Pulp Fiction

réalisé par Quentin Tarantino

avec John Travolta, Samuel L. Jackson, Uma Thurman, Bruce Willis, Ving Rhames, Harvey Keitel, Tim Roth, Amanda Plummer, Maria de Medeiros, Christopher Walken, Eric Stoltz, Bronagh Gallagher, Steve Buscemi, Burr Steers, Alexis Arquette, Quentin Tarantino…

Policier, thriller, comédie américain. 2h30. 1994.

sortie française : 26 octobre 1994

interdit aux moins de 12 ans

Pulp Fiction

L’odyssée sanglante et burlesque de petits malfrats dans la jungle de Hollywood à travers trois histoires qui s’entremêlent.

Pulp Fiction : Photo

A peine deux ans après la sortie de son premier long-métrage Reservoir Dogs (qui fait partie de mes films de chevet), Quentin Tarantino signe certainement le film le plus culte de sa carrière, Pulp Fiction. Au-delà de son succès critique et public, le film a décroché la Palme d’or ainsi que l’Oscar du meilleur scénario original. Il s’agit aussi du film qui marque le retour de John Travolta devant les caméras. En tout cas, ce succès me semble si mérité car je le considère moi-même comme un classique et il s’agit un de mes préférés de Tarantino. Je le revois toujours aussi volontiers, j’ai même à chaque fois une sorte de plaisir à le redécouvrir et les 2h30 passent à une vitesse folle ! Il faut dire que le long-métrage possède une énergie folle, une véritable personnalité et surtout un grain de folie qui fait du bien ! Il est difficile de classer ce film mais je le vois véritablement comme une comédie noire mettant en scène des salauds, des truands, des junkies et des losers. Ce qui frappera alors, c’est sa construction, c’est-à-dire que l’histoire est divisée en trois parties en sachant qu’elles ne sont pas mises dans le bon ordre. C’est pourtant quelque chose qui peut habituellement m’énerver quand je trouve cela bancal et superficiel. Ici, cette déconstruction semble pourtant d’une grande logique pour le spectateur dans le sens où on parvient à avoir une histoire qui peut paraître plus dense alors qu’à l’origine elle est très simple. Le spectateur parvient à être constamment surpris, il y a aussi des effets de chute qui ne seraient pas nécessairement présents avec un scénario linéaire. Au-delà d’un montage maîtrisé et d’une grande efficacité ainsi que d’une écriture fluide ayant une réelle efficacité, on s’aperçoit rapidement que le charme de ce film ne vient pas vraiment de la trame qui reste finalement secondaire. C’est tout ce qu’il y a autour qui a contribué au succès justifié de ce long-métrage. Les dialogues sont tout simplement exquis (on pourrait en citer un paquet juste pour la rigolade), confirmant pour moi ainsi qu’il s’agit bien d’une comédie même si elle est évidemment macabre et violente.

Pulp Fiction : Photo Uma Thurman

Evidemment, les détracteurs diront que le film est bavard, que certains dialogues sont totalement inutiles. Mais à force de le voir et le revoir, au-delà des effets comiques et délirants (certains pouvant être joyeusement gratuits, avouons-le), je trouve qu’ils permettent de rendre les personnages finalement plus complexes qu’ils en ont l’air. On apprend à connaître durant cette journée ce qui constituerait plus ou moins le quotidien et l’esprit même d’un malfrat. Tout semble alors décalé pour notre plus grand bonheur, par exemple, il est drôle de voir Vincent Vega être choqué pour le prix élevé d’un milkshake alors que buter des gens a l’air tout à fait normal. Surtout, le film bénéficie d’une excellente mise en scène qui, avec le recul, s’avère de nouveau exceptionnelle pour un deuxième long-métrage seulement. Pulp Fiction est évidemment devenu un film culte pour son côté cool qui contraste avec la violence des personnages et plus généralement des situations. Le film fonctionne d’ailleurs bien à partir de cette situation de contrastes, notamment temporelle, ce qui pourrait expliquer ces chapitres n’apparaissant pas dans un ordre linéaire. En effet, Pulp Fiction est pour moi un des films majeurs des années 1990 et, bien qu’il n’ait pas du tout vieilli, a quelque chose de représentatif de cette époque-là. Mais paradoxalement, on a aussi l’impression d’être plongé dans une autre époque ou dans plusieurs époques. Il faut dire que le look des personnages parfois vintage, les décors, très soignés, les différents titres musicaux qui constituent la bande-originale (un ensemble de rock’n’roll US, de surf music ou encore de pop) ou encore les couleurs pétantes contribuent à créer cette atmosphère qui fait le charme de ce film. Pour résumer, Pulp Fiction est un des plus bel hommage qu’on puisse faire à la pop culture. De plus, il s’agit aussi d’un portrait finalement assez sombre d’une Amérique qui semble entrer dans une nouvelle ère. Enfin, il y a tout un parterre de stars qui fait plaisir à voir et qui n’a rien de gratuit, chacun incarnant des personnages très marquants et attachants (même s’ils ne sont pas des enfants de choeur), même en ce qui concerne les rôles les plus secondaires. 

Pulp Fiction : Photo Amanda Plummer, Tim Roth

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37 réflexions au sujet de « Pulp Fiction »

  1. Le ou l’un des seuls Tarantino que je tolère. Les références sont ici plus fines et plus subtiles et le condensé mieux dosé. L’esthétique est également très travaillée.

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  2. Personnellement, mon préféré de Tarantino. Son sommet. Si j devais conserver un seul et unique du film de ce réalisateur, ce serait bien Pulp Fiction

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  3. A sa sortie, ce film m’avait retourné la tête. Il faudrait que je le revoie (ça fait quelques années que je n’ai pas eu l’occasion de le voir) pour voir s’il me fait toujours cet effet là.
    Que celles et ceux qui ne l’aiment pas se rassurent, je connais des gens très bien à qui ce film ne fait aucun effet.

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  4. C’est marrant j’adore Tarantino mais je n’ai jamais eu envie de le voir, je suis réfractaire à tous films de gangsters. Comme si j’avais déjà vu toutes les parodies volontaires ou non du sujet. En même temps c’est tellement culte, je me tâte, j’aime bien faire ma rebelle…

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  5. Q. Tarantino est le roi de la résurrection. J. Travolta sortit de sa retraite et les musiques démodées remises au goût du jour aussi ! (La danse d’Uma Thurman et J. Travolta sur un Chuck Berry quasi oublié, ça marque encore des esprits !)

    Pulp Fiction n’est pas forcément bavard : il multiplie des discours plutôt vains qui parlent aux (télé)spectateurs. Le fameux dialogue sur le Cheeseburger … est à la fois une excellente idée et quelque chose que nous avons peut-être déjà vécu. (Avec des amis, dans une voiture, qui n’a jamais eu des discussions qui ne mènent … à rien ?)

    Cet esprit « à la cool » rompait aussi avec le sérieux pédantesque qui occupe souvent l’esprit du Festival de Cannes. En même temps, le film parlait à des individus qui cherchaient un film qui n’a pas la prétention d’un grand nom. (« Un » Godard, « un » Haneke …)

    Réussite et film vraiment intéressant dans sa construction déstructurée. (Le début à la fin de la projection, les histoires parallèles : simple mais très efficace !)

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  6. AMEN! C’est ce que ce film m’inspire, à chaque (très très très très nombreuses) fois que je le vois! Ce que tu dis sur le fait que Pulp Fiction nous plonge dans différentes époques est très vrai. Amen une deuxième fois.

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  7. @ Melissa :
    Héhé petite rebelle ! 🙂 Je te charrie bien sûr ! Si ça peut te rassurer, je connais dans mon entourage des gens qui pensent la même chose que toi 😉

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  8. @ Amandine :
    Vraiment, c’est pas vraiment un film de gangster, il faut limite le voir en te disant que tu vas plus regarder une comédie ! En tout cas, je ne me suis jamais dit en le regardant qu’il s’agissait d’un film de gangsters, je dirais juste qu’il y a des gangsters dedans. Après, c’est vrai que quand on entend autant de bien d’un film très référencé, on peut aussi se méfier. A mon avis, c’est quand même à voir une fois 🙂

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  9. @ NeoDandy :
    Quand je dis « bavard », il n’y a rien de péjoratif, c’est vraiment que pour dire qu’il y a beaucoup de dialogues, en tout cas qu’ils ont une réelle « importance » ou prennent une certaine place. 🙂 N’empêche, c’est vrai qu’à Cannes ça devait déménager quand on y pense. Après, je crois que Pulp Fiction a aussi eu la chance de tomber avec ce jury, je ne suis pas sûre que tous lui auraient remis la Palme !

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  10. @ Princecranoir :
    Mais j’en suis totalement adepte, surtout après une bonne rando 😮 (ok je sors).
    I am a woman. Bon ok encore une sorte d’ado attardée, j’avoue tout 😮 😀

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  11. Le meilleur film de QT, celui qui ne cite aucun film ou alors s’il le fait de manière subtile. Pas de pompage, la musique est préexistante mais ça fonctionne, le casting est excellent même pour de simples caméos (Christopher Walken en a encore mal au cul), la réalisation plus inspirée que sur Reservoir dogs .Le meilleur scénar de QT avec True romance qui a beaucoup plus de références, mais réussi son coup, peut être à cause de l

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  12. à tina: effectivement, si tu n’as pas vu True romance, il faut que tu t’y mettes. Perso, c’est simple: en 94, je me suis marié, ma fille est née et Pulp fiction a eu la palme d’or à Cannes. Je ne dis pas « culte », ça a dû être dit 150 fois mais tu comprendras ma colère contre Tarantino quand on sait que le type a pondu un film aussi génial et qu’on voit son niveau actuel, on a le droit de s’énerver, merde…

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  13. Ah True Romance… un sacré casting, Gary Oldman en dealer proxénète rasta (oui James Franco je te vise), Patricia Arquette, un duel entre Christopher Walken et Dennis Hopper…

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  14. @ Inthemoodforgore :
    Yes j’y compte bien cette année ! Wow effectivement une sacrée année pour toi !
    Pourtant je trouve son dernier film vraiment excellent et justement au-dessous de ce qu’il a fait ses dernières années !

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  15. Longtemps, j’ai adoré Pulp fiction. Et puis je crois que je l’ai trop revu. Du coup, maintenant, même si j’en garde un excellent souvenir (et très vif au niveau des dialogues), je ne ressens pas forcément l’envie de le revoir. Un peu comme Wayne’ world, en fait. Voilà, c’est la phrase de la journée: Pulp fiction, c’est un peu comme Wayne’s world 😀

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  16. Je n’avais pas aimé ce film, il m’avait mis mal à l’aise, mais il faut dire que je l’avais vu avec une copine et que peut-être, cette situation avait influencé mon appréciation du film. Tu m’as carrément donné envie de le revoir !!
    J’espère qu’il va se jouer au ciné bientôt…

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