Daddy Cool

réalisé par Maya Forbes

avec Mark Ruffalo, Zoe Saldana, Imogene Wolodarsky, Ashley Aufderheide, Keir Dullea…

titre original : Infinitely Polar Bear

Comédie dramatique américaine. 1h32. 2014.

sortie française : 8 juillet 2015


 

Daddy cool a été vu dans le cadre de la nouvelle opération de Dvdtrafic de Cinetrafic. Je vous encourage à aller voir quelques liens qui vous donneront quelques idées : un bon petit film et voir également tous les meilleurs films.

Evidemment, un immense merci à Bac Films ! (vous pouvez d’ailleurs aller vers son site et sa page facebook).

 

Daddy Cool

Entre fous rires et crises de larmes, Cameron Stuart ne sait plus où donner de la tête. Diagnostiqué bipolaire, Cameron suit un traitement dans le but de reconquérir sa femme Maggie et de réintégrer le cocon familial qu’ils forment avec leurs deux filles. Mais lorsque Maggie décide de quitter Boston pour partir à New-York reprendre ses études, la jeune femme n’a pas d’autre choix que de confier la garde de ses enfants à ce père pas tout à fait comme les autres…

Daddy Cool : Photo Mark Ruffalo, Zoe Saldana

Maya Forbes, productrice de shows et téléfilms depuis une bonne vingtaine d’années, et pour l’info people frangine de China Forbes (la chanteuse de Pink Martini) signe ici son premier long-métrage. Elle ne s’est pas attaquée sur n’importe quel sujet : la bipolarité. Et elle connait très bien son sujet puisque son père était maniaco-dépressif. On peut donc parler de film autobiographique, autour de son enfance avec ce père pas comme les autres, même si elle a changé les noms des personnages. Je sais que le titre « français » (oui, en France, nous sommes les rois de la traduction du titre anglais par un titre anglais) est totalement repoussant, ça me fait penser à la fois aux proxénètes / à la chanson de Boney M / à la marque de sucre (pour vous dire à quel point on a fait fort !). Le titre original est réellement plus significatif avec cette erreur langagière de la cadette « Polar Bear » au lieu de dire « Bipolar ». En effet, même si le film évoque cette maladie, il s’agit avant tout d’un film doux sur la famille et même l’enfance. Je suis tombée par hasard sur une interview de la réalisatrice dans Gala (oui, c’es de la grande lecture) et elle voulait transmettre une image positive de cette famille qui sort de la norme et pas qu’à cause de la maladie. En effet, la famille en question est composée de personnes blanches et noires, la mère de famille les « abandonne » (c’est le point de vue de certaines personnes qui ne comprennent pas la gravité de la situation) pour pouvoir reprendre ses études (le père doit alors rester au foyer) et la famille vit une situation financière désespérante (alors que la famille de Cameron est très riche) : tous ces éléments (en particulier les deux premiers cas cités) étaient vraiment mal vus dans les années 1970. Finalement, quand on observe bien le fonctionnement et l’identité de cette famille, on s’aperçoit que sa différence ne réside donc pas uniquement par le biais de la maladie du père. En fait, c’est comme si cette bipolarité faisait ressortir toutes les choses qui faisaient tâche à l’époque, notamment en évoquant par petites touches le féminisme et la place des minorités (ici les Noirs). Je voulais éviter d’écrire une phrase naze mais je vais tout de même l’écrire, même si je ne tiens pas à vous dégoûter de ce film : la différence (n’importe quel type) est littéralement vue comme une maladie mais la famille devient forte et unique grâce à cette différence.

Daddy Cool : Photo Mark Ruffalo, Zoe Saldana

Au passage, je félicite vraiment la réalisatrice de s’être battue contre les studios pour insérer cette partie de sa propre histoire sur la mixité (les studios voulant plutôt une actrice blanche pour incarner la mère) qui n’est pas uniquement là pour décorer et faire un lien autobiographique mais qui retranscrit bien une certaine mentalité d’une époque. En parlant d’époque, j’ai beaucoup aimé la reconstitution des années 1970. Grâce à beaucoup de détails (la photographie, les costumes, la musique), on arrive à se plonger dans cette époque et en même temps, en n’appuyant pas non plus trop sur cet aspect (car hélas beaucoup de films qui se déroulent dans certaines époques, surtout dans les années 70, ça peut vite être too much). La bipolarité fait alors ressortir toutes les différences possibles au sein d’une famille mais le film montre un message très positif : on peut vivre ensemble malgré nos différences. Ca peut faire très niais dit comme ça mais pourtant quelque chose de sincère et de simple fonctionne, le « message » est en tout cas bien véhiculé. Après, on pourra reprocher au film d’avoir une mise en scène et un scénario très simples, c’est sûr qu’il y a des choses perfectibles mais le travail reste propre et structuré et on sent derrière une implication de la part de Forbes. Le film est porté par des acteurs impeccables. Dans le rôle principal, Mark Ruffalo est de nouveau sensationnel. Il est à la fois fragile, un peu flippant quand son personnage fait une crise, mais il est réellement attachant. Malgré la maladie, on a pratiquement envie d’avoir un père comme lui, proche de ses filles, qui fait absolument tout pour elles. Son interprétation communique quelque chose d’énergique. J’ai également été très surprise par la performance de Zoe Saldana, j’ai eu l’impression de la découvrir pour de bon (c’est pas qu’elle jouait mal dans ses autres films mais, dans ceux que j’ai pu voir avec elle, je ne trouvais pas que son talent était suffisamment mis en avant). Les deux petites (pour l’anedcote, Imogene Wolodarsky, qui incarne l’aînée, est la fille de la réalisatrice) s’en sortent également bien. Daddy Cool n’est peut-être pas LE film de l’année mais il s’agit d’un bon petit film indépendant comme ce genre de cinéma sait parfois en produire, réellement frais, attachant, efficace, souvent drôle, touchant (j’avoue avoir eu ma larme à la toute fin du film) mais jamais larmoyant.

Daddy Cool : Photo Mark Ruffalo

 

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22 réflexions au sujet de « Daddy Cool »

  1. Toi aussi tu l’as vu dans le cadre d’un cinétrafic ? 😉 Je suis d’accord avec toi pour ce qui est de la performance des comédiens et pour la reconstitution. Sinon, l’ensemble ne restera pas dans les annales mais le film a le mérite d’exister 🙂

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  2. Décidément c’est la série ! Je reviens de Poing Critique où je découvre « Strictly criminal » s’intitule en réalité « black mass », et là je découvre que « daddy cool » devrait titrer plutôt « polar bear ». Il est temps de pousser un COUP DE GUEULE contre ces titres idiots, complètement lost in translation !
    Côté film, ton très bel article donne bien envie d’aller pédaler derrière le tandem Saldana/Ruffalo.

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  3. J’ai trouvé ce film touchant et intéressant. Maya Forbes aborde et traite ce sujet avec un réel talent. Le couple Mark Ruffalo et Zoe Saldana fonctionne parfaitement. Parfaitement d’accord avec princecranoir et le commentaire précédent. Bon Dimanche !

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  4. @ Princecranoir :
    Hummmm ça va finir par m’inspirer un petit article Coup de gueule – même s’il n’y a rien de nouveau – mais nous devons lutter à notre façon ! 😮
    Merci en tout cas 🙂

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  5. J’avais bien envie de voir ce film cet été, mais je me suis un peu laissée dépasser…Faut que je me rattrape, quand même, parce que bon, ça a vraiment l’air d’un joli film (non, la présence de Mark Ruffalo que je trouve beau comme un Brando pas misogyne n’y est pour rien là-dedans)

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  6. Haha ! Je vois que toi aussi le titre t’a fait penser au disco et au sucre 😀 J’en parle aussi dans mon billet. Ce titre est moisi, c’est terrible.
    Par contre, le film est vraiment bien. Je l’ai beaucoup aimé : Ruffalo, les gosses, le couple, la musique, les dialogues… Tout m’a plu, j’ai passé un très bon moment et j’ai pleuré lors de la dernière scène. C’est simple mais très touchant 🙂

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  7. @ Girlie Cinéphilie :
    Sortir ce genre de film l’été c’est pas intelligent hélas, perso l’été en général je zappe ces quelques petits films intéressants !
    (bon on est totalement d’accord pour Mark ! 😀 ❤ ).

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  8. @ Potzina :
    Ouiii je viens de voir ça dans ta chronique ! A mon avis, le traducteur écoutait du Boney M quand il a pris la décision de foutre ce titre à la con ! 😮
    AHHHH la dernière scène, simple mais émouvante ! 😀

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