Kes

réalisé par Ken Loach

avec David Bradley, Freddie Fletcher, Lynne Perrie, Colin Welland…

Drame britannique. 1h50. 1969.

sortie française : 1 mai 1970

Movie Challenge 2016 : Un film d’un réalisateur que j’adore

kes

Billy Casper vit dans une petite ville minière du nord-est de l’Angleterre, à Barnsley, dans le Yorkshire. Il a une douzaine d’annéeset l’univers dans lequel il vit ne correspond pas à son attente. Sa mère ne s’occupe guère de lui son frère aîné Jude, le traite en souffre-douleur. Quelques petits travaux avant l’heure d’ouverture de l’école et de menus larcins lui procurent un peu d’argent de poche. A l’école, Billy est distrait indiscipliné, entouré de camarades et de professeurs plus hostiles qu’amicaux.. Un jour, Billy déniche un jeune rapace; il vole alors dans une librairie un traité de fauconnerie et entreprend de dresser l’oiseau.

ken1

L’Institut de l’Image de ma ville a décidé de diffuser plusieurs films de Ken Loach jusqu’à la fin du mois. J’ai vu jusqu’à présent un certain nombre de ses films, Loach étant devenu avec le temps un de mes réalisateurs préférés. Cela dit, je n’avais toujours pas vu Kes, un des premiers longs-métrages de fiction et qui a une sacrée réputation. Il s’agit de l’adaptation du roman de Barry Hines (également co-scénariste) intitulé A Kestrel for a Knave (ou en VF Une Crécerelle pour un Valet). Pour ceux qui s’intéressent au cinéma britannique, je pense qu’il est vraiment important de regarder ce film. Je me suis vraiment aperçue à quel point ce film était une référence pour ce cinéma en question. J’ai notamment beaucoup pensé à Billy Elliot en regardant Kes : un petit garçon (qui s’appelle également Billy et qui a pour nom de famille un prénom : ça ne peut pas être une coïncidence) dont des membres de la famille travaillent à la mine, qui est différent des autres gosses de sa classe (par sa passion pour son oiseau), qui n’aime pas le football non plus et les décors sont assez similaires. J’avoue que sur le papier, j’avais peur d’être déçue : tout le monde sait sur ce blog – ou pas – que j’ai notamment un problème avec les « amitiés » entre l’homme (surtout quand il s’agit d’un petit garçon) et d’un animal. Mais évidemment, avec Ken Loach, rien de gnagnan n’apparaît dans cette relation et surtout il ne s’agit pas que de ça. Nous retrouvons bien tout ce qu’on connait de l’univers de Ken Loach : la misère sociale tout en gardant une petite d’humour à certains moments et surtout pas de pleurnicherie ou de lamentation autour de ce constat sur la pauvreté en Angleterre. L’émotion, on la ressent effectivement à plusieurs reprises, que ce soit la fin ou encore quand on voit le petit Billy s’attacher et dresser Kes ou surtout quand il en parle devant son professeur et ses camarades. Et comme je viens de le dire, de l’humour, ce film n’en manque pas ! J’étais complètement pliée en quatre durant la scène du football qui dure pourtant un certain temps mais qui n’ennuie jamais !

kes2

L’oiseau est évidemment la représentation de la liberté, ce qui n’a rien de nouveau, mais cette métaphore n’est jamais trop appuyée et fonctionne pleinement pour illustrer son propos. Il s’agit ici de la liberté de pouvoir rester un enfant malgré sa condition sociale qui l’empêche parfois d’être un enfant comme les autres (le petit Billy a déjà un petit boulot) mais aussi la liberté de faire des choix différents attendus par la classe sociale dans laquelle on appartient ou encore la liberté d’apprendre par soi-même. On y verra alors aussi une critique des institutions (notamment l’école, très archaïque et inutilement violente à l’époque) de plus en plus dépassées par la nouvelle génération de l’époque, même si pour cette dernière, notamment la classe ouvrière, il n’y a trop d’espoir en ce qui concerne l’avenir. Kes fonctionne alors par contraste, surtout entre la lueur et la douceur de la campagne contre les paysages gris des quartiers pauvres et violents de la ville. Ken Loach a commencé sa carrière en réalisant des documentaires et c’est un aspect qui est souvent apparu au cours de sa filmographie. Très logiquement, il y a cette influence qui est présente dans Kes mais Ken Loach a toujours trouvé une manière de mélanger en quelque sorte la fiction et cette dimension documentaire qui a pour but de souligner la triste réalité se déroulant au sein d’une classe sociale peu élevée. Je dis « triste » pourtant, malgré une certaine émotion dégagée, le film ne l’est pas, comme je le disais plus haut. Le scénario est simple dans son déroulement (on peut même se douter de la fin en toute honnêteté), la mise en scène a aussi cet aspect-là mais pourtant ils sont d’une réelle efficacité et d’une grande consistance. Il ne s’agit que du deuxième long de Loach (on dit à tort qu’il s’agit de son premier) mais son talent est déjà bien présent ! Enfin, David Bradley (pas le David Bradley de Harry Potter ou Broadchurch hein, un autre qui se fait aussi appeler Dai Bradley et qui continue discrètement sa carrière) est vraiment épatant et criant de vérité dans le rôle de Billy et le reste du casting est également très bon.

kes3

Publicités

6 réflexions au sujet de « Kes »

  1. Family Life et Kes, les deux indispensables du début de carrière de Ken Loach (Pas de larmes pour Joy n’est pas mal aussi). Un cinéaste précieux.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s