Notre petite soeur

réalisé par Hirokazu Kore-Eda

avec Haruka Ayase, Masami Nagasawa, Kaho, Suzu Hirose, Ryo Kase…

titre original : Umimachi Diary

Drame japonais. 2h07. 2014.

sortie française : 28 octobre 2015

Notre petite soeur

Trois sœurs, Sachi, Yoshino et Chika, vivent ensemble à Kamakura. Par devoir, elles se rendent à l’enterrement de leur père, qui les avait abandonnées une quinzaine d’années auparavant. Elles font alors la connaissance de leur demi-sœur, Suzu, âgée de 14 ans. D’un commun accord, les jeunes femmes décident d’accueillir l’orpheline dans la grande maison familiale…

Notre petite soeur : Photo

Je n’ai pas encore regardé la totalité de sa filmographie mais je commence mine de rien à connaître le travail de Hirokazu Kore-Eda. Je suis une immense fan de Nobody Knows et Still Walking, j’adore Tel Père, Tel Fils et j’aime également beaucoup I Wish (en gros, j’ai aimé tout ce que j’ai pu voir jusqu’à présent, j’ai tenté de faire une sorte de hiérarchisation dans mes préférences). C’est pour cette raison que je suis allée voir son dernier long-métrage, Notre petite soeur, présenté en compétition au dernier festival de Cannes (présidé par Joel et Ethan Coen). Il s’agit de l’adaptation du manga Kamakura Diary d’Akimi Yoshida. J’ai bien aimé ce long-métrage même si je comprends son absence au palmarès cannois. Je ne pense pas qu’il s’agit du meilleur film du réalisateur japonais. Tout d’abord, même si je ne me suis pas non plus ennuyée, c’est la première fois que je ressens des longueurs dans un film de Kore-Eda. De plus, selon moi, il manquerait à ce film un peu d’enjeu narratif. Certes, il n’y en avait pas non plus des masses dans ses autres films car il a toujours joué sur le côté « tranche de vie » (oui, Chonchon, je te pique tes expressions !), c’est-à-dire qu’on doit surtout se laisser transporter par le quotidien simple voire même banal des personnages. Il n’y avait pas non plus dans ses précédents films des péripéties extraordinaires. Cela dit, j’avais tout de même toujours eu la sensation qu’il y avait une direction dans ses films derrière ces « tranches de vie », qu’il y avait un point A allant vers un point B : on pourra notamment penser à l’issue tragique dans Nobody Knows, qui est la conséquence du quotidien des enfants livrés à eux-mêmes, au voyage en train dans I Wish ou encore la décision finale du père non biologique dans Tel père, tel fils. Attention, je ne dis pas non plus que le film va nulle part mais je dirais que la manière de mener le film vers une direction m’a paru plus bancale que d’habitude.

Notre petite soeur : Photo

Ceci dit, cela ne m’a pas empêchée d’aimer ce film et quelque part je comprends ce côté bancal que je lui « reproche » pourtant. Comme le dirait Yuko (je ne sais pas pourquoi, j’ai décidé aujourd’hui de piquer des expressions aux blogueurs, pourtant l’inspiration est là !), il s’agit d’un « film bonbon », on pourrait aussi parler de « film fleuve » (mais j’adore l’expression « film bonbon » car on retrouve vraiment tout le côté sucré et acidulé de l’univers de Kore-Eda !). En gros, il faut surtout se laisser transporter par une atmosphère tendre et douce, s’attacher aux personnages et surtout entrer petit à petit dans le quotidien de cette charmante famille. Même si le film manque d’intrigue (une fois que la petite dernière a rejoint ses trois soeurs aînées dans leur maison de campagne), je me suis laissée embarquée par cette histoire car le récit reste malgré tout fluide. Ainsi, même si ce n’est pas nécessairement mon Kore-Eda préféré, on retrouve tous les ingrédients qui font le charme de ses films sans avoir une impression de déjà-vu ou sans nous laisser : la délicatesse et la pudeur sont au rendez-vous pour notre plus grand bien. Finalement, à partir de ces éléments naît une véritable émotion. Certes, c’est vrai que tout semble très positif voire même Bisounours au coeur de cette sororité (c’est moi ou c’est bizarre d’écrire ce mot ? Hum j’ai presque envie de parler de fraternité, s’il y a des gens qui ont envie de jouer à Bescherelle Ta Mère, c’est le moment d’intervenir !) mais je n’ai pas trouvé le film niais (parce que « film bonbon » n’est pas associé à de la niaiserie hein, la guimauve par contre, c’est dégueu…, bon, vous suivez ma logique gastronomique ?) et encore moins larmoyant. Même si le thème de la famille reste omniprésent dans la filmographie, je trouve que Kore-Eda arrive tout de même à se renouveler, à trouver un nouveau souffle en mettant en scène une famille finalement pas banale : il n’y a que de jeunes femmes modernes (avec une jeune adolescente) qui composent cette famille. Aucune personne qui a réellement le statut de parent n’est présent et pourtant les quatre femmes s’en sortent très bien, elles sont parvenues à créer leur propre famille, voire même dans un sens une communauté à part entière.

Notre petite soeur : Photo

C’est à partir de là que je vais de nouveau atténuer mes propos sur le manque d’intrigue (ou plutôt, pour mieux reformuler mon idée, sur son manque d’évolution d’intrigue, c’est peut-être plus clair) qui m’a parfois posée problème car paradoxalement (et je ne dis pas ça pour défendre le film à tout prix car comme vous le savez déjà, je n’hésite pas à dire du mal d’un film même si j’adore tous les autres films d’un réalisateur) ce que je lui reproche est pourtant aussi une grande qualité, quelque chose qui m’a (aussi) plu : j’ai aimé cette représentation du quotidien. Certes, ce n’est pas forcément quelque chose de nouveau mais pour moi il s’agit toujours d’un défi et pour moi Kore-Eda le relève plus que bien malgré les conséquences que j’ai déjà exposées. Franchement, je me sentais bien durant la séance avec cette famille, j’avais envie de manger de bons petits plats avec elle (j’avais vraiment la dalle… ça a duré plus de deux heures, bon sang…). En tout cas le rapport entre les soeurs, bien qu’il puisse paraître un peu trop bienveillant pour certains spectateurs, m’a beaucoup touchée et plus généralement (sans vouloir écrire une phrase super bateau), je trouve qu’il s’agit d’une ode aux femmes. De plus, grâce à une mise en scène soignée et élégante, le film met en avant la campagne japonaise et c’est aussi ce décor naturel magnifique qui contribue à cet apaisement qu’on ressent tout le long du film. Enfin, Notre petite soeur bénéficie d’un très bon casting féminin. Chaque actrice incarne bien son personnage, chacune ayant sa propre personnalité et son caractère, on peut chacune les identifier à un petit truc et pourtant aucune fille n’est caricaturale.

Notre petite soeur : Photo

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22 réflexions au sujet de « Notre petite soeur »

  1. Le côté « film bonbon » parle à ton moi gourmand 😉 Ca reste un très bon Kore-eda. Il me tarde de voir « Tel père tel fils » ^^ Bon we !

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  2. Un joli film si je comprend bien, même si tu sembles un tout petit peu sur la réserve. Un de plus que j’ajoute à ma très (trop) longue liste de film à voir.

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  3. Autant le fait que cela soit un film japonais m’attire … L’intrigue, beaucoup moins. Même dans cette critique, on ressent ce partage. Visuellement, il y a quelque chose d’attirant : dès lors, il est tout à fait compréhensible de se laisser « glisser » dans la progression, de se laisser emporter par les images.

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  4. Un beau petit film que l’on peut prendre comme un drame au début, mais est finalement une bonne comédie-dramatique. Les personnages sont vraiment attachants et leurs portraits fonctionnent (la plus âgée qui finalement est dans le même cas que son père, la working girl cherchant chaussure à son pied, la paisible et la petite nouvelle trouvant ses premiers émois). Une bonne surprise d’autant que ce jour là rien ne m’intéressait dans les programmations.

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  5. @ Yuko :
    Héhé mon moi gourmand prend le dessus de mon moi tout court 😮 😀 (je veux bouffer du chocolat, okaaaaaay).
    Ouiiii je te conseille vraiment Tel Père, Tel Fils ! 😀

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  6. @ NeoDandy :
    C’est sûr que l’intrigue n’est pas le fort du film… Après si tu aimes le cinéma japonais (je veux plutôt ce type-là de cinéma japonais), je pense que tu pourras accrocher !

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  7. @ Borat :
    Je suis surprise que tu aies aimé car (il me semble, si je ne dis pas de bêtises et si je ne confonds pas de personne) tu n’avais pas aimé Tel père, tel fils, non ?

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  8. Bonjour Tina, je n’ai pas totalement adhéré au film mais il m’a donné envie d’aller au Japon pour rencontrer peut-être de tels personnages et puis la campagne japonaise est apaisante. Bonne fin d’après-midi.

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  9. Comme tu le sais, j’ai adoré ce film, qui joue il est vrai sur un rythme assez lent qui m’a totalement emportée. Quelques semaines plus tard, je suis encore émue en y repensant (mouais, à ce niveau, j’ai dépassé le stade bisounours, je crois).
    Et je suis carrément d’accord: ce film donne terriblement faim: je rêve encore de goûter à ces alevins…

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