La Femme au tableau

réalisé par Simon Curtis

avec Helen Mirren, Ryan Reynolds, Daniel Brühl, Katie Holmes, Max Irons, Charles Dance, Tatiana Maslany, Antje Traue, Elizabeth McGovern, Jonathan Pryce, Tom Schilling, Moritz Bleibtreu, Frances Fisher, Henry Goodman, Nina Kunzendorf, Justus von Dohnányi…

titre original : Woman in Gold

Drame britannique, américain. 1h50. 2015.

sortie française : 15 juillet 2015 (cinéma) / 18 novembre 2015 (dvd)


 

La femme au tableau a été vu dans le cadre de la nouvelle opération de Dvdtrafic de Cinetrafic. Je vous encourage à aller voir quelques liens qui vous donneront quelques idées : le meilleur du cinéma / les derniers bons films aimés par les internautes.

Evidemment, un immense merci à M6-SND !

La femme au tableau

Lorsqu’il fait la connaissance de Maria Altmann, un jeune avocat de Los Angeles est loin de se douter de ce qui l’attend… Cette septuagénaire excentrique lui confie une mission des plus sidérantes : l’aider à récupérer l’un des plus célèbres tableaux de Gustav Klimt, exposé dans le plus grand musée d’Autriche, dont elle assure que celui-ci appartenait à sa famille ! D’abord sceptique, le jeune avocat se laisse convaincre par cette attachante vieille dame tandis que celle-ci lui raconte sa jeunesse tourmentée, l’invasion nazi, la spoliation des tableaux de sa famille, jusqu’à sa fuite aux Etats-Unis. Mais l’Autriche n’entend évidemment pas rendre la « Joconde autrichienne » à sa propriétaire légitime… Faute de recours, ils décident d’intenter un procès au gouvernement autrichien pour faire valoir leur droit et prendre une revanche sur l’Histoire.

La femme au tableau : Photo Helen Mirren, Ryan Reynolds

Pour ceux qui ont envie de connaître la véritable histoire des personnages dans les grandes lignes (peut-être que ça poussera certains d’entre vous à découvrir ce film), je vous fais un petit résumé car je trouve cela intéressant pour mieux comprendre les enjeux même de ce film. Je ne considère pas vraiment les lignes ci-dessous comme un spoiler dans le sens où n’importe qui peut connaître cette histoire en fouillant sur le Net ou en regardant même des reportages dessus. Mais je me suis dit que certains voudraient justement profiter de l’occasion pour connaître cette histoire, je ne veux donc pas trop vous gâcher la surprise. Bref, lisez mes impressions juste après ce premier paragraphe informatif. La Femme au tableau est tiré de l’histoire vraie de Maria Altmann et de  Randy Schonberg. En effet, Maria Altman est une Autrichienne juive qui s’est exilée aux Etats-Unis suite à la montée du nazisme. En 1998, la dame étant tout de même déjà septuagénaire, elle décide de récupérer le Portrait d’Adele Bloch-Bauer I de Gustav Klimt. La Adele du portrait était tout simplement la tante de Maria. Ce tableau appartenait donc à sa famille mais les nazis l’ont dérobé. Il s’est donc retrouvé jusqu’en 2006 au musée du Belvédère à Vienne. Pour cela, elle fait appel à un certain Randy Schonberg, un jeune avocat avec des soucis financiers. Il est également lui-même d’origine autrichienne et sa famille connait déjà Maria. Il a surtout l’impression d’être « reconnu » parce qu’il est le petit-fils du compositeur d’Arnold Schönberg. Randy accepte la demande de Maria au début pour des raisons financières puis finalement suite à son voyage en Autriche et en comprenant pourquoi Maria tient tant à récupérer ce bien familial, il va se sentir personnellement concerné et va réellement s’impliquer dans cette mission. Finalement, face à ce combat difficile et acharné, Maria réussit à récupérer ce tableau qui est tout de même l’équivalent de La Joconde en Autriche ! Depuis, vous pourrez voir ce fameux tableau, racheté par le milliardaire Roland Lauder (c’est le fils d’Estée Lauder pour ceux qui ne le sauraient pas) à la Neue Galerie qui se situe à New York. Enfin, Randy Schonberg a ouvert un cabinet spécialisé dans la restitution d’oeuvres d’art.

La femme au tableau : Photo Max Irons, Tatiana Maslany

Les biopics ou tout ce qui tourne autour des histoires vraies (c’est typiquement hollywoodien) ne sont pas forcément mon genre de prédilection (même si dans le lot, il y a évidemment de très bons films), je redoutais un peu à l’idée de découvrir ce film qui a un titre français absolument affreux encore une fois. Cela dit, le sujet m’intéressait et puis je fais de mon mieux pour ne plus rater de films avec la formidable Helen Mirren. Finalement, La Femme au tableau est plutôt une bonne surprise. Certes, ce n’est pas forcément LE film de l’année mais il est bien meilleur qu’il en a l’air. Après, je ne crie pas non plus au génie dans le sens où la mise en scène de Simon Curtis (My Week with Marilyn) n’est pas non plus très ambitieuse même si elle n’est pas non plus mauvaise, elle est même tout à fait correcte. Il faut aussi reconnaître une envie de nous faire sortir les mouchoirs. Cependant,  le film m’a tout de même beaucoup touchée, en tout cas quelque chose fonctionne véritablement bien malgré ces quelques défauts et facilités. Ce n’est pas la première fois que le cinéma évoque cette sombre période de l’histoire de l’art liée au nazisme. Récemment, Georges Clooney revenait sur ce sujet avec le pas très réussi et assez lourdingue Monuments Men. Je trouve ici tout le propos autour de l’importance de l’art tout de même plus pertinent, surtout dans ce type de production assez grand public. Certes, ce n’est pas forcément nouveau mais cela reste intéressant de voir comme l’histoire individuelle rejoint l’Histoire collective, c’est-à-dire comment l’Histoire peut avoir des répercussions sur les histoires individuelles et jusqu’à quand. A travers cette histoire vraie et donc aussi par le biais de l’art, le film de Simon Curtis a voulu souligner le rapport de l’homme face à l’Histoire : assumer ses responsabilités serait-il un moyen de tourner la page ?

La femme au tableau : Photo Katie Holmes, Ryan Reynolds

Là encore, rien de révolutionnaire mais le long-métrage traite plutôt bien la question de l’identité, notamment à travers l’utilisation du langage. Si le film ne possède pas toujours une mise en scène très intéressante (mais encore une fois pas non plus honteuse), en revanche j’ai bien aimé son esthétisme (j’ai notamment apprécié la différence entre les deux époques). La reconstitution de l’époque (par les costumes et les décors) est très réussie, la photographie est également remarquable (et honnêtement le film m’a même donné envie d’aller à Vienne, j’ai très envie de me programmer ce voyage !). De plus, j’ai apprécié la belle musique de Hans Zimmer et Martin Phipps. Enfin, les interprétations de deux acteurs principaux ne sont certainement pas totalement étrangers à la réussite de ce film. Helen Mirren est de nouveau excellente dans le rôle de cette femme « excentrique » (elle n’a pas sa langue dans sa poche et a un certain sens de la répartie), elle réussit à rendre son personnage combative, chaleureuse et fragile à la fois. Je vous conseille vraiment de regarder le film en version originale car l’accent de Mirren est un régal et apporte un vrai petit plus ! De plus, j’ai été très surprise par l’interprétation de Ryan Reynolds qui parvient à ne pas se faire manger par la pourtant très impressionnante Mirren. J’avais vraiment du mal avec cet acteur auparavant mais je trouve qu’il progresse réellement de film en plus et ça fait plaisir de voir que rien n’est jamais perdu ! Les seconds rôles sont également bons, je pense notamment au toujours très sympathique Daniel Brühl ou encore à Tatiana Maslany qui interprète le personnage de Maria plus jeune (je ne l’avais jamais vue dans des films ou séries – en tout cas je ne l’avais jamais remarquée auparavant) qui s’en sort pas mal du tout. Par contre, voir Katie Holmes jouer cinq minutes faire « la femme de », ça fait un peu de la peine…

La femme au tableau : Photo Antje Traue

 

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12 réflexions au sujet de « La Femme au tableau »

  1. Ce film à l’affreux titre français laissait présager le pire … Eh bien non, au final c’est sobre, relativement intéressant voire plus complexe que ça en a l’air, même si l’essentiel repose sur la parfaite interprétation d’Helen Mirren dans le rôle titre.
    Pitin ces connards de Nazis avaient du goût question peinture.. 😦

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  2. Ca me donne bien envie, ce film. Ta remarque concernant Katie Holmes, c’est de l’ironie ou de la vraie tristesse ? J’aime bien cette fille, et je regrette que son mariage avec Tom ait tellement nui à sa carrière.

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  3. @ Chonchon :
    En ce qui concerne Katie, il y avait des deux 😀 sérieusement, je ne trouve pas que c’était forcément une bonne actrice mais elle n’était pas pire que d’autres. Et tu as raison, Tom Cruise lui a ruiné sa carrière…

    Aimé par 1 personne

  4. Tu sauves donc cette Femme Au Tableau du brasier dans lequel son intrigue et sa patine académique voulait l’envoyer. Voilà qui éveille ma curiosité, qui avait déjà été étanché par la lecture du Monuments Men de Robert Edsel (bien plus dense que le soporifique cours donné par le professeur Clooney).

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  5. @ 2flics :
    Disons qu’il y a des enjeux plus intéressants dans celui-ci que dans Monuments Men (et surtout moins de clichés et moins de lourdeurs – je te crois volontiers pour le bouquin !).

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