Vampires en toute intimité

réalisé par Jemaine Clement et Taika Waititi

avec Jemaine Clement, Taika Waititi, Jonathan Brugh, Cori Gonzales-Macuer, Stuart Rutherford, Jackie Van Beek, Ben Fransham, Elena Stejko…

titre original : What We Do in the Shadows

Comédie néo-zélandaise. 1h22. 2014.

sortie française (e-cinema) : 30 octobre 2015

Vampires en toute intimité

Le cliché voudrait que les vampires vivent dans de vieux châteaux en Transylvanie. Ce n’est pourtant pas le cas de Viago (379 ans), Deacon (183 ans), Vladislav (862 ans) et Peter (8000 ans), qui ont établi une colocation à Wellington, en Nouvelle-Zélande. Ensemble, ils doivent surmonter les petits tracas du quotidien, tels que la bonne répartition des tâches ménagères, ou encore leur constante soif de sang. La vie moderne ajoute bien des désagréments aux habituels problèmes de miroir et de lumière du jour…

(résumé trouvé sur Cinémafantastique)

Vampires en toute intimité : Photo Jemaine Clement, Jonathan Brugh, Taika Waititi

Vampires en toute intimité (c’est quoi ce titre sérieusement qui donne envie de fuir ?), qui était à l’origine un court-métrage (toujours par les mêmes réalisateurs), a rencontré un joli succès dans le monde au point qu’un deuxième volet serait déjà prévu ! Hélas, en France, il n’est sorti qu’en e-cinema alors qu’il méritait vraiment d’être diffusé dans les salles (surtout quand on voit certaines daubes dans les cinémas, passons). Pire, la version française est assurée par Nicolas et Bruno (avec les voix d’Alexandre Astier, Fred Testot, Bruno Salomone, Zabou Breitman, Julie Ferrier ou encore Jérémie Elkaïm) qui ne se sont pas simplement contentés de doubler le film : il s’agit pratiquement d’un détournement du film original. Ainsi, les personnages portent des prénoms français, l’histoire se déroule à Limoges, le doublage est volontairement mauvais etc… Je ne dis pas que ce détournement n’est pas drôle, même si ce n’est pas forcément mon trip. Peut-être que cette version fera rire certains spectateurs réceptifs à ce type d’humour. Je préfère juste préciser qu’il vaut mieux d’abord regarder Vampires en toute intimité en version originale sous-titrée avant de se taper éventuellement la version française car pour moi la V.F. serait limite un autre film à part qui s’inspire de la comédie néo-zélandaise. Je préférais vraiment faire cette parenthèse qui me semblait essentielle, surtout pour mieux apprécier Vampires en toute intimité à sa juste valeur. Limite j’aurais dû mettre en guise de titre pour mon billet le titre original du film What We Do in the Shadows pour bien faire la distinction entre ces deux versions. Bref, tout ça pour dire qu’il est vraiment regrettable de passer à côté de cette remarquable comédie horrifique passée trop inaperçue en France (malgré le coup marketing avec Bruno et Nicolas). Il s’agit d’une sorte de faux-documentaire (on ne connait pas l’identité de l’équipe du tournage – on sait juste qu’elle est munie de crucifix pour pouvoir se protéger) qui suit un groupe de vampires, issus d’époques différentes, vivant en colocation à Wellington de nos jours.

Vampires en toute intimité : Photo Taika Waititi

La première partie suit alors le quotidien des personnages en reprenant et en revisitant même merveilleusement bien tous les codes des vampires que l’on connait pourtant déjà : ainsi, les vampires restent invisibles face à un miroir, il faut qu’on les invite pour qu’ils puissent entrer dans un lieu (pour entrer dans une boîte de nuit, ils insistent très lourdement aux videurs de les inviter pour qu’ils puissent entrer), ils dorment évidemment dans des cercueils et doivent sortir la nuit chasser pour pouvoir boire du sang pour ne citer que ces exemples-là. Le tout est mélangé avec tout ce qu’on sait et ce qu’on imagine sur la colocation : cohabitation difficile avec des personnes de différentes générations, répartition des tâches, problème de propreté (surtout quand on veut zigouiller des gens) etc… L’idée en elle-même est vraiment sympa mais le film aurait pu tourner très vite en rond. Mais en faisant intervenir plus tard dans le scénario une de leurs victimes qui s’est transformée en vampire et qui intègre leur bande, ramenant ainsi son ami informaticien, bel et bien humain (et qui devient également pote avec les vampires !), le scénario trouve un véritable dynamisme. Au-delà de l’histoire en elle-même très sympa, Vampires en toute intimité exploite merveilleusement bien toutes ses bonnes idées alors qu’elles auraient pu être juste sympas sur le papier. Déjà, il faut le dire d’entrée : j’ai trouvé le film vraiment drôle du début jusqu’à la fin. Tout semble vraiment réfléchi : les traits des vampires sont certes « grossis » (le dandy, la bête sexuelle, une sorte de Nosferatu etc…), il y a forcément un peu de caricature mais elle s’arrête là où il le faut, ça ne devient pas non plus grotesque et les personnages ont tout de même derrière une épaisseur (les personnages étant très attachants alors qu’ils ont tout de même leurs mauvais côtés !). Ce qui est également très réussi, c’est de voir comment des éléments du quotidien, qui peuvent être banals, paraissent désormais disproportionnés, du genre on se dispute en volant dans les airs ou encore les personnages piquent une crise parce que l’un d’entre eux a laissé le rideau ouvert !

Vampires en toute intimité : Photo promotionnelle

La forme du film, c’est-à-dire sous forme de « documentaire » avec caméra à l’épaule, est un véritable atout (et pas juste un gadget éventuellement) dans le sens où certaines scènes sont encore plus burlesques qu’elles le devraient l’être (on peut même parler de parodie des émissions de télé-réalité, notamment avec des plans façon « confessionnal »). De plus, ce procédé permet à l’histoire d’être plus authentique et surtout le spectateur se sent encore plus proche des personnages. Je pourrais passer des heures à dire tout ce que j’ai aimé dans ce film mais le but n’est pas non plus de révéler toutes les vannes ! Pour faire vite fait, j’ai trouvé les répliques vraiment très drôles et j’ai vraiment adhéré à l’humour, une sorte de mélange très réussi entre l’absurde, le kitsch, le décalage, le second degré et la débilité volontaire ! Il ne faut pas non plus oublier que cet humour fonctionne car il est mélangé avec l’horreur. Ainsi, le film trouve vraiment un bon équilibre entre les deux genres et chaque genre nourrit l’autre. Il y a évidemment des tas de films qui utilisent ce procédé (on pourra penser à Shaun of the Dead d’Edgar Wright ou plus récemment à The Voices de Marjane Satrapi) mais il arrive vraiment Je crois aussi que le long-métrage fonctionne parce qu’il est court (limite trop court vu comme j’ai pris mon pied !) et très rythmé, du coup non seulement on ne s’ennuie pas du tout mais je pense aussi que les gags ont encore plus d’effets que prévus ! Enfin, tous les acteurs (méconnus en France) sont excellents, notamment les deux réalisateurs du film : Jemaine Clement, plus connu pour le groupe et la série Flight of the Conchords, et Taika Waititi, qui commence tout de même à avoir un joli parcours même si son nom ne dit rien à première vue : nommé aux Oscars en 2005 pour son court-métrage Two Cars, One Night, il est également réalisateur de Boy, visiblement bien réputé et d’après ce que j’ai compris, devrait réaliser le prochain Thor. 

Vampires en toute intimité : Photo

Publicités

23 réflexions au sujet de « Vampires en toute intimité »

  1. J’ai vu ce film est il est assez sympa (même si j’ai du m’ennuyer à quelques moments).
    Il change des films de vampires habituels, si je peux dire. C’est assez drôle de voir différentes générations de vampires cohabiter (comme si chacun d’eux sortait d’un film différent). Les discussions face caméra façon « confessionnal » sont énormes !
    Pour une fois j’ai l’impression de voir ENFIN un film de vampire qui ne s’adresse pas aux adolescent/es.

    J'aime

  2. Perso, j’adore les histoires de vampires, mais, celui ci ne me tente absolument pas, même si on a pas l’air de tomber aussi bas que la série à deux balles Chica Vampiro.

    J'aime

  3. @ Titi :
    Je ne peux pas dire si ça peut te plaire ou pas mais c’est vraiment pas une comédie à deux balles (même si la VF peut suggérer le contraire – d’où privilégier la VO 🙂 ).

    J'aime

  4. J’attendais la sortie en salle de ce film depuis sa sorite au Royaume Unis dont j’avais entendu parler à la radio (BBC 5 Kermode and Mayo’s film review, un très chouette émission critique). Et puis pouf, rien vu. Moi qui adore Germaine, j’étais bien marrie. Du coup, il faut que je le télécharge. Pas sûre pour la VF, par contre, même si M. Astier. On va commencer tranquillement en VO et on verra après.

    J'aime

  5. @ Girlie Cinéphilie :
    Oui je connais un peu cette émission ! (raaah les shows britanniques, rien à voir avec chez nous ! 😀 ). Effectivement, quand on s’intéresse à ce qui se passe à l’étranger, on se rend compte qu’en France on est à la bourre! Perso c’est une copine qui vivotte en Angleterre/Irlande qui m’en a parlé il y a déjà plusieurs mois et du coup j’ai surveillé sa sortie française de très près 😀
    Tu regardes du coup Flights of the Conchords ?
    Oui franchement commence par la VO ! 🙂

    J'aime

  6. @ Girlie Cinéphilie :
    Bon, quand je serai en vacances, il faut que j’attaque la saison 1, ça a l’air dingos cette série ! (oui j’ai BEAUCOUP de séries à rattraper, ahahahah ! ).

    J'aime

  7. J’ai adoré What we do in the shadows (vu en VO). J’aurais bien aimé qu’ils fassent le deuxième film prévu sur les loups-garous (What we do in the moonlight). Rhys Darby en loup alpha est une idée tellement coquasse 😀

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s