Goodnight Mommy

réalisé par Veronika Franz et Severin Fiala

avec Susanne Wuest, Lukas Schwarz, Elias Schwarz…

titre original : Ich seh, Ich seh

Drame, épouvante-horreur autrichien. 1h40. 2014.

sortie française : 13 mai 2015 (cinéma) / 9 octobre 2015 (dvd)

interdit aux moins de 12 ans


 

Goodnight mommy a été vu dans le cadre de la nouvelle opération de Dvdtrafic de Cinetrafic. Je vous encourage à aller voir quelques liens qui vous donneront quelques idées : les tout meilleurs films / horreur-épouvante.

Evidemment, un immense merci à KMBO éditions (vous pouvez également aller sur leur page facebook) !

Goodnight Mommy

En plein été, dans une maison de campagne perdue au milieu des champs de maïs et des bois, des jumeaux de dix ans attendent le retour de leur mère. Lorsqu’elle revient à la maison, le visage entièrement bandé suite à une opération de chirurgie esthétique, les enfants mettent en doute son identité…

Goodnight Mommy : Photo Elias Schwarz, Lukas Schwarz

Goodnight Mommy, récompensé par deux prix au dernier festival de Gérardmer, a pour moi un véritable potentiel mais je n’ai pas été totalement convaincue. Il est difficile de parler de ce film riche en révélations, je ne veux rien spoiler mais je vais faire en sorte que cette critique soit accessible à la fois pour ceux qui ne l’ont pas encore vu (et qui aimeraient éventuellement le découvrir) et pour ceux qui l’ont déjà regardé (je vous donne une mission : lire entre les lignes). J’ai lu dans certains commentaires sur Allocine que le « twist » était devinable dès les cinq premières minutes du film. Effectivement, sur le papier, c’est le cas dans le sens où il y a tout de même des indices assez tôt. Pour ma part, je dois avouer que la première demi-heure m’a réellement plu, du coup j’ai vraiment compris le « truc » juste après (du genre j’ai eu une pseudo illumination). D’un côté, et c’est ce qui expliquerait en partie ma déception, je trouve que le film se repose un peu trop sur ce « twist » et de l’autre côté, je me demande si on peut vraiment parler de « twist » justement, si ce n’est pas volontaire qu’on connaisse assez rapidement la réelle situation. En me posant cette question, même si encore une fois je n’ai pas tout aimé dans ce film, j’ai tout de même revu mon opinion sur ce film, j’ai réussi à voir des qualités qui m’avaient échappé. Le titre international, Goodnight Mommy, est pas mal du tout (pour une fois) mais son titre original est réellement plus significatif. En effet, Ich seh, Ich seh peut se traduire par Je vois, je vois. La répétition de « Je vois » et le fait de mettre en scène des jumeaux prouveraient pour moi qu’il y a deux points de vue exposés dans le film, c’est-à-dire que tout serait une question de perception. L’histoire de la mère qui revient le visage bandé suite à une opération esthétique permet pour moi d’appuyer ce propos sur l’apparence et la perception. Il est par ailleurs intéressant de savoir comment les réalisateurs ont eu l’idée de ce film : ils avaient regardé une émission de télé-réalité dans laquelle des enfants (assez perplexes) découvraient le nouveau physique de leur mère suite à une opération chirurgical. Au passage, je pense aussi à la scène avec les jumeaux qui portent un masque assez effrayant : là encore, impossible d’échapper à cette réflexion autour de l’apparence et de la perception. Le « twist » joue également beaucoup avec les thèmes de l’apparence et de la perception. Est-ce que ce que je vois correspond réellement à la réalité ? Encore une fois, en prenant le soin de ne pas trop en dire, rien qu’à partir de ces premiers éléments, on s’aperçoit qu’il s’agit finalement plus d’un drame psychologique que d’un réel film d’épouvante-horreur.

Goodnight Mommy : Photo Elias Schwarz, Lukas Schwarz

Cependant, dans sa dernière demi-heure, le long-métrage commence un peu à tomber dans le sang et tout ça. Même si dans cette horreur cette fois-ci concrètement représentée il y a vraiment des choses bien réfléchies par rapport à la situation, je trouve que la dernière demi-heure s’étire vraiment trop et n’arrive pas toujours très bien à rebondir sur les réflexions mises en place depuis le début du film. De plus, durant cette fameuse dernière demi-heure, je dois avouer que je me suis tout de même pas mal ennuyée. Je n’étais pas autant captivée que durant la première partie du film, durant laquelle j’étais vraiment prise par l’ambiance, au point de ne pas voir tout de suite les fameuses révélations pourtant si évidentes. C’est vraiment dommage de perdre toute cette intensité, présente pourtant dès le début du film. En effet, malgré mon avis assez mitigé (même si je suis persuadée que certains d’entre vous pourront réellement aimer ce long-métrage), il faut avouer qu’il y a plusieurs types de reconstitution assez bien foutus. En effet, la maison fait penser à un hôpital ou à une clinique ou encore il y a de nombreuses allusions aux contes et nous savons tous à quel point les contes pour enfants sont cruels. Il y a aussi beaucoup de silence, ce qui contribue de nouveau à cette atmosphère pesante et malsaine. Pour conclure, je dirais qu’il y a de nombreuses choses intéressantes dans ce film. La mise en scène, soignée et précise, est importante car à elle seule donne beaucoup d’indices sur l’intrigue. Les thèmes exploités sont assez riches et dans l’ensemble le traitement est bon. Je dirais justement que le scénario est vraiment pas mal, il y a réellement des choses intéressantes mais je ne trouve pas qu’il tienne sur toute la longueur même s’il y a encore une fois des choix logiques. Du coup, certains choix pris se ressentent notamment sur le rythme. J’aurais aimé ressortir cette intensité mise en place de A à Z. Je dirais aussi que je n’ai en fait pas adhéré à cette violence physique représentée alors que le film fonctionnait finalement bien jusqu’à présent sans ça. Je tiens également à souligner les interprétations formidables de Susanne Wuest (la mère) ainsi que de Lukas et Elias Schwarz (oui, leurs personnages portent leurs prénoms) qui parviennent à rendre leurs personnages à la fois troublants, flippants et vulnérables.

Goodnight Mommy : Photo

 

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18 réflexions au sujet de « Goodnight Mommy »

  1. Comme tu le sais, j’ai quand même beaucoup aimé ce film dur et froid comme le décor et la lumière, où le fond et la forme se marient merveilleusement (bon d’accord, merveilleux, c’est peut être pas le mot sui correspond le mieux, même si l’histoire a quelque chose, pour moi, du conte avec la transformation, la forêt, le jumeau, etc…) Et surtout, je suis totalement rentrée en empathie avec les jeunes personnages et leur peur, ce qui fait que la violence physique, mais encore plus morale m’a semblée d’autant plus dérangeante (et c’est quand même le but du film, à un moment, nous bousculer) , et ce qui fait surtout que je n’ai pas vu le twist arriver du tout, mais alors pas du tout. Alors que oui, si on y pense, c’est évident, mais je me suis vraiment laissée emporter. Bien sûr, ça marchera pas 2 fois. Mais la première fois, sur grand écran, c’était une jolie claque.

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  2. @ Girlie Cinéphilie :
    Oui, même s’il n’y a pas concrètement de fantastique – contrairement à ce que j’ai pu lire à droite et à gauche – je suis d’accord avec toi en ce qui concerne le merveilleux.
    Je te rassure, je n’ai pas vu tout de suite le twist, il faut avouer qu’on se laisse (en ce qui me concerne le début) transporter, perso je me suis vraiment demandée si c’était vraiment leur vraie mère (jusqu’à ce que je comprenne). Si on est vraiment transportée, je pense qu’on peut vraiment ne pas deviner le truc tout de suite. Mais de toute façon, pour moi, même connaître ce twist n’est pas toujours un inconvénient.

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  3. Décidément, nous nous suivons sur la piste des films du DVDtrafic. Je pense que j’ai plus aimé encore que toi, bien qu’ayant deviné très tôt le soit disant « twist » ; du coup je n’ai pas compris en quoi c’était un film à twist, ce qui relativise largement la portée de cet effet. Je pense que le film repose sur bien d’autres ressorts psychologique que tu as évoqués, qui ressortent à la fois de questions morales et sociales, voire religieuses. ça m’a beaucoup fait penser au cinéma de Haneke (je n’ai pas vu de film de Seidl encore donc je ne peux pas avoir de point de comparaison). Contrairement à toi, je comprends tout à fait la logique de l’explosion de violence finale, même si ces scènes m’ont bien secoué (ma fille de 16 ans qui regardait avec moi a dû quitter la pièce, à regret). Mais tu en sauras plus d’ici peu en passant par chez moi – cette fois, un seul film au programme ;-).

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  4. @ Princécranoir :
    Et peut-être qu’il y aura d’autres films en commun ? (c’est moi ou j’ai reçu énormément de films de Cinetrafic ? J’en ai en tout reçu 6, c’est énorme je trouve !).
    Je vois que beaucoup de commentaires tournent finalement autour du twist. En fait, ce que je constate, c’est qu’on apprécie ce film ou non, ou à certains degrés selon notre perception de l’intrigue. Tout dépend déjà si on avait compris le truc ou non et si on considère qu’il s’agit d’un twist ou non. C’est intéressant dans un sens ! 🙂
    J’ai pas trop voulu en dire volontairement, c’est le genre de critique délicate à écrire mais je pense comprendre ce que tu dis autour des questions morales / sociales / religieuses. Et évidemment que j’ai pensé à Haneke aussi (le talent en moins selon moi 😮 ).
    Je comprends la réaction de ta fille. Là j’ai pu regarder ces scènes très dures car je commence à être au taquet mais à son âge, je ne sais pas si j’aurais pu les supporter.
    Allez, je surveille ton blogounet 🙂

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  5. Dire que le travail de Franz et Fiala, c’est du Haneke sans le talent, c’est un peu sévère au regard de l’excellent travail de mise en scène visible à l’écran. Tu as parfaitement raison sur le fait que cette histoire de vrai/faux twist (je crois qu’on va en égarer quelques-uns là) n’est pas du tout la clef du film. Celle-ci réside à mon avis davantage dans les images d’ouverture et de clôture du film, peut-être plus effrayantes encore que les atrocités montrées dans la dernière ligne droite.
    Sinon, moi-aussi j’ai reçu pas mal de films, une sélection généreuse 🙂

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  6. @ Princecranoir :
    Bon j’y vais un peu fort, surtout que j’ai aimé leur mise en scène, mais bon Haneke, c’est au-dessus, faut l’avouer 😮
    Le pire, c’est leur premier mail : « mettez un max de films dans votre film, histoire que vous ayez le dvd que vous voulez vraiment », sous-entendu, y en a pas assez pour tout le monde, ahahah on se retrouve avec 6 dvd, bon je trouve ça marrant ! 😀

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  7. Juste j’ai raté la sortie ciné alors qu’il me paraissait bien chouette ce film… il me rappelle les films mi-horreur-mi-thriller qui se passent dans des coins isolés ou cossus, comme le film grec « Canine » (si tu as l’occasion de le voir, c’est aussi une jolie curiosité dans le genre) 😀

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