avoue aimer revoir The Birdcage de Mike Nichols. ON NE ME TAPE PAS BORDEL !

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Le tag de Lily :

 

Quel livre conseillerais-tu à quelqu’un qui veut découvrir la littérature française contemporaine ?

J’allais dire en général les romans d’Amélie Nothomb (surtout Hygiène de l’assassin, Cosmétique de l’ennemi, Ni d’Eve, ni d’Adam et Robert des noms propres) mais je viens de me rappeler qu’elle est Belge. Sinon, euuuuuh… En fait, je vais répondre les romans d’Amélie Nothomb !

Si tu étais un personnage de fiction, comment s’appellerait le livre de ta vie ?

Euuuuh bonne question… Tina, histoire d’une killer ?

Quel film as-tu vu le plus de fois dans ta vie ?

Les Visiteurs, Le Père Noël est une ordure, Sacré Robin des Bois, Bean, Toute la série du Gendarme, Les Bronzés font du ski, Mrs Doubtfire, Reservoir Dogs, les vieux Disney en général…

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Quel est ton film d’animation préféré ?

Les Aristochats, Mulan, Merlin l’Enchanteur, Le Voyage de Chihiro et Princesse Mononoké.

Y a-t-il des romans dont tu préfères l’adaptation cinématographique ?

Oui : Un homme au singulier de Christopher Isherwood (A Single Man de Tom Ford au cinéma), Trainspotting d’Irvine Welsh (le film du même nom de Danny Boyle), Petit-déjeuner chez Tiffany de Truman Capote (Diamants sur canapé de Blake Edwards), Expiation de Ian McEwan (Reviens-moi de Joe Wright) ou encore La Dame en Noir de Susan Hill (le film du même nom de James Watkins).

Quel personnage de roman ou de film détestes-tu par-dessus tout ?

Pour combiner les deux, je réponds Ana Steele de Cinquante Nuances de Grey et Bella Swan dans Twilight. Deux cruches et encore je reste gentille et polie…

Quelle est ta série préférée ?

Black Books, The IT Crowd, Absolutely Fabulous et Twin Peaks.

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Celle(s) que tu suis en ce moment ?

Justified, American Horror Story, Girls et Parks and Recreation (bref, toujours aucune surprise !).

Si tu devais ajouter une nouveauté à ton blog, quelle serait-elle ?

Oh j’aimerais tellement parler d’autres choses (en lien avec le cinéma ou non), comme le maquillage (j’avais même pensé créer une rubrique du genre : « s’habiller et se maquiller comme tel personnage »), les voyages (je pense toujours à créer une sous-rubrique,pour être honnête) et plus généralement des billets humeur. Mais j’ai tellement envie de parler de films que je n’ai pas trop le temps de m’éparpiller à droite et à gauche et j’ai justement peur qu’on en perde le fil !

Pratiques-tu un sport ?

Je vais toutes les semaines à Keep Cool (noooon, je ne fais pas de pub gratooos). En gros, je cours sur un tapis, je fais du vélo et vélo elliptique, je fais des abdos, l’éclate quoi !

Pratiques-tu un loisir artistique ?

« Artistique » me paraît un peu disproportionné. Actuellement, je me contente d’écrire (je collectionne les carnets et feuilles de brouillon !), de faire des pseudo-peintures même pas abouties (ce n’est que de l’art-thérapie !). Avant, j’étais davantage investie dans des loisirs artistiques, dans des clubs (théâtre, guitare et tout ça, je vous en avais déjà parlé).

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Flight of the Conchords

Créée par James Bobin, Jemaine Clement et Bret McKenzie.

Avec Jemaine Clement, Bret McKenzie, Rhys Darby, Kristen Schaal, Arj Baker…

Série comique américaine. 2 saisons. 2007-2009.

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Bret McKenzie et Jemaine Clement débarquent à New York dans l’espoir de se faire un nom dans le monde de la musique. Originaires de la Nouvelle Zélande, les deux hommes ont monté leur propre groupe. Jusqu’où vont-ils aller ? Surtout avec un agent qui cumule une double casquette de consul de la Nouvelle Zélande…

Flight of the Conchords : Photo Bret McKenzie, Jemaine Clement, Rhys Darby

Après avoir découvert l’excellent (et je ne le dirais jamais assez) Vampires en toute intimité, j’avais envie d’en savoir plus sur les réalisateurs et scénaristes dans l’espoir de découvrir d’autres pépites venues tout droit de Nouvelle-Zélande. Après avoir effectué quelques recherches (c’est là où je remercie solennellement mon ami Google), j’ai donc appris que le co-réalisateur de ce film, Jemaine Clement, est le créateur et co-acteur principal de la série Flight of the Conchords. L’autre co-réalisateur, Taika Waititi, a signé quelques épisodes. En général, c’est James Bobin (qui fait aussi partie des co-créateurs de la série) qui réalise les épisodes. La série s’est même permis d’inviter un grand réalisateur derrière la caméra (à l’épisode 5 de la deuxième saison) : Michel Gondry. Pas étonnant vu que son univers colle assez bien avec celui de la série ! Cette série n’a eu que deux saisons (composées d’une petite dizaine d’épisodes durant à chaque fois presque 30 minutes). Mais on ne peut pas la limiter à une série. En effet, il s’agit à l’origine d’un duo (formé donc par Clement et Bret McKenzie) de musiciens folk humoristiques. Ce duo a par ailleurs remporté un Grammy Awards. Petite précision : avant d’être une série télé diffusée sur HBO à partir de 2007, il s’agissait d’une série destinée à la radio, sur BBC Radio 2. Revenons à ce qui nous intéresse : sa version télé. La série permet alors d’exposer les chansons de ce groupe au cours des différents épisodes. Ainsi, les spectateurs suivent l’histoire des doubles fictionnels de Jemaine Clement et Bret McKenzie, qui sont présentés comme deux musiciens losers, venant tout droit de la Nouvelle-Zélande, tentant leur chance aux Etats-Unis. Et ils ne sont pas prêts à remporter du succès : leur manager Murray Hewitt ne leur propose que des plans foireux en jouant dans des endroits dont tout le monde se fout éperdument de la musique. Leur musique d’ailleurs (que ce soit au niveau du texte ou même de la mélodie), quand ils jouent dans ces fameux endroits, n’est pas toujours bonne inspirée : on comprend aisément leur échec. En réalité, le spectateur peut alors découvrir le talent de Flight of the Conchords à travers les nombreux délires (présentés comme un clip vidéo, ce qui marque l’idée d’une fiction dans la fiction), qui semblent intervenir en dehors de la réalité (même quand les personnages font quelque chose de concret dans le quotidien). La série exploite alors bien l’idée d’une mise en abyme avec les doubles fictionnels : les vraies séquences musicales seraient ce que le groupe (dans la série) ne pourrait pas jouer et interpréter dans leur réalité. Au-delà de l’exploitation d’une idée de fantasme et de rêve qui ne parvient pas réellement à se concrétiser, c’est surtout l’humour qui prime très rapidement.

Flight of the Conchords : Photo Bret McKenzie, Jemaine Clement

Cet humour, qui tend souvent vers l’absurde et le dixième degré, va probablement déstabiliser certains spectateurs, mais en ce qui me concerne, j’étais très souvent pliée en quatre ! On a droit à toutes sortes de parodies, qui tendent parfois même à l’hommage (la frontière est parfois assez floue, ce qui fait tout le charme de cette série). Ainsi, une rencontre avec une jolie fille (The Most Beautiful Girl (in the Room)) ou une simple rupture amoureuse peut vite prendre de drôles de proportions dans la surexagération des sentiments (I’m not crying est pour moi un des meilleurs moments télévisuels). Il faut d’ailleurs privilégier Flight of the Conchords en version originale rien que pour constater la qualité même des paroles. La série n’hésite également pas à parodier différents genres et courants musicaux, en mettant bien en avant certains clichés ou manies véhiculées notamment dans les clips. Il ne faut d’ailleurs pas s’étonner de voir ou d’entendre des ressemblances avec des mélodies ou des clips, cela est totalement volontaire. On s’éclatera alors à faire le lien avec tout ce qu’on connait : les Beatles, les Daft Punk, West Side Story, Gainsbourg, La Macarena, Billy Joel, Bonnie Tyler, Black Eyed Peas… L’hommage le plus marquant de la série selon moi est certainement celui consacré à David Bowie dans l’épisode 6 de la première saison, sobrement intitulé « Bowie ». Les clins d’oeil sont évidemment très pertinents. Au-delà du gros délire ambiant, ces parties musicales sont notamment le moyen de se moquer de la bêtise même de l’industrie musicale actuelle, qui met en avant un sexisme et une misogynie complètement tolérée dans le milieu, et même de s’interroger plus généralement sur le racisme et le sexisme notamment. Le racisme et le sexisme sont tout de même des sujets assez récurrents évoqués au cours des épisodes (même si d’autres sont traités), les deux membres du groupe étant eux-mêmes victimes de racisme même s’ils sont également racistes envers les Australiens. Il y a même un épisode, qui peut paraître (à l’image de toute la série) décalé mais qui reste pertinent, dans lequel les rôles hommes-femmes sont inversés.

Flight of the Conchords : Photo Bret McKenzie, Jemaine Clement

Flight of the Conchords est un excellent groupe de musique, en ce qui me concerne une très bonne surprise et découverte (oui, j’écoute régulièrement leurs albums grâce à mon ami Spotify). Les deux membres du groupe sont également de très bons comédiens, même s’ils jouent finalement leurs doubles. Ils incarnent tous les deux des personnages atypiques, décalés, hors de la réalité, losers et très attachants à la fois. Ils jouent aussi beaucoup avec leur physique, qui permet de rendre une séquence musicale encore plus décalée : Jemaine Clement est très grand, avec des lunettes et une grande bouche tandis que Bret McKenzie est assez petit et très mince. Pour la petite info (car je ne l’avais pas reconnu et je n’en ai pas encore parlé lors des présentations), McKenzie est Figwit dans Le Seigneur des Anneaux et l’Elfe Lindir dans Le Hobbit : Un voyage inattendu. Il a aussi été oscarisé pour avoir écrit et composé « Man or Muppet » pour le film Les Muppets, le retour (je compte bien parler de ce film sur ce blog). En tout cas, j’ai trouvé le duo très complémentaire. J’ai également beaucoup aimé Rhys Darby, qui interprète Murray Hewitt, leur manager incompétent qui a pour habitude de faire l’appel alors qu’ils ne sont que trois dans la pièce ! Tout en restant un rôle secondaire, ce personnage est de plus en plus développé, au point qu’il crée lui aussi des situations improbables et ridicules. Il y a même un épisode où il se met à chanter de l’opéra (enfin en réalité c’est Andrew Drost) qui interprète cette partie, mais ça reste très drôle !) dans un moment tout particulièrement grandiloquent ! Il est touchant parce qu’il croit totalement en sa mission, bien plus que le groupe en lui-même, au point de ne plus penser à son travail et à sa famille. Kristen Schaal (actuellement dans la série The Last Man on Earth) est également excellente dans le rôle de Mel, une groupie barrée et obsédée, limite psychopathe ! Elle m’a parfois rappelée Rose (Melanie Lynskey… décidément vive la Nouvelle-Zélande !) dans Mon Oncle Charlie ! Enfin, il y a également de super guests. Je pense notamment à Art Garfunkel (dans un épisode sur les sosies) ou encore John Turturro dans un clip hommage aux Seigneurs des Anneaux !

Flight of the Conchords : Photo Bret McKenzie, Jemaine Clement

 

Brooklyn

réalisé par John Crowley

avec Saoirse Ronan, Domhnall Gleeson, Emory Cohen, Jim Broadbent, Julie Walters, Jessica Paré, Brid Brennan, Fiona Glascott, Nora-Jane Noone, Jenn Murray, Eva Birthistle, Eileen O’Higgins…

Drame, romance irlandais, britannique, canadien. 1h53. 2015.

sortie française : 9 mars 2016

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Dans les années 50, attirée par la promesse d’un avenir meilleur, la jeune Eilis Lacey quitte son Irlande natale et sa famille pour tenter sa chance de l’autre côté de l’Atlantique. À New York, sa rencontre avec un jeune homme lui fait vite oublier le mal du pays… Mais lorsque son passé vient troubler son nouveau bonheur, Eilis se retrouve écartelée entre deux pays… et entre deux hommes.

Brooklyn : Photo Saoirse Ronan

Brooklyn est une adaptation du roman à succès de Colm Tóibín, réalisée par John Crowley (Intermission, Boy A) et scénarisée par l’écrivain Nick Hornby (qui a déjà une expérience dans ce domaine, en étant le scénariste du plutôt bon Une Education de Lone Scherfig et du désastreux Wild de Jean-Marc Vallée). La présence de Hornby au scénario, le casting et l’histoire (comme vous l’avez compris, j’aime beaucoup l’histoire de l’Irlande, notamment celle liée à l’immigration) m’ont fortement attirée. Je n’ai pas du tout été déçue par ce film, bien au contraire. Je suis persuadée que certains ne vont pas aimer ce film, ou en tout cas lui trouver des défauts alors que j’estime que ces éléments en question sont des qualités. Ainsi, ce qui m’a frappée est sa simplicité, notamment l’histoire en elle-même ou encore la mise en scène. Ayant beaucoup étudié en cours l’exil (le terme étant très large) dans la littérature et le cinéma, j’avais une certaine attente de ce film par rapport à ce thème en question. J’ai aimé qu’on traite de ce sujet efficacement mais sans non plus l’intellectualiser à tout prix (même si le prénom de l’héroïne n’a rien de hasardeux non plus). Les métaphores sont visibles (il y a un parallèle entre l’homme aimé et le lieu dans lequel Eilis aimerait être, le prénom même de l’héroïne est assez explicite) mais ils n’alourdissent pas non plus le récit. Il y a vraiment un bon équilibre trouvé entre la réflexion autour de l’exil et l’histoire plus personnelle de l’héroïne. On voit alors toutes les étapes de cet exil, qu’on connait pourtant tous : la difficulté de quitter sa famille quand on est encore chez soi, le voyage (en bateau avec le mal de mer et tout le reste qui va avec), la difficulté de s’intégrer dans ce nouveau pays puis de trouver finalement ses marques (notamment à travers les relations sociales), sans compter qu’il va aussi y avoir d’autres questions légitimes lorsque Eilis retourne en Irlande suite à un tragique événement : où est vraiment son chez-elle ? A-t-elle même un chez-elle ? Les étapes de ce parcours auraient pu m’ennuyer. Je reconnais encore une fois que c’est assez bateau quand on y pense (en tout cas je comprends de nouveau le reproche des détracteurs), au fond, l’histoire est assez mince. Finalement, le but est presque de montrer le « quotidien » d’une immigrée.

Brooklyn : Photo Domhnall Gleeson, Saoirse Ronan

Mais j’ai justement aimé le fait de suivre le quotidien de cette jeune femme. L’évolution de son personnage m’a paru très naturelle, ce qui n’est pas toujours évident à montrer dans les films. Cela passe par beaucoup de détails, que ce soit dans son attitude ou encore les costumes. Comme vous l’avez compris, j’ai totalement adhéré à l’écriture, d’une grande finesse, mais le film peut aussi compter sur une mise en scène d’une grande efficacité tout en gardant elle aussi de la finesse ainsi que de l’élégance. Le long-métrage possède également d’autres atouts : de jolies photographies et lumières mettent bien en avant chaque endroit, ce qui accentue davantage les interrogations de l’héroïne sur sa place dans le monde. Les décors et costumes sont à la fois élégants, lumineux et sobres à la fois : au-delà d’aider à la contextualisation de l’époque, à travers ces éléments, on voit l’évolution et les sentiments des personnages. Mais encore une fois, il n’y a pas de fausse note : c’est beau esthétiquement mais il n’y en a jamais trop non plus. La musique signée par Michael Brook est également agréable sans qu’elle envahisse les scènes. Parlons maintenant des interprétations. Je suis la carrière de Saoirse Ronan depuis longtemps (depuis Reviens-moi de Joe Wright qui l’a révélée) et comme souvent, elle m’épate. Elle mérite sa nomination aux Oscars pour son excellente interprétation (même si encore une fois, je suis ravie que ce soit Brie Larson qui l’ait remporté pour Room). Elle ne cherche jamais à être à tout prix dans la performance, ça fait de nouveau du bien d’observer une interprétation très subtile, très sensible et finalement très crédible. On a beau de ne pas avoir connu ce genre de situation mais j’ai totalement cru à ses réactions et à ses sentiments. Le reste du casting est également impeccable. Emory Cohen et Domhnall Gleeson (eux aussi font leur petit bout de chemin) sont également très bons en interprétant des personnages opposés, on comprend pourquoi Eilis tombe sous le charme de ces deux hommes. D’autres seconds rôles sont également très bons. Je pense notamment à la toujours dynamique Julie Walters qui apporte de bons moments comiques ou encore à l’excellent Jim Broadbent. J’étais également de retrouver d’autres actrices irlandaises dont on n’entend plus trop en France comme par exemple Jenn Murray (la terrifiante jeune fille dans Dorothy d’Agnès Merlet), Eva Birthistle (l’héroïne de Just a Kiss de Ken Loach) ou encore Nora-Jane Noone (Bernadette dans The Magdalene Sisters) qui sont également toutes impeccables. Pour conclure, j’ai adoré Brooklyn. Si je savais que je pouvais aimer à cause de son sujet autour de l’immigration, en revanche, je ne savais pas du tout si j’allais accrocher aux histoires d’amour. Grâce à sa sensibilité qui m’a frappée, je suis ressortie de la salle totalement bouleversée par tant de justesse au point d’avoir souvent les yeux humides.

Brooklyn : Photo Emory Cohen, Saoirse Ronan

Au nom de ma fille

réalisé par Vincent Garenq

avec Daniel Auteuil, Sebastian Koch, Marie-Josée Croze, Christelle Cornil…

Drame français. 1h27. 2015.

sortie française : 16 mars 2016

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Un jour de juillet 1982, André Bamberski apprend la mort de sa fille Kalinka. Elle avait 14 ans et passait ses vacances en Allemagne auprès de sa mère et de son beau-père le docteur Krombach. Rapidement, les circonstances de sa mort paraissent suspectes. L’attitude de Dieter Krombach ainsi qu’une autopsie troublante laissent beaucoup de questions sans réponse. Très vite convaincu de la culpabilité de Krombach, André Bamberski se lance dans un combat pour le confondre. Un combat de 27 ans qui deviendra l’unique obsession de sa vie…

Au nom de ma fille : Photo Daniel Auteuil

Nous connaissons tous plus ou moins l’affaire Bamberski, qui a été très médiatisée (merci à papi Wiki pour ce bref résumé, je ne m’appelle pas Christophe Hondelatte) : la petite Kalinka Bamberski a été retrouvée morte en juillet 1982 (à l’âge de 14 ans) chez son beau-père, le docteur Dieter Krombach, chez qui elle passait ses vacances à Lindau. Etant médecin, il explique aux enquêteurs qu’il avait injecté à Kalinka du Kobalt-Ferrlecit, disant qu’elle voulait bronzer plus facilement. Il prétend alors qu’elle serait décédé d’une insolation. Le médecin légiste ne s’est pas prononcé sur les causes exactes de la mort et on apprendra aussi plus tard que les parties génitales de la jeune fille ont été retirées. Le légiste avait en tout cas qualifié de « grotesques » les injections de différents produits pratiquées par Krombach pour ranimer Kalinka (elle était déjà morte depuis plusieurs heures). Cela dit, même face à ces faits étranges, l’affaire a été classée. Le père de Kalinka, André Bamberski, accuse alors logiquement le docteur Krombach d’être à l’origine du viol et du meurtre de sa fille. Le combat va alors durer pendant pratiquement trente ans pour pouvoir condamner le meurtrier. La tâche est très compliquée à cause d’une justice allemande elle-même assez laxiste malgré des plaintes de femmes pour viols (ces dernières décrivent des scènes similaires, avec l’intervention de la piqûre) et des accords internationaux non respectés. En 2009, Bamberski fera alors appel à des hommes de main pour l’enlever de chez lui en Allemagne et le ramener en France afin qu’il soit jugé et condamné. Bamberski dit qu’il n’a pas voulu faire justice lui-même mais au contraire tout faire pour que le système judiciaire puisse agir. C’est une affaire qui est ultra passionnante, et pas besoin d’être un grand fan de Faites entrer l’accusé pour pouvoir la suivre : on ne peut avoir que de l’admiration pour Bamberski (malgré la polémique autour de l’enlèvement) qui s’est battu une grande partie de sa vie pour sa fille face à une justice défaillante. Sa détermination a été payante, au point d’avoir autant de connaissances sur les lois que son propre avocat ! C’est pour cette raison que Vincent Garenq, réalisateur de Présumé coupable (sur l’affaire Outreau) et L’Enquête (sur l’affaire Clairstream), a voulu adapter cette histoire, en s’appuyant sur l’ouvrage d’André Bamberski, Pour que justice te soit rendue. Je précise que je n’avais vu aucun film de Garenq jusqu’à ce que je vois celui-ci, je n’avais donc pas d’idées sur son travail.

Au nom de ma fille : Photo Sebastian Koch

Je ne dirais pas que j’ai trouvé le travail de mise en scène ni le scénario pourris mais il me semble que cette affaire méritait un meilleur traitement. Je lui accorde la moyenne parce que le film se laisse tout de même regarder, on ne s’ennuie pas (le film est en plus court et bien rythmé grâce à un montage assez efficace), on sent même une certaine sincérité. Je ne pense que le film en lui-même soit touchant, je pense que c’est l’histoire très forte qui prend le dessus et qui ne m’a pas laissée totalement indifférente. Cela dit, par conséquent, je comprends les critiques encore plus négatives que la mienne, puisque l’émotion possible n’est pas liée aux qualités du film. De plus, on a quand même l’impression de regarder un épisode de Faites entrer l’accusé justement. Le scénario nous contente de nous exposer les faits à peu près chronologiquement (en dehors du début du film, qui nous montre l’arrestation de Bamberski en 2009). Finalement, comme je l’ai fait bêtement pour le premier paragraphe, on connaissait toutes les informations avant de voir le film. Attention, je ne prétends pas qu’un film doit nous apprendre quelque chose, je dis juste qu’en se contentant de nous exposer des informations, le scénario a tout de même du mal à exploiter les différents thèmes, comme l’amour inconditionnel d’un père envers sa famille quoiqu’il arrive, le système judiciaire défaillant, lié notamment aux lois européennes ou encore la notion même de monstruosité. Je trouve cela vraiment regrettable de voir des thèmes survolés et qu’il n’y ait pas plus de « cinéma » : rien n’est poussé, on se contente un peu trop du minimum. Par conséquent, je ne sais même pas quoi penser de l’interprétation de Sebastian Koch, étant donné que son personnage est dans un sens sous-exploité. En revanche, Bamberski reste un personnage intéressant. Certes, c’est sûr que le film met en avant les qualités exceptionnelles de cet homme mais je n’ai pas eu l’impression qu’il y avait une glorification. Daniel Auteuil est en plus très bon dans le rôle d’André Bamberski. Cela fait vraiment plaisir à voir vu que ces derniers temps je trouvais qu’il faisait soit de mauvais choix de films soit il jouait comme un pied (les deux possibilités étaient même combinées !). Plus son personnage vieillit, plus on finit par « voir » le vrai Bamberski qu’on a tant vu, mais Auteuil ne cherche pourtant pas à l’imiter.

Au nom de ma fille : Photo Daniel Auteuil

 

Quelques films pour fêter la Saint-Patrick

J’aurais pu faire un billet pour célébrer ma première année de permis, mais comme on s’en cogne pour l’instant (quoi que je suis sûre qu’un billet sur les films avec de mauvais conducteurs pourrait être cool), je signe cette fois-ci un petit billet pour fêter la Saint-Patrick (et là, vous allez me dire, la Saint-Patrick m’a peut-être porté chance, tout comme j’ai obtenu mon code de la route… le jour d’Halloween !). J’adore l’Irlande dans tous ses états au point d’y être allée six fois (en comptant l’Irlande du Nord) et le cinéma m’a parfois inspirée dans mes fameux voyages. Evidemment, je n’ai mis que 10 films parce que sinon on ne s’en sortirait plus mais j’essaie parfois au sein d’un même film d’en évoquer d’autres qui sont également chouettes et qui pourraient éventuellement vous intéresser. Je sais très bien qu’il y a des tas de films Irlandais (ou sur l’Irlande) qui sont très bien et qui méritaient d’être cités, il ne s’agit que d’une sélection personnelle !

The Commitments – Alan Parker (1991)

The Commitments est l’adaptation du roman du même titre de Roddy Doyle, également auteur de The Snapper et The Van (tous les deux adaptés par Stephen Frears – je vous conseille ces deux films au passage, très drôles avec l’énergique Colm Meaney). Ces trois romans forment (et dans un sens, les trois films) alors la trilogie de Barrytown. J’aime énormément ce film qui présente une bande de jeunes chômeurs de Dublin qui montent un groupe de soul. C’est très frais, souvent drôle, dynamique aussi avec un vraie réflexion sociale derrière et la bande-originale est vraiment exceptionnelle (la voix d’Andrew Strong l’est aussi). On se souvient tous de leur version de Mustang Sally ou encore de Try a Little Tenderness !

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Au nom du père – Jim Sheridan (1993)

Au nom du père, qui a remporté l’Ours d’argent à la Berlinale, mais aucun Oscar malgré ses sept nominations (!), est pour moi le film le plus marquant de Daniel Day-Lewis qui a pourtant d’autres rôles très puissants (notamment celui de Christy Brown dans My Left Foot de Sheridan, qui lui a permis de remporter son premier Oscar). Son duo avec le regretté Pete Postlethwaite est très émouvant. Ce film est tiré de l’histoire vraie de Gerry Conlon, auteur de Proved innocent (le scénario est donc tiré de cet ouvrage). Cet homme a été au centre de l’affaire des « Quatre de Guilford » qui s’est déroulée dans les années 1980. Dans cette affaire, quatre jeunes hommes ont été accusés d’être des membres de l’IRA alors qu’ils n’avaient rien à voir avec cette organisation. Or, la police avait caché des preuves qui prouvait leur innocence. Le film est également porté par une bande-originale très sympa (U2, Gavin Friday, Sinead O’Connor…).

Les Cendres d’Angela – Alan Parker (1999)

Ce n’est peut-être pas un grand film, il a même ses défauts et est pour moi en dessous du livre de Frank McCourt mais je suis tout de même attachée à ce film qui a su me faire aimer son auteur. En effet, Les Cendres d’Angela est l’adaptation du premier tome de la trilogie autobiographique de McCourt (les deux autres, C’est comment l’Amérique ? et Teacher Man, n’ont jamais été adaptés alors qu’ils sont également excellents). J’ai tellement aimé cet auteur au point d’avoir choisi d’étudier ses textes pour mon mémoire de l’année dernière. Le film reste malgré tout attachant, triste et drôle à la fois, avec une formidable Emily Watson et le génial Robert Carlyle. Il retranscrit bien une réalité historique difficile.

 

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The Magdalene Sisters – Peter Mullan (2001) 

L’acteur écossais Peter Mullan, primé à Cannes à peine quelques années auparavant pour son (époustouflante) interprétation dans My Name is Joe de Ken Loach, réalise son deuxième long-métrage (après Orphans), The Madgalene Sisters, lauréat du Lion d’or à la Mostra de Venise. Ce film n’a évidemment pas plu au Vatican qui a crié au scandale. Pourtant, il s’agit bien d’une horrible page de l’histoire de l’Irlande : des milliers de femmes, rejetées par leur famille pour diverses raisons (dans le film, les jeunes femmes sont soit trop belles, soit ont eu un avant hors mariage, ou encore victimes de viol). Elles étaient alors envoyées dans des couvents-prisons. Ces Magdalene homes sont maintenues jusque dans les années 1970 mais il faudra attendre 1996 (!) pour voir le dernier de ces couvent fermer. On sent en tout cas derrière un Peter Mullan révolté et je ne peux que vous conseiller de regarder les bonus dvd dans lequel on voit le bonhomme s’exprimer avec une rare sincérité sur son film.

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Bloody Sunday – Paul Greengrass (2002)

Ours d’or (ex-aequo avec Le Voyage de Chihiro de Hayao Miyazaki, quelle belle année !) à la Berlinale, Bloody Sunday retrace cet affreuse page historique de l’Irlande du Nord : à Derry, le 30 janvier 1972, durant une manifestation pacifique pour l’égalité des droits entre catholiques et protestants est organisée par Ivan Cooper (incarné par le formidable James Nesbitt). Hélas, la marche prend une terrible tournure, au total 14 personnes ont été abattues par l’armée britannique. Le film est déjà très poignant, proche du documentaire. Pour ajouter encore plus d’authenticité au récit, Greengrass choisit des acteurs non professionnels qui ont vécu les événements. Il a également voulu adressé son film à la fois au public irlandais et anglais, en montrant les deux points de vue. C’est aussi pour cette raison qu’il y a coproduction entre l’Irlande et la Grande-Bretagne. Je vous mets évidemment LA chanson de U2 qu’on entend évidemment dans le film.

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Breakfast on Pluto – Neil Jordan (2005) 

Breakfast on Pluto est l’adaptation du très bon roman de l’auteur culte Patrick McCabe (qui a également écrit The Butcher Boy, merveilleusement adapté par Neil Jordan, je vous le conseille). Il s’agit du film qui m’a permis de découvrir le talentueux Cillian Murphy, nommé aux Golden Globes pour cette performance. Le reste du casting est également excellent : Liam Neeson, Brendan Gleeson, Stephen Rea (l’acteur chouchou de Jordan), Gavin Friday ou encore Bryan Ferry. Breakfast on Pluto est un film qui me donne toujours la patate avec sa BO très sixties. Pourtant les thèmes présents sont graves, entre la question de l’identité, la recherche de la mère (cette dernière a dû abandonner notre Patrick/Kitty Braden) ou encore les ravages de l’IRA. L’ensemble est vraiment drôle et émouvant.

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Le vent se lève – Ken Loach (2006)

Je sais qu’il y a beaucoup de gens qui contestent cette Palme d’or décrochée selon le jury à l’unanimité (« ouais mais en face y avait ça et ça et ça) et c’est vrai qu’il y a vraiment en face de bons films, mais je défends vraiment ce beau et puissant film historique signé par le toujours formidable Ken Loach et avec… ohhh encore Cillian Murphy ! (non mais je ne suis pas du tout une groupie). Le sujet n’est pas toujours évident à suivre à cause de son contexte historique chargé (c’est-à-dire la guerre d’indépendance irlandaise puis la guerre civile) mais il me semble tout de même que le film de Loach reste assez accessible en nous présentant l’histoire de deux frères face à l’histoire, au début qui sont unis en défendant les mêmes idées politiques puis se déchirent.

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Once – John Carney (2006)

Si vous avez aimé New York Melody, que vous souhaitez voir un film dans la même veine (en plus mélancolique) et par le même réalisateur, je ne peux que vous conseiller l’excellent Once. Encore une fois, il s’agit d’une histoire d’amour très touchante entre deux musiciens dans les rues de Dublin. Enfin, ça, c’est au premier abord. La vraie histoire d’amour serait celle entre les personnages et la musique. Et si on parle de musique, on parle forcément de bande-originale. La chanson Falling Slowly avait remporté l’Oscar de la meilleure chanson. Je suis également très fan de When your minds made up. Rappelons aussi que le réalisateur John Carney était auparavant bassiste dans le groupe The Frames et son acteur principal Glen Hansard (qui jouait aussi dans… The Commitments) en fait toujours partie.

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Hunger – Steve McQueen (2008)

Hunger est le premier long-métrage de Steve McQueen (number 2, hein), lauréat de la Caméra d’or au festival de Cannes. Quand j’ai vu ce film à sa sortie (j’étais jeuuune), je savais, comme beaucoup d’entre personnes, que McQueen ainsi que son acteur principal, Michael Fassbender (ne l’oublions pas, à l’époque, encore très méconnu), qui avait perdu 14 kilos, auraient une belle carrière et on a eu du nez ! Ce film, qui relate la grève de la faim irlandaise de 1981 et les derniers jours de Bobby Sands dans la prison de Maze, ne plaira pas à tout le monde, mais en ce qui me concerne, je l’ai trouvé intense malgré ses très longs silences. J’ai notamment été marqué par le face à face entre Fassbender et Liam Cunningham qui dure 22 minutes !

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Brendan et le secret de Kells – Tomm Moore (2009)

Brendan et le secret de Kells est le premier long-métrage de Tomm Moore qui a été nommé aux Oscars dans la catégorie « meilleur film d’animation ». Le film renvoie au livre de Kells, écrit autour de 800 après JC par des moines. Il contient les quatre évangiles du Nouveau Testament ornés par de magnifiques enluminures celtiques. Il a été mis en sûreté au XVIIe siècle à l’Université dublinoise Trinity College. J’ai donc énormément aimé ce mélange entre fiction et histoire en nous présentant une animation à tomber par terre ! Visuellement, c’est un des plus beaux films d’animation que j’ai pu voir ! Ce film a en plus vraiment quelque chose de magique et la musique de Bruno Coulais est magnifique. Tomm Moore a aussi signé Le chant de la mer que je vous conseille également !

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Room

réalisé par Lenny Abrahamson

avec Brie Larson, Jacob Tremblay, Joan Allen, Sean Bridgers, Tom McCamus, William H. Macy, Amanda Brugel, Cas Anvar, Joe Pingue…

Drame canadien, irlandais. 2h. 2015.

sortie française : 9 mars 2016

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Jack, 5 ans, vit seul avec sa mère, Ma. Elle lui apprend à jouer, à rire et à comprendre le monde qui l’entoure. Un monde qui commence et s’arrête aux murs de leur chambre, où ils sont retenus prisonniers, le seul endroit que Jack ait jamais connu. L’amour de Ma pour Jack la pousse à tout risquer pour offrir à son fils une chance de s’échapper et de découvrir l’extérieur, une aventure à laquelle il n’était pas préparé.

Room : Photo Brie Larson, Jacob Tremblay

Avant d’aller Room (on ne parle pas du merveilleux nanar de Tommy Wiseau, hein), je connaissais un peu le travail du réalisateur irlandais Lenny Abrahamson. Ainsi, je garde un excellent souvenir de l’émouvant Garage (avec l’excellent Pat Shortt) mais j’avais détesté What Richard Did (le sujet était sur le papier intéressant mais quel ennui…). Je n’ai toujours pas eu l’occasion de regarder Frank (avec Michael Fassbender) mais les critiques étaient mitigées me semble-t-il. Du coup, je ne savais pas trop quoi m’attendre malgré les (très) bonnes critiques que j’entends et que je lis depuis déjà quelques mois. Au début, c’est la promo autour des récompenses accumulées par son actrice principale, Brie Larson (encore assez méconnue en France, ce qui est regrettable), qui a fini par décrocher récemment l’Oscar de la meilleure actrice, ainsi que la bouille du jeune Jacob Tremblay qui fait le tour du web en posant avec le tout Hollywood. Puis, c’est en lisant plusieurs articles sur Emma Donoghue (également irlandaise), l’auteure du roman (qui signe également le scénario), qui m’a définitivement convaincue de foncer le voir dans lesquels elle expliquait ce qui l’avait motivée à écrire (et comment elle y a procédé) une histoire autour de l’amour inconditionnel entre une mère et son fils en s’inspirant d’horribles faits divers autour de la séquestration (notamment les affaires Elisabeth Fritzl, Natascha Kampusch, Jaycee Lee Dugard ou encore les trois séquestrées de Cleveland). Sur le papier, le film est glauque et pourtant à l’écran, malgré la difficulté du sujet (on ne peut pas rester insensible à la situation des personnages surtout quand on connait justement ces horribles faits divers), il ne s’agit pas du tout d’une oeuvre larmoyante. Effectivement, c’est vraiment la relation entre la mère et son enfant qui ressort. On comprend rapidement que cette histoire d’enfermement est un moyen métaphorique (la métaphore la plus présente est certainement l’allégorie de la caverne) pour parler d’une relation forte entre ces deux individus, malgré la manière dont le petit Jack a été conçu (même si des membres de la famille de Joy restent encore « rebutés » par cette idée au point de rejeter l’enfant).

Room : Photo Brie Larson, Joan Allen

Il s’agit d’un amour fusionnel dans lequel chacun va pouvoir apporter quelque chose à l’autre, une « force », à l’image de la scène avec les cheveux de Jack donnés à sa maman pour qu’elle puisse se reprendre. Le scénario, qui reprend la même structure narrative du roman (je ne l’ai pas lu mais je me suis renseignée), est assez malin en adoptant le point de vue du petit Jack. Tout d’abord, cela est un bon moyen de rester concentrer sur la réflexion autour de la maternité puis cela permet aussi d’atténuer l’horreur autour, en tout cas d’être plus dans la suggestion. En adoptant un point de vue en particulier, on aurait pu perdre celui de Joy (ou « Ma ») mais finalement, malgré le choix assumé, il y a bien une sorte d’opposition dans la réaction des personnages (jamais présentée lourdement). Je pense surtout à la seconde partie qui montre comment vivent les personnages dans le vrai monde : d’un côté, le petit Jack qui, malgré ses terribles cinq premières années qui le marqueront à vie, reste un être innocent qui a soif d’apprendre et de découvrir le monde, qui parvient aussi à avoir des réactions très matures (la dernière scène est un savant mélange entre cette innocence et la prise de conscience de devoir tourner la page); de l’autre, Joy a une vision plus sombre alors qu’elle est libre en culpabilisant. Le scénario, qui trouve un bon équilibre à partir de sa construction en deux parties (le monde dans la pièce / le monde extérieur) est également très réussi dans le sens où il parvient à mettre en avant la psychologie des personnages en avant de manière crédible et juste. Encore une fois, il n’y a pas de volonté de surajouter de l’émotion, le film est tout simplement bouleversant (personnellement j’avais la gorge nouée à plusieurs reprises) grâce justement à une apparente simplicité. Son sujet est sombre mais son traitement laisse place à des moments de grâce, de la fraîcheur même (Brie Larson a d’ailleurs été choisie car justement le réalisateur souhaitait une fille à la fois banale et drôle pour éviter un effet sur-tragique). Je crois que c’est ce contraste entre une situation immonde et l’innocence et l’éveil de Jack qui crée une véritable émotion.

Room : Photo Brie Larson, Jacob Tremblay

La mise en scène m’a également beaucoup plu. Rappelons que Lenny Abrahamson a été nommé aux Oscars dans la catégorie « meilleur réalisateur ». Lors de l’annonce des nominations, sans avoir vu le film, mais juste par rapport à mes souvenirs sur ses précédents longs-métrages, j’avoue que j’étais sceptique de voir Lenny Abrahamson nommer. Pas que je doutais de son travail pour Room mais pour moi, dans ce qu’il avait fait auparavant, je gardais le souvenir d’un travail assez amateur. Là, finalement j’ai eu droit à une bonne surprise, constatant selon moi de véritables progrès en ce qui concerne la mise en scène. Je trouve que le réalisateur a vraiment su répondre aux questions autour de l’espace grâce à une mise en scène assez ingénieuse, tout en continuant à prendre en compte le point de vue principal de l’enfant. Ainsi, le spectateur se retrouve parfois dans la peau de Jack. Comme je le disais, il y a une sorte d’avant/après « room » qui montre bien comment les personnages vivaient leur vie dans la pièce (devenu un monde à part) et comment cette perception de ce monde était différente de la réalité, encore plus sinistre. Ce n’était pas forcément évident de livrer ce contraste de ressenti mais encore une fois, la mise en scène permet aussi à sa façon de comprendre le comportement et les sentiments des personnages. Enfin, Room bénéficie d’un excellent casting. Brie Larson est vraiment excellente et mérite amplement son Oscar. Elle est toujours très juste et ne cherche pas à tomber à tout prix dans la performance. Il y a une sobriété et un naturel chez elle qui m’a réellement séduite. Son partenaire, le jeune Jacob Tremblay, est également bluffant, une interprétation criante de vérité et qui demande beaucoup de maturité. Je ne comprends absolument pas qu’il n’ait pas été nommé aux Oscars ! Les seconds rôles sont également très bons, que ce soit Joan Allen en grand-mère aimante et reconnaissante, William H. Macy en grand-père qui a davantage plus de mal à encaisser les choses ou encore l’effrayant Sean Bridgers.

Room : Photo Brie Larson, Jacob Tremblay

Diamants sur canapé

réalisé par Blake Edwards

avec Audrey Hepburn, George Peppard, Patricia Neal, Buddy Ebsen, Martin Balsam, Mickey Rooney…

titre original : Breakfast at Tiffany’s

Comédie américaine. 1h55. 1961.

sortie française : 10 janvier 1962

Movie Challenge 2016 : Un film avec une actrice que j’adore

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Une croqueuse de diamants cherche à épouser un homme riche alors que son voisin écrivain s’intéresse à elle. La jolie Holly fait également en toute innocence le messager pour un truand notoire. Lorsque la police l’interroge, elle n’a aucun mal à prouver son innocence mais son futur époux, riche planteur brésilien, s’éloigne par peur du scandale. L’écrivain en profite pour consoler la belle.

Diamants sur canapé : Photo

J’ai d’abord lu la longue nouvelle de Truman Capote, Petit-déjeuner chez Tiffany, qui ne m’avait pas spécialement plu (alors que j’aime d’habitude cet auteur), ce qui m’a refroidi pour regarder le film réalisé pourtant pas le grand Blake Edwards (ce qui aurait dû être pour moi un argument de poids). C’est finalement la présence de l’adorable Audrey Hepburn qui m’a poussée à le découvrir pour de bon. Après tout, j’ai vu maintenant un paquet de ses films mais je n’avais jamais trouvé l’envie de le regarder. En dehors de la fin, c’est tout de même assez fidèle au texte de Capote (même si on peut aussi parler d’inspiration). Cela aurait pu être inquiétant venant de la part de quelqu’un qui n’a justement pas aimé la version écrite. Or, étrangement, j’ai tout de même apprécié ce film. Certes, je l’ai tout de même trouvé « surestimé » (cet avis n’engage que moi) et je ne pense pas être une amatrice de comédie sentimentale à la base. Je l’ai trouvé également un peu trop long même si heureusement l’ensemble est plutôt rythmé (en tout cas je ne me suis pas non plus ennuyée paradoxalement). Cela dit, il s’agit d’un film très plaisant, possédant un charme fou. J’ai trouvé le portrait des personnages plus approfondis que dans le livre, c’est peut-être pour ça que j’ai cette préférence pour son adaptation cinématographique. Holly Golightly, désormais un personnage emblématique du cinéma, incarnée par la délicieuse et lumineuse Audrey Hepburn (certainement le film qui l’a transformée en icône), est une jeune femme a priori superficielle, cupide et un peu emmerdeuse, qui finit par se mentir à elle-même, à ne plus connaître sa véritable identité et à renier ses sentiments. Pourtant on s’attache rapidement à elle et surtout on apprend à connaître ses blessures et douleurs profondes et intimes. Le personnage de Paul (interprété par George Peppard, plus connu pour être Hannibal dans L’Agence tous risques) est alors intéressant : lui aussi a évidemment ses failles, sa complexité mais c’est surtout un personnage qui va permettre à Holly de se dévoiler, il gratte la surface pour mieux voir son intériorité.

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C’est à ce moment-là qu’on peut établir un rapprochement entre le métier d’écrivain de Paul et le personnage de Holly : cette dernière devient de plus en plus fictive à force de se forger cette nouvelle identité (dans la nouvelle de Capote, on a d’ailleurs même l’impression qu’elle l’est). Paul est littéralement celui qui parvient à lire entre les lignes de la jeune femme. J’adore aussi le chat (en même temps, j’aime les chats en général, ça aide… osef Tina !) ! L’ensemble est également très plaisant, notamment grâce à des répliques piquantes ou des situations absurdes (la scène de la soirée avec tous les invités par exemple). En revanche, je n’ai pas aimé le personnage de Monsieur Yunioshi qui alourdit ce film qui utilise plutôt des ressorts subtils. De plus, je trouve la romance entre Holly et Paul assez inégale. Je précise encore une fois que j’ai aimé le film, les interprétations de Hepburn et Peppard et leurs personnages mais je crois que la présence de Hepburn est si forte (et son personnage aussi) que ça finit par créer malgré tout un certain déséquilibre. Pour reprendre les points positifs, le chic reste en tout cas omniprésent dans la manière de filmer New York, les décors, les costumes. Ces éléments auraient être mis en avant superficiellement mais je trouve qu’ils parviennent à créer une atmosphère charmante ainsi qu’une esthétique plaisante et ils aident aussi quelque part à souder l’émotion. J’ai l’impression que Woody Allen s’est pas mal inspiré de ce film pour créer son propre univers (et j’ai beaucoup pensé à Blue Jasmine en regardant ce film, je ne sais pas si vous avez fait vous aussi le rapprochement). On retient également la musique de Henri Mancini, ainsi que la célèbre chanson « Moon River », tous deux récompensés par un Oscar. Ils confirment la mélancolie présente tout le long du film. La mise en scène, précise et élégante à la fois, permet à l’ensemble de trouver un véritable équilibre et surtout de ne pas tomber dans le piège de la superficialité (vu le thème et personnages traités). Enfin, le scénario est également assez réussi, qui utilise les codes de la comédie romantique et même de la comédie tout court tout en mettant en lumière la psychologie des personnages.

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Zoolander 2

réalisé par Ben Stiller

avec Ben Stiller, Owen Wilson, Penélope Cruz, Will Ferrell, Kristen Wiig, Cyrus Arnold, Benedict Cumberbatch, Nathan Lee Graham, Christine Taylor, Kiefer Sutherland, Billy Zane, Sting, Milla Jovovich, Justin Theroux, Ariana Grande, Katy Perry, Neil deGrasse Tyson, Mika, Demi Lovato, Olivia Munn, John Malkovich, Anna Wintour, Susan Sarandon, Macaulay Culkin, Kim Kardashian, Kanye West, Kate Moss, Skrillex, Lenny Kravitz, Susan Boyle…

Comédie américaine. 1h42. 2016.

sortie française : 2 mars 2016

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Blue Steel. Le Tigre. Magnum… Des regards si puissants qu’ils arrêtent des shuriken en plein vol et déjouent les plans de domination mondiale les plus diaboliques. Un seul top model est capable de conjurer autant de puissance et de beauté dans une duck-face : Derek Zoolander ! Quinze ans après avoir envoyé Mugatu derrière les barreaux, Derek et son rival/meilleur ami Hansel, évincés de l’industrie de la mode suite à une terrible catastrophe, mènent des vies de reclus aux deux extrémités du globe. Mais lorsqu’un mystérieux assassin cible des popstars célèbres, les deux has-been des podiums se rendent à Rome pour reconquérir leur couronne de super mannequins et aider la belle Valentina, de la Fashion Police d’Interpol, à sauver le monde. Et la mode.

Zoolander 2 : Photo Ben Stiller, Owen Wilson, Penélope Cruz

J’ai toujours aimé Ben Stiller, que ce soit en tant qu’acteur, réalisateur et scénariste. J’ai cependant mis un temps fou à découvrir Zoolander, je ne l’ai vu que très récemment et je m’étais franchement bien marrée. Bon, après c’est du Ben Stiller, dans le sens où c’est un humour assez caricatural, qui ne vole pas toujours haut mais en même temps est plus sombre qu’il en a l’air (malgré toute la gamme de couleurs flashy via les costumes délirants). C’est pour cette raison que j’ai voulu aller voir cette suite assez attendue par les fans. Pourtant, je n’étais pas hyper rassurée car cette suite n’a pas été très bien reçue par la presse. J’ai fini par relativiser ces critiques assez négatives en me rappelant qu’en général les films réalisés par Ben Stiller ne sont pas réellement appréciés par la presse et qu’ils finissent par trouver un certain statut au fil du temps. Zoolander en fait partie. A sa sortie, il ne faut pas oublier que le film s’était fait casser et n’avait pas remporté un succès fou à sa sortie (on peut même parler d’échec). C’est finalement grâce à sa sortie en vidéo qu’il trouvera son public ! C’est par ailleurs pour cette raison que cette suite a mis du temps à être préparée, Stiller se rappelant de l’échec du premier film au cinéma. Je ne veux pas défendre bêtement cette suite, et je respecte évidemment les avis négatifs de chacun, mais quand je constate le manque d’engouement pour cette suite, je ne peux pas m’empêcher de penser qu’il y a un peu d’hypocrisie et de mauvaise foi (en tout cas de la part de certains). Je peux me tromper mais je pense que cette suite finira par être appréciée avec le temps. Après je reconnais que mon jugement sur cette suite est peut-être lié au fait que j’ai justement découvert le premier opus assez récemment.

Zoolander 2 : Photo Kristen Wiig, Will Ferrell

J’ai trouvé cette suite réussie pour plusieurs raisons. Déjà, je me suis tout simplement marrée, ce qui est le premier but de n’importe quelle comédie ! Encore une fois, j’adhère à l’humour assez gros, exagéré et tout ce qu’on veut, assez fidèle du premier volet. Certes, il y a évidemment des gags qui sont parfois lourds, d’autres plus réussis que d’autres, mais dans l’ensemble, les différentes situations présentées, les répliques et la crétinerie générale des personnages (incarnés par un casting toujours aussi si inspiré, qui s’éclate avec des expressions faciles ahurissantes !) sont juste pour moi drôles. L’humour n’est pas fin mais pourtant on ne peut s’empêcher de voir toute la bêtise constante qui nous entoure, que ce soit par la presse people, la milieu de la mode en générale ou encore les dérives des réseaux sociaux et des selfies. Le film est pour moi dans son temps, comme l’était par ailleurs le premier opus. Au-delà d’avoir signé un film qui est selon drôle, rythmé et divertissant, je trouve que Stiller parvient à trouver un juste équilibre, en faisant à la fois plaisir aux fans du 1er et à ceux qui découvrent cet univers pour la première fois. Le film prend quelques minutes pour expliquer ce qui s’est passé à la fin du film (ce qu’on connait donc déjà) et tout ce qui a suivi juste après. Certains diront après qu’il y a un effet de répétition, un avis que je peux comprendre mais que je ne partage pas. Je trouve qu’il y a derrière tellement une énergie à recréer un univers, à retrouver les personnages, il y a même une certaine inventivité (dans des détails, ce qui peut paraître paradoxal quand on connait l’humour lourd autour) et une réelle envie de pointer du doigt un milieu, avec les codes qui lui colle dans notre époque. On peut également discuter des guests (il y en a tellement, j’avoue ne pas les avoir tous reconnus). Certes, dans ce genre de films, il y a toujours quelque chose de gratuit, ça peut vite tourner au défilé de stars inutile. Cela dit, vu le sujet (comme dans le premier), ça passe de nouveau sans problèmes et beaucoup de caméos ou de petits rôles sont également jouissifs !

Zoolander 2 : Photo Nathan Lee Graham, Will Ferrell

Bowling

réalisé par Marie-Castille Mention-Schaar

avec Catherine Frot, Mathilde Seigner, Firmine Richard, Laurence Arné, Alex Lutz…

Comédie française. 1h30. 2012.

sortie française : 18 juillet 2012

Movie Challenge 2016 : Un film basé sur des faits réels

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L’histoire se passe à Carhaix. En plein coeur de la Bretagne. Un petit hôpital, une maternité paisible. Pas beaucoup d’accouchements. Mathilde, sage-femme, Firmine, puéricultrice, et Louise, propriétaire du Bowling de Carhaix y vivent, heureuses et amies. Catherine, DRH, y est envoyée pour restructurer l’hôpital et surtout fermer à terme la maternité qui perd de l’argent. Quatre femmes dont l’âge, la personnalité, les origines sont différentes et qui vont pourtant former un quatuor fort en humanité et en humour pour défendre cette maternité. La vie, l’amour, l’amitié, la Bretagne et… le bowling !

Bowling : photo

Là, vous vous dites : « Tina est tombée bien bas ». Qu’est-ce qui m’a pris de regarder Bowling ? Sans être méchante et méprisante (après tout, j’aime bien les Tuche, hein), ça sentait la daube à trois mille kilomètres. L’affiche est moche, le titre est naze, le synopsis sent le déjà vu (une sorte de pseudo et vague mélange entre The Full Monty et The Big Lebowski mais alors vague mélange !) et puis rien que la présence de Mathilde Seigner peut faire fuir. Mais bon, quand il est passé sur NT1 un soir et que je ne me sentais pas de mettre à la télé un film super intelligent et complexe, je me suis dit « pourquoi pas ? ». Et puis je voulais « vérifier » (en mode inspectrice) si c’était si naze que ça. Je reconnais que le film se laisse à peu près regarder un dimanche soir (ou autre jour d’ailleurs), en plus il ne dure pas trop longtemps non plus. On sent également derrière la sincérité de la réalisatrice (qui a un nom à rallonge, oh my god !) et l’investissement des actrices (même si je reviendrais sur leurs interprétations). Hélas, comme je l’avais senti, il ne s’agit pas d’une réussite. C’est dommage car Bowling est tiré d’un joli fait divers : en 2008, les habitants de la ville bretonne Carhaix se sont mobilisés en force et ont manifesté durant 17 semaines pour empêcher la fermeture du service de maternité d’un hôpital et ont réussi à obtenir gain de cause. Une belle histoire sociale et humaine donc à l’origine. Hélas, en voulant à tout prix faire une histoire à la Full Monty (une sorte de mode à la con ces derniers temps), MCMS (trop long à écrire ce nom) gâche tout le potentiel même de ce film. Au final, elle nous sert plus une petite comédie pseudo girly pas très drôle qu’une réelle comédie sociale. Alors, évidemment qu’on nous parle de cette histoire de fermeture de la maternité (avec des répliques foooortes : « Pour vous, on est des quilles, boum, strike, dégagez, on est des pions, tu changes de case et plus de problèmes »). Personnellement, à part la « métaphore » entre les quilles qui tombent et les gens qui vont perdre leur emploi, ou encore le parallèle entre compétition sportive et le combat pour sauver la maternité, je n’ai pas compris la place du bowling dans cette histoire. On a vraiment l’impression que cette idée sort un peu de nulle part !

Bowling : photo

Comme je le disais, la réalisatrice a gâché le potentiel de son histoire et au final nous sert une grosse soupe qui ressemble aux mauvais téléfilms de TF1. Certes, je ne m’attendais pas à une mise en scène de folie mais là elle est inexistante (mon dieu, les scènes de bowling…) et le scénario accumule rapidement les facilités et les clichés, ça dégoulinant de bons sentiments et c’est assez moralisateur (et limite culpabilisant pour certaines mères, passons). Les dialogues (comme vous l’avez constaté à la fin de mon précédent paragraphe) sonnent très faux ou/et sont grotesques, du coup, même si le film se laisse regarder, en revanche, il n’est pas vraiment drôle. On ne se sent du coup pas du tout concerné par le noble combat menée par les héroïnes à l’origine et le message autour de l’émancipation féminine est gâché par tant de maladresses. C’est dommage car malgré l’accumulation de scènes plutôt ridicules, d’autres sont amusantes, l’hommage à la Bretagne sympathique également mais l’ensemble n’est pas satisfaisant. Il parait aussi que MCMS a écrit le scénario en pensant aux actrices du film et c’est pour cette raison que les personnages portent le même prénom que leurs interprètes. Je veux bien la croire mais en tant que spectatrice qui n’a pas particulièrement apprécié ce film, le fait d’entendre le prénom des actrices m’a perturbée. Je ne pouvais pas m’empêcher de me dire : « les actrices sont mal dirigées donc il faut pas qu’on les appelle par leurs vrais prénoms pour qu’elles ne se sentent pas paumées ». Ca dessert encore plus le film ! Pourtant, les actrices ne sont pas si nulles que ça (sauf Seigner, elle m’insupporte de plus en plus). On sent également chez elles leur sincérité et même leur complicité. Je ne connais pas plus que ça Laurence Arné mais elle apporte une petite fraîcheur à cette comédie qui en manque tant. J’aime bien d’habitude Catherine Frot et Firmine Richard mais dans ce film elles ont tout de même tendance à se caricaturer (la première est toujours la DRH coincée bourgeoise, la seconde toujours l’infirmière Antillaise de service). La pire reste Mathilde Seigner. J’en peux plus qu’elle joue systématiquement la bonne femme pseudo grande gueule proche de la populace parce qu’elle a un grand coeur !

Bowling : photo

Une journée particulière

réalisé par Ettore Scola

avec Sophia Loren, Marcello Mastroianni, John Vernon, Françoise Berd…

titre original : Una Giornata Particolare

Drame italien. 1h45. 1977.

sortie française : 7 septembre 1977

Movie Challenge 2016 : Un film LGBT

 

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A Rome le 6 mai 1938. Alors que tous les habitants de l’immeuble assistent au défilé du Duce Mussolini et d’Hitler, une mère de famille nombreuse et un homosexuel se rencontrent.

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Au risque de choquer certains d’entre vous, je n’avais pas encore eu l’occasion de regarder des films d’Ettore Scola (j’en avais pourtant très envie). Suite à son décès en janvier dernier, Arte (chaîne que je vénère tant chaque jour) a décidé de programmer certains de ses longs-métrages, dont Une journée particulière. Ce film avait été présenté au festival de Cannes en compétition et avait remporté le César du meilleur film étranger. Marcello Mastroianni avait été nommé aux Oscars et aux Golden Globes pour son interprétation. L’histoire se situe le 8 mai 1938, c’est-à-dire le jour durant lequel Hitler (invité par Mussolini) a défilé dans les rangs des jeunesses mussoliniennes. Toute l’Italie est alors invitée à y assister. Cela dit, deux personnages ne vont pas y aller : d’un côté, Antonietta (incarnée par une excellente Sophia Loren, incarnant d’habite des femmes fatales), une mère au foyer à la tête d’une famille nombreuse et mariée à un macho qui ne se préoccupe pas d’elle, ce dernier pense que le rôle de la femme doit être à la maison et de s’occuper de sa famille. De l’autre, Gabriele (interprété par un magnifique Marcello Mastroianni, lui aussi dans un rôle à contre-emploi) est un présentateur radio homosexuel, consigné par la police dans son appartement. La caméra ne va alors jamais lâcher ces deux personnages qui apprennent à se connaître, dans un sens même à s’aimer et surtout à s’exprimer librement. Deux personnages, peu de lieux (pour ne pas dire pratiquement au même endroit), un récit qui se déroule (comme l’indique le titre ahahah) en une journée : on pense forcément aux codes du théâtre. Ce film a d’ailleurs été adapté à plusieurs reprises sur scène, ce qui n’est pas un hasard. Cela dit, Une Journée Particulière dépasse ce schéma. Certes, il a un aspect assez simple, ce qui n’a rien d’un reproche, au contraire, c’est même assez plaisant, mais je n’ai jamais eu l’impression d’assister à une pièce (beaucoup de films tombant parfois dans ce piège).

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La mise en scène est précise tout en restant très fluide à l’image de certains mouvements de caméra, je pense notamment à un joli plan-séquence suivi après d’une succession de petits plans qui donnent l’impression d’assister à un nouveau plan-séquence. Le scénario est habilement bien écrit dans le sens où il parvient à mêler habilement Histoire (le film étant en plus introduit par des images d’archive pour situer encore plus le contexte) et histoires individuelles et intimes, en dressant des portraits saisissants. Ainsi, cette rencontre va faire réaliser à Antonietta à quel point en réalité elle ne partage pas du tout l’opinion du foyer sur le Duce. Antonietta et Gabriele sont deux personnages qui a priori sont différents, surtout à cause de leur mode de vie, pourtant les deux se retrouvent dans une situation : leur vie les emprisonne. Le côté presque « huis clos » confirme la triste situation dans laquelle ils se trouvent sans pouvoir en échapper. Leur relation est intéressante : comme je le disais, quelque part, ils s’aiment, mais il ne s’agit évidemment pas d’un amour traditionnel comme l’entendent habituellement les spectateurs. Et je ne dis pas ça qu’à cause de l’homosexualité de Gabriele. En effet, à travers toutes les discussions (qui ne fatiguent jamais le spectateur), qui montrent déjà un désir de liberté, Antonietta et Gabriele se livrent à un étrange jeu de séduction. Certes, encore une fois, je ne remets pas la part humaine et sentimentale présente mais cette séduction en question apparaît ici comme un moyen de chercher une liberté que les personnages ne sont pas encore parvenus à acquérir. Finalement, même si ce film possède effectivement une part importante historique, il reste un film très universel, dont les thèmes peuvent parler à tout le monde et finalement le propos n’a pas vieilli. Une journée particulière est un film sobre mais pourtant aux qualités nombreuses et remarquables et surtout à la fois puissant et émouvant, porté par deux acteurs époustouflants.

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Bilan – février 2016

Cinéma

 

Les films sortis en 2016

Chocolat (Roschdy Zem, 2016) 2/4

Chair de Poule (Rob Letterman, 2016) 2/4

Steve Jobs (Danny Boyle, 2016) 1/4

Les Tuche 2 : Le rêve américain (Olivier Baroux, 2016) 2/4

Ave, César ! (Joel & Ethan Coen, 2016) 1/4

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Rattrapages

Les Muppets, le retour (James Bobin, 2011) 3/4

Vous aimez Hitchcock ? (Dario Argento, 2005) 2/4

Le Grand Partage (Alexandra Leclère, 2015) 2/4

Kes (Ken Loach, 1969) 4/4

Diamants sur canapé (Blake Edwards, 1961) 3/4

La Prima Cosa Bella (Paolo Virzi, 2010) 1/4

La Nostra Vita (Daniele Luchetti, 2010) 2/4

L’Aveu (Costa-Gavras, 1970) 3/4

Mon frère est fils unique (Daniele Luchetti, 2007) 3/4

Crimson Peak (Guillermo Del Toro, 2015) 2/4

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Télévision

Parks and Recreation (saison 3, 2011) 4/4

Fais pas ci, fais pas ça (saison 8, 2016) 3/4

American Horror Story : Murder House (saison 1, 2011) 4/4

Flight of the Conchords (saison 2, 2009) 4/4

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Lectures

L’Homme qui murmurait à l’oreille des chevaux (Nicholas Evans, 1995) 3/4


Pour le Movie Challenge (petite précision : une page consacrée à ce challenge est disponible sous la bannière, dans « En 2016 »).

– un film français

– un film adapté d’un livre : Tale of Tales de Matteo Garrone (2015).

– un film ayant lieu dans un endroit que j’ai toujours rêvé de visiter

– un film tourné/sorti cette année : Carol de Todd Haynes (2016)

– un film tourné/sorti l’année de ma naissance (soit 1993)

– un film tourné par un réalisateur de moins de 30 ans

– un film dont le titre contient un numéro

– un film ayant de mauvaises critiques

une comédie : Les Muppets, le retour de James Bobin (2011)

– un film réalisé par une femme : Surveillance de Jennifer Lynch (2008).

– un film dont le héros n’est pas humain

– un film qui a une suite

– un film que j’ai vu quand j’étais (plus) jeune

– un film se déroulant dans le futur

– un court-métrage

– un film se déroulant à l’étranger

– un film qui n’est pas en anglais ni en français : Mustang de Deniz Gamze Ergüven (2015).

– un film se passant au lycée

– un film dont le titre comporte une couleur

– un film qui m’a fait pleurer

– un film que j’ai vu plus de deux fois

– un film d’un réalisateur que j’adore

– un film avec une actrice que j’adore : Diamants sur canapé de Blake Edwards (1961)

– un film avec un acteur que j’adore

– un film ayant obtenu un Oscar

– un film d’horreur

– un film commencé que je n’ai jamais terminé

– un dessin animé

– un biopic historique

– un film LGBT : Une journée particulière d’Ettore Scola (1977).

– un film que je veux voir depuis des années sans en avoir l’occasion : Music Box de Costa-Gavras (1989).

– un film recommandé par quelqu’un

– un film en noir et blanc

– un film basé sur des faits réels : Bowling de Marie-Castille Mention-Schaar (2012).

– une comédie musicale

– un film qui m’a fait pleurer de rire

– un film de guerre

– un film adapté d’un roman graphique ou d’un comic

– un film avec un mariage : Bachelorette de Leslye Headland (2012).

– un film d’un réalisateur asiatique

– un film que ma mère adore