Bilan de l’année 2015

Ca y est, 2015 touche à sa fin.

Je tenais réellement à vous remercier pour prendre à chaque fois le temps de me lire, même quand vous n’êtes pas forcément d’accord avec tout ce que je raconte, et d’échanger. Vous êtes de plus en plus nombreux à venir ici et ça fait forcément plaisir ! Je vais tout faire pour apporter de nouvelles améliorer à mon blog, afin qu’il soit encore plus plaisant !

Sinon je viens de confirmer mon compte Twitter (enfin !). J’aurais voulu vous le présenter tout neuf et tout ça histoire de faire les choses comme il le fallait mais je n’ai pas du tout eu le temps en cette fin d’année. Bref, ne vous étonnez pas de tomber sur mon profil encore moche et vide mais dès que j’ai le temps, je m’en occupe ! Je pense aussi ouvrir une petite page Facebook d’ici quelques jours.

Maintenant, passons aux choses sérieuses !

Mad Max: Fury Road : Photo Hugh Keays-Byrne

Mon top 10

1- Mia Madre de Nanni Moretti

2- La Isla Minima d’Alberto Rodriguez

3- Les Nouveaux Sauvages (Relatos salvajes) de Damián Szifrón

4- Mad Max : Fury Road de George Miller

5- Vampires en toute intimité (What We Do in the Shadows) de Jemaine Clement et Taiki Waititi

6- Shaun le mouton – le film (Shaun the Sheep Movie) de Mark Burton et Richard Starzack

7- Hungry Hearts de Saverio Costanzo

8- Une belle fin (Still Life) de Uberto Pasolini

9- Les Nouveaux Héros (Big Hero 6) de Don Hall et Chris Williams

10- Kingsman : Services Secrets (Kingsman : The Secret Service) de Matthew Vaughn

Mia Madre : Photo John Turturro

Mon flop 10

1- Entre amis d’Olivier Baroux

2- Cinquante Nuances de Grey (Fifty Shades of Grey) de Sam Taylor-Johnson

3- Jupiter : Le destin de l’Univers (Jupiter Ascending) de Andy et Lana Wachowski

4- Maggie de Henry Hobson

5- Birdman d’Alejandro González Iñárritu

6- Wild de Jean-Marc Vallée

7- Insidious – chapitre 3 (Insidious: Chapter 3) de Leigh Whannell

8- Girls Only de Lynn Shelton

9- Dark Places de Gilles Paquet-Brenner

10- Que Viva Eisenstein ! de Peter Greenaway

Entre amis : Photo Daniel Auteuil, François Berléand, Gérard Jugnot, Isabelle Gélinas, Mélanie Doutey

les 10 critiques les plus consultées (films sortis en 2015)

1- Vice Versa (Inside Out) de Pete Docter et Ronaldo Del Carmen

2- Connasse, Princesse des coeurs de Eloïse Lang et Noémie Saglio

3- It follows de David Robert Mitchell

4- Birdman d’Alejandro González Iñárritu

5- Cinquante Nuances de Grey (Fifty Shades of Grey) de Sam Taylor-Johnson

6- A la poursuite de demain (Tomorrowland) de Brad Bird

7- The Visit de M. Night Shyamalan

8- Shaun le mouton – le film (Shaun the Sheep Movie) de Mark Burton et Richard Starzack

9- Mad Max Fury Road de George Miller

10- L’Homme irrationnel (Irrational Man) de Woody Allen

Vice Versa : Photo

les 10 critiques les plus consultées (hors 2015)

1- Salo ou les 120 journées de Sodome (Salò o le 120 giornate di Sodoma) de Pier Paolo Pasolini

2- La Famille Bélier d’Eric Lartigau

3- La Vie d’Adèle – chapitres 1 et 2 d’Abdellatif Kechiche

4- La Leçon de piano (The Piano) de Jane Campion

5- Mad Max 2 (Mad Max 2 : The Road Warrior) de George Miller

6- Laurence Anyways de Xavier Dolan

7- White Bird de Gregg Araki

8- L’Exorciste (The Exorcist) de William Friedkin

9- Shining de Stanley Kubrick

10- Mad Max de George Miller

Salo ou les 120 journées de Sodome : Photo

Sur ce, je vous souhaite à tous une excellente année ! A bientôt en 2016 donc sur ce blog !

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Liebster Award n°2

Charlie Dupin m’a gentiment taguée et je lui avais promis de lui répondre sur ce blog d’ici la fin de l’année. Par contre, j’avoue que j’ai la flemme de poser de nouvelles questions et de taguer des gens en particulier (déjà que pas mal de gens que j’avais tagués dans un autre article n’ont pas forcément eu le temps de s’y coller). Cependant, je serais curieuse de connaître vos réponses à ces fameuses questions, donc n’hésitez pas à y répondre soit dans les commentaires soit sur vos propres blogs.

11 choses sur moi 

1- Allez quelques informations en ce qui concerne le Noël de cette année. Ma famille m’a offert beaucoup de cadeaux liés au cosmétique. Bref, j’ai de quoi me maquiller pour longtemps, me parfumer, me laver et je vais même pouvoir fabriquer mes produits (même si je préparais déjà certains masques maison, mais là ça va être encore mieux).

2- Mais j’ai aussi eu des cadeaux en rapport avec le cinéma. Non, pas de dvd comme les autres années, mais plutôt un cadeau original : un tapis façon Hollywood Boulevard avec mon surnom écrit dessus !

3- Je finis avec la dernière info sur mon Noël : j’ai aussi eu droit à mon cahier d’art thérapie (enfin je voulais ce cadeau, j’ai incité quelqu’un à l’acheter pour moi, je l’avoue 😮 ). Pour l’instant, mes dessins (avec de la peinture, s’il vous plait !) sont moches, faut le dire…

4- Je vous avais récemment annoncé, pour ceux qui avaient suivi sur le précédent tag Liebster Award, que j’avais décidé de devenir flexitarienne. Je me suis aperçue très rapidement que c’était de la flexi-connerie (pour reprendre le terme des Inrocks). [dédicace spéciale à Chonchon].

5- J’aime bien voyager. J’ai déjà pu aller (et parfois à plusieurs reprises) en Espagne, Italie, Angleterre, Irlande, Irlande du Nord, Ecosse et Suisse. J’aimerais retourner dans ces pays en question et je serais déjà très heureuse de faire le tour de l’Europe (même si j’aimerais également aller dans d’autres pays mais rien que ça serait déjà pour moi énorme).

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6- A part dans certains plats (en gros quand c’est cuit, du genre pizza, raclette, tartiflette…), j’ai absolument HORREUR du fromage. Je ne comprends pas comment on peut en bouffer, voire même se régaler avec ça. Pire, quand je suis chez moi, avec mes parents, je me barre de table parce que je ne supporte pas la vue de cette… chose. Et quand je suis invitée ou quand on reçoit des invités, soit je reste à table en ayant l’air d’une sombre débile (je regarde n’importe où sauf la table et je fais de l’apnée pendant une demi-heure), soit je prétexte d’aller aux chiottes (mes pauses pipi durent trèèès longtemps).

7- J’étends très mal mon linge. Quand on voit mon « travail », on sent que je n’en ai vraiment rien à foutre !

8- Officiellement, j’ai un compte Twitter. Allez savoir pourquoi, je ne l’ai jamais validé. Mais je pense de plus en plus à y aller pour de bon. Je me dis que ça ne pourra faire que du bien à mon blog.

9- Je parle toute la journée de bouffe jusqu’à en gaver certains. Du genre, on parle d’un truc et sans aucun rapport, je commence à dire : « hum, je me taperais bien des lasagnes ! » ou « miam, je rêve de bouffer des sushis ! ». Je rêve même de bouffe la nuit, c’est grave…

10- De l’enfance jusqu’à l’adolescence, j’ai eu l’occasion de faire plusieurs activités artistiques : théâtre (pratiquement dix ans !), guitare (mine de rien trois ans), poterie, cirque (!), pointillisme (!!) et hip-hop (!!!).

11- Gamine, comme beaucoup de gamines j’ai envie de dire, j’étais à fond sur Daniel Radcliffe. Je m’étais amusée à écrire (évidemment en anglais, ohohoh) deux lettres que je lui avais envoyées. Il (enfin probablement d’autres gens, vu que c’était certainement des lettres toutes prêtes, ahahah; on va quand même dire « il ») m’avait finalement répondu à deux reprises, le tout accompagné à chaque fois d’une photo dédicacée. Je ne vous raconte pas comme j’étais surexcitée de recevoir ces deux gros courriers que j’ai précieusement gardés (je pourrais TOUT vous montrer). Radcliffe a dit à plusieurs reprises qu’il avait gardé un grand nombre de lettres de fans chez lui. Au fond de moi, même s’il ne m’a pas répondu, j’ai toujours l’espoir qu’il ait pu lire les miennes parmi tant d’autres (c’était le moment choupi-enfance-groupie).

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Les 11 questions de Charlie

1- Quel(s) regrets as-tu dans la vie ?

Je regrette de ne pas avoir giflé certaines personnes. Notamment les c*nnards qui font chier tout le monde au cinéma. Je regrette aussi d’avoir vu certains films au cinoche…et d’en avoir raté d’autres… Non, sérieusement, en dehors de ça, je n’ai pas réellement de regrets. Bien sûr que je me dis « oui, j’aurais pu faire ça ou dire ça » mais de là à dire qu’il s’agit de regrets, non. On est comme on est, on fait les choses qu’on a faites, on peut juste retenir les erreurs qu’on a faites et s’améliorer (c’est beau, quelle philosophie !).

2- Qu’est-ce qui te rend heureuse, là, tout de suite, maintenant ?

Aller sur mon blog pour écrire ce sympathique article me rend heureuse maintenant. Là j’écris ceci assez tard mais d’habitude, pour me rendre encore plus heureuse, je bois du thé. J’en ai besoin pour trouver l’inspiration ! Sinon, en livrant un constat plus général, je suis réellement heureuse de ne plus aller en cours (j’ai juste des mémoires à rendre, je ne mets donc plus les pieds à la fac) et re-motivée pour me préoccuper de mon avenir.

3- Une citation qui te définirait bien ?

Maman disait toujours, « la vie, c’est comme une boîte de chocolats : on ne sait jamais sur quoi on va tomber. » D’accord, désolée pour mon manque de motivation… En même temps, là comme ça, j’avoue ne pas voir de citation en particulier sur ma petite personne. Il doit y en avoir mais je ne me sens pas de fouiller tout Internet pour chercher la réponse idéale !

4- Un coup de gueule à pousser ?

Ooooh j’en ai tellement ! J’ai déjà poussé de nombreux coups de gueule sur mon blog ! En général, j’ai du mal avec l’hypocrisie, l’intolérance, la misogynie, la connerie humaine, la condescendance, la mentalité française qui n’aime pas voir les gens réussir, le bashing systématique contre les blogueurs et surtout les Youtubeurs présent depuis un trop grand moment dans les médias (attention, je ne les idéalise pas) et le pseudo intellectualisme.

5- Ton dessert préféré ?

Je dirais la tarte au citron meringuée ! Mais en général, à part quelques exceptions, j’adore la pâtisserie (et bouffer tout court). Vas-y, offrez-moi un Paris-Brest, n’importe quel bavarois, une tarte, un carrot cake, un opéra, une glace, une mousse, un fondant ou des profiteroles (le tout au chocolat idéalement) pour ne citer que ces desserts, vous verrez que je serais la fille la plus heureuse de la Terre !

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6- As-tu déjà fait des rencontres magnifiques sur la blogosphère ? Virtuelles et réelles !

J’apprécie réellement chaque lecteur de mon blog – en dehors de ceux qui insultent, mais oooh personne n’a fait ça depuis des lustres ! Avec certains, j’ai même développé une véritable affinité (je pense que ceux/celles concerné(e)s se reconnaîtront facilement). Même si c’est du virtuel, pour moi, il s’agit bien de belles rencontres. On finit par connaître petit à petit les goûts et les personnalités de chacun. Ca serait vraiment top de tous se rencontrer même si nous habitons loin les uns des autres !

7- Ferais-tu de ton blog, ton principal métier si c’était possible ? Pour quelles raisons ?

Je ne dis pas que c’est l’un de mes buts de ma vie (il faut garder les pieds sur Terre – même si ces derniers, c’est vrai que j’envisage de « professionnaliser » mon blog) mais si j’en avais la possibilité, oui, sincèrement je foncerais. Je trouve ça génial de vivre de ses passions !

8- Un talent caché à nous révéler ?

Euuuh… Jadis, je savais imiter Philippe Manoeuvre. Il parait que j’imite bien les bébés aussi. Voilà. Bon, ok, je n’ai pas de talent (chieuse, ça compte comme talent ?)

9- Une information savante à me faire partager que d’habitude tu ne peux pas placer dans une conversation ?

Euuuuuuh… j’ai réfléchi une plombe durant cette question, j’avoue que je ne sais pas trop quoi vous répondre. Si j’ai quelque chose d’intéressant réellement à faire partager, ça vient en général naturellement au milieu d’une conversation.

10- Un instant cocooning à nous faire partager ?

J’adore faire des masques pour la peau ou les cheveux et pendant que le tout repose tranquillement, je bois du thé et je regarde des vidéos, un film ou une série ! (wow, le scoop de fou).

11 – Un ou une humoriste préférée ?

En France, MA référence reste Les Inconnus. Pour être honnête, même si j’aime bien de nombreux sketchs faits par des Français, je ne suis pas non plus une friande de l’humour français, surtout celui de ces dernières années. Dans les quelques exceptions, j’adore actuellement le Palmashow ou encore (même si je les mets – vraiment – derrière) les sketchs de studio Bagel et de Golden Moustache.

J’aime bien certains humoristes américains mais je suis surtout réellement une cliente de l’humour britannique. Je ne me lasse pas des sketchs des Monty Python ni de ceux de French & Saunders. J’aime également beaucoup l’humour noir de Dylan Moran (le fameux Bernard Black que je vénère !), l’humour délirant de A Little Bit of Fry and Laurie ou encore Rowan Atkinson. J’en adore beaucoup d’autres mais en ce moment je vénère Matt Berry !

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A demain pour le top 10 (et peut-être flop, je ne suis pas encore décidée) de l’année !

Refugiado

réalisé par Diego Lerman

avec Julieta Diaz, Sebastian Molinaro, Marta Lubos…

Drame argentin, colombien, français, polonais, allemand. 1h33. 2014.

sortie française : 13 mai 2015 (cinéma) / 20 octobre 2015 (dvd).


 

Refugiado a été vu dans le cadre de la nouvelle opération de Dvdtrafic de Cinetrafic. Je vous encourage à aller voir quelques liens qui vous donneront quelques idées : tous les films de l’année 2016 / tristesse.

Evidemment, un immense merci à Blaq out (son site et sa page Facebook) !

Refugiado

Laura et son fils de 7 ans quittent précipitamment leur appartement de Buenos Aires pour échapper à l’emprise d’un père menaçant. Les deux fugitifs s’engagent alors dans une course contre la montre à la recherche d’un refuge et d’une nouvelle vie.

Refugiado : Photo Julieta Diaz, Sebastián Molinaro

Je n’ai vu aucun film du cinéaste argentin Diego Lerman (notamment réalisateur du réputé L’Oeil invisible) mais j’ai envie de jeter un coup d’oeil un peu plus sérieux à son travail, même si son Refugiado, sorti discrètement l’été dernier (qui m’intéressait déjà avant la proposition de Cinetrafic – encore une fois, ça a été difficile de voir de nombreux films durant cette période), ne m’a pas autant emballée que prévu. Refugiado met donc en scène Laura et son fils Matias qui fuient le père, ce dernier battant sa femme (dès la première scène, on sait qu’il serait capable de la tuer). Le film possède deux particularités, qui sont aussi ses principales qualités. Tout d’abord, alors que le sujet, c’est-à-dire la violence conjugale, n’a évidemment rien de nouveau (ce qui n’est en soi pas nécessairement un défaut – juste un constat) mais le réalisateur permet de le renouveler en proposant qu’on suive l’histoire à partir du point de vue du fils. Cela donne une véritable force à son film et de créer une réelle émotion, sans tomber dans le tire-larmes. On s’attache évidemment rapidement à cet enfant qui est en train de perdre son innocence, qui sait évidemment que sa mère est frappée par son père, mais qui reste naïf par rapport à son père, en a également marre de fuir à tout prix. Le personnage de la petite fille dans la première partie du film, qui se trouve également dans le refuge pour les mêmes raisons, confirme de nouveau cet émouvant portrait d’enfant. Puis, l’autre point fort de ce long-métrage est le fait de ne pas jamais nous montrer le père. Pourtant il est omniprésent tout le long du film. On sait que les personnages fuient cet homme qu’on ne verra pourtant jamais à l’écran et cette fuite et la peur qui permettent à ce personnage absent d’exister, ce qui est au fond très important avec un tel sujet. Le film devient intéressant quand il prend des airs de thriller. On tremble réellement quand cette femme et son fils doivent partir d’urgence de leur propre appartement, de peur de tomber sur lui. On a l’impression que chaque minute, voire même chaque seconde compte, pour survivre.

Refugiado : Photo Julieta Diaz, Sebastián Molinaro

Au-delà d’une bonne documentation sur ces femmes battues (le réalisateur dit avoir écouté beaucoup de témoignages), il y a un rapprochement intéressant (revendiqué par le réalisateur), fait avec une certaine subtilité, avec le passé de l’Argentine. Comment ne pas penser à tous ces Argentins qui ont dû fuir la dictature ? Refugiado est un film réellement intéressant, on sent qu’il a été réalisé avec le coeur. Le sujet fait qu’on s’attache aux personnages, qu’on se sent concerné. Il s’agit d’un film qui traite à la fois d’un problème important en Argentine (le taux de femmes battues par leurs maris/conjoints y serait très élevé) et d’un problème davantage universel. Il y a réellement de bons choix adoptés, que ce soit pour la mise en scène, qui peut être parfois énergique, ne quittant pas les protagonistes face à leur combat, ou pour le scénario. Esthétiquement, le film est également très intéressant. Il a l’air à première vue assez simple, dans le sens où on a l’impression d’être au plus près de la réalité mais il y a réellement derrière un soin en ce qui concerne certaines scènes (comment ne pas penser à la scène avec la mère qui dort avec son enfant sur un lit rond ? oui, je parle aussi de l’affiche du film). J’aurais voulu aimer davantage ce film mais en réalité, je dois avouer qu’il n’est pas aussi prenant que je l’espérais. Le film ne dure qu’une petite heure et demie pourtant je dois avouer que je me suis parfois ennuyée, même si encore une fois, il y a heureusement pas mal de scènes captivantes. Disons que c’est sur la durée que le film a du mal à tenir son pari. On a beau connaître les enjeux (fuir le père pour commencer une nouvelle vie), ça manque tout de même de rebondissements dans l’ensemble, on reste même un peu sur sa faim. Il y a de bonnes idées dans le scénario mais il aurait pu être plus développé à mon avis, je pense que c’est le point faible de ce film qui aurait pu être plus poignant et saisissant. C’est dommage car je suis certaine que Lerman a beaucoup de talent, on sent un certain savoir-faire ainsi que sa sincérité et son implication dans ce projet.

Refugiado : Photo Julieta Diaz, Sebastián Molinaro

Jack (2015)

réalisé par Edward Berger

avec Ivo Pietzcker, Georg Arms, Luise Heyer…

Drame allemand. 1h43. 2014.

sortie française : 8 avril 2015 (cinéma) / 7 octobre 2015 (dvd)


 

Jack a été vu dans le cadre de la nouvelle opération de Dvdtrafic de Cinetrafic. Je vous encourage à aller voir quelques liens qui vous donneront quelques idées : ambiance triste / beaucoup de films cultes à découvrir.

Evidemment, un immense merci à Diaphana (voici son site) !

 

Jack

Fonceur, tenace et plein de ressources, Jack, dix ans à peine, est déjà seul responsable de sa famille : son petit frère Manuel, six ans, et leur mère célibataire aimante, mais totalement immature, Sanna, qui travaille la journée et fait la fête la nuit. Mais cet homme de la maison en culottes courtes n’est pas infaillible et un événement va venir bouleverser le quotidien de ce trio. Les services de protection de l’enfance décident alors de retirer la garde des deux garçons à la jeune femme et de placer Jack dans un centre d’hébergement.

Jack : Photo

Jack avait reçu de très bonnes critiques à sa sortie mais face à une forte concurrence, ça avait été très difficile pour moi d’aller le voir et puis pour être honnête, il n’a pas été très bien vendu. Le titre fait vraiment très passe-partout (et rappelle l’affreux film de Francis Ford Coppola) et l’affiche est affreuse au point de rendre ce pauvre môme laid, ce qui n’est pas très sympa et classe de ma part, faut l’avouer. Finalement, cela a été un tort d’avoir raté ce film en salle et j’espère que sa sortie dvd / vod lui sera bénéfique. Certes, sur le papier, on pourrait avoir une impression de déjà-vu : un gamin livré à lui-même dans une grande ville à cause de sa mère incapable de l’élever. On pourra penser à un tas de films, notamment à l’excellent Nobody Knows de Hirokazu Kore-Eda. Ceci dit, malgré des thèmes pas forcément nouveaux, Edward Berger, principalement issu du monde de la télévision, parvient à faire quelque chose de réellement intéressant et à donner sa propre vision (à partir d’un témoignage d’une de ses connaissances) autour de l’irresponsabilité parentale, de la solitude dans les grandes villes, des enfants qui n’arrivent pas à rester des enfants. L’histoire se base alors à partir du point de vue du Jack du titre. La caméra ne quitte pas une seule seconde le garçon. Le réalisateur a décidé de nommer Jack car selon lui, cela fait penser aux pionniers américains. Et il faut avouer que le garçon allemand rappelle un petit aventurier américain (notamment dans les quelques scènes auprès de la nature), on pensera aussi volontiers à Tom Sawyer. J’ai en tout cas tout de suite accroché au personnage, merveilleusement bien interprété par Ivo Pietzcker. Il s’agit de son premier rôle au cinéma mais il est impressionnant, si mature, il semble véritablement comprendre toute la complexité de son personnage. Ce qui nous saute aux yeux est de voir son comportement d’adulte, notamment dans la manière de gérer l’appartement et surtout son petit frère Manuel. Je ne vous parlerais évidemment pas de la fin dans laquelle Jack va prendre une véritable décision d’adulte. On comprend rapidement qu’il joue le rôle d’adulte. En réalité, les rôles sont inversés. Sanna, la mère de Jack et Manuel, est aimante mais elle est incapable de s’occuper d’eux. Elle agit comme une adolescente (physiquement, on comprend rapidement qu’elle les a eus très jeune, peut-être même quand elle est encore encore mineure), a totalement oublié ses responsabilités, ramène n’importe quel mec chez elle, se fait même surprendre par son propre fils en plein acte (sans que cela la dérange plus que ça) et on peut même dire qu’elle est totalement égoïste.

Jack : Photo

Ce qui est alors intéressant, au-delà de l’inversement des rôles qui peut montrer à quel point notre société va mal (certes, ce n’est pas un scoop), c’est de voir ici comment Jack redevient parfois un enfant au contact justement de cette mère qui fuit ses responsabilités. C’est alors cette relation avec sa mère qui rend Jack encore plus attachant et plus complexe. Finalement, même s’il y a une dénonciation évidente des dérives de nos sociétés (notamment dans le fait de voir des adultes qui considèrent Jack comme un adulte lorsqu’ils le voient ou veulent le voir !), on n’est pas totalement dans le drame social comme par exemple dans le même cas que le film d’Emmanuelle Bercot La Tête Haute, en tout cas, ce n’est pas totalement comme ça que je perçois ce film (même si j’ai lu beaucoup de critiques qui faisaient le rapprochement avec l’univers des Dardenne). C’est avant tout un drame qui met en scène un enfant face aux obstacles qui le font grandir trop vite (et l’amour qu’il a pour sa mère en fait partie). Pour reformuler, pour vous livrer mon ressenti, je dirais que la critique sociale est un bon moyen pour parler d’un drame plus individuel. Au-delà d’un portrait réussi de Jack emboîté par une critique sociale pertinente, j’ai beaucoup aimé la mise en scène énergique, qui encore une fois ne perd pas une seule fois son personnage principal. Par conséquent, au-delà d’apprécier encore plus Jack (et aussi le petit Manuel), je trouve que cette mise en scène donne davantage de force à l’ensemble du film. De plus, Edward Berger parvient aussi à présenter Berlin comme une ville effrayante, qui ne se préoccupe pas des individus. Puis, comme dans beaucoup de films avec un arrière-fond social, la mise en scène se colle avec ce qu’il y a de plus proche dans la réalité. Je sais que ce n’est pas forcément la tasse de tout le monde, parfois ça me débecte également, mais la précision de la mise en scène tout comme des cadres permet d’avoir un ensemble agréable à regarder. Le scénario est plutôt simple mais (pour reprendre une bonne vieille formule que j’utilise un peu trop sur ce blog) il est efficace. Le seul reproche qu’on pourrait tout de même lui faire est sa seconde partie, un peu moins captivante en étant un peu plus répétitive. Sinon, il s’agit tout de même pour moi d’un bon film qui a le mérite d’être émouvant sans vouloir à tout prix nous faire pleurer. Finalement, comme ce petit Jack, qui reste digne malgré toutes les épreuves qu’il doit traverser.

Jack : Photo

 

La Reine des Neiges (2013)

réalisé par Chris Buck et Jennifer Lee

avec les voix originales de Kristen Bell, Idina Menzel, Jonathan Groff, Josh Gad, Alan Tudyk, Santino Fontana, Eva Bella, Livvy Stubenrauch…

avec les voix françaises de Emmylou Homs, Anaïs Delva, Donald Reignoux, Dany Boon, Bernard Alane…

titre original : Frozen

Film d’animation américain. 1h42. 2013.

sortie française : 4 décembre 2013

La Reine des neiges

Anna, une jeune fille aussi audacieuse qu’optimiste, se lance dans un incroyable voyage en compagnie de Kristoff, un montagnard expérimenté, et de son fidèle renne, Sven à la recherche de sa sœur, Elsa, la Reine des Neiges qui a plongé le royaume d’Arendelle dans un hiver éternel…  En chemin, ils vont rencontrer de mystérieux trolls et un drôle de bonhomme de neige nommé Olaf, braver les conditions extrêmes des sommets escarpés et glacés, et affronter la magie qui les guette à chaque pas.

La Reine des neiges : Photo

La Reine des Neiges version Disney a remporté un succès monstre. Qui ne connaît pas actuellement la chanson Let it go / Libérée, Délivrée jusqu’à en avoir été gavé ? Le film d’animation a remporté plus d’un milliard de dollars de recettes, ainsi que, pour ne citer que ces prix-là), les Oscars du meilleur film d’animation et de la meilleure chanson pour un film. J’avais regardé une première fois ce film quelques mois après sa sortie, histoire de ne pas me sentir totalement à l’écart de la société (si si !). Je l’avais bien aimé mais je n’avais pas totalement accroché, comme si tout ce buzz avait participé à une forme de déception. Mais durant ce mois de décembre (qui dit mois de décembre dit regarder des dessins animés dit aussi envie de glander et de manger du chocolat jusqu’en à crever), j’avais envie d’un film de Noël. Bon, La Reine des Neiges n’est pas forcément LE film de Noël (par rapport à un grand nombre que j’aurais pu voir ou revoir) mais il s’agissait d’un film d’animation (et j’avais vraiment envie d’en voir un ces derniers jours et de retrouver mon âme d’enfant !) et surtout la neige (que je ne verrai visiblement pas pour les fêtes) est en accord avec notre période hivernale ! Finalement, j’ai bien fait de le revoir car j’ai vraiment pu l’aimer à sa juste valeur selon moi ! Pour moi, cette adaptation du conte d’Andersen s’inscrit dans la lignée des meilleurs films que Disney a pu faire et qui ont marqué mon enfance tout en étant moderne. Le film met pourtant en place des intrigues qui rappellent tout ce qu’on a pu voir dans les autres Disney, je pense notamment au rôle du prince charmant. Mais on est loin de ces idées qui peuvent sembler actuellement totalement vieillottes et dépassées (bien que j’adore toujours les vieux Disney, ce qui peut sembler paradoxal), place maintenant à des messages plus contemporains (et toujours aussi universels), c’est-à-dire l’amour « fraternel » (je sais qu’il y a un autre terme pour désigner l’amour entre soeurs, mais il n’y a rien à faire, je ne m’habitue pas à utiliser ce mot en question) ainsi que l’émancipation féminine. Au-delà des « messages » assez sains, qui toucheront tous les publics, je suis évidemment raide dingue de l’animation. Le travail fourni par toute l’équipe est bluffant. On retrouve encore une fois tout ce qui m’a fait rêver enfant, c’est-à-dire une animation fluide, qui ressemble encore à ce qu’on pourrait dessiner sur du papier, et en même temps, la technologie actuelle permet de rendre les expressions et les mouvements des personnages plus précis et plus réalistes ou encore d’avoir l’impression d’assister à des scènes dignes des plus grandes musicales de Broadway (en plus de bénéficier d’une bande-originale vraiment géniale).

La Reine des neiges : Photo

Au-delà d’une animation époustouflante, évidemment tout un jeu technique bluffant ainsi qu’un joli travail autour des couleurs froides ou encore la présentation de magnifiques décors qui rendent ce film encore plus magique et merveilleux, j’ai énormément aimé les personnages (et maintenant on a trois tonnes de gamines qui s’appellent ou vont se prénommer Elsa et Anna) tous très attachants et avec leurs complexités. Il est évidemment plus facile de s’attacher à la vive, courageuse, aventurière mais néanmoins naïve rouquine Anna mais avec le temps j’aime beaucoup Elsa, certes froide au premier abord mais en réalité sincère dans ses différentes démarches, lucide selon les situations et surtout comment ne pas être sensible à sa transformation sur de nombreux points ? Au-delà de sa profondeur psychologique, vraiment bien travaillée (je dirais plus que celle d’Anna, si je devais faire un mini reproche à ce film), le travail d’animation (on parlera donc par conséquent de l’évolution visuelle du personnage) aide aussi quelque part à rendre ce personnage encore plus attachant. Le fait de voir Elsa plus libre dans ses mouvements avec ses cheveux détachés et les épaules dégagées peut être un petit détail mais pourtant rien que ça joue vraiment en sa faveur. Les seconds rôles sont également très réussis, que ce soit la brute (mais pas si brute que ça) Kristoff et son sympathique renne Sven, le délirant bonhomme de neige Olaf qui rêve de soleil et de chaleur ou encore le « prince charmant » Hans. Le film bénéficie également d’un très bon doublage que ce soit dans sa version originale ou la française (pour une fois qu’on fait quelque chose de bien…). J’écoute régulièrement la bande-originale dans les deux versions, ce qui est rare chez moi (même pour les anciens Disney, j’ai pris l’habitude d’écouter les chansons en anglais, c’est limite difficile de réécouter des chansons parfois cultes en français). Pour conclure, La Reine des Neiges est un film d’animation très réussi et qui mérite entièrement son succès même s’il a pu nous gaver au bout d’un moment. Mêlant brillamment comédie musicale, humour et émotion, il s’agit d’un long-métrage à la fois rythmé, divertissant, magique et ambitieux sur de nombreux points, éloigné d’une certaine niaiserie qu’on trouverait autrefois dans les bons vieux Disney d’autrefois. Les studios Disney ont su se renouveler pour notre plus grand bonheur (et plus récemment, même s’il n’a rien à voir avec La Reine des Neiges, Big Hero 6 / Les Nouveaux Héros confirme ce renouveau qui fait vraiment plaisir à voir).

La Reine des neiges : Photo

Crowdfunding pour 3:36

Parmi les nombreux messages que je reçois dans ma boîte mail consacrée au blog, un m’a particulièrement attirée pour plusieurs raisons : la manière dont le film a été vendu (je dois avouer, le mail que j’ai reçu était très convaincant – oui c’est important car parmi tout ce que je reçois, croyez-moi, je reçois parfois des messages aberrants) et le projet en lui-même me paraît intéressant. Il faut encourager le cinéma français de genre ! En tout cas, je ne vous force évidemment pas à dépenser tous vos sous (parce que je sais que c’est difficile pour tout le monde) mais je trouve ça au moins bien de parler du projet et de faire circuler l’information si vous le pouvez (car même si vous n’êtes pas spécialement intéressés, peut-être que d’autres autour de vous le seront).

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Histoire de voir de quoi il s’agit, pour les plus flemmards d’entre vous, voici un extrait de la page Ulule du film :

3:36 est un drame d’épouvante. Il nous raconte l’angoisse d’une femme (interprétée par Adelaïde Leroux, que vous avez pu voir dans Flandres de Bruno Dumont) qui fuit des visions cauchemardesques dans la quiétude de sa salle de bain. Au-dehors, c’est la nuit, il n’y a que l’obscurité. Les visions ne s’estompent pas et son malaise ne fait que croître… Nous nous sommes tous déjà réveillés en pleine nuit, nous demandant si nous étions vraiment éveillés ou encore en plein rêve. Pris d’un doute soudain, nous nous retrouvons dans un état latent où le temps semble se figer et où peuvent surgir à tout moment nos terreurs nocturnes les plus profondes. Quel recours avons-nous à cet instant précis, si nous sommes incapables de nous réveiller ? L’objectif premier de ce film est de plonger le spectateur dans cet état de rêve éveillé. Pendant six minutes, le film doit faire transpirer cette suspension, ce vertige du temps qui vient briser et détruire nos repères. Bien que la jeune femme cherche d’abord à les refouler pour retrouver son calme, elle va inévitablement devoir faire face à ses visions pour savoir ce qui se terre au-delà du cauchemar.

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Si vous voulez en savoir plus (et c’est vraiment bien détaillé) et que vous souhaitez notamment participer à cette campagne de financement participatif, voici le lien ICI !

A bientôt pour de nouvelles chroniques avec – enfin – les deux dernières chroniques de Dvdtrafic (comme ça, si Cinetrafic passe par là, ne vous faites pas, ça arrive !).

Kingsman : Services Secrets

réalisé par Matthew Vaughn

avec Taron Egerton, Colin Firth, Samuel L. Jackson, Mark Strong, Michael Caine, Sofia Boutella, Sophie Cookson, Mark Hamill, Jack Davenport, Tom Prior…

titre original : Kingsman : The Secret Service

Film d’action, espionnage britannique. 2h09. 2015.

sortie française : 18 février 2015

Kingsman : Services secrets

KINGSMAN, l’élite du renseignement britannique en costumes trois pièces, est à la recherche de sang neuf. Pour recruter leur nouvel agent secret, elle doit faire subir un entrainement de haut vol à de jeunes privilégiés aspirant au job rêvé. L’un d’eux semble être le candidat « imparfaitement idéal » : un jeune homme impertinent de la banlieue londonienne nommé Eggsy. Ces super-espions parviendront-ils à contrer la terrible menace que fait peser sur le monde l’esprit torturé du criminel Richmond Valentine, génie de la technologie?

Kingsman : Services secrets : Photo Colin Firth, Taron Egerton

Je ne suis pas allée voir Kingsman au cinéma car la bande-annonce (même si je n’aime pas forcément « juger » à partir de ça) ne m’avait pas du tout attirée (dans ma tête : encore une parodie d’un film d’espionnage). Et puis face à une avalanche d’excellentes critiques et son succès au box-office, histoire de ne pas me sentir totalement à la ramasse, j’ai décidé de sortir de ma grotte et de réellement me renseigner (oui car, malgré tous les articles consacrés au film, j’avais réussi à ne presque rien lire, allez savoir pourquoi !). Kingsman est l’adaptation du comic de Dave Gibbons et Mark Millar, sorti en 2012. Ce fameux Mark Millar est à l’origine de Kick-Ass, adapté au cinéma par un certain… Matthew Vaughn. J’avais beaucoup aimé le premier Kick-Ass, finalement je me suis dit que je devais donner ma chance à Kingsman. Je ne m’attendais vraiment pas à autant aimer ce film. Ca fait du bien (avec cette année Mad Max : Fury Road) de voir un blockbuster à la fois très ambitieux et fun ! Comme dans Kick-Ass, Matthew Vaughn reprend merveilleusement bien les codes du genre (ici le film d’espionnage) pour pouvoir les remettre au goût du jour. Ainsi, il s’agit à la fois d’un film d’espionnage très old school dans le sens où les personnages sont des gentlemen faisant référence aux chevaliers de la Table Ronde mais ils sont intégrés à des choses plus modernes : l’intrigue tourne clairement autour de la technologie et les racailles sont vraiment ce qu’il y a de plus actuel. Surtout, impossible en regardant Kingsman de ne pas voir toutes les références à la pop culture. Résultat : le mélange est explosif pour notre plus grand bonheur ! Dit comme ça, on pourrait avoir l’impression qu’il s’agit d’une grosse bouillasse de n’importe quoi mais ce n’est pas le cas, on sent vraiment derrière une écriture qui semble savoir où elle va, qui parvient à utiliser à bon escient ses références anciennes ou modernes et à trouver surtout le ton juste. Cela fait également plaisir de voir un film qui semble ne s’interdire de rien, que ce soit dans l’humour ou la violence et possède son grain de folie qui donne un réel charme à l’ensemble. On notera également une mise en scène à la fois précise, énergique et tout simplement d’une grande efficacité. On sent vraiment derrière la personnalité de Vaughn et là encore ça fait du bien de voir un blockbuster avec une vraie patte d’auteur.

Kingsman : Services secrets : Photo Sofia Boutella

En tout cas, même si je ne peux pas du tout comparer avec le matériau d’origine (j’imagine que beaucoup de choses sortent de l’imagination de ceux qui ont crée la BD), j’ai trouvé ce long-métrage très inventif dans les moindres détails. Je pense à beaucoup de choses amusantes : les jambes tranchantes de Gazelle, la scène de combat totalement cinglée et incroyablement bien chorégraphiée au sein d’une église (honnêtement, et je ne prétends pas être une spécialiste des films d’action, loin de là, c’est l’une des meilleures scènes d’action que j’ai pu voir), on pourrait également dire la même chose pour la scène d’action dans le but, les feux artifices colorés à la fin du film etc… Au-delà de ses scènes d’action de fou, de son évident dynamisme et de son esthétisme soigné et coloré qui pète mais sans être too much non plus, le propos derrière est intéressant, en tout cas suffisamment pour ce film plus que divertissant et finalement sans prétention : la critique de notre monde ultra connectée fonctionne, mais surtout j’ai aimé toute la réflexion autour de l’apparence et des classes sociales. Certes, le fait de mettre au centre du film un personnage qui va se transformer n’est pas hyper nouveau mais encore une fois Vaughn a réussi à traiter ce sujet à sa sauce et je pense que le « message » autour de l’apparence et de son lien ou non avec sa condition sociale parlera à beaucoup de jeunes. Le casting est également très bon. A première vue, vu qu’il s’agit d’un film avec des espions gentlemen, Colin Firth correspondait parfaitement à ce rôle quitte à faire son Colin Firth. En tout cas, c’est ce que je redoutais (alors que j’adore Colin Firth au passage). Certes, il est évidemment nickel car il a la classe à l’anglaise mais quelque part il s’agit aussi d’un rôle différent de ce qu’il a fait jusqu’à présent. Je n’imaginais pas forcément Firth dans un film d’action et honnêtement il s’en sort vraiment bien (et ça décoince vraiment son image !). Le jeune Taron Egerton qui ne devrait plus rester méconnu trop longtemps (enfin je l’espère) s’en sort également bien. Pourtant j’avais peur de ne pas aimer ce personnage de racaille dans le sens où j’avais peur qu’on tombe dans le stéréotype. Certes, certains traits peuvent sembler grossis mais son personnage est suffisamment intéressant pour éviter ces possibles travers. Samuel L. Jackson est vraiment tordant dans le rôle de ce méchant qui zozote et qui a peur du sang, Mark Strong est, comme souvent, impeccable et enfin la danseuse franco-algérienne Sofia Boutella s’en sort également remarquablement bien dans un rôle physique (certes, cela peut sembler facile de dire ça puisqu’elle a sûrement été engagée pour ça – mais je trouve qu’elle a aussi beaucoup de charisme).

Kingsman : Services secrets : Photo Samuel L. Jackson

Blogger Recognition Award

Martin m’a gentiment taguée, aujourd’hui j’ai pris le temps de répondre à ses quelques questions. Le but de ce tag est donc de raconter l’histoire de mon blog et donner quelques conseils aux futurs ou jeunes blogueurs. Bref, rien de révolutionnaire, je vais certainement donner des réponses très bateau et tout ça (surtout dans les « conseils ») mais ça m’amuse de faire ce tag (en plus c’est bientôt Noël !).

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Histoire de mon blog

Si je ne me trompe pas dans mes calculs, j’ai commencé mon premier blog sur la plateforme Allocine en 2007, c’est-à-dire que j’étais en 4e ! Et oui j’ai débuté sur la blogosphère très jeune ! J’aimais déjà le cinéma à cet âge-là, j’allais déjà découvrir des films dans des cinémas d’arts et essais, je lisais également quelques magazines ciné ! C’était pour moi difficile de discuter cinéma – en dehors de gros blockbusters américains – avec les filles et garçons de mon âge et il fallait bien que je parle de ma passion quelque part. Au début, suivant le modèle des magazines Première, Studio et Ciné Live, j’écrivais mes critiques dans un petit cahier. Puis, à force de lire des blogs sur le Net, malgré mon jeune âge, je me suis dit : « Pourquoi pas moi ? ». J’aimais l’idée de faire partager mon avis.

Puis, la plateforme d’Allocine a connu beaucoup de bugs et j’espérais aussi avoir un blog plus joli esthétiquement. J’ai donc commencé plus tard – je ne me rappelle plus quand exactement mais j’étais déjà au lycée, ça c’est sûr – un nouveau blog sur Overblog. Tout allait bien pendant plusieurs mois voire même plusieurs années, je grandis donc j’améliore légèrement la qualité de mes critiques (même si je peux encore largement faire mieux) et mon regard sur le cinéma avait également évolué (à cette époque-là, je regardais – vraiment – des tonnes de films). Puis je continue à grandir (ça fait très niais, non ?), à devenir une sorte d’adulte (je fais cette nuance car je me considère actuellement comme une ado attardée), je continue ma petite vie de blogueuse. Et puis il y a un jour où je m’aperçois que mes anciens billets sont super mal écrits ou encore j’ai changé d’avis en ce qui concerne certains films. Je prenais parfois le temps de réécrire certaines vieilles critiques mais je me suis aperçue que je perdais vraiment mon temps. On me signale également qu’il y a de plus en plus de pubs envahissantes sur les blogs hébergés sur Overblog. Là, ça a été le déclic : ouvre un nouveau blog. J’ai donc atterri sur WordPress après avoir découvert de nombreux bons blogs sur cette plateforme.

Que retenir de mes expériences de blogueuse ? Chaque blog que j’ai ouvert correspondait à une période de vie qui évoluait constamment (normal, c’est l’adolescence). Je ne dis pas que je n’évoluerai plus jamais (j’espère même « grandir » encore !) mais actuellement j’ai enfin l’impression de m’être trouvée en tant que blogueuse depuis septembre 2014, c’est-à-dire depuis mon arrivée sur WordPress.

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Les conseils aux nouveaux blogueurs

Je ne vais pas dire des choses révolutionnaires mais bon, je suis censée répondre à cette question. Je dirais donc qu’il faut ouvrir un blog, quel que soit le(s) thème(s), parce qu’on a envie de défendre sa passion, d’ouvrir un possible débat, trouver des collègues qui partagent cette même passion. Il faut aimer discuter et partager tout simplement. Cela me paraît évident mais je vais quand même le dire : on prend le temps de répondre aux commentaires. Surtout, le vrai conseil que je pourrais donner est de rester soi-même, être sincère. Les gens ont beau ne pas vous connaître, parfois ne jamais voir votre tête, je crois pourtant que si on ne triche pas, les internautes verront votre véritable personnalité à travers votre blog. Dernier conseil (que j’ai fini moi-même par comprendre récemment) : on ne se met pas la pression car tenir un blog est une passion et un passe-temps mais si on veut être régulier et par conséquent faire revenir ses lecteurs, il faut savoir être un minimum organisé. Personnellement, quand j’ai du temps (du genre, je m’ennuie en cours ou je glande sur l’ordi ou devant la télé), il m’arrive de prendre mon petit carnet et d’écrire mes idées, de me fixer des objectifs. Après, une fois qu’on veut écrire quelque chose pour son blog, on gagne énormément de temps !

A votre tour de participer !

Comme d’habitude dans ce genre d’articles, je dois taguer des gens. Je nomine alors Potzina, Amandine, Charlie, Lisa, Girlie Cinéphilie, Holly, Dounia-Joy, Bizard Bizard et Céline ! Je ne vous force évidemment pas à le faire, juste que j’ai pensé à vous ! Mais si vous n’êtes pas tagués et que vous avez envie de le faire – ici ou sur vos propres blogs – n’hésitez pas !

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La Femme au tableau

réalisé par Simon Curtis

avec Helen Mirren, Ryan Reynolds, Daniel Brühl, Katie Holmes, Max Irons, Charles Dance, Tatiana Maslany, Antje Traue, Elizabeth McGovern, Jonathan Pryce, Tom Schilling, Moritz Bleibtreu, Frances Fisher, Henry Goodman, Nina Kunzendorf, Justus von Dohnányi…

titre original : Woman in Gold

Drame britannique, américain. 1h50. 2015.

sortie française : 15 juillet 2015 (cinéma) / 18 novembre 2015 (dvd)


 

La femme au tableau a été vu dans le cadre de la nouvelle opération de Dvdtrafic de Cinetrafic. Je vous encourage à aller voir quelques liens qui vous donneront quelques idées : le meilleur du cinéma / les derniers bons films aimés par les internautes.

Evidemment, un immense merci à M6-SND !

La femme au tableau

Lorsqu’il fait la connaissance de Maria Altmann, un jeune avocat de Los Angeles est loin de se douter de ce qui l’attend… Cette septuagénaire excentrique lui confie une mission des plus sidérantes : l’aider à récupérer l’un des plus célèbres tableaux de Gustav Klimt, exposé dans le plus grand musée d’Autriche, dont elle assure que celui-ci appartenait à sa famille ! D’abord sceptique, le jeune avocat se laisse convaincre par cette attachante vieille dame tandis que celle-ci lui raconte sa jeunesse tourmentée, l’invasion nazi, la spoliation des tableaux de sa famille, jusqu’à sa fuite aux Etats-Unis. Mais l’Autriche n’entend évidemment pas rendre la « Joconde autrichienne » à sa propriétaire légitime… Faute de recours, ils décident d’intenter un procès au gouvernement autrichien pour faire valoir leur droit et prendre une revanche sur l’Histoire.

La femme au tableau : Photo Helen Mirren, Ryan Reynolds

Pour ceux qui ont envie de connaître la véritable histoire des personnages dans les grandes lignes (peut-être que ça poussera certains d’entre vous à découvrir ce film), je vous fais un petit résumé car je trouve cela intéressant pour mieux comprendre les enjeux même de ce film. Je ne considère pas vraiment les lignes ci-dessous comme un spoiler dans le sens où n’importe qui peut connaître cette histoire en fouillant sur le Net ou en regardant même des reportages dessus. Mais je me suis dit que certains voudraient justement profiter de l’occasion pour connaître cette histoire, je ne veux donc pas trop vous gâcher la surprise. Bref, lisez mes impressions juste après ce premier paragraphe informatif. La Femme au tableau est tiré de l’histoire vraie de Maria Altmann et de  Randy Schonberg. En effet, Maria Altman est une Autrichienne juive qui s’est exilée aux Etats-Unis suite à la montée du nazisme. En 1998, la dame étant tout de même déjà septuagénaire, elle décide de récupérer le Portrait d’Adele Bloch-Bauer I de Gustav Klimt. La Adele du portrait était tout simplement la tante de Maria. Ce tableau appartenait donc à sa famille mais les nazis l’ont dérobé. Il s’est donc retrouvé jusqu’en 2006 au musée du Belvédère à Vienne. Pour cela, elle fait appel à un certain Randy Schonberg, un jeune avocat avec des soucis financiers. Il est également lui-même d’origine autrichienne et sa famille connait déjà Maria. Il a surtout l’impression d’être « reconnu » parce qu’il est le petit-fils du compositeur d’Arnold Schönberg. Randy accepte la demande de Maria au début pour des raisons financières puis finalement suite à son voyage en Autriche et en comprenant pourquoi Maria tient tant à récupérer ce bien familial, il va se sentir personnellement concerné et va réellement s’impliquer dans cette mission. Finalement, face à ce combat difficile et acharné, Maria réussit à récupérer ce tableau qui est tout de même l’équivalent de La Joconde en Autriche ! Depuis, vous pourrez voir ce fameux tableau, racheté par le milliardaire Roland Lauder (c’est le fils d’Estée Lauder pour ceux qui ne le sauraient pas) à la Neue Galerie qui se situe à New York. Enfin, Randy Schonberg a ouvert un cabinet spécialisé dans la restitution d’oeuvres d’art.

La femme au tableau : Photo Max Irons, Tatiana Maslany

Les biopics ou tout ce qui tourne autour des histoires vraies (c’est typiquement hollywoodien) ne sont pas forcément mon genre de prédilection (même si dans le lot, il y a évidemment de très bons films), je redoutais un peu à l’idée de découvrir ce film qui a un titre français absolument affreux encore une fois. Cela dit, le sujet m’intéressait et puis je fais de mon mieux pour ne plus rater de films avec la formidable Helen Mirren. Finalement, La Femme au tableau est plutôt une bonne surprise. Certes, ce n’est pas forcément LE film de l’année mais il est bien meilleur qu’il en a l’air. Après, je ne crie pas non plus au génie dans le sens où la mise en scène de Simon Curtis (My Week with Marilyn) n’est pas non plus très ambitieuse même si elle n’est pas non plus mauvaise, elle est même tout à fait correcte. Il faut aussi reconnaître une envie de nous faire sortir les mouchoirs. Cependant,  le film m’a tout de même beaucoup touchée, en tout cas quelque chose fonctionne véritablement bien malgré ces quelques défauts et facilités. Ce n’est pas la première fois que le cinéma évoque cette sombre période de l’histoire de l’art liée au nazisme. Récemment, Georges Clooney revenait sur ce sujet avec le pas très réussi et assez lourdingue Monuments Men. Je trouve ici tout le propos autour de l’importance de l’art tout de même plus pertinent, surtout dans ce type de production assez grand public. Certes, ce n’est pas forcément nouveau mais cela reste intéressant de voir comme l’histoire individuelle rejoint l’Histoire collective, c’est-à-dire comment l’Histoire peut avoir des répercussions sur les histoires individuelles et jusqu’à quand. A travers cette histoire vraie et donc aussi par le biais de l’art, le film de Simon Curtis a voulu souligner le rapport de l’homme face à l’Histoire : assumer ses responsabilités serait-il un moyen de tourner la page ?

La femme au tableau : Photo Katie Holmes, Ryan Reynolds

Là encore, rien de révolutionnaire mais le long-métrage traite plutôt bien la question de l’identité, notamment à travers l’utilisation du langage. Si le film ne possède pas toujours une mise en scène très intéressante (mais encore une fois pas non plus honteuse), en revanche j’ai bien aimé son esthétisme (j’ai notamment apprécié la différence entre les deux époques). La reconstitution de l’époque (par les costumes et les décors) est très réussie, la photographie est également remarquable (et honnêtement le film m’a même donné envie d’aller à Vienne, j’ai très envie de me programmer ce voyage !). De plus, j’ai apprécié la belle musique de Hans Zimmer et Martin Phipps. Enfin, les interprétations de deux acteurs principaux ne sont certainement pas totalement étrangers à la réussite de ce film. Helen Mirren est de nouveau excellente dans le rôle de cette femme « excentrique » (elle n’a pas sa langue dans sa poche et a un certain sens de la répartie), elle réussit à rendre son personnage combative, chaleureuse et fragile à la fois. Je vous conseille vraiment de regarder le film en version originale car l’accent de Mirren est un régal et apporte un vrai petit plus ! De plus, j’ai été très surprise par l’interprétation de Ryan Reynolds qui parvient à ne pas se faire manger par la pourtant très impressionnante Mirren. J’avais vraiment du mal avec cet acteur auparavant mais je trouve qu’il progresse réellement de film en plus et ça fait plaisir de voir que rien n’est jamais perdu ! Les seconds rôles sont également bons, je pense notamment au toujours très sympathique Daniel Brühl ou encore à Tatiana Maslany qui interprète le personnage de Maria plus jeune (je ne l’avais jamais vue dans des films ou séries – en tout cas je ne l’avais jamais remarquée auparavant) qui s’en sort pas mal du tout. Par contre, voir Katie Holmes jouer cinq minutes faire « la femme de », ça fait un peu de la peine…

La femme au tableau : Photo Antje Traue

 

Mia Madre

réalisé par Nanni Moretti

avec Margherita Buy, John Turturro, Giulia Lazzarini, Nanni Moretti, Beatrice Mancini, Anna Bellato…

Drame italien, français. 1h47. 2015.

sortie française : 2 décembre 2015

Mia Madre

Margherita est une réalisatrice en plein tournage d’un film dont le rôle principal est tenu par un célèbre acteur américain. À ses questionnements d’artiste engagée, se mêlent des angoisses d’ordre privé : sa mère est à l’hôpital, sa fille en pleine crise d’adolescence. Et son frère, quant à lui, se montre comme toujours irréprochable… Margherita parviendra-t-elle à se sentir à la hauteur, dans son travail comme dans sa famille ?

Mia Madre : Photo Margherita Buy, Nanni Moretti

Mia Madre faisait partie de ces chouchous au festival de Cannes (que ce soit par la presse française ou la presse internationale) et finalement, le jury présidé par les frères Coen a décidé de ne pas figurer le film au palmarès (tout ça pour mettre le film moyen d’Audiard en Palme d’or… oui, tacle totalement gratuit de ma part). Déjà, il y a quelques mois, face au verdict, j’avoue m’être posée des questions. Après, c’est sûr qu’on ne peut jamais juger un palmarès sans avoir vu le film mais j’aime tellement les films de Moretti que j’étais étonnée par ce résultat. Et effectivement, après avoir découvert ce nouveau cru de Moretti, j’étais en pétard contre le jury. Je sais qu’il y a toujours une part de subjectivité et c’est aussi pour cela que c’est intéressant de suivre différents festivals mais là, selon moi, il s’agit d’une grossière erreur de l’avoir totalement écarté de ce palmarès. Je vais même vous l’avouer avant la publication de mon bilan de l’année : Mia Madre est mon film préféré de 2015. Je trouve cela formidable de voir de la part d’un réalisateur qui a tout de même la carrière qu’on connait puisse signer un film aussi riche et profond. Moretti a beau avoir déjà traité le sujet difficile et délicat de la mort d’un membre de la famille (La Chambre du fils), de la maladie (Journal Intime) ou encore de la difficulté d’un tournage (Le Caïman) mais encore une fois reprendre des thèmes de prédilection n’a rien de scandaleux quand on a encore des choses à dire sur ces sujets en question et qu’on arrive à renouveler son cinéma. Je n’ai en tout cas pas eu l’impression qu’il se répétait, juste que ce film faisait partie de la continuité de son travail même si je sens que Moretti est encore plus exigeant qu’avant. Evidemment, et c’est peut-être cela qui a facilité mon coup de coeur, j’ai trouvé le film très émouvant, voire même bouleversant. Je pense que nous avons tous plus ou moins vécu ce genre de situation, c’est-à-dire la perte d’un proche suite à une maladie, et il faut avouer que le décès d’une mère a quelque chose de tristement universel. Sur le papier, ça peut être très repoussant. Certes, le film m’a fait pleurer, je ne vais pas vous mentir. Même si je trouve qu’il s’agit d’un film magnifique, pas forcément tout le monde a envie de voir ce genre d’histoire au cinéma. Mais il a plusieurs mérites et je crois que c’est pour cela que je l’ai autant aimé voire même adoré.

Mia Madre : Photo John Turturro

En effet, malgré son sujet très difficile, le film n’est pas du tout tire-larmes. C’est une émotion « vraie », il y a quelque chose d’authentique, qui a fait écho à des situations que j’ai vécues ou que j’ai observées. Il y a quelque chose de terriblement réaliste (mot qui veut un peu tout dire, j’en ai conscience – dans le sens où j’utilise beaucoup ce mot pour désigner des films à tendance documentaire ou dans cette veine), le film est, comme les autres longs-métrages de Moretti, autobiographique, ce qui peut expliquer ce côté si véridique (par ailleurs, les personnages du frère et de la soeur portent les prénoms des acteurs – Giovanni étant le véritable prénom de Moretti). En même temps, les scènes hilarantes du tournage de Margherita permettent de couper avec ce côté très intimiste (même s’il y a certainement du vécu vu que Margherita est un double de Moretti). Pour aller même plus loin dans cette question de « fiction » (je mets entre guillemets puisque justement les frontières entre la fiction, l’intime et l’autobiographie restent tout de même « floues »), il y a un emboîtement de scènes se déroulant dans le passé ainsi que des scènes relatant la conscience même de Margherita. Il y a des fois où on ne sait pas tout de suite de quoi il s’agit, ce qui parvient à montrer le bouleversement intérieur que vit Margherita. Comment continuer à vivre, à être dans son travail (qui peut littéralement se transformer en moments de comédie, ce qui ne parait pas anodin – je ne crois pas que ces scènes-là sont uniquement là pour nous détendre face à d’autres scènes plus dures), à se préoccuper de ce qui se passe dans la société (le sujet du film – autour du travail des ouvriers qui luttent – n’est pas également choisi au hasard) quand une chose aussi personnelle et finalement inévitable se produit ? Peut-on continuer à voir la réalité et même dans un sens à la vivre (Margherita étant dans un certain déni face à l’état de sa mère – ce qui n’est pas le cas de son frère) quand on n’accepte pas ce qui doit arriver ? Face à tous ces entrechocs, mis en puzzle de façon très habile, on arrive vraiment à décrire le chaos émotionnel de cette femme désemparée. Il est aussi intéressant de voir comment des éléments a priori uniquement autobiographiques peuvent avoir un véritable intérêt pour rendre ce film plus parlant. En effet, la mère de Moretti était vraiment professeur de latin. Ici, au-delà de l’hommage à sa mère, le latin semble prendre une réelle dimension et des interprétations diverses. Pour moi, le latin représente le lien entre les différents membres d’une famille (notamment d’une génération à l’autre) mais aussi une trace de vie malgré son statut de langue morte : une fois la madre disparue meurt, elle sera toujours présente dans le coeur et l’esprit des gens qui l’aimaient.

Mia Madre : Photo Giulia Lazzarini, Margherita Buy, Nanni Moretti

A l’image des émotions de Margherita qui se mélangent, ce film a quelque chose de merveilleusement paradoxal : ce film a beau parler de la mort, il est évidemment triste, mais c’est aussi une formidable ode à la vie, à ce qu’on a été dans notre existence, à ce qu’on laissera une fois qu’on ne sera plus là. L’écriture du film est alors extrêmement riche alors que le film a l’air a priori très simple. Mais c’est juste cette apparente simplicité qui fait la force de ce film. La mise en scène de Moretti est également vraiment bonne, en fait à l’image du scénario : elle a l’air simple, elle est également sobre mais en réalité elle est très soignée et précise. Il y a également un excellent travail de cadrage ainsi qu’un très bon montage. Enfin, les acteurs sont absolument tous exquis. En tête, Margherita Buy, actrice chouchou de Moretti depuis quelques années maintenant, qui interprète ici une sorte d’alter ego du réalisateur, est tout simplement excellente. Giulia Lazzarini, qui n’est pas célèbre en France mais est connue en Italie surtout pour avoir fait du théâtre, est également géniale et si attachante ! Comme le disent ses élèves, on l’aime comme si c’était notre mère ! Nanni Moretti s’est donné un rôle plus discret et secondaire, c’est-à-dire celui du grand frère bienveillant et lucide sur la situation. Il fait définitivement partie de ces réalisateurs qui parviennent aussi à être de très bons acteurs. Enfin, il faut évidemment parler de l’interprétation de John Turturro. Je sais que certains n’ont pas forcément aimé son interprétation ou son personnage très excessif, certains diront même qu’il cabotine. Pour ma part, justement, je l’ai trouvé bon dans ce rôle exubérant, je le trouve vraiment crédible en star hollywoodienne qui en fait des caisses pour se faire remarquer. En même temps, grâce à certaines scènes, il ne s’agit pas que pour moi d’un acteur qui oublie ses répliques en italien et qui fait perdre du temps à tout le monde. On comprend tout de même qu’il s’agit à la base d’un très bon acteur, capable de réellement bien jouer. Ca serait vraiment réducteur de dire qu’il en fait que des caisses et que son personnage n’est qu’un guignol : heureusement son personnage est plus épais qu’il en a l’air et l’interprétation de Turturro permet également de donner beaucoup de consistance à ce personnage.

Mia Madre : Photo Margherita Buy, Nanni Moretti

 

Goodnight Mommy

réalisé par Veronika Franz et Severin Fiala

avec Susanne Wuest, Lukas Schwarz, Elias Schwarz…

titre original : Ich seh, Ich seh

Drame, épouvante-horreur autrichien. 1h40. 2014.

sortie française : 13 mai 2015 (cinéma) / 9 octobre 2015 (dvd)

interdit aux moins de 12 ans


 

Goodnight mommy a été vu dans le cadre de la nouvelle opération de Dvdtrafic de Cinetrafic. Je vous encourage à aller voir quelques liens qui vous donneront quelques idées : les tout meilleurs films / horreur-épouvante.

Evidemment, un immense merci à KMBO éditions (vous pouvez également aller sur leur page facebook) !

Goodnight Mommy

En plein été, dans une maison de campagne perdue au milieu des champs de maïs et des bois, des jumeaux de dix ans attendent le retour de leur mère. Lorsqu’elle revient à la maison, le visage entièrement bandé suite à une opération de chirurgie esthétique, les enfants mettent en doute son identité…

Goodnight Mommy : Photo Elias Schwarz, Lukas Schwarz

Goodnight Mommy, récompensé par deux prix au dernier festival de Gérardmer, a pour moi un véritable potentiel mais je n’ai pas été totalement convaincue. Il est difficile de parler de ce film riche en révélations, je ne veux rien spoiler mais je vais faire en sorte que cette critique soit accessible à la fois pour ceux qui ne l’ont pas encore vu (et qui aimeraient éventuellement le découvrir) et pour ceux qui l’ont déjà regardé (je vous donne une mission : lire entre les lignes). J’ai lu dans certains commentaires sur Allocine que le « twist » était devinable dès les cinq premières minutes du film. Effectivement, sur le papier, c’est le cas dans le sens où il y a tout de même des indices assez tôt. Pour ma part, je dois avouer que la première demi-heure m’a réellement plu, du coup j’ai vraiment compris le « truc » juste après (du genre j’ai eu une pseudo illumination). D’un côté, et c’est ce qui expliquerait en partie ma déception, je trouve que le film se repose un peu trop sur ce « twist » et de l’autre côté, je me demande si on peut vraiment parler de « twist » justement, si ce n’est pas volontaire qu’on connaisse assez rapidement la réelle situation. En me posant cette question, même si encore une fois je n’ai pas tout aimé dans ce film, j’ai tout de même revu mon opinion sur ce film, j’ai réussi à voir des qualités qui m’avaient échappé. Le titre international, Goodnight Mommy, est pas mal du tout (pour une fois) mais son titre original est réellement plus significatif. En effet, Ich seh, Ich seh peut se traduire par Je vois, je vois. La répétition de « Je vois » et le fait de mettre en scène des jumeaux prouveraient pour moi qu’il y a deux points de vue exposés dans le film, c’est-à-dire que tout serait une question de perception. L’histoire de la mère qui revient le visage bandé suite à une opération esthétique permet pour moi d’appuyer ce propos sur l’apparence et la perception. Il est par ailleurs intéressant de savoir comment les réalisateurs ont eu l’idée de ce film : ils avaient regardé une émission de télé-réalité dans laquelle des enfants (assez perplexes) découvraient le nouveau physique de leur mère suite à une opération chirurgical. Au passage, je pense aussi à la scène avec les jumeaux qui portent un masque assez effrayant : là encore, impossible d’échapper à cette réflexion autour de l’apparence et de la perception. Le « twist » joue également beaucoup avec les thèmes de l’apparence et de la perception. Est-ce que ce que je vois correspond réellement à la réalité ? Encore une fois, en prenant le soin de ne pas trop en dire, rien qu’à partir de ces premiers éléments, on s’aperçoit qu’il s’agit finalement plus d’un drame psychologique que d’un réel film d’épouvante-horreur.

Goodnight Mommy : Photo Elias Schwarz, Lukas Schwarz

Cependant, dans sa dernière demi-heure, le long-métrage commence un peu à tomber dans le sang et tout ça. Même si dans cette horreur cette fois-ci concrètement représentée il y a vraiment des choses bien réfléchies par rapport à la situation, je trouve que la dernière demi-heure s’étire vraiment trop et n’arrive pas toujours très bien à rebondir sur les réflexions mises en place depuis le début du film. De plus, durant cette fameuse dernière demi-heure, je dois avouer que je me suis tout de même pas mal ennuyée. Je n’étais pas autant captivée que durant la première partie du film, durant laquelle j’étais vraiment prise par l’ambiance, au point de ne pas voir tout de suite les fameuses révélations pourtant si évidentes. C’est vraiment dommage de perdre toute cette intensité, présente pourtant dès le début du film. En effet, malgré mon avis assez mitigé (même si je suis persuadée que certains d’entre vous pourront réellement aimer ce long-métrage), il faut avouer qu’il y a plusieurs types de reconstitution assez bien foutus. En effet, la maison fait penser à un hôpital ou à une clinique ou encore il y a de nombreuses allusions aux contes et nous savons tous à quel point les contes pour enfants sont cruels. Il y a aussi beaucoup de silence, ce qui contribue de nouveau à cette atmosphère pesante et malsaine. Pour conclure, je dirais qu’il y a de nombreuses choses intéressantes dans ce film. La mise en scène, soignée et précise, est importante car à elle seule donne beaucoup d’indices sur l’intrigue. Les thèmes exploités sont assez riches et dans l’ensemble le traitement est bon. Je dirais justement que le scénario est vraiment pas mal, il y a réellement des choses intéressantes mais je ne trouve pas qu’il tienne sur toute la longueur même s’il y a encore une fois des choix logiques. Du coup, certains choix pris se ressentent notamment sur le rythme. J’aurais aimé ressortir cette intensité mise en place de A à Z. Je dirais aussi que je n’ai en fait pas adhéré à cette violence physique représentée alors que le film fonctionnait finalement bien jusqu’à présent sans ça. Je tiens également à souligner les interprétations formidables de Susanne Wuest (la mère) ainsi que de Lukas et Elias Schwarz (oui, leurs personnages portent leurs prénoms) qui parviennent à rendre leurs personnages à la fois troublants, flippants et vulnérables.

Goodnight Mommy : Photo

 

Les Dissociés

réalisé par Raphaël Descraques, Julien Josselin et Vincent Tirel

avec Raphaël Descraques, Julien Josselin, Vincent Tirel, Quentin Bouissou, Marsu Lacroix, Yoni Dahan, Eléonore Costes, Thomas VDB, Sabine Perraud, Juliette Le Pottier, Baptiste Lecaplain, Kyan Khojandi, Alice David, David Marsais, Grégoire Ludig…

Comédie fantastique française. 1h15. 2015.

sortie française (Youtube) : 24 novembre 2015


 

Regardez le film sur Youtube gratuitement et légalement ICI

Les Dissociés - Un film SURICATE

Un matin, Lily et ben se réveillent côte à côte dans des corps qui ne sont pas les leurs. Et Magalie, une petite fille dans le corps d’un grand barbu, les attend dans la chambre d’ami. C’est le début d’une aventure rocambolesque, parfois parcours initiatique, où les corps et les identités s’inverseront au gré d’une simple accolade.

Les Dissociés - Un film SURICATE : Photo

Raphaël Descraques, Julien Josselin et Vincent Tirel sont les membres du collectif « Suricate » (fondé en 2013 avec FloBer) qui s’est fait connaître sur la plateforme Web « Golden Moustache » (les vidéos étant disponibles sur Youtube), qui appartient au groupe M6. Ils ont alors jusqu’à présent publié de nombreux sketchs répartis sur deux saisons. La troisième saison se résume alors en un seul film : Les Dissociés. Il a été écrit, produit et réalisé en seulement trois semaines. Ce long-métrage 2.0. a été produit en grande partie sur du placement de produit et n’aa finalement coûté 150 000 €. Il a été proposé en avant-première dans quelques cinémas français puis a été mis en ligne gratuitement sur Youtube et le site de Golden Moustache. Au-delà d’une formidable opportunité (car un film made in Internet et diffusé gratuitement fait forcément le buzz), Suricate revendique clairement sa totale liberté, ce qui peut faire rêver n’importe quel artiste. Personnellement, je connaissais déjà Suricate et Golden Moustache (comment beaucoup de jeunes de mon âge), j’étais donc forcément curieuse de découvrir ce long-métrage. Mais surtout, j’étais enthousiaste rien qu’à l’idée de découvrir un film via ce procédé, c’est-à-dire sans passer par la case cinéma (attention, j’adoooore aller au cinéma et je défendrai toujours le cinéma dans les salles obscures). Au début, je dois vous avouer que j’étais déstabilisée par le « format », c’est-à-dire que je devais me mettre en tête que la vidéo que j’allais regarder n’allait pas forcément durer deux minutes mais bien 1h15. Une fois que j’ai réussi à dépasser ce stade et aussi à comprendre l’histoire (le premier quart d’heure peut vraiment paraître chelou – pas évident à raconter un récit autour du « body swap »), j’ai vraiment bien aimé ce film qui n’a d’ailleurs rien d’un sous-film parce qu’il est issu d’Internet. Au contraire, j’ai même envie de dire que le cinéma français peut faire de bonnes choses. Le terme « cinéma » me semble finalement approprié. Disons qu’il s’agit d’une forme de cinéma hybride (avec Internet), ce qui donne quelque chose de réellement intéressant. Forcément, le film a des défauts à cause aussi de ce format Internet, aussi à cause d’un manque de budget, mais c’est aussi grâce à ces deux éléments qu’il possède son charme et sa personnalité.

dissociés

De la part de Suricate, on aurait donc pu s’attendre à un simple délire 2.0. rallongé en 1h15. Dans un premier, j’étais donc été agréablement surprise de découvrir un véritable long-métrage. Certes, même si l’humour n’est pas toujours très fin et est peut-être parfois un peu trop adressé à un public plutôt « jeune » (attention, cela ne me gêne étant donné que je suis concernée – je suis dans cette tranche d’âge), le film est souvent drôle. La situation en elle-même qui est drôle – il faut dire que le scénario joue habilement avec toutes les possibilités autour de ces échanges entre les corps – et il y a également pas mal de bonnes vannes, certes simples, parfois même potaches, mais efficaces. Mais on ne peut pas résumer ce film à juste quelque chose de délirant. Déjà, je dois avouer que le film m’a étrangement émue, en tout cas je ne m’y attendais pas forcément. Il faut dire qu’on s’attache vraiment aux personnages et finalement peu importe si leur apparence ne correspond pas à leur vraie identité. A ce moment-là, la réflexion sur les apparences tout comme notre rapport avec le corps voire même dans un sens la sexualité est finalement assez pertinente. Pour un film de « body swap », je trouve qu’il va finalement assez loin. Le scénario est non seulement très original mais également bien écrit, avec beaucoup de trouvailles. La mise en scène n’est pas parfaite, c’est un fait, mais je trouve que les trois réalisateurs s’en sortent tout de même plutôt bien, surtout quand on connait le contexte de création et de production. Malgré quelques maladresses, je dirais qu’il y a même des séquences très réussies et bien réfléchie (il y a même une très bonne séquence animée dessinée par Boulet). Le casting est également très bon dans le sens où les acteurs arrivent vraiment à retranscrire la véritable identité de leurs personnages lors des différents échanges. Par exemple, Magalie a beau être physiquement un trentenaire barbu, on voit vraiment en Vincent Tirel une enfant de cinq ans ! Les Dissociés est donc pour moi un film audacieux et original à regarder, mêlant parfaitement divertissement et réflexion. Même si nous savons qu’il y a quelque chose de relatif dans les vues (nous ne pouvons pas comparer des chiffres du Web avec le box-office cinéma), je suis contente qu’il y ait maintenant deux millions de vues sur cette vidéo : son succès me semble mérité et pas juste pour son très bon buzz.

Magali

Daddy Cool

réalisé par Maya Forbes

avec Mark Ruffalo, Zoe Saldana, Imogene Wolodarsky, Ashley Aufderheide, Keir Dullea…

titre original : Infinitely Polar Bear

Comédie dramatique américaine. 1h32. 2014.

sortie française : 8 juillet 2015


 

Daddy cool a été vu dans le cadre de la nouvelle opération de Dvdtrafic de Cinetrafic. Je vous encourage à aller voir quelques liens qui vous donneront quelques idées : un bon petit film et voir également tous les meilleurs films.

Evidemment, un immense merci à Bac Films ! (vous pouvez d’ailleurs aller vers son site et sa page facebook).

 

Daddy Cool

Entre fous rires et crises de larmes, Cameron Stuart ne sait plus où donner de la tête. Diagnostiqué bipolaire, Cameron suit un traitement dans le but de reconquérir sa femme Maggie et de réintégrer le cocon familial qu’ils forment avec leurs deux filles. Mais lorsque Maggie décide de quitter Boston pour partir à New-York reprendre ses études, la jeune femme n’a pas d’autre choix que de confier la garde de ses enfants à ce père pas tout à fait comme les autres…

Daddy Cool : Photo Mark Ruffalo, Zoe Saldana

Maya Forbes, productrice de shows et téléfilms depuis une bonne vingtaine d’années, et pour l’info people frangine de China Forbes (la chanteuse de Pink Martini) signe ici son premier long-métrage. Elle ne s’est pas attaquée sur n’importe quel sujet : la bipolarité. Et elle connait très bien son sujet puisque son père était maniaco-dépressif. On peut donc parler de film autobiographique, autour de son enfance avec ce père pas comme les autres, même si elle a changé les noms des personnages. Je sais que le titre « français » (oui, en France, nous sommes les rois de la traduction du titre anglais par un titre anglais) est totalement repoussant, ça me fait penser à la fois aux proxénètes / à la chanson de Boney M / à la marque de sucre (pour vous dire à quel point on a fait fort !). Le titre original est réellement plus significatif avec cette erreur langagière de la cadette « Polar Bear » au lieu de dire « Bipolar ». En effet, même si le film évoque cette maladie, il s’agit avant tout d’un film doux sur la famille et même l’enfance. Je suis tombée par hasard sur une interview de la réalisatrice dans Gala (oui, c’es de la grande lecture) et elle voulait transmettre une image positive de cette famille qui sort de la norme et pas qu’à cause de la maladie. En effet, la famille en question est composée de personnes blanches et noires, la mère de famille les « abandonne » (c’est le point de vue de certaines personnes qui ne comprennent pas la gravité de la situation) pour pouvoir reprendre ses études (le père doit alors rester au foyer) et la famille vit une situation financière désespérante (alors que la famille de Cameron est très riche) : tous ces éléments (en particulier les deux premiers cas cités) étaient vraiment mal vus dans les années 1970. Finalement, quand on observe bien le fonctionnement et l’identité de cette famille, on s’aperçoit que sa différence ne réside donc pas uniquement par le biais de la maladie du père. En fait, c’est comme si cette bipolarité faisait ressortir toutes les choses qui faisaient tâche à l’époque, notamment en évoquant par petites touches le féminisme et la place des minorités (ici les Noirs). Je voulais éviter d’écrire une phrase naze mais je vais tout de même l’écrire, même si je ne tiens pas à vous dégoûter de ce film : la différence (n’importe quel type) est littéralement vue comme une maladie mais la famille devient forte et unique grâce à cette différence.

Daddy Cool : Photo Mark Ruffalo, Zoe Saldana

Au passage, je félicite vraiment la réalisatrice de s’être battue contre les studios pour insérer cette partie de sa propre histoire sur la mixité (les studios voulant plutôt une actrice blanche pour incarner la mère) qui n’est pas uniquement là pour décorer et faire un lien autobiographique mais qui retranscrit bien une certaine mentalité d’une époque. En parlant d’époque, j’ai beaucoup aimé la reconstitution des années 1970. Grâce à beaucoup de détails (la photographie, les costumes, la musique), on arrive à se plonger dans cette époque et en même temps, en n’appuyant pas non plus trop sur cet aspect (car hélas beaucoup de films qui se déroulent dans certaines époques, surtout dans les années 70, ça peut vite être too much). La bipolarité fait alors ressortir toutes les différences possibles au sein d’une famille mais le film montre un message très positif : on peut vivre ensemble malgré nos différences. Ca peut faire très niais dit comme ça mais pourtant quelque chose de sincère et de simple fonctionne, le « message » est en tout cas bien véhiculé. Après, on pourra reprocher au film d’avoir une mise en scène et un scénario très simples, c’est sûr qu’il y a des choses perfectibles mais le travail reste propre et structuré et on sent derrière une implication de la part de Forbes. Le film est porté par des acteurs impeccables. Dans le rôle principal, Mark Ruffalo est de nouveau sensationnel. Il est à la fois fragile, un peu flippant quand son personnage fait une crise, mais il est réellement attachant. Malgré la maladie, on a pratiquement envie d’avoir un père comme lui, proche de ses filles, qui fait absolument tout pour elles. Son interprétation communique quelque chose d’énergique. J’ai également été très surprise par la performance de Zoe Saldana, j’ai eu l’impression de la découvrir pour de bon (c’est pas qu’elle jouait mal dans ses autres films mais, dans ceux que j’ai pu voir avec elle, je ne trouvais pas que son talent était suffisamment mis en avant). Les deux petites (pour l’anedcote, Imogene Wolodarsky, qui incarne l’aînée, est la fille de la réalisatrice) s’en sortent également bien. Daddy Cool n’est peut-être pas LE film de l’année mais il s’agit d’un bon petit film indépendant comme ce genre de cinéma sait parfois en produire, réellement frais, attachant, efficace, souvent drôle, touchant (j’avoue avoir eu ma larme à la toute fin du film) mais jamais larmoyant.

Daddy Cool : Photo Mark Ruffalo

 

Bilan – novembre 2015

Cinéma

  • Les films de 2015

Lolo (Julie Delpy, 2015) 2/4

The Lobster (Yórgos Lánthimos, 2015) 3/4

Notre petite soeur (Hirokazu Kore-Eda, 2015) 3/4

San Andreas (Brad Peyton, 2015) 2/4

Daddy Cool (Maya Forbes, 2015) 3/4

Que Viva Eisenstein ! (Peter Greenaway, 2015) 1/4

Docteur Frankenstein (Paul McGuigan, 2015) 2/4

The Lobster Notre petite soeur Daddy Cool

  • Rattrapages

Respiro (Emanuele Crialese, 2002) 4/4

Hairspray (John Waters, 1988) 3/4

The Body (Oriol Paulo, 2012) 3/4

Trauma (Dario Argento, 1993) 2/4

Triangle (Christopher Smith, 2009) 2/4

Respiro The Body Hairspray

Télévision

Bored to Death (saison 2, 2010) 3/4

Au service de la France (saison 1, 2015) 3/4

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Lectures

Le crime du comte de Neville (Amélie Nothomb, 2015) 2/4

Dans ses yeux (Eduardo Sacheri, 2005) 3/4

La Solitude des nombres premiers (Paolo Giordano, 2008) 4/4