Kingsman : Services Secrets

réalisé par Matthew Vaughn

avec Taron Egerton, Colin Firth, Samuel L. Jackson, Mark Strong, Michael Caine, Sofia Boutella, Sophie Cookson, Mark Hamill, Jack Davenport, Tom Prior…

titre original : Kingsman : The Secret Service

Film d’action, espionnage britannique. 2h09. 2015.

sortie française : 18 février 2015

Kingsman : Services secrets

KINGSMAN, l’élite du renseignement britannique en costumes trois pièces, est à la recherche de sang neuf. Pour recruter leur nouvel agent secret, elle doit faire subir un entrainement de haut vol à de jeunes privilégiés aspirant au job rêvé. L’un d’eux semble être le candidat « imparfaitement idéal » : un jeune homme impertinent de la banlieue londonienne nommé Eggsy. Ces super-espions parviendront-ils à contrer la terrible menace que fait peser sur le monde l’esprit torturé du criminel Richmond Valentine, génie de la technologie?

Kingsman : Services secrets : Photo Colin Firth, Taron Egerton

Je ne suis pas allée voir Kingsman au cinéma car la bande-annonce (même si je n’aime pas forcément « juger » à partir de ça) ne m’avait pas du tout attirée (dans ma tête : encore une parodie d’un film d’espionnage). Et puis face à une avalanche d’excellentes critiques et son succès au box-office, histoire de ne pas me sentir totalement à la ramasse, j’ai décidé de sortir de ma grotte et de réellement me renseigner (oui car, malgré tous les articles consacrés au film, j’avais réussi à ne presque rien lire, allez savoir pourquoi !). Kingsman est l’adaptation du comic de Dave Gibbons et Mark Millar, sorti en 2012. Ce fameux Mark Millar est à l’origine de Kick-Ass, adapté au cinéma par un certain… Matthew Vaughn. J’avais beaucoup aimé le premier Kick-Ass, finalement je me suis dit que je devais donner ma chance à Kingsman. Je ne m’attendais vraiment pas à autant aimer ce film. Ca fait du bien (avec cette année Mad Max : Fury Road) de voir un blockbuster à la fois très ambitieux et fun ! Comme dans Kick-Ass, Matthew Vaughn reprend merveilleusement bien les codes du genre (ici le film d’espionnage) pour pouvoir les remettre au goût du jour. Ainsi, il s’agit à la fois d’un film d’espionnage très old school dans le sens où les personnages sont des gentlemen faisant référence aux chevaliers de la Table Ronde mais ils sont intégrés à des choses plus modernes : l’intrigue tourne clairement autour de la technologie et les racailles sont vraiment ce qu’il y a de plus actuel. Surtout, impossible en regardant Kingsman de ne pas voir toutes les références à la pop culture. Résultat : le mélange est explosif pour notre plus grand bonheur ! Dit comme ça, on pourrait avoir l’impression qu’il s’agit d’une grosse bouillasse de n’importe quoi mais ce n’est pas le cas, on sent vraiment derrière une écriture qui semble savoir où elle va, qui parvient à utiliser à bon escient ses références anciennes ou modernes et à trouver surtout le ton juste. Cela fait également plaisir de voir un film qui semble ne s’interdire de rien, que ce soit dans l’humour ou la violence et possède son grain de folie qui donne un réel charme à l’ensemble. On notera également une mise en scène à la fois précise, énergique et tout simplement d’une grande efficacité. On sent vraiment derrière la personnalité de Vaughn et là encore ça fait du bien de voir un blockbuster avec une vraie patte d’auteur.

Kingsman : Services secrets : Photo Sofia Boutella

En tout cas, même si je ne peux pas du tout comparer avec le matériau d’origine (j’imagine que beaucoup de choses sortent de l’imagination de ceux qui ont crée la BD), j’ai trouvé ce long-métrage très inventif dans les moindres détails. Je pense à beaucoup de choses amusantes : les jambes tranchantes de Gazelle, la scène de combat totalement cinglée et incroyablement bien chorégraphiée au sein d’une église (honnêtement, et je ne prétends pas être une spécialiste des films d’action, loin de là, c’est l’une des meilleures scènes d’action que j’ai pu voir), on pourrait également dire la même chose pour la scène d’action dans le but, les feux artifices colorés à la fin du film etc… Au-delà de ses scènes d’action de fou, de son évident dynamisme et de son esthétisme soigné et coloré qui pète mais sans être too much non plus, le propos derrière est intéressant, en tout cas suffisamment pour ce film plus que divertissant et finalement sans prétention : la critique de notre monde ultra connectée fonctionne, mais surtout j’ai aimé toute la réflexion autour de l’apparence et des classes sociales. Certes, le fait de mettre au centre du film un personnage qui va se transformer n’est pas hyper nouveau mais encore une fois Vaughn a réussi à traiter ce sujet à sa sauce et je pense que le « message » autour de l’apparence et de son lien ou non avec sa condition sociale parlera à beaucoup de jeunes. Le casting est également très bon. A première vue, vu qu’il s’agit d’un film avec des espions gentlemen, Colin Firth correspondait parfaitement à ce rôle quitte à faire son Colin Firth. En tout cas, c’est ce que je redoutais (alors que j’adore Colin Firth au passage). Certes, il est évidemment nickel car il a la classe à l’anglaise mais quelque part il s’agit aussi d’un rôle différent de ce qu’il a fait jusqu’à présent. Je n’imaginais pas forcément Firth dans un film d’action et honnêtement il s’en sort vraiment bien (et ça décoince vraiment son image !). Le jeune Taron Egerton qui ne devrait plus rester méconnu trop longtemps (enfin je l’espère) s’en sort également bien. Pourtant j’avais peur de ne pas aimer ce personnage de racaille dans le sens où j’avais peur qu’on tombe dans le stéréotype. Certes, certains traits peuvent sembler grossis mais son personnage est suffisamment intéressant pour éviter ces possibles travers. Samuel L. Jackson est vraiment tordant dans le rôle de ce méchant qui zozote et qui a peur du sang, Mark Strong est, comme souvent, impeccable et enfin la danseuse franco-algérienne Sofia Boutella s’en sort également remarquablement bien dans un rôle physique (certes, cela peut sembler facile de dire ça puisqu’elle a sûrement été engagée pour ça – mais je trouve qu’elle a aussi beaucoup de charisme).

Kingsman : Services secrets : Photo Samuel L. Jackson

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34 réflexions au sujet de « Kingsman : Services Secrets »

  1. Sans considérer que c’est un grand film, je l’ai trouvé assez fun. Mais je n’ai pas regretté de ne pas l’avoir vu en salles parce que pour tout t’avouer, j’ai trouvé la photo assez vilaine (mais ça, ça reste totalement une question de goût). Pour moi, ça aurait pu être énorme avec un bon chef op, des personnages écrits plus sérieusement (en quoi le perso de Samuel L Jackson, qui ne jure que par le macdo et la culture populaire voudrait passer la fin des temps avec des pince-cul aristos?) et un peu moins de blagues un peu misogynes pas forcément nécessaires. Mais bon, j’ai plutôt bien ri, j’ai kiffé les scènes d’action, et j’ai passé plutôt un bon moment, c’est l’essentiel.

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  2. @ Girlie Cinéphilie :
    C’est vrai que le personnage de Samuel L. Jackson est assez paradoxal mais dans un sens c’est ce que j’ai trouvé intéressant, il y a encore une fois toute une réflexion autour de l’apparence et de la condition sociale, même chez lui.

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  3. Après avoir lu ton billet, je me suis dit Why not ?
    Et donc …. J’ai tout planté après le plan-séquence du massacre gratuit dans l’église …
    James Bond n’a définitivement besoin de personne ( & surtout pas de Vaughn ), il se parodie lui-même tout seul comme un grand.
    PS / Oscar Pistorius en vamp, fallait oser 🙂

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  4. Meilleur pour le coup que le dernier 007 (même si je l’ai beaucoup apprécié) et donnant un regard neuf et décomplexé de l’espionnage, tout en lui rendant hommage. La classe des costumes, Michael Caine comme caution… et puis boom Sam Jackson avec un putain de cheveux sur la langue, son sidekick une belle trouvaille, un ton jouissif, des séquences explosives et fun et surtout du R dans toute sa splendeur jusqu’à un final décontracté du gland.

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  5. Je suis comme toi, j’ai vu la BA et ça ne m’a pas branchée du tout. J’en ai lu beaucoup de bien mais je n’ai pas cherché à le voir alors qu’en plus j’aime bien Colin Firth. Je suis un peu à la ramasse sur ce coup-là ! 😉

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  6. Bonjour Tina, ce film se laisse voir même si je n’ai pas trouvé l’ensemble de très bon goût. Je trouve regrettable que Colin Firth disparaisse trop vite, il donnait un peu de classe au film qui en manque. Bonne journée.

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  7. Tu lis dans mes pensées, c’est inquiétant… pour toi !
    C’est toujours casse-gueule les parodies qui s’engouffrent trop souvent dans la lourdeur mais le résultat a complétement dépassé mes espérances. Colin Firth personnifie à merveille l’autodérision britannique, c’est-à-dire tout en finesse. Et le visuel entre hommage et recherche tombe juste entre grand spectacle et esthétisme. Le combat final et celui dans l’église sont parfaits. L’humour est bien dosé et surtout le côté caillera bien traité. D’ordinaire je trouve ces personnages insupportables (j’ai eu ma dose pendant ma scolarité) et là il apporte une mesure et une humanité étonnante pour un jeune acteur dans un genre qui demande un talent certain.

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  8. Je pense le mettre dedans. Probablement une des grandes surprises de cette année. Je n’y croyais pas j’ai été face aux bons échos et j’ai même insisté pour qu’un ami le revoit avec moi quand ce fut le printemps du cinéma. Il a kiffé! 😀

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  9. @ Dasola :
    Ah c’est sûr que c’est pas fin. Pour Firth, justement c’est ça qui est surprenant, le film prend au moins des risques (contrairement à d’autres films d’espionnage).

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  10. @ Amandine :
    Maiiis je suis médium, chuuuut ! 😮
    Là, je ne sais que dire ou quoi ajouter, tu as su compléter toutes les petites choses que je n’ai pas su exprimer dans ma critique ! 😀

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  11. @ Borat :
    Perso je ne sais pas encore, mon top 10 est un casse-tête, surtout à partir de la 8e place. J’ai envie de défendre pas mal de films finalement, que ce top me ressemble (comme d’hab) donc c’est pas évident. C’est probable qu’il y soit mais c’est pas encore fait 🙂

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  12. Enfin vu. Très fun en effet, et sans complexe, mais cette mise en scène bourrée d’effets a un effet repoussoir sur moi. Il s’en dégage une forme de vulgarité qui dénote avec cette doctrine formidable « manners maketh man ». Dommage

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