Refugiado

réalisé par Diego Lerman

avec Julieta Diaz, Sebastian Molinaro, Marta Lubos…

Drame argentin, colombien, français, polonais, allemand. 1h33. 2014.

sortie française : 13 mai 2015 (cinéma) / 20 octobre 2015 (dvd).


 

Refugiado a été vu dans le cadre de la nouvelle opération de Dvdtrafic de Cinetrafic. Je vous encourage à aller voir quelques liens qui vous donneront quelques idées : tous les films de l’année 2016 / tristesse.

Evidemment, un immense merci à Blaq out (son site et sa page Facebook) !

Refugiado

Laura et son fils de 7 ans quittent précipitamment leur appartement de Buenos Aires pour échapper à l’emprise d’un père menaçant. Les deux fugitifs s’engagent alors dans une course contre la montre à la recherche d’un refuge et d’une nouvelle vie.

Refugiado : Photo Julieta Diaz, Sebastián Molinaro

Je n’ai vu aucun film du cinéaste argentin Diego Lerman (notamment réalisateur du réputé L’Oeil invisible) mais j’ai envie de jeter un coup d’oeil un peu plus sérieux à son travail, même si son Refugiado, sorti discrètement l’été dernier (qui m’intéressait déjà avant la proposition de Cinetrafic – encore une fois, ça a été difficile de voir de nombreux films durant cette période), ne m’a pas autant emballée que prévu. Refugiado met donc en scène Laura et son fils Matias qui fuient le père, ce dernier battant sa femme (dès la première scène, on sait qu’il serait capable de la tuer). Le film possède deux particularités, qui sont aussi ses principales qualités. Tout d’abord, alors que le sujet, c’est-à-dire la violence conjugale, n’a évidemment rien de nouveau (ce qui n’est en soi pas nécessairement un défaut – juste un constat) mais le réalisateur permet de le renouveler en proposant qu’on suive l’histoire à partir du point de vue du fils. Cela donne une véritable force à son film et de créer une réelle émotion, sans tomber dans le tire-larmes. On s’attache évidemment rapidement à cet enfant qui est en train de perdre son innocence, qui sait évidemment que sa mère est frappée par son père, mais qui reste naïf par rapport à son père, en a également marre de fuir à tout prix. Le personnage de la petite fille dans la première partie du film, qui se trouve également dans le refuge pour les mêmes raisons, confirme de nouveau cet émouvant portrait d’enfant. Puis, l’autre point fort de ce long-métrage est le fait de ne pas jamais nous montrer le père. Pourtant il est omniprésent tout le long du film. On sait que les personnages fuient cet homme qu’on ne verra pourtant jamais à l’écran et cette fuite et la peur qui permettent à ce personnage absent d’exister, ce qui est au fond très important avec un tel sujet. Le film devient intéressant quand il prend des airs de thriller. On tremble réellement quand cette femme et son fils doivent partir d’urgence de leur propre appartement, de peur de tomber sur lui. On a l’impression que chaque minute, voire même chaque seconde compte, pour survivre.

Refugiado : Photo Julieta Diaz, Sebastián Molinaro

Au-delà d’une bonne documentation sur ces femmes battues (le réalisateur dit avoir écouté beaucoup de témoignages), il y a un rapprochement intéressant (revendiqué par le réalisateur), fait avec une certaine subtilité, avec le passé de l’Argentine. Comment ne pas penser à tous ces Argentins qui ont dû fuir la dictature ? Refugiado est un film réellement intéressant, on sent qu’il a été réalisé avec le coeur. Le sujet fait qu’on s’attache aux personnages, qu’on se sent concerné. Il s’agit d’un film qui traite à la fois d’un problème important en Argentine (le taux de femmes battues par leurs maris/conjoints y serait très élevé) et d’un problème davantage universel. Il y a réellement de bons choix adoptés, que ce soit pour la mise en scène, qui peut être parfois énergique, ne quittant pas les protagonistes face à leur combat, ou pour le scénario. Esthétiquement, le film est également très intéressant. Il a l’air à première vue assez simple, dans le sens où on a l’impression d’être au plus près de la réalité mais il y a réellement derrière un soin en ce qui concerne certaines scènes (comment ne pas penser à la scène avec la mère qui dort avec son enfant sur un lit rond ? oui, je parle aussi de l’affiche du film). J’aurais voulu aimer davantage ce film mais en réalité, je dois avouer qu’il n’est pas aussi prenant que je l’espérais. Le film ne dure qu’une petite heure et demie pourtant je dois avouer que je me suis parfois ennuyée, même si encore une fois, il y a heureusement pas mal de scènes captivantes. Disons que c’est sur la durée que le film a du mal à tenir son pari. On a beau connaître les enjeux (fuir le père pour commencer une nouvelle vie), ça manque tout de même de rebondissements dans l’ensemble, on reste même un peu sur sa faim. Il y a de bonnes idées dans le scénario mais il aurait pu être plus développé à mon avis, je pense que c’est le point faible de ce film qui aurait pu être plus poignant et saisissant. C’est dommage car je suis certaine que Lerman a beaucoup de talent, on sent un certain savoir-faire ainsi que sa sincérité et son implication dans ce projet.

Refugiado : Photo Julieta Diaz, Sebastián Molinaro

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2 réflexions au sujet de « Refugiado »

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