Les Huit Salopards

réalisé par Quentin Tarantino

avec Samuel L. Jackson, Kurt Russell, Jennifer Jason Leigh, Walton Goggins, Michael Madsen, Tim Roth, Demian Bichir, Bruce Dern, Channing Tatum, Zoe Bell, Dana Gourrier, Gene Jones…

titre original : The Hateful Eight

Western américain. 2h45 (3h pour version 70 mm). 2015.

sortie française : 6 janvier 2016

interdiction aux moins de 12 ans avec avertissement

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Quelques années après la Guerre de Sécession, le chasseur de primes John Ruth, dit Le Bourreau, fait route vers Red Rock, où il conduit sa prisonnière Daisy Domergue se faire pendre. Sur leur route, ils rencontrent le Major Marquis Warren, un ancien soldat lui aussi devenu chasseur de primes, et Chris Mannix, le nouveau shérif de Red Rock. Surpris par le blizzard, ils trouvent refuge dans une auberge au milieu des montagnes, où ils sont accueillis par quatre personnages énigmatiques : le confédéré, le mexicain, le cowboy et le court-sur-pattes. Alors que la tempête s’abat au-dessus du massif, l’auberge va abriter une série de tromperies et de trahisons. L’un de ces huit salopards n’est pas celui qu’il prétend être ; il y a fort à parier que tout le monde ne sortira pas vivant de l’auberge de Minnie…

Les Huit salopards : Photo Kurt Russell, Samuel L. Jackson

Certains d’entre vous doivent le savoir mais je suis une grande fan de Quentin Tarantino. J’ai alors profité de l’occasion qui se présentait pour aller le découvrir en avant-première dans son format d’origine, c’est-à-dire en 70 mm. A l’occasion de l’avant-première (je ne sais pas comment ça s’est bien dans les quelques autres cinémas français qui ont pu diffuser le film dans ce format-là mais chez moi, la soirée organisée était vraiment top), le film avait également droit à une introduction, un entracte ainsi que huit minutes supplémentaires. Le format, qui a été utilisé pour la dernière fois en 1966, permet d’obtenir une image très large (à partir d’objectifs anamorphiques). Je dois avouer que le résultat visuellement (grâce à ce format) est magnifique, l’introduction et l’entracte donnent également un petit plus au film. Je ne vous cache pas que j’ai vraiment été ravie de découvrir Les Huit Salopards de cette manière-là, que je me sens même très chanceuse d’avoir pu participer en quelque chose au délire de Tarantino. Après, pour en rassurer quelques uns, je pense que vous pouvez parfaitement apprécier ce film dans sa version numérique (et donc sans les petits bonus avec), le principal c’est tout le reste ! Je préfère prévenir d’emblée : je suis persuadée que ce film va dérouter beaucoup de gens (pour ne pas dire « détester »). Pour ma part, j’ai énormément aimé ce 8e long-métrage de Quentin Tarantino. Pourtant, sur le moment, je ne savais pas trop en penser. Quand il y a eu justement l’entracte, j’étais en train de me demander si j’aimais ou non. Effectivement, face à un film qui dure tout de même trois heures, on se demande très légitimement si cette durée en question est nécessaire (surtout que la première partie est, comme souvent chez QT, très concentrée autour de dialogues). Mais honnêtement, une fois que j’ai vu l’ensemble (avec une deuxième partie que j’ai trouvée jouissive), j’ai vraiment adoré le long-métrage. Il n’est peut-être pas parfait mais je l’ai trouvé vraiment excellent (ce qui est déjà très bien en soi !). Ce que j’ai trouvé formidable personnellement, c’est de trouver tous les ingrédients tarantinesques, en pensant évidemment à certains films de sa filmographie (on pensera prioritairement à Django Unchained et Reservoir Dogs) mais en même temps je le trouve différent de ses autres longs-métrages.

Les Huit salopards : Photo Samuel L. Jackson, Walton Goggins

Certes, Les Huit Salopards est sur le papier moins « cool » que les autres (je rassure les fans, il y en a quand même) mais en réalisant un film plus sombre, selon moi, Tarantino signe un film plus abouti et audacieux. J’ai toujours aimé les films de Tarantino mais certaines de ses marques avaient quelque chose de gratuit, faut bien l’avouer (même si ça fait le charme de certains de ses films). Là (je l’avais déjà ressenti sur Django Unchained, ici mon impression se confirme), j’ai l’impression que Tarantino sait vraiment ce qu’il fait, qu’il ne met pas uniquement des choses parce que ça fait bien. La violence n’est plus aussi fun, elle répond réellement à une interrogation sur l’Amérique d’après la guerre de Sécession (en particulier sur les « minorités » : les Noirs et les femmes). L’excellente musique signée par Ennio Morricone (je l’écoute déjà en boucle sur Spotify) donne également un véritable souffle au film et pour une fois (à part une ou deux petites exceptions) on a l’impression que Quentin Tarantino a arrêté de faire de se taper des trips tout seul (certes, j’aime beaucoup les bandes-originales de ses films, mais il faut bien avouer qu’on avait parfois l’impression qu’il calait dans ses films ses derniers coups de coeur musicaux). Certains vont évidemment être très réfractaires aux longs dialogues (ce qui est compréhensible encore une fois). Personnellement, encore une fois, je me suis moi-même interrogée sur ces dialogues, peut-être que certains auraient pu plus courts et tout ça mais encore une fois, une fois qu’on a vu l’ensemble, je trouve que ce point en question prend plus de sens. En fait, plus généralement, j’ai trouvé l’écriture vraiment bonne, d’une grande habilité. Je ne suis pas du tout étonnée de savoir le réalisateur souhaitant écrire des romans et des pièces. Il y a quelque chose de très littéraire dans ce film tout en gardant un langage très cinématographique. Le mélange fonctionne véritablement bien, le côté littéraire ne prenant pas le dessus comme cela arrive trop souvent dans des longs-métrages. Mais plus généralement, ce qui m’a véritablement plu, c’est la manière de mélanger les genres. L’hybridité a toujours fait le charme des films de Tarantino et c’est ici encore le cas.

Les Huit salopards : Photo Tim Roth

A priori, Les Huit Salopards se présente comme un western avec un background historique (finalement, bien traité malgré les apparences, ce que j’avais également aimé dans Django Unchained). Mais le film reprend également les codes du genre policier (chaque personnage semble suspect, tout le monde ment et les plus « honnêtes » meurent en premier), renforcé par ce faux huis clos (la porte ne se fermant pas bien, on ne peut pas dire que la seconde partie soit totalement fermée). On pensera évidemment à The Thing (notamment avec la présence de la neige et de Kurt Russell au casting) et surtout au roman d’Agatha Christie, Les Dix Petits Nègres. La première partie peut paraître longue et pourtant elle fait son effet : l’ambiance est pesante voire même carrément étouffante (et c’est pour cela que, pour ma part, je ne me suis pas ennuyée malgré mes interrogations), les personnages se complexifient, on fait attention à chaque petit détail. La seconde partie est une pépite explosive. En dehors de l’effet plus qu’efficace du 70 mm, le film est d’une grande beauté visuelle grâce à des décors magnifiques, mis en avant par une sublime photographie. De plus, il est paradoxalement à la fois lumineux et sombre, comme si cela traduisait toute la tromperie au coeur de cette histoire. Enfin, Les Huit Salopards bénéficie d’un excellent casting. En tête, Samuel L. Jackson est évidemment, comme toujours chez Tarantino (et j’ai envie de dire comme souvent), très bon. Certes, beaucoup diront qu’il fait du Samuel L. Jackson, ce qui n’est pas totalement faux, mais ici disons que ce n’est une remarque négative. Si on aime Jackson, on devrait normalement aimer cette nouvelle interprétation. Pour moi deux acteurs sont particulièrement excellents : Jennifer Jason Leigh et Walton Goggins. La première s’en prend plein la gueule tout le long (qu’on ne me sorte pas que Quentin est misogyne, je vais m’énerver !), ne parle pas forcément beaucoup mais elle arrive à rendre son personnage puissant. J’ai toujours bien apprécié cette actrice mais là elle explose !

Les Huit salopards : Photo Jennifer Jason Leigh

Quant à Goggins (que je connais très mal, en dehors de sa prestation dans Django Unchained, je sais juste qu’il est surtout connu pour les séries Justified et Sons of Anarchy… que je n’ai toujours pas vues, décidément je suis toujours autant à la ramasse), il a un charisme fou (accompagné d’un grand sourire ultra bright, je vous jure, je ne m’en suis pas remise – ne croyez pas non plus que je suis une groupie) ! Après, si j’ai eu un petit coeur pour ces deux interprètes en question, cela ne m’empêche pas d’aimer les autres salopards. J’étais évidemment ravie de revoir deux acteurs purement tarantinesques, Tim Roth (qui s’éclate à caricaturer à fond le bourgeois anglais) et Michael Madsen « fait du Michael Madsen » comme l’a dit Tarantino dans le dernier numéro de Positif (et c’est toujours aussi jouissif). Kurt Russell, Demian Bichir et Bruce Dern sont également impeccables, chacun apportant également un plus au personnage. Après, pour être réellement honnête, même si ce que je vais dire peut paraître paradoxal, même si j’ai eu quelques préférences, au-delà d’avoir trouvé tout le casting vraiment très bon et sans fausse note, je l’ai trouvé très cohérent, personne ne tente de se voler la vedette, au contraire, chacun est mis en avant, les personnages ayant de l’épaisseur. Pour conclure, j’ai vraiment adoré les Huit Salopards même si j’ai parfaitement conscience qu’il ne plaira pas à tout le monde, loin de là. Je l’aime même de plus en plus et j’ai même déjà envie de le revoir, ce que je n’avais pas forcément ressenti pour son précédent film, Django Unchained, que j’aime pourtant énormément. Je dirais (en tout cas, c’est ma perception sur ce film) qu’il faut « digérer » ce qu’on a vu, prendre du recul, se laisser prendre par l’histoire même s’il y a des longueurs. Je ne sais pas si Les Huit Salopards fait partie de mes Tarantino préférés, je n’ai pas suffisamment de recul pour affirmer une telle chose mais il s’agit pour moi du film le plus mature de sa filmographie.

Les Huit salopards : Photo Tim Roth, Walton Goggins

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100 réflexions au sujet de « Les Huit Salopards »

  1. Hello la belle,

    Je dois t’ avouer que je n’ai pas réussi à la regarder, dès le début j’ai décroché. Je crois que j’ai vu tellement de film de ce genre (mon père est fan) que celui-ci fut de trop.
    Excellente journée

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  2. 8 salopards qui sont 9 en réalité, dans un film creux où il ne se passe pas grand chose & ou les salopards en question se contentent de cabotiner à qui mieux mieux tout du ( trop ) long…..
    Et puis, quel intérêt de filmer en 70 millimètres Ultra Panavision. alors que l’essentiel du film est un huis clos ?
    Il me gonfle l’arrogant Quentin, ouais de + en +.

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  3. Ah ce Ronnie… jamais content ! 😀 Moi j’adore Tarantino et j’ai hâte de découvrir ce nouvel opus surtout que tu as l’air vachement enthousiaste. J’aime aussi Jennifer Jason Leigh et j’ai toujours regretté qu’on ne la voie pas plus sur les écrans.

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  4. Oh oh je suis impatiente de le voir !!!
    Je fais partie de ceux qui sont réfractaires aux longs dialogues (j’ai abandonné quelques films de Woody Allen à cause de son débit, tellement il me rendait dingue à parler autant et si vite) mais avec les films de Tarantino, en général, ça passe bien. Je suis contente également de revoir Jennifer Jason Leigh, que je n’ai plus vue depuis longtemps.

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  5. Donc un gros coup de coeur en ce qui te concerne. Toujours pas vu mais pourquoi pas tenter l’expérience au cinéma. Quant à l’hybridité, ce serait surtout le mode photocopieuse chez Tarantino tant il s’accapare certaines séquences de films asiatiques ou suédois hélas trop méconnus chez nous

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  6. Je n’ai pas lu tout ton avis en entier, je repasserai une fois que je l’ai vu. J’attends ce film depuis des lustres et je suis impatiente de le découvrir !
    C’est super que tu l’ai vu dans de très bonnes conditions et de plus la « vraie » version ! Je ne sais pas si j’aurais cette chance.
    Bises
    Johanna

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  7. Pas vu mais j’ai laissé tomber Tarantino le plagiaire cinématographique. Ceci dit ce film fera marque dans sa carrière puisque apparemment il a fait pour la première composer une musique. Et par Ennio Morricone ! Comme disait ce dernier, il le lui doit bien avec tout ce qu’il lui a piqué.

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  8. à tina: tout d’abord une bonne année à toi et tous mes voeux de réussite pour tes futurs examens. Quant au film, Florence Leroy de France Info, l’a descendu en flèche, ce matin. « Creux, bavard à souhait…Tarentino s’auto plagie en nous réservant Reservoir Dog, vingt quatre ans après ». Évidemment, j’ai pas vu le film mais je redoute le pire, vu que comme dit Vince, Tarantino photocopie plus vite que son ombre. Je laisserai quand même une chance au film car il y a Samuel L. Jackson et Kurt Russell. Mais ça sera la dernière.

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  9. Bonjour Tina. Avis mitigé. Ouverture somptueuse mais après c’est bavardage, violence gore et misogynie (?) vu le le traitement infligé à JJL. Reste Samuel L. Jackson : la classe !

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  10. @ Sentinelle :
    J’espère que tu ne vas pas trouvé ça trop bavard et barbant, ça serait légitime en tout cas ! 😉
    Woody Allen, disons que parfois ça tourne à la branlette intellectuelle même si dans certains de ses films (dont son dernier), ça a vraiment du sens et c’est pertinent.

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  11. @ Eelsoliver :
    Je ne te garantis vraiment pas que tu vas aimer, franchement pour ce film, je sais que ça passe ou ça casse. Après, juste pour revenir sur l’hybridité, certes QT s’est toujours inspiré de nombreux films et ne s’en cache pas. Perso (c’est pas pour prendre sa défense bêtement) ça me gêne moins ça (dans le sens où ça reste assumé, voire mêle carrément gros, donc tout le monde est au courant) que d’autres films qui piquent réellement des choses dans des films (notamment asiatiques effectivement) et finalement ça passe vraiment inaperçu sans réellement assumer le choix de « piquer ».

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  12. @ Popcorn and Gibberish :
    Pas de souci, j’espère que tu ne seras pas déçue ! Après, j’ai conscience que c’est un bonus mais au fond, ça ne changera pas ton ressenti de ne pas le voir dans ces fameuses conditions. Je le vois plus comme une expérience !

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  13. @ Vince :
    Pour la plagiat, je te donnerais la même réponse que j’ai donnée à Olivier plus haut 😉
    On aime ou on déteste mais la BO est vraiment géniale ! Je suis contente que Morricone ait accepté cette proposition (et je ne serais pas contre un petit Oscar car je viens de m’apercevoir qu’il n’a qu’un Oscar d’honneur, ce qui est honteux !).

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  14. @ Inthemoodforgore :
    Merciii beaucoup, je te souhaite également une très bonne année !
    Hélas, je m’attendais totalement à ce genre de critiques, et je le comprends dans un sens, même si je ne le partage (surtout pour le creux, je ne pense vraiment pas qu’il le soit, mais c’est que mon avis). Je ne pense pas qu’il se plagie (avec Reservoir Dogs), c’est plus dans une idée de continuité (parce qu’à ce moment-là, un paquet de réa s’autoplagient 😮 ).
    Après, j’avoue que je trouve les gens très durs avec cette idée de copie. Comme je le disais à Olivier, oui on sait qu’il s’inspire parfois fortement et tout ça. C’est un fait. Mais il a quand même le mérite d’avoir un univers à lui – ce qui n’est pas donné, même à des gens qui font sur le papier des choses plus originales – et surtout c’est vraiment pas le seul (mais ce qui m’agace, c’est que certains films, qui ont parfois remporté de graaands succès, « plagient » aussi des films, des scènes ou des trames et par contre ça passe comme une lettre à la poste).

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  15. @ Cinéphile doux :
    Je comprends pour ton avis (surtout pour le bavardage). En revanche, je ne suis vraiment pas d’accord pour la misogynie (même si elle s’en prend plein la tronche, on est d’accord), dans un sens je trouve qu’il met ce personnage féminin au même niveau que les autres personnages masculins (et puis les autres finalement prennent cher quand on y pense). Contente tout de même que tu aies aimé Samuel L. Jackson, sa performance mérite d’être saluée 🙂

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  16. Vu hier, dans sa version numérique (et oui, tu peux t’estimer chanceuse). Un film imparfait (parole, parole et parole) mais qui bénéficie d’une putain d’atmosphère, quasi horrifique (pour la musique utilisée au sein du montage, tu peux ajouter également les utilisations des quelques thèmes de Exorciste l’Hérétique et The Thing).
    Ce Huit Salopards fait débat, comme ce fut le cas avec Boulevard De La Mort (ça raconte pas grand chose, et en même temps ça semble en dire beaucoup sur le contexte dans lequel se déroule l’histoire).
    J’ai adoré retrouver Michael Madsen (une vraie gueule de ciné, je l’adore) et Damian Bichir en mexicain est juste mortel (son doublage français fonctionne à merveille).

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  17. La question qui me taraude : Comment après avoir massacré les tenanciers de l’auberge les potos de Jason Leigh ont-ils fait disparaître aussi vite (& avant que ne se pointe Russell & consorts) les flôts de sang qui tachaient le plancher ???
    Un impossible & véritable tour de force. 😉

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  18. Sans compter les petites dragées multicolores de la bonbonnière !
    Mais 1h15 de blabla en diligence, sa laisse le temps de faire le ménage dans la mercerie 😉

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  19. Concernant le plagiat ce n’est justement pas assumé, puisque comme le souligne Oliver il est déjà assez malin pour aller à piquer à des films difficilement accessibles en occident. Or il n’a pas échappé à certains cinéphiles férus qui ont fait remarquer ces vols et là, il te ressort sa parade « c’est un hommage ». Sauf que reprendre une scène avec les mêmes plans, le même décor, les mêmes costumes la même musique et répéter l’exercice tout au long de son oeuvre, ce n’est plus de l’hommage c’est clairement de la photocopie.
    Pour la BO je peux pas dire, mais effectivement ça peut être un point positif car là aussi, il n’a jusqu’alors fait preuve d’aucune originalité en reprenant celles des autres films.

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  20. Ah ben moi en voyant les photos de l’article (car je n’ai point vu le film) j’ai tout de suite pensé au superbe film « le grand silence »
    Alors comme plagiat j’ajoute cette référence 🙂

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  21. @ 2flics :
    Oui voilà le côté bavard pourra déranger mais en même temps, j’ai envie de dire qu’il s’agit quelque part d’un film sur la rhétorique, c’est un choix finalement assez logique bien qu’il sera déplaisant pour beaucoup de spectateurs.
    Tu as raison, je ne l’ai pas dit, mais oui il reprend aussi les codes de l’horreur et ça fonctionne très bien !

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  22. @ Vince / Eelsoliver (je fais une réponse commune, ça sera plus simple 😉 ).
    Quand je disais que c’était assumé, je parlais plus du fait que c’est ses hommages / plagiats / copies (peu importe comment on le voit), c’est de notoriété internationale. Je m’étonne encore qu’il y ait encore des gens étonnés ou faussement scandalisés. Il a construit son cinéma de cette manière, c’est un fait. Mais surtout, encore une fois, j’ai parfois l’impression qu’on ne tape QUE sur lui. Certes, c’est un fait qu’il s’inspire/copie, tout ce qu’on veut mais c’est vraiment loin d’être le seul. Disons que ça m’agace qu’on ne s’attaque pas plus que ça à d’autres réalisateurs/films concernés alors que les références en question sont parfois grosses comme des camions. Après peut-être que je le défends comme ça car je suis dans une discipline dans laquelle sont concernés justement ces questions de liens entre les œuvres.
    Pour la BO, vous pouvez écouter sur Spotify 😉

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  23. On ne tape pas sur lui. Par contre, de là à prétendre comme bcp de fans que c’est un génie du cinéma alors qu’il pompe à foison sur le cinéma asiatique, ça m’agace un peu. C’est tout ce que je dis

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  24. Tina, tu essaieras de nettoyer des tache de sang sur du bois ……. 😦
    Concernant la BO, n’est pas Leone qui veut, rien de mémorable là-dedans.
    Bref le Quentin est un escroc. 🙂

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  25. à TIna: Justement la notoriété publique dit « qu »il rend hommage » or c’est faux il copie froidement. Moi aussi au début j’adorais et je parlais d’hommages, mais quand j’ai fini par voir les films auxquels il « rendait hommage » j’ai compris qu’en fait c’était de la photocopie. Il n’est pas le seul à le faire, mais à son niveau (je parle en terme de pub, de moyens et d’entrée), j’en connais pas beaucoup d’autres qui le font. Ensuite, si on tape plus sur lui que d’autres c’est que généralement les autres le font sur un film. Lui en a fait sa spécialité et c’est pour toute sa filmographie (à part peut être Pulp Fiction qui est un peu personnalisé, et peut être celui-ci que je ne jugerais pas ne l’ayant pas vu). Ensuite, si là encore on insiste davantage sur Tarantino c’est qu’une grande partie de la presse ciné le décrit comme un génie, donc forcément, ça incite les gens à remettre les choses à leur place et à parler plus spécialement de son cas.

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  26. Il faut tout de même se rappeler que c’est pas un réalisateur de carrière, que ce fut à l’origine un gérant de vidéoclub. Il fut cinéphage avant d’être cinéaste. Jusqu’au moment où son âme, imprégnée de tas de références, avait besoin d’une toile pour en exprimer toute la passion. Il a choisi le cinéma. Ça a fonctionné une fois (Rerservoir Dogs), puis deux (Pulp Fiction), puis trois (Jackie Brown), au point qu’aujourd’hui, chacun de ses films est un évènement.
    Après, on est amateur ou non de son style, on peut trouver que c’est de la photocopie froide et sans âme. Reste qu’un film de Tarantino, par son écriture, sa violence, ses thèmes, ça se devine à des kilomètres. Bien d’autres cinéastes, dont la mise en scène est moins référencée, accouchent de films bien plus plats, bien plus pâles, bien plus académiques. La référence n’est pas forcément compatible avec l’absence de personnalité, incompatible avec le génie. Certains faussaires, comme Guy Ribes, sont considérés, à juste titre, comme talentueux par leur capacité mimétique à reproduire le coup de pinceau d’un artiste.

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  27. Question : Est ce quand tu regardes un film de Tarantino, tu remarques de suite que c’est du Tarantino ?

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  28. Je suis d’accord sur plein de choses. C’est long, c’est bavard mais c’est BEAU.
    Je ne suis pas d’accord sur les acteurs par contre et notamment sur « ton » Goggins que je trouve particulièrement moche 🙂

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  29. à 2Flics: Oui je le remarque immédiatement c’est vrai. Car ça s’ouvre souvent sur la musique d’un autre film, ou alors je redécouvre bien vite des séquences que j’ai déjà vu dans d’autres œuvres avec les mêmes décors et les mêmes plans. Alors oui on peut dire qu’il a un style: celui de pomper à gogo sur les autres films. Donc rien de perso au final

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  30. Une impersonnelle personnalité 🙂 Après, je conçois tout à fait que tu n’apprécies pas son cinéma pour son côté hyper-référentiel. Juste que l’on peut reconnaitre objectivement à un réalisateur un style/une personnalité sans pour autant l’aimer.

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  31. @ Eelsoliver / Vince / (et 2flics) :
    Je vais essayer de répondre aux trois en même temps face à ce débat passionnant et enflammé (mais attendu ahahah, je vous connais trop !).
    Je n’ai pas dit que c’est un génie – en revanche je pense qu’il est doué et talentu (en même temps, c’est le genre de mots qui ne veut rien dire au fond) mais je ne parviens pas à résumer le cinéma de QT uniquement en copie et pour moi ces « copies » n’ont rien de négatif dans le sens où elles peuvent apporter quelque chose, elles nourrissent sa propre conception du cinéma. Certains font des emprunts mais le font mal, leurs films n’ont aucune personnalité, les emprunts n’ont pas forcément de sens non plus. Et je ne trouve pas que Tarantino se cache de piquer des choses aux films (dont les asiatiques), honnêtement, sans avoir vu les références en question (parce que les films sont justement parfois difficiles à trouver), je suis au courant depuis longtemps de ces emprunts (je suis sa carrière depuis trèèès longtemps), j’ai toujours entendu QT parler de ses références, dire qu’il s’en cache, excusez-moi mais c’est un peu abusé. Après les gens sont peut-être mal renseignés, les médias peut-être n’en parlent pas assez (quoique… le nombre de dossiers qu’on peut trouver justement sur ces emprunts sont largement trouvable, on ne peut pas dire qu’on n’est pas informé) mais c’est pas une découverte qu’il fonctionne de cette manière. Ca me choque mille fois plus quand par contre tout le monde se tait dont les réalisateurs en question. Désolée mais moi ça, ça me choque plus. Je pense notamment à un film comme Inception (je cite ce film mais il y a d’autres exemples), que j’aime bien pourtant, mais qui ressemble beaucoup à Paprika (puisqu’Olivier évoquait le cinéma asiatique). Pourtant, tape-t-on de manière systématique sur ce film et sur cet hommage parfois très fort au point de piquer des choses similaires au scénario ainsi que des plans entiers ? Pratiquement jamais, honnêtement, je n’ai pas vu beaucoup de critiques sur ce point. De plus, dire que la presse est à ses pieds, c’est vrai et pas vrai en même temps. Là on voit que des articles du genre « Pourquoi la presse française est mitigée / n’a pas aimé Les 8 Salopards ? » mais en réalité on a un peu la mémoire courte. QT est certes très aimé par une partie de la presse mais il n’a jamais non plus fait l’unanimité !
    Parce que t’as beau voir et savoir qu’il y a des emprunts, QT a une patte. Quand on regarde ses films, on sait qu’il s’agit d’un de ses films sans aucun doute. Il a aussi pour moi un talent pour construire ses personnages, pour raconter des histoires (ça peut sembler très bateau dit comme ça mais je ne trouve pas qu’il y ait tant de réalisateurs et scénaristes qui y parviennent, surtout ces dernières années), un grain de folie, un amour pour le cinéma qui fait plaisir à l’heure actuelle (ne voit-on pas trop de films réalisés par des gens qui n’ont justement strictement rien à foutre du cinéma au fond?). Là je rejoins totalement ce que dit 2flics qui a dit complètement le fond de ma pensée.
    Je trouve en tout cas le débat intéressant, pas forcément sur la question de Tarantino, copieur ou non, mais plus sur notre perception des emprunts. Comment ça se fait qu’on en arrive toujours à cette question (et pas que pour QT, je parle en général) « oui mais c’est copié donc c’est pas original, donc c’est nul etc… » alors que dans l’histoire de la littérature (puisque c’est un art plus ancien que le cinéma) c’était ultra courant de copier des textes, de faire des emprunts (et ça a duré jsuqu’à trèèèès longtemps) et qu’au contraire durant ces époques c’était bien vu de faire des hommages, au point que tu devenais justement respecté quand tu en faisais ?

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  32. @ Ronnie :
    Huuum ? Astuces de grand-mère ? 😮 😀 (quoi, ça se voit tant que ça que je fais rarement le ménage ou quand je le fais ça me gonfle profondément ? 😮 ).

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  33. @ Mr Vladdy :
    Hélas, je ne suis pas du tout étonnée par la réaction de la presse française et même plus généralement des spectateurs. Et honnêtement, je ne sais pas du tout si tu vas aimer, sur ce coup, c’est vraiment difficile de garantir quoi que ce soit, même si je pense que les « vrais » fans de QT devraient aimer. J’attends vraiment ton avis !

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  34. @ Pascale :
    (*viens de me prendre un fou rire en lisant ton commentaire*)
    Maiiiis c’est pas MON Walton, faut pas exagérer non plus 😮 (bon on ne peut pas être d’accord sur tout, mais au moins tu seras toujours d’accord avec moi sur Emma Stone et c’est déjà bien 😮 😀 ).

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  35. à Tina: pour Inception, je suis d’accord avec toi, mais c’est un film de Nolan (dont je ne suis pas très fan d’ailleurs), un film. QT ce n’est pas qu’un film mais toute la filmo, c’est pour ça que les gens font plus remarquer son cas, je ne connais pas d’autres réals qui en ont fait une spécialité comme lui. Ensuite pour le style perso, j’en renvoie à la réponse que j’ai faite à 2flics lorsqu’il m’a posé la question. Oui un film de Tarantino se reconnaît, mais il se reconnaît à ses « emprunts ». Il vient de faire son huitième film et c’est le premier qui contient une musique originale composée !
    Tu dis: « Certains font des emprunts mais le font mal, leurs films n’ont aucune personnalité, », désolé mais c’est justement ce que je pense des films de QT, en particulier de Kill Bill et Reservoir Dogs.

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  36. Quand je lis comment ça chauffe dans cette turne, je me croirais revenu chez Minnie’s ! Sache Tina que j’ajoute mon revolver à tes côtés (que tu possèdes une lettre authentique de Lincoln ou non) pour défendre le bifteck de ce Tarantino peut-être pas très « cool » aux yeux de certains, mais qui m’a fait bien des fois hurler de rire et jubiler ! Du coup on fera saigner les pourfendeurs des « Huit salopards » et « They won’t be many coming home » comme dirait Roy !
    ps à Yvonne : si plagiat il y a, c’est celui commis par le (en effet) superbe « grand silence » de Corbucci qui se sert allègrement dans la non moins excellente « chevauchée des bannis » d’André de Toth. A plagiat, plagiat et demi, et sans rancune 😉

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  37. Bonjour Tina, j’hésite beaucoup à voir ce film : 2h45 c’est long et pourtant j’aime beaucoup les acteurs qui ont l’air de s’en donner à cœur joie. Bonne journée à toi.

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  38. @ Vince :
    Bah pourtant pour Inception on pourrait s’énerver de la même manière pour les mêmes raisons. Je pense que c’est un choix de construire ses films à partir d’autres et je ne vois pas en quoi c’est plus honteux. Il y a bien des chanteurs qui font que des reprises, est-ce des sous-chanteurs ? Je ne pense pas.

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  39. @ Princecranoir :
    Ahaha je ne pensais pas que ça gueulerait autant ! 😀
    Je ne vais pas m’en cacher, je suis très contente que tu interviennes, heiiin 😮 😀 (même si j’ai pas de lettre authentique de Lincoln). J’ai d’ailleurs hâte de lire ta critique sur ton blog ! (je sens que tu vas être inspiré 😮 ).
    J’avoue ne pas comprendre les gens (sans vouloir vexer) : quelque part, les gens en ont soi-disant ras-le-bol de son côté cool gratuit, et dès qu’il s’en éloigne pour proposer un peu autre chose, ça ne va non plus…

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